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Michelin restitue “volontairement” 4,3 millions d’euros à l’Etat

Michelin a versé à l’Etat 4,3 millions d’euros sous forme de “don”, selon un arrêté paru vendredi au Journal officiel, qui correspond à une somme reçue par le fabricant de pneus au titre d’un crédit d’impôt pour une usine qu’il a ensuite fermée.”Est accepté le don d’une somme d’argent d’un montant de 4.300.000 d’euros, effectué par virement bancaire en date du 11 décembre 2025, consenti au ministère de l’Economie”, indique le JO.Cette somme “correspond à des crédits d’impôt perçus par Michelin au titre du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), un dispositif en vigueur en France de 2013 à 2021”, a précisé le fabricant à l’AFP.  Il explique avoir “fléché l’équivalent de ce montant vers le site de La Roche-sur-Yon afin de financer sa modernisation, notamment la rénovation d’ateliers et l’acquisition de huit machines industrielles”.Mais l’usine vendéenne a fermé ses portes en décembre 2020 et Michelin a décidé, “par souci de responsabilité, de restituer à l’Etat le gain correspondant à ces crédits d’impôt, compte tenu de la fermeture ultérieure du site”.Il précise que ce remboursement “est strictement volontaire”. “Le cadre légal du CICE ne prévoit aucun mécanisme de remboursement, y compris en cas de fermeture de site ou de réaffectation d’équipement”, ajoute-t-il.A Bercy, on indique que cette procédure “a fait l’objet d’une expertise approfondie et a été validé(e) comme juridiquement et budgétairement conforme”. “Cette restitution s’inscrit dans une démarche volontaire et responsable de Michelin suite à la commission d’enquête (sénatoriale) sur les aides publiques” dont les conclusions ont été rendues en juillet dernier.Dans une question au ministre de l’Economie Roland Lescure, en novembre, le sénateur communiste Fabien Gay, co-auteur d’un rapport critique sur les aides publiques aux entreprises, rappelait que Michelin s’était engagé, lors des auditions, à rembourser ces 4,3 millions d’euros “dans une perspective éthique”.”Ce n’est pas tous les jours qu’une entreprise souhaite faire un chèque à l’Etat. Donc je vous assure, ce chèque (…) il sera déposé”, avait alors répondu M. Lescure. “On est en train de travailler avec Michelin pour qu’il arrive à bon port”.   

Nématode du pin: jusqu’à 4.000 euros de dédommagement de l’Etat par arbre contaminé et abattu

Le ministère de l’Agriculture a détaillé, vendredi au Journal officiel, les mesures de soutien financier qui seront apportées par l’Etat aux sylviculteurs pour éradiquer le nématode du pin, prévoyant notamment une indemnisation pouvant aller jusqu’à 4.000 euros par arbre contaminé et abattu.Cette enveloppe financière à destination des propriétaires forestiers avait été annoncée le 23 décembre par la ministre de l’Agriculture, après que le ver ravageur, dont le nom scientifique est Bursaphelenchus xylophilus, a été détecté cet automne pour la première fois en France.Selon l’arrêté publié vendredi au JO mais en date du 22 décembre, “les propriétaires ou détenteurs de végétaux, produits végétaux ou autres objets qui ont fait l’objet d’une mesure de lutte ordonnée par l’autorité administrative (…) dans le cadre de la lutte contre Bursaphelenchus xylophilus en vue de son éradication, peuvent prétendre à une prise en charge par l’Etat”. Cette prise en charge est “limitée aux coûts directs induits par les mesures de lutte mises en œuvre, dans le cadre de la première découverte de cet organisme de quarantaine prioritaire sur le territoire français”, précise l’article 1 de l’arrêté.Parmi ces coûts directs figurent notamment l’abattage, le broyage, le transport et le traitement des arbres contaminés et identifiés, ainsi que les surcoûts d’exploitation résultant des contraintes sanitaires imposées pour les arbres de diamètre supérieur ou égal à 12,5 cm.Dans le détail, le barème d’indemnisation prévoit par exemple 400 euros par arbre “contaminé ou identifié sans analyse officielle négative” pour les propriétaires forestiers en zone infestée de 20 arbres et plus d’espèces sensibles au nématode du pin.Cette somme monte à 3.000 euros par arbre contaminé pour les détenteurs ou propriétaires de moins de 20 arbres, et jusqu’à 4.000 euros pour les arbres de parcs et jardins de grandes dimensions.L’annonce du déblocage de fonds pour aider les sylviculteurs face à cette crise du nématode du pin avait été saluée dès mardi par les professionnels du secteur qui début décembre avaient réclamé au gouvernement des “procédures d’urgence” et des financements pour lancer le plan “d’éradication”.La profession a évalué à “plusieurs dizaines de millions d’euros” les pertes liées à cette crise.Le nématode du pin est classé “organisme de quarantaine prioritaire” par la législation européenne, indique l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). Il est considéré par les autorités comme “une menace sanitaire majeure” pour les forêts de résineux, selon la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt de Nouvelle-Aquitaine (Draaf).

