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Le Cambodge s’attaque à l’empire d’un magnat accusé de cybercriminalité

Le Cambodge a annoncé jeudi la liquidation d’une banque fondée par le magnat d’origine chinoise Chen Zhi, accusé de superviser des centres de travail forcé pour des cyberarnaques et extradé la veille vers la Chine.La banque Prince a été “placée en liquidation” et n’est “désormais plus autorisée à fournir de nouveaux services bancaires”, a indiqué la Banque centrale cambodgienne.Ses clients peuvent tout de même “retirer leur argent normalement en préparant les documents nécessaires” et ceux ayant souscrit des emprunts sont toujours tenus de les rembourser, a précisé l’institution. Un journaliste de l’AFP n’a constaté aucune file d’attente inhabituelle jeudi à Phnom Penh, la capitale, devant plusieurs des 36 agences Prince du pays. Selon son site Internet, la banque gère environ un milliard de dollars d’actifs.Elle appartient au Prince Holding Group, l’un des plus gros conglomérats cambodgiens, accusé par les Etats-Unis de servir de paravent à “l’une des plus grandes organisations criminelles transnationales d’Asie”.Les autorités cambodgiennes ont annoncé mercredi soir l’arrestation et l’extradition vers la Chine de trois ressortissants d’origine chinoise, dont Chen Zhi. Une extradition confirmée jeudi par le ministère chinois de la Sécurité publique, qui a salué un “succès très important de la coopération Chine-Cambodge”.Les autorités chinoises vont bientôt émettre des mandats d’arrêt contre “le premier cercle du réseau criminel de Chen Zhi” et “arrêteront les fugitifs afin de les traduire en justice”, a-t-il ajouté.Le ministère a diffusé peu après une vidéo montrant le magnat menotté et la tête recouverte d’un sac noir à sa descente d’un avion, où l’attendaient sur le tarmac des gardes armés vêtus de noir.Pékin a déjà prononcé des peines de mort dans des affaires de cyberescroquerie, notamment l’an dernier à l’encontre d’une douzaine de personnes opérant en Birmanie.- Influence politique -“Cette arrestation survient après des mois de pressions croissantes contre le gouvernement cambodgien, accusé de continuer à abriter et à soutenir une figure criminelle”, a déclaré à l’AFP Jacob Sims, expert en criminalité transnationale.Il n’y voit qu’une goutte d’eau dans la lutte contre la cybercriminalité au Cambodge, “à moins que le même type de pressions” ne soit appliqué pour “d’autres barons de l’arnaque” et “les oligarques cambodgiens corrompus”.Des responsables cambodgiens ont nié toute implication du gouvernement dans les réseaux d’escroquerie — un secteur pesant plusieurs milliards de dollars — et affirmé que les autorités faisaient leur possible pour les démanteler.Mais Amnesty International a dénoncé dans un rapport publié l’an dernier des abus à “très grande échelle” dans les centres d’arnaque, et estimé que le manque d’action du gouvernement suggérait sa complicité.Les centres d’escroquerie situés au Cambodge, mais aussi en Birmanie, utilisent de fausses offres d’emploi pour attirer des ressortissants étrangers, dont beaucoup de Chinois, dans des complexes spécialement aménagés. Des dizaines de milliers de travailleurs y sont détenus dans des installations semblables à des prisons, entourées de hauts murs et de barbelés.Les autorités américaines ont inculpé Chen Zhi en octobre, l’accusant d’avoir dirigé des opérations dans plusieurs de ces camps à travers le Cambodge. Le groupe Prince, qui rejette les accusations américaines, opère depuis 2015 dans plus de 30 pays, dans les domaines de l’immobilier, des services financiers et de la consommation.Contactés par l’AFP, le groupe et un cabinet d’avocats l’ayant représenté par le passé n’ont pas répondu dans l’immédiat.Chen Zhi et de hauts responsables auraient usé de leur influence politique et corrompu des fonctionnaires dans plusieurs pays pour protéger leurs activités illégales.Au Cambodge, l’homme d’affaires a été conseiller du Premier ministre Hun Manet et de son père, l’ancien dirigeant Hun Sen. Sa nationalité cambodgienne lui a été retirée.burx-sdu/pt

Arc France: il faudra “redimensionner le site” d’Arques, prévient le candidat repreneur

