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Pétrole: le WTI américain au plus bas depuis près de cinq ans

Les cours du pétrole continuent de s’enfoncer lundi, la référence américaine atteignant même en clôture un plus bas plus depuis près de cinq ans, minés par les pourparlers sur l’Ukraine et les perspectives de trop-plein.Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en février, a perdu 0,92% à 60,56 dollars, au plus bas depuis mai.Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en janvier, a lui reculé de 1,08% à 56,82 dollars, atteignant un niveau plus vu depuis février 2021.”La poursuite des négociations de paix entre la Russie et l’Ukraine a contribué à maintenir une tendance baissière sur le marché”, relève Bjarne Schieldrop, de Seb.Volodymyr Zelensky s’est félicité lundi de “progrès” dans les négociations avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre avec la Russie, les Européens avançant de leur côté la proposition d’une force multinationale pour garantir la paix en Ukraine.”Un tel accord serait sans doute fragile, mais pour le marché, il représenterait un pas supplémentaire vers la levée par les États-Unis d’un certain nombre de sanctions contre la Russie”, précise Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les exportations de Moscou ont chuté de 420.000 barils par jour en novembre, alors que le secteur pétrolier russe est sous la pression des sanctions américaines et des frappes de drones ukrainiens. Un accord pourrait donc faciliter le retour de nombreux barils russes sur le marché de l’or noir, ce qui serait un facteur baissier pour les prix du brut. En parallèle, “les craintes d’une offre excédentaire continuent de dominer les perspectives à long terme”, souligne David Morrison, de Trade Nation.Ces derniers mois, les cours de l’or noir ont suivi une lente érosion, principalement due aux multiples hausses des quotas de production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+), jugées bien plus forte que la progression de la demande.”Les stocks mondiaux observés ont atteint leur plus haut niveau en quatre ans en octobre”, a prévenu la semaine dernière l’AIE.”Un pétrole bon marché (a) bien sûr un incroyable effet positif sur l’économie mondiale”, assure Bjarne Schieldrop, parlant de “stimulant” qui pourrait à terme faire progresser la demande en or noir.

Intermarché ne commercialisera pas son “loup” en peluche ce Noël mais en 2026

Intermarché ne commercialisera pas avant l’année prochaine la peluche de son loup, star d’une pub de Noël qui a fait le tour du monde, a annoncé lundi Thierry Cotillard, patron du Groupement Mousquetaires/Intermarché.”la vérité, c’est qu’on a été pris de court”, a déclaré Thierry Cotillard dans le journal de 20H de France 2.”Dans la semaine, on aura 1 milliard de vues dans le monde”, pour la publicité Intermarché mettant en scène un loup, selon lui, “il y a une vraie +Loup mania+. On s’y attendait pas”, a-t-il ajouté. “On va pouvoir en produire une centaine d’ici la fin de l’année”, a précisé Thierry Cotillard qui ajoute que la peluche sera “française et européenne”. “On a fait le choix justement d’être cohérent et de ne pas importer ça de Chine”, a-t-il précisé.La centaine de peluches produite cette année seront offertes “à des associations pour les enfants”, a ajouté Thierry Cotillard. “Mais on prend surtout l’engagement que l’année prochaine au pied du sapin en 2026 il y aura bien cette petite peluche ‘made in France'”, a-t-il dit.Dimanche, Intermarché avait mis en garde contre des ventes frauduleuses de peluches de son loup. “Attention, soyez prudents, Il y aura bien évidemment des arnaques, voire de la fraude. Intermarché ne va pas le commercialiser sur cette fin d’année”, a insisté Thierrey Cotillard.Dans le spot publicitaire signé du studio d’animation français Illogic Studios, un loup se met à cuisiner des légumes pour se faire accepter des autres animaux de la forêt et partager un repas de fêtes avec eux. Les écoutes de la chanson “Le mal-aimé” de Claude François, qui accompagne les aventures du loup, ont été multipliées par quatre depuis le lancement du spot publicitaire, selon le porte-parole.

