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Assouplir l’objectif 2035, une réponse “pragmatique” aux difficultés de l’industrie automobile, déclare Séjourné à l’AFP

L’UE ne renonce pas à ses ambitions climatiques en assouplissant l’objectif du tout-électrique en 2035, mais adopte une approche “pragmatique” face aux difficultés rencontrées par l’industrie automobile, a défendu mardi le commissaire européen Stéphane Séjourné.”L’objectif reste le même, les flexibilités sont en réalité des réalités pragmatiques au vu de l’adhésion des consommateurs, de la difficulté des constructeurs à proposer sur le marché du 100% électrique pour 2035″, a-t-il déclaré dans un entretien à l’AFP.La Commission européenne a décidé mardi de revenir sur une de ses mesures climatiques les plus emblématiques: l’interdiction de la vente de voitures neuves à moteur thermique ou hybride à partir de 2035.Plutôt qu’un passage au 100% électrique, Bruxelles autorisera finalement les constructeurs à proposer “d’autres types de technologies après 2035″ pour une part limitée de leurs ventes, a expliqué Stéphane Séjourné.L’interdiction totale avait été adoptée lors du premier mandat d’Ursula von der Leyen à la tête de la Commission européenne, au nom de l’engagement européen d’atteindre la neutralité carbone en 2050.Mais l’UE, face à la concurrence de la Chine et aux tensions commerciales avec les Etats-Unis, a déjà repoussé ou élagué ces derniers mois plusieurs mesures environnementales, dans un virage pro-business assumé.Les assouplissements majeurs accordés mardi aux constructeurs automobiles, vivement critiqués par les ONG, ne remettent pour autant pas en cause l’objectif climatique européen, a affirmé Stéphane Séjourné.”Le cap de l’électrique reste l’objectif en soi, mais les flexibilités sont pragmatiques dans ce moment que nous vivons”, a-t-il dit depuis le Parlement européen.En mars, le commissaire français avait estimé que l’industrie automobile européenne était “en danger de mort”.La crise qu’elle traverse est d’ailleurs “beaucoup plus profonde que uniquement le sujet du CO2 et de la voiture électrique”, a-t-il prévenu mardi. L’assouplissement annoncé mardi était particulièrement plébiscité par l’Allemagne ou la Pologne, qui défendent bec et ongles la “neutralité technologique”, c’est-à-dire le maintien après 2035 des moteurs thermiques. La France était plus sceptique, craignant qu’il n’étouffe la filière européenne des batteries pour voitures électriques, en pleine éclosion.Il serait toutefois faux de penser que la France a perdu cet arbitrage, a jugé Stéphane Séjourné, assurant que Bruxelles allait prêter 1,5 milliard d’euros sans intérêt aux fabricants de batteries européens.

