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“Des cancers plein le village”: la face sombre du recyclage au Vietnam

Lanh est convaincue que les tonnes de plastique recyclées dans son village près de Hanoï, au Vietnam, ont provoqué le cancer du sang de son mari, mais elle continue de passer ses journées à trier les ordures pour pouvoir payer ses frais médicaux.Accroupie entre des montagnes de plastique, elle arrache minutieusement les étiquettes de bouteilles de Coca-Cola, d’Evian et de thé local afin qu’elles puissent être fondues et transformées en petits granulés réutilisables.”Ce travail est extrêmement sale. La pollution environnementale est vraiment très importante”, témoigne cette femme de 64 ans, qui a demandé à n’être identifiée que par son prénom. “Il y a des cas de cancer plein le village, des gens qui n’attendent plus que de mourir.”Situé au sud de Hanoï, la capitale vietnamienne étouffée par le smog, Xa Cau est l’un des centaines de villages dits “artisanaux” qui recyclent une petite partie des 1,8 million de tonnes de déchets plastique générées chaque année au Vietnam.Le recyclage vaut mieux que les décharges sauvages, mais les méthodes rudimentaires utilisées localement et le manque de règlementation génèrent des émissions dangereuses et exposent les ouvriers à des produits chimiques toxiques, selon les experts. “Le contrôle de la pollution de l’air est nul dans ce type d’installations”, pointe Hoang Thanh Vinh, spécialiste du sujet au sein du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). “ La manière actuelle de recycler dans les villages n’est absolument pas bonne pour l’environnement.”- Bouée de sauvetage -La plupart des déchets vient du Vietnam, dont l’appétit de consommation a explosé avec la rapide croissance économique du pays, peuplé de 100 millions d’habitants. Mais une partie vient aussi d’autres pays d’Asie, ainsi que d’Europe et des États-Unis, qui en envoient chaque année des centaines de milliers de tonnes. “Les déchets nationaux ne suffisent pas. Je dois importer de l’étranger”, confirme Dinh, la voix couverte par le vacarme des lourdes machines de son usine de granulés de polypropylène à Minh Khai, un autre “village de plastique” près de Hanoï. Le secteur a été une bouée de sauvetage pour beaucoup de villageois, créant emplois et revenus dans des communautés en difficulté.”Cette activité nous permet de nous enrichir”, se félicite Nguyen Thi Tuyen, 58 ans, qui vit avec son mari dans une maison à deux étages à Xa Cau. “Aujourd’hui, toutes les maisons sont en dur, alors que nous n’étions avant qu’un village de paysans.”- “Forcément des effets” -Le gouvernement vietnamien a pris des mesures pour limiter les dégâts environnementaux, en interdisant notamment de brûler les déchets non recyclables ou en encourageant à construire des usines plus modernes et plus propres.Mais les déchets inutilisables continuent d’être brûlés ou jetés dans des terrains vagues, et les eaux usées non traitées sont souvent déversées directement dans les cours d’eau, relève Hoang Thanh Vinh. D’après le spécialiste, une analyse de sédiments a révélé à Minh Khai “une contamination très élevée au plomb et la présence de dioxines”, ainsi que de furane : autant de substances associées au cancer.L’espérance de vie de leurs habitants était inférieure de 10 ans à la moyenne nationale en 2008, d’après le ministère de l’Environnement.Il n’existe pas de données sur les taux de cancer dans les villages, et ni les autorités locales ni le ministère de l’Environnement n’ont répondu aux sollicitations de l’AFP.Tous les ouvriers interrogés par l’AFP à Xa Cau et Minh Khai ont affirmé avoir des collègues ou des proches atteints d’un cancer.L’exposition prolongée à cet “environnement toxique” expose inévitablement les habitants à des “risques sanitaires” élevés, observe Xuan Quach, coordinateur de l’organisation Alliance zéro déchet Vietnam.”Faire ce travail a forcément des effets sur la santé”, estime Dat, 60 ans, qui trie du plastique à Xa Cau depuis dix ans. “Dans ce village, les cas de cancer ne manquent pas.”

