Test

Dermatose: Lecornu demande d’accélérer la vaccination, va recevoir les syndicats agricoles

Sébastien Lecornu, focalisé depuis plusieurs semaines  sur le budget, a pris le dossier agricole en main mardi et demandé une “accélération” de la vaccination contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui touche les élevages et a provoqué une mobilisation d’agriculteurs notamment dans le Sud-Ouest qui ne faiblit pas.Il recevra “dans la semaine” les différents syndicats agricoles, dont certains critiquent la gestion de cette maladie animale et qui sont aussi indignés par la perspective d’une signature du traité de libre-échange entre l’Union européenne et des pays latino-américains du Mercosur.Le Premier ministre a tenu une réunion mardi matin avec plusieurs ministres et des préfets pour évoquer les moyens de lutter contre l’épizootie.Il tiendra une deuxième réunion à ce sujet à 17H30. Dans l’intervalle, il a demandé à ses ministres “une accélération de la stratégie vaccinale qui doit davantage tenir compte de la réalité de chaque département” pour “protéger nos éleveurs et l’élevage français”, appelant à “garantir” une “disponibilité des doses” de vaccins “plus forte”.Au lendemain d’une visite de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, en Occitanie, la mobilisation contre la gestion de l’épizootie ne retombait pas mardi, au septième jour consécutif, avec plusieurs axes routiers et ferroviaires bloqués dans le Sud-Ouest.Une partie des agriculteurs manifeste sa colère depuis plusieurs jours contre la stratégie gouvernementale d’abattage systématique d’un troupeau de bovins dès la détection d’un cas de cette maladie très contagieuse.Au total, 113 foyers de dermatose nodulaire contagieuse ont été recensés en France- Mercosur -L’exécutif doit par ailleurs gérer une autre colère agricole contre la signature du traité de libre-échange avec des pays du Mercosur. La FNSEA, premier syndicat agricole, a appelé à manifester à Bruxelles jeudi à l’occasion du sommet des chefs d’Etat européens invités à valider l’accord.La patronne du Rassemblement national, Marine Le Pen, a appelé le président Emmanuel Macron à “dire non” à ce traité “parce qu’il en va de la survie de notre agriculture et donc de la souveraineté de notre pays”, plutôt que de demander un report en 2026 du vote prévu à Bruxelles cette semaine. M. Macron a redit aux dirigeants de l’UE son opposition à la signature de l’accord. Paris demande que les décisions sur ce traité soient repoussées. Depuis le début de l’épidémie de DNC, en Savoie cet été, l’État tente de contenir la propagation du virus en se basant sur “trois piliers”: l’abattage systématique dès la détection d’un cas, la vaccination et la restriction de mouvements.Cette stratégie a été réaffirmée lundi par Mme Genevard, alors que la Coordination rurale, deuxième syndicat de la profession, proche de l’extrême droite, la Confédération paysanne, classée à gauche, et plus localement la FNSEA, premier syndicat, demandent la fin de l’abattage total et un élargissement de la zone vaccinale.Mme Genevard a assuré “entendre” la détresse des éleveurs lundi à Toulouse. L’élargissement du territoire de vaccination dans le Sud-Ouest, visant 600.000 à un million de bovins, est “un premier infléchissement du protocole”, a-t-elle estimé.- “Déconnectée” -“Au vu des annonces de la ministre (Annie Genevard)”, les blocages “ne sont pas près de se lever”, a prévenu mardi Guillaume Bénazet, patron des Jeunes Agriculteurs de Haute-Garonne. “Tout ce qu’on avait proposé, notamment la fin de l’abattage total, rien n’a été étudié. Donc on continue”. Blocages et manifestations se poursuivaient mardi dans le Sud-Ouest. Entre la Haute-Garonne et les Pyrénées-Atlantiques, l’autoroute A64 était toujours coupée sur 180 km. Tracteurs et bottes de paille obstruent encore cette autoroute à Carbonne, près de Toulouse, où les agriculteurs ont passé une quatrième nuit.L’axe ferroviaire Bordeaux-Marseille est aussi bloqué entre Toulouse et Narbonne sur un passage à niveau à Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne), selon SNCF Réseau. Environ 200 agriculteurs empêchent toute circulation avec palettes et bottes de foin, tandis que de gros feux ont été allumés au niveau des routes à proximité.Le blocage devrait perdurer “au moins pour la journée”, a précisé Baptiste Marquié, 38 ans, exploitant céréalier à Monesrol, présent en solidarité des éleveurs. “On détruit plus que des élevages, on détruit des familles et des générations de travail”, a-t-il déploré.Mme Genevard “méprise les agriculteurs, elle est déconnectée, elle n’y comprend rien”, a estimé Lionel Candelon, président de la Chambre d’agriculture du Gers et leader régional de la Coordination rurale.”DNC/Mercosur, même combat !”, ont affirmé mardi matin des agriculteurs au niveau de Méré, dans les Yvelines, où ils ont bloqué la route nationale 12 en direction de Paris.”Il faut traiter (la DNC) en priorité, en même temps que le Mercosur, pour moi tout est lié”, a assuré Vincent Thoumieux, secrétaire général des Jeunes agriculteurs des Yvelines, à l’origine de la mobilisation. 

