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Ford ralentit sur le tout-électrique, la facture atteint 19,5 milliards

Le constructeur automobile américain Ford va réduire la voilure sur les gros véhicules tout-électrique pour se concentrer sur les motorisations hybrides et à essence, une décision qui va occasionner des provisions et coûts supplémentaires de 19,5 milliards de dollars.Cette réorientation stratégique est la conséquence d’une moindre demande des consommateurs ainsi que d’un assouplissement des contraintes réglementaires acté par le gouvernement Trump, selon un communiqué publié lundi par le groupe de Dearborn (Michigan).Parallèlement, il entend mettre à profit les investissements déjà réalisés dans l’électrique pour lancer, en 2027, une offre de batteries de stockage portables pour l’industrie hors automobile, les centres de données notamment, mais aussi les particuliers.”Nous tenons compte du marché tel qu’il est aujourd’hui et non tel que les gens l’imaginaient il y a cinq ans”, a expliqué Andrew Frick, président de Ford Blue (combustion) et Ford Model e (hybride et électrique), lors d’un point de presse téléphonique.Les hypothèses de croissance ambitieuses pour le tout-électrique, formulées après la pandémie de coronavirus par les grands constructeurs occidentaux tardent à se concrétiser.Aux Etats-Unis, l’insuffisance du réseau de chargeurs ainsi que le prix de vente moyen plus élevé que pour les voitures à essence justifient, pour partie, ce rythme moins soutenu que prévu, même si les ventes continuent d’augmenter.Parmi les autres facteurs figure l’extinction, voulue par le gouvernement Trump, d’un crédit d’impôt de 7.500 dollars pour l’achat de “EV” (véhicule électrique).”Plutôt que de dépenser des milliards supplémentaires dans de gros véhicules électriques qui ne seront pas rentables, nous réallouons ces capitaux” à des voitures à essence, hybrides, des modèles tout-électrique de moindre gabarit et cette nouvelle activité distincte de batteries, a détaillé Andrew Frick.- L’électrique rentable en 2029 -Ford va notamment arrêter la production du F-150 Lightning tout-électrique, déclinaison de son pick-up vedette, et prévoit d’en lancer prochainement une version avec prolongateur d’autonomie (EREV), technologie utilisant un moteur à essence de complément.Aux Etats-Unis, le constructeur renonce, par ailleurs, à un projet de monospace tout-électrique pour le remplacer par des modèles hybride et essence. Dans le détail, Ford va passer pour 8,5 milliards de dépréciations sur certains de ses actifs, 6 milliards de frais liés à la dissolution de sa société commune spécialisée dans les batteries avec le sud-coréen SK, et absorber 5 milliards de coûts supplémentaires.Quelque 12,5 des 19,5 milliards seront intégrés aux comptes du quatrième trimestre 2025, ce qui devrait faire basculer la firme dans le rouge, le solde étant étalé dans les comptes de 2026 et 2027.Le groupe compte sur ce coup de volant pour parvenir à la rentabilité de son activité électrique (hybrides compris) en 2029.Ford a mentionné des “changements réglementaires” à l’appui de ce virage, sans plus de précision.Début décembre, Donald Trump a choisi d’alléger la réglementation sur la consommation en carburant et les émissions de véhicules aux Etats-Unis, affirmant que cela ferait baisser le prix de vente moyen d’un véhicule, une assertion contestée par des spécialistes.Le gouvernement de l’ex-président Joe Biden avait durci les standards pour favoriser la transition du parc automobile vers le tout-électrique.En 2021, Ford s’était fixé l’objectif de parevenir à une production à 40% tout-électrique en 2030. Il vise désormais 50% en incluant l’hybride et l’EREV. Si la réorganisation dévoilée lundi aura des effets sur plusieurs sites de Ford, le constructeur s’attend à ce qu’elle soit, “au total, positive pour l’emploi”, selon Andrew Frick.Le sud-coréen SK a annoncé jeudi la dissolution de sa société commune BlueOval SK avec Ford, le protocole de rupture prévoyant que l’entreprise américaine devienne propriétaire à 100% de l’usine de batteries de Glendale (Kentucky).Lors du point de presse, le responsable de la communication de Ford a précisé que, dans un premier temps, les 1.600 employés de ce site seraient licenciés mais qu’une fois l’usine adaptée à la production de batteries de stockage, le groupe embaucherait 2.100 personnes.Dans les échanges électroniques postérieurs à la clôture de Wall Street, le titre Ford gagnait un peu plus de 1%.

