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Wall Street attend avec prudence des données économiques américaines

La Bourse de New York évolue sans grand mouvement lundi, à l’entame d’une semaine chargée en indicateurs susceptibles d’éclairer les investisseurs sur l’état de l’inflation et de l’emploi aux Etats-Unis.Vers 14H55 GMT, le Dow Jones grappillait 0,05%, l’indice Nasdaq reculait de 0,12% et l’indice élargi S&P 500 gagnait 0,08%.”C’est une semaine importante en termes de données en temps réel”, a commenté auprès de l’AFP Art Hogan, analyste de B. Riley Wealth Management.Ces dernières semaines, les investisseurs ont surtout accueilli des publications économiques qui avaient été décalées par la paralysie budgétaire américaine, et qui donnaient par conséquent une image dépassée de l’état de santé de la première économie mondiale.Pour Art Hogan, “ce sera intéressant d’avoir des données en temps réel pour voir si elles correspondent à ce que nous pensons que la Réserve fédérale (Fed) pourrait faire ensuite” pour ses taux. L’analyste a évoqué “la force ou la faiblesse du marché du travail et l’évolution de l’inflation”, qui correspondent aux deux mandats fixés pour la banque centrale américaine.Les chiffres de l’emploi américain pour le mois de novembre seront connus mardi, ceux de l’inflation (CPI) seront publiés jeudi.En raison du ralentissement du marché du travail, la Fed a abaissé ses taux lors de ses trois dernières réunions, pour un total de trois quarts de point de pourcentage.Les investisseurs s’attendent pour le moment à une pause en janvier, selon l’outil de veille CME FedWatch, compte tenu d’une hausse des prix supérieure à la cible à long terme de la Fed (2%).Le calme des marchés américains lundi tranche avec les craintes affichées en fin de semaine dernières autour des valeurs technologiques.”A l’aube de la troisième année de la révolution de l’intelligence artificielle (IA), nous pourrions assister à des changements. Au début, tout le monde était récompensé, mais aujourd’hui, les récompenses sont beaucoup plus sélectives” en fonction des perspectives de croissance et rentabilité, une dynamique “plus saine”, a relevé Art Hogan.Par ailleurs, a rappelé l’analyste, “c’est la dernière semaine complète (d’échanges, NDLR) avant la fin de l’année” et les jours fériés de Noël et du Nouvel An, autour desquels les volumes d’échanges devraient diminuer.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt américain à dix ans évoluait autour de 4,15% vers 14H55 GMT, contre 4,18% à la clôture vendredi.Côté entreprises, la société iRobot, qui commercialise les robots aspirateurs Roomba, s’effondrait de plus de 70% à l’annonce de son dépôt de bilan. Son principal créancier et sous-traitant, le groupe chinois Picea, rachètera entièrement l’entreprise et la société quittera le Nasdaq à l’issue de la transaction.Des statistiques chinoises sans éclat, comme les ventes au détail en novembre qui ont progressé à leur rythme le plus lent depuis presque trois ans et la sortie des restrictions liées au Covid-19, pénalisaient les géants du commerce en ligne et d’internet du pays. Alibaba lâchait 2,82%, PDD, maison mère de Temu, perdait 0,83% et Baidu chutait de 3,75%.La start-up spatiale Rocket Lab (-5,62% à 58,03 dollars) cédait une partie des gains enregistrés ces derniers jours face à la perspective d’une introduction en Bourse de SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk, pour une valorisation qui pourrait s’afficher à 1.500 milliards de dollars. 

Espagne: amende de 64 M EUR contre Airbnb pour avoir publié des annonces de logements interdits à la location