La Bourse de Paris termine en petite hausse dans l’attente de la BCE

La Bourse de Paris a terminé en petite hausse lundi, la prudence restant de mise à l’entame d’une semaine riche en décisions de banques centrales, dont celle de la Banque centrale européenne, et d’indicateurs économiques aux Etats-Unis.Le CAC 40 a terminé en hausse de 56,26 points, soit 0,70%, à 8.124,88 points.Vendredi, l’indice vedette parisien avait perdu 0,21% à 8.068,62 points.”La prudence règne (…) sur les marchés boursiers européens, car une dernière semaine de négociation exceptionnellement passionnante s’annonce cette année du point de vue du calendrier économique”, commente Christine Romar, analyste chez CMC Markets.La publication des chiffres de l’emploi américain pour le mois de novembre, attendue mardi, a été retardée en raison de la longue paralysie budgétaire (“shutdown”) qui a touché le pays du 1er octobre au 12 novembre. Or, ces chiffres sont cruciaux pour orienter la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed).Les chiffres de l’inflation (CPI) sont attendus jeudi.”Tous ces chiffres pourraient réserver de nombreuses surprises au cours d’une semaine où de nombreux investisseurs institutionnels procèdent à leurs derniers grands positionnements avant de clôturer leurs comptes”, explique Mme Romar.L’attention sera également tournée jeudi vers la Banque centrale européenne, qui devrait maintenir ses taux d’intérêt inchangés, l’inflation apparaissant maîtrisée et l’activité économique résiliente dans la zone euro.De nouvelles prévisions économiques alimenteront la discussion sur la trajectoire monétaire future de la banque centrale.”La communication entourant la décision de jeudi devrait refléter une certaine prudence quant à la possibilité d’un retour aux hausses de taux – la présidente Christine Lagarde devrait probablement signaler une période prolongée de statu quo”, estime Felix Feather, économiste chez Aberdeen.Sanofi dans le rougeLe titre Sanofi a perdu 3,26% à 80,60 euros après que le géant pharmaceutique a communiqué sur l’échec d’un essai clinique sur le tolébrutinib, un traitement expérimental contre la sclérose en plaque, et le report d’une décision réglementaire d’autorisation aux Etats-Unis.”Les résultats de l’étude de phase 3 PERSEUS (…) ont montré que le tolébrutinib n’a pas atteint son critère d’évaluation principal de retarder le délai d’apparition de la progression confirmée du handicap composite” à “6 mois chez les participants atteints de sclérose en plaques primaire progressive (SEP-PP)”, écrit le groupe dans un communiqué. La biotech américaine Dren Bio a aussi annoncé lundi l’élargissement de sa collaboration stratégique avec Sanofi pour développer une “thérapie de nouvelle génération” pour éliminer les lymphocytes B.