Wall Street dans le rouge avant les chiffres de l’emploi aux Etats-Unis

La Bourse de New York a clôturé en baisse lundi, entre prudence à la veille de la publication des données mensuelles sur l’emploi américain et désaffection pour certaines valeurs technologiques liées à l’intelligence artificielle (IA).Après une ouverture en hausse, le Dow Jones a cédé 0,09%, l’indice à coloration technologique Nasdaq a reculé de 0,59% et l’indice élargi S&P 500 a perdu 0,16%.”Les marchés ont bien démarré la semaine, mais la progression solide des actions a été de courte durée, car des pressions à la vente ont frappé peu après l’ouverture”, note Jose Torres, d’Interactive Brokers.”Les actions à forte capitalisation n’ont pas vraiment réussi à soutenir le marché, qui a de nouveau connu une certaine tendance à la vente, rien de majeur, mais suffisamment pour freiner les indices”, commente pour sa part Patrick O’Hare, de Briefing.com.”Les efforts de rééquilibrage se poursuivent” ajoute auprès de l’AFP l’analyste, notant une rotation “entre les mégacapitalisations et d’autres segments du marché”.Le géant de l’informatique à distance (cloud) Oracle a connu une troisième séance consécutive de recul, après des résultats trimestriels jugés décevants par les investisseurs. Depuis jeudi, son action a chuté de plus de 17%.Le spécialiste des puces Broadcom a connu une évolution similaire, en raison d’un carnet de commandes à 73 milliards de dollars pas assez rempli pour les acteurs du marché.La trajectoire de ces deux sociétés reflète les craintes de Wall Street sur les niveaux de valorisation de certaines des valeurs du secteur de l’IA et le scepticisme sur la possibilité de rentabiliser à court ou moyen terme les gigantesques investissements des dernières années.Côté macroéconomie, les acteurs du marché auront le regard tourné mardi vers la publication du rapport sur l’emploi du mois de novembre.Un indicateur d’importance alors que “la Réserve fédérale (Fed) continue d’affirmer clairement qu’elle se concentre davantage sur l’aspect emploi de son mandat”, qui lui impose aussi de veiller à garder l’inflation contenue, relève Patrick O’Hare.Les trois baisses (d’affilée) de taux en 2025 ont été décidées pour redonner un peu d’air à un marché du travail atone.Les chiffres de l’inflation du mois de novembre seront, eux, connus jeudi.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt américain à dix ans était stable par rapport à la clôture vendredi, à 4,18%.A la cote, la société iRobot, qui commercialise les robots aspirateurs Roomba, s’est effondrée de plus de 72% à l’annonce de son dépôt de bilan. Son principal créancier et sous-traitant, le groupe chinois Picea, rachètera entièrement l’entreprise et la société quittera le Nasdaq à l’issue de la transaction.Le populaire site de transactions immobilières Zillow a dégringolé (-8,47% à 68,38 dollars) après un message d’un analyste du secteur assurant que Google pourrait désormais afficher les annonces immobilières directement dans ses résultats de recherche. Rocket, propriétaire du site immobilier Redfin, a lâché 2,73% à 18,20 dollars.Des statistiques chinoises sans éclat, comme les ventes au détail en novembre, qui ont progressé à leur rythme le plus lent depuis presque trois ans, et la sortie des restrictions liées au Covid-19, ont pénalisé les géants du commerce en ligne et d’internet du pays. Alibaba a cédé 3,59%, PDD, maison mère de Temu, a perdu 1,39% et Baidu chuté de 4,94%.