Mercosur: le Parlement européen adopte des protections renforcées pour les agriculteurs

Le Parlement européen a approuvé mardi des mesures de protection renforcées pour les agriculteurs européens, afin de limiter l’impact éventuel de l’accord de libre-échange avec les pays latino-américains du Mercosur.Soutenues par 431 voix contre 161, ces mesures de sauvegarde prévoient un suivi des produits sensibles comme le boeuf, la volaille ou le sucre et une possible réintroduction de droits de douane en cas de déstabilisation du marché.Cela ne devrait toutefois pas suffire à obtenir le feu vert de la France. Paris a appelé l’UE à reporter la signature de cet accord commercial avec le Mercosur, que Bruxelles voudrait parapher au Brésil samedi.Mardi, le Parlement européen a opté pour une protection plus forte que ce qu’avaient voté les Etats membres.Les eurodéputés voudraient que la Commission européenne intervienne si le prix d’un produit du Mercosur est au moins 5% inférieur à celui de la même marchandise dans l’UE et que le volume des importations détaxées augmente de plus de 5%. La proposition initiale fixait ces seuils à 10%.Etats et Parlement européen vont maintenant tenter de trouver un compromis sur ce volet.Ursula von der Leyen espère toujours signer ce traité de libre-échange lors du sommet du Mercosur samedi dans la ville brésilienne de Foz do Iguaçu. Mais la présidente de la Commission a besoin au préalable de l’aval des Etats membres. Sur fond de mobilisation agricole, la France a fait monter la pression en demandant un report du vote en 2026. L’Allemagne a à l’inverse appelé à signer ce traité cette semaine.Tout dépendra de l’Italie, qui a soufflé le chaud et le froid ces derniers mois. La cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni “a les clés” sur ce dossier, souligne un diplomate européen, anonymement.Les syndicats agricoles européens restent vent debout contre cet accord commercial avec l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay et prévoient une manifestation jeudi à Bruxelles.Ce traité favoriserait les exportations européennes de voitures, de machines, de vins et de spiritueux. En retour, il faciliterait l’entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel ou soja sud-américains, ce qui alarme les filières.

L’accusation prend ses réquisitions au procès de Lafarge pour financement du terrorisme