La Bourse de Paris termine en légère baisse après des indicateurs sans éclat

La Bourse de Paris a cédé 0,21% mardi, après avoir digéré des données économiques mitigées des deux côtés de l’Atlantique, tout en gardant un œil sur les pourparlers de paix en Ukraine.Le CAC 40 a perdu 18,72 points, à 8.106,16 points. La veille, l’indice vedette parisien avait clôturé en repli de 0,70%, pour s’établir à 8.124,88 points.En Europe, les marchés ont digéré le baromètre PMI de la croissance de l’activité économique du secteur privé dans la zone euro, en recul à 51,9 points en décembre contre 52,8 points en novembre. Ces chiffres sont inférieurs aux attentes.Aux Etats-Unis, c’était le très attendu rapport sur l’emploi qui a été décortiqué par les investisseurs.Le taux de chômage est remonté à 4,6% en novembre, décevant les analystes, qui s’attendaient à 4,5%, selon le consensus de MarketWatch. Les créations d’emplois ont ralenti, à 64.000 postes en novembre, soit mieux que les 45.000 anticipés.Ces chiffres ne permettent pas aux marchés de tirer des conclusions claires: “le chômage est certes au plus haut depuis 2021” aux Etats-Unis, mais “le rapport n’était pas aussi mauvais que certains le craignaient”, a résumé Fawad Razaqzada, analyste de marchés pour Forex.com.Par ailleurs, “ce rapport sur l’emploi doit être interprété avec prudence” car “la collecte des données a été compliquée par le shutdown”, longue paralysie budgétaire qui a touché le pays du 1er octobre au 12 novembre, a relevé Christophe Boucher, directeur des investissements chez ABN AMRO.L’évolution de l’emploi est une donnée particulièrement scrutée par les investisseurs pour anticiper la politique monétaire de la banque centrale américaine (Fed). Plus l’emploi ralentit, plus la Fed serait encline à baisser ses taux l’an prochain pour soutenir l’activité économique, ce qui est positif pour les marchés d’actions. Côté obligataire, le taux à échéance dix ans français a atteint 3,54%, contre 3,56% la veille à la clôture. Son équivalent allemand, référence en Europe, a atteint 2,84%, contre 2,85% lundi soir.La défense dans le rougeLes négociations en cours pour la paix en Ukraine pèsent sur les valeurs de la défense en Europe.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est félicité lundi de “progrès” dans les négociations avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre avec la Russie. Les Européens ont avancé l’idée d’une force multinationale pour garantir la paix en Ukraine. “Nous sommes plus proches aujourd’hui que nous n’avons jamais été” d’un accord, a estimé le président américain Donald Trump.A la Bourse de Paris, Thales a perdu 2,15% à 227,50 euros, Dassault Aviation a cédé 1,32% à 268,60 euros.

MaPrimeRénov’: l’Anah se fixe comme objectif 120.000 logements rénovés globalement

