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Le grand magasin Saks, temple du luxe à New York, se place en faillite

Plombé par une lourde dette, le groupe américain Saks Global, propriétaire des grands magasins de luxe Saks Fifth Avenue, Neiman Marcus et Bergdorf Goodman, a annoncé mercredi s’être placé sous la protection de la loi sur les faillites.  L’entreprise qui ne payait plus certains de ses fournisseurs (de grandes marques) depuis plusieurs mois, a annoncé dans un communiqué se placer volontairement sous la protection de la loi sur les faillites (Chapitre 11) auprès d’un tribunal du Texas.Saks s’est engagé à “honorer tous les programmes destinés aux clients, à effectuer les paiements futurs aux fournisseurs et à maintenir le versement des salaires et des avantages sociaux aux employés”. Ses magasins restent ouverts.Le groupe a indiqué avoir sécurisé un financement d’environ 1,75 milliard de dollars auprès de ses créanciers.Sous réserve d’approbation judiciaire, ce plan de financement “fournira les liquidités nécessaires au financement des opérations et des initiatives de redressement de Saks Global”, assure le communiqué.- Nouvelle direction -Simultanément, l’entreprise a annoncé un changement de direction.Geoffroy van Raemdonck, ancien directeur général de Neiman Marcus, va devenir PDG de Saks Global. Il succède à Richard Baker, directeur général et président exécutif sortant, qui a démissionné mardi.M. Baker avait orchestré en 2024 l’acquisition par Saks du groupe Neiman Marcus, propriétaire de Bergdorf Goodman, pour 2,7 milliards de dollars.”Je suis impatient d’assumer le rôle de PDG et de poursuivre la transformation de l’entreprise afin que Saks Global continue de jouer un rôle central dans l’avenir du commerce de détail de luxe”, a dit M. Van Raemdonck, cité par le communiqué du groupe.L’annonce de la mise en faillite était attendue par les analystes.”Ils vont déposer le bilan. Il n’y a plus d’argent. Il faut une supervision par un tribunal”, avait déclaré mardi à l’AFP Tim Hynes, responsable de recherche crédit pour Debtwire, spécialiste de la situation financière des entreprises.Selon lui, Saks Global s’est beaucoup endetté pour racheter le groupe Neiman Marcus (NMG) en 2024 et sa dette atteint désormais quelque cinq milliards de dollars pour un chiffre d’affaires annuel inférieur à 6 milliards.- Espoirs douchés -Le groupe basé à New York, qui compte environ 70 magasins (hors réseaux de déstockage) en Amérique du Nord, n’est pas coté et ne publie pas de résultats.Pris à la gorge dans un contexte économique difficile aggravé par les récents droits de douane et comptant se refaire une santé avec les fêtes de fin d’année, il a opéré en août 2025 une restructuration partielle de sa dette et récupéré 600 millions de dollars d’argent frais.Mais ses espoirs ont été douchés.Le consommateur américain, qui dépense tout en restant très attentif aux prix, n’a pas été au rendez-vous dans les rayons de l’étendard du groupe, Saks Fifth Avenue, qui avait pourtant renoué avec la tradition en déployant des éclairages festifs sur toute sa façade, après un arrêt fin 2024 qui avait été décrié.Résultat: le groupe n’a pas honoré une échéance de 100 millions de dollars le 30 décembre. Un différé de trente jours maximum s’est enclenché.D’après l’agence de notation Standard and Poor’s et plusieurs experts, de nombreuses marques refusent toute nouvelle commande de vêtements, accessoires, bijoux, etc., tant que les arriérés n’auront pas été payés. D’autres refusent de livrer par crainte de ne pas être payées.A parcourir cette semaine les étages de Saks sur la célèbre Cinquième Avenue, artère commerçante de New York bordée de boutiques prestigieuses, l’AFP a constaté des portants semblant peu achalandés, certains proposant de chaudes tenues d’hiver associées à des vêtements printaniers. Comme si des collections disparates avaient été assemblées de bric et de broc pour éviter des rayons vides.

Stérin dans le viseur: les sénateurs PS vont enquêter sur les financements privés en politique

Les sénateurs socialistes ont annoncé mercredi le lancement d’une commission d’enquête sur l’influence et les mécanismes de financement des fondations privées en politique, assumant de viser notamment la galaxie du milliardaire conservateur Pierre-Edouard Stérin.”La question de la transparence des financements et des soutiens est un enjeu démocratique”, a détaillé lors d’une conférence de presse la sénatrice PS de Paris Colombe Brossel, à l’initiative de cette commission d’enquête parlementaire.Cette commission, aux pouvoirs d’enquête et d’audition élargis, devrait commencer ses travaux fin janvier ou début février. Elle aura ensuite six mois pour mener ses auditions avant la remise d’un rapport, qui pourrait aussi ouvrir la voie à des modifications législatives.L’objectif des sénateurs socialistes est d’ériger “une forme de rempart démocratique contre des attaques extrêmement organisées, coordonnées, structurées, financées dans des champs politiques loin d’être anecdotiques”, a avancé Colombe Brossel.Elle a visé sans détour l’homme d’affaires conservateur Pierre-Edouard Stérin, initiateur du projet “para-politique” baptisé Périclès, visant notamment à “faire se lever une élite” avec “toutes les forces de droite”.Mais le périmètre de la commission d’enquête est bien plus large car le PS entend “se laisser toutes les portes ouvertes” travailler “sur tous les autres modes de financement”, sans exclure par exemple la régulation des médias traditionnels et l’empire médiatique du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.Au printemps, Pierre-Edouard Stérin avait refusé par deux fois de répondre à la convocation d’une commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’organisation des élections en France. Il a été entendu mi-novembre par la police judiciaire dans le cadre d’une enquête ouverte après ce double refus.Le Sénat a multiplié ces dernières années les commissions d’enquête au retentissement non-négligeable dans la sphère publique, de l’affaire Benalla au Fonds Marianne, en passant par l’influence croissante des cabinets de conseil dans les politiques publiques. Ou, plus récemment, sur le respect des obligations climatiques de TotalEnergies, le coût des aides publiques aux entreprises, celui des agences de l’Etat ou encore le scandale des eaux minérales en bouteille.

