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Meta nomme présidente une proche de Trump, qui s’en félicite

Meta a nommé au poste de présidente Dina Powell McCormick, a annoncé lundi la maison mère de Facebook et d’Instagram, ce dont s’est félicité Donald Trump, dont elle est proche, un signal supplémentaire d’un rapprochement entre le groupe et le gouvernement actuel.Il s’agit d’une création de poste, qui sera très axé sur la recherche de financements pour alimenter le développement de Meta dans l’intelligence artificielle (IA), principalement la construction de centres de données, selon un communiqué.Née en Egypte, Dina Powell McCormick a été adjointe du conseiller à la sécurité de Donald Trump lors de son premier mandat, chargée notamment du Moyen-Orient.Dans un message posté sur son réseau Truth Social, le président américain a félicité la quinquagénaire, qualifiant sa désignation d'”excellent choix de la part de Mark Z”, en référence au PDG de Meta Mark Zuckerberg.”C’est une personne fantastique et très talentueuse, qui a participé au gouvernement Trump avec force et distinction!”, a écrit le chef de l’État.Dina Powell McCormick a travaillé avec plusieurs élus républicains au Congrès ainsi que pour le parti républicain lui-même, avant de rejoindre le gouvernement de George W. Bush. de 2001 à 2007 à divers postes, notamment au département d’État.Elle a également effectué plusieurs passages au sein de la banque Goldman Sachs, où elle est restée 16 ans au total.”L’expérience de Dina au plus haut niveau de la finance mondiale et son réseau de relations lui donnent une légitimité unique pour aider Meta à gérer notre prochaine phase de croissance”, a déclaré Mark Zuckerberg, cité dans le communiqué.Comme tous les grands noms de l’IA générative, Meta est engagé dans un cycle d’investissements massifs pour s’assurer des capacités nécessaires au développement de cette nouvelle technologie.Lors de sa dernière communication sur le sujet, fin octobre, le groupe a donné une fourchette comprise entre 70 et 72 milliards de dollars pour ses dépenses d’infrastructures sur l’année 2025. Il a également indiqué tabler sur une enveloppe “sensiblement plus importante” pour 2026.Jusqu’ici, les géants technologiques finançaient l’essentiel de leurs investissements grâce aux importants flux de trésorerie générés chaque année, mais l’IA a démultiplié les besoins et les contraint à se tourner vers l’endettement.Plusieurs mécanismes sont utilisés, notamment la création de sociétés ou de véhicules ad hoc, qui lèvent les fonds nécessaires à la construction des centres de données et à l’achat des puces pour les équiper.En octobre, Meta a ainsi formé une société commune avec la société d’investissement Blue Owl Capital qui va permettre de financer la réalisation d’un immense centre de données en Louisiane, avec un budget de 27 milliards de dollars.