L’Agence nationale de l’habitat (Anah), qui distribue les aides pour la rénovation des logements, s’est fixé comme objectif mardi, lors de son conseil d’administration, de financer des travaux de rénovation énergétique d’ampleur dans 120.000 logements en 2026, sous réserve de vote du budget de l’Etat. Cet objectif se répartit entre 68.000 rénovations de logements en copropriété et 52.000 logements individuels. Conformément à ce qu’a annoncé le ministre du Logement Vincent Jeanbrun samedi, le guichet de demandes d’aides pour des rénovations globales sera de nouveau ouvert à tous les ménages au 1er janvier.Sans approbation du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, tout le dispositif sera cependant suspendu. Cet objectif de 120.000 rénovations est cependant déjà amputé par les 83.000 dossiers encore en stock en cette fin d’année. “Il va y avoir un bouchon total !”, alerte Jacques Baudrier, adjoint PCF chargé du logement à la Ville de Paris, qui appelle à doubler le budget de l’Anah pour répondre à la demande en créant des recettes dédiées.MaPrimeRénov’ pour les rénovations globales a connu un fort afflux de demandes à partir de fin 2024, ce qui a poussé le gouvernement à mettre en pause le dispositif de juin à septembre 2025 et à restreindre ses règles d’octroi de subvention. Pour 2026, l’Anah “a ajusté les paramètres pour garantir la continuité”, notamment en abaissant le montant maximal de subvention par dossier, et assure à l’AFP disposer de “moyens conséquents pour répondre à la demande”.”Chaque territoire aura des objectifs et des moyens et il y aura un dialogue pour surveiller la dynamique tout au long de l’année”, ajoute l’Anah.L’Anah prévoit aussi d’aider 150.000 rénovations par geste -lorsqu’un seul type de travaux est réalisé à la fois – “avec un accent mis sur la décarbonation des modes de chauffage” en cohérence avec la nouvelle Stratégie nationale bas carbone de l’Etat. Au total, le budget d’aides aux particuliers de l’Anah est de 4,4 milliards d’euros, dont 3,4 milliards d’euros pour la rénovation énergétique.La baisse de 555 millions d’euros de l’enveloppe allouée par l’Etat est compensée par un recours accru aux certificats d’économie d’énergie, qui devraient abonder de plus d’un milliard d’euros l’Anah.Pour Maxime Ledez, chercheur à l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE), les crédits versés à l’Anah par l’Etat en 2025 “n’ont pas suffi à satisfaire toutes les demandes” et le montant réduit en 2026 “ne suffira probablement pas davantage” malgré les changements de paramètres, selon un billet publié jeudi.Un renforcement de la lutte contre les tentatives de fraude a aussi été acté mardi, avec par exemple la possibilité de réaliser des contrôles physiques à distance.