Le gouvernement espagnol a annoncé lundi avoir infligé une amende de 64 millions d’euros à la plateforme Airbnb pour avoir notamment publié des annonces de logements interdits à la location, une infraction qualifiée de “grave”, en pleine crise du logement dans le pays.En Espagne, les plateformes de location de courte durée suscitent un vif débat, surtout dans les grandes villes touristiques, où de nombreux habitants leur reprochent de contribuer à la flambée des loyers.L’amende visant Airbnb, qui atteint précisément 64.055.311 euros, est “définitive”, a précisé dans un communiqué le ministère de la Consommation, ajoutant que la plateforme basée aux Etats-Unis devait désormais “corriger les manquements constatés en supprimant les contenus illégaux”.”Des milliers de familles vivent dans la précarité à cause de la crise du logement, tandis que quelques-uns s’enrichissent grâce à des modèles économiques qui expulsent les gens de chez eux”, a critiqué le ministre espagnol de la Consommation, Pablo Bustinduy, cité dans le communiqué.”Aucune entreprise en Espagne, aussi grande ou puissante soit-elle, n’est au-dessus des lois”, a-t-il poursuivi.En conférence de presse dans la matinée, le ministre a martelé que le gouvernement “continuera d’agir avec la plus grande détermination pour éradiquer ces pratiques”, qu’elles soient “abusives ou frauduleuses”. Un porte-parole d’Airbnb a dénoncé, dans un communiqué transmis à l’AFP, “des mesures (…) contraires à la réglementation en vigueur”. La plateforme “a l’intention de contester cette amende devant les tribunaux”, a-t-il annoncé.L’Espagne a accueilli en 2024 un nombre record de 94 millions de visiteurs, ce qui en fait la deuxième destination touristique dans le monde derrière la France. Ce record pourrait être battu cette année.Mais si le tourisme est un moteur de l’économie du pays, de nombreux Espagnols dénoncent la congestion des infrastructures, la disparition des commerces traditionnels, remplacés par des boutiques touristiques, et surtout la flambée des loyers, les propriétaires de logements se tournant vers la location touristique, y compris sur Airbnb, nettement plus rentable.Face à cette poussée de colère, plusieurs régions et municipalités ont annoncé des mesures ces derniers mois, à l’image de la mairie de Barcelone (nord-est), qui a promis de ne pas renouveler les licences de quelque 10.000 appartements touristiques, qui expireront en novembre 2028.Lors de sa conférence de presse de fin d’année, durant laquelle il fait le bilan de l’action gouvernementale, le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez a salué “l’intervention des pouvoirs publics” sur ce marché pour aider à “résoudre la crise du logement”, notamment en ayant “retiré 54.000 hébergements touristiques illégaux”.

Réouverture progressive du site d’Orange dans un quartier sensible de Marseille

Le site d’Orange à Marseille, situé dans le quartier sensible de Saint-Mauront, a rouvert ses portes lundi matin, après une fermeture de quinze jours par mesure de sécurité, a constaté l’AFP.Un tiers seulement du millier de salariés d’Orange à Marseille est revenu sur ce site lundi, selon des sources concordantes.L’entreprise avait annoncé le 27 novembre une fermeture à la suite d’une “montée des tensions” dans le quartier, mettant ses salariés en télétravail. Les syndicats avaient dénoncé des “bagarres” et une emprise du “narcotrafic” proche du site.A l’arrivée des premiers employés lundi matin, une voiture de police stationnait en face. Sur la grille de l’entreprise, des flèches à la peinture blanche indiquent la direction d’un point de deal proche. Elles avaient été effacées mais sont rapidement réapparues.Des patrouilles de police vont se poursuivre dans le secteur pour permettre aux employés de “venir travailler en toute sécurité” et répondre à un “sentiment d’insécurité fort”, a indiqué sur place la préfète de police déléguée Corinne Simon, à l’issue d’une réunion avec la direction.Orange a confirmé lundi une réouverture dans “les meilleures conditions” du site Massalia. L’entrée principale, à proximité immédiate d’une station de métro et proche d’une cité connue pour abriter du trafic de drogue, a été équipée d’un système de badge –même si lundi le portail reste ouvert. Un vigile est posté dans une guérite.- “Coups de feu” -Le retour se fait progressivement a déclaré à l’AFP Jerome Bissey, délégué CFDT. “Aujourd’hui ce sont les salariés qui viennent à pied ou en transport en commun et qui représentent à peu près 380 personnes”, a-t-il détaillé.A partir de mercredi, a-t-il ajouté, commenceront à arriver “les 700 personnes qui viennent en voiture”, “sachant qu’on a une capacité parking de 300 places”.Le délégué syndical demande “la possibilité d’avoir un deuxième site. Aujourd’hui on concentre tous les effectifs dans un quartier compliqué”, avec même, fin novembre, “des coups de feu sous les fenêtres des bureaux”.Outre les patrouilles, la police maintiendra “une présence en statique” pour l’arrivée et le départ des salariés, a précisé la préfète de police déléguée. Prévu pour une quinzaine de jours encore, ce dispositif évoluera selon la situation, a-t-elle dit.”Autour d’Orange vous avez plusieurs points de deal, et donc ça génère un sentiment d’insécurité fort pour les salariés. Notre rôle c’est bien de faire diminuer ce sentiment”.Une employée, qui ne souhaite pas donner son nom, rapporte ce qui se raconte sur la rixe ayant entraîné la fermeture: “des jeunes cagoulés avec des Kalachnikov”, et des employés confinés dans l’entreprise: “On ne peut pas travailler dans une ambiance comme ça”.”Le soir, on essaye de sortir à plusieurs pour ne pas prendre le métro seul”, a-t-elle expliqué.Dans un communiqué, la CFE-CGC Orange a dénoncé “le retour forcé des collaborateurs à Saint-Mauront”.Hicham, 37 ans et papa de trois enfants, fustige lui “un cirque pour rien du tout”: une mobilisation lancée pour Orange, mais pas pour “les familles qui habitent ici.””Il y a toujours la coke, il y a toujours le guetteur, il y a toujours le shit”, martèle cet habitant du quartier. “Si on veut arrêter quelque chose, on rentre dans la cité, on rentre là où ils vendent, on reste jour et nuit.”