Automobile: l’UE prête à assouplir l’objectif du tout-électrique en 2035

Coup de frein pour une mesure environnementale phare, ou ballon d’oxygène pour sauver l’industrie automobile en péril? L’interdiction de vendre des voitures neuves à moteur essence ou diesel dans l’UE en 2035 devrait être assouplie mardi après des mois d’intenses tractations.L’industrie automobile européenne est “en danger de mort”, avait lancé en mars le vice-président de la Commission européenne, Stéphane Séjourné, qui va présenter à Strasbourg des mesures de soutien au secteur, avec plusieurs autres membres de l’exécutif européen.Les constructeurs du Vieux Continent sont plombés par des ventes durablement atones, tandis que leurs rivaux chinois, dont BYD, voient leurs parts de marché s’envoler avec leurs modèles électriques aux prix attractifs.Résultat, depuis des mois, la pression monte sur l’UE pour qu’elle revienne sur une mesure emblématique du grand “Pacte vert européen”, adoptée lors du premier mandat d’Ursula von der Leyen à Bruxelles : l’interdiction de vendre des voitures neuves non-électriques (modèles hybrides compris), à partir de 2035.Selon l’influent élu allemand Manfred Weber, leader de la droite (PPE) au Parlement européen, Bruxelles va remplacer cet objectif par une obligation, pour les constructeurs, de réduire de 90% les émissions de CO2 de leurs flottes.Concrètement, les voitures hybrides rechargeables ou celles munies de prolongateurs d’autonomie resteraient autorisées dans des proportions limitées.Une source au sein de la Commission a confirmé à l’AFP ce nouveau principe.Cependant, des responsables de l’exécutif européen ont incité ces derniers jours à la prudence, la décision ne devant être actée que mardi par la Commission, et faisant l’objet d’intenses manœuvres de la part des Etats membres.”Il y a une demande claire de plus de flexibilité sur les objectifs de CO2″, souligne Paula Pinho, porte-parole de la Commission, assurant que Bruxelles “cherche un équilibre”.D’un côté, un bloc d’Etats qui comprend notamment l’Allemagne, l’Italie et la Pologne, défend becs et ongles la “neutralité technologique”, c’est-à-dire l’autorisation après 2035 des véhicules roulant à l’essence ou au diesel, en misant sur des innovations technologiques qui permettraient de réduire fortement les émissions de CO2.L’Italie défend aussi les biocarburants (ou agrocarburants), une alternative aux carburants pétroliers. Mais leur bilan en termes de gaz à effet de serre est très décrié.- Un soutien aux batteries -A l’inverse, la France et l’Espagne appellent l’UE à dévier le moins possible de l’objectif 2035.Selon eux, revenir sur l’interdiction des véhicules à moteur thermique saperait les lourds investissements des constructeurs pour se convertir au tout-électrique.  Et cela risquerait d’étouffer la filière européenne des batteries pour voitures électriques, en pleine éclosion.La Commission doit d’ailleurs dévoiler mardi, outre la révision de l’objectif 2035, de nouvelles mesures pour aider ce secteur naissant, ainsi qu’un plan sur le “verdissement” des flottes professionnelles.La France milite aussi pour la “préférence européenne”, c’est-à-dire l’obligation pour les industriels qui bénéficient d’aides publiques de se fournir en composants “made in Europe”.Une façon de soutenir toute la chaîne des équipementiers et sous-traitants.”L’Europe doit d’abord récompenser les constructeurs automobiles qui vont faire le choix d’acheter des composants fabriqués sur son sol”, a plaidé jeudi la ministre française de la Transition écologique Monique Barbut.Enfin, la Commission veut encourager le développement de petits véhicules électriques aux tarifs “abordables”. Un projet annoncé en septembre par Ursula von der Leyen, “pour ne pas laisser la Chine et d’autres conquérir ce marché”.”Nos demandes ne sont pas des souhaits facultatifs, ce sont des exigences essentielles pour maintenir la rentabilité du secteur, préserver les emplois, financer la décarbonation et rester compétitifs face à une concurrence mondiale féroce”, a résumé Sigrid de Vries, dirigeante de l’association des constructeurs automobiles européens (ACEA). L’ONG environnementale T&E prévient au contraire que ralentir l’électrification du secteur serait “une erreur stratégique”, qui creuserait encore plus le retard des Européens par rapport à la concurrence asiatique.”Si les constructeurs obtiennent des concessions, j’espère qu’au moins ils arrêteront de polluer le débat” autour des véhicules électriques, a déclaré son directeur William Todts.

Ultime vote sur le budget de la Sécu à l’Assemblée, tractations sous tension sur celui de l’Etat