Colère agricole: levée du barrage sur l’A63 près de Bordeaux

La Coordination rurale a annoncé vendredi la levée de son barrage sur l’autoroute A63 à Cestas, au sud de Bordeaux, devenu depuis la mi-décembre l’un des lieux emblématiques de la mobilisation agricole contre la gestion gouvernementale de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).”Après 12 jours de lutte, nous levons le camp de Cestas,” déclare dans un communiqué la section girondine du deuxième syndicat agricole, qui déplore le “silence” et le “mépris” opposés par l’exécutif.”À ce stade, parler à un mur serait plus utile”, ironise la CR33 qui, après avoir célébré Noël sur place, appelle “tout le monde agricole à repartir encore plus fort” en janvier.Les agriculteurs rangeaient vendredi matin les barnums et nettoyaient la portion d’autoroute qu’ils ont occupée sur cet axe reliant Bordeaux au Bassin d’Arcachon, au Pays basque et à l’Espagne, a constaté un journaliste de l’AFP. Depuis leur arrivée le 14 décembre au soir, les agriculteurs y ont notamment reçu le soutien du restaurateur Philippe Etchebest ou de taxis.  Dans les Pyrénées-Atlantiques, la Coordination rurale rencontrait vendredi matin le préfet, a indiqué un porte-parole, sans confirmer dans l’immédiat la possible levée dans la journée des barrages installés sur l’A64 à Briscous, près de Bayonne, et à un péage de Pau, évoquée par des médias locauxÀ l’autre bout de l’A64, la levée du barrage à Carbonne, au sud de Toulouse, d’où était déjà parti un premier épisode de colère agricole en janvier 2024, n’est en revanche pas d’actualité. Les agriculteurs prévoient ailleurs dans la région de nouvelles actions, notamment sur l’A75 avec l’idée d’unir les deux barrages en Aveyron et en Lozère afin de “rallonger le blocage de l’autoroute”, a expliqué à l’AFP Eloi Nespoulous, président de la CR en Occitanie.”On déverse, ils auront pour trois jours à nettoyer. Cette portion d’autoroute sera bloquée aussi sur 40 km à peu près. En tout ça fera plus de 100 km de bloqués si on relie tous les points”, précise-t-il.”L’Aveyron se tient mobilisé à cause de la dermatose parce que c’est un pays de vaches, on en a 420.000, c’est pour ça qu’on arrive à avoir des manifestations fortes”, déclare-t-il encore.La fin de l’abattage systématique des troupeaux lorsqu’un cas de dermatose est détecté est la principale revendication des agriculteurs encore mobilisés sur les barrages qui bloquent également la circulation sur quelques routes départementales ou nationales du Sud-Ouest.ap-jed-mk-gf/sp

Scandale de corruption 1MDB en Malaisie: l’ex-Premier ministre Najib Razak coupable d’abus de pouvoir et de blanchiment