“C’est l’histoire d’un dérapage”: l’accusation a commencé à réquérir mardi au procès du cimentier français Lafarge et de huit anciens responsables, soupçonnés d’avoir payé des groupes jihadistes en Syrie jusqu’en 2014, dont le groupe Etat islamique (EI), dans le but d’y maintenir l’activité d’une cimenterie, en pleine guerre civile.Au terme de quatre semaines de débats, et après les plaidoiries des parties civiles, la parole est désormais donnée aux deux représentantes du parquet national antiterroriste (Pnat) à l’encontre des prévenus, jugés pour financement d’entreprises terroristes et pour certains aussi pour non-respect de sanctions financières internationales.”Nous ne sommes pas dans une affaire financière mais dans une affaire de nature terroriste”, a débuté Aurélie Valente. Pour la procureure, “peu importe le niveau d’élaboration des circuits financiers”, “seule compte la finalité des flux financiers”.Avec Lafarge, avalé en 2015 par le groupe suisse Holcim, comparaissent à Paris l’ancien PDG du cimentier français Bruno Lafont, cinq ex-responsables de la chaîne opérationnelle ou de la chaîne de sûreté de l’entreprise et deux intermédiaires syriens, dont l’un, central dans le dossier, vit à l’étranger et ne s’est pas présenté au procès.Lafarge est soupçonné d’avoir versé en 2013 et 2014, via sa filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS), plusieurs millions d’euros à des groupes rebelles jihadistes – dont certains, comme l’EI et Jabhat al-Nosra, ont été classés comme “terroristes” – afin de maintenir l’activité d’une cimenterie à Jalabiya, dans le nord de la Syrie. Cette usine avait ouvert en 2010 avec un investissement de 680 millions d’euros.Alors que les autres multinationales avaient quitté le pays en 2012, Lafarge n’a évacué cette année-là que ses employés de nationalité étrangère et maintenu l’activité de ses salariés syriens jusqu’en septembre 2014, date à laquelle le groupe EI a pris le contrôle de l’usine.- “Fonctionnement systémique” -“C’est l’histoire d’un dérapage, d’un dévoiement qui fait que la société Lafarge, fleuron de l’industrie francaise, en est venue à financer des organisations terroristes, dans une seule visée: mercantile”, a estimé Aurélie Valente. Elle a dénoncé un “fonctionnement systémique” de la société, qui en est venue à considérer les organisations terroristes comme des “partenaires économiques, des interlocuteurs commerciaux”.”L’usine a fonctionné, coûte que coûte, alors que d’autres sont partis”, a renchéri l’autre représentante du ministère public, Olga Martin-Belliard. Elle a fustigé la “distance cynique”, “assumée” des prévenus par rapport à “leur action” et “la loi”. “Là où nous attendions peut-être des regrets, nous avons entendu la fierté, l’absence de remise en cause”, a-t-elle déploré.La société, qui a déjà accepté de payer une amende de 778 millions de dollars aux Etats-Unis dans le cadre d’un accord de plaider-coupable, risque cette fois-ci jusqu’à 1,125 million d’euros d’amende pour le financement du terrorisme. Pour la violation d’embargo, l’amende encourue est nettement plus lourde, allant jusqu’à 10 fois le montant de l’infraction qui sera retenu in fine par la justice.Les personnes physiques risquent de leur côté dix ans d’emprisonnement et 225.000 euros d’amende pour le financement du terrorisme.Pendant le procès, divers courriels et compte-rendus échangés entre les différents protagonistes, dont certains sont accablants, ont été méticuleusement examinés par le tribunal correctionnel. Les prévenus ont expliqué avoir été l’objet de “racket” de la part des différentes factions armées qui encerclaient l’usine, et y avoir cédé, pensant que la situation ne durerait pas aussi longtemps.La thèse de la défense, selon laquelle les autorités françaises – diplomatie et services de renseignement – approuvaient la présence de Lafarge en Syrie et étaient au courant des versements aux jihadistes, s’est dégonflée à l’audience.La société faisait effectivement remonter en haut lieu des informations du terrain, ont témoigné plusieurs personnes, dont l’ancien directeur de la sûreté du groupe, Jean-Claude Veillard, qui avait été mis en examen dans le dossier avant de bénéficier d’un non-lieu. Mais cela ne signifiait pas que les autorités savaient que le groupe finançait les groupes armés et qu’elles lui avaient donné un “blanc-seing”, ont déclaré ces témoins.Dans leurs plaidoiries vendredi, les avocats des parties civiles avaient déjà dénoncé le cynisme des prévenus. La position de l’ex-patron Bruno Lafont, qui réfute avoir été au courant des versements illicites, a été notamment critiquée. Après les réquisitions, ce sera au tour des avocats de la défense de plaider, jusqu’au 19 décembre. Le délibéré est attendu en 2026.

Dermatose, Mercosur: Lecornu entame une réunion sur l’agriculture avec ministres et préfets

Sébastien Lecornu a entamé mardi à Matignon une réunion sur l’agriculture avec plusieurs ministres et préfets, alors qu’une partie des agriculteurs critiquent la gestion par le gouvernement d’une épizootie touchant les élevages, et que la profession s’oppose à la signature du traité de libre-échange avec le Mercosur.”Le moment est très sensible”, a reconnu en arrivant la ministre de l’Agriculture Annie Genevard. Etaient présents également Laurent Panifous (Relations avec le Parlement), Maud Bregeon (porte-parole), Amélie de Montchalin (Comptes publics), et Nicolas Forissier (Commerce extérieur). D’autres ministres étaient représentés. Plusieurs préfets de départements du sud-ouest touchés par la dermatose nodulaire contagieuse participent aussi à cette réunion en visio-conférence (Ariège, Aude, Gers, Haute-Garonne, Hautes Pyrénées, Landes, Pyrénées Atlantiques, Pyrénées orientales).Une partie des agriculteurs, notamment de la Coordination rurale (deuxième syndicat) et de la Confédération paysanne (3e), manifeste sa colère depuis plusieurs jours contre la stratégie gouvernementale d’abattage systématique d’un troupeau de bovins dès la détection d’un cas de cette maladie très contagieuse.L’exécutif doit par ailleurs gérer une autre colère agricole contre la signature du traité de libre échange avec des pays du Mercosur. La FNSEA, premier syndicat agricole, a appelé à manifester à Bruxelles jeudi à l’occasion du sommet des chefs d’Etat européens invités à valider l’accord.Les 27 doivent approuver à la majorité qualifiée cette semaine ce traité, négocié depuis de longues années avec plusieurs pays d’Amérique du Sud, afin que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen puisse le parapher lors d’un sommet du Mercosur à Foz do Iguaçu au Brésil.Mais la France y reste opposée. Lundi soir à Berlin, Emmanuel Macron a été “très clair avec la présidente de la Commission et le président du Conseil européen (Antonio Costa) sur le fait que le compte n’y était pas à ce stade pour protéger les agriculteurs français”, a indiqué son entourage mardi matin.La France plaide donc pour un report en 2026 du vote prévu cette semaine au Conseil européen. Mardi, la cheffe de file des députés du Rassemblement national Marine Le Pen a appelé le chef de l’Etat à “dire non” à cet accord plutôt que de simplement demander qu’il soit repoussé.L’exécutif européen a opposé au président français une fin de non-recevoir lundi. Ce traité est “de la plus haute importance pour l’Union européenne”, sur “le plan économique, diplomatique et géopolitique”, a souligné un porte-parole de la Commission, qui maintient son calendrier.Une signature est “absolument nécessaire cette semaine”, a renchéri l’Allemagne, fervent défenseur de cet accord avec lequel elle espère relancer ses exportations industrielles.Ce traité favoriserait les exportations européennes de voitures, de machines, de vins et de spiritueux. En retour, il faciliterait l’entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel ou soja sud-américains, ce qui alarme les filières.