Sauf surprise, l’Assemblée nationale devrait définitivement adopter mardi le budget de la Sécurité sociale pour 2026, un succès arraché à force de concessions par Sébastien Lecornu, qui risque toutefois de ne pas réussir le même pari pour le budget de l’Etat, à l’issue bien plus incertaine.Alors qu’approche la date butoir du 31 décembre, l’heure est aux dernières tractations pour les parlementaires, au terme de longues semaines de débats. Tous les yeux sont désormais braqués sur le projet de loi de finances (PLF), avec des négociations décisives jusqu’au week-end.Il y a une semaine pourtant, beaucoup doutaient d’une possible adoption du premier des deux textes budgétaires, la loi de financement de la Sécurité sociale, qui doit notamment acter la suspension de la réforme des retraites.Pour le PS, qui a érigé cette mesure en condition de sa non-censure, l’étape doit marquer le succès de sa stratégie de négociation avec l’exécutif, à rebours du reste de la gauche. Et pour le Premier ministre, elle couronnerait au moins temporairement sa méthode du compromis.Après un dernier passage express au Sénat vendredi, le texte revient mardi dans l’hémicycle, où les députés devront renouveler le scrutin serré de la semaine dernière (247 voix contre 234), à haut risque en l’absence de majorité et de 49.3.Les socialistes, quoique dans l’opposition, avaient consenti à massivement voter pour. Hésitant jusqu’au dernier moment à voter contre, les Ecologistes s’étaient en majorité abstenus. Et malgré les consignes d’abstention de leur parti, 18 députés LR et 9 Horizons l’avaient soutenu.Au gouvernement, une issue semblable est attendue mardi, même s’il “faut veiller à ce qu’il n’y ait pas de démobilisation” dans l’hémicycle, concède un ministre.Les syndicats FO et CGT ont appelé à des rassemblements devant l’Assemblée, critiquant notamment la limitation de la durée des arrêts maladie, ou une taxe sur les mutuelles dont ils craignent la répercussion sur les cotisations.Le texte prévoit par ailleurs la création d’un nouveau congé de naissance, ou d’un “réseau France santé” voulu par M. Lecornu pour l’accès aux soins.Le gouvernement a vu sa copie profondément remaniée par les députés, qui ont supprimé le gel des pensions de retraite et minima sociaux, et contraint l’exécutif à renoncer à doubler les franchises médicales.Le déficit anticipé pour la Sécurité sociale est de 19,4 milliards d’euros en 2026 (contre 23 milliards en 2025). Mais au prix de transferts de 4,5 milliards d’euros des caisses de l’Etat vers celles de la Sécu.- Négociations députés-sénateurs -Des transferts qui contribuent à compliquer l’équation pour le budget de l’Etat, où ils doivent être compensés.La copie du budget de l’Etat adoptée lundi au Sénat, qui a peiné à trouver des économies significatives dans les dépenses, porterait le déficit à 5,3% du PIB. Or le gouvernement a placé l’objectif à 5%.Une commission mixte paritaire (CMP) réunissant sept députés et sept sénateurs doit tenter de trouver un accord vendredi et possiblement samedi, une opération périlleuse au vu des divergences entre les deux chambres.L’Assemblée avait massivement rejeté le texte en première lecture.Les négociations avant et pendant la CMP porteront notamment sur la question des recettes, alors que les socialistes réclament des mesures de justice fiscale, quand la droite se montre intransigeante dans son refus de nouveaux prélèvements.”Il ne pourra pas y avoir d’accord sur un budget qui augmenterait considérablement les impôts et ne réduirait pas significativement la dette”, insiste le chef des Républicains Bruno Retailleau.Même si l’ancien socle commun, majoritaire au sein de la CMP, trouve un accord, il faudra encore qu’il puisse être adopté la semaine prochaine à l’Assemblée.Et ce alors que les socialistes promettent cette fois de s’abstenir au mieux, et les Écologistes de voter contre.Autres possibilités: utiliser le 49.3 en s’assurant d’une non-censure dans la foulée — comme le plaident l’ancienne Première ministre Élisabeth Borne ou l’ex-président François Hollande — ou se résoudre à une loi spéciale, avec une reprise des négociations en janvier.Une dernière option loin de remporter l’enthousiasme général.”Il faut que ça s’arrête cette séquence budgétaire”, estime un cadre socialiste. “On connaît toutes les données du problème. Si le compromis est possible, alors il faut qu’il ait lieu maintenant.”

L’Europe s’attaque à la crise du logement

Pour la première fois de son histoire, l’Union européenne veut s’attaquer à l’immense crise du logement qui frappe le Vieux continent en présentant mardi un plan pour encourager la construction et encadrer les locations de courte durée.Les statistiques sont vertigineuses.Près de 1,3 million de personnes vivent sans abri dans l’UE — soit deux fois la population du Luxembourg.Au cours des 15 dernières années, le prix des logements a augmenté de 60%. Celui des locations a lui grimpé de près de 30%, selon l’institut européen des statistiques.”Pour bien trop d’Européens aujourd’hui, se loger est devenu une source d’angoisse”, a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.Afin de tenter d’endiguer cette crise, qui frappe l’ensemble des 27 pays de l’Union européenne, ses équipes ont élaboré un “plan pour le logement abordable”, qui sera présenté mardi après-midi.- “Engouement” – Pourquoi avoir tant attendu pour agir sur ce dossier?Le logement ne fait en principe pas partie des compétences de l’Union européenne comme le sont l’agriculture, l’immigration ou le commerce: il revient aux Etats membres d’agir directement.Mais la gauche pousse pour que l’Europe se saisisse malgré tout du problème.”Nous défendons cette cause depuis des années, mais nous avons eu du mal à la placer au cœur de la politique européenne”, assure l’eurodéputée socialiste Irene Tinagli.Pour l’élue italienne, cette crise “est répandue à travers tout le continent” et loin d’affecter uniquement les centre-villes des métropoles européennes.A la tête de la Commission logement du Parlement européen, elle assure d’ailleurs avoir rencontré une ribambelle de maires européens réclamant que la Commission prenne le dossier à bras le corps.Face à ces sollicitations répétées, Bruxelles a donc concocté la toute première stratégie européenne sur le logement.”Nous avons nous-mêmes été surpris par l’engouement autour de ce dossier”, confie une source au sein de la Commission.- Encadrer les locations de courte durée -Selon une ébauche du plan consultée par l’AFP, l’exécutif européen prévoit de présenter une loi pour encadrer les locations de courte durée, du type Airbnb, notamment dans les grandes villes touristiques, où de nombreux habitants leur reprochent de contribuer à la flambée des loyers.La crise est particulièrement marquée en Espagne, pays qui a accueilli en 2024 un nombre record de visiteurs.Cette proposition de loi pourrait entre autres inclure un plafonnement du nombre de nuitées autorisées.Bruxelles veut également dynamiser le secteur de la construction.”L’idée n’est pas de proposer un texte exigeant que chaque Etat membre construise tant de maisons qui coûtent maximum tant d’euros”, explique cette source au sein de l’exécutif européen.Mais plutôt de contrer les pénuries de main d’œuvre via un grand programme de formation d’apprentis et de modifier certaines normes environnementales afin d’accélérer la délivrance de permis de construire.La Commission estime que le continent aura besoin de plus de deux millions de logements par an pour répondre à la demande actuelle.Elle souhaite également faciliter les investissements des Etats membres dans ce secteur et mobiliser le secteur privé.Selon ses calculs, jusqu’à 375 milliards d’euros pourraient être mobilisés à cet effet d’ici 2029.