Déjà emprisonné, l’ex-Premier ministre malaisien Najib Razak a été reconnu coupable vendredi d’abus de pouvoir et de blanchiment d’argent dans le tentaculaire scandale de corruption du fonds souverain malaisien 1MDB, une décision qui risque de le maintenir pendant des années derrière les barreaux.Fils de l’un des pères fondateurs de la Malaisie, l’ancien dirigeant de 72 ans était jugé pour quatre chefs d’accusation d’abus de pouvoir en lien avec des pots-de-vin présumés d’environ 2,28 milliards de ringgits (554 millions de dollars, 471 millions d’euros) provenant du fonds souverain malaisien 1Malaysia Development Berhad (1MDB), ainsi que pour 21 chefs d’accusation de blanchiment d’argent.Le détournement de centaines de millions de dollars de ce fonds censé œuvrer au développement économique de la Malaisie, pour des dépenses privées comme l’achat d’un yacht géant et des toiles de Monet et Van Gogh, avait déclenché des enquêtes aux États-Unis, en Suisse et à Singapour.L’audience de vendredi s’est ouverte vers 09H00 (01H00 GMT) devant la Haute Cour de Kuala Lumpur, réunie à Putrajaya, la capitale administrative de la Malaisie.Le président de la cour, Collin Lawrence Sequerah, a écarté les arguments de la défense selon lesquels de l’argent versé sur le compte de l’ex-Premier ministre provenait de dons du Moyen-Orient.”Je considère que l’accusation a prouvé au-delà de tout doute raisonnable la culpabilité de l’accusé pour le premier chef d’accusation”, a déclaré Collin Lawrence Sequerah.”Je déclare donc l’accusé coupable”, a poursuivi le magistrat, qui a interrompu la lecture du long jugement pour la prière du vendredi après-midi.A la reprise de l’audience, le juge l’a également déclaré “coupable des 21 chefs d’accusation (de blanchiment d’argent) et le condamne en conséquence”.On ignore si le prononcé de la peine suivra immédiatement la lecture du jugement.Dans ce procès, chaque chef d’accusation d’abus de pouvoir est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison et d’une amende pouvant atteindre cinq fois le montant du pot-de-vin.- Plus de 50 témoins -Najib Razak, au pouvoir de 2009 à 2018, purge déjà une peine de six ans de prison, après avoir été condamné dans une autre affaire liée à ce scandale. L’ex-dirigeant a présenté des excuses pour le scandale 1MDB qui s’est déroulé pendant son mandat, mais maintient qu’il ignorait tout des transferts illégaux provenant du fonds, aujourd’hui dissous.Selon le parquet, Najib Razak a pourtant profité de ses positions de Premier ministre, ministre des Finances et président du conseil consultatif du fonds pour transférer d’importantes sommes de la société vers son compte personnel il y a plus de 10 ans. L’accusation a présenté des relevés bancaires, les déclarations de plus de 50 témoins et d’autres documents à charge, tout en réfutant les arguments de la défense qui imputaient à l’homme d’affaires Jho Low (de son vrai nom Low Taek Jho) l’essentiel de la responsabilité de l’affaire. Longtemps très proche de Najib Razak, il est considéré comme le cerveau du pillage du fonds d’investissement, mais il est actuellement en fuite.Le président de la cour a souligné vendredi que “les preuves (…) témoignent d’une relation dans laquelle Jho Low agissait comme un prête-nom ou un agent de l’accusé en ce qui concerne la gestion des affaires de 1MDB”.Les avocats de M. Razak ont assuré que leur client ignorait que la direction de 1MDB travaillait main dans la main avec Jho Low pour détourner d’importantes sommes d’argent du fonds.L’avocat Muhammad Shafee Abdullah a affirmé à la presse la semaine dernière que Najib Razak n’avait “jamais bénéficié d’un procès équitable” et a réitéré ses accusations contre Jho Low.L’ancien dirigeant a néanmoins subi un revers lundi, se voyant refuser sa demande de commutation de sa peine existante en assignation à résidence.Le scandale a joué un rôle majeur dans la défaite aux élections de 2018 de Najib Razak et de l’Organisation nationale unifiée des Malais (Umno), le plus ancien parti de Malaisie, qui était au pouvoir depuis l’indépendance de cette ex-colonie britannique en 1957.