La Bourse de Paris prudente, entre Fed et débats budgétaires

La Bourse de Paris a fini à l’équilibre lundi, se montrant prudente devant les menaces judiciaires qui s’accumulent contre la Réserve fédérale américaine (Fed) aux Etats-Unis et au blocage des débats budgétaires en France, même si elle a atteint un nouveau record en séance.Le CAC 40 est resté stable (-0,04%), perdant 3,33 points à 8.358,76 points. Vendredi, l’indice vedette parisien avait terminé en nette hausse de 1,44%, dépassant pour la première fois depuis l’automne ses derniers records en séance et en clôture.Ce lundi, l’indice a atteint un nouveau sommet, à 8.378,76 points.Le président de la Fed, Jerome Powell, a annoncé dimanche dans un inhabituel message vidéo que l’institution monétaire, qui subit les coups de pression de Donald Trump depuis plusieurs mois pour adopter une politique monétaire plus souple, était visée par une procédure du ministère de la Justice, pouvant aboutir à des poursuites pénales à son encontre.”Si les pressions sur la Fed ne sont pas nouvelles, la situation actuelle est une nouvelle escalade”, relève Kevin Thozet, membre du comité d’investissement chez Carmignac, interrogé par l’AFP. “L’une des craintes du marché est qu’une Fed motivée par des considérations politiques puisse s’écarter quelque peu de son mandat”, explique à l’AFP Steve Sosnick, d’Interactive Brokers.La banque centrale américaine doit contenir l’inflation à long terme autour de 2%. Or, des baisses imposées par le pouvoir politique, dans une économie qui n’en aurait pas besoin, auraient justement un risque inflationniste.”Quand l’indépendance d’institutions si anciennes est remise en cause, cela préoccupe légitimement”, selon M. Thozet.En France, les marchés gardent aussi un oeil sur le débat pour adopter un budget pour 2026, qui s’enlise.Une nouvelle réunion entre le gouvernement et les groupes parlementaires du Parti socialiste, du camp présidentiel et de la droite a débuté lundi après-midi à Bercy pour avancer vers l’adoption d’un budget 2026, a indiqué le ministère de l’Économie.Cette réunion est menée par la ministre de l’Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin, à la veille de la reprise des débats de l’Assemblée nationale en séance publique sur le projet de loi de finances.La place parisienne “souffre depuis plusieurs mois d’une prime de risque par rapport à ses homologues européens en raison de cette instabilité politique”, relève Kevin Thozet.Côté obligataire, le taux de rendement d’emprunt de la France à dix ans a baissé à 3,50%, contre 3,52% vendredi en clôture. Son équivalent allemand, référence en Europe, a suivi le même mouvement, à 2,83%, contre 2,86%.Abivax bondit après des informations de rachat par Eli LillyLa société française de biotechnologie Abivax a progressé jusqu’à plus de 30% lundi, avant de modérer sa hausse à 5,00% à 104,00 euros en fin de séance, après un article de la Lettre selon laquelle le groupe américain Eli Lilly serait prêt à l’acheter pour “15 milliards d’euros”.Mais cette information a été démentie dans l’après-midi par le ministère français de l’Economie qui a affirmé n’avoir reçu “aucune demande” d’autorisation préalable d’investissement étranger de la part du groupe pharmaceutique américain.Saint Gobain recommandé, Capgemini boudéL’industriel Saint Gobain a grimpé de 2,62% à 86,82 euros, après une recommandation positive de Bank of America. Au contraire, le fournisseur de logiciels Capgemini a chuté de 4,24%, plombé par l’abaissement de sa note par Morgan Stanley.

Nouvelle poussée de fièvre à la Fed, qui défend son indépendance face à Trump

La banque centrale des États-Unis se trouve lundi prise dans une tempête inédite, son président Jerome Powell ayant dû monter au front pour défendre l’indépendance de l’institution, selon lui plus que jamais menacée par Donald Trump.Le très pondéré Powell s’est fendu d’une déclaration filmée hautement inhabituelle dimanche soir, pour dire qu’il ne plierait pas face aux pressions du gouvernement.Selon lui, le ministère de la Justice a lancé une enquête pouvant conduire à des poursuites pénales à son encontre.Il estime que la procédure, “sans précédent”, est fondée sur un “prétexte”, parce que la Réserve fédérale (Fed) n’a pas conduit sa politique monétaire dans le sens voulu par le président Trump.Pour David Wessel, chercheur à la Brookings Institution, “Trump s’est rendu compte que les Américains s’inquiétaient du coût de la vie et fait tout ce qu’il peut pour montrer qu’il cherche à améliorer les choses”, notamment via la promesse de taux d’intérêt plus bas. C’est un jeu dangereux, estime-t-il auprès de l’AFP, dans la mesure où les marchés comme son propre camp peuvent se rebiffer.Ce nouveau rebondissement a surpris les investisseurs, qui apprécient généralement les baisses de taux directeurs mais sont aussi attachés à l’indépendance de la Fed, garde-fou contre l’inflation. Lundi, Wall Street a ouvert en baisse et le dollar a perdu du terrain face aux autres devises. L’or et l’argent, valeurs refuges, ont quant à eux touché de nouveaux records.- Frictions dans le camp présidentiel -Les anciens chefs de la banque centrale la plus puissance au monde ont dénoncé une instrumentalisation de la justice destinée à “saper l’indépendance” de l’institution. Une telle démarche “n’a pas sa place aux Etats-Unis”, soulignent dans un communiqué commun Alan Greenspan, Ben Bernanke et Janet Yellen, associés à d’autres anciens responsables économiques de premier plan.”C’est ainsi que la politique monétaire est conduite dans les économies en développement dotées d’institutions faibles”, cinglent-ils, mettant notamment “les conséquences très négatives en matière d’inflation” dans ces pays.Des parlementaires républicains ont commencé à manifester publiquement leur désapprobation, alors que le parti présidentiel a jusqu’ici peu résisté aux initiatives de la Maison Blanche.”Les enjeux sont trop élevés pour fermer les yeux: si la Réserve fédérale perd son indépendance, la stabilité de nos marchés et de l’économie dans son ensemble en souffrira”, écrit la sénatrice de l’Alaska Lisa Murkowski sur X.Comme son collègue Tom Tillis, elle prévient qu’en n’adoubera aucun candidat de Donald Trump à un poste au sommet de la Fed tant que cette affaire perdurera.Le chef d’Etat peut annoncer à tout moment le nom de la personne qu’il veut voir prendre la suite de Jerome Powell, dont le mandat de président prend fin en mai.- “abruti” -Depuis son retour au pouvoir en janvier, le chef d’Etat réclame des baisses des taux directeurs pour réduire les coûts d’emprunt et soutenir la croissance. Il juge infondées les craintes concernant l’inflation.Il a réservé une large part de ses attaques à Jerome Powell, qu’il avait lui-même nommé à ce poste pendant son premier mandat et qu’il traite désormais d'”abruti”, entre autres sobriquets désobligeants.Pendant des mois, il a semblé chercher un moyen d’accélérer son départ de l’institution monétaire que les législateurs ont tenté de préserver des pressions et alternances politiques.Tout ce temps — jusqu’à dimanche soir — M. Powell a évité toute confrontation publique avec le président, disant rester concentré sur sa mission.Selon ce qu’a rapporté M. Powell, la procédure lancée par le ministère de la Justice concerne son audition devant le Congrès en juin, lors de laquelle il lui a été demandé de s’expliquer sur le dérapage de la facture des travaux de rénovation du siège de la Fed à Washington.Interrogé sur le sujet dimanche soir, M. Trump a affirmé qu’il n’était pas au courant, tout en renouvelant ses critiques à l’égard du patron de l’institution monétaire.Outre Jerome Powell, Donald Trump a tenté de révoquer une autre responsable de la Fed, Lisa Cook. L’affaire arrive ce mois-ci devant la Cour suprême.