Pétrolier saisi : Caracas accuse Trinité-et-Tobago

Caracas a accusé lundi Trinité-et-Tobago, archipel voisin situé à une dizaine de kilomètres de ses côtes, d’avoir participé à la saisie par les Etats-Unis d’un pétrolier dans les Caraïbes et critiqué l’Union européenne qui a prolongé d’un an les sanctions contre des responsables du pays.La Première ministre trinidadienne Kamla Persad‑Bissessar, fidèle alliée de Donald Trump, a balayé les accusations affirmant ne pas être “perturbée par le communiqué”, conseillant aux Vénézuéliens “d’adresser leurs plaintes au président Trump”, dans des déclarations par messagerie à l’AFP. La saisie du pétrolier transportant du brut vénézuélien, une première dans la crise entre Washington et Caracas, lors d’une opération impliquant des hélicoptères et des soldats descendant en rappel sur le pont, avait été dénoncée par le Venezuela comme un “acte de piraterie internationale”.Depuis août, Washington a déployé dans les Caraïbes une importante présence militaire officiellement pour lutter contre le trafic de drogue à destination des Etats-Unis. Caracas estime qu’il s’agit d’une opération visant à évincer le président Nicolas Maduro du pouvoir et s’emparer des immenses réserves de pétrole du pays. Le Venezuela “informe qu’il a pleinement connaissance de la participation du gouvernement de Trinité‑et‑Tobago au vol du pétrole vénézuélien, commis par l’administration américaine le 10 décembre dernier lors de l’attaque d’un navire”, selon un communiqué lundi de la vice-présidente Delcy Rodriguez, également ministre du Pétrole.”Cet acte de piraterie constitue une grave violation du droit international et une transgression manifeste des principes de libre navigation et de libre commerce”, selon le texte.En conséquence, “le gouvernement vénézuélien a décidé de stopper immédiatement tout contrat, accord ou négociation visant l’approvisionnement en gaz naturel” de Trinité-et-Tobago, alors que le président Nicolas Maduro avait déjà suspendu les accords gaziers entre les deux pays fin octobre. “Nous n’avons jamais dépendu du Venezuela pour nos approvisionnements en gaz naturel. Nous disposons de réserves suffisantes sur notre territoire. Nous travaillons activement à réduire les obstacles bureaucratiques” qui entravent “l’exploration et la production” locale, a estimé la Première ministre tinidadienne.Lundi, Trinité-et-Tobago a autorisé les Etats-Unis à utiliser ses aéroports pour “les semaines à venir” pour des “mouvements de nature logistique”.Depuis son arrivée au pouvoir en mai, Mme Persad‑Bissessar a multiplié les déclarations hostiles au pouvoir vénézuélien, tout en soulignant que Washington n’a jamais demandé à utiliser l’archipel pour lancer des attaques contre le Venezuela.Trinité-et-Tobago a accueilli fin octobre le bateau de guerre américain USS Gravely, et un contingent de Marines américains y a effectué des manœuvres du 16 au 21 novembre.Washington a aussi installé fin novembre un radar sur le nouvel aéroport de Tobago (deuxième île du pays où se concentrent les plages et les complexes touristiques), qui n’a pas encore été inauguré. “Avec ces actions, (elle) met en danger les bonnes relations, mais elle met aussi en danger son propre peuple”, a commenté le ministre de l’Intérieur vénézuélien Diosdado Cabello.- Sanctions européennes -Le groupe pétrolier et géant public Petroleos de Venezuela (PDVSA) a lui lundi dans un communiqué dénoncé une “cyberattaque” orchestrée par des “intérêts étrangers”, assurant toutefois que “la continuité opérationnelle de l’industrie” avait été “préservée”.Par ailleurs, l’Union européenne a lundi “prorogé d’un an, jusqu’au 10 janvier 2027”, les sanctions contre 69 personnalités vénézuéliennes “à la lumière des actions qui continuent de porter atteinte à la démocratie et à l’état de droit, ainsi que la poursuite des violations des droits de l’Homme et de la répression à l’égard de la société civile et de l’opposition démocratique”.Lundi, Vente Venezuela, le parti de la cheffe de l’opposition et prix Nobel de la paix Maria Carina Machado, a dénoncé sur X l’arrestation d’un de ses cadres. Melquiades Pulido Garcia “a été intercepté par une unité du Sebin (service de renseignements) alors qu’il marchait” lundi à Caracas. De nombreuses ONG dénoncent la persécution systématique de personnes opposées au gouvernement vénézuélien du président Nicolas Maduro. Il y a au moins 889 “prisonniers politiques” dans le pays, selon l’ONG Foro Penal.Caracas a “rejeté catégoriquement” la prolongation des “sanctions” européennes, l’estimant “illégitime, illégale et contraire au droit international”.L’UE a “malheureusement choisi d’accélérer sa propre décadence politique (…) confirmant” son “insignifiance croissante (…) en tant qu’acteur international”, indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Ford réduit la voilure sur le tout-électrique, impact de 19,5 milliards de dollars

