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Les profits de Meta bondissent, mais le marchĂ© attend des rĂ©sultats dans l’IA

Meta a conclu l’annĂ©e 2024 avec des revenus et profits en forte hausse et supĂ©rieurs aux prĂ©visions, mais le marchĂ© n’a d’yeux que pour l’intelligence artificielle (IA), Ă  cause des investissements mirobolants engagĂ©s par le gĂ©ant des rĂ©seaux sociaux.La maison mère de Facebook, Instagram, et WhatsApp a rĂ©alisĂ© 48,4 milliards de dollars de chiffre d’affaires au quatrième trimestre (+21% sur un an), dont elle a dĂ©gagĂ© 20,8 milliards de bĂ©nĂ©fice net (+50% sur un an), sans susciter d’enthousiasme Ă  Wall Street.”La solide croissance des recettes de Meta masque un problème imminent”, a rĂ©agi l’analyste Debra Aho Williamson.”Ses perspectives de revenus pour le premier trimestre sont infĂ©rieures aux attentes, et elle prĂ©voit des dĂ©penses exorbitantes dans l’IA en 2025. La situation est donc prĂ©occupante”, a dĂ©taillĂ© l’experte de Sonata Insights.Le marchĂ© attend des preuves que les investissements colossaux des gĂ©ants de la tech sont justifiĂ©s et vont porter leurs fruits, alors que la start-up chinoise DeepSeek vient de montrer qu’il Ă©tait possible de rivaliser avec ChatGPT (OpenAI), Gemini (Google) et Llama (Meta) pour une fraction des coĂ»ts.Meta a annoncĂ© la semaine dernière que ses dĂ©penses d’investissement seraient comprises entre 60 et 65 milliards de dollars cette annĂ©e, soit 50% de plus qu’en 2024, principalement pour renforcer sa position dans la course Ă  l’intelligence artificielle (IA) gĂ©nĂ©rative.”Je n’arrĂŞte pas de rĂ©pĂ©ter Ă  mes Ă©quipes que (l’annĂ©e 2025) va ĂŞtre intense”, a dit Mark Zuckerberg, patron du groupe californien, lors de la confĂ©rence aux analystes. – Objectif “vague” -Le groupe californien a intĂ©grĂ© Meta AI, Ă  ses diffĂ©rents services et sur ses lunettes connectĂ©es Ray-Ban, dans l’espoir qu’il devienne l’assistant IA le plus utilisĂ© dans le monde, malgrĂ© l’avance de ChatGPT.En dĂ©cembre 2024, 3,35 milliards de personnes dans le monde se connectaient tous les jours sur au moins une des plateformes de Meta.Le recours Ă  Meta AI “croĂ®t le plus vite sur WhatsApp”, a indiquĂ© Susan Li, la directrice financière de l’entreprise. “Les utilisateurs s’en servent pour trouver des informations et du soutien Ă©motionnel”.”L’objectif de Mark Zuckerberg d’atteindre 1 milliard de personnes avec Meta AI en 2025 est suffisamment vague pour qu’il soit certainement possible d’y arriver”, a commentĂ© Debra Aho Williamson. Face au succès de DeepSeek, Meta a entrepris de dissĂ©quer le nouveau modèle chinois pour amĂ©liorer Llama.Mais selon Mark Zuckerberg, cela ne veut pas dire que les coĂ»ts vont baisser.”Je continue de penser que le fait d’investir massivement dans les infrastructures constituera un avantage stratĂ©gique. Il est possible que nous apprenions le contraire Ă  un moment donnĂ©, mais c’est beaucoup trop tĂ´t”, a-t-il dĂ©clarĂ©, soulignant que Meta “sert beaucoup de gens”.Les dĂ©penses de la firme amĂ©ricaine sont d’autant plus scrutĂ©es qu’elle perd plusieurs milliards tous les trimestres dans sa branche “Reality Labs”, dĂ©diĂ©e au mĂ©tavers, un univers ou le rĂ©el et le virtuel se mĂ©langent via les Ă©crans et les lunettes et casques de rĂ©alitĂ© mixte (virtuelle et augmentĂ©e).En 2024, Reality Labs a creusĂ© ses pertes Ă  17,7 milliards de dollars.- Annonceurs “prĂ©occupĂ©s” -“Meta sort de son adolescence et de ses obsessions maladroites sur le +mĂ©tavers+ et se transforme en gĂ©ant de la publicitĂ© numĂ©rique, plus musclĂ© et plus concentrĂ©”, estime Jeremy Goldman de Emarketer. Mais les rĂ©cents changements de politique, pour aligner les plateformes avec la nouvelle administration amĂ©ricaine et Donald Trump, inquiètent les analystes.Mark Zuckerberg a notamment mis fin au programme de vĂ©rification indĂ©pendante des faits aux Etats-Unis, conçu pour lutter contre la dĂ©sinformation, et assoupli la modĂ©ration des contenus, autorisant plus de discours haineux, notamment.”Les prĂ©visions plus lĂ©gères qu’attendu pour ce trimestre montrent que ces rĂ©centes modifications (…) pourraient avoir un impact sur les recettes”, a soulignĂ© Debra Aho Williamson. “Les annonceurs sont prĂ©occupĂ©s, ils ont en tĂŞte les performances habituellement fortes de la pub sur Meta mais aussi le risque que le ton des conversations sur ses rĂ©seaux puisse ĂŞtre moins sĂ»r pour les marques Ă  l’avenir.”Susan Li a assurĂ© que les changements apportĂ©s au règlement n’avaient pas eu d’impact “remarquable” sur les dĂ©penses des annonceurs pour l’instant.Et Mark Zuckerberg s’est fĂ©licitĂ© que les Etats-Unis aient dĂ©sormais un “gouvernement fier de nos grandes entreprises, attachĂ© Ă  la victoire des technologies amĂ©ricaines”.Meta a acceptĂ© mercredi de payer 25 millions de dollars de dĂ©dommagements Ă  Donald Trump pour mettre fin Ă  ses poursuites engagĂ©es après la suspension en 2021 de ses comptes Facebook et Instagram, pour avoir encouragĂ© ses partisans lors de l’assaut du Capitole Ă  Washington.