Les tracteurs de la FNSEA quittent Paris, les mobilisations continuent en France

Après avoir passé une bonne partie de la nuit devant l’Assemblée nationale, tous les tracteurs de l’alliance FNSEA-Jeunes agriculteurs se sont retirés de la capitale mercredi, mais les agriculteurs restent mobilisés en France, avec de nouvelles actions notamment à Toulouse.Malgré l’annonce de nouvelles mesures en faveur des agriculteurs mardi par le Premier ministre Sébastien Lecornu, les manifestants et leurs plus de 350 tracteurs venus à Paris mardi à l’aube réclamaient encore dans la soirée des engagements sur des sujets de trésorerie.”Une délégation a été reçue vers minuit par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard qui nous a donné des précisions et des engagements sur les prêts de trésorerie et de restructuration pour les agriculteurs les plus endettés”, a confié à l’AFP le vice-président de la FNSEA Luc Smessaert, avant de repartir dans l’Oise.Les premiers tracteurs ont commencé à quitter la capitale vers 04H00, a-t-il précisé. “À 06H20, l’ensemble des engins agricoles avaient quitté Paris”, selon la préfecture de police.- “Fièvre toujours là” -Mais ailleurs la colère continue à s’exprimer, notamment du côté de Toulouse.Mercredi matin, une dizaine de tracteurs de la Coordination rurale du Gers filtraient la circulation sur un rond-point menant à l’aéroport Toulouse-Blagnac. Un autre groupe a bloqué l’A64 en déversant des pneus et de la paille, à proximité du périphérique, interrompant la circulation sur cet axe très emprunté.Dans le Var, un convoi d’une vingtaine de tracteurs tenait un barrage filtrant sur l’A50, formant quelques kilomètres d’embouteillage.”La fièvre est toujours là, même si les annonces du Premier ministre étaient pour un certain nombre d’entre elles, attendues. Le sujet de fond, c’est le constat pour nombre d’agriculteurs qu’aujourd’hui, la situation économique dans leur exploitation ne leur permet pas d’envisager l’avenir”, a dit le président de la FNSEA Arnaud Rousseau mercredi matin sur RTL.Le gouvernement a annoncé mardi une “loi d’urgence agricole” portant sur “plusieurs priorités: eau, prédation (les attaques de loups, NDLR), moyens de production”. Ce projet de loi “sera inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres au mois de mars et sera ensuite examiné par le Parlement avant l’été”, a assuré le Premier ministre.Des annonces dans un premier temps saluées comme des “avancées” par les organisateurs de la manifestation parisienne, avant que beaucoup, parmi la base, n’expriment leur volonté de rester pour poursuivre les négociations et maintenir le rapport de force. Mardi, Sébastien Lecornu a également affirmé qu’un “cap clair” sur la politique de l’eau serait “fixé d’ici le salon” de l’Agriculture qui se tiendra du 21 février au 1er mars, et demandé, avant la présentation du projet de loi, un “moratoire sur toutes les décisions relatives” à cette question et la suspension des “textes fixant les volumes d’eau prélevables (…) jusqu’à septembre”. Le chef du gouvernement a enfin évoqué des réunions pour étudier “les possibilités de dérogation” à la directive européenne sur les nitrates, qui encadre notamment les épandages d’engrais par les agriculteurs. Cela s’ajoute à un paquet de “300 millions d’euros” annoncé vendredi et qui contient des mesures prévues à la fois dans le budget, et donc soumises au vote des parlementaires, et d’autres déjà égrenées ces dernières semaines par le gouvernement pour répondre à la crise agricole.- “Différence de traitement” -Les annonces de mardi répondaient quasiment point par point à des demandes de la FNSEA et des JA, alliance qui domine le syndicalisme agricole. Depuis début décembre, les manifestations d’agriculteurs se multiplient et les annonces du gouvernement vendredi, après des défilés de tracteurs de la Coordination rurale puis de la Confédération paysanne dans la capitale, n’ont pas suffi à calmer la colère.La Coordination rurale a dénoncé mardi sur X “la différence de traitement du gouvernement face à nos mobilisations”, en référence aux interdictions auxquelles le deuxième syndicat a fait face en amenant ses tracteurs jeudi à Paris.La Confédération paysanne a elle dénoncé dans un communiqué les demandes de la FNSEA sur l’eau qui ne “répondent pas à la colère”.bur-mca-alh-mlv-cho/sb/gvy

