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Mozambique: d’énormes réserves de gaz dans le Nord, théâtre d’une insurrection

Le nord du Mozambique abrite d’énormes réserves de gaz qui font l’objet d’importants projets d’exploitation portés par des multinationales comme le français TotalEnergies, l’Italien ENI ou l’Américain ExxonMobil.Ces projets sont situés dans la province du Cabo Delgado, dans le nord du pays, où sévit une insurrection jihadiste meurtrière depuis 2017.Jeudi, TotalEnergies a annoncé la reprise officielle de son vaste projet, après cinq ans d’interruption consécutive à une attaque jihadiste au bilan très lourd contre la ville de Palma. Il est présenté comme le plus grand investissement privé dans les infrastructures énergétiques en Afrique.- Réserves colossales -Paradoxe, le pays d’Afrique le plus vulnérable au changement climatique – selon le World Risk Index de 2023 – dispose de gigantesques réserves de gaz naturel décelées au début des années 2010 au large de la province de Cabo Delgado (nord), dans le bassin de Rovuma.La Banque africaine de développement évoque des réserves de plus de 5.000 milliards de mètres cubes de gaz. “Suffisamment pour approvisionner la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l’Italie pendant près de 20 ans”, écrivait-elle en 2018.Le début d’une “ruée vers le gaz” mozambicain et de projets de production de gaz naturel liquéfié, qualifiés de “bombes climatiques” par le collectif “Say No to Gas”, rassemblé autour de l’ONG locale Justiça Ambiental.La croissance du Mozambique devrait s’accélérer fortement pour atteindre 10% lorsque le projet Mozambique LNG de Total entrera en production à l’horizon 2029, selon des estimations du FMI en 2024. Un bond spectaculaire pour un pays à la croissance de 2,5% en 2025.Mais les retombées de cet eldorado gazier dépendront du fonds souverain créé par les autorités du Mozambique. Un pays où une partie de la classe politique a déjà été prise dans un scandale de détournement de fonds illégalement empruntés par des entreprises publiques.- Multiples projets de multinationales –TotalEnergies détient une participation de 26,5 % dans le projet Mozambique LNG, et il en est l’opérateur. Le projet devrait entrer en production en 2029, selon le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné jeudi.Le site offshore flottant du groupe italien ENI à Coral Sul, dont le financement d’une réplique plus au nord a été approuvé en 2025, a bien commencé à produire fin 2022, représentant l’équivalent du quart de la capacité de production de celui de TotalEnergies.Enfin, un troisième projet est conduit par la major américaine ExxonMobil, qui a annoncé à son tour en novembre la levée de la force majeure. Le projet, mené en partenariat notamment avec ENI et le Chinois CNPC, devrait recevoir courant 2026 sa décision d’investissement finale et pourrait entrer en production en 2030.Ces projets “pourraient faire du Mozambique un des dix premiers producteurs mondiaux (de gaz, ndlr), contribuant à 20% de la production africaine d’ici 2040”, d’après un rapport du cabinet d’audit Deloitte de 2024.Le projet de TotalEnergies – comme celui d’ExxonMobil – comprend des installations de liquéfaction onshore pour transformer le gaz de l’état gazeux à l’état liquide et ainsi pouvoir le transporter en grande quantité par la mer.- Insurrection jihadiste et justice saisie -Une insurrection jihadiste déchire le nord du Mozambique depuis 2017. Dans son épisode le plus marquant en mars 2021, le groupe local affilié à l’organisation Etat islamique a pillé plusieurs jours durant Palma, la ville voisine du site, et fait de nombreuses victimes.L’ONG Acled, qui collecte des données sur les conflits, a dénombré quelque 800 morts dans l’attaque.Une information judiciaire a été ouverte en France pour homicide involontaire contre TotalEnergies, à la suite de plaintes de survivants et familles de victimes. Ils reprochent au groupe de ne pas avoir assuré leur sécurité, ce que conteste le groupe.Des soldats mozambicains chargés de protéger le site gazier à cette période-là ont aussi été accusés d’exactions mortelles sur des villageois dans des témoignages recueillis par le média Politico. La justice mozambicaine et la commission des droits de l’homme du Mozambique ont ouvert une enquête. Une plainte sur ces faits présumés a aussi été déposée en France par une ONG allemande, sous la qualification de “complicité de crimes de guerre, torture et disparitions forcées”.TotalEnergies a indiqué rejeter “avec force et de façon catégorique l’affirmation de Politico selon laquelle Mozambique LNG ou la Compagnie aurait eu, ou aurait pu avoir, connaissance des actes de violence dénoncés” dans le média.Depuis le début de l’insurrection en 2017, 6.400 morts ont été dénombrés par l’Acled.Face à l’incapacité du groupe paramilitaire russe Wagner à endiguer les insurgés, des soldats rwandais ont été déployés en 2021.