Dermatose: sur l’A63 bloquée près de Bordeaux, un ras-le-bol sans “espoir”

Plus “d’espoir” et “rien à attendre” des autorités: sur l’autoroute A63, bloquée depuis dimanche au sud de Bordeaux, le jusqu’au-boutisme prédomine chez les agriculteurs qui redoutent que cette énième mobilisation depuis deux ans ne résolve pas leur “ras-le-bol”.Feux de pneus et de détritus, mur de bottes de foin édifiés pour se protéger du vent, barnum équipées de planchas… Une centaine de militants de la Coordination rurale (CR) de Gironde a consolidé le campement sur cet axe majeur entre l’Espagne et la France, qu’ils occupent depuis dimanche soir.Mardi, ils ont démonté les glissières de sécurité et envahi l’autre côté de la chaussée, celle dans le sens Nord-Sud, sous les yeux des forces de l’ordre présentes sur le pont qui enjambe l’autoroute. Un sapin a même été dressé à l’approche des fêtes.”On va rester jusqu’à Noël, le 1er de l’an, et tout ce qui s’ensuit”, déclare à l’AFP Enola Darmaillacq, qui élève notamment 120 bovins de race bazadaise (une race locale) et des canards gras à Rimons, dans le sud de la Gironde.- “Capables de tout” -La jeune femme âgée de 19 ans, bonnet jaune sur la tête, est déterminée et s’attend à une mobilisation “plus musclée” que celles de janvier-février et novembre 2024 “parce que ça fait deux ans quand même qu’on est là. On veut bien être patients, mais on a autre chose à faire”, ironise-t-elle.Dans la ferme familiale en redressement judiciaire, elle a dû repousser son installation “parce que c’est trop compliqué”. Et voilà désormais le spectre de la dermatose nodulaire contagieuse (DMC), escorté de la perspective d’un abattage du troupeau en cas de bête malade.”Mes vaches, pour moi, c’est chacune mon enfant. Elles ont des noms. Il y a une très grosse attache”, confie Enola Darmaillacq, qui n’attend toutefois pas grand-chose du gouvernement: “C’est beau de parler, mais il faut des actes.””Ils nous croient pas capables de tenir ? On est capables de tout”, rebondit Damien Cruzin, 38 ans, employé au sein d’une exploitation céréalière de 700 ha dans le Médoc, au nord-ouest de Bordeaux.- “Paroles en l’air” -Lui est venu par solidarité avec les éleveurs, qui se fournissent en maïs auprès de son employeur, mais le trentenaire aux yeux bleus et au crâne ras ne croit plus au pouvoir politique. “Ce sont des paroles en l’air en permanence. Là, il faut que ça aboutisse”, lance-t-il.Tronçonneuse en main, les agriculteurs abattent des arbres en bord de route pour alimenter le grand feu qui brûle sur le terre-plein central et consolider leurs barrages. Les tracteurs et engins agricoles, pavoisés aux couleurs de la CR, vrombissent à hauteur de l’échangeur de l’autoroute, que les milliers de camions qui remontent quotidiennement d’Espagne sont contraints de quitter pour emprunter une déviation.Dans ce département où la majeure partie des surfaces sont dédiées à la viticulture, autre filière en crise, nombre de vignerons se sont joints aux manifestants, comme Olivier Nadal, âgé de 56 ans. Son exploitation viticole est en redressement judiciaire, son vin ne se vend pas (1.600 hectolitres d’invendus) et il ne se verse aucun salaire “depuis neuf ans”. “On est partis pour rester ici”, prévient cet ancien militaire, gilet fluo sur le dos, se disant prêt à résister aux forces de l’ordre. “Ils savent qu’on a des tracteurs qui peuvent pousser leurs blindés. Ils ne nous font pas peur”, dit-il, jugeant “disproportionné” le récent déploiement de force en Ariège dans le cadre d’un abattage de troupeau.”Il y a un ras-le-bol général”, prévient-il, jugeant la mobilisation “plus forte” que lors de l’hiver 2023-2024. “Il y a deux ans, il y avait de l’espoir. Là, quand on est arrivés dimanche soir, personne n’avait de l’espoir. Tout le monde a dit: +De toute façon, on n’a rien à attendre+”, conclut-il.