Les tracteurs de la FNSEA quittent l’Assemblée, après 24 heures de mobilisation à Paris

Après une bonne partie de la nuit passée devant l’Assemblée nationale, tous les tracteurs de la FNSEA se sont retirés progressivement de la capitale mercredi avant le lever du jour, une fois des engagements obtenus sur les sujets de trésorerie.”Une délégation a été reçue vers minuit par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard qui nous a donné des précisions et des engagements sur les prêts de trésorerie et de restructuration pour les agriculteurs les plus endettés”, a confié à l’AFP le vice-président de la FNSEA Luc Smessaert, avant de repartir dans l’Oise.Les premiers tracteurs ont commencé à quitter la capitale vers 4H00, a-t-il précisé. “À 6H20, l’ensemble des engins agricoles avaient quitté Paris”, selon la préfecture de police.  Obtenir des avancées sur le sujet de la trésorerie avait été mentionné mardi soir par Damien Greffin, autre vice-président de la FNSEA, au moment de justifier la poursuite de la mobilisation “pour la nuit” devant l’Assemblée nationale.Par ailleurs, à Toulouse, une quinzaine de tracteurs ont pris position mardi soir près de la préfecture, avant de quitter les lieux, sous la pression de la police puis d’établir un barrage filtrant devant l’aéroport de Toulouse-Blagnac mercredi matin.Plus tôt mardi, le Premier ministre avait annoncé une “loi d’urgence agricole” pour tenter de calmer la colère des agriculteurs. Le texte promis par Sébastien Lecornu doit porter sur “plusieurs priorités: eau, prédation, moyens de production”. Il “sera inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres au mois de mars et sera ensuite examiné par le Parlement avant l’été”, a assuré le Premier ministre.Des annonces dans un premier temps en partie saluées par Damien Greffin, avant que beaucoup, parmi la base des délégations agricoles, n’expriment leur volonté de rester pour poursuivre les négociations et maintenir le rapport de force. Mardi, Sébastien Lecornu a également affirmé qu’un “cap clair” sur la politique de l’eau serait par ailleurs “fixé d’ici le salon” de l’agriculture qui se tiendra du 21 février au 1er mars, et demandé, avant la présentation du projet de loi, un “moratoire sur toutes les décisions relatives” à cette question et la suspension des “textes fixant les volumes d’eau prélevables (…) jusqu’à septembre”. Le chef du gouvernement a enfin évoqué des réunions pour étudier “les possibilités de dérogation” à la directive européenne sur les nitrates, qui encadre notamment les épandages d’engrais par les agriculteurs. – Pommes de terre déversées -Cela s’ajoute à un paquet de “300 millions d’euros” annoncé vendredi et qui contient des mesures prévues à la fois dans le budget, et donc soumises au vote des parlementaires, et d’autres déjà égrenées ces dernières semaines par le gouvernement pour répondre à la crise agricole.Les annonces de mardi répondaient quasiment point par point à des demandes de la FNSEA et des JA, alliance qui domine le syndicalisme agricole et dont les sections locales du grand bassin parisien.Entrés à l’aube dans Paris mardi, les tracteurs ont descendu les Champs-Elysées avant de s’établir devant l’Assemblée nationale, avec duvets et matelas. Mardi, plus de 350 tracteurs selon les autorités, 500 selon les manifestants, ont stationné aux abords de l’Assemblée nationale, et les agriculteurs présents ont aussi déversé plusieurs tonnes de pommes de terre sur le pont de la Concorde, en cadeau aux Parisiens.Depuis début décembre, les manifestations d’agriculteurs se multiplient et les annonces du gouvernement vendredi après des défilés de tracteurs de la Coordination rurale puis de la Confédération paysanne dans la capitale n’ont pas suffi à calmer la colère.La Coordination rurale a dénoncé mardi sur X “la différence de traitement du gouvernement face à nos mobilisations”, en référence aux interdictions auxquelles le deuxième syndicat a fait face en amenant ses tracteurs jeudi à Paris.La Confédération paysanne, qui a aussi emmené des tracteurs à Paris vendredi, a dénoncé dans un communiqué les demandes de la FNSEA sur l’eau qui ne “répondent pas à la colère”.bur-mca-alh-mlv/ved/asm

La Chine enregistre un excédent commercial record en 2025, malgré les tensions avec les Etats-Unis