Le constructeur automobile américain Ford va réduire la voilure sur les gros véhicules tout-électrique pour se concentrer sur les motorisations hybrides et à essence, a-t-il annoncé lundi dans un communiqué, une décision qui va occasionner des provisions et coûts supplémentaires de 19,5 milliards de dollars.Cette réorientation stratégique est la conséquence d’une moindre demande des consommateurs ainsi que d’un assouplissement des contraintes réglementaires acté par le gouvernement Trump, selon le groupe de Dearborn (Michigan).Parallèlement, le groupe entend mettre à profit les investissements déjà réalisés dans l’électrique pour lancer une offre de batteries de stockage portables pour l’industrie hors automobile, les centres de données notamment, mais aussi les particuliers.”Nous tenons compte du marché tel qu’il est aujourd’hui et non tel que les gens l’imaginaient il y a cinq ans”, a expliqué Andrew Frick, président de Ford Blue (combustion et hybride) et Ford Model e (électrique), lors d’un point de presse téléphonique.Les hypothèses de croissance ambitieuses pour le tout-électrique, formulées après la pandémie de coronavirus par les grands constructeurs occidentaux tardent à se concrétiser.Aux Etats-Unis, l’insuffisance du réseau de chargeurs ainsi que le prix de vente moyen plus élevé que pour les voitures à essence justifient, pour partie, ce rythme moins soutenu que prévu, même si les ventes continuent d’augmenter.”Plutôt que de dépenser des milliards supplémentaires dans de gros véhicules électriques qui ne seront pas rentables, nous réallouons ces capitaux” à des voitures à essence, hybrides, des modèles tout-électrique de moindre gabarit et cette nouvelle activité distincte de batteries, a détaillé Andrew Frick.Ford a mentionné des “changements réglementaires” à l’appui de ce virage, sans plus de précision.Début décembre, Donald Trump a choisi d’alléger la réglementation sur la consommation en carburant et les émissions de véhicules aux Etats-Unis, affirmant que cela ferait baisser le prix de vente moyen d’un véhicule, une assertion contestée par des spécialistes.Le gouvernement de l’ex-président Joe Biden avait durci les standards pour favoriser la transition du parc automobile vers le tout-électrique.  Si la réorganisation dévoilée lundi aura des effets sur plusieurs sites de Ford, le constructeur s’attend à ce qu’elle soit, “au total, positive pour l’emploi”, selon Andrew Frick.

EDF envisage “d’éventuelles cessions”, évoque Edison et les renouvelables

L’énergéticien EDF a confirmé lundi envisager “d’éventuelles cessions” totales ou partielles en parallèle de son plan d’économies de 5 milliard d’euros sur cinq ans, en réaction à des informations des Echos.Le groupe “fait une revue de portefeuille pour procéder à d’éventuelles cessions”, a indiqué EDF dans un message à l’AFP, précisant que “l’ouverture du capital d’Edison”, une filiale italienne, “ainsi qu’une cession partielle ou complète de la plateforme renouvelable aux Etats-Unis ont été évoquées”.Des rumeurs de presse avaient précédemment évoqué une possible cession de sa filiale italienne Edison, et la recherche de partenaires pour les activités d’EDF Power solutions (renouvelables) aux Etats-Unis.Cette déclaration intervient alors que le quotidien économique Les Echos évoque lundi soir, sur la base de sources non spécifiées, un “plan d’adaptation” prévoyant des “ventes et ouvertures de capital de filiales (pouvant) rapporter jusqu’à 17 milliards d’euros”.EDF, qui a une dette abyssale de 54,3 milliards d’euros à fin 2024, n’a pas fait davantage de commentaires lundi auprès de l’AFP.La Cour des comptes s’est inquiétée dans un rapport du 23 septembre des perspectives financières d’EDF, “confronté à d’importantes incertitudes sur sa capacité de financement à long terme”, alors que le groupe fait face à des besoins d’investissement atteignant 460 milliards d’euros entre 2025 et 2040. Mi-octobre, le nouveau PDG d’EDF Bernard Fontana avait souligné la nécessité de “prioriser” les investissements et disait étudier des “ouvertures de capital” afin de retrouver “des marges de manoeuvre financières”, dans un message interne adressé aux principaux cadres du groupe public.”Nous sommes prêts à étudier des ouvertures de capital sur des territoires ou dans des activités ciblées afin de nous donner des marges de manoeuvre financières”, déclarait Bernard Fontana, sans détailler.Concernant le plan d’économies, Amélie Henri, déléguée syndicale centrale CFE-CGC, avait déclaré début décembre à l’AFP: “on sent que les salaires sont finalement une nouvelle cible” du plan d’économies d’un milliard d’euros par an d’ici 2030, représentant près d’un tiers d’économies sur les charges de fonctionnement.L’AFP l’avait interrogée dans un contexte de négociations salariales annuelles semblant patiner et alors que les les relations se sont tendues entre la direction et les syndicats chez EDF. Ces derniers mettent en cause les méthodes du nouveau PDG, Bernard Fontana, estimant qu’elles ont entraîné une dégradation du climat social.