Tesla a déçu les attentes au 4T, mais promis une annĂ©e “historique” en 2025

Le groupe Tesla, spĂ©cialiste amĂ©ricain des vĂ©hicules Ă©lectriques, a publiĂ© mercredi des rĂ©sultats infĂ©rieurs aux attentes au quatrième trimestre mais anticipe une annĂ©e 2025 “majeure” grâce aux avancĂ©es dans la conduite autonome.”Avec la progression de l’autonomie des vĂ©hicules et l’introduction de nouveaux produits, nous anticipons un retour de la croissance de l’activitĂ© automobile en 2025″, a prĂ©cisĂ© le groupe aux activitĂ©s diverses (automobile, stockage d’Ă©lectricitĂ©, robot humanoĂŻde Optimus, intelligence artificielle, etc), dans un communiquĂ©.”L’annĂ©e 2025 sera majeure dans l’histoire de Tesla grâce Ă  l’amĂ©lioration rapide de la FSD”, pour “Full Self-Driving”, c’est-Ă -dire la conduite entièrement autonome, a-t-il poursuivi.Ce sera la “meilleure annĂ©e de l’histoire de Tesla”, a assurĂ© Elon Musk lors d’une audioconfĂ©rence avec des analystes, parlant d’une annĂ©e “pivot”.Et “ça va ĂŞtre dĂ©ment” les trois annĂ©es suivantes, a-t-il affirmĂ©, prĂ©cisant que la pĂ©nurie de batteries freinait actuellement son essor.Au quatrième trimestre 2024, les rĂ©sultats ont Ă©tĂ© infĂ©rieurs aux attentes des analystes. Le chiffre d’affaires a atteint 25,71 milliards de dollars (+2% sur un an), le bĂ©nĂ©fice net 2,32 milliards de dollars (-71% sur un an). Selon Tesla, le prix moyen de vente de ses berlines a reculĂ© sous l’effet notamment d’une baisse de leur tarification et d’options de financement qualifiĂ©es d'”attractives”.MalgrĂ© ces rĂ©sultats en-deçà des anticipations, l’action Tesla gagnait 4,17% dans les Ă©changes Ă©lectroniques après la clĂ´ture de la Bourse de New York.- Nouveaux modèles -Le groupe a confirmĂ© l’arrivĂ©e de modèles Ă  bas coĂ»t, dont la production devrait commencer au premier semestre, ainsi que le lancement de son robotaxi – le Cybercab – dès juin Ă  Austin (Texas) pour commencer et sa production Ă  grande Ă©chelle Ă  partir de 2026.Concernant Optimus, qu’Elon Musk veut produire massivement pour le faire travailler dans son usine texane dès 2026, “il ne faudra pas de nombreuses annĂ©es avant que nous en produisions 100 millions” par an, a-t-il confiĂ© aux analystes.Selon lui, Tesla devrait mĂŞme commencer Ă  en livrer Ă  d’autres entreprises au second semestre 2026.Avec une production annuelle d’un million d’exemplaires, “le coĂ»t de revient unitaire devrait ĂŞtre infĂ©rieur Ă  20.000 dollars”, a-t-il anticipĂ©.Pour Wedbush, le retour de Donald Trump Ă  la Maison Blanche “va totalement changer la donne” pour l’autonomie et l’intelligence artificielle, par sa volontĂ© d’allĂ©ger les rĂ©glementations et les aides fĂ©dĂ©rales.Autant d’Ă©lĂ©ments “très favorables” pour l’entreprise d’Elon Musk, devenu un alliĂ© très proche.Mais, dès les premières heures de sa seconde prĂ©sidence, le rĂ©publicain climatosceptique a ciblĂ© les vĂ©hicules Ă©lectriques en supprimant des subventions pour l’implantation de stations de recharge.D’autres mesures pourraient suivre, comme la suppression d’un crĂ©dit d’impĂ´t fĂ©dĂ©ral de 7.500 dollars pour l’achat d’un vĂ©hicule Ă©lectrique.D’après Wells Fargo, Tesla serait le constructeur le plus affectĂ© car tous ses modèles peuvent y prĂ©tendre, contre seulement 31% pour ses concurrents.N’ayant pas hĂ©sitĂ© Ă  rogner ses marges pour stimuler ses ventes, il dispose dĂ©sormais de peu de flexibilitĂ© en la matière.- Première baisse -Ses livraisons ont flĂ©chi en 2024 (-1%) Ă  1,79 million de vĂ©hicules – premier recul de son histoire – alors que Tesla anticipait une “lĂ©gère augmentation”. Le groupe a Ă©tĂ© affectĂ© par la fermeture temporaire de plusieurs sites.Le groupe s’est aussi fait grignoter des parts de marchĂ© par des constructeurs traditionnels comme General Motors, Ford ou Toyota, et par des startups comme Rivian, dĂ©sormais soutenue par le gĂ©ant allemand Volkswagen.MalgrĂ© cela, il a conservĂ© sa place de premier constructeur mondial de vĂ©hicules tout Ă©lectrique, devant le Chinois BYD (1,76 million).”Nous nous attendons Ă  ce que les volumes rebondissent en 2025, tirĂ©s par les nouveaux modèles et versions rafraĂ®chies”, ont indiquĂ© les analystes de Deutsche Bank, pariant sur un bond de 15% des livraisons annuelles.”La politisation d’Elon est, Ă  coup sĂ»r, un sujet brĂ»lant pour les investisseurs et, d’après les premières indications, ils pensent qu’il met en danger les ventes de vĂ©hicules”, a commentĂ© Jeff Osborne, de TDCowen.