Le budget adopté au Sénat, place aux tractations lors d’une semaine décisive

Le projet de budget de l’Etat 2026 a été adopté lundi par le Sénat, donnant le coup d’envoi d’une semaine d’intenses tractations pour le Premier ministre Sébastien Lecornu, toujours convaincu de pouvoir aboutir à un compromis au Parlement avant le 31 décembre malgré de grandes incertitudes.Après une vingtaine de jours et de nuits de débats, les sénateurs ont voté par 187 voix contre 109 un projet de loi de finances (PLF) pour 2026 nettement remanié par la majorité sénatoriale, une alliance entre la droite et les centristes. L’Assemblée nationale n’ayant pas pu s’accorder sur ce texte, la copie des sénateurs sera la base des discussions en commission mixte paritaire (CMP), qui doit réunir vendredi sept députés et sept sénateurs chargés de trouver un accord sur ce si sensible budget. S’ils n’y parviennent pas, il faudra probablement poursuivre les débats budgétaires en janvier, et voter d’ici là une loi spéciale pour permettre la continuité de l’Etat.La semaine est donc décisive pour le chef du gouvernement, qui a promis une nouvelle méthode au début de l’automne pour faire adopter les budgets sans recourir au 49.3, malgré son absence de majorité à l’Assemblée nationale, et s’en tient pour l’instant à cette ligne.Le pari est presque réussi sur le budget de la Sécurité sociale, adopté à l’Assemblée nationale la semaine passée à une courte majorité. Un ultime vote des députés est prévu mardi après-midi sur ce texte qui accorde de nombreuses concessions à la gauche.- Déficit à 5,3% -Mais l’attention du gouvernement est focalisée sur le PLF et la CMP à venir, à l’issue très incertaine. Ce conciliabule réuni à l’Assemblée aura du travail pour atteindre l’objectif du gouvernement de ramener le déficit public sous les 5% du PIB en 2026: dans l’état actuel des discussions, la copie est à 5,3%, contre 5,4% en 2025, a annoncé le gouvernement devant les sénateurs.Ce chiffrage tire notamment les conséquences du compromis trouvé sur le budget de la Sécurité sociale, qui ponctionne plusieurs milliards d’euros au budget de l’Etat. Mais également des votes du Sénat, qui s’est opposé à de nombreux prélèvements nouveaux comme la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, qui devait rapporter quatre milliards d’euros.”Il faut qu’on trouve une manière de se sortir de cette ornière (…) Je suis persuadé qu’on peut le faire, mais on va avoir besoin des efforts de tout le monde”, a lancé le ministre de l’Economie Roland Lescure, jugeant “inacceptable” un déficit final à 5,3% et appelant le Sénat à “faire des concessions”.La droite se dit prête au compromis, mais pas à n’importe quel prix. “Nous ne pourrons pas apporter nos voix à une CMP qui viendrait augmenter la pression fiscale”, a lancé la sénatrice Les Républicains Christine Lavarde, fustigeant une copie gouvernementale initiale “ni responsable ni digne de confiance”.La position ferme de LR et de son patron Bruno Retailleau, voix prépondérante au Sénat, se heurte actuellement aux demandes des socialistes, en quête d’une concession sur la taxation des entreprises ou des hauts patrimoines. “La droite sénatoriale a +karchérisé+ les apports de l’Assemblée nationale. Ce n’est pas avec cela qu’on réussira à aboutir à un accord”, s’est désolé le président des sénateurs socialistes, Patrick Kanner.- Equation insoluble -En CMP, l’ancien socle commun sera majoritaire, ce qui pourrait présager, en théorie, d’un accord possible. Mais cela ne servira à rien si le texte de compromis n’est pas ensuite adopté la semaine prochaine au Palais Bourbon.Equation quasiment insoluble, alors que les socialistes promettent au mieux de s’abstenir et que les écologistes devraient voter contre, selon leur cheffe Marine Tondelier.”Il faut que cette séquence budgétaire s’arrête. Si le compromis est possible, alors il faut qu’il ait lieu maintenant”, veut croire auprès de l’AFP un négociateur du PS, plutôt optimiste.De nombreux responsables plaident pour le retour du 49.3, comme l’ancienne Première ministre, Elisabeth Borne, et le président du Sénat, Gérard Larcher. Mais cela ne permettrait pas au Premier ministre de faire l’économie d’un accord avec le PS. “Si le gouvernement l’utilise sans compromis préalable, il s’expose à une censure immédiate”, a prévenu le patron des socialistes, Olivier Faure.La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a quoi qu’il en soit de nouveau écarté cette piste dimanche.