Il faudra “redimensionner le site” français d’Arc, pour pérenniser l’activité du fabricant historique de produits en verre pour les arts de la table, a déclaré jeudi, au lendemain du placement en redressement, le candidat à la reprise, Timothée Durand, à l’issue d’une réunion à Bercy.Arc France, qui emploie 5.700 personnes dans le monde dont 3.500 à Arques (Pas-de-Calais), a été placé mercredi en redressement judiciaire, faisant redouter des centaines de suppressions d’emplois.Ce placement était “nécessaire pour baisser la dette qui est beaucoup trop importante, nécessaire aussi pour redimensionner le site (…)  pour repartir sur une base saine”, a déclaré M. Durand, qui souhaite “concentrer la production”.L’usine compte notamment deux fours de verre sodocalcique, qui produisent des gobelets de verre transparents pour le grand public: “dans mon projet, on concentrera la production sur un des deux fours”, a indiqué M. Durand.En revanche, le four cristallin, le four d’opale, qui produit du verre opaque blanc et le four qui produit du verre noir, ne seront “pas touchés par ce plan”, a indiqué M. Durand.Concernant le nombre d’emplois qui pourraient être supprimés, le candidat à la reprise n’a pas donné de chiffres, donnant rendez-vous “d’ici trois semaines”, à la fin de la période de dépôt des offres de reprise.La poursuite de l’activité passera également par “plus de flexibilité”, a prévenu M. Durand, qui a rencontré dès mercredi les représentants du personnel pour esquisser avec eux “un nouveau pacte social”.”On sait ce qu’on doit faire pour redresser ce site français, composé des meilleurs verriers du monde, c’est le projet que je porte, qui va passer certes par des décisions un peu difficiles”, a indiqué M. Durand, membre d’une famille de propriétaires historiques d’Arc où il a passé la majeure partie de sa carrière jusqu’en 2024.Ce projet “est sérieux”, a estimé le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, qui a reçu jeudi matin M. Durand et les élus du territoire, assurant que “l’État sera(it) extrêmement présent”, tant aux côtés des salariés que des porteurs du projet, qualifié de “signe d’espoir”.Le groupe a bénéficié par le passé de multiples plans de refinancement soutenus par l’État, le dernier il y a un an à peine.Le plan “aura des conséquences pour l’emploi”, a indiqué le président de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, qui s’est engagé, avec les élus, à “trouver une nouvelle solution” pour les salariés qui ne seraient pas conservés.Il a notamment évoqué des discussions avec les élus du territoire, pour mobiliser des terrains susceptibles d’être “réindustrialisés par d’autres” entreprises que Arc.Outre la concurrence chinoise, régulièrement avancée pour expliquer les difficultés d’Arc, “le marché a baissé de 15 à 20% selon les secteurs”, a souligné M. Durand, qui cite notamment le marché de l’hôtellerie et de la restauration, “très touché en ce moment en France”, ce qui “impacte les volumes de vente du site d’Arques”.

Le budget de l’Etat de retour à l’Assemblée, au bout du tunnel le 49.3?

Après une première lecture infructueuse, l’Assemblée a repris jeudi en commission l’examen du budget de l’Etat pour 2026, avec l’espoir partagé par le gouvernement et les parlementaires de trouver une issue rapide, quitte à en passer par l’article 49 alinéa 3 de la Constitution.Le 19 décembre, une commission mixte partiaire – composée de sept députés et sept sénateurs – avait rapidement acté l’impossibilité pour les représentants des deux chambres de s’accorder sur une version du texte, rendant impossible l’adoption du budget avant le 31 décembre.Le gouvernement a donc dû recourir en fin d’année à une loi spéciale permettant d’assurer la continuité de l’Etat, en reconduisant en 2026 les impôts de 2025. Mettant en suspens notamment l’augmentation des crédits de défense, ou encore quelques mesures agricoles à l’heure où la profession manifeste sa colère.Le projet de loi de finances est désormais de retour en nouvelle lecture à la chambre basse, jusqu’à samedi en commission, puis à partir de mardi dans l’hémicycle, et théoriquement jusqu’au 23 janvier. En cas d’adoption du texte, il faudra encore, pour qu’elle soit définitive, que le Sénat l’approuve dans les mêmes termes, ou que l’Assemblée statue une troisième fois. Les députés repartiront de la version du Sénat.Le gouvernement souhaite quoi qu’il en soit aller vite, afin de doter la France d’un véritable budget d’ici la fin du mois, et de revenir en 2026 sous la barre des 5% de déficit, contre 5,4% en 2025. Le chef des députés PS, Boris Vallaud, a lui aussi estimé dans Libération mercredi qu’il était “temps (…) de sortir de cette séquence budgétaire”.- Montchalin “n’exclut rien” -Sur le plan de la méthode, l’utilisation du 49.3, qui permet au gouvernement de faire adopter un texte sans vote en engageant sa responsabilité, semble de plus en plus inéluctable, faute de majorité à l’Assemblée nationale.La ministre de l’Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a affirmé jeudi sur RTL qu’elle “n’excluait rien qui puisse donner à la fin un budget aux Français”, confirmant qu’il “y a des méthodes autres que le vote si le vote n’est pas possible”. Mais en l’absence d’accord politique, notamment avec les socialistes qui détiennent une partie des clés de la censure, “il n’y aura pas de budget”, a-t-elle rappelé.La voie des ordonnances, inédite, semble elle compromise, le PS y voyant la “pire des solutions”.La question du 49.3 a été agitée lors d’une réunion à Bercy mardi, qui a réuni pendant plus de quatre heures des représentants de la coalition gouvernementale, des indépendants de Liot et du PS autour des ministres Amélie de Montchalin (Comptes publics) et Roland Lescure (Economie).Alors que Sébastien Lecornu s’est engagé auprès du PS en octobre à ne pas utiliser le 49.3, la balle est désormais dans son camp. Mais il “devra donner des motifs de ne pas être censuré”, a prévenu M. Vallaud dans Libération.- Plus de 2.000 amendements -Quels pourraient être les termes d’un pacte de non-censure? Ils sont pour l’heure difficiles à cerner. Le rapporteur général du budget LR Philippe Juvin propose dans un document révélé par Les Echos et consulté par l’AFP une hausse des recettes de 2,93 milliards par rapport à la version du Sénat et une baisse des dépenses de 6,2 milliards.Bien éloigné du PS, qui souhaite, lui, augmenter les dépenses de neuf milliards d’euros, par rapport à la version initiale du gouvernement.L’examen en commission devrait en tout donner lieu de nouveau à des débats enflammés, avec plus de 2.000 amendements déposés.Que ce soit sur le barème de l’impôt sur le revenu – dont les députés LR exigent le dégel total, contrairement aux sénateurs LR; la surtaxe sur les bénéfices des entreprises – le PS en espère 8 milliards d’euros, LR au maximum 4; ou côté dépenses, sur la réduction des effectifs d’enseignants souhaitée par le gouvernement et que rejettent les socialistes.Avec de fortes chances selon plusieurs parlementaires d’aboutir au même résultat qu’en première lecture: la commission avait rejeté la partie recettes comme la partie dépenses du budget.