La Chine a enregistré en 2025 un excédent commercial record de près de 1.200 milliards de dollars malgré le recul marqué de ses échanges avec les Etats-Unis, sur fond d’âpre confrontation après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.Les exportations, l’un des moteurs de la deuxième économie mondiale et l’une des grandes sources d’inquiétude de nombre de ses partenaires, ont augmenté de 5,5% l’an dernier, indiquent des chiffres de l’administration des Douanes.Les importations sont restées stables, quant à elles.Mais vers les Etats-Unis, les exportations ont diminué de 20% sur un an en dollars. Les importations ont suivi le même mouvement, régressant de 14,6%, soit une réduction globale des échanges de 18,7%.Etats-Unis et Chine, les deux premières puissances économiques mondiales, se sont livré en 2025, première année du second mandat de M. Trump, une véritable guerre commerciale aux répercussions globales, à coups de droits de douanes et de restrictions.Donald Trump s’est accordé en octobre avec son homologue chinois Xi Jinping sur une trêve dont les experts soulignent la fragilité.M. Trump vient d’annoncer qu’il infligerait des droits de douanes aux pays qui commercent avec l’Iran, en proie à la contestation.La Chine se trouve au premier rang d’entre eux et a prévenu qu’elle défendrait ses intérêts.- “Historique” -D’autres importants débouchés des produits chinois, comme l’Union européenne, s’alarment également du déséquilibre de leur balance commerciale. Les Européens s’inquiètent que leurs marchés ne servent d’exutoire aux excédents de production de la Chine et la pressent de stimuler sa consommation intérieure, atone depuis des années.Le directeur adjoint de l’administration des Douanes, Wang Jun, s’est réjoui devant la presse que le volume global des échanges de la Chine ait atteint un “nouveau record historique” en 2025, en augmentation de 3,8% sur un an en yuans (3,2% en dollars).Wang Jun a évoqué les tensions commerciales qui ont marqué l’année 2025.”Certains pays ont politisé les questions commerciales et limité les exportations de technologies de pointe vers la Chine. Sans cela, nous aurions importé davantage”, a-t-il dit.En 2026, le marché chinois “s’ouvrira davantage” et “continuera à représenter une opportunité pour le monde entier”, a-t-il ajouté.Les échanges commerciaux entre la Chine et les Etats-Unis ont représenté, en yuans, 8,8% du commerce extérieur total de la Chine, a-t-il dit.L’activité commerciale de la Chine a par ailleurs fini 2025 sur une dynamique forte: en décembre, exprimées en dollars, les exportations étaient en hausse de 6,6% sur un an, et les importations de 5,7%. – De nouvelles tensions? -Wang Jun a admis s’attendre en 2026 à une nouvelle année d’incertitudes, tout en arguant de la solidité des fondamentaux économiques chinois.”Nous nous attendons à ce que cette résilience continue en 2026″, dit Zichun Huang, économiste spécialiste de la Chine chez Capital Economics, dans une note.”Un risque pour les perspectives d’exportation réside dans l’éventualité que la trêve commerciale avec les Etats-Unis ne dure pas. La menace de Trump d’imposer des droits de douane de 25% aux pays commerçant avec l’Iran souligne le risque de nouvelles tensions commerciales”, a-t-elle ajouté.”La forte croissance des exportations chinoises contribue à compenser la faiblesse de la demande intérieure”, analyse Zhiwei Zhang, expert de Pinpoint Asset Management.”Etant donné le dynamisme du marché boursier et la stabilité des relations sino-américaines, le gouvernement devrait maintenir sa politique macroéconomique inchangée, du moins au premier trimestre”, a-t-il précisé.