Dermatose: Genevard attendue dans le Sud-Ouest où se cristallise la crise

Une situation officiellement “sous contrôle” en dépit d’un nouveau cas dans l’Aude: la ministre de l’Agriculture Annie Genevard se rend lundi à Toulouse pour défendre sa gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) critiquée par une partie des agriculteurs et de la classe politique.La ministre a répété lundi matin sur France 2 que la discussion était “ouverte”, y compris sur les modalités de la politique sanitaire, mais a défendu sa stratégie.En dépit d’un nouveau cas de DNC détecté dimanche dans une petite ferme de Pomas, dans l’Aude, où les dix bovins du foyer ont été euthanasiés, le ministère souligne que tous les cas ont été éradiqués et que la situation est “sous contrôle”.La ministre a rappelé les “trois piliers” de la stratégie sanitaire: “le dépeuplement (l’abattage, NDLR), la vaccination et la restriction de mouvement”, seuls à même de venir à bout de cette maladie animale très contagieuse, non transmissible à l’homme mais qui peut toucher très durement le cheptel.La ministre est attendue dans l’après-midi en Haute-Garonne “afin de lancer la campagne de vaccination” de près d’un million de bêtes, dans une région frondeuse où la colère s’est vite convertie en actions de blocages.- “Zéro proposition” -En pointe de la mobilisation: les syndicats Coordination rurale, radicale et parfois ouvertement proche de l’extrême droite, et la Confédération paysanne, classée à gauche, convergent de façon inhabituelle pour réclamer la fin de l’abattage systématique et l’extension générale de la vaccination.Interrogé par l’AFP sur le barrage de Carbonne sur l’A64, où était née la mobilisation agricole de janvier 2024, Jérôme Bayle, l’un des porte-voix de cette colère paysanne, a dit ne pas attendre “grand-chose” de la visite de la ministre qui arrive “avec zéro proposition”, a-t-il déclaré.Frédéric Meynard, céréalier participant au blocage de l’autoroute, et ses camarades attendent pour leur part “surtout d’être entendus” par la ministre, dans ce “pays de la résistance agricole”, comme le proclame une banderole.La crise n’est pas née dans le Sud-Ouest, qui n’est pas le coeur de l’élevage français, mais c’est ici que se cristallise la colère depuis deux ans, en réaction à la crise de la viticulture et aux crises sanitaires, alimentées par le changement climatique.De nouvelles actions ont commencé lundi autour de Toulouse en prévision de la venue de la ministre, avec trois points de blocage pour “augmenter la pression sur les politiques”, a indiqué un militant de la Confédération paysanne.Sur la rocade d’Albi, dans le Tarn, une quinzaine d’agriculteurs ont tenu le barrage toute la nuit et sont déterminés à ne pas lever le camp les mains vides. “Jusqu’ici on a été sages mais si la ministre ne donne pas de réponse satisfaisante, Albi ce soir sera un dépotoir”, prévient Sébastien Rey, 48 ans, éleveur de bovins à Saussenac.  Plusieurs axes routiers sont aussi bloqués ce lundi par des agriculteurs de la Coordination rurale en Gironde, en Dordogne et Haute-Vienne. C’est aussi le cas dans les Landes où la Confédération paysanne et le petit syndicat d’exploitants familiaux Modef ont boycotté une réunion, refusant de siéger au côté d’organisations (FNSEA et chambre d’agriculture) “qui cautionnent la politique sanitaire” de l’Etat.Tout en reconnaissant le drame individuel que constitue l’abattage d’un troupeau, le gouvernement tente d’en appeler “à la science” et à la “responsabilité” pour préserver les 16 millions du cheptel bovin français.- “Désinformation” -Le ministre de la Recherche Philippe Baptiste a rappelé lundi que les protocoles sanitaires en vigueur ont été “mis en place par des vétérinaires, par des scientifiques, par des épidémiologistes”, sur Franceinfo TV.La stratégie sanitaire en place est jusqu’à présent soutenue par la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, première force syndicale agricole, qui ne voit aucune autre solution que l’abattage des troupeaux touchés, pour “éradiquer totalement” la maladie, associée à une vaccination élargie. La fédération Culture Viande, qui regroupe les entreprises d’abattage et découpe, a mis en garde contre les conséquences économiques d’une vaccination généralisée: la France perdrait alors son statut indemne et “il en résulterait une complexification accrue des conditions d’exportation”. Mais dans de nombreuses fermes, l’abattage total d’un troupeau pour une vache malade ne passe pas. Et les critiques enflent chez des élus ruraux inquiets, comme au niveau national, avec des commentaires sévères ce week-end de responsables politiques, du Rassemblement national à LFI, sur la gestion de la crise.Lundi, plus de 200 maires et élus locaux d’Ariège se sont rassemblés à Foix devant la préfecture pour appeler l’Etat à dialoguer avec les agriculteurs afin de réévaluer le protocole de lutte contre la DNC.