Statu quo sur les taux d’intĂ©rĂŞt aux Etats-Unis, Trump lâche ses coups

La banque centrale amĂ©ricaine (Fed) a maintenu ses taux inchangĂ©s mercredi, dĂ©clenchant les foudres du prĂ©sident Donald Trump qui voulait les voir diminuer “immĂ©diatement”.A l’issue de deux jours de rĂ©union – la première sous le nouveau mandat du rĂ©publicain -, la Fed a dĂ©cidĂ© Ă  l’unanimitĂ© mercredi de laisser ses taux d’intĂ©rĂŞt dans la mĂŞme fourchette, entre 4,25% et 4,50%.L’institution n’a pas besoin “d’agir dans la prĂ©cipitation” et d’abaisser davantage ses taux alors que l’Ă©conomie des Etats-Unis, et tout particulièrement son marchĂ© de l’emploi, restent solides, a estimĂ© le prĂ©sident de la Fed, Jerome Powell, en confĂ©rence de presse. La rĂ©action du chef de l’Etat, qui avait “exigĂ©” la semaine dernière que les “taux d’intĂ©rĂŞt baissent immĂ©diatement”, ne s’est pas fait attendre.Utilisant un diminutif de Jerome, Donald Trump a Ă©crit sur son rĂ©seau social Truth Social que “Jay Powell et la Fed ont Ă©chouĂ© Ă  stopper les problèmes qu’ils ont créés avec l’inflation”.”Si la Fed avait passĂ© moins de temps sur les politiques antidiscriminations, l’idĂ©ologie de genre, l’Ă©nergie +verte+ ou le pseudo-changement climatique, l’inflation n’aurait jamais Ă©tĂ© un problème. Au lieu de ça, nous avons subi la pire inflation de notre histoire”, a affirmĂ© le prĂ©sident amĂ©ricain, qui cite inlassablement ces sujets comme des Ă©pouvantails.Les Etats-Unis ont connu un pic d’inflation mi-2022, avec des prix augmentant de 9,5% en rythme annuel selon l’indice CPI, un niveau qui n’avait plus Ă©tĂ© observĂ© depuis le dĂ©but des annĂ©es 80.Le pays a toutefois traversĂ© des pĂ©riodes oĂą les hausses de prix Ă©taient plus marquĂ©es: jusqu’Ă  14,5% en rythme annuel en avril 1980 et mĂŞme près de 20% en rythme annuel en mars 1947 après la Seconde Guerre mondiale.Pour juguler l’inflation post-pandĂ©mie de Covid-19, la Fed avait relevĂ© ses taux jusqu’Ă  une fourchette comprise entre 5,25% et 5,50%, renchĂ©rissant le coĂ»t des crĂ©dits pour les entreprises et les particuliers.Face Ă  l’accalmie sur les prix, la banque centrale a commencĂ© en septembre 2024 Ă  baisser ses taux: trois fois en trois rĂ©unions, pour un total d’un point de pourcentage.Le statu quo de mercredi met fin Ă  ce cycle.- “Attendre” -Lors de la confĂ©rence de presse, M. Powell a refusĂ© de “rĂ©pondre ou commenter d’une manière ou d’une autre” les prĂ©cĂ©dentes dĂ©clarations de Donald Trump.InterrogĂ© pour savoir si la Fed prenait en compte le potentiel inflationniste de mesures voulues par Donald Trump (surtaxes douanières, baisses d’impĂ´ts, expulsions massives de sans-papiers, dĂ©rĂ©gulation), M. Powell a rĂ©pondu que la Fed souhaitait “attendre” de voir quelle politique serait effectivement menĂ©e avant de jauger de son impact potentiel.M. Powell Ă©tait devenu prĂ©sident de la Fed en 2018, après que M. Trump l’eut proposĂ© Ă  ce poste sous son premier mandat.La dĂ©cision de la Fed avait Ă©tĂ© largement anticipĂ©e par les marchĂ©s. Son annonce n’a d’ailleurs quasiment pas eu d’impact Ă  Wall Street, oĂą la confĂ©rence de presse de M. Powell n’a pas suscitĂ© de mouvements inattendus.La Bourse de New York a clĂ´turĂ© en baisse, portant son attention sur les rĂ©sultats trimestriels des gĂ©ants amĂ©ricains de la tech.”Tous les regards vont dĂ©sormais se dĂ©tourner de la Fed et se diriger vers les consĂ©quences Ă©conomiques des politiques du nouveau gouvernement”, a estimĂ© dans une note Thomas LaSalvia, analyste pour Moody’s.Selon ses statuts, la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale doit chercher, via ses taux, en permanence un Ă©quilibre pour que l’Ă©conomie soit la plus proche du plein emploi possible, avec une inflation stable et modĂ©rĂ©e. En l’absence de signe de faiblesse du marchĂ© du travail, elle n’est pas pressĂ©e de baisser davantage ses taux d’intĂ©rĂŞt pour donner un coup de fouet Ă  l’activitĂ© Ă©conomique.L’exĂ©cutif amĂ©ricain propose les candidats aux postes les plus Ă©levĂ©s de la Fed, mais il n’a pas la possibilitĂ© de mettre fin prĂ©maturĂ©ment Ă  leurs fonctions, une condition nĂ©cessaire pour prĂ©server l’indĂ©pendance de l’institution vis-Ă -vis du pouvoir politique.