Brandt: après le “traumatisme”, élus et salariés évoquent l’avenir

“Aller de l’avant”: quatre jours après la décision de liquidation du groupe Brandt, environ 200 salariés se sont réunis lundi près d’Orléans, en présence d’élus locaux, pour évoquer leurs perspectives d’avenir.”Vous avez espéré donner une nouvelle vie à Brandt (…) maintenant, il faut aller de l’avant”, a déclaré la préfète du Loiret et de la région Centre-Val de Loire, Sophie Brocas devant une salle comble, à quelques centaines de mètres du principal site industriel de Brandt qui compte 350 salariés.Après la décision jeudi du tribunal des activités économiques de Nanterre de prononcer la liquidation judiciaire du groupe centenaire d’électroménager, qui employait au total quelque 700 personnes, les élus locaux ont à nouveau assuré de leur “solidarité” et promis leur accompagnement.Garantie de percevoir 75% du salaire brut pendant un an grâce au contrat de sécurisation professionnelle, mise en place d’une cellule d’appui et d’écoute ou encore job dating en février: les services de l’Etat ont présenté plusieurs mesures aux salariés.”On va se mobiliser et on a déjà commencé” pour “remettre les salariés de Brandt au travail”, a promis Mme Brocas.Cette dernière a aussi indiqué, comme l’avait fait vendredi le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, qu’un travail était en cours pour “réfléchir aux options envisageables” pour donner une autre destination aux deux sites industriels du groupe situés près d’Orléans et à Vendôme (Loir-et-Cher).”Ce ne sera pas Brandt, mais ça peut être autre chose”, a-t-elle indiqué. Cela pourrait être pour “de la fabrication de drones”, selon le président de la région Centre-Val-de-Loire François Bonneau, mais il y a aussi “d’autres pistes”, a-t-il dit.Plusieurs salariés, dont quelques-uns franchissaient les grilles du site voisin avec leurs effets personnels sous le bras, ont décrit un “traumatisme encore à vif”.”C’est encore à chaud”, a résumé Laurent Grapin, 24 ans d’ancienneté au service recherche et développement. “Certains ont cru à une reprise, moi non”.La justice a rejeté un projet de Scop (société coopérative et participative), soutenu par le groupe Revive et la majorité des salariés qui devait permettre de sauver au moins 370 emplois, ainsi que les marques Vedette, Sauter et De Dietrich.”Les aides, les reprises du site, ce sont des possibilités, mais je pense qu’il faut surtout faire de notre côté et ne pas trop compter” sur des choses “incertaines”, a-t-il déclaré à l’AFP.