Les plaintes s’accumulent en France dans le dossier des laits infantiles

L’affaire des laits infantiles, déjà à l’origine de deux enquêtes ouvertes en France après la mort de deux nourrissons, connaît jeudi un nouvel épisode judiciaire avec la plainte déposée à Paris par l’association Foodwatch et huit familles qui accusent les industriels et le gouvernement de ne pas avoir agi à temps.A un mois, Adam, nourri au lait Guigoz, s’est retrouvé plusieurs semaines en réanimation, après des crises de diarrhées et vomissements. Amani, cinq mois, a été pris de vomissements et maux de ventre pendant quatre jours, jusqu’à ce qu’il arrête de boire son Babybio. Fièvres répétées et problèmes de digestion ont alerté le personnel de crèche et les parents d’un bébé de quatre mois nourri au Picot 1er âge…”Certains parents ont vraiment cru que leur enfant allait mourir”, a raconté Ingrid Kragl, directrice de l’information de Foodwatch, lors d’une conférence de presse.Huit familles – représentant neuf bébés – se sont jointes à cette plainte de l’association, consultée par l’AFP, et font le lien entre les maux de leurs nourrissons et le lait concerné par des rappels de lots potentiellement contaminés par la toxine céréulide.”Les faits sont particulièrement graves puisque ces laits contaminés à la toxine céréulide sont souvent destinés à des nourrissons de moins de six mois, parfois des prématurés au système immunitaire d’autant plus vulnérable”, a souligné cette association européenne de consommateurs.”Ils ont été vendus dans le monde entier par des multinationales qui ont commercialisé des produits exposant les bébés à un risque pour leur santé. C’est hors la loi”, poursuit-elle.- Soixantaine de pays -Plusieurs industriels, dont les géants Nestlé (Guigoz, Nidal), Danone (Blédilait, Gallia) et Lactalis (Picot), mais aussi de plus petits acteurs comme Vitagermine (Babybio Optima) et la Marque en Moins ont procédé depuis décembre à des rappels de laits infantiles dans plus d’une soixantaine de pays, dont la France.A Angers et Bordeaux, la justice enquête déjà sur les décès de deux nourrissons ayant consommé un lait infantile rappelé par Nestlé pour cause de “possible contamination” par une substance d’origine bactérienne, sans “lien de causalité” établi pour l’heure, selon les autorités.A Paris, où le tribunal est doté d’un pôle “santé publique”, la plainte contre X vise une série de délits, dont la mise en danger et l’atteinte à l’intégrité physique des nourrissons, la tromperie aggravée ou le manquement aux obligations de sécurité.”(Les) fabricants ne pouvaient ignorer les obligations de sécurité sanitaire qui leur incombent. Nous demandons la plus grande fermeté”, a déclaré l’avocat des familles et de l’association, Me François Lafforgue.La toxine mise en cause, la céréulide, est une substance produite par certaines bactéries et “susceptible d’entraîner principalement des troubles digestifs, tels que des vomissements ou des diarrhées”, indiquait jeudi dernier le ministère de la Santé. Sans faire de lien, “à ce stade”, entre la consommation des laits rappelés et les symptômes.- “Opacité” -Au centre des préoccupations se trouve une huile riche en acide arachidonique (ARA), à l’origine de la présence potentielle de céréulide. Le producteur chinois Cabio Biotech, qui détient des parts de marché importantes au niveau mondial sur ce produit, a été mis en cause par plusieurs fabricants de lait infantile ayant procédé à des rappels, même si un lien de causalité n’a pas formellement été établi à ce stade.Foodwatch reproche notamment aux fabricants de lait d’avoir tardé entre les premières alertes émises en décembre et les rappels.”On veut casser ce cycle d’opacité et d’impunité, en le dénonçant haut et fort, et en comptant sur le fait que la justice fasse son travail”, a déclaré la directrice générale de Foodwatch, Karine Jacquemard.L’association estime que les parents n’ont pas été suffisamment informés, souvent trop tard et de façon confuse et met en cause les autorités dans la plainte pour avoir tardé à agir et pour des carences dans les contrôles.Le gouvernement a lui défendu son action en affirmant que les procédures avaient été “très très bien respectées” et que tous les lots concernés ont “été retirés”.Mercredi, le tribunal administratif de Paris avait rejeté le recours déposé par une association de défense de la santé des enfants pour “carence grave de l’Etat dans la gestion du scandale sanitaire des laits infantiles contaminés”.