Les autoroutes vont financer le ferroviaire: Loi-cadre sur les transports attendue le 4 février

Le gouvernement prévoit de présenter le 4 février son projet de loi-cadre sur les transports, destiné à améliorer notamment le financement de la rénovation du réseau ferré vieillissant, a annoncé le ministère des Transports lundi.”Il y a un mois de consultation autour du texte” et “on vise [à ce jour] une présentation en conseil des ministres le 4 février”, a indiqué le cabinet du ministre à la presse.Le texte, déjà transmis au Conseil d’État, doit aussi être présenté au Conseil national d’évaluation des normes et au Conseil économique, social et environnemental (CESE), a détaillé le cabinet lors d’un point presse téléphonique.Ces précisions de calendrier font suite au dévoilement samedi par la lettre spécialisée sur les transports Mobily-Cités du texte du projet de loi-cadre.La loi, que le ministère envisage de doubler d’une loi de programmation, va traiter du financement des autoroutes, du ferroviaire, des transports collectifs et des autorités organisatrices de transports, ainsi que du transport de marchandises.Elle reprend ainsi les quatre thèmes principaux abordés en juin lors de la conférence de financement des transports Ambition France Transports, réunie par le gouvernement Bayrou.Dans le transport ferroviaire, de plus en plus plébiscité par le public depuis l’épidémie de Covid-19, la moyenne d’âge des infrastructures en Europe, en Allemagne ou en Suisse, “est autour de 15 ans” pour le réseau, souligne le ministère.Or, en France, “on est autour de 25-30 ans”, relève le cabinet qui cherche à “dégager des ressources supplémentaires de manière pérenne” pour financer les énormes travaux de rénovation nécessaires sur le réseau. Des besoins estimés à 4 milliards d’euros par an par la Conférence Ambition transports.L’État prévoit ainsi de recourir à une partie des recettes des concessions autoroutières.Il compte s’y prendre en encadrant “de façon plus importante la rentabilité des autoroutes”, afin qu’une partie des 13 milliards de recettes de péages perçus chaque année par les sociétés d’autoroute soit fléchée vers le financement d’autres moyens de transport.A l’issue des contrats de concession autoroutière actuels — dont 90% arrivent à terme entre 2031 et 2036 — les recettes des péages seront “fléchées vers tous les modes de transport, a précisé le ministère. Le montant des recettes ainsi “fléchées” est estimé à environ 2,5 ou 3 milliards d’euros par an.Quelque 90% du réseau autoroutier national est actuellement concédé à des entreprises privées et 90% de ces concessions “arrivent à échéance entre 2031 et 2036”, a précisé le ministère. Actuellement, sur les 13 milliards d’euros par an engrangés par les sociétés concessionnaires, un tiers sert à financer l’entretien et l’exploitation du réseau autoroutier, un tiers remonte au budget de l’État sous forme d’impôts et le troisième tiers visait à rembourser les capitaux initialement investis pour construire les autoroutes ou rembourser leurs dettes, a détaillé le ministère.C’est une grosse partie de ce dernier tiers (2,5 à 3 milliards d’euros sur environ 4 milliards) qui pourra revenir au budget de l’État, puis être affecté aux transports, puisqu’une large part des coûts de construction ont été amortis. “On va donc récupérer 2,5 milliards d’euros supplémentaires chaque année au budget de l’État pour les transports”, a ajouté le ministère.Pour préparer la loi pluri-annuelle qui devrait suivre, le gouvernement a confié un travail d’actualisation au Conseil d’orientation pour les infrastructures présidé par David Valance “qui doit rendre ses propositions à la fin du premier trimestre”.La loi-cadre devrait aussi veiller à “systématiser” ou encourager pour toutes les collectivités ou autorités organisatrices de transport, l’indexation des tarifs de transport sur l’inflation.