Les Bourses européennes terminent en recul

Les marchés boursiers européens ont terminé en recul mardi, après la publication d’un rapport mitigé sur l’emploi en novembre aux Etats-Unis.Paris a perdu 0,23%, Francfort 0,63% et Londres 0,68%. Milan a cédé 0,29%.

Dermatose: Lecornu promet d’accélérer la vaccination, une “urgence absolue”

Sébastien Lecornu a tenté mardi de rassurer les éleveurs très mobilisés dans le Sud-Ouest contre la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse, en promettant “d’accélérer” la vaccination, une “urgence absolue”.”Et pour cela, on a besoin de doses, on a besoin de lever un certain nombre de freins logistiques”, a affirmé le Premier ministre devant l’Assemblée nationale, en annonçant la mobilisation des vétérinaires de l’armée.Il a insisté sur la nécessité de rendre les doses de vaccin disponibles “au plus près” des élevages, évoquant des décisions à venir alors qu’une réunion ministérielle de crise sur cette maladie contagieuse se tiendra à Matignon à 17H30, la deuxième de la journée.”Nous allons organiser une politique massive, rapide, déterminée de vaccination le plus vite possible en la territorialisant de façon à rassurer les éleveurs”, a précisé la ministre de l’Agriculture Annie Genevard qui s’est dite “ouverte à l’extension de la zone” de vaccination.Au total, 113 foyers de dermatose nodulaire contagieuse ont été recensés en France, depuis l’apparition de la maladie en juin en Savoie. Mais à ce jour, “il n’y a plus de foyers infectieux”, a assuré la ministre.Plus de 3.300 bêtes ont été abattues sur un cheptel national bovins de quelque 16 millions de têtes. Environ un million ont été vaccinées, et de 600.000 à 1 million d’animaux supplémentaires doivent l’être dans une zone du Sud-Ouest présentée par le gouvernement comme “un cordon sanitaire” destiné à protéger les élevages du reste du pays.- “Amalgame” -Sébastien Lecornu a par ailleurs dénoncé l'”amalgame” qui a pu être fait entre les éleveurs “et 40 à 50 militants de l’ultragauche (…) venus s’immiscer” dans leurs manifestations avec “des armes par destination”. “Il n’y a pas de place pour cette violence”, a-t-il lancé en direction des députés de La France insoumise.Il recevra vendredi les différents syndicats agricoles, dont certains critiquent la gestion de cette maladie et sont aussi indignés par la perspective d’une signature du traité de libre-échange entre l’Union européenne et des pays latino-américains du Mercosur.Au lendemain d’une visite en Occitanie de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, la mobilisation des agriculteurs contre la gestion de cette maladie animale ne retombait pas mardi, au septième jour consécutif, avec plusieurs axes routiers et ferroviaires bloqués dans le Sud-Ouest.Une partie des agriculteurs, surtout de la Coordination rurale, proche de l’extrême droite, et de la Confédération paysanne, classée à gauche, conteste la stratégie d’abattage systématique d’un troupeau de bovins dès la détection d’un cas. Ils demandent la fin de l’abattage total et un élargissement de la zone vaccinale.- “Mercosur” -L’exécutif doit par ailleurs gérer une autre colère agricole contre la signature du traité du Mercosur. La FNSEA, premier syndicat agricole, a appelé à manifester à Bruxelles jeudi à l’occasion du sommet des chefs d’Etat européens invités à valider l’accord.La patronne du Rassemblement national, Marine Le Pen, a appelé le président Emmanuel Macron à “dire non” à ce traité plutôt que de demander un report du vote prévu à Bruxelles cette semaine comme l’a fait le gouvernement français. En déplacement lundi soir à Berlin pour des échanges sur l’Ukraine, M. Macron a redit aux dirigeants de l’UE son opposition à la signature de l’accord.Mais ces efforts sur les deux fronts de la colère agricole paraissent insuffisants à beaucoup de manifestants. “Au vu des annonces de la ministre (Annie Genevard)”, les blocages “ne sont pas près de se lever”, a prévenu mardi Guillaume Bénazet, patron des Jeunes Agriculteurs de Haute-Garonne.En Nouvelle-Aquitaine mardi après-midi, des agriculteurs bloquaient la circulation dans les deux sens sur l’A63 au sud de Bordeaux, perturbant notamment le trafic des poids lourds en provenance d’Espagne.Des actions étaient également signalées sur l’A64 entre les Pyrénées-Atlantiques et la Haute-Garonne, sur l’A20 autour de Brive-la-Gaillarde (Corrèze) et sur l’A89 (qui relie Lyon) à hauteur de Périgueux en Dordogne et d’Ussel en Corrèze. D’autres actions sont d’ores et déjà prévues mercredi à Limoges, où la Coordination rurale de Haute-Vienne appelle les paysans à monter un mur de foin et de paille devant la préfecture.En Occitanie, après avoir entravé le trafic ferroviaire entre Toulouse et Narbonne mardi matin, à hauteur de Villefranche-de-Lauragais en Haute-Garonne, des agriculteurs ont investi non loin l’autoroute A61 et installé un point de blocage dans le sens Carcassonne-Toulouse.

