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Dauphins: un rapport scientifique explore des alternatives à la fermeture de la pêche

Un rapport scientifique publié mardi, portant sur les captures accidentelles de dauphins dans le golfe de Gascogne, évalue des mesures plus ciblées que la fermeture temporaire de la pêche, reconduite cet hiver, afin de préserver les cétacés – mais aussi la filière.”Cette mesure, efficace à court terme mais coûteuse sur le plan économique et social, appelle à discuter et évaluer des options alternatives”, écrivent dans un communiqué les auteurs du projet Delmoges, piloté par l’Ifremer, La Rochelle Université et le CNRS, en partenariat avec l’Université de Bretagne occidentale et le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM).L’interdiction de la pêche a été reconduite du 22 janvier au 20 février 2026, pour la troisième année consécutive, dans le golfe de Gascogne.Lancé en 2022, le projet Delmoges a mené l’enquête auprès de divers acteurs, dont la filière pêche et des ONG, avec une volonté de concilier protection de la biodiversité et pérennité des activité économiques.Balises acoustiques, changement de stratégie de pêche, fermeture temporaire des zones à risque… “Il n’y a à ce jour pas de solution parfaite”, a déclaré à l’AFP Clara Ulrich, coordinatrice des expertises halieutiques à l’Ifremer.”Une bonne mesure de gestion, c’est une mesure qui est à la fois efficace pour les dauphins, facile à mettre en œuvre et à contrôler et qui n’a pas ou peu d’impact socio-économique. Il n’y a pas de mesure idéale qui combine parfaitement ces trois aspects”, détaille la chercheuse, en appelant à “continuer le dialogue sur des combinaisons de mesures, ou des mesures plus ciblées”.Parmi les propositions avancées durant l’enquête, le rapport mentionne notamment l’installation de répulsifs acoustiques pour dauphins (pingers), un changement d’engin de pêche (du filet vers la ligne par exemple) en échange de quotas supplémentaires ou le choix entre un changement d’engin de pêche et l’installation de caméras… Mais aucune de ces mesures n’a remporté d’adhésion franche des pêcheurs, ONG, scientifiques et du public.Les scientifiques soulignent par ailleurs que le réchauffement des eaux, sous l’effet du changement climatique, concentre les proies des dauphins (les petits poissons pélagiques) près des côtes, attirant ces derniers dans les zones de pêche hivernales, et augmentant ainsi leur vulnérabilité.”Les dauphins, globalement en bonne santé au moment de leur mort, sont capturés lorsqu’ils chassent activement les anchois et sardines”, résument les auteurs du rapport.En croisant toutes les données disponibles sur les cétacés, leurs proies et les captures observées sur une période donnée, les scientifiques ont pu identifier des zones où le risque était le plus élevé, ce travail de “cartographie fine” ouvrant la voie, selon eux, à des mesures de gestion plus adaptées.Selon le CNPMEM, le rapport confirme que la hausse des captures accidentelles depuis 2016 “est liée avant tout au déplacement des dauphins vers les zones côtières”, du fait de l’évolution climatique, les pêcheurs en étant “directement impactés”.Alors que selon l’observatoire spécialisé Pelagis, la fermeture temporaire du golfe de Gascogne a réduit de 60% les captures accidentelles à l’hiver 2024/2025 comparé aux années précédentes, les professionnels considèrent que “l’impact réel” de cette mesure reste à évaluer et que des “solutions adaptées et opérationnelles” restent à trouver.