Wall Street termine en baisse, peu impressionnée par la Fed

La Bourse de New York a clĂ´turĂ© en baisse mercredi, peu surprise par la dĂ©cision de la banque centrale amĂ©ricaine (Fed) de laisser ses taux inchangĂ©s, l’attention des investisseurs se portant dĂ©sormais sur les rĂ©sultats trimestriels des gĂ©ants amĂ©ricains de la tech.Le Dow Jones a perdu 0,31%, l’indice Nasdaq a lâchĂ© 0,51% et l’indice Ă©largi S&P 500 a reculĂ© de 0,47%.La place amĂ©ricaine a suivi de près mercredi la dĂ©cision du comitĂ© de politique monĂ©taire de la Fed (FOMC) qui, Ă  l’issue de sa rĂ©union, a dĂ©cidĂ© de laisser ses taux inchangĂ©s.”La Fed a clairement fait ce qui Ă©tait attendu”, a rĂ©sumĂ© auprès de l’AFP Art Hogan, analyste de B. Riley Wealth Management.”Ils n’ont pas modifiĂ© les taux, ils n’ont pas changĂ© grand-chose Ă  leur formulation, (…) et il n’y a pas de changement dans les prĂ©visions de baisse des taux”, a-t-il ajoutĂ©.Pour sa première dĂ©cision sous le nouveau mandat de Donald Trump, la banque centrale amĂ©ricaine a en effet choisi Ă  l’unanimitĂ© de maintenir ses taux d’intĂ©rĂŞt dans une fourchette comprise entre 4,25% et 4,50%.”Le taux de chĂ´mage s’est stabilisĂ© Ă  un bas niveau ces derniers mois, et le marchĂ© du travail reste solide”, a soulignĂ© la Fed dans un communiquĂ©.Dans le mĂŞme temps, la banque centrale note que l’inflation reste “quelque peu Ă©levĂ©e”, au-dessus de la cible de 2% fixĂ©e par l’institution monĂ©taire. Les investisseurs ont aussi scrutĂ© la confĂ©rence de presse du prĂ©sident de la Fed, Jerome Powell, notamment ses rĂ©actions au retour de M. Trump Ă  la Maison-Blanche. Mais lĂ  encore, rien n’est venu les surprendre.  La banque centrale “attendra et Ă©tudiera” les effets des politiques menĂ©es par le prĂ©sident Trump avant de dĂ©terminer quels seront les mouvements Ă  venir les plus pertinents concernant ses taux d’intĂ©rĂŞts, a dĂ©clarĂ© M. Powell.”La Fed fait une pause, parce qu’elle se donne le temps (…) de voir l’impact des mesures de la nouvelle administration, Ă  la fois sur l’inflation et sur l’Ă©conomie”, a commentĂ© M. Hogan.Les marchĂ©s ont aussi pris note des dĂ©clarations du candidat dĂ©signĂ© par M. Trump Ă  la tĂŞte du dĂ©partement du Commerce, Howard Lutnick, lors de son audition de confirmation devant le SĂ©nat amĂ©ricain mercredi, a signalĂ© Ă  l’AFP Adam Sarhan, analyste de 50 Park Investments. M. Lutnick y a dĂ©fendu les droits de douane tous azimuts et a estimĂ© que les États-Unis devaient privilĂ©gier les droits de douane non diffĂ©renciĂ©s plutĂ´t que ciblĂ©s pour que la première Ă©conomie mondiale soit “mieux traitĂ©e” par ses partenaires.”Le marchĂ© sait que les droits de douane arrivent”, mais ne sait pas pour l’instant “quel en sera l’effet”, a observĂ© M. Hogan.Sur le marchĂ© obligataire, le rendement des emprunts d’État amĂ©ricains Ă  dix ans est restĂ© stable par rapport Ă  la veille, Ă  4,53%.CĂ´tĂ© entreprises, “le marchĂ© Ă©tait dans l’expectative” durant la sĂ©ance avant une nouvelle sĂ©rie de rĂ©sultats trimestriels très attendue, Ă  savoir ceux des gĂ©ants amĂ©ricains de la tech. Microsoft, Meta et Tesla ont publiĂ© leurs rĂ©sultats trimestriels après la clĂ´ture mercredi, avant Apple jeudi.Les groupes technologiques amĂ©ricains sont attendus au tournant, après le choc provoquĂ© en dĂ©but de semaine par l’arrivĂ©e du modèle chinois d’intelligence artificielle (IA) DeepSeek. Ses capacitĂ©s ont inquiĂ©tĂ© le secteur car elles ont Ă©tĂ© obtenues pour un faible coĂ»t, provoquant une chute des groupes amĂ©ricains en Bourse lundi.Au tableau des valeurs, le gĂ©ant chinois du commerce en ligne Alibaba a Ă©tĂ© recherchĂ© durant la sĂ©ance et a clĂ´turĂ© dans le vert (+0,72%), après avoir annoncĂ© le lancement de son modèle d’IA avancĂ©, capable, selon le groupe, de dĂ©passer les capacitĂ©s des modèles dĂ©jĂ  existants.Cette annonce tombe quelques jours après le lancement du nouveau modèle d’IA de la start-up chinoise DeepSeek, qui a pris la Silicon Valley par surprise et remis en question la domination amĂ©ricaine dans cette technologie en pleine expansion.Le gĂ©ant amĂ©ricain du cafĂ© Starbucks a nettement avancĂ© (+8,63%) après avoir dĂ©passĂ© les attentes au premier trimestre de son exercice dĂ©calĂ©, malgrĂ© un recul de ses ventes que son nouveau patron tente d’inverser avec le changement “radical” de stratĂ©gie qu’il tente d’insuffler. L’opĂ©rateur T-Mobile a brillĂ© (+6,34%) après avoir annoncĂ© des rĂ©sultats trimestriels meilleurs qu’attendu, notamment un bĂ©nĂ©fice net de 2,98 milliards de dollars pour les trois derniers mois de 2024.