Pétrole: le WTI américain au plus bas depuis près de cinq ans

Les cours du pétrole continuent de s’enfoncer lundi, la référence américaine atteignant même en clôture un plus bas plus depuis près de cinq ans, minés par les pourparlers sur l’Ukraine et les perspectives de trop-plein.Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en février, a perdu 0,92% à 60,56 dollars, au plus bas depuis mai.Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en janvier, a lui reculé de 1,08% à 56,82 dollars, atteignant un niveau plus vu depuis février 2021.”La poursuite des négociations de paix entre la Russie et l’Ukraine a contribué à maintenir une tendance baissière sur le marché”, relève Bjarne Schieldrop, de Seb.Volodymyr Zelensky s’est félicité lundi de “progrès” dans les négociations avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre avec la Russie, les Européens avançant de leur côté la proposition d’une force multinationale pour garantir la paix en Ukraine.”Un tel accord serait sans doute fragile, mais pour le marché, il représenterait un pas supplémentaire vers la levée par les États-Unis d’un certain nombre de sanctions contre la Russie”, précise Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les exportations de Moscou ont chuté de 420.000 barils par jour en novembre, alors que le secteur pétrolier russe est sous la pression des sanctions américaines et des frappes de drones ukrainiens. Un accord pourrait donc faciliter le retour de nombreux barils russes sur le marché de l’or noir, ce qui serait un facteur baissier pour les prix du brut. En parallèle, “les craintes d’une offre excédentaire continuent de dominer les perspectives à long terme”, souligne David Morrison, de Trade Nation.Ces derniers mois, les cours de l’or noir ont suivi une lente érosion, principalement due aux multiples hausses des quotas de production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+), jugées bien plus forte que la progression de la demande.”Les stocks mondiaux observés ont atteint leur plus haut niveau en quatre ans en octobre”, a prévenu la semaine dernière l’AIE.”Un pétrole bon marché (a) bien sûr un incroyable effet positif sur l’économie mondiale”, assure Bjarne Schieldrop, parlant de “stimulant” qui pourrait à terme faire progresser la demande en or noir.

Intermarché ne commercialisera pas son “loup” en peluche ce Noël mais en 2026

Intermarché ne commercialisera pas avant l’année prochaine la peluche de son loup, star d’une pub de Noël qui a fait le tour du monde, a annoncé lundi Thierry Cotillard, patron du Groupement Mousquetaires/Intermarché.”la vérité, c’est qu’on a été pris de court”, a déclaré Thierry Cotillard dans le journal de 20H de France 2.”Dans la semaine, on aura 1 milliard de vues dans le monde”, pour la publicité Intermarché mettant en scène un loup, selon lui, “il y a une vraie +Loup mania+. On s’y attendait pas”, a-t-il ajouté. “On va pouvoir en produire une centaine d’ici la fin de l’année”, a précisé Thierry Cotillard qui ajoute que la peluche sera “française et européenne”. “On a fait le choix justement d’être cohérent et de ne pas importer ça de Chine”, a-t-il précisé.La centaine de peluches produite cette année seront offertes “à des associations pour les enfants”, a ajouté Thierry Cotillard. “Mais on prend surtout l’engagement que l’année prochaine au pied du sapin en 2026 il y aura bien cette petite peluche ‘made in France'”, a-t-il dit.Dimanche, Intermarché avait mis en garde contre des ventes frauduleuses de peluches de son loup. “Attention, soyez prudents, Il y aura bien évidemment des arnaques, voire de la fraude. Intermarché ne va pas le commercialiser sur cette fin d’année”, a insisté Thierrey Cotillard.Dans le spot publicitaire signé du studio d’animation français Illogic Studios, un loup se met à cuisiner des légumes pour se faire accepter des autres animaux de la forêt et partager un repas de fêtes avec eux. Les écoutes de la chanson “Le mal-aimé” de Claude François, qui accompagne les aventures du loup, ont été multipliées par quatre depuis le lancement du spot publicitaire, selon le porte-parole.