Les Cubains redoutent des temps encore plus difficiles après la chute de Maduro

“2026 va être dur” : les Cubains, déjà touchés par une grave crise économique, anticipent des jours encore plus difficiles après la chute du président Nicolas Maduro au Venezuela, proche allié de La Havane et jusque-là son principal fournisseur de pétrole. “Comme le Venezuela est le principal fournisseur (…) de pétrole” à Cuba, la situation économique va “devenir un peu compliquée”, reconnaît auprès de l’AFP Axel Alfonso.Ce chauffeur de 53 ans a vécu toute sa vie, comme 80% des Cubains, sous la pression de l’embargo économique américain, en vigueur depuis 1962. “Je ne veux pas être pessimiste, je suis réaliste : 2026 va être dur, très dur”, confie-t-il.Madelin Terris, 55 ans, qui travaille comme réceptionniste dans un ministère, reconnaît aussi que la situation économique de l’île, déjà complexe, risque “d’empirer”. Dimanche, Donald Trump a affirmé que le pays communiste, qui a survécu à la pression d’une douzaine de gouvernements américains, était “prêt à tomber” après la capture de Nicolas Maduro.Il a minimisé la nécessité d’une intervention militaire américaine, estimant qu’il serait difficile pour le pays de se maintenir à flot sans le pétrole vénézuélien. “Tout s’écroule”, a déclaré le dirigeant qui, pendant son premier mandat (2017-2021), a renforcé, comme aucun autre président des Etats-Unis avant lui, les sanctions économiques contre l’île, après le bref dégel diplomatique engagé par Barack Obama. En 1991, Cuba, située à quelque 150 kilomètres des côtes de Floride, considérablement affaiblie par la chute du bloc soviétique, avait réussi à surmonter une grave crise économique en s’ouvrant au tourisme et à l’investissement étranger. Et à partir de 2000, le pays a pu compter sur un accord de coopération signé avec le Venezuela du président Hugo Chavez (1999-2013), prévoyant un approvisionnement en pétrole contre l’envoi de médecins et de professeurs.Caracas a encore livré au cours du dernier trimestre de 2025, entre 30.000 et 35.000 barils par jour, soit l’équivalent de 50% du déficit pétrolier de l’île, a précisé à l’AFP Jorge Piñón, chercheur à l’Université du Texas.- “Incertitude” -Mais sous l’effet conjugué du durcissement des sanctions américaines, de la faible productivité de son économie planifiée, de la chute du tourisme et de l’échec d’une réforme monétaire, l’île de 9,6 millions d’habitants a replongé dans une nouvelle crise particulièrement aiguë.  En cinq ans, le PIB cubain a chuté de 11% et le gouvernement manque cruellement de devises pour assurer les services de base, notamment le fonctionnement de son réseau électrique vétuste, le maintien de son système de santé et la fourniture de denrées subventionnées.Ces difficultés économiques ont été un détonateur des manifestations antigouvernementales sans précédent du 11 juillet 2021 où des milliers de Cubains étaient descendus dans la rue en criant “On a faim”, “A bas la dictature”.Depuis, les coupures électriques et les pénuries nourrissent le mécontentement et ont entraîné des manifestations sporadiques dans le pays.Dès lors, une possible interruption de l’approvisionnement en pétrole vénézuélien suscite des inquiétudes, alors que les délestages ont pu atteindre 40 heures dans certaines provinces.”Nous vivons une période d’incertitude”, reconnaît Daira Pérez, une avocate de 30 ans, qui tente de se rassurer en soulignant que, pour l’heure, “il n’y a pas eu de changement significatif dans la politique du Venezuela” envers Cuba.Pour Jorge Piñón, “il n’est pas clair si les livraisons de pétrole vénézuélien à destination de Cuba vont se poursuivre”. Mais “Cuba n’a ni les ressources pour acheter ce volume sur les marchés internationaux, ni un allié politique qui puisse le tirer de cette situation”.Malgré leurs craintes, les Cubains, habitués depuis plus de six décennies aux menaces et aux moments de forte tension avec leur puissant voisin, vaquaient lundi à leurs occupations.”Voilà 60 ans que nous nous battons, il faut continuer”, assure le chauffeur Axel Alfonso. Roberto Brown, 80 ans, a vécu le blocus naval imposé par Washington lors de la crise dite des missiles de 1962, qui a plongé le monde au bord d’une guerre nucléaire.Donald Trump “sait” dans quel pays “il va mettre les pieds”, assure-t-il. “Un missile (…) peut arriver ici, mais peut aussi arriver là-bas”, lance-t-il. 