Accord UE-Mercosur: la colère agricole persiste et essaime dans les ports

Des agriculteurs en colère notamment contre l’accord européen avec le Mercosur sud-américain ont entamé lundi une nouvelle semaine de manifestations en ciblant les ports français, “symbole fort” du libre-échange international, et des autoroutes.À l’approche de la signature de ce traité samedi au Paraguay, les actions perdurent un peu partout en France: barrage filtrant sur le port du Havre, blocages sur ceux de Bayonne et La Rochelle, ou encore opération près de Lille sur l’autoroute A1, la plus fréquentée du pays selon son concessionnaire.Au Havre, premier port français pour le trafic de conteneurs, des filtrages ont été mis en place avec des pneus en flamme, des troncs d’arbres et quelques tracteurs, sans bloquer l’activité : depuis ce week-end, des agriculteurs contrôlent les camions frigorifiques et vérifient la provenance des produits.Ces actions, prévues au moins jusqu’à lundi soir, ont permis de découvrir “de la farine étrangère, des soupes avec des légumes thaïlandais, des produits qui n’ont pas les mêmes normes de production” que les nôtres, a déploré auprès de l’AFP Justin Lemaître, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs en Seine-Maritime, réclamant “que l’importation respecte nos standards de production”.Les partisans de l’accord avec le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay), fruit de plus de 25 ans de négociations, le jugent essentiel pour stimuler les exportations, soutenir l’économie du continent et renforcer les liens diplomatiques dans un contexte d’incertitude mondiale.- Produits moins chers -Mais pour ses détracteurs, ce traité va bousculer l’agriculture européenne avec des produits importés d’Amérique latine moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants.Lundi matin au port de Bayonne, une centaine d’agriculteurs de la Confédération paysanne, du Modef et du syndicat basque ELB ont ainsi bloqué un site céréalier d’exportation de l’entreprise Maïsica, vu comme un “symbole fort” des accords de libre-échange qu’ils dénoncent.À La Rochelle, une soixantaine de manifestants ont, eux, établi un barrage de ballots de paille devant des installations pétrolières sur le port industriel, à l’appel de la Coordination rurale (CR).Des manifestations, réunissant entre plusieurs dizaines et plusieurs centaines de participants selon les décomptes de journalistes de l’AFP ou de la presse locale, ont également eu lieu devant les préfectures ou sur les routes à Metz, Pau, Périgueux, Poitiers, Dax et Limoges, à l’appel de différents syndicats.Cette nouvelle mobilisation agricole, qui avait débuté en décembre dans le Doubs puis en Ariège en opposition à la gestion gouvernementale de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) bovine, s’était musclé la semaine dernière avec l’entrée de tracteurs dans Paris.- “Immense détresse” -“Je n’ai pas l’impression que l’on ait pris beaucoup d’avancées depuis Paris”, glisse, amer, Thomas Hégarty, président de la CR en Haute-Vienne, où le syndicat a déversé des déchets devant la préfecture à Limoges.Plusieurs axes routiers, ponts ou zones industrielles ont été bloqués ou perturbés par des tracteurs dans les Pyrénées-Atlantiques, les Landes, en Loire-Atlantique, dans le Morbihan ou en Moselle, et sur l’A31 près de la frontière avec le Luxembourg.Si un blocage de l’A63 à hauteur de Bayonne a été levé dans la nuit après négociation avec le préfet, des barrages restaient en vigueur lundi sur l’A64 au sud de Toulouse, et surtout sur l’A1 avec un barrage filtrant établi par la CR dans le sens Lille-Paris.”C’est à se demander si l’État veut encore de ses paysans”, déplore Franck Hembert, exploitant maraîcher dans le Pas-de-Calais. “Qu’il y ait Mercosur ou pas Mercosur, les paysans sont déjà dans une immense détresse.””La colère des agriculteurs est profonde et leurs revendications sont légitimes, et nous les entendons au plus haut niveau du gouvernement”, a répondu lundi matin sur BFMTV la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, après avoir annoncé vendredi des mesures en faveur des céréaliers, des viticulteurs ou encore des éleveurs, sans calmer la mobilisation.Une grande partie de cette enveloppe de 300 millions d’euros, étalée sur 2026 mais aussi 2027, dépend toutefois de l’adoption du budget 2026.Outre la France, des manifestations ont eu lieu en Italie, Pologne ou Irlande pour protester contre l’accord avec le Mercosur, qui créerait l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, avec plus de 700 millions de consommateurs.La ratification du traité dépend encore d’un vote qui s’annonce serré au Parlement européen, pas avant février. Un grand rassemblement d’agriculteurs est prévu devant son siège strasbourgeois le 20 janvier.bur-cas-cho-llb-mac-kau-cln-jed-tsq/ppy/def