USA: en difficulté, le groupe pétrochimique Dow annonce la suppression de 4.500 postes

Le groupe pétrochimique américain Dow, en difficulté, va supprimer environ 4.500 postes dans un plan de transformation, tablant notamment sur l’intelligence artificielle et l’automatisation pour améliorer sa productivité, a-t-il annoncé jeudi dans un communiqué.Le groupe, qui dit viser grâce à ce plan 2 milliards de dollars de bénéfice opérationnel supplémentaire, a par ailleurs terminé l’année 2025 dans le rouge, avec une perte nette de 2,6 milliards de dollars, contre un bénéfice net de 1,1 milliard de dollars en 2024.Selon ses projections, environ deux tiers des bénéfices opérés grâce au plan de transformation proviendront d’améliorations de la productivité.La société anticipe des coûts d’environ 1,1 à 1,5 milliard de dollars, comprenant notamment 600 à 800 millions de dollars d’indemnités de départ pour environ 4.500 postes.”Nous nous attendons à ce que ces efforts apportent au moins 2 milliards de dollars de bénéfices supplémentaires à court terme”, a commenté le PDG du groupe, Jim Fitterling, cité dans un communiqué.Très sensible au cycle économique, Dow a été pris en étau entre un mouvement de baisses de prix et une hausse de ses coûts d’approvisionnement, et connait des difficultés depuis des mois.Le groupe — qui emploie 36.000 personnes dans le monde — avait annoncé en avril des mesures d’économies pour s’ajuster à une conjoncture défavorable, notamment en repoussant un projet colossal d’usine au Canada, à Fort Saskatchewan, en banlieue d’Edmonton.En juillet, il avait en outre annoncé la fermeture de trois sites européens, deux en Allemagne et un au Royaume-Uni, avec 800 suppressions de postes, évoquant un environnement complexe dans la région.Sur l’ensemble de 2025, Dow a réalisé environ 40 milliards de dollars de chiffre d’affaires, contre près de 43 milliards de dollars un an auparavant, a-t-il dit jeudi. S’il est parvenu à sortir du rouge au troisième trimestre, le quatrième trimestre a été pénalisé par le recul des ventes mais aussi des prix, toutes ses unités étant en berne.Sur cette période, le chiffre d’affaires du groupe a ainsi plongé de 9% à 9,5 milliards de dollars, avec des prix en repli de 8%.