Wall Street proche de ses sommets, soutenue par la tech

La Bourse de New York évolue en hausse mardi, accueillant avec un optimisme prudent des nouvelles sur le front technologique, notamment du géant des semi-conducteurs et première capitalisation mondiale Nvidia.Au lendemain d’un record en clôture, le Dow Jones prenait 0,30% vers 15H00 GMT.L’indice Nasdaq, à forte coloration technologique, prenait 0,47% et l’indice élargi S&P 500 avançait de 0,40%, tous deux non loin de leurs plus hauts niveaux.”L’annonce faite hier par Nvidia concernant l’accélération de la production de nouvelles puces est vraiment le facteur le plus déterminant” pour le marché mardi, commente auprès de l’AFP Christopher Low, de FHN Financial.L’entreprise, qui fournit l’écrasante majorité des puces pour l’intelligence artificielle (IA), a lancé la production de ses nouveaux processeurs Vera et Rubin, plus rapides et moins gourmands en énergie que leurs prédécesseurs, a annoncé lundi son PDG, Jensen Huang.Leur fabrication a commencé moins d’un an après la mise sur le marché des versions précédentes, contre un rythme de renouvellement d’au minimum deux ans jusqu’à présent.Après des inquiétudes persistantes pendant la seconde moitié de 2025 sur les niveaux de valorisation du secteur et les possibilités de rentabilité, “nous voyons le retour de l’optimisme sur l’IA”, estime Christopher Low.L’action Nvidia prenait 1,66% à 191,25 dollars vers 15H00 GMT.Le fabricant de semi-conducteurs Microchip Technology (+8,26% à 72,56 dollars) était lui félicité pour ses prévisions pour le troisième trimestre de son exercice décalé, supérieures aux attentes.”Le reste du marché boursier semble un peu endormi, faute d’autres catalyseurs intéressants”, estime Patrick O’Hare.Selon lui, il sera intéressant d’observer les évolutions du marché ce mois-ci, partant de l’idée selon laquelle “la tendance de janvier est celle de l’année”.Et l’analyste de citer une série d’événements clés attendus pour ce début d’année, comme la nouvelle réunion de politique monétaire de la banque centrale américaine (Fed) ou “la possible décision de la Cour suprême sur le pouvoir du président en matière de droits de douane”.Sur le plan macroéconomique, la séance devrait être calme mardi. L’essentiel des indicateurs américains seront publiés à partir de mercredi, le plus attendu restant le rapport sur l’emploi de décembre, qui doit paraître vendredi.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt américain à dix ans restait pratiquement stable vers 15H00 GMT à 4,17% contre 4,16% à la clôture lundi.A la cote, l’équipementier sportif Under Armour (+2,46% à 5,42 dollars) était dans le vert, porté par l’annonce du renforcement à son capital du groupe financier canadien Fairfax Financial, qui détient désormais environ 22% des actions de l’entreprise.Cela vient donner un peu d’air au cours d’Under Armour, qui a chuté de 40% sur l’ensemble de l’année 2025.La compagnie énergétique Vistra (+3,72% à 168,99 dollars) était recherchée après avoir annoncé le rachat de son concurrent Congentrix Energy, pour environ 4 milliards de dollars.L’assureur américain AIG (-7,36% à 78,13 dollars) reculaittrès nettement, souffrant de l’annonce du départ de son patron Peter Zaffino, après cinq ans à la tête de l’entreprise.

A Dijon, le procès d’un “malentendu” entre agriculteurs et OFB

“Volonté d’acharnement” ou “ressenti infondé”: un responsable du syndicat agricole FDSEA a comparu mardi à Dijon pour avoir tagué sur la façade de l’Office français de la biodiversité (OFB) les prénoms d’agents à qui il reprochait de monter des “dossiers à charge”.”C’est un gros malentendu. Le ressenti des agriculteurs, qui se sentent persécutés, est infondé”, a résumé la procureure Marie-Pierre Bouhey, en requérant devant le tribunal correctionnel de Dijon une amende de 200 euros contre Clément Babouillard, 40 ans, président du puissant syndicat agricole FDSEA dans le canton de Baigneux-les-Juifs (Côte d’Or).Dans un procès symptomatique des tensions entre OFB et monde paysan, l’agriculteur était jugé pour avoir tagué les prénoms de deux agents de l’OFB de Montbard (Côte d’Or) sur la façade de l’Office, accolés au mot “mutation”, lors d’une manifestation qui avait réuni 300 agriculteurs le 30 janvier 2024. “Ces agents stigmatisent les agriculteurs”, s’est-il défendu, évoquant des “dossiers à charge et faux” contre des exploitants. “On ne peut pas accepter cette volonté d’acharnement”, a-t-il dit à la barre, assurant que, “jamais”, il ne s’en serait pris “personnellement” aux agents.Son avocate, Anne Gislain, a elle aussi dénoncé un “acharnement” de certains agents de l’OFB, évoquant deux dossiers où elle avait dû “batailler” pour qu’ils soient classés sans suite après avoir été montés par l’Office.A l’entrée du tribunal, une poignée d’agriculteurs étaient venus soutenir leur collègue, entre deux blocages d’autoroute. “Ca fait depuis plusieurs années qu’il y a des soucis. C’est de l’excès de zèle”, a déclaré à l’AFP Antoine Carré, président de la FDSEA Côte d’Or. “L’OFB est la police de l’environnement. On ne peut pas dire qu’ils montent des dossiers à charge. S’ils se trompent, il n’y pas de poursuites. C’est le parquet qui décide”, a assuré la procureure.”Les agents de l’OFB ne sont pas des empêcheurs de tourner en rond”, a plaidé Laura Abramovitch, l’avocate des parties civiles (les agents et l’OFB). “Ils sont là pour empêcher la pollution et protéger la santé des agriculteurs et de leurs enfants”, a-t-elle ajouté. “On jette en pâture des agents publics”, a-t-elle estimé, dénonçant un “deux poids-deux mesures” entre des “militants environnementaux condamnés à six mois avec sursis quand ils sont interpellés dans une manifestation” et des agriculteurs comme M. Babouillard contre lequel est requis 200 euros d’amende.Le jugement a été mis en délibéré au 5 février.