L’accusation requiert au procès de Lafarge pour financement du terrorisme

La parole est à l’accusation mardi au procès du cimentier français Lafarge et de huit anciens responsables, soupçonnés d’avoir payé des groupes jihadistes en Syrie jusqu’en 2014, dont l’Etat islamique (EI), dans le but d’y maintenir l’activité d’une cimenterie, en dépit de la guerre civile qui faisait rage.Au terme de quatre semaines de débats, et après les plaidoiries des parties civiles, les deux représentantes du parquet national antiterroriste (Pnat) vont prendre leurs réquisitions à l’encontre des prévenus, jugés pour financement d’entreprises terroristes et pour certains aussi pour non-respect de sanctions financières internationales.Avec Lafarge, avalé en 2015 par le groupe suisse Holcim, comparaissent à Paris l’ancien PDG du cimentier français Bruno Lafont, cinq ex-responsables de la chaîne opérationnelle ou de la chaîne de sûreté de l’entreprise et deux intermédiaires syriens, dont l’un, central dans le dossier, vit à l’étranger et ne s’est pas présenté au procès. Il est visé par un mandat d’arrêt international.Lafarge est soupçonné d’avoir versé en 2013 et 2014, via sa filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS), plusieurs millions d’euros à des groupes rebelles jihadistes – dont certains, comme l’EI et Jabhat al-Nosra, ont été classés comme “terroristes” – afin de maintenir l’activité d’une cimenterie à Jalabiya, dans le nord de la Syrie. Cette usine avait ouvert en 2010 avec un investissement de 680 millions d’euros.Alors que les autres multinationales avaient quitté le pays en 2012, Lafarge n’a évacué cette année-là que ses employés de nationalité étrangère, et maintenu l’activité de ses salariés syriens jusqu’en septembre 2014, date à laquelle le groupe EI a pris le contrôle de l’usine.La société, qui a déjà accepté de payer une amende de 778 millions de dollars aux Etats-Unis dans le cadre d’un accord de plaider-coupable, risque cette fois-ci jusqu’à 1,125 million d’euros d’amende pour le financement du terrorisme. Pour la violation d’embargo, l’amende encourue est nettement plus lourde, allant jusqu’à 10 fois le montant de l’infraction qui sera retenu in fine par la justice.Les personnes physiques risquent de leur côté dix ans d’emprisonnement et 225.000 euros d’amende pour le financement du terrorisme.Pendant le procès, divers courriels et compte-rendus échangés entre les différents protagonistes, dont certains sont accablants, ont été méticuleusement examinés par le tribunal correctionnel. – Ligne de défense malmenée –  Les prévenus ont expliqué avoir été l’objet de “racket” de la part des différentes factions armées qui encerclaient l’usine, et y avoir cédé, pensant que la situation ne durerait pas aussi longtemps.”Soit on se faisait taxer – c’était pas nouveau, ce système est généralisé au niveau de la Syrie – soit on fermait”, a ainsi déclaré Christian Herrault, ancien directeur général adjoint de la multinationale.La thèse de la défense, selon laquelle les autorités françaises – la diplomatie et les services de renseignement – approuvaient la présence de Lafarge en Syrie et étaient au courant des versements aux jihadistes, s’est dégonflée à l’audience.La société faisait effectivement remonter en haut lieu des informations du terrain, ont témoigné plusieurs personnes, dont l’ancien directeur de la sûreté du groupe, Jean-Claude Veillard, qui avait été mis en examen dans le dossier avant de bénéficier d’un non-lieu. Mais cela ne signifiait pas que les autorités savaient que le groupe finançait les groupes armés, et qu’elles lui avaient donné un “blanc-seing”, ont déclaré ces témoins.Dans leurs plaidoiries vendredi, les avocats des parties civiles ont dénoncé le cynisme des prévenus, qui ont choisi de maintenir l’activité “coûte que coûte”, au détriment de la sécurité des salariés, qui devaient franchir, la peur au ventre, les checkpoints tenus par les rebelles pour rejoindre l’usine.La position de l’ex-patron Bruno Lafont, affirmant ne pas avoir été au courant des versements illicites, a été notamment critiquée.”Lorsqu’on est aux commandes, on est responsable, diriger une grande multinationale ça oblige, on a des milliers de personnes sous sa hiérarchie”, a observé Me Julie Février, avocate de l’ONG Sherpa. “On ne peut pas sérieusement croire que quand la guerre éclate (…), on ne surveille pas ce qui se passe près de l’usine” et “qu’on est tenus à l’écart des confidences”, a-t-elle estimé.Après les réquisitions, ce sera au tour des avocats de la défense de plaider, jusqu’au 19 décembre. Délibéré attendu en 2026.