Wall Street pas convaincue par l’emploi américain

La Bourse de New York évolue sans enthousiasme mardi, digérant la publication très attendue du rapport sur l’emploi américain, décalée en raison de la paralysie budgétaire qui a touché les Etats-Unis au début de l’automne.Vers 15H00 GMT, le Dow Jones reculait de 0,13%, l’indice Nasdaq avançait de 0,27% et l’indice élargi S&P 500 était quasi-stable (-0,01%).Selon le département du Travail, le taux de chômage en novembre était de 4,6%, au plus haut depuis quatre ans. 64.000 créations d’emplois ont été relevées le mois dernier, soit mieux que ce qu’attendaient les analystes.”Le marché tente de déterminer comment interpréter ce rapport, car il existe de nombreuses données contradictoires, beaucoup d’informations à assimiler”, commente auprès de l’AFP Steve Sosnick, d’Interactive Brokers.Selon lui, “le problème avec ces chiffres, dans une certaine mesure, c’est qu’ils ne sont pas bons, mais pas assez mauvais pour inciter la Réserve fédérale (Fed) à agir rapidement”.”La situation est donc difficile actuellement” pour les marchés, assure l’analyste.Les trois baisses (d’affilée) de taux en 2025 ont été décidées par la banque centrale pour redonner un peu d’air à un marché du travail atone.Mais les investisseurs n’anticipent pas de nouvelle baisse de taux lors de la réunion de janvier, selon l’outil de veille CME FedWatch.Lors de sa conférence de presse mercredi, le président de la Fed Jerome Powell “a déclaré que le chiffre du chômage serait le plus difficile à appréhender” en raison des difficultés de collecte provoquées par l’arrêt partiel des activités de l’Etat fédéral pendant tout le mois d’octobre et au début du mois de novembre, ajoute Steve Sosnick.Dans ce contexte, sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt américain à dix ans était pratiquement stable à 4,18% contre 4,17% à la clôture la veille.Autre indicateur publié avant l’ouverture mardi, les ventes au détail sont restées stables au mois d’octobre (+0%), alors que les marchés anticipaient une légère hausse (+0,1%).Côté entreprises, le groupe pharmaceutique américain Pfizer (-3,12% à 25,63 dollars) souffrait de ses prévisions pour 2026, son chiffre d’affaires devant être amputé par le reflux du Covid-19 et des pertes d’exclusivité sur certains traitements.Le constructeur automobile américain Ford (+1,73% à 13,88 dollars) profitait de l’annonce d’une réduction de sa stratégie d’électrification pour se concentrer sur les motorisations hybrides et à essence, une décision qui va occasionner des provisions et coûts supplémentaires de 19,5 milliards de dollars.Les investissements déjà réalisés dans l’électrique devraient permettre le lancement d’une offre de batteries de stockage portables pour l’industrie hors automobile, les centres de données notamment, mais aussi les particuliers.La plateforme de paiement en ligne PayPal (+1,66% à 61,75 dollars) était recherchée après avoir annoncé qu’elle voulait lancer sa propre banque pour proposer des prêts à destination des petites entreprises.