Un budget “à portée de main”? Le gouvernement appelle à un dernier effort

Le gouvernement a appelé mardi les députés à un “dernier effort” en vue d’un compromis autour du budget de l’Etat, de retour à l’Assemblée où une majorité semble toujours inatteignable et un recours au 49.3 difficile à éviter.Un moment décisif pour le Premier ministre Sébastien Lecornu, de nouveau sous la menace d’être censuré, fragilisé par une crise agricole, et qui joue sa crédibilité.”Le budget est à portée de main. L’urgence est de s’accorder sur le fond. Un dernier effort est nécessaire”, a lancé le ministre de l’Economie Roland Lescure aux députés, à l’ouverture de la nouvelle lecture du projet de loi de finances.Après “les centaines d’heures de débats” et l’examen de “plusieurs milliers d’amendements”, il est “l’heure” de “faire aboutir” les discussions, a souligné à sa suite la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin.Elle a listé “trois grands sujets” sur lesquels l’Assemblée doit encore “rapprocher ses positions”. D’abord, sur le financement des collectivités, dont l’examen des articles a commencé dans la soirée, appelés en priorité par le gouvernement. Puis sur “les dépenses d’avenir”, l’enseignement, la recherche, la transition écologique ou encore le logement. Et enfin sur le pouvoir d’achat, “pour mieux protéger les plus modestes”.Trois priorités détaillées par le groupe socialiste dans ses négociations avec le gouvernement dont la clémence est cruciale pour la survie du gouvernement.- Vers le 49.3 ? -Mais si l’exécutif continue d’afficher sa volonté d’aboutir à un accord, un vote dans l’hémicycle semble toujours aussi improbable. Le Rassemblement national d’un côté, la France insoumise, les écologistes et les communistes, de l’autre, ont redit leur opposition au texte.Ainsi le recours à l’article 49.3 de la Constitution ou aux ordonnances semble quasi inéluctable pour doter la France d’un budget. Une partie de la classe politique presse le gouvernement d’abréger les débats en recourant rapidement à l’article constitutionnel qui lui permet de faire adopter un texte sans vote mais l’expose à une motion de censure.Mais Sébastien Lecornu “veut traîner le plus longtemps possible”, confie à l’AFP l’un de ses proches. Recourir au 49.3 serait un “échec” pour lui qui s’était initialement engagé à ne pas l’activer, et “s’il l’utilise, c’est qu’il est allé jusqu’au bout ”.Il faut y avoir recours “le plus tôt possible”, et éviter de “s’abîmer dans des discussions dont on sait hélas qu’elles n’aboutiront pas”, a appelé le député MoDem Jean-Paul Mattei en conférence de groupe.L’exécutif semble, pour l’heure, privilégier la première option.Ainsi en début de soirée, les députés ont commencé à examiner les premiers articles sur le financement des collectivités. Contre l’avis du gouvernement, et à l’initiative de La France insoumise, l’Assemblée a voté pour indexer la dotation globale de fonctionnement des collectivités territoriales sur l’inflation, afin de couvrir la hausse de leurs dépenses. En 2026, cela signifierait une augmentation de 1,3% de cette dotation soit une hausse de 248 millions d’euros.- Tracteurs -Au même moment, à l’extérieur du Palais Bourbon, des centaines d’agriculteurs mobilisés depuis la matinée avec leurs tracteurs continuaient d’occuper les devants de l’Assemblée. La promesse de Sébastien Lecornu d’une “loi d’urgence agricole” examinée avant l’été pour tenter de calmer la colère agricole en France n’a pas convaincu la FNSEA de lever le camp. Le Premier ministre a peu à craindre de deux motions de censure du Rassemblement national et de La France insoumise, sur la question de l’accord de libre-échange Mercosur, depuis que les socialistes ont affiché leur intention de ne pas voter ces motions qui devraient être examinées mercredi.Mais sur le budget, il devra composer avec leurs demandes sans braquer la droite, qui a réaffirmé son refus d’augmenter les impôts et son attachement à réduire les dépenses.En début de soirée, Amélie de Montchalin a évoqué plusieurs points sur lesquels le gouvernement était prêt à bouger pour tenter de trouver un terrain d’entente avec la gauche. Elle a cité, pêle-mêle, la réduction d’économies prévues sur l’enseignement, la recherche, l’économie sociale et solidaire, ou encore sur les APL, les bourses, la prime d’activité, sans en préciser les montants.Mais ces limitations d’économie doivent s’inscrire dans un cadre, a précisé la ministre, cette fois en direction de la droite: la réduction du déficit à 5% du PIB (contre 5.4% en 2025) et un taux de prélèvements obligatoires qui reste inférieur à ce qu’il était en 2019, soit 44% du PIB.Les efforts demandés devront également provenir pour moitié d’une baisse des dépenses, et au maximum pour moitié d’une hausse de la fiscalité, a-t-elle prévenu.  bur-are-sl-od-cma/jmt/bfi

Les agriculteurs passeront la nuit devant l’Assemblée malgré l’annnonce d’une “loi d’urgence agricole”