Images à caractère sexuel: Grok dans le viseur du régulateur britannique

Londres a durci le ton lundi contre le réseau social X d’Elon Musk, avec l’ouverture d’une enquête sur les images à caractère sexuel générées par son intelligence artificielle Grok, à l’origine d’un tollé mondial, ravivant les interrogations sur un blocage de la plateforme au Royaume-Uni.Cette enquête fait suite à “des signalements très inquiétants” sur l’utilisation de Grok “pour créer et partager des images de personnes dénudées – pouvant constituer une atteinte à la pudeur ou de la pornographie – ainsi que des images à caractère sexuel d’enfants pouvant constituer du matériel pédopornographique”, explique dans un communiqué l’Ofcom, le régulateur de la sécurité sur internet.Elle peut aboutir à une amende pouvant atteindre 10% du chiffre d’affaires mondial de l’entreprise visée, mais l’organisme peut aussi décider de saisir la justice pour demander un blocage du site au Royaume-Uni.La procédure s’inscrit dans un mouvement d’indignation internationale autour de cet outil –qui permet aux utilisateurs de demander à dénuder des personnes réelles à partir de photos ou vidéos– ce qui a conduit l’Indonésie et la Malaisie à suspendre l’accès à Grok ce week-end.- “Fasciste” -Interrogé lundi sur Times Radio pour savoir si le gouvernement pourrait envisager de bannir X au Royaume-Uni, le ministre des Entreprises Peter Kyle a répondu “oui, bien sûr”, tout en renvoyant la balle dans le camp de l’Ofcom, “en tant qu’autorité de régulation et de contrôle indépendante”.”Le contenu créé et partagé via Grok ces derniers jours est profondément inquiétant”, a réagi lundi la ministre de la Technologie Liz Kendall, qui doit s’exprimer plus tard au Parlement, après l’ouverture de l’enquête.L’enquête de l’Ofcom devra “déterminer si X a manqué à ses obligations légales”, qui imposent notamment d'”évaluer le risque que des personnes au Royaume-Uni consultent des contenus illégaux”, de “supprimer rapidement les contenus illégaux” ou encore d'”évaluer les risques que leur service représente pour les enfants britanniques”.La régulation des géants de la tech est l’objet de tensions croissantes entre Donald Trump et l’Europe, tout particulièrement l’Union européenne, accusée de brimer le développement des entreprises américaines.Le patron de X Elon Musk invective pour sa part le gouvernement travailliste du Premier ministre Keir Starmer depuis des semaines. Il a encore dénoncé samedi les tentatives de l’exécutif britannique –qualifié de “fasciste”– de “supprimer la liberté d’expression”.- “Insulte aux victimes” -Contactée par l’AFP, sa plateforme a renvoyé lundi vers une déclaration mise en ligne début janvier, dans laquelle elle dit “prendre des mesures contre les contenus illégaux”, notamment pédopornographiques, “en les supprimant, en suspendant définitivement les comptes et en collaborant avec les autorités locales”.Sous le feu des critiques, Grok avait désactivé vendredi sa fonctionnalité de création d’images pour les utilisateurs non payants. “Vous pouvez vous abonner pour débloquer ces fonctionnalités”, avait précisé la plateforme.Cette désactivation limitée avait suscité l’indignation du Royaume-Uni. Cette mesure “transforme simplement une fonctionnalité qui permet la création d’images illégales en un service premium”, et constitue “une insulte aux victimes de misogynie et de violences sexuelles”, avait dénoncé un porte-parole de Keir Starmer.”Nous ne sous-traiterons pas la protection de l’enfance et la question du consentement à la Silicon Valley. S’ils n’agissent pas, nous le ferons”, a pour sa part martelé lundi la présidente de la commission européenne Ursula von der Leyen dans une déclaration transmise à la presse.Bruxelles, qui avait annoncé jeudi avoir imposé à X une mesure conservatoire à la suite du scandale, avait infligé début décembre une amende de 120 millions d’euros à X, malgré les menaces récurrentes de Donald Trump.