Dermatose: dans le Sud-Ouest, Genevard défend sa stratégie, assure “entendre” les éleveurs

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a assuré lundi à Toulouse “entendre” la détresse des éleveurs, mais a défendu sa gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), critiquée par une partie des agriculteurs et de la classe politique.Après avoir assisté à la vaccination d’un troupeau en Haute-Garonne, la ministre a rejoint la préfecture de Toulouse pour une “réunion de crise” en fin d’après-midi.Là, elle a assuré avoir entendu les éleveurs et présenté comme un “infléchissement” du protocole sanitaire l’élargissement du périmètre de la vaccination annoncé vendredi.Dans le sud de la France, 600.000 à 1 million de bovins doivent être vaccinés, selon la ministre.Une “cellule de dialogue scientifique” réunissant experts en santé animale et représentants professionnels va être créée dès mardi, a ajouté lundi soir dans un communiqué le ministère.En dépit d’un nouveau cas de DNC détecté dimanche dans une petite ferme de l’Aude, où les dix bovins du foyer ont été euthanasiés, la ministre a souligné plus tôt lundi que tous les cas étaient désormais éradiqués et que la situation était “sous contrôle”.Elle a rappelé les “trois piliers” de la stratégie sanitaire: l’abattage systématique dès la détection d’un cas, la vaccination et la restriction de mouvements, seuls à même de venir à bout de cette maladie animale très contagieuse, non transmissible à l’homme mais qui peut toucher très durement le cheptel.Dans une région frondeuse où la colère s’est vite convertie en actions, la ministre s’est tenue loin des blocages sur le terrain.Le ministère de l’Intérieur a recensé lundi 45 actions impliquant au moins 3.000 personnes à travers le pays, contre moins de 30 actions impliquant 1.000 personnes dimanche.- “Zéro proposition” -À la pointe de la mobilisation, les syndicats Coordination rurale, radicale et parfois ouvertement proche de l’extrême droite, et Confédération paysanne, classée à gauche, convergent de façon inhabituelle pour réclamer la fin de l’abattage systématique et l’extension générale de la vaccination.Interrogé par l’AFP au barrage de Carbonne sur l’A64, où était née la mobilisation agricole de janvier 2024, Jérôme Bayle, l’un des porte-voix de cette colère paysanne, a dit à l’AFP que la ministre venait avec “zéro proposition”.Sur le barrage, pas de drapeau syndical mais une colère immense. Les manifestants s’apprêtent à passer leur quatrième nuit sur place. Nombre d’entre eux n’envisagent pas de lever le camp “si rien ne bouge”.La crise n’est pas née dans le Sud-Ouest, qui n’est pas le cœur de l’élevage français, mais c’est ici que se cristallise la colère depuis deux ans, en réaction à la crise de la viticulture et aux crises sanitaires, alimentées par le changement climatique.Sur la rocade d’Albi, dans le Tarn, une quinzaine d’agriculteurs étaient aussi déterminés. L’un d’eux, Sébastien Rey, éleveur,assure que si la ministre ne donne pas de réponse satisfaisante, Albi allait devenir “un dépotoir” lundi soir.Plusieurs axes routiers ont aussi été bloqués lundi par des agriculteurs de la Coordination rurale en Gironde, en Dordogne et Haute-Vienne. Blocages aussi dans les Landes, où manifeste la Confédération paysanne.À Tours, le centre-ville a pris des allures de camp retranché, avec dépôt de pneus et de fumier devant la préfecture, et de bennes de pommes de terre devant l’hôtel de ville. À Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, quelque 70 tracteurs ont défilé dans les rues pour dire “stop au massacre” des bêtes.Tout en reconnaissant le drame individuel que constitue l’abattage d’un troupeau, le gouvernement tente d’en appeler “à la science” et à la “responsabilité” pour préserver le cheptel bovin français.- “Consensus scientifique” -Lundi soir, Annie Genevard a appelé à dresser “un mur sanitaire” contre la DNC, en respectant à la lettre les interdictions de déplacement de bétail. Elle a souligné que l’éradication des foyers était pour le moment la seule façon de lutter efficacement contre une maladie qui se propage grâce à un insecte piqueur, favorisé par la douceur automnale.Lui aussi en déplacement en Haute-Garonne, le président du premier syndicat agricole FNSEA, Arnaud Rousseau, a appelé avant tout à “suivre le consensus scientifique”, pour sortir le plus rapidement possible de cette crise.La fédération Culture Viande, qui regroupe les entreprises d’abattage et découpe, a de son côté mis en garde contre les conséquences économiques d’une vaccination généralisée : la France perdrait alors son statut indemne et “il en résulterait une complexification accrue des conditions d’exportation”.Mais face à la détresse des éleveurs et au risque d’un nouvel embrasement des campagnes, les critiques enflent sur la gestion de la crise chez des élus ruraux inquiets, comme au niveau national, du Rassemblement national à LFI.Lundi, plus de 200 maires et élus locaux d’Ariège se sont rassemblés à Foix pour appeler l’État à dialoguer avec les agriculteurs afin de réévaluer le protocole de lutte contre la DNC.