Grèce: la fermeture des centrales au lignite provoque chômage et exode

Dans le nord de la Grèce, le maire de la ville de Ptolemaïda, ancien pôle de production d’électricité à base de lignite, ne cache pas son inquiétude. Cette cité de Macédoine occidentale et sa région alentour risquent selon lui de “se transformer en Detroit”, du nom de la métropole américaine frappée par l’effondrement de l’industrie automobile.”Huit jeunes sur dix qui quittent la région pour étudier n’y reviennent jamais”, déplore Panagiotis Plakentas, l’édile de cette ville de de plus de 31.000 habitants.”Le chômage augmente et les emplois supprimés ne sont pas remplacés”, explique-t-il à l’AFP.Dans la région, seules deux centrales au lignite sont encore en activité. L’une fermera en mai et l’autre sera convertie au gaz naturel d’ici la fin 2026.Onze d’entre elles ont déjà cessé leur activité dans cette région qui fut des décennies durant le centre de production d’électricité à base de lignite en Grèce.- Très polluant -La Grèce est engagée dans une vaste transition vers les énergies renouvelables. Pour ce faire, elle a prévu de se défaire d’ici à 2028 de la production d’électricité par la combustion de lignite, une forme appauvrie de charbon très polluant.A Agios Dimitrios, un petit village proche de Ptolemaïda, trois hommes en tenue de travail savourent leur café face aux cheminées de la centrale thermique. Ils savent qu’avec sa fermeture programmée en mai, ils vont perdre leur emploi.”Cette ‘monoculture’ du lignite a été à la fois une bénédiction et une malédiction pour la région”, martèle l’un d’eux sans livrer son identité. “D’un côté, elle a donné du travail pendant des décennies à la plupart des habitants”, poursuit-il. “Mais la dépendance de l’économie locale à ce secteur a été si grande qu’elle nous fait sentir qu’il n’y a pas de lendemain pour nous”.A la place, la compagnie d’électricité publique, Public Power Corporation (PPC), a prévu un programme d’investissement de plus de cinq milliards d’euros sur les 3 à 5 prochaines années avec la création de vastes parcs photovoltaïques, des centres de données à haute capacité et des unités de stockage d’énergie.Le président de la communauté locale, Ilias Tentsoglidis, fustige une “dé-lignitisation violente” et affirme que les projets alternatifs de PPC ne se concrétisent pas.Des terres de la région avaient été expropriées par la PPC il y a des années pour l’extraction du lignite. Aujourd’hui les habitants préféreraient les récupérer pour les cultiver.”Nos villages se vident et, dans la plaine la plus fertile de la région, on sème du verre et du béton” en référence aux panneaux photovoltaïques, critique M. Tentsoglidis.La Macédoine occidentale affiche le taux de chômage le plus élevé de Grèce, à 16,5%, le double de la moyenne nationale (8,1%), selon l’office des statistiques ELSTAT.Elle est aussi la région qui a enregistré le plus fort déclin démographique au cours de la dernière décennie, avec une baisse de 10,1% de sa population.Selon les estimations des syndicats, plus de 10.000 emplois ont déjà été perdus en Macédoine occidentale, et ce chiffre devrait atteindre 20.000 lorsque le plan de transition verte sera entièrement mis en œuvre.L’exploitation du lignite, très polluant, a également eu des répercutions sur la santé des habitants de la région.Une étude publiée en décembre dans la revue internationale scientifique Atmosphere a établi un lien entre la diminution des maladies cardiovasculaires et l’amélioration de la qualité de l’air enregistrée grâce à la réduction de l’activité liée au lignite dans cette région.- Poison -Un tribunal a récemment condamné la PPC à verser environ 1,5 million d’euros de dommages et intérêts pour avoir contaminé la nappe phréatique en raison d’une mauvaise gestion des cendres issues de l’activité autour de la grande ville voisine, Kozani.”Nous buvions du poison” sans le savoir, raconte, amer, M. Tentsoglidis. Et “nous nous sommes réveillés un matin et on nous a dit que l’eau n’était plus potable. Non seulement il ne fallait plus la boire, mais il ne fallait plus la toucher non plus”.L’avenir? Alexis Kokkinidis, un mécanicien de 45 ans, ressent “de l’incertitude et de la peur”.”La seule chose qui me retient ici, c’est l’attachement émotionnel”, confie ce père de deux enfants, dont le contrat prendra fin en mai.”Je suis né et j’ai grandi ici mais on ne peut pas vivre de sentiments”.

Scandale de corruption en Malaisie: l’ex-Premier ministre Najib Razak attend son verdict