Accord UE-Mercosur: dernière ligne droite agitée, la France sème le trouble

Le bras de fer se tend entre Bruxelles et Paris: la Commission européenne a martelé lundi son intention de signer l’accord de libre-échange avec le Mercosur dans les prochains jours, en dépit de la mobilisation agricole et des appels de la France à reporter la décision.Ursula von der Leyen voudrait parapher ce traité commercial avec l’Amérique latine samedi lors du sommet du Mercosur à Foz do Iguaçu au Brésil. Mais elle a d’abord besoin de l’aval des Etats européens durant la semaine à Bruxelles. Et la France, toujours opposée à l’accord en l’état, plaide pour un report du vote en 2026.”A ce stade, le compte n’y est pas pour protéger les agriculteurs français. Les exigences françaises n’ont pas été remplies”, a tonné Paris dimanche soir. Emmanuel Macron “a demandé à la présidente de la Commission un report de l’examen de l’accord”, a indiqué son entourage.L’exécutif européen a opposé au président français une fin de non-recevoir lundi. Ce traité est “de la plus haute importance pour l’Union européenne”, sur “le plan économique, diplomatique et géopolitique”, a souligné un porte-parole de la Commission, qui maintient son calendrier.Une signature est “absolument nécessaire cette semaine”, a renchéri l’Allemagne, fervent défenseur de cet accord avec lequel elle espère relancer ses exportations industrielles. Ce bras de fer lance une semaine qui s’annonçait déjà agitée à Bruxelles. Les syndicats agricoles promettent jusqu’à 10.000 manifestants dans la capitale belge jeudi, en marge d’un sommet européen entre chefs d’Etat et de gouvernement.Les agriculteurs de l’UE restent vent debout contre cet accord commercial avec l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay.Ce traité favoriserait les exportations européennes de voitures, de machines, de vins et de spiritueux. En retour, il faciliterait l’entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel ou soja sud-américains, ce qui alarme les filières.Mais la Commission européenne n’en démord pas. “C’est maintenant ou jamais” pour l’accord, souligne une source interne, à propos de négociations entamées il y a plus de 25 ans.”S’il n’y a pas de compromis cette semaine, on risque une crise européenne grave. Ce sera un grand échec pour la Commission, pour l’Allemagne et pour l’Espagne”, met aussi en garde un diplomate européen, sous couvert de l’anonymat.- Sauvegarde et contrôles renforcés -Allemands, Espagnols et Scandinaves misent sur cet accord pour relancer une économie européenne à la peine face à la concurrence chinoise et aux taxes douanières des Etats-Unis.La France aura donc du mal à bloquer ce traité qui n’a besoin que d’une majorité qualifiée pour être adopté, lors d’un vote attendu mercredi ou vendredi. L’Italie, qui a soufflé le chaud et le froid, pourrait jouer les arbitresPour compliquer encore l’équation, un autre scrutin est prévu dès ce mardi, au Parlement européen cette fois.A Strasbourg, les eurodéputés se penchent sur les mesures de “sauvegarde” destinées à rassurer les agriculteurs et amadouer la France.Avec ce dispositif, l’Union européenne promet un “suivi renforcé” des produits les plus sensibles tels que la viande bovine, la volaille, le riz, le miel, les œufs, l’ail, l’éthanol et le sucre, et une intervention en cas de déstabilisation du marché. Les Etats européens ont déjà approuvé cette clause de sauvegarde. Mais le Parlement européen pourrait encore la consolider.Autre signal pour tenter de convaincre Paris, la Commission européenne a annoncé la semaine dernière le renforcement de ses contrôles sur les importations agricoles, afin de s’assurer qu’elles respectent les normes européennes.Bruxelles promet également de mettre à jour ses règles sur les traces de pesticides dans les produits importés, afin d’éviter que des substances interdites en Europe rentrent sur le continent via les importations.Si Ursula von der Leyen signe le traité samedi, la partie ne sera pas terminée pour autant.Il restera une ultime étape au Parlement européen: l’adoption définitive de l’accord au début de l’année 2026 a priori.Des sources internes s’attendent à un scrutin serré dans l’hémicycle, où les considérations nationales pèseront.Tous bords politiques confondus, “tous les Français voteront contre, la plupart des Polonais aussi”, pronostique un bon connaisseur des équilibres parlementaires. En ajoutant la gauche radicale et l’extrême droite, “on arrive déjà à 300 opposants” au traité, calcule-t-il, sur un total de 720 élus.