France: la hausse des prix à la consommation ralentit à 0,8% en décembre sur un an, selon l’Insee

Les prix à la consommation en France ont augmenté de 0,8% au mois de décembre sur un an, a annoncé mardi l’Insee dans une estimation provisoire, après +0,9% en novembre.Ce ralentissement par rapport au mois précédent s’explique par une baisse plus marquée des prix de l’énergie (-6,8% par rapport à décembre 2024 contre -4,6% en novembre par rapport à novembre 2024), et particulièrement des prix des produits pétroliers, précise l’Institut national de la statistique.À l’inverse, les prix de l’alimentation accéléreraient (+1,7% après +1,4% en novembre), notamment du fait des produits frais. Les prix des produits manufacturés baisseraient de 0,4%, un rythme moins soutenu qu’en novembre (-0,6%). Toujours sur un an, les prix des services (+2,2%) et du tabac (+4,1%) évolueraient au même rythme qu’en novembre.Sur un mois, les prix à la consommation rebondiraient de 0,1%, après un recul de 0,2% en novembre, indique également l’Insee.Cette hausse s’expliquerait par le rebond saisonnier des prix des services, notamment de ceux des transports, et par une légère augmentation des prix de l’alimentation. Mais les prix de l’énergie baisseraient, comme ceux des produits manufacturés. Les prix du tabac seraient stables. Sur un an, l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH, qui permet les comparaisons entre les différentes inflations de la zone euro) augmenterait de 0,7% en décembre 2025, après +0,8% en novembre. Sur un mois, il rebondirait de 0,1%, après un recul de 0,2% le mois précédent.L’IPCH est l’indicateur regardé par la BCE pour fixer les taux directeurs européens. Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau s’est réjoui mardi matin de ce 0,7% annuel.”Ce chiffre bas d’inflation est une bonne nouvelle, pour les salaires réels, le pouvoir d’achat en France, et pour le maintien de taux d’intérêt favorables”, a-t-il déclaré à Paris – en anglais – en préambule d’un discours sur le Système monétaire international.Après des pics liés à l’envolée de l’inflation en zone euro au moment du déclenchement de la guerre en Ukraine, il y a près de quatre ans, la BCE a pu redescendre ses taux avec la baisse progressive des prix.En décembre, la banque centrale a maintenu son principal taux directeur inchangé à 2% pour la quatrième fois d’affilée, alors que l’inflation en zone euro s’établissait à 2,1% sur un an en novembre.Les résultats définitifs de l’inflation en France pour décembre seront annoncés par l’Insee le 15 janvier.