Déjà emprisonné, l’ex-Premier ministre malaisien Najib Razak doit connaître vendredi le verdict d’un nouveau procès lié au tentaculaire scandale de corruption 1MDB en Malaisie, qui risque de le maintenir pour des années derrière les barreaux.Fils de l’un des pères fondateurs de la Malaisie, l’ancien dirigeant de 72 ans est jugé pour quatre chefs d’accusation d’abus de pouvoir en lien avec des pots-de-vin présumés d’environ 2,28 milliards de ringgits (554 millions de dollars) provenant du fonds souverain malaisien 1Malaysia Development Berhad (1MDB), ainsi que pour 21 chefs d’accusation de blanchiment d’argent.Le détournement de centaines de millions de dollars de ce fonds censé oeuvrer au développement économique de la Malaisie, pour des dépenses privées comme l’achat d’un yacht géant ou des toiles de Monet ou Van Gogh, avait déclenché des enquêtes aux Etats-Unis, en Suisse et à Singapour. L’audience de vendredi s’est ouverte vers 9H00 (01H00 GMT) devant la Haute Cour de Kuala Lumpur, réunie à Putrajaya, la capitale administrative de la Malaisie.Le président de la cour, Collin Lawrence Sequerah, a commencé à lire un long verdict, avant de faire une pause pour la prière du vendredi trois heures plus tard. L’audience doit reprendre à 15H00 (07H00 GMT).Najib Razak, au pouvoir de 2009 à 2018, purge déjà une peine de six ans de prison après avoir été condamné dans une autre affaire liée à ce scandale. Dans son nouveau procès, chaque chef d’accusation d’abus de pouvoir est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison et d’une amende pouvant atteindre cinq fois le montant du pot-de-vin.S’il est acquitté, il retournera à la prison de Kajang, près de Kuala Lumpur, pour purger le reste de sa peine initiale.- “Contrôle absolu” -L’ex-dirigeant malaisien a présenté des excuses pour le scandale 1MDB qui s’est déroulé pendant son mandat, mais maintient qu’il ignorait tout des transferts illégaux provenant du fonds aujourd’hui dissous.Selon le parquet, Najib Razak a pourtant profité de ses positions de Premier ministre, ministre des Finances et président du conseil consultatif du fonds pour transférer d’importantes sommes de la société vers son compte personnel il y a plus de dix ans. L’accusation a présenté des relevés bancaires, les déclarations de plus de 50 témoins et d’autres documents à charge, tout en réfutant les arguments de la défense qui imputaient à l’homme d’affaires Jho Low (de son vrai nom Low Taek Jho), l’essentiel de la responsabilité de l’affaire. Longtemps très proche de Najib Razak, il est considéré comme le cerveau du pillage du fonds d’investissement, mais il est actuellement en fuite.Najib Razak “se présente comme la victime de subordonnés rebelles, alors qu’en réalité il était l’unique décideur et le plus puissant”, a estimé le procureur adjoint Ahmad Akram Gharib. Le juge Sequerah a écarté les arguments de la défense selon lesquels de l’argent versé sur le compte de l’ex-Premier ministre provenait de dons du Moyen-Orient.”Les preuves indiquent clairement qu’il ne s’agissait pas d’une coïncidence, mais témoignent d’une relation dans laquelle Jho Low agissait comme un prête-nom ou un agent de l’accusé en ce qui concerne la gestion des affaires de 1MDB” a-t-il souligné.Les avocats de M. Razak ont assuré que leur client ignorait que la direction de 1MDB travaillait main dans la main avec Jho Low pour détourner d’importantes sommes d’argent du fonds.L’avocat Muhammad Shafee Abdullah a affirmé à la presse la semaine dernière que Najib Razak n’avait “jamais bénéficié d’un procès équitable” et a réitéré ses accusations contre Jho Low.L’ancien dirigeant a néanmoins subi un revers lundi, se voyant refuser sa demande de commutation de sa peine existante en assignation à résidence.Une nouvelle condamnation porterait un coup supplémentaire à son influence persistante au sein du plus ancien parti politique de Malaisie, l’Organisation nationale unifiée des Malais (Umno).Le scandale a joué un rôle majeur dans la défaite aux élections de 2018 de Najib Razak et de l’Umno, qui était au pouvoir depuis l’indépendance de cette ex-colonie britannique en 1957.

Scandale de corruption en Malaisie: l’ex-Premier ministre Razak attend son verdict

Déjà emprisonné, l’ex-Premier ministre malaisien Najib Razak doit connaître vendredi le verdict d’un nouveau procès lié au tentaculaire scandale de corruption 1MDB en Malaisie, qui risque de le maintenir pour des années derrière les barreaux.Fils de l’un des pères fondateurs de la Malaisie, l’ancien dirigeant de 72 ans est jugé pour quatre chefs d’accusation d’abus de pouvoir en lien avec des pots-de-vin présumés d’environ 2,28 milliards de ringgits (554 millions de dollars) provenant du fonds souverain malaisien 1Malaysia Development Berhad (1MDB), ainsi que pour 21 chefs d’accusation de blanchiment d’argent.Le détournement de centaines de millions de dollars de ce fonds censé œuvrer au développement économique de la Malaisie, pour des dépenses privées comme l’achat d’un yacht géant ou des toiles de Monet ou Van Gogh, avait déclenché des enquêtes aux Etats-Unis, en Suisse et à Singapour. Le juge Collin Lawrence Sequerah rendra sa décision à partir de 09H00 (01H00 GMT) devant la Haute Cour de Kuala Lumpur réunie à Putrajaya, la capitale administrative de la Malaisie.Najib Razak, au pouvoir de 2009 à 2018, purge déjà une peine de six ans de prison après avoir été condamné dans une autre affaire liée à ce scandale. Dans son nouveau procès, chaque chef d’accusation d’abus de pouvoir est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison et d’une amende pouvant atteindre cinq fois le montant du pot-de-vin.S’il est acquitté, il retournera à la prison de Kajang, près de Kuala Lumpur, pour purger le reste de sa peine initiale.- “Contrôle absolu” -L’ex-dirigeant malaisien a présenté des excuses pour le scandale 1MDB qui s’est déroulé pendant son mandat, mais maintient qu’il ignorait tout des transferts illégaux provenant du fonds aujourd’hui dissous.Selon le parquet, Najib Razak a pourtant profité de ses positions de Premier ministre, ministre des Finances et président du conseil consultatif du fonds pour transférer d’importantes sommes de la société vers son compte personnel il y a plus de dix ans. L’accusation a présenté des relevés bancaires, les déclarations de plus de 50 témoins et d’autres documents à charge, tout en réfutant les arguments de la défense qui imputaient au fugitif Low Taek Jho l’essentiel de la responsabilité de l’affaire. Cet homme d’affaires, longtemps très proche de Najib Razak, est considéré comme le cerveau du pillage du fonds d’investissement, mais il est actuellement en fuite.Najib Razak “se présente comme la victime de subordonnés rebelles, alors qu’en réalité il était l’unique décideur et le plus puissant”, a estimé le procureur adjoint Ahmad Akram Gharib au tribunal. “L’accusé exerçait un contrôle absolu sur les finances, l’exécutif et la politique”, a-t-il dit lors de ses plaidoiries.Les avocats de Najib Razak affirment que l’argent qui a été versé sur le compte de l’ex-Premier ministre provenait de dons du Moyen-Orient.Ils ont assuré que leur client ignorait que la direction de 1MDB travaillait main dans la main avec Low Taek Jho pour détourner d’importantes sommes d’argent du fonds.L’avocat Muhammad Shafee Abdullah a affirmé à la presse la semaine dernière que Najib Razak n’avait “jamais bénéficié d’un procès équitable” et a réitéré ses accusations contre Low Taek Jho.L’ancien dirigeant a néanmoins subi un revers lundi, se voyant refuser sa demande de commutation de sa peine existante en assignation à résidence.Une nouvelle condamnation porterait un coup supplémentaire à son influence persistante au sein du plus ancien parti politique de Malaisie, l’Organisation nationale unifiée des Malais (Umno).Le scandale a joué un rôle majeur dans la défaite aux élections de 2018 de Najib Razak et de l’Umno, qui était au pouvoir depuis l’indépendance de cette ex-colonie britannique en 1957.