La Cour des comptes dresse un bilan contrasté de la lutte contre la fraude fiscale

La fraude fiscale demeure un phénomène mal chiffré, peu connu, et les statistiques pénales montrent qu’elle n’est ni plus fréquemment, ni plus sévèrement sanctionnée qu’il y a 10 ans, selon un rapport de la Cour des comptes publié mardi.La Cour s’est penchée sur la politique de lutte contre la fraude fiscale pour en dresser un bilan contrasté et sévère sur certains points.La principale conclusion est connue: il s’agit d’un phénomène “mal cerné, mal chiffré, mal traité, et souvent confondu avec l’évasion ou l’optimisation fiscale” et son “niveau global est méconnu”, a résumé Pierre Moscovici, premier président de la Cour devant la presse.Mais le rapport ne livre pas “le chiffre magique”, a prévenu M. Moscovici, et recommande que l’administration achève le chiffrage de l’écart fiscal d’ici 2027, un concept que la Cour juge “plus neutre”, et qui inclut non seulement la fraude fiscale mais aussi les erreurs commises de bonne foi par les contribuables ainsi que les aléas du recouvrement des impôts. Si l’administration dispose de plus de moyens pour détecter la fraude fiscale, la Cour observe que les recettes obtenues grâce au contrôle fiscal ne progressent pas depuis une dizaine d’années.  Tandis que l’ensemble des recettes fiscales a augmenté de 44% depuis 10 ans, les résultats du contrôle restent relativement stables sur la même période, soit 21,2 milliards d’euros en 2015 et 20,1 milliards d’euros en 2024. Le montant réellement recouvré par le fisc est inférieur d’environ la moitié: 11,4 milliards d’euros en 2025, contre 12,2 milliards d’euros en 2015. La France accuse par ailleurs un retard dans l’estimation du montant de la fraude fiscale par rapport à d’autres pays. Ainsi en 2024, 30% des 58 administrations fiscales de l’OCDE ont publié régulièrement des estimations de leurs écarts fiscaux, note la Cour, qui regrette l’insuffisance des moyens mis en oeuvre pour combler cette carence.Il est “essentiel” que le fisc achève le chiffrage de l’écart fiscal d’ici 2027, ce que la Cour recommande depuis 2019, a affirmé Pierre Moscovici: sur l’impôt sur le revenu, l’impôt sur les sociétés, la TVA.Une nécessité afin que le débat public ne demeure pas “pollué par des fantasmes”, a-t-il encore estimé. 

L’accusation débute ses réquisitions au procès de Lafarge pour financement du terrorisme