Wall Street attend avec prudence des données économiques américaines

La Bourse de New York évolue sans grand mouvement lundi, à l’entame d’une semaine chargée en indicateurs susceptibles d’éclairer les investisseurs sur l’état de l’inflation et de l’emploi aux Etats-Unis.Vers 14H55 GMT, le Dow Jones grappillait 0,05%, l’indice Nasdaq reculait de 0,12% et l’indice élargi S&P 500 gagnait 0,08%.”C’est une semaine importante en termes de données en temps réel”, a commenté auprès de l’AFP Art Hogan, analyste de B. Riley Wealth Management.Ces dernières semaines, les investisseurs ont surtout accueilli des publications économiques qui avaient été décalées par la paralysie budgétaire américaine, et qui donnaient par conséquent une image dépassée de l’état de santé de la première économie mondiale.Pour Art Hogan, “ce sera intéressant d’avoir des données en temps réel pour voir si elles correspondent à ce que nous pensons que la Réserve fédérale (Fed) pourrait faire ensuite” pour ses taux. L’analyste a évoqué “la force ou la faiblesse du marché du travail et l’évolution de l’inflation”, qui correspondent aux deux mandats fixés pour la banque centrale américaine.Les chiffres de l’emploi américain pour le mois de novembre seront connus mardi, ceux de l’inflation (CPI) seront publiés jeudi.En raison du ralentissement du marché du travail, la Fed a abaissé ses taux lors de ses trois dernières réunions, pour un total de trois quarts de point de pourcentage.Les investisseurs s’attendent pour le moment à une pause en janvier, selon l’outil de veille CME FedWatch, compte tenu d’une hausse des prix supérieure à la cible à long terme de la Fed (2%).Le calme des marchés américains lundi tranche avec les craintes affichées en fin de semaine dernières autour des valeurs technologiques.”A l’aube de la troisième année de la révolution de l’intelligence artificielle (IA), nous pourrions assister à des changements. Au début, tout le monde était récompensé, mais aujourd’hui, les récompenses sont beaucoup plus sélectives” en fonction des perspectives de croissance et rentabilité, une dynamique “plus saine”, a relevé Art Hogan.Par ailleurs, a rappelé l’analyste, “c’est la dernière semaine complète (d’échanges, NDLR) avant la fin de l’année” et les jours fériés de Noël et du Nouvel An, autour desquels les volumes d’échanges devraient diminuer.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt américain à dix ans évoluait autour de 4,15% vers 14H55 GMT, contre 4,18% à la clôture vendredi.Côté entreprises, la société iRobot, qui commercialise les robots aspirateurs Roomba, s’effondrait de plus de 70% à l’annonce de son dépôt de bilan. Son principal créancier et sous-traitant, le groupe chinois Picea, rachètera entièrement l’entreprise et la société quittera le Nasdaq à l’issue de la transaction.Des statistiques chinoises sans éclat, comme les ventes au détail en novembre qui ont progressé à leur rythme le plus lent depuis presque trois ans et la sortie des restrictions liées au Covid-19, pénalisaient les géants du commerce en ligne et d’internet du pays. Alibaba lâchait 2,82%, PDD, maison mère de Temu, perdait 0,83% et Baidu chutait de 3,75%.La start-up spatiale Rocket Lab (-5,62% à 58,03 dollars) cédait une partie des gains enregistrés ces derniers jours face à la perspective d’une introduction en Bourse de SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk, pour une valorisation qui pourrait s’afficher à 1.500 milliards de dollars. 

Espagne: amende de 64 M EUR contre Airbnb pour avoir publié des annonces de logements interdits à la location