Serbie : le gendre de Trump renonce à un projet hôtelier controversé dans l’ex-QG bombardé de l’armée yougoslave

Sur fond de soupçons de corruption, le gendre du président américain Donald Trump a finalement renoncé à un projet controversé de construction d’hôtel dans les ruines de l’ancien QG de l’armée yougoslave, bombardé par l’Otan à Belgrade en 1999.Dénonçant une “chasse aux sorcières menée contre l’investisseur et contre tout type de changement”, le président serbe Aleksandar Vucic a confirmé mardi l’abandon de ce projet après le retrait de la société d’investissements liée au gendre de Trump, Jared Kushner.”Nous allons maintenant avoir un bâtiment détruit et ce n’est plus qu’une question de temps avant que les briques et les autres parties tombent en morceaux car plus personne n’y touchera jamais plus”, a déploré devant les médias le président Vucic, qui a toujours publiquement soutenu ce projet.La société de Jared Kushner, Affinity Partners, a annoncé lundi au Wall Street Journal son retrait de projet de construction d’un hôtel de luxe, d’une valeur d’au moins 750 millions d’euros (880 millions de dollars), selon M. Vucic. “Les projets d’envergure doivent unir plutôt que diviser, et par respect pour le peuple serbe et la ville de Belgrade, nous retirons notre candidature et nous nous retirons du projet pour le moment”, a déclaré un porte-parole de la société au journal.”Notre vision (…) était d’offrir un design élégant et inspirant qui honore les progrès de la Serbie”, a glissé au passage ce porte-parole, alors que des images précédemment diffusées sur les réseaux sociaux promettaient deux tours lumineuses sur le site.- “Patrimoine culturel” -Cette annonce est intervenue après l’inculpation lundi du ministre serbe de la Culture Nikola Selakovic et de trois autres personnes pour “présomption d’illégalité” dans le processus d’approbation du projet hôtelier lié à Jared Kushner.Le Parquet chargé de la lutte contre le crime organisé a indiqué lundi dans un communiqué avoir inculpé ces personnes pour abus de pouvoir et falsification du document officiel qui avait permis de supprimer le “statut de patrimoine culturel” du site.Le directeur par intérim de l’Institut pour la protection des monuments culturels, Goran Vasic, a ultérieurement reconnu avoir falsifié ce document officiel.M. Vasic est l’une des personnes inculpées avec le ministre Selakovic et deux autres responsables. S’ils sont reconnus coupables, ils encourent jusqu’à cinq ans de prison.Le projet avait été suspendu en mai. Des allégations avaient alors émergé selon lesquelles la décision de révoquer son statut de “bâtiment protégé” avait été fondée sur un document falsifié.Le sujet est sensible en Serbie car il s’agit de bâtiments bombardés plusieurs fois en 1999 lors de la campagne aérienne de l’Otan menée par les Etats-Unis qui mis fin à la guerre au Kosovo (1998-1999).D’architecture moderne brutaliste, typique de l’ère soviétique d’après-guerre, les bâtiments de l’ancien QG de l’armée détruit par les bombes otaniennes sont situés au coeur de la capitale serbe. L’un des immeubles rectangulaires conserve toujours sa façade éventrée, avec ses étages en partie effondrés.- Bombardé mais “protégé” -En face du gouvernement et du ministère des Affaires étrangères, le complexe avait été construit en 1965 et avait obtenu le statut de monuments protégés en 2005. Il était inspiré du canyon de la rivière Sutjeska, où les partisans communistes de Tito ont remporté une bataille décisive contre les forces allemandes en 1943.Des manifestations y ont été organisées en novembre dernier, les protestataires défendant surtout la valeur de symbole du site, en souvenir des bombardements de 1999.Malgré l’enquête en cours, les législateurs avaient décidé le mois dernier d’accélérer le projet, affirmant qu’il s’agissait d’un projet urgent.Affinity Partners, l’entreprise de Jared Kushner – accueilli plusieurs fois en Serbie par le président Vucic – avait signé en 2024 un contrat de location d’une durée de 99 ans avec le gouvernement pour réaménager le site.Le président Vucic n’a eu de cesse de soutenir ce “projet extraordinaire”, critiquant régulièrement l’enquête en cours.”Je ne leur donnerai pas l’occasion de poursuivre ceux qui ne sont coupables de rien. Je suis coupable. C’est moi qui ai voulu la modernisation de la Serbie. C’est moi qui ai voulu attirer un investisseur majeur”, a lancé M. Vucic lundi lors d’une visite à Nis (sud). Le président nationaliste fait face depusi un an à une vague de manifestations antigouvernemetnales et pour exiger des élections anticipées.Le deuxième partenaire du projet est le promoteur immobilier Eagle Hills des Émirats arabes unis, impliqué depuis fin 2015 dans un vaste projet de réaménagement d’une grande partie des rives de la Save, un affluent du Danube.z-al/sba/pt/hba/thm

Dermatose: Lecornu demande d’accélérer la vaccination, va recevoir les syndicats agricoles