Des blocages d’agriculteurs toujours en place dans le Sud-Ouest

Des agriculteurs bloquaient toujours jeudi plusieurs routes et autoroutes du Sud-Ouest pour protester contre la gestion gouvernementale de la dermatose bovine.Dans les Pyrénées-Atlantiques, la préfecture a toutefois annoncé jeudi la réouverture partielle de certaines autoroutes qui avaient été affectées par des barrages levés il y a déjà quelques jours.Il s’agit d’un tronçon de l’A64 couvrant 70 km entre le péage de Peyrehorade (Landes) et la jonction avec l’A65 à l’ouest de Pau, ainsi que d’un autre tronçon sur l’A65.La gendarmerie avait recensé jeudi matin les mêmes points de blocage que la veille, concernant notamment les autoroutes A63 au sud de Bordeaux, A64 sur plusieurs points entre Toulouse et Bayonne, A65 à Thèze (Pyrénées-Atlantiques) et A75 en Lozère et en Aveyron.Une nouvelle messe de Noël était programmée jeudi en fin de journée sur le barrage établi sur l’A63 au sud de Bordeaux, après la messe de minuit et le réveillon “façon auberge espagnole” organisés la veille sous le pont de l’échangeur autoroutier à Cestas, a fait savoir à l’AFP la Coordination rurale (CR) de Gironde.Mais après 12 jours de présence sur le barrage, “la fatigue commence à s’installer”, témoigne Jean-Paul Ayres, porte-parole de la CR33.Du côté du blocage de l’A64 dans les Pyrénées-Atlantiques, la Coordination rurale du département prévoyait pour sa part une parade de tracteurs dans Pau jeudi soir.Sur le barrage de Carbonne, au sud de Toulouse, les “Ultras de l’A64” ont aussi organisé mercredi soir une messe à laquelle ont assisté au moins 300 personnes.Ils ont également offert aux participants des huîtres ou des dindes et un sanglier cuits à la broche, au milieu de sapins décorés de boules et de guirlandes.De nombreux habitants des environs, dont le soutien est constant depuis l’installation du campement, le 12 décembre, ont rejoint encore une fois les agriculteurs.De son côté, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a adressé ses “remerciements les plus sincères” aux préfets pour leur “engagement total” depuis “le début du mouvement de contestation agricole” et pour “le dialogue (qui) n’a jamais été rompu” avec les agriculteurs, dans un courrier envoyé mardi et consulté jeudi par l’AFP.Depuis le début de l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en Savoie cet été, l’État tente de contenir la propagation du virus en se basant sur “trois piliers”: l’abattage systématique d’un troupeau dès la détection d’un cas, la vaccination et la restriction de mouvements.Une gestion fortement contestée par une partie des agriculteurs, notamment de la Coordination rurale (deuxième syndicat de la profession) et de la Confédération paysanne (troisième), qui rejettent cette stratégie d’abattage des troupeaux entiers au moindre cas détecté.En Haute-Garonne, 72 vaches ont été abattues mardi après la détection d’un nouveau cas de DNC, dans le village pyrénéen de Juzet-d’Izaut, portant le bilan national à 115 foyers depuis juin. Le dernier cas majeur de DNC remontait au 15 décembre, dans le département voisin de l’Aude.mk-gag-jed-dmc/jco/vk