Le gouvernement espagnol a annoncé lundi avoir infligé une amende de 64 millions d’euros à la plateforme Airbnb pour avoir notamment publié des annonces de logements interdits à la location, une infraction qualifiée de “grave”, en pleine crise du logement dans le pays.En Espagne, les plateformes de location de courte durée suscitent un vif débat, surtout dans les grandes villes touristiques, où de nombreux habitants leur reprochent de contribuer à la flambée des loyers.L’amende visant Airbnb, qui atteint précisément 64.055.311 euros, est “définitive”, a précisé dans un communiqué le ministère de la Consommation, ajoutant que la plateforme basée aux Etats-Unis devait désormais “corriger les manquements constatés en supprimant les contenus illégaux”.”Des milliers de familles vivent dans la précarité à cause de la crise du logement, tandis que quelques-uns s’enrichissent grâce à des modèles économiques qui expulsent les gens de chez eux”, a critiqué le ministre espagnol de la Consommation, Pablo Bustinduy, cité dans le communiqué.”Aucune entreprise en Espagne, aussi grande ou puissante soit-elle, n’est au-dessus des lois”, a-t-il poursuivi.En conférence de presse dans la matinée, le ministre a martelé que le gouvernement “continuera d’agir avec la plus grande détermination pour éradiquer ces pratiques”, qu’elles soient “abusives ou frauduleuses”. Un porte-parole d’Airbnb a dénoncé, dans un communiqué transmis à l’AFP, “des mesures (…) contraires à la réglementation en vigueur”. La plateforme “a l’intention de contester cette amende devant les tribunaux”, a-t-il annoncé.L’Espagne a accueilli en 2024 un nombre record de 94 millions de visiteurs, ce qui en fait la deuxième destination touristique dans le monde derrière la France. Ce record pourrait être battu cette année.Mais si le tourisme est un moteur de l’économie du pays, de nombreux Espagnols dénoncent la congestion des infrastructures, la disparition des commerces traditionnels, remplacés par des boutiques touristiques, et surtout la flambée des loyers, les propriétaires de logements se tournant vers la location touristique, y compris sur Airbnb, nettement plus rentable.Face à cette poussée de colère, plusieurs régions et municipalités ont annoncé des mesures ces derniers mois, à l’image de la mairie de Barcelone (nord-est), qui a promis de ne pas renouveler les licences de quelque 10.000 appartements touristiques, qui expireront en novembre 2028.Lors de sa conférence de presse de fin d’année, durant laquelle il fait le bilan de l’action gouvernementale, le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez a salué “l’intervention des pouvoirs publics” sur ce marché pour aider à “résoudre la crise du logement”, notamment en ayant “retiré 54.000 hébergements touristiques illégaux”.

Réouverture progressive du site d’Orange dans un quartier sensible de Marseille

Le site d’Orange à Marseille, situé dans le quartier sensible de Saint-Mauront, a rouvert ses portes lundi matin, après une fermeture de quinze jours par mesure de sécurité, a constaté l’AFP.Un tiers seulement du millier de salariés d’Orange à Marseille est revenu sur ce site lundi, selon des sources concordantes.L’entreprise avait annoncé le 27 novembre une fermeture à la suite d’une “montée des tensions” dans le quartier, mettant ses salariés en télétravail. Les syndicats avaient dénoncé des “bagarres” et une emprise du “narcotrafic” proche du site.A l’arrivée des premiers employés lundi matin, une voiture de police stationnait en face. Sur la grille de l’entreprise, des flèches à la peinture blanche indiquent la direction d’un point de deal proche. Elles avaient été effacées mais sont rapidement réapparues.Des patrouilles de police vont se poursuivre dans le secteur pour permettre aux employés de “venir travailler en toute sécurité” et répondre à un “sentiment d’insécurité fort”, a indiqué sur place la préfète de police déléguée Corinne Simon, à l’issue d’une réunion avec la direction.Orange a confirmé lundi une réouverture dans “les meilleures conditions” du site Massalia. L’entrée principale, à proximité immédiate d’une station de métro et proche d’une cité connue pour abriter du trafic de drogue, a été équipée d’un système de badge –même si lundi le portail reste ouvert. Un vigile est posté dans une guérite.- “Coups de feu” -Le retour se fait progressivement a déclaré à l’AFP Jerome Bissey, délégué CFDT. “Aujourd’hui ce sont les salariés qui viennent à pied ou en transport en commun et qui représentent à peu près 380 personnes”, a-t-il détaillé.A partir de mercredi, a-t-il ajouté, commenceront à arriver “les 700 personnes qui viennent en voiture”, “sachant qu’on a une capacité parking de 300 places”.Le délégué syndical demande “la possibilité d’avoir un deuxième site. Aujourd’hui on concentre tous les effectifs dans un quartier compliqué”, avec même, fin novembre, “des coups de feu sous les fenêtres des bureaux”.Outre les patrouilles, la police maintiendra “une présence en statique” pour l’arrivée et le départ des salariés, a précisé la préfète de police déléguée. Prévu pour une quinzaine de jours encore, ce dispositif évoluera selon la situation, a-t-elle dit.”Autour d’Orange vous avez plusieurs points de deal, et donc ça génère un sentiment d’insécurité fort pour les salariés. Notre rôle c’est bien de faire diminuer ce sentiment”.Une employée, qui ne souhaite pas donner son nom, rapporte ce qui se raconte sur la rixe ayant entraîné la fermeture: “des jeunes cagoulés avec des Kalachnikov”, et des employés confinés dans l’entreprise: “On ne peut pas travailler dans une ambiance comme ça”.”Le soir, on essaye de sortir à plusieurs pour ne pas prendre le métro seul”, a-t-elle expliqué.Dans un communiqué, la CFE-CGC Orange a dénoncé “le retour forcé des collaborateurs à Saint-Mauront”.Hicham, 37 ans et papa de trois enfants, fustige lui “un cirque pour rien du tout”: une mobilisation lancée pour Orange, mais pas pour “les familles qui habitent ici.””Il y a toujours la coke, il y a toujours le guetteur, il y a toujours le shit”, martèle cet habitant du quartier. “Si on veut arrêter quelque chose, on rentre dans la cité, on rentre là où ils vendent, on reste jour et nuit.”