Entre Amazon et les gouvernements, Ariane 6 veut doubler ses tirs et séduire l’Europe

Entre la constellation Amazon Leo du milliardaire américain Jeff Bezos et les satellites institutionnels, l’équipe Ariane 6 prévoit de doubler ses lancements en 2026 et appelle les pays européens, clients de SpaceX, à privilégier les lanceurs européens. “On vise sept à huit vols cette année avec une grande polyvalence des missions”, a déclaré David Cavaillolès, président exécutif d’Arianespace qui commercialise la fusée Ariane, au cours de voeux devant la presse. Le lancement pour Amazon Leo aura lieu en février à une date qui sera précisée “dans les prochains jours”. Il s’agira du premier vol d’Ariane 6 pour un client “commercial”: les quatre précédents, en 2025, avaient été effectués pour des clients “institutionnels” comme le ministère français de la Défense (satellite d’observation militaire) ou la commission européenne (programmes Galileo et Copernicus).Le lanceur sera pour la première fois doté de quatre propulseurs qui doubleront sa puissance d’emport en orbite, à 21,6 tonnes.Alors qu’Ariane est présentée comme le symbole de la souveraineté européenne dans l’espace, Amazon se profile comme son plus gros client, avec 18 lancements prévus sur la trentaine inscrite au carnet de commandes d’Arianespace. “Il a fallu se battre pour aller chercher ce contrat” et ce marché “nous apporte beaucoup de bénéfices”, a souligné M. Cavaillolès. – Réduire les coûts -Lancer avec une fusée européenne, “c’est aussi une diversification stratégique” pour Amazon Leo, anciennement baptisé “Project Kuiper”, qui compte déjà quelque 150 satellites en orbite et ambitionne d’en déployer plus de 3.200.Son concurrent Starlink, propriété du groupe américain SpaceX du milliardaire Elon Musk, repose pour sa part sur plus de 6.000 satellites.”Ce qu’on fait pour Amazon, on le fait pour être disponible pour Iris²”, un projet phare de l’Union européenne visant à assurer une connectivité sécurisée et souveraine dont le déploiement est prévu à partir de 2029 ou “les projets de défense allemands”, a souligné David Cavaillolès.Pour lui, il est “vertueux” de “se battre sur les marchés export”. “Si on ne faisait que des vols institutionnels européens, aujourd’hui, il n’y aurait pas de cadence de lancement industriel (…) Le lanceur serait moins fiable et plus coûteux “, a-t-il ajouté.Contrairement à Amazon, les clients institutionnels signent les contrats “un par un”, ce qui prive de visibilité et freine les projets de développement, a-t-il fait valoir.   Après le vol inaugural d’Ariane 6 en juillet 2024, puis quatre vols l’an dernier, “il s’agit d’une montée en cadence unique pour un lanceur lourd”, a pour sa part souligné Martin Sion, président exécutif d’ArianeGroup, fabricant de la fusée. Il y a “des créneaux disponibles pour 2028-2029” et “on espère (voir) les commandes affluer”, a-t-il ajouté. – Convaincre l’Allemagne – Il a toutefois déploré que le principe de la “préférence européenne” qui consiste à lancer les projets institutionnels européen avec des fusées européennes ne soit pas appliqué par tous les pays malgré le contexte géopolitique tendu.  “C’est ce qui arrive aux États-Unis, c’est évidemment le cas en Chine, en Russie, dans tous les autres pays. Il n’y a qu’en Europe où il y a des satellites institutionnels qui envisagent d’être lancés par SpaceX.”Renforcer les liens avec l’Allemagne” figure parmi les enjeux majeurs de l’année pour Arianespace qui souhaite faire d’Ariane 6 “le candidat naturel” pour la constellation de satellites que la Bundeswehr s’apprête à commander au géant allemand de défense Rheinmetall, qui s’était allié avec la start-up finlandaise Iceye.Les satellites Iceye sont pour l’essentiel mis en orbite par les lanceurs Falcon 9 de SpaceX.   “Est-ce que c’est gagné d’avance? Non. Est-ce qu’on a des raisons d’y croire ? Oui, absolument parce qu’on pense qu’avec Ariane 6, on a le bon produit”, a insisté David Cavaillolès. 