Messe, sapins et huitres: à Carbonne, le réveillon sur l’autoroute des Ultras de l’A64

“Tout le monde préfèrerait passer le réveillon en famille”: toujours mobilisés contre la politique gouvernementale de gestion de la dermatose bovine, les agriculteurs du barrage de Carbonne, au sud de Toulouse, ont passé le réveillon de Noël sur l’A64, avec en point d’orgue une messe célébrée sur l’autoroute.Au cours de la cérémonie, tenue sous une tonnelle de près de 40 mètres de longueur, au moins 300 personnes ont prié le “Seigneur de veiller sur nos agriculteurs”.De nombreux habitants des environs, dont le soutien est constant depuis l’installation du campement, le 12 décembre, sont venus encore une fois exprimer leur soutien aux agriculteurs.”On a reçu 20 douzaines d’huitres et ce matin des gens ont porté des bûches”, se réjouit Frédéric Meynard, céréalier et membre des Ultras de l’A64, association à l’origine du blocage de Carbonne (Haute-Garonne). Des boîtes de chocolat et des pots de miel sont venus s’ajouter aux kilos de vivres et de boissons stockés dans deux conteneurs, constamment pleins depuis le début du blocage.Déjà passé plusieurs fois sur le barrage en soutien, Fabrice Graglia regrette que le gouvernement n’écoute pas les revendications des agriculteurs. Il est venu s’assurer que les manifestants ne manquaient de rien pour le réveillon. “Je leur ai proposé du champagne pour qu’ils égayent un peu leur soirée”, confie cet agent SNCF de 49 ans, entouré de ses deux fils.”C’est un peu triste de les voir rester fêter Noël ici”, déplore Nathan Graglia, étudiant en informatique à Toulouse.- “Donner et recevoir” -Christophe Gimenez, un manageur dans les transports de 50 ans, est lui aussi venu plusieurs fois. Il souligne la solidarité qui règne sur le barrage: “Ici c’est convivial. Dans la vie, il faut savoir donner et recevoir. Vendredi et samedi, je suis venu faire des pizzas pour tout le monde et ce soir de Noël, je suis là aussi”, dit-il avec conviction.Comme lui, Joëlle, 76 ans, une retraitée de l’immobilier, est opposée à l’accord commercial avec le Mercosur car elle “aime manger de la bonne viande”.Reçus mardi soir par le préfet de Haute-Garonne, les Ultras de l’A64 ont décidé de poursuivre le mouvement, faute de “solutions” suffisantes apportées par l’Etat, notamment concernant la crise de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) mais aussi les difficultés des céréaliers du département.”Tout le monde préfèrerait passer le réveillon en famille, a reconnu Frédéric Meynard.Sur le blocage, au même endroit que lors du mouvement agricole de janvier 2024, plusieurs sapins ont été décorés de boules et de guirlandes pour amener un peu d’esprit de Noël. L’un d’entre eux, garni de grenades lacrymogènes vides, vient aussi rappeler les affrontements entre les gendarmes et des agriculteurs tentant d’empêcher l’abattage de 207 vaches aux Bordes-sur-Arize, en Ariège, il y a deux semaines, la veille de l’installation du barrage de Carbonne.A quelques mètres du pont, où plus d’une centaine de personnes présentes en début de soirée se réchauffent devant des braseros, plusieurs hommes s’affairent en cuisine, notamment en ouvrant des huitres, alors que, quelques mètres plus loin, des dindes et un sanglier à la broche sont presque cuits.L’affluence ne fait pas peur à Jean-Benoît Devic, éleveur et céréalier. “Depuis le début, on a dû faire manger 7.000 personnes sous le pont et ça se fait tout seul”, assure-t-il.Malgré l’arrivée du froid et des nuits plus rudes, le blocage ne sera pas levé tant que les revendications des agriculteurs ne seront pas “entendues et considérées”, prévient Frédéric Meynard.Un nouvel an sur l’autoroute ? “On ne l’espère pas, mais s’il faut en arriver là on le fera”.