L’accusation a commencé à requérir mardi au procès du cimentier français Lafarge et de huit anciens responsables, soupçonnés d’avoir payé des groupes jihadistes en Syrie jusqu’en 2014, dont l’Etat islamique (EI), dans le but d’y maintenir l’activité d’une cimenterie, en dépit de la guerre civile qui faisait rage.Au terme de quatre semaines de débats, et après les plaidoiries des parties civiles, la parole est désormais donnée aux deux représentantes du parquet national antiterroriste (Pnat) à l’encontre des prévenus, jugés pour financement d’entreprises terroristes et pour certains aussi pour non-respect de sanctions financières internationales.”Nous ne sommes pas dans une affaire financière mais dans une affaire de nature terroriste”, a débuté Aurélie Valente. Pour la procureure, “peu importe le niveau d’élaboration des circuits financiers”, “seule compte la finalité des flux financiers”.Avec Lafarge, avalé en 2015 par le groupe suisse Holcim, comparaissent à Paris l’ancien PDG du cimentier français Bruno Lafont, cinq ex-responsables de la chaîne opérationnelle ou de la chaîne de sûreté de l’entreprise et deux intermédiaires syriens, dont l’un, central dans le dossier, vit à l’étranger et ne s’est pas présenté au procès. Il est visé par un mandat d’arrêt international.Lafarge est soupçonné d’avoir versé en 2013 et 2014, via sa filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS), plusieurs millions d’euros à des groupes rebelles jihadistes – dont certains, comme l’EI et Jabhat al-Nosra, ont été classés comme “terroristes” – afin de maintenir l’activité d’une cimenterie à Jalabiya, dans le nord de la Syrie. Cette usine avait ouvert en 2010 avec un investissement de 680 millions d’euros.Alors que les autres multinationales avaient quitté le pays en 2012, Lafarge n’a évacué cette année-là que ses employés de nationalité étrangère et maintenu l’activité de ses salariés syriens jusqu’en septembre 2014, date à laquelle le groupe EI a pris le contrôle de l’usine.La société, qui a déjà accepté de payer une amende de 778 millions de dollars aux Etats-Unis dans le cadre d’un accord de plaider-coupable, risque cette fois-ci jusqu’à 1,125 million d’euros d’amende pour le financement du terrorisme. Pour la violation d’embargo, l’amende encourue est nettement plus lourde, allant jusqu’à 10 fois le montant de l’infraction qui sera retenu in fine par la justice.Les personnes physiques risquent de leur côté dix ans d’emprisonnement et 225.000 euros d’amende pour le financement du terrorisme.Pendant le procès, divers courriels et compte-rendus échangés entre les différents protagonistes, dont certains sont accablants, ont été méticuleusement examinés par le tribunal correctionnel. – Ligne de défense malmenée –  Les prévenus ont expliqué avoir été l’objet de “racket” de la part des différentes factions armées qui encerclaient l’usine, et y avoir cédé, pensant que la situation ne durerait pas aussi longtemps.”Soit on se faisait taxer – c’était pas nouveau, ce système est généralisé au niveau de la Syrie – soit on fermait”, a ainsi déclaré Christian Herrault, ancien directeur général adjoint de la multinationale.La thèse de la défense, selon laquelle les autorités françaises – la diplomatie et les services de renseignement – approuvaient la présence de Lafarge en Syrie et étaient au courant des versements aux jihadistes, s’est dégonflée à l’audience.La société faisait effectivement remonter en haut lieu des informations du terrain, ont témoigné plusieurs personnes, dont l’ancien directeur de la sûreté du groupe, Jean-Claude Veillard, qui avait été mis en examen dans le dossier avant de bénéficier d’un non-lieu. Mais cela ne signifiait pas que les autorités savaient que le groupe finançait les groupes armés, et qu’elles lui avaient donné un “blanc-seing”, ont déclaré ces témoins.Dans leurs plaidoiries vendredi, les avocats des parties civiles ont dénoncé le cynisme des prévenus qui ont choisi de maintenir l’activité “coûte que coûte”, au détriment de la sécurité des salariés, qui devaient franchir, la peur au ventre, les checkpoints tenus par les rebelles pour rejoindre l’usine.La position de l’ex-patron Bruno Lafont, affirmant ne pas avoir été au courant des versements illicites, a été notamment critiquée.”Lorsqu’on est aux commandes, on est responsable, diriger une grande multinationale ça oblige, on a des milliers de personnes sous sa hiérarchie”, a observé Me Julie Février, avocate de l’ONG Sherpa. “On ne peut pas sérieusement croire que quand la guerre éclate (…), on ne surveille pas ce qui se passe près de l’usine” et “qu’on est tenus à l’écart des confidences”, a-t-elle estimé.Après les réquisitions, ce sera au tour des avocats de la défense de plaider, jusqu’au 19 décembre. Le délibéré est attendu en 2026.

Catastrophes naturelles: les pertes économiques diminuent de près d’un tiers en 2025, selon Swiss Re