La Bourse de Paris prudente avant des données cruciales sur l’emploi américain

La Bourse de Paris était stable jeudi, les investisseurs étant prudents à la veille de la publication d’un rapport important sur le marché de l’emploi aux Etats-Unis, dont la tendance est décisive pour l’orientation de la politique monétaire de la banque centrale américaine (Fed).L’indice vedette CAC 40 cédait 6,60 points (-0,08%) à 8.227,32 points vers 09h20 GMT. Mercredi, le CAC 40 a cédé 3,51 points (-0,04%) pour s’établir à 8.233,92 points à la clôture. “Les marchés sont nerveux à l’approche de la publication du rapport sur l’emploi de vendredi et guettent de nouveaux signes de risques géopolitiques”, commente Kathleen Brooks, analyste pour XTB. Ces données sont très attendues car cruciales pour permettre au marché d’ajuster ses anticipations sur les baisses de taux potentielles en 2026 de la banque centrale américaine (Fed).La publication d’une salve de données de second plan a fait office de mise en bouche mercredi pour les investisseurs avant le rapport de vendredi.”Pris ensemble, ces indicateurs ont démontré un ralentissement de l’économie américaine”, commente Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank.Deux volets de l’économie sont particulièrement regardés, l’inflation et l’emploi, qui correspondent au double mandat de la Fed, d’égale importance: se rapprocher du plein emploi tout en maintenant la hausse des prix à un niveau proche de 2% sur le long terme.Si l’inflation américaine est jugée comme étant plutôt maîtrisée, les investisseurs scrutent le marché de l’emploi qui, en cas de faiblesse, pourrait convaincre la Fed d’assouplir davantage sa politique monétaire, ce qui, mécaniquement, ferait baisser le coût du crédit.Dassault aviation optimisteA la cote parisienne, Dassault Aviation grimpait de 1,37% à 309,80 euros après avoir révisé à la hausse son objectif de chiffre d’affaires pour l’exercice 2025, de 6,5 milliards d’euros à plus de 7 milliards d’euros, marqué par une croissance de ses livraisons d’avions de combat Rafale et d’affaires Falcon.LVMH nomme une nouvelle DG pour GivenchyLVMH (-0,11% à 628,50 euros) a annoncé mercredi la nomination d’Amandine Ohayon au poste de directrice générale de Givenchy à compter du 9 janvier. L’ex-DG de Stella McCartney, marque qui a quitté le groupe LVMH en 2025, succède ainsi à Alessandro Valenti, qui deviendra quant à lui directeur général adjoint en charge des activités commerciales de Christian Dior Couture.Sodexo dans le rougeLe groupe de restauration collective et de services Sodexo baissait de 3,27% à 42,00 euros après avoir annoncé une baisse de son activité au premier trimestre de son exercice décalé, pénalisé par des pertes de contrats en Amérique du Nord et la dépréciation du dollar.