De la “Paypal mafia” à la Maison Blanche: David Sacks, l’incontournable Monsieur IA de Trump

Arrivé en novice dans le monde politique de Washington, l’entrepreneur David Sacks a outrepassé les attentes pour devenir l’un des membres de l’administration Trump le plus couronné de succès.Officiellement, il occupe le poste de président du conseil chargé de guider les choix de Donald Trump en matière de sciences et technologies.Dans les faits, il est considéré comme le Monsieur IA et cryptomonnaies du président américain.”Je suis reconnaissant que nous l’ayons”, a relevé Sam Altman, le patron d’OpenAI, en réponse à une enquête New York Times accusant David Sacks de conflits d’intérêt.”Pendant que les Américains se chamaillent, nos rivaux étudient les moindres faits et gestes de David”, a aussi tempêté à cette occasion Marc Benioff, le patron du géant de l’informatique Salesforce.Cette enquête portait sur les investissements de David Sacks dans des entreprises technologiques qui bénéficient du soutien de la Maison Blanche envers l’intelligence artificielle (IA).Ce dernier en a rejeté les conclusions, dénonçant une attaque “contre la vérité” par un média progressiste. L’épisode a cependant illustré l’influence acquise par ce natif d’Afrique du Sud à Washington, où sa longévité a dépassé celle de son ami et compatriote Elon Musk, reparti avec fracas en moins de six mois.”Même parmi ses alliés de la Silicon Valley, il a dépassé les attentes”, confie un ancien associé, sous couvert d’anonymat.- “Paypal mafia” -Contrairement à de nombreuses figures de la Silicon Valley, David Sacks affiche de fortes convictions conservatrices depuis ses études à Stanford dans les années 1990.C’est là qu’il a rencontré Peter Thiel, le milliardaire devenu mentor idéologique des rangs conservateurs et religieux de la tech américaine.A l’époque, les deux hommes écrivent dans une publication du campus pour combattre le politiquement correct détruisant selon eux l’élite universitaire américaine.Diplômé de Stanford et de l’Université de Chicago, David Sacks choisit d’abord la carrière classique de consultant chez McKinsey.Mais Peter Thiel attire son ami dans sa startup Confinity, futur Paypal, l’associant à ce vivier – la “Paypal Mafia” – d’entrepreneurs influents de la tech mondiale, comme Elon Musk ou le cofondateur de LinkedIn, Reid Hoffman.David Sacks accentue ensuite sa fortune en créant ensuite un réseau social vendu à Microsoft, puis en prospérant dans le capital-risque.La pandémie du Covid marque un tournant: il lance avec des amis conservateurs le podcast “All-in”, où ils parlent affaires et fustigent les démocrates au pouvoir.En amont de l’élection de 2024, David Sacks devient un donateur conséquent de la campagne de Donald Trump, jusqu’à intégrer sa garde rapprochée.Soutenu par Elon Musk, il est nommé “Tsar” de l’IA et des cryptomonnaies, et devient l’architecte de la politique technologique du nouveau président.David Sacks pilote d’abord un projet de loi sur les cryptomonnaies destiné à offrir une clarté juridique aux actifs numériques de ce secteur adopté avec enthousiasme par Donald Trump et sa famille.Mais l’IA devient vite le pivot du second mandat du républicain, encouragé par le plaidoyer de David Sacks.L’entrepreneur commence toutefois rapidement à être la cible d’accusations grandissantes d’abus de pouvoir.Pour son ancien associé, l’obsession avec laquelle David Sacks poursuit ses objectifs convient bien à la culture entrepreneuriale de la Silicon Valley, mais est source de frictions à Washington.- “Hors de contrôle” -La principale controverse qui l’entoure porte sur sa volonté d’empêcher les Etats américains de créer leurs propres régulations sur l’IA et d’imposer que les normes soient établies depuis Washington.Après deux échecs au Congrès pour interdire ces réglementations locales, David Sacks en a référé au président, qui a signé en décembre un décret menaçant de couper les fonds aux Etats rebelles.Parmi les lobbyistes de la tech, plusieurs voix craignent pourtant que ce cavalier seul ne torpille toute chance d’une régulation nationale efficace.A ces critiques s’ajoute l’opposition grandissante du public au déploiement rapide de l’IA, qui craint des pertes d’emplois et s’inquiète de la construction effrénée de centres de données géants et gourmands en énergie.”Les frangins de la tech sont hors de contrôle”, a mis en garde Steve Bannon, l’ancien conseiller de Donald Trump, toujours influent dans la sphère républicaine et inquiet des répercussions sur la base électorale, à l’approche des élections de mi-mandat en 2026.Mais l’heure n’est pas aux concessions pour David Sacks, qui qualifie les critiques de “diversion” nourrie par des Cassandres apocalyptiques voulant “stopper tout progrès”.