Les pertes économiques engendrées par les catastrophes naturelles au niveau mondial ont diminué de près d’un tiers en 2025, à 220 milliards de dollars, malgré les  incendies de Los Angeles et de coûteux orages aux Etats-Unis, selon une première estimation de Swiss Re. La facture pour les assureurs s’est quant à elle chiffrée à 107 milliards de dollars, en baisse de 24,1%, par rapport à l’année précédente, indique mardi le réassureur suisse dans un communiqué. Cette diminution s’explique par la saison des ouragans dans l’Atlantique Nord, bien moins sévère qu’en 2024 avec les coûteux ouragans Debby, Helene et Milton.En 2025, le plus coûteux a été l’ouragan Melissa qui a dévasté la Jamaïque et touché Haïti et Cuba, avec des pertes assurées estimées à “jusqu’à 2,5 milliards de dollars”, selon le réassureur suisse. Avec des rafales de vent atteignant 298 kilomètres/heure, cet ouragan de catégorie 5 a entraîné d’importantes inondations et glissements de terrain, Swiss Re soulignant qu’il s’agit d’un des plus puissants ouragans à toucher terre jamais enregistré. La saison des ouragans en 2025 a compté 13 tempêtes nommées, avec 3 ouragans de catégories 5 (Erin, Humberto et Melissa) mais “pour la première fois en 10 ans”, aucun n’a touché terre aux Etats-Unis, ce qui explique pourquoi la facture est nettement plus faible.Le réassureur suisse précise cependant que si les frais ont été moindres, 2025 n’en reste pas moins la sixième année durant laquelle les dégâts couverts par les assureurs pour les catastrophes naturelles dépassent la barre des 100 milliards de dollars, entre autres en raison des orages  convectifs sévères qui restent sur “une trajectoire ascendante”. En 2025, les frais des assureurs pour ces orages, qui peuvent s’accompagner de violentes rafales de vents, grêle, tornades ou inondations, ont atteint 50 milliards de dollars, soit la troisième année la plus coûteuse pour les orages après 2023 et 2024, sous l’effet notamment de tempêtes accompagnées de tornades aux Etats-Unis en mars et mai.Swiss Re note que les Etats-Unis représentent à eux seuls 83% des dégâts couverts par les assureurs au niveau mondial, avec 89 milliards de dollars de pertes assurées, dont 40 milliards rien que pour les incendies de Los Angeles. L’Asie du Sud-Est a également été marquée récemment par de sévères inondations, notamment au Vietnam, en Thaïlande et en Indonésie, le réassureur ne fournissant pas encore d’estimation à ce stade.

Dermatose: les barrages des agriculteurs ne sont “pas près de se lever”

Les barrages des agriculteurs ne sont “pas près de se lever”, au lendemain de la visite de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard en Occitanie : la mobilisation contre la gestion de l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) se poursuit mardi, avec plusieurs axes routiers et ferroviaire toujours bloqués dans le sud-ouest, ont constaté des journalistes de l’AFP.Le Premier ministre Sébastien Lecornu tient à 10h30 à Matignon une réunion sur l’agriculture, avec les ministres et les préfets concernés par ce mouvement de protestation, qui concerne la DNC mais aussi la signature du traité de libre échange UE-Mercosur qui doit intervenir cette semaine.Entre la Haute-Garonne et les Pyrénées Atlantiques, l’autoroute A64 est toujours bloquée sur 180 km.Tracteurs et bottes de paille obstruent l’autoroute à Carbonne, près de Toulouse, où les agriculteurs ont passé une quatrième nuit, ainsi qu’au niveau de Muret, où de la terre a été déversée sur la chaussée lundi par une intersyndicale (FNSEA, Jeunes agriculteurs, Coordination rurale, Confédération paysanne).Une manifestation d’agriculteurs est également en cours sur un passage à niveau à Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne), bloquant les circulations entre Toulouse et Castelnaudary sur l’axe Bordeaux-Marseille, a indiqué à l’AFP SNCF Réseau.”L’interruption des circulations pourrait durer toute la journée”, un feu ayant été allumé sur les voies, a précisé SNCF réseau indiquant que “les modalités de détournement sont à l’étude”.”Au vu des annonces de la ministre” Genevard, lundi, les blocages “ne sont pas près de se lever”, a déclaré à l’AFP Guillaume Bénazet, secrétaire départemental Haute-Garonne des Jeunes Agriculteurs (JA). “Tout ce qu’on avait proposé, notamment la fin de l’abattage total, rien n’a été étudié. Donc on continue”, a-t-il poursuivi. Lundi, Annie Genevard a assuré “entendre” la détresse des éleveurs lors d’une réunion de crise à la préfecture de Toulouse, après avoir assisté à la vaccination d’un troupeau de blondes d’Aquitaine en Haute-Garonne. – “Trois piliers” -L’élargissement du territoire de vaccination dans le sud-ouest, visant 600.000 à un million de bovins, est “un premier infléchissement du protocole”, a estimé la ministre tout en rappelant que les “trois piliers” de la stratégie sanitaire restaient l’abattage systématique dès la détection d’un cas, la vaccination et la restriction de mouvements.”Les autres pays n’abattent plus, ce n’est pas vrai”, a assuré lundi Sébastien Rey, éleveur tarnais présent sur le barrage de la rocade albigeoise, se disant “écœuré” par les propos d’Annie Genevard.”Il n’y a aucune raison, vu la position de la ministre, que les blocages ne continuent pas”, a réagi Jonathan Kirchner, secrétaire général de la Confédération paysanne 31, syndicat qui réclame de concert avec la Coordination rurale la fin de l’abattage systématique et l’extension générale de la vaccination.- Ministre “déconnectée” -“Elle n’est pas venue avec de bonnes nouvelles, elle méprise les agriculteurs, elle est déconnectée, elle n’y comprend rien”, a assuré Lionel Candelon, président de la Chambre d’agriculture du Gers et leader régional de la Coordination rurale.Mardi matin, les agriculteurs de ce département ont acheminé un bulldozer sur un point de blocage en périphérie d’Auch afin “de montrer à l’Etat qu’on est prêts à défendre nos agriculteurs et faire face aux gendarmes”, a poursuivi Lionel Candelon.En Gironde, l’A63 est toujours fermée à la circulation au niveau de Cestas, près de Bordeaux, où s’est produit lundi soir un accident faisant un blessé grave lorsque deux voitures ont tenté de rejoindre un tronçon fermé, a indiqué la préfecture.En Ariège, le principal accès routier à l’Andorre est bloqué depuis vendredi. Les commerces de produits détaxés du Pas de la Case, habituellement pris d’assaut avant Noël sont fortement impactés, déplore le gouvernement andorran.Une “cellule de dialogue scientifique” réunissant experts en santé animale et représentants professionnels va être créée dès mardi, a ajouté lundi soir dans un communiqué le ministère.En dépit d’un nouveau cas de DNC détecté dimanche dans une petite ferme de l’Aude, où les dix bovins du foyer ont été euthanasiés, la ministre a souligné plus tôt lundi que tous les cas étaient désormais éradiqués et que la situation était “sous contrôle”.