Budget: dernière ligne droite très incertaine pour Sébastien Lecornu, entre Sénat et Assemblée

Une semaine décisive s’ouvre pour le Premier ministre Sébastien Lecornu, toujours convaincu de pouvoir doter la France d’un budget avant le 31 décembre malgré de grandes incertitudes sur l’issue du budget de l’État, soumis au vote du Sénat lundi avant d’ultimes tractations.Accord sur le gong ? Retour du 49.3 ? Loi spéciale et reprise des débats budgétaires en janvier ? Les scénarios restent ouverts à quelques jours de la fin de l’année.Le chef du gouvernement, qui a promis une nouvelle méthode au début de l’automne pour faire adopter les budgets sans recourir au 49.3, malgré son absence de majorité à l’Assemblée nationale, s’en tient pour l’instant à cette ligne.Le pari est presque réussi sur le budget de la Sécurité sociale, adopté à l’Assemblée la semaine passée à une courte majorité. Un ultime vote des députés est prévu mardi après-midi sur ce texte qui accorde de nombreuses concessions à la gauche.Mais l’attention du gouvernement est désormais focalisée sur le projet de loi de finances (PLF), objet d’un rejet massif en première lecture à l’Assemblée, avec une seule voix favorable.Le Sénat, dominé par une alliance entre la droite et les centristes, devrait, lui, l’adopter très largement lundi après-midi, après deux semaines de débats jour et nuit.- Ligne “anti-taxes” -Une commission mixte paritaire (CMP) réunissant sept députés et sept sénateurs tentera ensuite, vendredi, de trouver un accord, une opération périlleuse au vu des divergences entre les deux chambres.Ce conciliabule réuni à l’Assemblée aura du travail pour atteindre l’objectif du gouvernement de ramener le déficit public sous les 5% du PIB en 2026: dans l’état actuel des discussions, la copie est à 5,3%, contre 5,4% en 2025, a annoncé le gouvernement devant les sénateurs.Ce chiffrage tire notamment les conséquences du compromis trouvé sur le budget de la Sécu, qui ponctionne plusieurs milliards au budget de l’Etat. Mais également des votes du Sénat, qui s’est en effet montré intransigeant sur les prélèvements nouveaux, à l’image de Bruno Retailleau.”Il ne pourra pas y avoir d’accord sur un budget qui augmenterait considérablement les impôts et ne réduirait pas significativement la dette”, a résumé le patron des Républicains, dont la voix est prépondérante au sein du puissant groupe LR du Sénat.Les sénateurs ont ainsi rejeté la surtaxe visant les grandes entreprises, dont le gouvernement espérait quatre mds d’euros, et ils ont réduit significativement la portée de la taxe sur les holdings patrimoniales proposée par le gouvernement.Si le vote favorable du Sénat ne fait aucun doute, le plus difficile commencera pour le gouvernement. Il disposera de quelques jours pour convaincre une majorité de parlementaires avant la tenue de la CMP vendredi.Au sein de celle-ci, l’ancien socle commun sera majoritaire, ce qui pourrait présager, en théorie, d’un accord possible.Mais cela ne servira à rien si le texte de compromis n’est pas ensuite adopté la semaine prochaine à l’Assemblée.Le député socialiste Laurent Baumel a estimé lundi sur Radio J qu’il y avait “peu de chances” de trouver un budget avant la fin de l’année.La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a elle assuré sur CNEWS/Europe 1 que “le buget est une urgence”, appelant au “compromis”.- Le plaidoyer de Borne -Dans l’hypothèse où la CMP s’accorderait sur un texte, le gouvernement pourrait tenter de le faire voter par les députés. Mais l’équation semble quasiment impossible, alors que les socialistes promettent au mieux de s’abstenir et que les écologistes devraient voter contre, selon leur cheffe Marine Tondelier.Autre possibilité: le 49.3, dont l’ancienne Première ministre Elisabeth Borne a défendu dimanche l’utilisation. “C’est une façon moins engageante pour les oppositions de permettre l’adoption d’un texte, sans devoir le voter”, a plaidé celle qui l’a utilisé 23 fois à Matignon.Cela ne permettrait au demeurant pas au Premier ministre de faire l’économie d’un accord avec le PS. “Si le gouvernement l’utilise sans compromis préalable, il s’expose à une censure immédiate”, a prévenu le premier secrétaire du PS, Olivier Faure.La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a quoi qu’il en soit de nouveau écarté cette piste dimanche.En cas d’échec de la CMP ou de rejet de ses conclusions, les discussions reprendront au mois de janvier avec, d’ici là, le vote d’une loi spéciale pour permettre la continuité de l’État.