Des tracteurs de la Coordination rurale ont rejoint la tour Eiffel et l’Arc de Triomphe

Une centaine d’agriculteurs en tracteurs membres du syndicat Coordination rurale sont entrés dans Paris jeudi avant l’aube et certains ont gagné la tour Eiffel ou l’Arc de Triomphe, afin de porter les revendications d’une profession en colère.”Mission accomplie”, s’est félicité sur Europe 1 Bertrand Venteau, président du deuxième syndicat agricole français, rappelant leur ambition de rencontrer la présidente de l’Assemblée nationale et le président du Sénat pour “qu’on leur explique que les parlementaires depuis 30 ans ont contribué à la mort de l’agriculture française”.”Mais aussi une forte pensée à tous ceux qui se sont fait arrêter par les forces de police qui aujourd’hui sont parqués dans le froid (…) et des tracteurs qui sont mis en fourrière”, a-t-il ajouté, sans plus de précisions.Selon le ministère de l’Intérieur à l’AFP, une centaine de tracteurs sont dans Paris “mais la plupart sont bloqués aux portes de la capitale”.Un appel à manifester devant l’Assemblée nationale à 10H00 a été lancé par la CR.Bertrand Venteau avait précédemment affirmé que la CR entendait porter “pacifiquement” ses demandes aux parlementaires et sur des lieux parisiens “symboliques”, quitte à voir la moitié de ses troupes “finir en garde à vue”.Un arrêté de la préfecture de police mercredi soir avait interdit l’accès des tracteurs à certaines zones sensibles de la capitale notamment l’Elysée, Matignon, le Parlement, les ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique, ou le marché de Rungis, entre autres.D’après un journaliste de l’AFP, une vingtaine d’agriculteurs sont présents à la tour Eiffel, leurs tracteurs (une dizaine) garés tout près.Sur la pelle d’un tracteur, il est inscrit “CR 33 NON AU MERCOSUR”.Selon Ludovic Ducloux, coprésident de la CR 33, les agriculteurs sont arrivés vers 03H30-04H00 près de la Dame de fer. “On a mis 40 minutes à arriver, on n’a pas trouvé de gendarmes sur notre route”, a-t-il commenté auprès de l’AFP.Sous l’Arc de Triomphe à 06H00, une quinzaine de tracteurs cernés par un imposant dispositif des forces de l’ordre étaient immobilisés, a constaté un journaliste de l’AFP.”France! Veux-tu encore de tes paysans”, peut-on lire sur la pelle de l’un de ces tracteurs. “On avait dit qu’on monterait à Paris, on y arrive”, a ajouté Ludovic Ducloux.La CR entend protester notamment contre l’accord de libre-échange entre l’UE et des pays du Mercosur mais aussi contre la gestion par l’Etat de l’épizootie de dermatose nodulaire bovine (DNC) qui a attisé la colère agricole début décembre dans le Sud-Ouest, bastion historique de la CR.Près de Bordeaux, l’accès au dépôt de carburant de Bassens (Gironde) est bloqué depuis mercredi soir par une quarantaine d’engins agricole de la Coordination rurale, a indiqué jeudi matin la préfecture.- Concurrence déloyale -Depuis l’hiver 2024, les agriculteurs demandent des simplifications administratives et un allègement des normes, notamment européennes, jugées trop contraignantes et propices à créer une concurrence déloyale.Ni la loi d’orientation agricole, adoptée début 2025 ni la loi dite Duplomb et encore moins les promesses de Paris et Bruxelles n’ont convaincu les syndicats, reçus plusieurs fois à Matignon mais aussi à l’Elysée depuis décembre.La FNSEA et ses alliés des Jeunes agriculteurs (JA) ont appelé à la mobilisation nationale dimanche dernier mais pour des actions locales, contrairement à 2024, quand la puissante alliance syndicale avait lancé ses tracteurs sur Paris.Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, présentera ses vœux à la presse à 10H00 à Paris.En attendant, le syndicat, accusé de cogestion avec l’Etat par les deux autres syndicats, a temporisé, annonçant mardi que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, leur avait promis des mesures “concrètes” d’ici la fin de semaine.- Ligne rouge du Mercosur -Le “chiffon rouge” pour le syndicat dominant est l’accord commercial UE-Mercosur dont la probable signature lundi pourrait intensifier la mobilisation.La Commission européenne a tenté de répondre aux inquiétudes des agriculteurs en brandissant les clauses de sauvegarde à l’étude, puis une rallonge budgétaire anticipée pour la politique agricole commune 2028-2034, alors qu’elle prévoyait de l’amputer dans son projet initial.Les négociations pour la prochaine PAC ne font toutefois que commencer et la France se tourne plus vers le dossier de la taxe carbone européenne aux frontières pour arracher l’exclusion des engrais de ce mécanisme qui augmenterait drastiquement les coûts pour les agriculteurs.Si Bruxelles a ouvert la porte à une telle suspension, Emmanuel Macron s’est montré plus affirmatif: la taxe “sera révisée pour permettre la suspension de son application aux engrais, tandis que les droits de douane sur les engrais et intrants seront abaissés rapidement”, a-t-il assuré mercredi soir sur X, dans la foulée de la ministre Annie Genevard.nal-mdz-ved-sha-meh/jbo/bfi

Lidl, un des principaux annonceurs, va arrêter la publicité à la télévision traditionnelle en France