Ford ralentit sur le tout-électrique, la facture atteint 19,5 milliards

Le constructeur automobile américain Ford va réduire la voilure sur les gros véhicules tout-électrique pour se concentrer sur les motorisations hybrides et à essence, une décision qui va occasionner des provisions et coûts supplémentaires de 19,5 milliards de dollars.Cette réorientation stratégique est la conséquence d’une moindre demande des consommateurs ainsi que d’un assouplissement des contraintes réglementaires acté par le gouvernement Trump, selon un communiqué publié lundi par le groupe de Dearborn (Michigan).Parallèlement, il entend mettre à profit les investissements déjà réalisés dans l’électrique pour lancer, en 2027, une offre de batteries de stockage portables pour l’industrie hors automobile, les centres de données notamment, mais aussi les particuliers.”Nous tenons compte du marché tel qu’il est aujourd’hui et non tel que les gens l’imaginaient il y a cinq ans”, a expliqué Andrew Frick, président de Ford Blue (combustion) et Ford Model e (hybride et électrique), lors d’un point de presse téléphonique.Les hypothèses de croissance ambitieuses pour le tout-électrique, formulées après la pandémie de coronavirus par les grands constructeurs occidentaux tardent à se concrétiser.Aux Etats-Unis, l’insuffisance du réseau de chargeurs ainsi que le prix de vente moyen plus élevé que pour les voitures à essence justifient, pour partie, ce rythme moins soutenu que prévu, même si les ventes continuent d’augmenter.Parmi les autres facteurs figure l’extinction, voulue par le gouvernement Trump, d’un crédit d’impôt de 7.500 dollars pour l’achat de “EV” (véhicule électrique).”Plutôt que de dépenser des milliards supplémentaires dans de gros véhicules électriques qui ne seront pas rentables, nous réallouons ces capitaux” à des voitures à essence, hybrides, des modèles tout-électrique de moindre gabarit et cette nouvelle activité distincte de batteries, a détaillé Andrew Frick.- L’électrique rentable en 2029 -Ford va notamment arrêter la production du F-150 Lightning tout-électrique, déclinaison de son pick-up vedette, et prévoit d’en lancer prochainement une version avec prolongateur d’autonomie (EREV), technologie utilisant un moteur à essence de complément.Aux Etats-Unis, le constructeur renonce, par ailleurs, à un projet de monospace tout-électrique pour le remplacer par des modèles hybride et essence. Dans le détail, Ford va passer pour 8,5 milliards de dépréciations sur certains de ses actifs, 6 milliards de frais liés à la dissolution de sa société commune spécialisée dans les batteries avec le sud-coréen SK, et absorber 5 milliards de coûts supplémentaires.Quelque 12,5 des 19,5 milliards seront intégrés aux comptes du quatrième trimestre 2025, ce qui devrait faire basculer la firme dans le rouge, le solde étant étalé dans les comptes de 2026 et 2027.Le groupe compte sur ce coup de volant pour parvenir à la rentabilité de son activité électrique (hybrides compris) en 2029.Ford a mentionné des “changements réglementaires” à l’appui de ce virage, sans plus de précision.Début décembre, Donald Trump a choisi d’alléger la réglementation sur la consommation en carburant et les émissions de véhicules aux Etats-Unis, affirmant que cela ferait baisser le prix de vente moyen d’un véhicule, une assertion contestée par des spécialistes.Le gouvernement de l’ex-président Joe Biden avait durci les standards pour favoriser la transition du parc automobile vers le tout-électrique.En 2021, Ford s’était fixé l’objectif de parevenir à une production à 40% tout-électrique en 2030. Il vise désormais 50% en incluant l’hybride et l’EREV. Si la réorganisation dévoilée lundi aura des effets sur plusieurs sites de Ford, le constructeur s’attend à ce qu’elle soit, “au total, positive pour l’emploi”, selon Andrew Frick.Le sud-coréen SK a annoncé jeudi la dissolution de sa société commune BlueOval SK avec Ford, le protocole de rupture prévoyant que l’entreprise américaine devienne propriétaire à 100% de l’usine de batteries de Glendale (Kentucky).Lors du point de presse, le responsable de la communication de Ford a précisé que, dans un premier temps, les 1.600 employés de ce site seraient licenciés mais qu’une fois l’usine adaptée à la production de batteries de stockage, le groupe embaucherait 2.100 personnes.Dans les échanges électroniques postérieurs à la clôture de Wall Street, le titre Ford gagnait un peu plus de 1%.