Les polluants éternels vont coûter très cher à l’Europe

Coûts pour la santé, dépollution des sols et de l’eau… Les polluants éternels (PFAS), ces substances chimiques persistantes omniprésentes dans notre quotidien, pourraient coûter à l’Union européenne jusqu’à 1.700 milliards d’euros d’ici à 2050, selon un rapport publié jeudi.”Cette étude souligne l’urgence d’agir”, a réagi la commissaire européenne Jessika Roswall, en charge de l’environnement. “Les consommateurs sont inquiets, et à juste titre”.Commandé par la Commission européenne, ce rapport établit quatre scénarios selon l’ampleur des mesures décidées par Bruxelles contre les PFAS, avec des coûts pouvant aller de 330 milliards d’euros jusqu’à 1.700 milliards d’ici 2050.Le scénario le plus coûteux comprend une large dépollution des sols et le traitement des eaux usées pour garantir que l’Union européenne respecte des normes environnementales élevées dans l’eau, pour une vingtaine de PFAS.Le scénario à 330 milliards d’euros correspond quant à lui à l’arrêt total de la production et de l’utilisation des PFAS, mais sans traitement supplémentaire de l’eau potable ni traitement spécifique des eaux usées.L’étude table enfin sur un coût de 440 milliards d’euros si l’Union européenne ne fait rien de plus qu’aujourd’hui. Ce seraient cette fois les coûts pour la santé qui s’envoleraient, en particulier pour les populations à risque: enfants, personnes installées à proximité de sites contaminés par ces “polluants éternels” et travailleurs exposés dans l’industrie.Les auteurs de l’étude reconnaissent au passage qu’ils ont probablement largement sous-estimé les coûts sanitaires, en limitant l’analyse à quatre PFAS seulement (PFOA, PFOS, PFHxS et PFNA).Cosmétiques, ustensiles de cuisine, emballages… Les PFAS sont partout, utilisés pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes ou leur résistance à la chaleur.Ces substances chimiques per- et polyfluoroalkylées mettent énormément de temps à se décomposer, d’où leurs surnoms de “polluants éternels”. Elles peuvent avoir des effets délétères sur la santé, avec l’augmentation du taux de cholestérol et de cancers, des effets sur la fertilité et le développement des fœtus…- Pas de loi avant fin 2026 -Réalisé par des cabinets de consultants, le rapport publié jeudi doit aider l’Union européenne à préparer une future loi sur les PFAS.Des boîtes de pizzas aux vêtements, la Commission européenne voudrait interdire les polluants éternels dans les produits de consommation courante, avec des exceptions pour des secteurs stratégiques, dans le domaine médical par exemple.Mais sa proposition de loi n’est pas attendue avant fin 2026 au plus tôt, avec de nombreuses incertitudes quant aux dérogations dont pourraient bénéficier certaines industries.Pour légiférer, Bruxelles a besoin au préalable de deux avis décisifs de l’Agence européenne des produits chimiques (l’ECHA), en mars sur l’évaluation des risques des PFAS et fin 2026 sur l’impact socio-économique d’une interdiction dans l’UE.Les organisations environnementales reprochent à l’UE de tarder à légiférer, sous la pression des lobbies industriels.La commissaire européenne Jessika Roswall reconnaît quant à elle des “discussions difficiles” pour les produits qui ne sont pas destinés directement aux consommateurs.Dans l’attente de la future loi, l’Union européenne a déjà agi contre certains PFAS de façon sectorielle.Dans l’eau potable, une directive impose depuis janvier un seuil maximum de 0,1 microgramme par litre pour la concentration additionnée de 20 PFAS (dont PFOA, PFOS, PFHxS) considérés comme “préoccupants pour les eaux destinées à la consommation humaine”.Les eurodéputés ont aussi légiféré sur les emballages alimentaires avec des concentrations maximales de PFAS à partir du mois d’août, ou sur les jouets, dans lesquels polluants éternels et perturbateurs endocriniens seront interdits à l’horizon 2030.La France a de son côté pris les devants pour les produits du quotidien. Depuis le 1er janvier, une loi interdit l’usage de certains PFAS dans les vêtements, chaussures, cosmétiques et farts pour les skis, avec quelques dérogations.

Les polluants éternels pourraient coûter à l’UE jusqu’à 1.700 milliards d’euros d’ici à 2050

Les polluants éternels (PFAS), ces substances chimiques persistantes omniprésentes dans notre quotidien, pourraient coûter jusqu’à 1.700 milliards d’euros à l’Union européenne d’ici à 2050, selon un rapport commandé par la Commission européenne et publié jeudi.Cette étude évalue notamment les impacts des PFAS sur la santé humaine et les coûts associés à la dépollution des sols et de l’eau, avec quatre scénarios.Selon l’ampleur des mesures décidées par l’UE, les polluants éternels pourraient lui coûter de 330 milliards d’euros à 1.700 milliards d’ici à 2050.Le scénario le plus coûteux comprend une  vaste dépollution des sols et le traitement des eaux usées afin de garantir le respect des normes environnementales élevées dans l’eau, pour une vingtaine de PFAS.Le scénario à 330 milliards d’euros correspond, quant à lui, à l’arrêt total de la production et de l’utilisation des PFAS, mais sans traitement supplémentaire de l’eau potable ni traitement spécifique des eaux usées.Des boîtes de pizzas aux vêtements, la Commission européenne souhaite interdire les PFAS dans les produits de consommation courante, tout en prévoyant des exceptions pour les secteurs stratégiques. Mais sa proposition de loi n’est pas attendue avant fin 2026 au plus tôt, dans un contexte marqué par de nombreuses incertitudes quant aux dérogations dont pourraient bénéficier certaines industries.Pour légiférer, Bruxelles doit au préalable s’appuyer sur deux avis décisifs de l’Agence européenne des produits chimiques (l’ECHA) :   l’un attendu en mars sur l’évaluation des risques des PFAS, l’autre prévu fin 2026 sur l’impact socio-économique d’une interdiction dans l’UE.Cosmétiques, ustensiles de cuisine, emballages… Les PFAS sont partout, utilisés pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes ou leur résistance à la chaleur.Ces substances chimiques per- et polyfluoroalkylées mettent extrêmement longtemps à se décomposer, d’où leurs surnoms de “polluants éternels”. Elles peuvent, par ailleurs, avoir des effets néfastes sur la santé, notamment une augmentation du taux de cholestérol et des risques de cancers ainsi que des effets sur la fertilité et le développement des fœtus.