Lidl, l’un des premiers annonceurs, va arrêter la publicité à la télévision traditionnelle en France, a annoncé le discounter allemand jeudi, invoquant une réglementation trop contraignante, six mois après une lourde condamnation pour “pratiques commerciales trompeuses”.”Nous n’investirons plus dans la TV linéaire (télévision classique par rapport notamment aux plateformes en ligne, NDLR) tant que les risques dus à la réglementation seront trop importants, comme c’est le cas aujourd’hui”, a déclaré Jassine Ouali, directeur exécutif de la relation client au sein de Lidl France, dans une interview au magazine spécialisé Stratégies.En juillet, la chaîne de supermarchés, régulièrement attaquée par la concurrence pour ses campagnes de communication, a été condamnée par la cour d’appel de Paris à verser 43 millions d’euros de réparations à Intermarché pour des publicités illicites sur le petit écran, une décision qu’elle va contester devant la Cour de cassation.Les spots décriés – 374 entre 2017 et 2023 pour un montant de 584 millions d’euros – présentaient des promotions pour des produits “sans assurer leur disponibilité pendant une durée de 15 semaines dans l’ensemble” des magasins Lidl, comme l’exige la loi, selon la cour d’appel, qui a relevé des “pratiques commerciales trompeuses” et une “concurrence déloyale”.”Pour moi qui suis passé par Lidl en Allemagne et au Royaume-Uni, cette situation est assez difficile à comprendre”, a commenté M. Ouali, selon lequel “l’héritage issu de la régulation des années 90”, visant à protéger les revenus publicitaires des autres médias, notamment de la presse quotidienne régionale, “pose de réelles questions”.Un décret de 1992 interdit aux distributeurs de communiquer, à la télévision, sur des opérations commerciales de promotion limitées dans le temps, la disponibilité et les prix des produits vantés devant être assurés pendant 15 semaines, une durée précisée par l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP).”Il n’y a qu’à chiffrer le poids de Lidl en TV pour comprendre que si l’on cesse de communiquer dans les médias français au profit d’acteurs comme Google, Meta, Netflix ou Amazon, cela va poser un problème de financement des médias”, a prévenu M. Ouali. La télé linéaire a représenté 22% du total des investissements médias de Lidl France l’année dernière, contre “zéro” prévu en 2026, a indiqué à l’AFP une porte-parole du distributeur. Le sixième distributeur alimentaire français en parts de marché représente, selon Kantar Media, le deuxième annonceur de France, tous secteurs et médias confondus.

Assurance chômage: le patronat veut négocier bien au-delà des ruptures conventionnelles et contrats courts

Le patronat a exprimé, lors de la réunion des partenaires sociaux mercredi pour lancer la négociation sur les contrats courts et les ruptures conventionnelles, la volonté de négocier sur l’assurance chômage bien au-delà de ces sujets, braquant les syndicats.Après un faux départ en décembre, lié à l’absence de l’U2P mais surtout du Medef, accusé par certains participants de “bouder” en raison de divergences budgétaires avec le gouvernement, toutes les organisations syndicales et patronales représentatives se sont retrouvées mercredi au siège de l’Unédic à Paris.Le gouvernement leur a donné pour objectif de trouver 400 millions d’euros d’économies sur les ruptures conventionnelles. Les syndicats souhaitent, eux, également négocier sur les contrats courts, le dispositif actuel de bonus-malus qui leur est appliqué ne satisfaisant ni syndicats ni patronat.Mais, a expliqué le négociateur du Medef Hubert Mongon à l’issue de l’après-midi, le Medef souhaite mettre sur la table des sujets bien plus vastes, comme les conditions d’entrée et règles d’indemnisation de l’assurance chômage et ses régimes spécifiques.- “Hors sujet” -Le patronat a fait le choix de “bordéliser” la discussion, s’est indigné le négociateur de la CGT Denis Gravouil, disant ne pas avoir l’intention d’ouvrir la discussion sur tous ces sujets après le “saccage” déjà connu ces dernières années des droits des chômeurs. La CFDT a trouvé la patronat “plutôt hors sujet sur quasiment tout le temps de la séance”, selon son secrétaire national Olivier Guivarch. “Je me demande sérieusement quel jeu joue le patronat”, s’est interrogé Michel Beaugas de FO, envisageant qu’il souhaite une absence d’accord pour que le gouvernement reprenne la main.Une partie des organisations syndicales et patronales représentatives se sont toutefois mises d’accord pour, avant toute chose, adresser dès jeudi un courrier au ministre du Travail pour exiger qu’il retire la lettre de cadrage sur l’assurance chômage envoyée en août par François Bayrou, alors Premier ministre, et qu’il agrée l’avenant sur les bonus-malus pour les contrats courts finalisé en juillet dernier.Cette lettre de cadrage demandait aux partenaires sociaux d’économiser de 2 à 2,5 milliards d’euros par an sur l’assurance chômage entre 2026 et 2029, puis 4 milliards à partir de 2030.Les principales règles de la dernière réforme, datant de novembre 2024, étaient pourtant entrées en vigueur en avril 2025, en théorie pour quatre ans. Ces dernières années, les règles d’indemnisation de l’assurance chômage ont été durcies à plusieurs reprises.Après le remplacement de François Bayrou par Sébastien Lecornu, l’exécutif avait finalement recentré sa demande d’ouverture de négociations sur les ruptures conventionnelles et fixé 400 millions d’économies comme objectif et fin janvier comme échéance. Le patronat avait surenchéri en disant souhaiter économiser un milliard.”Si cette négociation ne devait pas aboutir dans ces délais, au regard du contexte dégradé des finances publiques, le gouvernement serait conduit à prendre à nouveau ses responsabilités”, avertissait fin novembre le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou. Le calendrier établi mercredi par les partenaires sociaux fixe la conclusion de la négociation sur les ruptures conventionnelles – et peut-être plus largement l’assurance chômage – au 25 février et de celles sur les contrats courts au 19 mars.Le régime de l’assurance chômage est piloté par l’Unédic, un organisme paritaire, mais depuis 2018 le gouvernement fixe des objectifs à la négociation dans une lettre de cadrage et, faute d’accord, l’État fixe les règles par décret.Le gouvernement dénonce ces derniers mois les “abus” auquel le dispositif des ruptures conventionnelles — créé en 2008 et qui permet à un salarié et un employeur de rompre un CDI à l’amiable et au salarié de toucher des allocations chômage — donnerait lieu.D’après l’Unédic, en 2024, les dépenses d’allocations chômage liées à ces ruptures ont atteint 9,4 milliards d’euros, soit 26% du total.Quant au bonus-malus sur les contrats courts, un dispositif qui ne joue qu’un “rôle limité” dans le recours aux contrats courts selon une étude de l’Unédic, le patronat souhaite le voir disparaître. L’avenant signé en juillet (sauf par la CGT et la CFE-CGC) réduisait sa portée.