L’or et l’argent au sommet avec les menaces contre la Fed, les Bourses prudentes

L’aversion pour le risque règne sur les marchés financiers lundi après les menaces de poursuites contre la Fed pour fraude par le ministère de la Justice américain, poussant l’or et l’argent à de nouveaux sommets historiques et pesant sur les Bourses.Vers 12H40 GMT, l’once d’or prenait 1,68% à 4.585,20 dollars, peu après avoir bondi à un nouveau sommet historique à 4.599,87 dollars, et celle d’argent grimpait de 5,30% à 84,085 dollars après avoir touché un nouveau record à 84,609 dollars.”Les métaux précieux bénéficient d’un nouveau regain d’aversion au risque” après les menaces judiciaires contre la Réserve fédérale américaine (Fed), commente Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.Le président de l’institution Jerome Powell a annoncé dimanche que la banque centrale américaine était menacée de poursuites par le ministère de la Justice, s’ajoutant à de multiples pressions face à son refus de céder aux injonctions de Donald Trump sur les taux d’intérêt.Le président américain a accusé la Fed de ne pas avoir respecté le budget prévu pour la rénovation de son siège à Washington, estimant qu’il pouvait y avoir des cas de fraude, et avançant un coût total de 3,1 milliards de dollars, contre 2,7 milliards prévus initialement, un chiffre que Jerome Powell dément.”Au fond, il s’agit surtout d’un message adressé à son successeur potentiel à la tête de la Fed et aux membres actuels du FOMC (le Comité de politique monétaire, ndlr): la Maison-Blanche entend fixer les taux d’intérêt”, souligne Neil Wilson, de Saxo Markets.D’autant que “le mandat de Jerome Powell s’achève en mai”, rappelle Mme Brooks. “Les marchés pourraient envoyer un message au président (…): une ingérence excessive dans les affaires intérieures n’est pas bienvenue”, estime-t-elle, mettant en garde sur un potentiel “épisode de volatilité”.Les Bourses européennes restaient prudentes, pâtissant du climat d’aversion pour le risque. Vers 12H40 GMT, la Bourse de Paris perdait 0,16% et Londres (+0,04%) et Milan (-0,01%) restaient atones.A Wall Street, les contrats à terme des trois principaux indices laissaient présager d’une ouverture en baisse: le Nasdaq perdait 0,80%, le S&P 500 0,58% et le Dow Jones 0,71%.La défense européenne dans le vertSeul le Dax de Francfort se détachait, s’inscrivant en hausse de 0,44% vers 12H40 GMT, porté par l’industrie de la défense dans “un contexte géopolitique en ébullition marqué par des discussions sur d’éventuelles frappes militaires américaines contre l’Iran”, relève Neil Wilson.Donald Trump a répété samedi que Washington se tenait “prêt à aider” les manifestants “aspirant à la liberté”. L’Iran est tout à fait prêt à la guerre mais également à des négociations, a déclaré lundi le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi.”La semaine dernière, il s’agissait du renversement de Maduro au Venezuela, puis l’attention du président s’est déplacée vers le Groenland et plus à l’est, avec les manifestations en Iran”, rappelle Kathleen Brooks.Le président américain a par ailleurs réaffirmé dimanche que les Etats-Unis s’empareront du Groenland “d’une manière ou d’une autre” car “si nous ne le prenons pas, la Russie ou la Chine le feront”.A Francfort, Renk montait de 3,35%, Hensoldt prenait 0,88% et Rheinmetall 0,87%. A la Bourse de Paris, Thales prenait 0,71% et Dassault Aviation 1,49%. A Londres, BAE Systems gagnait 2,48% et à Milan, Leonardo montait de 1,23%.Le dollar sous pressionEn parallèle de l’envolée des métaux précieux, “le dollar recule, et la stratégie de +vente des actifs américains+ pourrait revenir sur le devant de la scène, les investisseurs remettant une nouvelle fois en question l’indépendance de la Fed”, souligne Kathleen Brooks.Vers 12H40 GMT, le billet vert abandonnait 0,43% par rapport à la monnaie unique, à 1,1687 dollar pour un euro.Cette semaine, les investisseurs seront attentifs à la publication mardi de l’indice des prix à la consommation (CPI) pour décembre aux Etats-Unis.En plus des chiffres américains, “une série de responsables de la Fed (…) doivent s’exprimer tout au long de la semaine, fournissant aux marchés des points de vue nuancés sur l’équilibre des risques et le calendrier de possibles ajustements de taux”, relève Jim Reid, économiste à la Deustche Bank.