La Bourse de Paris atone, prudente face à l’Ukraine et avant des données américaines

La Bourse de Paris évolue proche de l’équilibre mardi, les investisseurs restant prudents avant une salve de données économiques venant des Etats-Unis et scrutant les négociations pour mettre fin au conflit en Ukraine.Vers 09H45 heure de Paris, l’indice CAC 40 restait atone (+0,01%) soit un gain de 1,12 point pour s’établir à 8.126,00 points. Lundi, l’indice vedette parisien avait perdu 0,70%, pour s’établir à 8.124,88 points.Le CAC 40 a ouvert dans le rouge mais s’est repris avec les perspectives encourageantes autour des pourparlers sur l’Ukraine.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est félicité lundi de “progrès” dans les négociations avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre avec la Russie, les Européens avançant de leur côté la proposition d’une force multinationale pour garantir la paix en Ukraine. “Nous sommes plus proches aujourd’hui que nous n’avons jamais été” d’un accord, a pour sa part estimé Donald Trump.Par ailleurs, “les investisseurs se concentrent sur les prochaines publications américaines concernant l’emploi, les ventes au détail et l’inflation”, commente Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.La Réserve fédérale américaine (Fed) “semble toujours plus préoccupée par la faiblesse du marché du travail”, estiment les analystes de Natixis. “Tant que les chiffres ne suggèrent pas une chute brutale de l’emploi, les marchés pourraient accueillir favorablement ces données mitigées, car elles pourraient inciter la Fed à adopter une attitude plus accommodante”, donc une baisse des taux l’an prochain, poursuivent-ils.Les chiffres de l’inflation (CPI) sont quant à eux attendus jeudi.A cela s’ajoutent de nombreuses décisions de banques centrales cette semaine, dont celle de la Banque centrale européenne (BCE) qui devrait laisser ses taux d’intérêt inchangés jeudi.La défense dans le rougeLes négociations en cours pour la paix en Ukraine pèsent sur les valeurs de la défense.Le président américain Donald Trump, qui a maintes fois promis d’obtenir une paix rapide en Ukraine, veut un arrêt des combats coûte que coûte. Il a multiplié les signes d’agacement vis-à-vis de Kiev, alors que son pays est un soutien clé face à l’invasion russe débutée en 2022.Un plan américain pour l’Ukraine, présenté en novembre, avait été jugé très favorable à Moscou, et Kiev ainsi que les Européens s’efforcent depuis de le remanier.Dimanche et lundi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a négocié à Berlin avec les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, gendre de Donald Trump, pour tenter d’aboutir à un compromis.Vers 09H45 heure de Paris, Thales perdait 2,20% à 226,20 euros, Dassault Aviation cédait 1,25% à 268,80 euros.