Pharmacie: investissement massif du britannique AstraZeneca en Chine en marge de la visite de Starmer

Le géant pharmaceutique britannique AstraZeneca a annoncé jeudi investir 15 milliards de dollars en Chine d’ici 2030 pour y doper “la fabrication de médicaments ainsi que la recherche et le développement”, en marge d’une visite du Premier ministre britannique Keir Starmer dans le pays.Si AstraZeneca a massivement investi ces derniers mois aux Etats-Unis sous la pression de Donald Trump, la Chine “est devenue un contributeur essentiel à l’innovation scientifique, à la manufacture de pointe et à la santé publique mondiale”, affirme le directeur général du laboratoire Pascal Soriot dans un communiqué.Le dirigeant est un membre clé de la délégation de patrons qui accompagne le Premier ministre britannique en Chine.M. Soriot, qui affirme régulièrement que l’industrie pharmaceutique est en déclin en Europe faute de soutien suffisant des pouvoirs publics, avait annoncé l’été dernier un investissement de 50 milliards de dollars d’ici 2030 aux États-Unis, face notamment à la menace de droits de douane de Donald Trump sur le secteur.Mais le groupe est aussi très focalisé sur la Chine, où il avait déjà annoncé en mars de l’an dernier un investissement de 2,5 milliards de dollars, malgré le fait que son ancien patron localement, Leon Wang, visé par des enquêtes de Pékin pour fraude et importations illégales, est aux dernières nouvelles toujours en détention.Avec son nouvel investissement dans le pays, AstraZeneca dit vouloir renforcer ses capacités en matière de thérapie cellulaire et de radioconjugués (une nouvelle forme de traitement contre le cancer à base d’isotopes radioactifs).”Ce sera notre plus gros investissement en Chine à ce jour”, a précisé M. Soriot, selon des propos tenus en Chine et rapportés à l’AFP par un porte-parole du groupe.”L’expansion et le leadership d’AstraZeneca en Chine aideront le fabricant britannique à poursuivre sa croissance, soutenant ainsi des milliers d’emplois au Royaume-Uni”, a de son côté fait valoir Keir Starmer, cité dans le communiqué de l’entreprise.AstraZeneca avait dégagé au troisième trimestre un bénéfice net en hausse de 77%, à 2,53 milliards de dollars, dopé notamment par ses produits contre le cancer. Il publiera ses résultats annuels pour 2025 le 10 février.Son objectif est de générer un chiffre d’affaires annuel de 80 milliards de dollars d’ici 2030.

Iran: le baril de pétrole Brent au-dessus de 70 dollars, une première depuis septembre