Wall Street dans le rouge avant les chiffres de l’emploi aux Etats-Unis

La Bourse de New York a clôturé en baisse lundi, entre prudence à la veille de la publication des données mensuelles sur l’emploi américain et désaffection pour certaines valeurs technologiques liées à l’intelligence artificielle (IA).Après une ouverture en hausse, le Dow Jones a cédé 0,09%, l’indice à coloration technologique Nasdaq a reculé de 0,59% et l’indice élargi S&P 500 a perdu 0,16%.”Les marchés ont bien démarré la semaine, mais la progression solide des actions a été de courte durée, car des pressions à la vente ont frappé peu après l’ouverture”, note Jose Torres, d’Interactive Brokers.”Les actions à forte capitalisation n’ont pas vraiment réussi à soutenir le marché, qui a de nouveau connu une certaine tendance à la vente, rien de majeur, mais suffisamment pour freiner les indices”, commente pour sa part Patrick O’Hare, de Briefing.com.”Les efforts de rééquilibrage se poursuivent” ajoute auprès de l’AFP l’analyste, notant une rotation “entre les mégacapitalisations et d’autres segments du marché”.Le géant de l’informatique à distance (cloud) Oracle a connu une troisième séance consécutive de recul, après des résultats trimestriels jugés décevants par les investisseurs. Depuis jeudi, son action a chuté de plus de 17%.Le spécialiste des puces Broadcom a connu une évolution similaire, en raison d’un carnet de commandes à 73 milliards de dollars pas assez rempli pour les acteurs du marché.La trajectoire de ces deux sociétés reflète les craintes de Wall Street sur les niveaux de valorisation de certaines des valeurs du secteur de l’IA et le scepticisme sur la possibilité de rentabiliser à court ou moyen terme les gigantesques investissements des dernières années.Côté macroéconomie, les acteurs du marché auront le regard tourné mardi vers la publication du rapport sur l’emploi du mois de novembre.Un indicateur d’importance alors que “la Réserve fédérale (Fed) continue d’affirmer clairement qu’elle se concentre davantage sur l’aspect emploi de son mandat”, qui lui impose aussi de veiller à garder l’inflation contenue, relève Patrick O’Hare.Les trois baisses (d’affilée) de taux en 2025 ont été décidées pour redonner un peu d’air à un marché du travail atone.Les chiffres de l’inflation du mois de novembre seront, eux, connus jeudi.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt américain à dix ans était stable par rapport à la clôture vendredi, à 4,18%.A la cote, la société iRobot, qui commercialise les robots aspirateurs Roomba, s’est effondrée de plus de 72% à l’annonce de son dépôt de bilan. Son principal créancier et sous-traitant, le groupe chinois Picea, rachètera entièrement l’entreprise et la société quittera le Nasdaq à l’issue de la transaction.Le populaire site de transactions immobilières Zillow a dégringolé (-8,47% à 68,38 dollars) après un message d’un analyste du secteur assurant que Google pourrait désormais afficher les annonces immobilières directement dans ses résultats de recherche. Rocket, propriétaire du site immobilier Redfin, a lâché 2,73% à 18,20 dollars.Des statistiques chinoises sans éclat, comme les ventes au détail en novembre, qui ont progressé à leur rythme le plus lent depuis presque trois ans, et la sortie des restrictions liées au Covid-19, ont pénalisé les géants du commerce en ligne et d’internet du pays. Alibaba a cédé 3,59%, PDD, maison mère de Temu, a perdu 1,39% et Baidu chuté de 4,94%.