Brandt: après le “traumatisme”, élus et salariés évoquent l’avenir

“Aller de l’avant”: quatre jours après la décision de liquidation du groupe Brandt, environ 200 salariés se sont réunis lundi près d’Orléans, en présence d’élus locaux, pour évoquer leurs perspectives d’avenir.”Vous avez espéré donner une nouvelle vie à Brandt (…) maintenant, il faut aller de l’avant”, a déclaré la préfète du Loiret et de la région Centre-Val de Loire, Sophie Brocas devant une salle comble, à quelques centaines de mètres du principal site industriel de Brandt qui compte 350 salariés.Après la décision jeudi du tribunal des activités économiques de Nanterre de prononcer la liquidation judiciaire du groupe centenaire d’électroménager, qui employait au total quelque 700 personnes, les élus locaux ont à nouveau assuré de leur “solidarité” et promis leur accompagnement.Garantie de percevoir 75% du salaire brut pendant un an grâce au contrat de sécurisation professionnelle, mise en place d’une cellule d’appui et d’écoute ou encore job dating en février: les services de l’Etat ont présenté plusieurs mesures aux salariés.”On va se mobiliser et on a déjà commencé” pour “remettre les salariés de Brandt au travail”, a promis Mme Brocas.Cette dernière a aussi indiqué, comme l’avait fait vendredi le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, qu’un travail était en cours pour “réfléchir aux options envisageables” pour donner une autre destination aux deux sites industriels du groupe situés près d’Orléans et à Vendôme (Loir-et-Cher).”Ce ne sera pas Brandt, mais ça peut être autre chose”, a-t-elle indiqué. Cela pourrait être pour “de la fabrication de drones”, selon le président de la région Centre-Val-de-Loire François Bonneau, mais il y a aussi “d’autres pistes”, a-t-il dit.Plusieurs salariés, dont quelques-uns franchissaient les grilles du site voisin avec leurs effets personnels sous le bras, ont décrit un “traumatisme encore à vif”.”C’est encore à chaud”, a résumé Laurent Grapin, 24 ans d’ancienneté au service recherche et développement. “Certains ont cru à une reprise, moi non”.La justice a rejeté un projet de Scop (société coopérative et participative), soutenu par le groupe Revive et la majorité des salariés qui devait permettre de sauver au moins 370 emplois, ainsi que les marques Vedette, Sauter et De Dietrich.”Les aides, les reprises du site, ce sont des possibilités, mais je pense qu’il faut surtout faire de notre côté et ne pas trop compter” sur des choses “incertaines”, a-t-il déclaré à l’AFP.