Une nuit dans leurs tracteurs: la FNSEA a annoncé rester jusqu’à mercredi matin devant l’Assemblée nationale malgré la “loi d’urgence agricole” promise par le Premier ministre dans la journée pour tenter de calmer la colère des agriculteurs. “On a décidé, après consultation des délégations, de rester ici pour la nuit”, a déclaré mardi soir Damien Greffin, l’un des vice-présidents de la FNSEA, afin de “mener un dernier combat”. Entre la fatigue et la déception, le désarroi était palpable dans la soirée, dans les rangs des manifestants.Ici, un groupe discute sur des tabourets improvisés en paille, au pied de leurs tracteurs ; là, un barbecue improvisé et du boudin grillé sur les quais de Seine, sous le regard amusé de joggeurs nocturnes.- Déçus et fatigués -Qu’est-ce que cela change d’y rester la nuit? “Peut-être rien. Sûrement rien, mais on espère quelques trucs quand même”, dit à l’AFP Paul Dherouville, céréalier vers Saint-Lys (Occitanie).”C’est une façon d’affirmer notre position, nos revendications. Partir maintenant, ce serait déposer les armes”, confie-t-il à l’AFP sans savoir s’il monte dans son tracteur pour dormir ou reste dehors avec les autres profitant d’une nuit parisienne étonnamment clémente. “Franchement, je ne pense pas qu’il y aura plus de résultats. On est dans l’attente. On est un déçus. Fatigués aussi”, abonde Audrey Roubault, céréalière de Fontainebleau.  Portant un foulard “agriculteurs en colère”, le chanteur Francis Lalanne est venu de Bruxelles se joindre au mouvement “par solidarité” et pour rendre hommage à ses “grands-parents agriculteurs”. Plus tôt dans la journée, Sébastien Lecornu a pourtant annoncé “une loi d’urgence agricole” portant sur “plusieurs priorités: eau, prédation, moyens de production”. “Ce texte sera inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres au mois de mars et sera ensuite examiné par le Parlement avant l’été”, a promis le Premier ministre.”Ces annonces montrent que les propositions du réseau FNSEA résonnent auprès des décideurs publics”, a indiqué le syndicat dans un communiqué tout en ajoutant que la mobilisation se poursuivait.  Parmi la base des délégations agricoles, beaucoup ont exprimé leur volonté de rester pour poursuivre les négociations et maintenir le rapport de force. Devant ses troupes, le vice-président de la FNSEA a affirmé mardi soir vouloir “remonter au créneau” sur le “sujet de trésorerie, actuellement en discussion”. Mardi, Sébastien Lecornu a également affirmé qu’un “cap clair” sur la politique de l’eau serait par ailleurs “fixé d’ici le salon” de l’Agriculture qui se tiendra du 21 février au 1er mars, et demandé, avant la présentation du projet de loi, un “moratoire sur toutes les décisions relatives” à cette question de l’eau et la suspension des “textes fixant les volumes d’eau prélevables (…) jusqu’à septembre”. Le chef du gouvernement a enfin évoqué des réunions pour étudier “les possibilités de dérogation” à la directive européenne sur les nitrates, qui encadre notamment les épandages d’engrais par les agriculteurs. Cela s’ajoute à un paquet de “300 millions d’euros” annoncé vendredi et qui contient des mesures prévues à la fois dans le budget, et donc soumises au vote des parlementaires, et d’autres déjà égrainées ces dernières semaines par le gouvernement pour répondre à la crise agricole.- Divergences syndicales -Les annonces de mardi répondent quasiment point par point à des demandes de la FNSEA et des JA, alliance qui domine le syndicalisme agricole et dont les sections locales du grand bassin parisien -qui va jusqu’au Pas-de-Calais- ont lancé leurs tracteurs sur Paris.Entrés à l’aube dans Paris, les tracteurs ont descendu les Champs-Elysées avant de s’établir devant l’Assemblée nationale, avec duvets et matelas. Mardi, plus de 350 tracteurs selon les autorités, 500 selon les manifestants, ont stationné aux abords de l’Assemblée nationale, et les agriculteurs présents ont aussi déversé plusieurs tonnes de pommes de terre sur le pont de la Concorde: cadeau aux Parisiens.- “Noyer le poisson” -Depuis début décembre, les manifestations d’agriculteurs se multiplient et les annonces du gouvernement vendredi après des défilés de tracteurs de la Coordination rurale puis de la Confédération paysanne dans la capitale n’ont pas suffi à calmer la colère.La Coordination rurale a dénoncé mardi sur X “la différence de traitement du gouvernement face à nos mobilisations”, en référence aux interdictions auxquelles le deuxième syndicat a fait face en amenant ses tracteurs jeudi à Paris.”Le Premier ministre se moque des paysannes !!”, a pour sa part dénoncé la Conférération paysanne dans un communiqué mardi soir en estimant que demander “une loi spéciale” revenait à “noyer le poisson”.Ravivée par la gestion de la dermatose bovine dans le Sud-Ouest, la contestation est nourrie par la signature prévue samedi au Paraguay de l’accord de libre-échange UE-Mercosur et plus largement par un ras-le-bol général d’une profession confrontée directement aux aléas climatiques et économiques.bur-sb-mdz-cho-are-hrc-mca-neo/jbo/bfi

Wall Street baisse, prudente quant aux futures baisses de taux de la Fed

La Bourse de New York a terminé en recul mardi, la publication d’un indice d’inflation aux Etats-Unis n’ayant pas changé les attentes sur le calendrier monétaire de la Réserve fédérale (Fed), au commencement d’une nouvelle saison de résultats d’entreprises.Le Dow Jones a perdu 0,80%, l’indice Nasdaq 0,10% et l’indice élargi S&P 500 a reculé de 0,19%.Le rythme de l’inflation américain s’est calmé en fin d’année 2025, l’indice des prix à la consommation (CPI) ayant progressé de 2,7% le mois dernier en rythme annuel, contre 2,9% en décembre 2024.”L’enthousiasme initial” provoqué par ces données “a été de courte durée”, relève Jose Torres, d’Interactive Brokers.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt d’Etat américain à dix ans était stable par rapport à la veille, à 4,18% vers 21H25 GMT. Il est descendu jusque 4,16% juste après la publication du CPI.Selon M. Torres, “ce revirement s’explique en partie” par l’absence de changement dans les hypothèses sur la prochaine baisse de taux de la Fed.Les experts sont encore une majorité à attendre un statu quo lors des trois prochaines réunions, ce qui n’amènerait une nouvelle détente qu’en juin, selon l’outil de veille CME FedWatch.Des taux plus bas sont généralement de bon augure pour le marché boursier, qui y voit la possibilité de bénéfices d’entreprises plus importants.Malgré ses divisions internes, “la Fed a certainement la possibilité de réduire ses taux plus d’une fois” cette année, croit Pat Donlon, de Fiduciary Trust Company.En parallèle, “les actualités ne cessent d’affluer”, assure l’analyste auprès de l’AFP, notant les “nombreuses” déclarations de Donald Trump, qui donnent du fil à retordre au marché.Le président américain a notamment continué d’éreinter le patron de la banque centrale américaine Jerome Powell et à demander des baisses de taux d’intérêt, sans s’émouvoir des appels à sauvegarder l’indépendance de l’institution.Il a aussi répété son appel à plafonner les taux d’intérêt des cartes de crédit à 10%. Cela a provoqué une nouvelle séance de nette baisse pour les acteurs du secteur, à l’instar de Visa (-4,46%) et Mastercard (-3,76%).Le directeur financier de JPMorgan Chase, Jeremy Barnum, a laissé entrevoir mardi la possibilité que le monde bancaire s’oppose au président américain, assurant que “tout est sur la table”.”Nous le devons à nos actionnaires”, a ajouté M. Barnum.Aux Etats-Unis, les cartes de crédit représentent la première forme de crédit à la consommation et ont vu leurs coûts et leur encours s’envoler ces dernières années.La place américaine a aussi été animée mardi par le lancement officiel de la période des résultats trimestriels.La banque américaine JPMorgan Chase (-4,9% à 310,90 dollars) a ouvert le bal, publiant mardi des performances contrastées pour quatrième trimestre 2025, marquées par un recul de son bénéfice net à cause d’une charge liée à la reprise annoncée récemment de la gestion de la carte bancaire Apple Card.En revanche, le chiffre d’affaires a progressé sur un an grâce à l’attitude des consommateurs et à la bonne santé des entreprises.D’autres établissements bancaires doivent publier leurs performances financières dans les prochains jours, dont Bank of America, Citigroup et Morgan Stanley.Le laboratoire Moderna, à l’origine de l’un des premiers vaccins contre le Covid-19, s’est envolé de plus de 17% à 39,60 dollars après des propos de son patron assurant que le chiffre d’affaires de 2025 s’établirait autour de 1,9 milliard de dollars.