La pierre de Jérusalem, “or blanc” de Cisjordanie, résiste à la crise, difficilement

Les carrières de la mythique pierre de Jérusalem continuent de tourner en Cisjordanie, malgré le marasme de l’économie palestinienne, mais l'”or blanc” fait face à de nombreux défis.”Ici, c’est considéré comme la source de revenus principale de toute la région”, explique Faraj al-Atrash, exploitant d’une carrière de Beit Fajjar, près d’Hébron, dans le sud du territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.Dans un paysage littéralement lunaire, quelques ouvriers s’activent dans une enfilade de sites d’extraction qui s’étend à perte de vue. Partout, la pierre de calcaire est dévorée par les machines. “Mais notre gagne-pain est constamment menacé”, poursuit le quinquagénaire, “et ces derniers temps, j’ai l’impression que l’occupation (Israël, NDLR) s’est mise à nous combattre sur le front économique”.M. al-Atrash dit avoir “peur” des confiscations d’équipements industriels, de l’accroissement des colonies israéliennes, mais aussi de la crise financière palestinienne.  La guerre de Gaza entre Israël et le Hamas déclenchée par l’attaque sanglante du mouvement islamiste palestinien le 7 octobre 2023 a porté un coup sévère à l’économie déjà mal en point des Territoires palestiniens occupés, qui traversent “actuellement la crise économique la plus grave jamais enregistrée”, selon un récent rapport onusien.”Il y a ces problèmes de débouchés commerciaux car on exportait la majeure partie des pierres vers Israël, et après le 7-Octobre, on a rencontré des difficultés”, explique Ibrahim Jaradat, dont la famille possède une carrière depuis plus de 40 ans, près de Saïr, dans les environs de Hébron.- 300 carrières -Alors que l’Autorité palestinienne, qui exerce un pouvoir limité sur des portions de la Cisjordanie, est au bord de la banqueroute, les services publics fonctionnent plus mal que jamais, décrit-il, en ajoutant que ses coûts fixes (eau, électricité…) ont explosé.Les carrières et la taille de pierre représentent environ 25% des revenus du secteur industriel palestinien, 4,5% du PIB, emploient près de 20.000 personnes, avec environ 65% des exportations destinées au marché israélien, selon la Chambre de commerce d’Hébron.Plusieurs municipalités israéliennes exigent l’emploi de la “pierre de Jérusalem”, variété de calcaire qui compte plusieurs sous-appellations, pour délivrer des permis de construire.”Les personnes qui nous achètent les pierres pour les revendre à des chantiers sont le plus souvent israéliens”, décrit Abou Walid Riyad Ghaith, un exploitant âgé de 65 ans.Il déplore un manque de solidarité de la part des pays arabes qui selon lui n’achètent pas assez de cette pierre mythique qu’on retrouve pourtant partout dans le monde, du Golfe aux Etats-Unis, tant elle est emblématique de la ville considérée comme sainte par les trois religions monothéistes.Et d’autres menaces pèsent sur le secteur.La plupart des quelque 300 carrières de Cisjordanie se situe en zone C, partie de la Cisjordanie sous contrôle total des autorités israéliennes.”C’est ici que c’est le plus difficile, il y a beaucoup de colons qui passent ici, et si Israël annexe la Palestine, ça commencera par ces zones-ci”, dit un exploitant, sous couvert d’anonymat.- “Or blanc” -Certains membres du gouvernement israélien, l’un des plus à droite de l’histoire du pays, évoquent ouvertement un projet d’annexion de la Cisjordanie, et malgré les mises en garde du président américain qui s’y est opposé, les colonies, régulièrement condamnées aux Nations unies comme illégales au regard du droit international, ont enregistré en 2025 une croissance record, selon un récent rapport onusien.”Pour moi, le 7-Octobre est venu de Gaza, mais c’est la Cisjordanie qui en paie le prix”, dit M. al-Atrash.”On se tue à la tâche”, décrit l’entrepreneur en montrant ses dix ouvriers aller et venir dans de monumentales fosses où des bourrasques de poussière leur donne des allures de bonhommes de neige.Dans l’exploitation voisine, un ancien professeur de géographie, ne percevant plus son salaire comme de nombreux fonctionnaires, en raison de la crise budgétaire de l’Autorité, s’est reconverti en journalier dans le seul secteur qui emploie de la région. Travaillant sans masque, il est à la peine, clignant des yeux, toussant.Des ouvriers auxquels a parlé l’AFP ont dit souffrir du dos, des yeux, de la gorge.”On appelle ça de l’or blanc”, note Laith Derriyeh, employé chez un tailleur de pierre, “car cela rapporte d’importantes sommes d’argent normalement, mais aujourd’hui, tout est compliqué, c’est très difficile de penser à l’avenir”.”Les gens n’ont plus d’argent et ceux qui en ont, ils ne veulent pas constuire, ils ont peur”, ajoute-t-il, “ce n’est plus de l’or blanc en fait, c’est de l’or gris”.