Dermatose: Genevard attendue dans le Sud-Ouest où la crise se cristallise

Une situation officiellement “sous contrôle” et une colère qui s’amplifie: la ministre de l’Agriculture Annie Genevard se rend lundi à Toulouse pour défendre sa gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) critiquée par une partie des agriculteurs et de la classe politique.La ministre a répété lundi matin sur France 2 que la discussion était “ouverte” avec la profession, y compris sur les modalités de la politique sanitaire, mais a défendu sa stratégie: la situation est actuellement “sous contrôle” et les foyers de maladie, éradiqués.Elle a rappelé les “trois piliers” de cette stratégie: “le dépeuplement (l’abattage, NDLR), la vaccination et la restriction de mouvement”, seuls à même de venir à bout de cette maladie animale très contagieuse, non transmissible à l’homme mais qui peut toucher très durement le cheptel.La ministre est attendue dans l’après-midi en Haute-Garonne “afin de lancer la campagne de vaccination” de près d’un million de bêtes, dans une région frondeuse où la colère s’est vite convertie en actions de blocages.- “Zéro proposition” -En pointe de la mobilisation: les syndicats Coordination rurale et Confédération paysanne qui convergent, de façon inhabituelle, pour réclamer la fin de l’abattage systématique et l’extension générale de la vaccination.Interrogé par l’AFP sur le barrage de Carbonne sur l’A64, où était née la mobilisation agricole de janvier 2024, Jérôme Bayle, l’un des porte-voix de cette colère paysanne, a dit ne pas attendre “grand-chose” de la visite de la ministre. “On sait très bien qu’aujourd’hui, elle arrive avec zéro proposition”, a-t-il déclaré, soulignant que plusieurs éleveurs de Haute-Garonne avaient refusé de la recevoir lundi.D’autres, comme Frédéric Meynard, céréalier participant au blocage de l’autoroute, attend avec ses camarades “surtout d’être entendus” par la ministre, dans ce “pays de la résistance agricole”, comme le proclame une banderole.La crise n’est pas née dans le Sud-Ouest, qui n’est pas le coeur de l’élevage français, mais c’est ici que se cristallise la colère depuis deux ans, face à la crise de la viticulture et la flambée des crises sanitaires, alimentées par le changement climatique.En Gironde, une cinquantaine d’agriculteurs, équipés de tracteurs, bloquaient l’A63 à 15km au sud de Bordeaux, en direction de l’Espagne, selon la préfecture, qui “déconseille” d’emprunter le secteur. Dans les Landes, plusieurs dizaines d’agriculteurs occupent depuis samedi deux ronds-points sur deux axes majeurs, près de la rocade de Mont-de-Marsan.Tout en reconnaissant le drame individuel que constitue l’abattage d’un troupeau pour un éleveur, le gouvernement tente d’en appeler “à la science” et à la “responsabilité”.- “Désinformation” -“Mon devoir est aussi de protéger 125.000 autres éleveurs qui ne veulent pas voir arriver la maladie chez eux, et de préserver 16 millions de bovidés”, déclarait dimanche la ministre de l’Agriculture à L’Opinion.Rappelant que les protocoles sanitaires en vigueur ont été “mis en place par des vétérinaires, par des scientifiques, par des épidémiologistes”, le ministre de la Recherche Philippe Baptiste a appelé lundi à “la responsabilité et à la confiance”, sur Franceinfo TV.La stratégie mise en place implique l’abattage de toutes les bêtes des foyers affectés, des restrictions de mouvements des troupeaux et la vaccination des bovins sur 50km autour des foyers. La zone vaccinale a été étendue vendredi à tout le sud du pays, face à la progression de la maladie.Cette politique est jusqu’à présent soutenue par la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, première force syndicale agricole.La FNSEA estime qu’il n’y a actuellement aucune autre solution que l’abattage des troupeaux touchés, pour “éradiquer totalement” la maladie et fustige la “désinformation” qui circule sur cette crise. Son syndicat redoute par ailleurs les conséquences “qu’il faut bien mesurer” en terme économique pour les éleveurs, d’une vaccination généralisée: une vaccination nationale priverait en effet le pays de son statut “indemne” et donc de sa capacité d’export de bovins vivants pendant de longs mois.Mais dans de nombreuses fermes, l’abattage total d’un troupeau pour une vache malade ne passe pas. Syndicat héritier des luttes altermondialistes, la Confédération paysanne dit porter “toujours le même message”, qui est la demande d'”élargissement de la vaccination et l’arrêt des abattages totaux”. Quant à la Coordination rurale, où s’est imposée une ligne dure, anti-écologiste et parfois proche de l’extrême droite, elle ne veut “rien lâcher” et encourage les actions coup de poing devant les préfectures ou sur les ronds-points. Dimanche, une trentaine d’actions avaient été recensées dans le pays en fin d’après-midi, dont un déversement de pneus, lisier et paille devant la sous-préfecture de Millau (Aveyron), selon le ministère de l’Intérieur. Des responsables politiques, du Rassemblement national à LFI, ont critiqué ce weekend la gestion du gouvernement face à la colère montante d’une partie des agriculteurs. 