Trump attendu en vedette la semaine prochaine à Davos

Donald Trump tiendra la vedette la semaine prochaine du Forum économique mondial à Davos (Suisse), grand-messe du multilatéralisme et du libre-échange que le président américain malmène depuis son retour au pouvoir, ravivant les tensions commerciales et géopolitiques.Un an après sa seconde investiture à la présidence des Etats-Unis et six ans après sa dernière visite en personne à Davos, le milliardaire républicain prononcera mercredi après-midi un discours qui sera très scruté, ont annoncé mardi les organisateurs. Devant les élites économiques et politiques mondiales, il prendra toutefois soin de s’adresser aux électeurs, très mécontents de sa politique de pouvoir d’achat, à quelques mois des cruciales législatives de mi-mandat aux Etats-Unis.- Annonces sur le logement -“Je donnerai beaucoup plus de détails sur notre politique de logement, pour que chaque Américain qui veut s’acheter une maison ait les moyens de le faire”, a dit Donald Trump mardi, pendant un discours à Detroit (région des Grands lacs).Reste à voir si, comme à son habitude, il s’écartera du discours prévu pour se lancer dans une longue improvisation.Il sera “accompagné de la plus grande délégation américaine” ayant jamais fait le déplacement dans la station de ski huppée des Alpes suisses, s’est félicité le patron du Forum économique mondial, Borge Brende, lors d’une conférence de presse en ligne. Seront présents le chef de la diplomatie Marco Rubio, le ministre des Finances Scott Bessent, celui du Commerce Howard Lutnick, ainsi que de nombreux dirigeants d’entreprises, dont les géants de la tech Nvidia et Microsoft.  “Notre réunion annuelle se tient dans un contexte géopolitique d’une complexité inédite depuis 1945”, a reconnu Borge Brende, disant attendre des discussions sur l’Iran, Gaza, l’Ukraine ou le Venezuela. Deuxième économie mondiale, la Chine sera également présente en force, emmenée par le vice-Premier ministre He Lifeng. D’importantes délégations du Moyen-Orient, d’Amérique latine et d’Afrique feront également le déplacement.  – “Ere post-mondialisation” -Après l’offensive sur les droits de douane au printemps 2025, le déplacement de Donald Trump intervient en pleine escalade diplomatique voire militaire. Après son intervention militaire au Venezuela, dont il veut contrôler le pétrole, il a menacé récemment le Groenland, au grand dam de ses alliés européens, Cuba et l’Iran. “2025 restera sans doute dans l’histoire comme l’année où la mondialisation néolibérale a pris fin (…), laissant place à l’ère post-mondialisation”, indique Karen Harris, économiste de la société de conseil Bain & Company, à l’AFP. “D’un rôle de garant d’un système économique mondial ouvert et d’un accès sans restriction à leur marché, (les Etats-Unis) passent à une stratégie où la priorité est la sécurité nationale et la protection de leurs propres intérêts”, ajoute-t-elle. Dernier coup de canif en date au multilatéralisme de l’après-Seconde Guerre mondiale, Trump a ordonné début janvier le retrait des Etats-Unis de 66 organisations, dont environ une moitié liée à l’ONU. Ce vaste rejet des institutions multilatérales est “fondé sur la conviction que la coopération internationale va à l’encontre de la possibilité de +gagner+ une compétition internationale perçue comme un jeu à somme nulle”, souligne auprès de l’AFP Philippe Dauba-Pantanacce, responsable de la recherche géoéconomique chez Standard Chartered.Pour lui, la mondialisation du commerce pourrait se faire “de plus en plus sans” les Etats-Unis. En témoignent la hausse des exportations chinoises et la volonté européenne de conclure de nouveaux accords stratégiques, notamment avec l’Inde. – “Dialogue” -Lors de la précédente édition du Forum de Davos en 2025, Donald Trump avait intimé par visioconférence aux grands patrons de venir produire en Amérique ou à défaut de se voir infliger des droits de douane. “C’est un aspect sur lequel Trump a fait beaucoup de bruit” mais “l’impact sur l’économie internationale a été modeste à ce stade”, souligne Pascal Lamy, ex-directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) auprès de l’AFP. Le thème du forum sera cette année “l’esprit de dialogue”. Les organisateurs attendent à ce jour 64 chefs d’Etats et de gouvernement et 850 dirigeants d’entreprises, avec un total record de 3.000 participants venus de 130 pays. Sont notamment attendus au forum, qui se tient du lundi 19 janvier au vendredi 23 janvier: le président ukrainien Volodymyr Zelensky, six des sept chefs d’Etat ou de gouvernement du G7 à l’exception du Japon, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ou la présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde. 