La Bourse de Paris termine en petite hausse dans l’attente de la BCE

La Bourse de Paris a terminé en petite hausse lundi, la prudence restant de mise à l’entame d’une semaine riche en décisions de banques centrales, dont celle de la Banque centrale européenne, et d’indicateurs économiques aux Etats-Unis.Le CAC 40 a terminé en hausse de 56,26 points, soit 0,70%, à 8.124,88 points.Vendredi, l’indice vedette parisien avait perdu 0,21% à 8.068,62 points.”La prudence règne (…) sur les marchés boursiers européens, car une dernière semaine de négociation exceptionnellement passionnante s’annonce cette année du point de vue du calendrier économique”, commente Christine Romar, analyste chez CMC Markets.La publication des chiffres de l’emploi américain pour le mois de novembre, attendue mardi, a été retardée en raison de la longue paralysie budgétaire (“shutdown”) qui a touché le pays du 1er octobre au 12 novembre. Or, ces chiffres sont cruciaux pour orienter la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed).Les chiffres de l’inflation (CPI) sont attendus jeudi.”Tous ces chiffres pourraient réserver de nombreuses surprises au cours d’une semaine où de nombreux investisseurs institutionnels procèdent à leurs derniers grands positionnements avant de clôturer leurs comptes”, explique Mme Romar.L’attention sera également tournée jeudi vers la Banque centrale européenne, qui devrait maintenir ses taux d’intérêt inchangés, l’inflation apparaissant maîtrisée et l’activité économique résiliente dans la zone euro.De nouvelles prévisions économiques alimenteront la discussion sur la trajectoire monétaire future de la banque centrale.”La communication entourant la décision de jeudi devrait refléter une certaine prudence quant à la possibilité d’un retour aux hausses de taux – la présidente Christine Lagarde devrait probablement signaler une période prolongée de statu quo”, estime Felix Feather, économiste chez Aberdeen.Sanofi dans le rougeLe titre Sanofi a perdu 3,26% à 80,60 euros après que le géant pharmaceutique a communiqué sur l’échec d’un essai clinique sur le tolébrutinib, un traitement expérimental contre la sclérose en plaque, et le report d’une décision réglementaire d’autorisation aux Etats-Unis.”Les résultats de l’étude de phase 3 PERSEUS (…) ont montré que le tolébrutinib n’a pas atteint son critère d’évaluation principal de retarder le délai d’apparition de la progression confirmée du handicap composite” à “6 mois chez les participants atteints de sclérose en plaques primaire progressive (SEP-PP)”, écrit le groupe dans un communiqué. La biotech américaine Dren Bio a aussi annoncé lundi l’élargissement de sa collaboration stratégique avec Sanofi pour développer une “thérapie de nouvelle génération” pour éliminer les lymphocytes B.