La souveraineté économique de l’Europe “menacée” sans l’euro numérique, selon le gouverneur de la Banque de France

La souveraineté économique que l’euro garantit à l’Europe pourrait “être menacée” si l’Europe n’adopte pas l’euro numérique, a déclaré mardi le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.”Lancé il y a plus de 25 ans, l’euro constitue le plus grand pas en avant de l’Europe vers la souveraineté et un énorme succès populaire, soutenu par 82% des citoyens européens. Mais aujourd’hui, cette réussite durement acquise pourrait être menacée si nous ne sécurisons pas le rôle pivot de la monnaie de banque centrale +souveraine+ dans le monde numérique”, a déclaré le gouverneur lors d’une conférence à Paris. L’Eurosystème a déjà “pris des mesures pour proposer un euro numérique au grand public” qui vise à “émettre un +billet numérique+ conçu pour transposer les caractéristiques des espèces au monde numérique, tout en préservant le rôle d’ancrage de la monnaie de banque centrale”, indique-t-il.La Commission avait proposé une régulation de l’euro numérique en juin 2023.Le mois dernier, “le Conseil de l’Union européenne a soutenu à l’unanimité ce projet et s’est mis d’accord sur un véritable euro numérique couvrant à la fois les cas d’usage en ligne et hors ligne, qui (…) offrirait un degré élevé de confidentialité”, selon M. Villeroy de Galhau. Selon les propositions du Conseil européen, l’euro numérique serait disponible en ligne ou hors ligne, et pourrait dont être utilisé même sans connexion internet. Des limites sur la quantité totale d’euros numériques pouvant être détenus à tout moment sur des comptes numériques en ligne et dans des portefeuilles numériques sont prévues.Le texte définit également le cadre dans lequel les prestataires de services de paiement, c’est-à-dire les banques, seront indemnisés.Pendant une période transitoire d’au moins cinq ans, les commissions d’interchange des banques et commissions de service à la charge du commerçant seront plafonnées à un niveau fondé sur les commissions pour des moyens de paiement comparables, c’est à dire 0,20% du montant de la transaction. Après la période de transition, les plafonds des commissions seront fixés sur la base des coûts réels associés à l’euro numérique.”Après le vote attendu au Parlement européen en mai, nous avons l’intention de mener un projet pilote dès 2027 et de lancer potentiellement l’euro numérique en 2029″, a ajouté M. Villeroy de Galhau.

Agriculture: mobilisation nationale avant de nouvelles consultations à Matignon

Départ de convois pour Paris, rassemblement devant des préfectures, contrôles sauvages de marchandises: les actions des agriculteurs diffèrent mardi selon les syndicats, dont deux – la puissante FNSEA et la Confédération paysanne – sont reçus à Matignon en fin d’après-midi.”Il y a une forme d’incompréhension et de défiance vis-à-vis de la parole publique. Ce dont nous avons besoin, ce sont des actes, des décisions qui se voient dans les cours de ferme”, a déclaré sur TF1 Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, reçu à 17H30.Sébastien Lecornu réunit à 11H30 les ministres concernés par les questions agricoles. Une douzaine de membres du gouvernement ont été conviés. Le Premier ministre et la ministre Annie Genevard avaient promis dimanche un arrêté pour empêcher d’importer en France des produits agricoles sud-américains (avocats, goyaves, mangues mais aussi cerises, melons…) traités avec des substances chimiques interdites dans l’Union européenne. L’arrêté sera finalement publié mercredi, a précisé le ministère de l’Agriculture à l’AFP. Les annonces du gouvernement ont jusque-là été jugées insuffisantes pour répondre aux multiples crises auxquelles les agriculteurs font face: épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) pour les bovins, faible cours du blé et prix élevé des engrais, menace d’une concurrence accrue des pays latino-américains du Mercosur…La perspective que l’accord de libre-échange UE-Mercosur soit signé dans les prochains jours, comme le souhaite la Commission européenne, est un “chiffon rouge”, pour Arnaud Rousseau, “de nature à (entraîner) des mobilisations plus importantes. Mais à ce stade, nous appelons à des actions en territoire”.Même son de cloche chez ses alliés des Jeunes agriculteurs reçus lundi à Matignon, qui ont promis un rassemblement le 19 janvier devant le Parlement européen à Strasbourg en cas de signature.Les ministres européens de l’Agriculture seront mercredi à Bruxelles pour une réunion spéciale sur le Mercosur mais aussi sur la politique agricole commune (PAC).- “Cortèges pacifiques” -En revanche, le ton de la Coordination rurale (CR), deuxième syndicat agricole habitué des opérations coup de poing, est monté d’un cran lundi à la sortie de Matignon.Son président Bertrand Venteau s’est insurgé contre l’interdiction, par arrêté préfectoral dans la majeure partie de la France, des convois de tracteurs qu’il prévoyait d’envoyer à Paris pour “porter pacifiquement” les “doléances des agriculteurs”. Il a maintenu son appel à “monter” sur la capitale et la CR espère l’arrivée de ses cortèges à compter de jeudi, a-t-elle précisé à l’AFP. Des agriculteurs venus de Corse ont pu “débarquer du ferry”, a indiqué mardi le syndicat. Des convois sont aussi partis de Dordogne, des Landes, de Gironde et du Lot-et-Garonne.Un convoi de véhicules et de tracteurs s’est élancé de Cancon dans le Lot-et-Garonne, escorté par une voiture de gendarmerie. “On n’est pas des bandits. On va rouler (…) On veut juste porter nos revendications là-haut à Paris”, a déclaré le président de la CR 47 José Pérez.”On travaille pour vivre et on ne nous fait pas vivre (…) On sait déjà qu’on va être sûrement bloqués, mais tant pis, on passera de force”, a-t-il ajouté.Bertrand Venteau a assumé lundi de ne vouloir “rien lâcher” notamment sur le sujet des abattages de l’intégralité d’un foyer à partir du moment où un cas de dermatose nodulaire contagieuse y est détecté. Deux nouveaux cas ont été recensés en Ariège la semaine dernière malgré une vaccination presque totale du département, l’immunité mettant plusieurs semaines à se construire et n’empêchant pas entre-temps les contaminations.La fin de l’abattage total est aussi une demande de la Confédération paysanne, reçue à Matignon à 19H00 et qui a été, avec la CR dans le Sud-Ouest un moteur de la contestation, ravivée début décembre par la gestion de la crise sanitaire par l’Etat.Mardi matin la gendarmerie dénombrait encore au moins cinq blocages d’autoroutes (A75, A64, A51N dans la zone Sud, A65 dans le Sud-Ouest et A84 dans la zone Ouest).Plusieurs agriculteurs avaient fait part à l’AFP de leur intention de passer la nuit sur les barrages. A Calais, tracteurs et agriculteurs avaient installé un barrage filtrant pour contrôler des marchandises sortant du port afin d’attirer l’attention sur les distorsions de concurrence selon eux entre les produits importés et les produits européens.