Les tracteurs de la Coordination rurale tentent de gagner Paris “coûte que coûte”

Faisant fi des intempéries, des interdictions préfectorales ou des derniers gestes gouvernementaux, les convois de tracteurs de la Coordination rurale tentent de rejoindre “coûte que coûte” le centre de Paris jeudi pour manifester la colère du monde agricole.”On viendra coûte que coûte crier nos revendications”, a déclaré à l’AFP Eloi Nespoulous, président de la Coordination rurale (CR) d’Occitanie, à la tête d’un cortège de 40 tracteurs.Le président du deuxième syndicat agricole, coutumier des actions musclées, Bertrand Venteau, entend porter “pacifiquement” ses demandes aux parlementaires et sur des lieux parisiens “symboliques”, quitte à voir la moitié de ses troupes “finir en garde à vue”.Selon un porte-parole de la CR, “plusieurs dizaines voire plusieurs centaines de tracteurs” se trouvaient mercredi soir aux portes de Paris, tandis que les forces de l’ordre recensaient à la mi-journée au moins une centaine de tracteurs positionnés dans des départements aux alentours, en Seine-et-Marne, Essonne et Eure-et-Loir, selon une source policière.De fait, les tracteurs pourront s’élancer dans Paris, mais contrairement à ce que souhaitait la CR, en dehors des secteurs sensibles des lieux de pouvoir (Elysée, Matignon, Parlement, ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique), et des périmètres de l’Anses, de l’Inrae et du marché de Rungis, selon un arrêté de la Préfecture de police de Paris.Des heurts et interpellations ont émaillé certains déplacements, mais sans les arrêter.Le but pour la CR est de protester notamment contre l’accord de libre-échange entre l’UE et des pays du Mercosur mais aussi contre la gestion par l’Etat de l’épizootie de dermatose nodulaire bovine (DNC) qui a attisé la colère agricole début décembre dans le Sud-Ouest, bastion historique de la CR.Une région aussi emblématique des difficultés qui pèsent sur les agriculteurs: précarité, changement climatique, surproduction de vin… La CR y a mené des actions d’ampleur mercredi autour de Toulouse.En Gironde, vers 22H00, des manifestants de la Coordination rurale occupaient les abords d’un dépôt pétrolier, à Bassens, au moyen d'”une quarantaine d’engins agricoles, camions et véhicules légers”, a annoncé le préfet du département dans un communiqué sur X.- Concurrence déloyale -Depuis l’hiver 2024, les agriculteurs demandent des simplifications administratives et un allègement des normes, notamment européennes, jugées trop contraignantes et propice à créer une concurrence déloyale.Ni la loi d’orientation agricole, adoptée début 2025, ni la loi dite Duplomb et encore moins les promesses de Paris et Bruxelles n’ont convaincu les syndicats, reçus plusieurs fois à Matignon mais aussi à l’Elysée depuis décembre.La FNSEA et ses alliés des Jeunes agriculteurs (JA) ont appelé à la mobilisation nationale dimanche dernier mais pour des actions locales, en début de semaine et sans grands déplacements, contrairement à 2024, quand la puissante alliance syndicale avait lancé ses tracteurs sur Paris.Des actions locales, à l’initiative de la FNSEA mais aussi de ses adversaires de la Confédération paysanne, auront aussi lieu jeudi.Le président de la FNSEA Arnaud Rousseau présentera ses vœux à la presse à 10H00 à Paris.En attendant, le syndicat, accusé de cogestion avec l’Etat par les deux autres syndicats, a temporisé, annonçant mardi que le Premier ministre Sébastien Lecornu leur avait promis des mesures “concrètes” d’ici la fin de semaine.- Ligne rouge du Mercosur -Le “chiffon rouge” pour le syndicat dominant est l’accord commercial UE-Mercosur dont la probable signature lundi pourrait intensifier la mobilisation.La Commission européenne a tenté de répondre aux inquiétudes des agriculteurs en brandissant les clauses de sauvegarde à l’étude, puis une rallonge budgétaire anticipée pour la politique agricole commune 2028-2034, alors qu’elle prévoyait de l’amputer dans son projet initial.Les négociations pour la prochaine PAC ne font toutefois que commencer et la France se tourne plus vers le dossier de la taxe carbone européenne aux frontières pour arracher l’exclusion des engrais de ce mécanisme qui augmenterait drastiquement les coûts pour les agriculteurs.Si Bruxelles a ouvert la porte à une telle suspension, Emmanuel Macron s’est montré plus affirmatif: la taxe “sera révisée pour permettre la suspension de son application aux engrais, tandis que les droits de douane sur les engrais et intrants seront abaissés rapidement”, a-t-il assuré mercredi soir sur X, dans la foulée de la ministre Annie Genevard.”Ce ne sont pas des avancées, on repousse des choses”, s’est désolé mercredi soir Edouard Legras, vice-président de la CR sur RTL.