La SNCF propose une augmentation annuelle moyenne de 2,56% aux cheminots pour 2026

La SNCF a proposé mardi une augmentation moyenne des salaires de ses 140.000 cheminots de 2,56% pour 2026, au-dessus de l’inflation attendue cette année.Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF ont jusqu’au 27 janvier pour signer ou non la proposition qui leur a été faite par la direction du groupe ferroviaire au dernier jour des négociations annuelles obligatoires (NAO).Pour pouvoir mettre l’accord en oeuvre, la direction demande l’assentiment d’au moins deux centrales syndicales représentatives sur quatre (CGT, Unsa, Sud-Rail, CFDT).”On considére qu’il faut au minimum une forme d’adhésion pour qu’il soit appliqué”, a dit Philippe Bru, le DRH de l’entreprise lors d’un briefing avec la presse.”S’il y a zéro ou une seule signature, il n’y aura rien (pas d’augmentation, NDLR), sauf la garantie qu’à la SNCF personne ne travaille à moins du smic plus 10%”: “Pas un seul salaire à la SNCF n’est inférieur à 2.005 euros (…) et ceci sera maintenu”, a-t-il dit. Dans le détail, la proposition de 2,56% inclut une augmentation générale des salaires de 0,5%, appliquée en deux temps, à raison de 0,25% en juillet et de 0,25% en octobre, ainsi que des mesures individuelles.L’entreprise publique annonce aussi la création en 2026 d’une GPSA (garantie de progression salariale annuelle), qui permet de lisser les progressions d’échelons à l’ancienneté, de manière à ce que chaque salarié bénéficie chaque année en décembre d’une augmentation liée à son ancienneté.Cette GPSA permettra aux 100.000 cheminots qui n’atteignent pas un nouvel échelon cette année d’éviter d’attendre les dates d’échéance. Au minimum, chacun ou chacune aura “+0,6% d’augmentation ancienneté chaque année en décembre”, a expliqué M. Bru.Par ailleurs, alors que la SNCF devrait avoir réalisé de bons résultats en 2025, le groupe annonce la mise en place d’une prime de partage de la valeur de 650 euros en 2026. Le groupe considère que les 400 euros versés à chaque cheminot en décembre en font partie, le solde de 250 euros doit l’être en mars.- “Le compte n’y est pas” -Ceci s’ajoute à une prime d’intéressement moyenne de 1.100 euros qui sera versée en mai, soit au total 1.750 euros en prime de participation aux résultats de l’entreprise pur l’année.Mais pour la CGT, premier syndicat du groupe, et pour Sud-Rail, quatrième syndicat, qui avaient tous deux appelé à une journée de grève mardi afin d’appuyer leurs revendications pendant la durée de la réunion avec la direction, “le compte n’y est pas”, ont dit leurs représentants à l’AFP mardi soir.”Les propositions sont loin d’être à la hauteur” a souligné Cedric Robert de la CGT. “Deux augmentations générales de 0,25% en juillet et en octobre, cela équivaut à 0,2% par mois sur l’ensemble de l’année 2026″ a-t-il fait valoir.Par ailleurs, les 400 euros de prime de partage de la valeur versés en décembre 2025 n’étaient pas une prime anticipée pour 2026″, a estimé Fabien Villedieu, secrétaire fédéral de Sud-Rail, contredisant les propos de la direction. Selon son calcul, pour 2026, il manquera donc au minimum 150 euros de prime juste pour être au même niveau que les années précédentes” (400 euros versés en 2024 également).”Au regard des bénéfices de dingue qu’on attend pour la SNCF cette année, ce n’est franchement pas à la hauteur” a-t-il estimé, en soulignant qu’il allait consulter ses adhérents.”Nous avons eu une fin de non recevoir pour notre demande de treizième mois pour tous, et pour la grille unique des salaires” tout ça après 8 ans de gel des salaires dans les années 2020 qui nous ont fait accumuler du retard salarial, a pour sa part déploré Cédric Robert de la CGT.Les résultats financiers 2025 de la SNCF seront connus fin février. Au premier semestre, elle a multiplié par six son bénéfice net, à 950 millions d’euros, portée notamment par la hausse du trafic sur les rails et l’engouement des voyageurs pour le train depuis le Covid.