Le budget adopté au Sénat, place aux tractations lors d’une semaine décisive

Le projet de budget de l’Etat 2026 a été adopté lundi par le Sénat, donnant le coup d’envoi d’une semaine d’intenses tractations pour le Premier ministre Sébastien Lecornu, toujours convaincu de pouvoir aboutir à un compromis au Parlement avant le 31 décembre malgré de grandes incertitudes.Après une vingtaine de jours et de nuits de débats, les sénateurs ont voté par 187 voix contre 109 un projet de loi de finances (PLF) pour 2026 nettement remanié par la majorité sénatoriale, une alliance entre la droite et les centristes. L’Assemblée nationale n’ayant pas pu s’accorder sur ce texte, la copie des sénateurs sera la base des discussions en commission mixte paritaire (CMP), qui doit réunir vendredi sept députés et sept sénateurs chargés de trouver un accord sur ce si sensible budget. S’ils n’y parviennent pas, il faudra probablement poursuivre les débats budgétaires en janvier, et voter d’ici là une loi spéciale pour permettre la continuité de l’Etat.La semaine est donc décisive pour le chef du gouvernement, qui a promis une nouvelle méthode au début de l’automne pour faire adopter les budgets sans recourir au 49.3, malgré son absence de majorité à l’Assemblée nationale, et s’en tient pour l’instant à cette ligne.Le pari est presque réussi sur le budget de la Sécurité sociale, adopté à l’Assemblée nationale la semaine passée à une courte majorité. Un ultime vote des députés est prévu mardi après-midi sur ce texte qui accorde de nombreuses concessions à la gauche.- Déficit à 5,3% -Mais l’attention du gouvernement est focalisée sur le PLF et la CMP à venir, à l’issue très incertaine. Ce conciliabule réuni à l’Assemblée aura du travail pour atteindre l’objectif du gouvernement de ramener le déficit public sous les 5% du PIB en 2026: dans l’état actuel des discussions, la copie est à 5,3%, contre 5,4% en 2025, a annoncé le gouvernement devant les sénateurs.Ce chiffrage tire notamment les conséquences du compromis trouvé sur le budget de la Sécurité sociale, qui ponctionne plusieurs milliards d’euros au budget de l’Etat. Mais également des votes du Sénat, qui s’est opposé à de nombreux prélèvements nouveaux comme la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, qui devait rapporter quatre milliards d’euros.”Il faut qu’on trouve une manière de se sortir de cette ornière (…) Je suis persuadé qu’on peut le faire, mais on va avoir besoin des efforts de tout le monde”, a lancé le ministre de l’Economie Roland Lescure, jugeant “inacceptable” un déficit final à 5,3% et appelant le Sénat à “faire des concessions”.La droite se dit prête au compromis, mais pas à n’importe quel prix. “Nous ne pourrons pas apporter nos voix à une CMP qui viendrait augmenter la pression fiscale”, a lancé la sénatrice Les Républicains Christine Lavarde, fustigeant une copie gouvernementale initiale “ni responsable ni digne de confiance”.La position ferme de LR et de son patron Bruno Retailleau, voix prépondérante au Sénat, se heurte actuellement aux demandes des socialistes, en quête d’une concession sur la taxation des entreprises ou des hauts patrimoines. “La droite sénatoriale a +karchérisé+ les apports de l’Assemblée nationale. Ce n’est pas avec cela qu’on réussira à aboutir à un accord”, s’est désolé le président des sénateurs socialistes, Patrick Kanner.- Equation insoluble -En CMP, l’ancien socle commun sera majoritaire, ce qui pourrait présager, en théorie, d’un accord possible. Mais cela ne servira à rien si le texte de compromis n’est pas ensuite adopté la semaine prochaine au Palais Bourbon.Equation quasiment insoluble, alors que les socialistes promettent au mieux de s’abstenir et que les écologistes devraient voter contre, selon leur cheffe Marine Tondelier.”Il faut que cette séquence budgétaire s’arrête. Si le compromis est possible, alors il faut qu’il ait lieu maintenant”, veut croire auprès de l’AFP un négociateur du PS, plutôt optimiste.De nombreux responsables plaident pour le retour du 49.3, comme l’ancienne Première ministre, Elisabeth Borne, et le président du Sénat, Gérard Larcher. Mais cela ne permettrait pas au Premier ministre de faire l’économie d’un accord avec le PS. “Si le gouvernement l’utilise sans compromis préalable, il s’expose à une censure immédiate”, a prévenu le patron des socialistes, Olivier Faure.La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a quoi qu’il en soit de nouveau écarté cette piste dimanche.