Wall Street pas convaincue par une nouvelle salve de données économiques

La Bourse de New York a terminé globalement en baisse mercredi, la publication d’indicateurs sur l’emploi aux Etats-Unis ayant mis un terme à la série de records des indices américains.Après avoir clôturé la veille à des sommets, le Dow Jones et l’indice élargi S&P 500 ont cédé respectivement 0,94% et 0,34%. Seul l’indice Nasdaq, à forte coloration technologique, est parvenu à grappiller 0,16%.Wall Street “a tenté de poursuivre sur sa lancée de hausses des derniers jours, mais n’y est pas parvenue”, commente auprès de l’AFP Steve Sosnick, d’Interactive Brokers.Les investisseurs ont accueilli en début de journée plusieurs séries de données sur l’emploi américain.Selon l’enquête régulière ADP/Stanford Lab, le secteur privé a enregistré 41.000 créations nettes d’emplois au mois de décembre aux Etats-Unis, soit un peu moins qu’attendu. Mais c’est mieux qu’en novembre, où les destructions avaient dépassé les créations.Le rapport JOLTS a relevé lui un nombre d’offres d’emplois en novembre au plus bas depuis septembre 2024.Ces indicateurs “n’ont pas été particulièrement encourageants” sur l’état du marché du travail américain, estime Steve Sosnick.Mais ils n’ont pas non plus été “suffisants pour modifier les anticipations concernant les futures baisses de taux de la Fed”, ajoute l’analyste.Les experts s’attendent toujours à ce que la banque centrale américaine maintienne ses taux au niveau actuel lors de sa prochaine réunion de politique monétaire, fin janvier.La publication, vendredi, du rapport officiel sur l’emploi aux Etats-Unis pour le mois de décembre pourra changer ces attentes: les précédents assouplissements monétaires ont été décidés pour stimuler le marché du travail américain.En parallèle, la place newyorkaise reste de marbre face aux vues de Donald Trump sur le Groenland ou le pétrole vénézuélien.”Les marchés boursiers ne réagissent pas très bien aux événements géopolitiques lorsque ceux-ci n’ont pas d’incidence directe sur les bénéfices, les revenus ou les flux de trésorerie des entreprises”, souligne Steve Sosnick.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt américain à dix ans se détendait vers 21H30 GMT, à 4,15% contre 4,17% à la clôture la veille.A la cote, les entreprises du secteur de la défense ont terminé en forte baisse, plombées par le souhait de Donald Trump de leur interdire de verser des dividendes à leurs actionnaires ou de procéder à des rachats d’actions, sous peine de se voir privées de contrats publics.Lockheed Martin a perdu 4,82%, Northrop Grumman 5,50% et General Dynamics 4,18%.Les grands propriétaires immobiliers ont aussi pris un coup, là aussi en raison de déclarations du président américain. Selon lui, les grands investisseurs institutionnels ne devraient plus pouvoir acheter de maisons individuelles.Invitation Homes a perdu 6,01%, American Homes 4 Rent 4,32% et AvalonBay Communities a cédé 2,28%. Le fonds d’investissement Blackstone, qui détient un large portefeuille de propriétés, a lui aussi été touché, perdant mercredi 5,58%.La biotech Ventyx Biosciences (+36,62% à 13,73 dollars) s’est envolée après des informations de presse annonçant son rachat par le laboratoire Eli Lilly. L’acquisition a finalement été confirmée après la clôture.