Dermatose: “la discussion est ouverte”, mais la stratégie pas remise en cause, selon Genevard

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a ouvert la porte lundi à une éventuelle évolution de la procédure en vigueur pour gérer la dermatose nodulaire contagieuse, vivement critiquée par une partie des agriculteurs, tout en défendant sa politique sanitaire.Interrogée sur France 2 sur la possibilité d’une suspension de la procédure en vigueur, et notamment de l’abattage systématique des troupeaux affectés, elle a répondu: “La discussion est ouverte sur ce point et je ne veux pas vous donner de réponse catégorique aujourd’hui, parce ce temps de dialogue est indispensable et il faut pouvoir y associer les professionnels”.La ministre a toutefois défendu la politique sanitaire en vigueur, affirmant que la situation était à l’heure actuelle “sous contrôle”.Le ministère a précisé à l’AFP dans la matinée que si les modalités d’éradication du virus pouvaient être discutées, rien ne changeait à ce stade : “En attendant l’avis scientifique sur un protocole allégé (prôné par plusieurs syndicats, NDLR), la stratégie française ne bouge pas”. La stratégie mise en place implique l’abattage de toutes les bêtes des élevages affectés, des restrictions de mouvements des troupeaux et une “vaccination d’urgence” des bovins sur 50 km à la ronde. La zone de vaccination a récemment été élargie dans le sud de la France.”Ce que la science et les vétérinaires nous disent, ce que les pays étrangers ont appliqué, c’est trois piliers: le dépeuplement (l’abattage, NDLR), la vaccination et la restriction de mouvement”, a de nouveau insisté la ministre lundi. Mais cette méthode est vivement contestée par des éleveurs et des syndicats, comme la Coordination rurale et la Confédération paysanne, et les actions se multiplient dans le pays et en particulier dans le Sud-Ouest.”Le dialogue est ouvert avec la profession. (…) Notre responsabilité collective, (celle des) organisations syndicales, professionnelles, avec les vétérinaires, avec les scientifiques, c’est de dire ensemble, +déterminons comment on lutte au mieux contre cette maladie+”, a ajouté la ministre. “Bien sûr, il y a de l’angoisse parce que chacun s’imagine que le virus est à la porte de leur bâtiment d’élevage. Mais non, la situation est contrôlée aujourd’hui”, a voulu rassurer Annie Genevard, qui se rendra dans la journée à Toulouse pour dialoguer avec des éleveurs et lancer une opération de vaccination du bétail. “Je pense qu’il faut bien que chacun ait conscience que l’ennemi c’est le virus, et que d’abord il doit y avoir le respect des consignes”, a-t-elle répété.Du 29 juin au 13 décembre 2025, 111 foyers de dermatose nodulaire contagieuse ont été détectés en France, selon le ministère de l’Agriculture.