Dermatose: Genevard attendue dans le Sud-Ouest où se cristallise la crise

Une situation officiellement “sous contrôle” en dépit d’un nouveau cas dans l’Aude: la ministre de l’Agriculture Annie Genevard se rend lundi à Toulouse pour défendre sa gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) critiquée par une partie des agriculteurs et de la classe politique.La ministre a répété lundi matin sur France 2 que la discussion était “ouverte”, y compris sur les modalités de la politique sanitaire, mais a défendu sa stratégie.En dépit d’un nouveau cas de DNC détecté dimanche dans une petite ferme de Pomas, dans l’Aude, où les dix bovins du foyer ont été euthanasiés, le ministère souligne que tous les cas ont été éradiqués et que la situation est “sous contrôle”.La ministre a rappelé les “trois piliers” de la stratégie sanitaire: “le dépeuplement (l’abattage, NDLR), la vaccination et la restriction de mouvement”, seuls à même de venir à bout de cette maladie animale très contagieuse, non transmissible à l’homme mais qui peut toucher très durement le cheptel.La ministre est attendue dans l’après-midi en Haute-Garonne “afin de lancer la campagne de vaccination” de près d’un million de bêtes, dans une région frondeuse où la colère s’est vite convertie en actions de blocages.- “Zéro proposition” -En pointe de la mobilisation: les syndicats Coordination rurale, radicale et parfois ouvertement proche de l’extrême droite, et la Confédération paysanne, classée à gauche, convergent de façon inhabituelle pour réclamer la fin de l’abattage systématique et l’extension générale de la vaccination.Interrogé par l’AFP sur le barrage de Carbonne sur l’A64, où était née la mobilisation agricole de janvier 2024, Jérôme Bayle, l’un des porte-voix de cette colère paysanne, a dit ne pas attendre “grand-chose” de la visite de la ministre qui arrive “avec zéro proposition”, a-t-il déclaré.Frédéric Meynard, céréalier participant au blocage de l’autoroute, et ses camarades attendent pour leur part “surtout d’être entendus” par la ministre, dans ce “pays de la résistance agricole”, comme le proclame une banderole.La crise n’est pas née dans le Sud-Ouest, qui n’est pas le coeur de l’élevage français, mais c’est ici que se cristallise la colère depuis deux ans, en réaction à la crise de la viticulture et aux crises sanitaires, alimentées par le changement climatique.De nouvelles actions ont commencé lundi autour de Toulouse en prévision de la venue de la ministre, avec trois points de blocage pour “augmenter la pression sur les politiques”, a indiqué un militant de la Confédération paysanne.Sur la rocade d’Albi, dans le Tarn, une quinzaine d’agriculteurs ont tenu le barrage toute la nuit et sont déterminés à ne pas lever le camp les mains vides. “Jusqu’ici on a été sages mais si la ministre ne donne pas de réponse satisfaisante, Albi ce soir sera un dépotoir”, prévient Sébastien Rey, 48 ans, éleveur de bovins à Saussenac.  Plusieurs axes routiers sont aussi bloqués ce lundi par des agriculteurs de la Coordination rurale en Gironde, en Dordogne et Haute-Vienne. C’est aussi le cas dans les Landes où la Confédération paysanne et le petit syndicat d’exploitants familiaux Modef ont boycotté une réunion, refusant de siéger au côté d’organisations (FNSEA et chambre d’agriculture) “qui cautionnent la politique sanitaire” de l’Etat.Tout en reconnaissant le drame individuel que constitue l’abattage d’un troupeau, le gouvernement tente d’en appeler “à la science” et à la “responsabilité” pour préserver les 16 millions du cheptel bovin français.- “Désinformation” -Le ministre de la Recherche Philippe Baptiste a rappelé lundi que les protocoles sanitaires en vigueur ont été “mis en place par des vétérinaires, par des scientifiques, par des épidémiologistes”, sur Franceinfo TV.La stratégie sanitaire en place est jusqu’à présent soutenue par la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, première force syndicale agricole, qui ne voit aucune autre solution que l’abattage des troupeaux touchés, pour “éradiquer totalement” la maladie, associée à une vaccination élargie. La fédération Culture Viande, qui regroupe les entreprises d’abattage et découpe, a mis en garde contre les conséquences économiques d’une vaccination généralisée: la France perdrait alors son statut indemne et “il en résulterait une complexification accrue des conditions d’exportation”. Mais dans de nombreuses fermes, l’abattage total d’un troupeau pour une vache malade ne passe pas. Et les critiques enflent chez des élus ruraux inquiets, comme au niveau national, avec des commentaires sévères ce week-end de responsables politiques, du Rassemblement national à LFI, sur la gestion de la crise.Lundi, plus de 200 maires et élus locaux d’Ariège se sont rassemblés à Foix devant la préfecture pour appeler l’Etat à dialoguer avec les agriculteurs afin de réévaluer le protocole de lutte contre la DNC.