Pétrolier saisi : Caracas accuse Trinité-et-Tobago

Caracas a accusé lundi Trinité-et-Tobago, archipel voisin situé à une dizaine de kilomètres de ses côtes, d’avoir participé à la saisie par les Etats-Unis d’un pétrolier dans les Caraïbes et critiqué l’Union européenne qui a prolongé d’un an les sanctions contre des responsables du pays.La Première ministre trinidadienne Kamla Persad‑Bissessar, fidèle alliée de Donald Trump, a balayé les accusations affirmant ne pas être “perturbée par le communiqué”, conseillant aux Vénézuéliens “d’adresser leurs plaintes au président Trump”, dans des déclarations par messagerie à l’AFP. La saisie du pétrolier transportant du brut vénézuélien, une première dans la crise entre Washington et Caracas, lors d’une opération impliquant des hélicoptères et des soldats descendant en rappel sur le pont, avait été dénoncée par le Venezuela comme un “acte de piraterie internationale”.Depuis août, Washington a déployé dans les Caraïbes une importante présence militaire officiellement pour lutter contre le trafic de drogue à destination des Etats-Unis. Caracas estime qu’il s’agit d’une opération visant à évincer le président Nicolas Maduro du pouvoir et s’emparer des immenses réserves de pétrole du pays. Le Venezuela “informe qu’il a pleinement connaissance de la participation du gouvernement de Trinité‑et‑Tobago au vol du pétrole vénézuélien, commis par l’administration américaine le 10 décembre dernier lors de l’attaque d’un navire”, selon un communiqué lundi de la vice-présidente Delcy Rodriguez, également ministre du Pétrole.”Cet acte de piraterie constitue une grave violation du droit international et une transgression manifeste des principes de libre navigation et de libre commerce”, selon le texte.En conséquence, “le gouvernement vénézuélien a décidé de stopper immédiatement tout contrat, accord ou négociation visant l’approvisionnement en gaz naturel” de Trinité-et-Tobago, alors que le président Nicolas Maduro avait déjà suspendu les accords gaziers entre les deux pays fin octobre. “Nous n’avons jamais dépendu du Venezuela pour nos approvisionnements en gaz naturel. Nous disposons de réserves suffisantes sur notre territoire. Nous travaillons activement à réduire les obstacles bureaucratiques” qui entravent “l’exploration et la production” locale, a estimé la Première ministre tinidadienne.Lundi, Trinité-et-Tobago a autorisé les Etats-Unis à utiliser ses aéroports pour “les semaines à venir” pour des “mouvements de nature logistique”.Depuis son arrivée au pouvoir en mai, Mme Persad‑Bissessar a multiplié les déclarations hostiles au pouvoir vénézuélien, tout en soulignant que Washington n’a jamais demandé à utiliser l’archipel pour lancer des attaques contre le Venezuela.Trinité-et-Tobago a accueilli fin octobre le bateau de guerre américain USS Gravely, et un contingent de Marines américains y a effectué des manœuvres du 16 au 21 novembre.Washington a aussi installé fin novembre un radar sur le nouvel aéroport de Tobago (deuxième île du pays où se concentrent les plages et les complexes touristiques), qui n’a pas encore été inauguré. “Avec ces actions, (elle) met en danger les bonnes relations, mais elle met aussi en danger son propre peuple”, a commenté le ministre de l’Intérieur vénézuélien Diosdado Cabello.- Sanctions européennes -Le groupe pétrolier et géant public Petroleos de Venezuela (PDVSA) a lui lundi dans un communiqué dénoncé une “cyberattaque” orchestrée par des “intérêts étrangers”, assurant toutefois que “la continuité opérationnelle de l’industrie” avait été “préservée”.Par ailleurs, l’Union européenne a lundi “prorogé d’un an, jusqu’au 10 janvier 2027”, les sanctions contre 69 personnalités vénézuéliennes “à la lumière des actions qui continuent de porter atteinte à la démocratie et à l’état de droit, ainsi que la poursuite des violations des droits de l’Homme et de la répression à l’égard de la société civile et de l’opposition démocratique”.Lundi, Vente Venezuela, le parti de la cheffe de l’opposition et prix Nobel de la paix Maria Carina Machado, a dénoncé sur X l’arrestation d’un de ses cadres. Melquiades Pulido Garcia “a été intercepté par une unité du Sebin (service de renseignements) alors qu’il marchait” lundi à Caracas. De nombreuses ONG dénoncent la persécution systématique de personnes opposées au gouvernement vénézuélien du président Nicolas Maduro. Il y a au moins 889 “prisonniers politiques” dans le pays, selon l’ONG Foro Penal.Caracas a “rejeté catégoriquement” la prolongation des “sanctions” européennes, l’estimant “illégitime, illégale et contraire au droit international”.L’UE a “malheureusement choisi d’accélérer sa propre décadence politique (…) confirmant” son “insignifiance croissante (…) en tant qu’acteur international”, indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Ford réduit la voilure sur le tout-électrique, impact de 19,5 milliards de dollars

Le constructeur automobile américain Ford va réduire la voilure sur les gros véhicules tout-électrique pour se concentrer sur les motorisations hybrides et à essence, a-t-il annoncé lundi dans un communiqué, une décision qui va occasionner des provisions et coûts supplémentaires de 19,5 milliards de dollars.Cette réorientation stratégique est la conséquence d’une moindre demande des consommateurs ainsi que d’un assouplissement des contraintes réglementaires acté par le gouvernement Trump, selon le groupe de Dearborn (Michigan).Parallèlement, le groupe entend mettre à profit les investissements déjà réalisés dans l’électrique pour lancer une offre de batteries de stockage portables pour l’industrie hors automobile, les centres de données notamment, mais aussi les particuliers.”Nous tenons compte du marché tel qu’il est aujourd’hui et non tel que les gens l’imaginaient il y a cinq ans”, a expliqué Andrew Frick, président de Ford Blue (combustion et hybride) et Ford Model e (électrique), lors d’un point de presse téléphonique.Les hypothèses de croissance ambitieuses pour le tout-électrique, formulées après la pandémie de coronavirus par les grands constructeurs occidentaux tardent à se concrétiser.Aux Etats-Unis, l’insuffisance du réseau de chargeurs ainsi que le prix de vente moyen plus élevé que pour les voitures à essence justifient, pour partie, ce rythme moins soutenu que prévu, même si les ventes continuent d’augmenter.”Plutôt que de dépenser des milliards supplémentaires dans de gros véhicules électriques qui ne seront pas rentables, nous réallouons ces capitaux” à des voitures à essence, hybrides, des modèles tout-électrique de moindre gabarit et cette nouvelle activité distincte de batteries, a détaillé Andrew Frick.Ford a mentionné des “changements réglementaires” à l’appui de ce virage, sans plus de précision.Début décembre, Donald Trump a choisi d’alléger la réglementation sur la consommation en carburant et les émissions de véhicules aux Etats-Unis, affirmant que cela ferait baisser le prix de vente moyen d’un véhicule, une assertion contestée par des spécialistes.Le gouvernement de l’ex-président Joe Biden avait durci les standards pour favoriser la transition du parc automobile vers le tout-électrique.  Si la réorganisation dévoilée lundi aura des effets sur plusieurs sites de Ford, le constructeur s’attend à ce qu’elle soit, “au total, positive pour l’emploi”, selon Andrew Frick.