La Bourse de Paris en repli, à contre-courant des autres grandes places financières

La Bourse de Paris recule mardi, à contre-courant des autres grandes places financières portées par la hausse d’un secteur technologique peu présent à la cote française.L’indice vedette CAC 40 cédait 0,28% à 8.188,69 points vers 10H30, en repli de 22,81 points. Lundi, le CAC 40 a avancé de 0,20%, clôturant à 8.211,50 points, se rapprochant de son dernier record en clôture touché le 21 octobre à 8.258,86 points.La place parisienne faisait office de lanterne rouge des Bourses européennes, alors que Londres et Francfort ont renoué avec leurs sommets historiques, suivant la dynamique des indices asiatiques et américains. L’indice paneuropéen Stoxx Europe 600 (+0,15%) poursuivait par ailleurs son ascension mardi, au lendemain de records en séance et en clôture.Les actions mondiales étaient portées par le secteur technologique, en particulier les valeurs liées au développement de l’intelligence artificielle. A la cote parisienne mardi, le titre STMicroelectronics, spécialisé dans les semi-conducteurs, avançait fortement de 3,31% à 24,54 euros.A l’agenda de la séance, les investisseurs ont pris connaissance de l’évolution des prix à la consommation en France, qui ont augmenté de 0,8% au mois de décembre sur un an, après +0,9% en novembre, un ralentissement tenant à la baisse des prix de l’énergie, particulièrement des prix des produits pétroliers, selon l’Institut national de la statistique.Les chiffres pour l’Allemagne, première économie de la zone euro, seront publiés plus tard en séance, à 14H00, heure de Paris.Trigano en repliLe fabricant français de véhicules de loisirs Trigano, leader européen du camping-car (marques Chausson, Challenger, Adria…), reculait de 1,84%, à 171,10 euros, bien qu’ayant vu son chiffre d’affaires du premier trimestre grimper de 8,3% par rapport à la même période l’an dernier, à 833,4 millions d’euros. Le groupe dit aussi “envisager une nette amélioration de la rentabilité pour 2025/26”, dans un communiqué mardi.