L’air de rien, Macron dĂ©fend sa politique et son bilan

Un chef de l’Etat dans l’arène, vantant sa politique Ă©conomique et son bilan : Emmanuel Macron, en retrait de la gouvernance du pays depuis la dissolution de l’AssemblĂ©e, a retrouvĂ© mercredi des accents de prĂ©sident “qui gouverne” lors d’un dĂ©placement dans le nord de la France.”J’entends parfois tous les dĂ©bats qu’on a en ce moment. Moi je ne fais pas de politique. Je ne sais pas si c’est de droite ou de gauche. Je sais que ça marche”, a-t-il martelĂ© en visitant un site du groupe Framatome, gĂ©ant de la filière nuclĂ©aire, Ă  Maubeuge (Nord).”La constance et la stabilitĂ© c’est ce qui permet de tenir”, a-t-il insistĂ© comme en Ă©cho aux propos de Bernard Arnault, le PDG du numĂ©ro un mondial du luxe LVMH, qui a dĂ©noncĂ© mardi l’augmentation prĂ©vue des impĂ´ts sur les entreprises françaises.Le patron de LVMH a jugĂ© qu’il s’agissait d’une “taxe sur le made in France” qui “pousse Ă  la dĂ©localisation” et vantĂ© en contrepoint la politique du prĂ©sident Donald Trump aux Etats-Unis.”Une politique qui aide les entreprises Ă  investir, qui rĂ©compense le travail et qui aide Ă  rĂ©investir et Ă  innover c’est une politique qui permet de crĂ©er de l’emploi et d’industrialiser. Il y a pas de secret”, a insistĂ© Emmanuel Macron.Le chef de l’Etat a rarĂ©fiĂ© ses prises de parole depuis la dissolution, se posant en “prĂ©sident qui prĂ©side” face Ă  un “gouvernement qui gouverne”.- “Pas de fatalitĂ©” -Pour ce premier dĂ©placement de terrain depuis septembre – alors qu’ils Ă©taient quasi hebdomadaires du temps de “l’hyperprĂ©sidence” –  il a retrouvĂ© sa tonalitĂ© d’avant, lorsqu’il dĂ©roulait toutes les annonces Ă  l’Ă©chelle nationale, de l’Ă©ducation aux transports.Venu annoncer un nouveau plan de soutien de quelque 290 millions d’euros pour le dĂ©veloppement du territoire dĂ©shĂ©ritĂ© de Sambre-Avesnois-ThiĂ©rache, Ă  la frontière avec la Belgique, il a dĂ©clinĂ© les projets qui allaient ĂŞtre financĂ©s, de la santĂ© Ă  la crĂ©ation d’une brigade contre les violences intrafamiliales.”Vous dĂ©montrez que quand on s’accroche, quand on le veut, quand on se bat, quand on se donne les moyens et qu’on se fait confiance, il n’y a aucune fatalitĂ©. Il n’y a que des projets et des solutions qui avancent. C’est ce pour quoi nous nous battons”, a-t-il lancĂ© Ă  Aulnoye-Aymeries (Nord).Avec une scĂ©nographie qui rappelait celle des grands dĂ©bats lors de la crise des Gilets jaunes, avec un prĂ©sident en verve, parlant debout, au milieu d’Ă©lus et responsables Ă©conomiques.S’il a perdu la main sur la politique Ă©conomique et sociale au profit du Premier ministre, Emmanuel Macron entend continuer Ă  incarner des batailles emblĂ©matiques, comme celle pour une “nouvelle Renaissance” du Louvre, avec une sĂ©rie d’annonces mardi.Le prĂ©sident est “en charge Ă  la fois de l’essentiel et puis du quotidien”, martèle l’ElysĂ©e.- RN en embuscade -Les deux premiers plans dĂ©roulĂ©s sous sa houlette sur ce territoire, Ă  cheval entre le Nord et l’Aine, y ont fait reculer le chĂ´mage de 16,5% en 2017 Ă  12% en 2024 et relancĂ© les crĂ©ations d’entreprises avec quelque 2.500 par an contre 1.500 en 2018, se fĂ©licite l’ElysĂ©e.Ils ont permis de doubler le nombre de voies de la RN2, de construire un nouveau complexe hospitalier Ă  Maubeuge, un commissariat Ă  Aulnoye ou de rĂ©habiliter 70.000 logements et nombre de friches industrielles.Sans enrayer pour autant la montĂ©e du Rassemblement national (RN) dans ce secteur aux lĂ©gislatives de 2022 et 2024. “C’est vrai que, aujourd’hui, les Ă©lecteurs n’ont pas dit : +On est contents de cette politique, on revote pour elle+”, a concĂ©dĂ© le chef de l’Etat dans une interview Ă  plusieurs mĂ©dias rĂ©gionaux dont La Voix du Nord.”On le voit bien, les gens vont vers les extrĂŞmes qui catalysent une colère, un ras-le-bol qui existe chez les gens, ce que j’entends”, a-t-il ajoutĂ© tout en appelant Ă  “confronter” ce “discours dĂ©cliniste”.Ironie de l’histoire, Emmanuel Macron Ă©tait accompagnĂ© par le prĂ©sident LR des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, pressenti un temps pour Matignon après la dissolution avant d’ĂŞtre recalĂ© sur pression du RN.

Wall Street termine en baisse, peu impressionnée par la Fed

La Bourse de New York a terminĂ© en baisse mercredi, peu surprise par la dĂ©cision de la banque centrale amĂ©ricaine (Fed) de laisser ses taux inchangĂ©s, l’attention des investisseurs se portant dĂ©sormais sur les rĂ©sultats trimestriels des gĂ©ants amĂ©ricains de la tech.Le Dow Jones a perdu 0,31%, l’indice Nasdaq a lâchĂ© 0,51% et l’indice Ă©largi S&P 500 a reculĂ© de 0,47%.

Etats-Unis: statu quo sur les taux de la Fed

La RĂ©serve fĂ©dĂ©rale amĂ©ricaine (Fed) a annoncĂ© mercredi qu’elle laissait ses taux inchangĂ©s, conformĂ©ment aux attentes des marchĂ©s, et en dĂ©pit des pressions du prĂ©sident Donald Trump pour qu’ils baissent “immĂ©diatement”. Pour sa première dĂ©cision sous le nouveau mandat de Donald Trump, la banque centrale amĂ©ricaine a dĂ©cidĂ© Ă  l’unanimitĂ© de maintenir ses taux d’intĂ©rĂŞt dans une fourchette comprise entre 4,25% et 4,50%.”Le taux de chĂ´mage s’est stabilisĂ© Ă  un bas niveau ces derniers mois, et le marchĂ© du travail reste solide”, indique la Fed dans un communiquĂ©.Dans le mĂŞme temps, la banque centrale relève que l’inflation reste “quelque peu Ă©levĂ©e”, au-dessus de la cible de 2% fixĂ©e par l’institution monĂ©taire. Selon ses statuts, la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale doit chercher en permanence un Ă©quilibre pour que l’Ă©conomie soit la plus proche du plein emploi possible, avec une inflation stable et modĂ©rĂ©e. En l’absence de signe de faiblesse du marchĂ© du travail, elle n’est pas pressĂ©e de baisser davantage ses taux d’intĂ©rĂŞt pour donner un coup de fouet Ă  l’activitĂ© Ă©conomique.Ses taux guident le coĂ»t du crĂ©dit pour les entreprises et les particuliers.L’ombre de Donald Trump planera certainement au-dessus de la prise de parole du prĂ©sident de l’institution, Jerome Powell, prĂ©vue Ă  14H30 locales (19H30 GMT).A peine revenu Ă  la Maison Blanche, le chef de l’Etat et magnat de l’immobilier a “exigĂ©” la semaine dernière que les “taux d’intĂ©rĂŞt baissent immĂ©diatement”.”Je les laisse faire mais si je ne suis pas d’accord, je le ferai savoir”, a-t-il prĂ©venu, assurant qu’il s’y connaissait mieux en taux d’intĂ©rĂŞt “que celui qui en est le principal responsable” – une rĂ©fĂ©rence directe Ă  Jerome Powell.Le prĂ©sident amĂ©ricain a par ailleurs indiquĂ© qu’il Ă©changerait avec M. Powell “au bon moment”.Le pouvoir exĂ©cutif propose les candidats aux postes les plus hauts de la Fed mais il n’a pas la possibilitĂ© de mettre fin prĂ©maturĂ©ment Ă  leurs fonctions, une condition nĂ©cessaire pour prĂ©server l’indĂ©pendance de l’institution vis-Ă -vis du pouvoir politique.Lors de son premier mandat, Donald Trump avait lui-mĂŞme proposĂ© que M. Powell devienne prĂ©sident de la Fed.- “AmbiguĂŻtĂ©” -Les acteurs de la finance s’attendaient Ă  voir les taux directeurs demeurer Ă  leur niveau actuel.D’autant que les responsables de la Fed naviguent Ă  vue en attendant que les promesses de campagne de Donald Trump soient – ou non – mises en place et de pouvoir jauger leur incidence sur la vie des AmĂ©ricains. Selon Mark Zandi, de Moody’s, “la Fed ne bougera pas tant qu’elle n’aura pas plus de visibilitĂ© sur les politiques Ă©conomiques du gouvernement Trump”.”Trump colle Ă  son scĂ©nario, qui implique beaucoup d’ambiguĂŻtĂ© et de mise en scène. (…) C’est vraiment difficile de savoir ce que le prĂ©sident va faire, quand, et comment”, avait estimĂ© l’Ă©conomiste auprès de l’AFP, avant la dĂ©cision de la Fed. “Le plus intĂ©ressant Ă  suivre, ce sera la manière dont Jerome Powell rĂ©pondra aux questions sur les dĂ©clarations de Donald Trump et sa volontĂ© de voir les taux baisser”, avait dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP Sam Stovall, analyste au cabinet CFRA Research.”On s’attend Ă  ce que M. Powell dise que les taux baisseront [Ă  l’avenir], et c’est Ă  peu près tout”, avait-il ajoutĂ©. Le prĂ©sident rĂ©publicain s’est engagĂ© pendant la campagne Ă  rendre du pouvoir d’achat aux AmĂ©ricains, essorĂ©s par plusieurs annĂ©es de forte inflation.Il a dans le mĂŞme temps promis des mesures jugĂ©es de nature Ă  relancer l’inflation par de nombreux experts: droits de douane sur tous les produits entrant aux Etats-Unis, baisses d’impĂ´ts, expulsions massives de sans-papiers (qui pourraient avoir un impact en rĂ©duisant la main-d’oeuvre disponible).La banque centrale avait systĂ©matiquement abaissĂ© ses taux lors de ses trois dernières rĂ©unions, pour un total d’un point de pourcentage.Les taux avaient auparavant plafonnĂ© pendant plus d’un an entre 5,25 et 5,50%, un niveau Ă©levĂ© pour juguler la forte inflation post-pandĂ©mie de Covid-19.