Le baril de pétrole Brent a franchi jeudi la barre des 70 dollars pour la première fois depuis septembre, porté par les menaces de Donald Trump d’une intervention en Iran, susceptible de perturber la production du pays et l’approvisionnement mondial.”Cette évolution des prix est une fois de plus due à l’escalade des menaces du président Trump contre l’Iran”, indiquent les analystes de DNB.Le président américain a pressé mercredi Téhéran de conclure un accord sur le nucléaire, affirmant que “le temps était compté” avant une attaque américaine, après avoir déjà laissé la plané la menace d’une intervention ces dernières semaines, en réaction à la répression sanglante du mouvement de contestation dans le pays.L’Iran, “le doigt sur la gâchette”, est prêt à répondre à toute attaque américaine, a répliqué le chef de la diplomatie iranienne.Or, non seulement le pays fait partie des dix principaux producteurs d’or noir, mais il est aussi riverain du détroit d’Ormuz par lequel transite environ 20% de la production mondiale de brut.Après avoir franchi les 70 dollars pour la première fois depuis quatre mois, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mars, gagnait 2,25% à 69,94 dollars vers 10H00 GMT (11H00 à Paris). Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, montait de 2,33% à 64,68 dollars, lui aussi à des niveaux inédits depuis septembre.En plus du risque en Iran, les cours sont gonflés par “les perturbations au Kazakhstan”, sur le champ de Tenigz, qui “ont retiré un nombre significatif de barils du marché”, et celles, temporaires, sur la production américaine de brut à cause du “froid aux États-Unis”, précise Giovanni Staunovo, d’UBS, interrogé par l’AFP.L’analyste souligne également que la faiblesse actuelle du dollar dope le marché, car elle permet “aux pays consommateurs des marchés émergents (de) bénéficier de prix plus bas”.

L’affaire des laits infantiles prend un tour judiciaire avec une plainte de Foodwatch

L’affaire des rappels de laits infantiles potentiellement contaminés par la toxine céréulide prend un tour judiciaire avec une plainte à Paris de l’association Foodwatch et de huit familles qui accusent les industriels et le gouvernement de ne pas avoir agi à temps.A un mois, Adam, nourri au lait Guigoz, s’est retrouvé plusieurs semaines en réanimation, après des crises de diarrhées et vomissements. Amani, cinq mois, a connu son lot de vomissements et maux de ventre pendant quatre jours, jusqu’à ce qu’il arrête de boire son Babybio. Fièvres répétées et problèmes de digestion ont alerté le personnel de crèche et les parents d’un bébé de quatre mois nourri au Picot 1er âge…Huit familles, qui font le lien entre les maux de leurs bébés et du lait concerné par des rappels se sont jointes à cette plainte de l’association européenne de consommateurs, que l’AFP a pu consulter.”Les faits sont particulièrement graves puisque ces laits contaminés à la toxine céréulide sont souvent destinés à des nourrissons de moins de six mois, parfois des prématurés au système immunitaire d’autant plus vulnérable”, a souligné l’association.”Ils ont été vendus dans le monde entier par des multinationales qui ont commercialisé des produits exposant les bébés à un risque pour leur santé. C’est hors la loi, et Foodwatch est déterminée à réclamer justice et transparence dans cette affaire”, poursuit-elle.- Soixantaine de pays -La plainte contre X vise une série de délits, dont la mise en danger et l’atteinte à l’intégrité physique des nourrissons, la tromperie aggravée ou le manquement aux obligations de sécurité.”(Les) fabricants ne pouvaient ignorer les obligations de sécurité sanitaire qui leur incombent. Nous demandons la plus grande fermeté dans cette affaire qui concerne la santé de nourrissons”, a déclaré l’avocat des familles et de l’association, Me François Lafforgue.Plusieurs industriels, dont les géants Nestlé (Guigoz, Nidal), Danone (Blédilait, Gallia) et Lactalis (Picot), mais aussi de plus petits acteurs comme Vitagermine (Babybio Optima), ont procédé depuis décembre à des rappels de laits infantiles dans plus d’une soixantaine de pays, dont la France, en raison d’un risque de contamination à la céréulide.Cette substance, produite par certaines bactéries, est “susceptible d’entraîner principalement des troubles digestifs, tels que des vomissements ou des diarrhées”, selon le ministère de la Santé.”À ce stade, il n’a pas été mis en évidence de lien de causalité entre la consommation des laits infantiles concernés et la survenue de symptômes chez des nourrissons”, ajoutait-il jeudi dernier.Au centre des préoccupations se trouve une huile riche en acide arachidonique (ARA), à l’origine de la présence potentielle de céréulide, fabriquée par le producteur chinois Cabio Biotech.Foodwatch reproche notamment aux fabricants de lait d’avoir tardé entre les premières alertes émises en décembre et les rappels, certains discrets puis plus massifs jusqu’en janvier. L’association estime que les parents n’ont pas été suffisamment informés, souvent trop tard et de façon confuse.- Risques pour les bébés -Foodwatch estime que les producteurs ne pouvaient pas ignorer les risques pour les bébés de laisser leurs laits en vente, en France et dans plus d’une dizaine de pays européens, ainsi qu’en Australie, Russie, au Qatar ou en Egypte, dans le cas de Nestlé.Deux enquêtes pénales distinctes ont déjà été ouvertes à Angers et Bordeaux après les décès de deux nourrissons ayant consommé un lait infantile rappelé par Nestlé pour cause de “possible contamination” par une substance d’origine bactérienne, sans “lien de causalité” établi pour l’heure, selon les autorités.Ces dernières sont mises en cause dans la plainte pour avoir tardé à agir et pour des carences dans les contrôles.Mercredi, la ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire Annie Genevard avait défendu son action devant les parlementaires, affirmant que les procédures avaient été “très très bien respectées”.Une fois que l’origine de la contamination a été “trouvée”, “l’alerte a été faite sur l’ensemble des industriels”, qui ont effectué des rappels au fil des analyses, a assuré la ministre.L’autorité sanitaire européenne (Efsa) a annoncé mercredi avoir été saisie par la Commission européenne pour établir une norme sur la céréulide dans les produits pour enfants. Elle rendra son avis le 2 février.