France : les prix à la consommation ont augmenté de 0,8% en décembre sur un an, selon l’Insee

Les prix à la consommation en France ont augmenté de 0,8% au mois de décembre sur un an, annonce mardi l’Insee dans une estimation provisoire, après +0,9% en novembre.Cette baisse par rapport au mois précédent s’explique par une baisse plus marquée des prix de l’énergie (-6,8% par rapport à décembre 2024 contre -4,6% en novembre par rapport à novembre 2024), et particulièrement des prix des produits pétroliers, précise l’Institut national de la statistique.À l’inverse, les prix de l’alimentation accéléreraient (+1,7% après +1,4% en novembre), notamment du fait des produits frais. Les prix des produits manufacturés baisseraient de 0,4%, un rythme moins soutenu qu’en novembre (-0,6%). Toujours sur un an, les prix des services (+2,2%) et du tabac (+4,1%) évolueraient au même rythme qu’en novembre.Sur un mois, les prix à la consommation rebondiraient de 0,1%, après un recul de 0,2% en novembre, indique également l’Insee.Cette hausse s’expliquerait par le rebond saisonnier des prix des services, notamment de ceux des transports, et par une légère augmentation des prix de l’alimentation. Mais les prix de l’énergie baisseraient, comme ceux des produits manufacturés. Les prix du tabac seraient stables. Sur un an, l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH, qui permet les comparaisons entre les différentes inflations de la zone euro) augmenterait de 0,7% en décembre 2025, après +0,8% en novembre. Sur un mois, il rebondirait de 0,1%, après un recul de 0,2% le mois précédent.Les résultats définitifs pour décembre seront annoncés par l’Insee le 15 janvier.

Nvidia a lancé la production de ses nouvelles puces IA, attendues au deuxième semestre

Nvidia, qui fournit l’écrasante majorité des puces pour l’intelligence artificielle (IA), a démarré la production de ses nouveaux processeurs Vera et Rubin, plus rapides et moins gourmands en énergie que leurs prédécesseurs, a annoncé lundi le PDG Jensen Huang.La fabrication des Vera, de type CPU soit le plus classique, et des Rubin, des GPU à la puissance de calcul supérieure, a ainsi commencé moins d’un an après la mise sur le marché de la dernière version, les Grace (CPU) et Blackwell (GPU).”Nous avons décidé que nous devions faire avancer la technologie de calcul” qu’offrent les puces IA “chaque année”, a déclaré Jensen Huang, alors que le rythme était jusqu’ici biannuel au minimum pour Nvidia mais aussi pour ses concurrents.La nouvelle architecture sera disponible à la vente au deuxième semestre, a indiqué le groupe californien. “Si nous voulions que Vera, Rubin arrivent à temps cette année, il fallait qu’elles soient déjà en production”, a expliqué Jensen Huang lors d’une présentation en marge du salon de la technologie grand public CES, qui s’ouvre mardi.Cette accélération du cycle d’innovation des grands noms des processeurs fait craindre à des analystes et des investisseurs une obsolescence anticipée des générations précédentes, avant même d’avoir rentabilisé les milliards de dollars investis.”Cette plateforme traite jusqu’à cinq fois” la quantité de données de la génération précédente, a une performance cinq fois supérieure par dollar investi “et offre cinq fois plus d’efficacité énergétique”, s’est félicité Dion Harris, responsable des produits pour centres de données chez Nvidia, lors d’un point presse.En septembre, Nvidia avait prédit que les performances seraient 7,5 fois supérieures à celles de Grace Blackwell.L’enjeu de cette évolution est cruciale pour les clients de Nvidia, parmi lesquels tous les géants de l’industrie comme Microsoft, Amazon ou Meta, dont la facture énergétique explose. Cette technologie doit permettre de “réduire le coût de l’intelligence”, a assuré Dion Harris en direction d’un secteur où les centaines de milliards de dollars d’investissement ont afflué ces dernières années, alimentant les craintes d’éclatement d’une bulle.Nvidia cherche aussi à verrouiller sa domination sur le secteur, estimée à environ 80% du marché mondial des puces pour les centres de données d’IA.L’entreprise de Santa Clara (Californie) fait ainsi face à une double pression, celle de ses rivaux historiques comme AMD ou Intel, mais aussi de ses propres clients (Google, Amazon, Microsoft) qui développent de plus en plus leurs propres composants pour réduire leur dépendance.