Disney+ pourra diffuser des films 9 mois après leur sortie en salles, contre 17 actuellement

Disney rebat les cartes dans le cinĂ©ma en France: sa plateforme va pouvoir diffuser des films 9 mois après leur sortie en salles, contre 17 actuellement, au grand dam de son ancien partenaire Canal+, premier financeur du 7e art.La firme aux grandes oreilles a annoncĂ© mercredi avoir conclu deux accords sur trois ans, avec les organisations professionnelles du cinĂ©ma d’une part, et avec celles de l’audiovisuel d’autre part, pour augmenter ses financements dans la crĂ©ation hexagonale. Objectif ? Profiter en Ă©change d’une meilleure position dans la chronologie des mĂ©dias, qui rĂ©git les dates auxquelles les films peuvent ĂŞtre diffusĂ©s, en ligne et Ă  la tĂ©lĂ©vision notamment, après leur sortie au cinĂ©ma.  Concrètement, “Disney+ s’engage Ă  investir 25% de son chiffre d’affaires net annuel gĂ©nĂ©rĂ© en France pour financer des oeuvres cinĂ©matographiques et audiovisuelles, europĂ©ennes et françaises”, contre 20% jusqu’alors (le minimum imposĂ© par la loi depuis 2021), ont annoncĂ© la plateforme et les organisations professionnelles du cinĂ©ma (BLIC, BLOC et ARP) dans un communiquĂ© commun.”Disney+ s’engage sur un investissement sur trois ans, en achat et en prĂ©achat, dans la crĂ©ation cinĂ©matographique, et Ă  financer un minimum de 70 films sur cette pĂ©riode en assurant une diversitĂ© de genres, et de budgets”, est-il ajoutĂ©, sans montant prĂ©cisĂ©.”Cela va nous permettre, dès le mois d’avril (le 25, ndlr), d’avoir +Deadpool & Wolverine+, qui a Ă©tĂ© un des gros succès de l’annĂ©e dernière en salles en France”, s’est rĂ©jouie auprès de l’AFP HĂ©lène Etzi, la prĂ©sidente France de Disney.Pour obtenir cette meilleure fenĂŞtre de diffusion, qui le place devant Netflix (15 mois) mais toujours derrière Canal+ (6 mois), le gĂ©ant amĂ©ricain a dĂ» s’entendre avec le secteur audiovisuel, qui bĂ©nĂ©ficiait des trois quarts des 20% de chiffre d’affaires consacrĂ©s par Disney+ Ă  la crĂ©ation française, le reste Ă©tant pour le cinĂ©ma.”On a trouvĂ© un point d’Ă©quilibre entre tout le monde”, a expliquĂ© HĂ©lène Etzi. Les 25% annoncĂ©s mercredi seront ainsi rĂ©partis Ă  parts Ă©gales (12,5%) la première annĂ©e entre le cinĂ©ma et l’audiovisuel. La dernière annĂ©e, 14% iront au cinĂ©ma, 11% Ă  l’audiovisuel. – Menace -Les reprĂ©sentants de l’audiovisuel (AnimFrance, SATEV, SEDPA, SPI, USPA), ont pris acte dans un communiquĂ© de “la volontĂ© du groupe Disney de faire Ă©voluer sa plateforme vers un modèle qui fasse une plus large place au cinĂ©ma”.Après s’ĂŞtre dĂ©robĂ© il y a trois ans, Disney va ainsi parapher le nouvel accord interprofessionnel sur la chronologie des mĂ©dias, dont la ministre de la Culture Rachida Dati a annoncĂ© la “mise en signature” mardi.Mais l’offensive du gĂ©ant amĂ©ricain, qui a rompu rĂ©cemment son accord de diffusion avec Canal+ le privant de nombreux contenus et lancĂ© une campagne d’abonnement promotionnelle pour sa plateforme, met en rogne son ancien alliĂ©.Quelques heures avant l’annonce de Disney, Canal+ a menacĂ© de baisser ses investissements annuels dans le cinĂ©ma, aujourd’hui de 220 millions d’euros. Ce montant “baissera nĂ©cessairement, la question c’est de combien”, a dĂ©clarĂ© le prĂ©sident du groupe audiovisuel, Maxime Saada, auditionnĂ© au SĂ©nat.D’après lui, la somme proposĂ©e par Disney+ s’Ă©lève Ă  “115 millions d’euros” sur trois ans pour le cinĂ©ma, soit “38 (millions) par an en moyenne”.”C’est lĂ  oĂą on a un petit sujet: si Disney est Ă  9 mois pour 35 millions d’euros, pour Canal+, il y a un sujet des 220 millions d’euros Ă  6 mois”, a expliquĂ© le dirigeant.”La question pour les organisations du cinĂ©ma (…) c’est: +Est-ce qu’elles prĂ©fèrent un modèle dans lequel Canal+ contribue largement”, quitte Ă  dĂ©pendre de lui, “ou est-ce qu’elles veulent se libĂ©rer de cette dĂ©pendance, mais prendre le risque de perdre 150 ou 200 millions d’investissements du groupe Canal ?”, a-t-il lancĂ©.De son cĂ´tĂ©, Netflix, signataire en 2022 de l’accord sur la chronologie des mĂ©dias, souhaiterait diffuser des films 12 mois après leur sortie.