Sébastien Lecornu, focalisé depuis plusieurs semaines  sur le budget, a pris le dossier agricole en main mardi et demandé une “accélération” de la vaccination contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui touche les élevages et a provoqué une mobilisation d’agriculteurs notamment dans le Sud-Ouest qui ne faiblit pas.Il recevra “dans la semaine” les différents syndicats agricoles, dont certains critiquent la gestion de cette maladie animale et qui sont aussi indignés par la perspective d’une signature du traité de libre-échange entre l’Union européenne et des pays latino-américains du Mercosur.Le Premier ministre a tenu une réunion mardi matin avec plusieurs ministres et des préfets pour évoquer les moyens de lutter contre l’épizootie.Il tiendra une deuxième réunion à ce sujet à 17H30. Dans l’intervalle, il a demandé à ses ministres “une accélération de la stratégie vaccinale qui doit davantage tenir compte de la réalité de chaque département” pour “protéger nos éleveurs et l’élevage français”, appelant à “garantir” une “disponibilité des doses” de vaccins “plus forte”.Au lendemain d’une visite de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, en Occitanie, la mobilisation contre la gestion de l’épizootie ne retombait pas mardi, au septième jour consécutif, avec plusieurs axes routiers et ferroviaires bloqués dans le Sud-Ouest.Une partie des agriculteurs manifeste sa colère depuis plusieurs jours contre la stratégie gouvernementale d’abattage systématique d’un troupeau de bovins dès la détection d’un cas de cette maladie très contagieuse.Au total, 113 foyers de dermatose nodulaire contagieuse ont été recensés en France- Mercosur -L’exécutif doit par ailleurs gérer une autre colère agricole contre la signature du traité de libre-échange avec des pays du Mercosur. La FNSEA, premier syndicat agricole, a appelé à manifester à Bruxelles jeudi à l’occasion du sommet des chefs d’Etat européens invités à valider l’accord.La patronne du Rassemblement national, Marine Le Pen, a appelé le président Emmanuel Macron à “dire non” à ce traité “parce qu’il en va de la survie de notre agriculture et donc de la souveraineté de notre pays”, plutôt que de demander un report en 2026 du vote prévu à Bruxelles cette semaine. M. Macron a redit aux dirigeants de l’UE son opposition à la signature de l’accord. Paris demande que les décisions sur ce traité soient repoussées. Depuis le début de l’épidémie de DNC, en Savoie cet été, l’État tente de contenir la propagation du virus en se basant sur “trois piliers”: l’abattage systématique dès la détection d’un cas, la vaccination et la restriction de mouvements.Cette stratégie a été réaffirmée lundi par Mme Genevard, alors que la Coordination rurale, deuxième syndicat de la profession, proche de l’extrême droite, la Confédération paysanne, classée à gauche, et plus localement la FNSEA, premier syndicat, demandent la fin de l’abattage total et un élargissement de la zone vaccinale.Mme Genevard a assuré “entendre” la détresse des éleveurs lundi à Toulouse. L’élargissement du territoire de vaccination dans le Sud-Ouest, visant 600.000 à un million de bovins, est “un premier infléchissement du protocole”, a-t-elle estimé.- “Déconnectée” -“Au vu des annonces de la ministre (Annie Genevard)”, les blocages “ne sont pas près de se lever”, a prévenu mardi Guillaume Bénazet, patron des Jeunes Agriculteurs de Haute-Garonne. “Tout ce qu’on avait proposé, notamment la fin de l’abattage total, rien n’a été étudié. Donc on continue”. Blocages et manifestations se poursuivaient mardi dans le Sud-Ouest. Entre la Haute-Garonne et les Pyrénées-Atlantiques, l’autoroute A64 était toujours coupée sur 180 km. Tracteurs et bottes de paille obstruent encore cette autoroute à Carbonne, près de Toulouse, où les agriculteurs ont passé une quatrième nuit.L’axe ferroviaire Bordeaux-Marseille est aussi bloqué entre Toulouse et Narbonne sur un passage à niveau à Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne), selon SNCF Réseau. Environ 200 agriculteurs empêchent toute circulation avec palettes et bottes de foin, tandis que de gros feux ont été allumés au niveau des routes à proximité.Le blocage devrait perdurer “au moins pour la journée”, a précisé Baptiste Marquié, 38 ans, exploitant céréalier à Monesrol, présent en solidarité des éleveurs. “On détruit plus que des élevages, on détruit des familles et des générations de travail”, a-t-il déploré.Mme Genevard “méprise les agriculteurs, elle est déconnectée, elle n’y comprend rien”, a estimé Lionel Candelon, président de la Chambre d’agriculture du Gers et leader régional de la Coordination rurale.”DNC/Mercosur, même combat !”, ont affirmé mardi matin des agriculteurs au niveau de Méré, dans les Yvelines, où ils ont bloqué la route nationale 12 en direction de Paris.”Il faut traiter (la DNC) en priorité, en même temps que le Mercosur, pour moi tout est lié”, a assuré Vincent Thoumieux, secrétaire général des Jeunes agriculteurs des Yvelines, à l’origine de la mobilisation.