Discriminations à l’embauche: 4.000 CV tests envoyés par le gouvernement

Une campagne de 4.000 CV tests pour lutter contre les discriminations à l’embauche est lancée lundi, a annoncé la ministre déléguée en charge de la Lutte contre les discriminations Aurore Bergé sur franceinfo TV.”Je lance aujourd’hui une campagne massive avec l’envoi de 4.000 CV tests qui répondent à de véritables offres d’emploi, de manière à savoir concrètement s’il y a plus ou moins de difficultés en fonction du secteur d’activité”, a-t-elle détaillé.”Vingt secteurs” d’activité sont ciblés. Le sexe, les noms et prénoms et l’adresse vont être testés afin de “savoir ce que l’on doit combattre et réussir à bien le mesurer”, a-t-elle précisé.La ministre a rappelé “qu’un Français sur trois sur les cinq dernières années a subi une discrimination dans l’emploi: soit au moment de l’embauche, soit au moment de sa carrière, en fonction de de son âge, de son handicap, de son origine, de son nom de famille ou encore de son adresse”.Dans une étude menée avec l’Observatoire international du travail (OIT), la Défenseure des droits a souligné la semaine dernière l’ampleur des discriminations ressenties par les salariés tant à l’embauche qu’au cours de sa carrière. Selon ces travaux, “43% de la population pense qu’aujourd’hui en France, des personnes sont souvent traitées défavorablement ou discriminées lors d’une recherche d’emploi” et “52%” pensent qu’elles le sont “parfois”.La ministre avait indiqué en mai à l’AFP, lors de l’annonce de cette campagne de testing, que l’idée était  que “l’on puisse, si besoin (…) changer la loi sur la question notamment de la sanction à l’encontre des entreprises”.Elle avait également évoqué la création de “mécanismes comparables” à l’index sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.

Espagne: amende de 64 millions d’euros contre Airbnb pour avoir publié des annonces de logements interdits à la location

Le gouvernement espagnol a annoncé lundi avoir infligé une amende de 64 millions d’euros à la plateforme Airbnb pour avoir notamment publié des annonces de logements interdits à la location, une infraction qualifiée de “grave”, en pleine crise du logement dans le pays.En Espagne, les plateformes de location de courte durée suscitent un vif débat, surtout dans les grandes villes touristiques, où de nombreux habitants leur reprochent de contribuer à la flambée des loyers.L’amende qui vise Airbnb et atteint précisément 64.055.311 euros est “définitive”, a précisé dans un communiqué le ministère de la Consommation, ajoutant que la plateforme basée aux Etats-Unis devait désormais “corriger les manquements constatés en supprimant les contenus illégaux”.”Des milliers de familles vivent dans la précarité à cause de la crise du logement, tandis que quelques-uns s’enrichissent grâce à des modèles économiques qui expulsent les gens de chez eux”, a critiqué le ministre de la Consommation, Pablo Bustinduy, cité dans le communiqué.”Aucune entreprise en Espagne, aussi grande ou puissante soit-elle, n’est au-dessus des lois”, a-t-il poursuivi.L’Espagne a accueilli en 2024 un nombre record de 94 millions de visiteurs, ce qui en fait la deuxième destination touristique dans le monde derrière la France. Ce chiffre pourrait être battu cette année.Mais si le tourisme est un moteur de l’économie, de nombreux Espagnols dénoncent la congestion des infrastructures, la disparition des commerces traditionnels, remplacés par des boutiques touristiques, et surtout la flambée des loyers, les propriétaires de logements se tournant vers la location touristique, y compris sur Airbnb, nettement plus rentable.Face à cette poussée de colère, plusieurs régions et municipalités ont annoncé des mesures ces derniers mois, à l’image de la mairie de Barcelone (nord-est), qui a promis de ne pas renouveler les licences de quelque 10.000 appartements touristiques, qui expireront en novembre 2028.