L’Ă©pidĂ©mie de grippe empire encore, chez les enfants comme les adultes

L’Ă©pidĂ©mie de grippe accĂ©lère encore en France. Sans Ă©pargner les enfants, nombreux Ă  l’hĂ´pital, elle continue Ă  se montrer meurtrière chez les adultes, alors mĂŞme que le vaccin se rĂ©vèle peu efficace chez les personnes âgĂ©es, particulièrement vulnĂ©rables.Les derniers jours ont Ă©tĂ© marquĂ©s par une “forte intensification de l’Ă©pidĂ©mie dans l’Hexagone”, a rĂ©sumĂ© l’agence SantĂ© publique France dans un bilan hebdomadaire, clĂ´turĂ© au dimanche 26 janvier.Ce nouveau bilan dresse, Ă  plusieurs titres, un tableau encore plus prĂ©occupant que les prĂ©cĂ©dentes semaines, alors que l’Ă©pidĂ©mie Ă©tait dĂ©jĂ  intense depuis le dĂ©but de l’hiver.La maladie circule en effet Ă  un niveau très Ă©levĂ©, jamais vu depuis la crise du Covid du dĂ©but des annĂ©es 2020. L’Ă©pidĂ©mie profite en particulier de la circulation simultanĂ©e de trois souches du virus. De nombreux hĂ´pitaux ont dĂ©clenchĂ© des plans blancs pour mieux rĂ©agir Ă  l’afflux de patients, et les autoritĂ©s sanitaires ont prolongĂ© jusqu’Ă  fin fĂ©vrier la campagne de vaccination antigrippale, jugeant insuffisante la couverture vaccinale.Pour l’heure, l’Ă©pidĂ©mie ne donne aucun signe d’affaiblissement. Toutes les rĂ©gions de mĂ©tropole restent touchĂ©es, selon le dernier bilan de SantĂ© publique France, ainsi que la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane outre-mer.Chez les adultes, la mortalitĂ© semble particulièrement haute par rapport aux annĂ©es prĂ©cĂ©dentes. Il est encore trop tĂ´t pour donner une estimation prĂ©cise en terme de nombre de morts, mais de premier indicateurs donnent une idĂ©e de la situation.”La part des dĂ©cès avec une mention de grippe parmi les dĂ©cès certifiĂ©s Ă©lectroniquement (reste) très Ă©levĂ©e par rapport aux Ă©pidĂ©mies prĂ©cĂ©dentes”, avec environ 7% des morts associĂ©es Ă  la grippe, selon l’agence de santĂ© publique.Ces dĂ©cès touchent très majoritairement les plus de 65 ans, ce qui justifie la volontĂ© des autoritĂ©s sanitaires d’accĂ©lĂ©rer la vaccination alors qu’une part importante des personnes âgĂ©es n’y ont pas eu recours.L’ordre des mĂ©decins a appuyĂ© cette semaine ce volontarisme, regrettant une campagne vaccinale jusqu’alors “trop timide”.”Les enseignements de la pandĂ©mie (de) Covid-19 ne sont hĂ©las pas suivis d’effets Ă  long terme”, a estimĂ© l’ordre dans un communiquĂ©, publiĂ© mardi, regrettant “une dĂ©responsabilisation progressive des citoyens, ainsi qu’un manque de culture vaccinale en France”.- AĂ©ration et lavage de mains -Reste qu’un Ă©lĂ©ment prĂ©occupant apparaĂ®t dĂ©sormais dans le bilan de l’agence de santĂ© publique. Le vaccin antigrippe semble cette annĂ©e peu efficace chez les plus âgĂ©s, probablement en raison de la prĂ©sence conjointe de plusieurs souches du virus.Selon des donnĂ©es prĂ©liminaires, le vaccin ne fonctionne qu’Ă  35% chez les plus de 65 ans. MĂŞme si cela peut limiter la propagation du virus au niveau collectif, l’intĂ©rĂŞt individuel risque d’ĂŞtre plus difficile Ă  faire admettre.”Compte tenu de la faible efficacitĂ© du vaccin contre la grippe chez les 65 ans et plus (…) l’adoption systĂ©matique des gestes barrières au sein de la population gĂ©nĂ©rale reste primordiale”, reconnaĂ®t SantĂ© publique France.Cela inclut le port du masque en cas de symptĂ´mes, une pratique largement retombĂ©e depuis les annĂ©es Covid, l’aĂ©ration des lieux confinĂ©s et le lavage systĂ©matique des mains.La situation apparaĂ®t d’autant plus prĂ©occupante que les enfants sont aussi très frappĂ©s cette annĂ©e par la grippe. Si la mortalitĂ© reste marginale dans cette tranche d’âge, les hospitalisations sont nombreuses.La grippe donne actuellement lieu Ă  une “activitĂ© exceptionnellement Ă©levĂ©e chez les enfants” en matière de consultations comme de sĂ©jours Ă  l’hĂ´pital, rĂ©sume l’agence.Cette situation concerne tout particulièrement les plus petits. Relativement Ă©pargnĂ©s cette annĂ©e par l’Ă©pidĂ©mie de bronchiolite, qui s’achève peu Ă  peu sans trop de dĂ©gâts par contraste avec une saison 2022/2023 très rude, les bĂ©bĂ©s sont frappĂ©s de plein fouet par la grippe.Chez les plus de quatre ans, environ un dixième des hospitalisations sont liĂ©es Ă  cette maladie, une proportion jamais vue ces dernières annĂ©es.