Sous pression américaine, l’industrie pétrolière vénézuélienne en pleine confusion

La confusion règne dans l’industrie pétrolière vénézuélienne entre un président américain qui exige des millions de barils, des pétroliers saisis, des capacités de stockage saturées qui font craindre un arrêt de la production, et des autorités affaiblies.À Maracaibo, berceau de la production pétrolière vénézuélienne, peu de pétroliers mouillent sur le célèbre lac, que ce soit pour charger du brut ou sortir en direction de la haute mer où est déployée la flottille de guerre américaine avec notamment le plus grand porte-avion du monde. “Ils ont du pétrole bloqué au Venezuela. Ils ne peuvent pas le déplacer à cause de notre quarantaine et parce qu’il est sous sanctions. Nous allons prendre entre 30 et 50 millions de barils de pétrole”, a souligné mercredi le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio.- Réservoirs pleins -Le ministre américain de l’Energie, Chris Wright, a affirmé mercredi que Washington contrôlerait “pour une période indéterminée” la commercialisation du pétrole vénézuélien.En réponse, la compagnie géante publique PDVSA a publié mercredi un communiqué reconnaissant être en train de négocier avec Washington tout en évoquant une “transparence et un bénéfice pour les deux parties”. Mercredi, les forces Américaines, qui avaient déjà saisi deux pétroliers frappés de sanctions, ont maintenu la pression maximum en en saisissant deux autres, dans le cadre de l’embargo dont fait l’objet le Venezuela. Quatre jours après la spectaculaire capture du président vénézuélien Nicolas Maduro le 3 janvier.Dans ce contexte, de nombreuses compagnies maritimes ont restreint leurs activités: certains navires sous sanctions ne lèvent pas l’ancre et tandis que d’autres prennent le risque. Les rotations de pétroliers se poursuivent, mais dans une moindre nombre.Conséquence: les capacités de stockage sont saturées tandis que le pétrole continue de sortir des derricks de l’est et du sud du lac. “Nous avons les réservoirs pleins de pétrole et c’est dangereux, on ne peut pas garder des tanks avec un risque de débordement”, ont indiqué à l’AFP des sources consultées dans l’Etat pétrolier du Zulia (ouest).”Elles (les autorités) ordonnent aux coentreprises de réduire la production en attendant des navires qui emporteront le pétrole”, a indiqué un opérateur. Les coentreprises sont des structures créées par l’ex-président défunt Hugo Chavez (1999-2013), qui prévoit la participation majoritaire de la compagnie publique Pétroles du Venezuela (PDVSA) aux côtés d’autres sociétés énergétiques, notamment de pays alliés comme la Chine, la Biélorussie et la Russie. En plus de Chevron déjà présent, d’autres compagnies pétrolières américaines pourraient arriver, espère M. Rubio. – Bateaux fantômes -Le Venezuela produit 1 million de barils par jour (b/j), après être tombé en 2020 à un minimum de 350.000 b/j lors de la première année d’embargo des Etats-Unis. Le pays aspire à revenir à une production de 3,5 millions, mais l’outil industriel est dans un état lamentable du fait de décennies de sous-investissement dans les infrastructures, alors que l’augmentation de la production nécessite des investissements énormes, selon des experts et des ouvriers. Les majors américaines et occidentales sont dès lors dans les starting-blocks. Si le pays dispose des plus grandes réserves d’or noir prouvées au monde, il y a eu peu ou pas d’explorations récentes, faute de moyens.”Nous travaillons avec la production que nous fournissent les gisements déjà explorés”, souligne une source du secteur, alors que d’immenses possibles gisements sont en attente d’être extraits dans l’est du pays. Alors que le Venezuela a eu recours à une flotte de “bateaux fantômes” (shadow tankers) pour commercialiser son brut après l’embargo imposé par Donald Trump en 2019, la nouvelle donne pourrait changer les habitudes. La Chine, la Russie et l’Iran figurent parmi les principales destinations.Des analystes estiment même qu’il pourrait y avoir une levée des sanctions, avec les conditions imposées par Donald Trump. En attendant, mercredi, le pétrolier Nord Star, “dont le propriétaire enregistré est Corniola Limited et dont le gestionnaire et opérateur est Krape Myrtle Co LTD”, basé à Hong Kong, tous deux sanctionnés par le Trésor américain, mouillait dans la baie du lac de Maracaibo, a constaté l’AFP. “La flotte fantôme continue de travailler, avec des risques, mais elle sort”, ont indiqué des sources consultées par l’AFP à Maracaibo. David Smilde, professeur à l’Université Tulane (Nouvelle-Orléans), souligne lui que Caracas a toujours voulu vendre son pétrole aux Etats-Unis au prix du marché et pas “avec des rabais en utilisant des bateaux fantômes”. Mais selon lui, maintenant “les Etats-Unis s’emparent vraiment du pétrole, en font ce qu’ils veulent et l’utiliseront peut-être pour se rembourser le coût d’une opération militaire, et rien ne revient au Venezuela… Ca pourrait susciter des tensions à l’intérieur”.