PFAS: le délicat chantier de la protection des travailleurs

Beaucoup reste à faire pour prévenir les risques liés à l’exposition aux PFAS dans les entreprises françaises, faute d’informations suffisantes sur la présence de ces molécules dans les produits qu’elles utilisent, met en lumière une enquête publiée jeudi par l’INRS, organisme de référence de la santé au travail.Dans les cosmétiques, ustensiles de cuisine ou emballages, ces substances chimiques per- et polyfluoroalkylées, qui inquiètent pour leurs effets sur la santé, sont partout, utilisées pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes ou leur résistance à la chaleur.”L’exposition professionnelle à ces substances est encore méconnue”, souligne l’INRS. Or, en milieu professionnel, la fréquence et le niveau des expositions aux PFAS sont potentiellement plus élevées que dans la population générale.L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) a mené cette enquête pendant deux ans, à l’aide d’un questionnaire en ligne adressé à des centaines d’entreprises, parmi lesquelles des producteurs de PFAS, des fabricants de produits contenant des PFAS ainsi que la filière de traitement des déchets.L’INRS a d’abord ciblé les secteurs d’activité utilisant les PFAS: chimie, textile, papier et carton, automobile, fabricants de matériel électronique et électrique, pharmacie, plasturgie. En dépit de ce ciblage, sur près de 900 entreprises ayant répondu à l’enquête, plus de la moitié (51%) se déclarent “non concernées” par les PFAS, 32% se disent “concernées” et 17% “ne savent pas”.Nombre d’entreprises “éprouvent des difficultés à identifier le fait qu’elles utilisent des PFAS ou des produits qui en contiennent, ou qu’elles traitent des déchets qui en contiennent”, explique à l’AFP Myriam Ricaud, responsable du pôle risques chimiques à l’INRS.En cause, la fiche de données de sécurité, ou “FDS”, que doit donner le fournisseur à l’utilisateur, qui comporte les informations sur les dangers de la substance et les précautions à prendre pour les manipuler.”Bien souvent (…) n’est pas mentionné le fait que la substance est un PFAS ou que le mélange contient des PFAS”, précise Mme Ricaud. Idem pour les entreprises de traitement des déchets.Si le taux de répondants par rapport aux milliers de questionnaires adressés empêche d’extrapoler les résultats à l’ensemble des établissements ciblés, cette étude “apporte des données utiles” pour identifier les expositions aux PFAS, selon l’INRS.- Les contrôles dans l’air peu répandus -“Les résultats du questionnaire montrent que, s’il y a bien une démarche d’évaluation du risque chimique en œuvre chez les répondants, dans la majorité des cas (92%), elle n’est pas spécifique aux PFAS”, note l’INRS.Et pour cause, sur les milliers de substances PFAS, quatre seulement sont soumises à des valeurs limites d’exposition professionnelle: trois aux Etats-Unis (APFO, PFBE et PFIB) et une en Allemagne (PFOS), relève l’enquête.Pour prévenir l’exposition, “la priorité, c’est la substitution”, que mettent en place les entreprises, selon Mme Ricaud, qui appelle toutefois à “être vigilant pour ne pas substituer le PFAS par un produit qui a une toxicité similaire”.Si cela n’est pas possible, l’INRS préconise de limiter l’exposition des opérateurs en aspirant ces polluants, en filtrant l’air des lieux de travail, par exemple, et, en dernier recours, en utilisant des équipements de protection individuels.La diversité de la famille des PFAS complique l’évaluation de leurs effets sur la santé, mais “de nombreux PFAS sont (…) susceptibles d’induire des effets immunotoxiques, hépatiques, métaboliques et certains d’entre eux peuvent favoriser la survenue de cancers”, signale l’INRS.Or, “seulement 4% des répondants déclarent avoir déjà réalisé des prélèvements atmosphériques de PFAS”, 10% prévoyant de le faire dans le futur, “soit dans le cadre d’une démarche volontaire, soit en cas de changements réglementaires”, indique l’INRS.En ce qui concerne les prélèvements biologiques (urine, sang), “4% des répondants ont déjà réalisé des dosages de PFAS et 6% prévoient de le faire dans le futur, en particulier dans le cadre de la mise en place d’une surveillance biologique des salariés”, selon l’enquête.”Il y a très peu de méthodes qui ont été développées et validées pour prélever et analyser ces substances chimiques dans l’air”, ainsi que dans le sang et l’urine des personnes exposées, relève Mme Ricaud, selon laquelle la suite des travaux de l’INRS consistera à combler ce manque et permettre d'”estimer l’exposition des salariés”.Elle table sur de premiers résultats d’ici trois ans. 