Accord UE-Mercosur: dernière ligne droite agitée, la France sème le trouble

Le bras de fer se tend entre Bruxelles et Paris: la Commission européenne a martelé lundi son intention de signer l’accord de libre-échange avec le Mercosur dans les prochains jours, en dépit de la mobilisation agricole et des appels de la France à reporter la décision.Ursula von der Leyen voudrait parapher ce traité commercial avec l’Amérique latine samedi lors du sommet du Mercosur à Foz do Iguaçu au Brésil. Mais elle a d’abord besoin de l’aval des Etats européens durant la semaine à Bruxelles. Et la France, toujours opposée à l’accord en l’état, plaide pour un report du vote en 2026.”A ce stade, le compte n’y est pas pour protéger les agriculteurs français. Les exigences françaises n’ont pas été remplies”, a tonné Paris dimanche soir. Emmanuel Macron “a demandé à la présidente de la Commission un report de l’examen de l’accord”, a indiqué son entourage.L’exécutif européen a opposé au président français une fin de non-recevoir lundi. Ce traité est “de la plus haute importance pour l’Union européenne”, sur “le plan économique, diplomatique et géopolitique”, a souligné un porte-parole de la Commission, qui maintient son calendrier.Une signature est “absolument nécessaire cette semaine”, a renchéri l’Allemagne, fervent défenseur de cet accord avec lequel elle espère relancer ses exportations industrielles. Ce bras de fer lance une semaine qui s’annonçait déjà agitée à Bruxelles. Les syndicats agricoles promettent jusqu’à 10.000 manifestants dans la capitale belge jeudi, en marge d’un sommet européen entre chefs d’Etat et de gouvernement.Les agriculteurs de l’UE restent vent debout contre cet accord commercial avec l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay.Ce traité favoriserait les exportations européennes de voitures, de machines, de vins et de spiritueux. En retour, il faciliterait l’entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel ou soja sud-américains, ce qui alarme les filières.Mais la Commission européenne n’en démord pas. “C’est maintenant ou jamais” pour l’accord, souligne une source interne, à propos de négociations entamées il y a plus de 25 ans.”S’il n’y a pas de compromis cette semaine, on risque une crise européenne grave. Ce sera un grand échec pour la Commission, pour l’Allemagne et pour l’Espagne”, met aussi en garde un diplomate européen, sous couvert de l’anonymat.- Sauvegarde et contrôles renforcés -Allemands, Espagnols et Scandinaves misent sur cet accord pour relancer une économie européenne à la peine face à la concurrence chinoise et aux taxes douanières des Etats-Unis.La France aura donc du mal à bloquer ce traité qui n’a besoin que d’une majorité qualifiée pour être adopté, lors d’un vote attendu mercredi ou vendredi. L’Italie, qui a soufflé le chaud et le froid, pourrait jouer les arbitresPour compliquer encore l’équation, un autre scrutin est prévu dès ce mardi, au Parlement européen cette fois.A Strasbourg, les eurodéputés se penchent sur les mesures de “sauvegarde” destinées à rassurer les agriculteurs et amadouer la France.Avec ce dispositif, l’Union européenne promet un “suivi renforcé” des produits les plus sensibles tels que la viande bovine, la volaille, le riz, le miel, les œufs, l’ail, l’éthanol et le sucre, et une intervention en cas de déstabilisation du marché. Les Etats européens ont déjà approuvé cette clause de sauvegarde. Mais le Parlement européen pourrait encore la consolider.Autre signal pour tenter de convaincre Paris, la Commission européenne a annoncé la semaine dernière le renforcement de ses contrôles sur les importations agricoles, afin de s’assurer qu’elles respectent les normes européennes.Bruxelles promet également de mettre à jour ses règles sur les traces de pesticides dans les produits importés, afin d’éviter que des substances interdites en Europe rentrent sur le continent via les importations.Si Ursula von der Leyen signe le traité samedi, la partie ne sera pas terminée pour autant.Il restera une ultime étape au Parlement européen: l’adoption définitive de l’accord au début de l’année 2026 a priori.Des sources internes s’attendent à un scrutin serré dans l’hémicycle, où les considérations nationales pèseront.Tous bords politiques confondus, “tous les Français voteront contre, la plupart des Polonais aussi”, pronostique un bon connaisseur des équilibres parlementaires. En ajoutant la gauche radicale et l’extrême droite, “on arrive déjà à 300 opposants” au traité, calcule-t-il, sur un total de 720 élus.