Le futur secrétaire américain au Commerce défend les droits de douane tous azimuts

Les États-Unis doivent privilĂ©gier les droits de douane non diffĂ©renciĂ©s plutĂ´t que ciblĂ©s, a estimĂ© mercredi le probable futur secrĂ©taire au Commerce Howard Lutnick, pour que la première Ă©conomie mondiale soit ” mieux traitĂ©e” par ses partenaires.”Mon point de vue, et j’en ai discutĂ© avec le prĂ©sident [Donald Trump], est d’avoir une approche pays par pays” plutĂ´t que produit par produit, a dĂ©clarĂ© M. Lutnick Ă  l’occasion de son audition de confirmation devant le SĂ©nat amĂ©ricain.”Nous devons faire en sorte que les États-Unis rendent les choses plus justes. Nous avons Ă©tĂ© très mal traitĂ©s dans l’environnement du commerce mondial, tous les pays ont des droits de douane plus Ă©levĂ©s, ou des barrières non tarifaires (des normes et règlements qui rendent l’importation de produits plus compliquĂ©, NDLR)”, a ajoutĂ© le futur secrĂ©taire au Commerce, dont la dĂ©signation doit encore ĂŞtre validĂ©e par le SĂ©nat.Reprenant les propos de Donald Trump concernant les relations commerciales des États-Unis, M. Lutnick a ajoutĂ© que les autres pays les ” traitaient très mal”. “Nous devons ĂŞtre mieux traitĂ©s, nous devons ĂŞtre traitĂ©s avec respect et nous pouvons utiliser les droits de douane pour crĂ©er de la rĂ©ciprocitĂ©, de l’Ă©quitĂ© et du respect”, a-t-il assurĂ©.Il a nĂ©anmoins rejetĂ© l’idĂ©e qu’appliquer de larges droits de douane puisse nourrir l’inflation, estimant qu’il s’agissait d’un “non-sens”.”Certains produits particuliers pourraient voir leur prix augmenter, mais pas tous, ce ne serait pas inflationniste. Les deux pays qui appliquent le plus de droits de douane sont l’Inde et la Chine, ils ont le plus de droits de douane, mais pas d’inflation. C’est un non-sens de croire que les droits de douane provoquent l’inflation”, a soulignĂ© M. Lutnick.Il s’est toutefois engagĂ© Ă  travailler sur l’impact potentiel sur certains secteurs, tels que l’agriculture et l’industrie, afin d’en limiter les effets en cas de reprĂ©sailles de la part des partenaires commerciaux des États-Unis.Également interrogĂ© plus prĂ©cisĂ©ment sur les relations commerciales avec la Chine, Ă  la fois parmi les principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis et son principal concurrent au niveau mondial, M. Lutnick a estimĂ© nĂ©cessaire de poursuivre la politique de contrĂ´le des exportations menĂ©e par le gouvernement de l’ancien prĂ©sident Joe Biden.”Laissons-les nous concurrencer, mais qu’ils cessent d’utiliser nos outils pour le faire. Je compte ĂŞtre particulièrement attentif Ă  ce niveau”, a appuyĂ© M. Lutnick, ajoutant qu’il estimait que les États-Unis devaient mener la course Ă  l’intelligence artificielle.Mais dans le mĂŞme temps “je pense que les droits de douane sur la Chine devraient ĂŞtre les plus Ă©levĂ©s. Nos adversaires devraient ĂŞtre visĂ©s par les plus Ă©levĂ©s”, a-t-il ajoutĂ©.- Forcer Canada et Mexique “Ă  agir” -NĂ©anmoins, “le fait que nous ne puissions pas vendre de voitures amĂ©ricaines en Europe n’est pas normal, il nous faut aussi le corriger. MĂŞme s’ils sont nos alliĂ©s, ils profitent de nous et ils ne nous respectent pas”, a affirmĂ© Howard Lutnick.Durant la campagne prĂ©sidentielle, le candidat rĂ©publicain a dĂ©fendu l’idĂ©e d’imposer des droits de douane de 10 Ă  20% sur l’ensemble des produits entrant aux États-Unis et de 60% Ă  100% sur les produits provenant de Chine. L’objectif alors affichĂ© Ă©tait de financer les baisses d’impĂ´ts supplĂ©mentaires qu’il espĂ©rait par ailleurs mettre en place.Depuis sa prise de fonctions cependant, Donald Trump a brandi la menace de droits de douane pour faire plier des partenaires commerciaux.Il a notamment annoncĂ© vouloir imposer 25% de droits de douane sur les produits en provenance du Canada et du Mexique, pourtant thĂ©oriquement protĂ©gĂ©s par un accord de libre-Ă©change, Ă  compter du 1er fĂ©vrier, et d’ajouter 10% de droits de douane sur les produits chinois.Mais le Canada et le Mexique ne seront pas visĂ©s s’ils se dĂ©cident “Ă  agir” pour limiter le trafic de fentanyl et de migrants entrant aux États-Unis, a assurĂ© M. Lutnick. “S’ils le font, il n’y aura pas de droits de douane”.M. Lutnick, qui a fait fortune dans la finance, Ă©tait directeur gĂ©nĂ©ral de la banque d’investissement Cantor Fitzgerald avant sa dĂ©signation.Il a assurĂ© durant son audition qu’il vendrait l’ensemble de ses parts dans les diffĂ©rentes entreprises qu’il pouvait possĂ©der afin d’Ă©viter tout conflit d’intĂ©rĂŞts.A la tĂŞte du comitĂ© de transition après l’Ă©lection de Donald Trump le 5 novembre, il s’est montrĂ© Ă  plusieurs reprises critique Ă  l’Ă©gard des vĂ©hicules Ă©lectriques et a relevĂ© la responsabilitĂ© de la Chine dans la crise des opioĂŻdes qui frappe les États-Unis ces dernières annĂ©es.Il avait Ă©galement regrettĂ© la destructions d’emplois industriels aux États-Unis et les dĂ©localisations dans d’autres rĂ©gions du monde, en particulier vers la Chine.