Réforme infirmière: Rist publiera les décrets manquants “au premier semestre”

Après une loi en juin et un décret fin décembre qui ont redéfini le métier d’infirmière, le gouvernement publiera “au premier semestre” le reste des textes réglementaires, et les infirmières participeront “dès mars” au dépistage du cancer colorectal, s’est engagée jeudi la ministre de la Santé.Adoptée le 27 juin, la réforme du métier d’infirmière leur offre un rôle élargi et beaucoup plus central dans le système de soins. Jusqu’ici rémunérées à partir d’une liste d’actes vieille de 20 ans, qu’elles ne pouvaient réaliser que sur prescription préalable d’un médecin, les infirmières pourront désormais prendre en charge “directement” les patients dans leur domaine de compétences.Un “décret socle”, publié le 24 décembre, a réorganisé le métier en dix “missions essentielles”. Il a notamment créé la “consultation infirmière” et leur a donné le droit de prescrire “des produits de santé et examens complémentaires” dont la liste doit encore être précisée.”Les textes relatifs aux soins et aux prescriptions infirmières font actuellement l’objet de concertations approfondies” avec les syndicats, l’Ordre et des associations. Ils “seront finalisés dans les prochaines semaines pour une publication avant la fin du premier semestre”, annonce le ministère de la Santé dans un communiqué.”Demain, quand vous aurez une plaie, qu’elle soit aiguë – vous venez de vous faire une blessure – ou chronique, vous pourrez aller chez l’infirmière qui s’en occupera, qui pourra prescrire ce qu’il y a besoin (…) Ça, c’est une avancée, ça va permettre d’améliorer l’accès aux soins en libérant du temps de médecin”, a expliqué la ministre Stéphanie Rist sur Ici Champagne-Ardenne.En matière de prévention, “elles pourront avoir un rôle plus important dans la lutte contre le tabac, ou délivrer des kits pour le cancer colorectal”, a-t-elle précisé. Et comme la campagne contre le cancer colorectal – “Mars bleu” – est en mars, le gouvernement entend publier ce texte d’application d’ici là, a-t-elle ajouté.Pour ce dépistage, les infirmières recevront “une valorisation financière équivalente aux autres professions”, précise le ministère.Plus largement la revalorisation financière, pour les nouvelles missions et notamment la consultation infirmière, doit être déterminée lors de négociations conventionnelles “en cours” avec les syndicats représentatifs.La réforme “s’accompagne d’une refonte de la formation” infirmière, “dont les textes seront publiés en février 2026”, précise le ministère. Elle vise “une formation plus moderne, mieux adaptée aux évolutions du métier” et qui permettrait de réduire le taux d’abandon” important.