Trump durcit le ton contre Cuba, colère à La Havane

Donald Trump a durci le ton contre Cuba dimanche et exhorté le pays caribéen à accepter “avant qu’il ne soit trop tard” un “accord” dont il n’a pas précisé la nature, suscitant la colère de son homologue à La Havane.”Il n’y aura plus de pétrole ou d’argent à destination de Cuba – zéro!”, a écrit le président américain en lettres majuscules sur son réseau social Truth Social. “Je suggère fortement qu’ils acceptent un accord, avant qu’il ne soit trop tard”.Interrogé plus tard dimanche à ce sujet à bord de son avion Air Force One, Donald Trump a répondu aux journalistes qu’il souhaitait que ceux ayant dû quitter Cuba, notamment sous la contrainte, soient pris en charge.”Le plus important, pour l’instant, c’est de s’occuper de ceux qui sont venus de Cuba, qui sont des citoyens américains ou qui se trouvent dans notre pays”, a-t-il dit, là encore sans donner de détails.Cuba “est une nation libre, indépendante”, et “personne ne (lui) dicte quoi faire”, a réagi sur X son président Miguel Diaz-Canel.L’île de Cuba “n’agresse pas, elle est agressée par les Etats-Unis depuis 66 ans, et elle ne menace pas, elle se prépare, prête à défendre la Patrie jusqu’à la dernière goutte de sang”, a-t-il poursuivi.Son pays est soumis depuis 1962 à un embargo imposé par les Etats-Unis en pleine Guerre froide et renforcé au fil des ans.Les propos de Donald Trump interviennent huit jours après la capture par les forces américaines du président vénézuélien Nicolas Maduro, grand allié de Cuba, dans une opération qui a coûté la vie à des dizaines de membres des forces de sécurité vénézuéliennes mais aussi cubaines.”Cuba a vécu pendant de nombreuses années grâce aux importantes quantités de pétrole et d’argent provenant du Venezuela. En échange, Cuba a fourni des +services de sécurité+ aux deux derniers dictateurs vénézuéliens, mais c’est fini!”, a poursuivi M. Trump dans son message.Cuba avait signé à partir de 2000 un accord de coopération avec le Venezuela du président Hugo Chavez (1999-2013), le prédécesseur de Nicolas Maduro, prévoyant un approvisionnement en pétrole contre l’envoi de médecins et d’enseignants.- “Criminel incontrôlable” -Le président américain a également republié un message dimanche suggérant que son secrétaire d’Etat Marco Rubio, né de parents immigrés cubains, pourrait devenir président de l’île caribéenne, l’accompagnant de ce commentaire : “Ça me semble bien !”Donald Trump qui, un temps, fustigeait l’interventionnisme des Etats-Unis, affirme à présent appliquer la “doctrine Donroe”, jeu de mots avec son prénom et le nom du président James Monroe qui a eu pour politique au XIXe siècle de faire de l’Amérique latine une chasse gardée des Etats-Unis.Dans les rues de La Havane, Mercedes Simon, une retraitée de 65 ans, semble écarter les menaces de Trump. “Il ne touchera pas à Cuba, dit-elle à l’AFP. Tous les présidents (américains) parlent, parlent, parlent (de Cuba depuis des décennies) mais n’agissent pas”.Marcos Sanchez, un jeune homme de 21 ans qui travaille dans la restauration, assure lui à l’AFP que les deux pays devraient trouver un terrain d’entente, “sans recours à la violence ni aucune action négative envers Cuba”, pour développer une “forme de relation”.”Les bombes n’ont pas de noms et les guerres, d’une façon ou d’une autre, nous affectent tous”, souligne aussi Regla Gonzalez, une femme au foyer de 54 ans, qui redoute une action militaire.Pour le ministre cubain des Affaires étrangères Bruno Rodriguez, qui a réagi sur X, “les Etats-Unis se comportent comme un criminel hégémonique et incontrôlable qui menace la paix et la sécurité, non seulement à Cuba et dans cet hémisphère mais aussi dans le monde entier”.De l’autre côté du détroit de Floride, l’élu républicain Mario Diaz-Balart, d’origine cubaine, a salué les propos de Donald Trump, affirmant que “la tyrannie à Cuba ne survivra pas” à son second mandat.