Test

Importations: un rapport parlementaire dénonce des contrôles “dérisoires” et des fraudes massives

Les contrôles des produits importés en France et dans l’Union européenne sont quasi inexistants, alors même que les flux de petits colis non-conformes provenant du commerce en ligne explosent, alerte un rapport parlementaire mercredi.En 2024, sur un million de produits importés dans l’Union européenne, seuls 82 étaient contrôlés. En France, moins de 1% des produits manufacturés importés sont contrôlés, estime le rapport.Les rares opérations ciblées révèlent des fraudes massives: lors d’un contrôle douanier en 2022, 96% des articles étaient non conformes ou contrefaits. Une opération menée en novembre a confirmé la tendance: huit produits sur dix ne respectaient pas les normes. “Il y a un phénomène qui accélère cette non-conformité et cette concurrence déloyale, c’est le petit colis”, souligne auprès de l’AFP Antoine Vermorel-Marques, député Droite républicaine, co-rapporteur de cette mission d’information sur les produits importés, avec Julien Guibert (RN), sous la présidence de Romain Eskenazi (PS).Les douanes, la Répression des fraudes (DGCCRF) et la direction générale de l’alimentation (DGAL), en première ligne, ont très peu de moyens face à la déferlante des colis, souligne le rapport.En 2024, 4,6 milliards de petits colis ont été livrés dans l’UE, soit 12 millions par jour. En France, le nombre d’articles contenus dans ces colis est passé de 170 millions en 2022 à 773 millions en 2024, selon une étude des Douanes mercredi. Ces produits souvent très peu chers arrivent à 97% de Chine.”Cette dynamique s’explique par l’émergence en 2023 de plateformes construites sur les modèles de l’+ultra-fast-fashion+ ou de +direct-from-factory+ (direc-usine, ndlr) comme Shein et Temu” ou AliExpress, analysent les Douanes.- 1.500 boutiques de vêtements fermées -“Il y a deux phénomènes structurels depuis trente ans, explique le député Vermorel, la libéralisation des échanges avec l’OMC et un phénomène complètement contraire qui est l’augmentation des normes au niveau national et européen pour nos producteurs”.Résultat: le secteur textile est passé de 400.000 salariés dans les années 1970 à 60.000 aujourd’hui, estime le rapport, et 1.500 boutiques de vêtement ont fermé en France en 2024. En deux ans, la filière de la prothèse dentaire a perdu 800 entreprises sur 3.800 et 3.000 salariés sur 15.000. La part des meubles produits en France a elle été divisée par deux en 20 ans.Face à ce constat, Romain Eskenazi a annoncé le dépôt d’une proposition de loi transpartisane pour “renforcer les sanctions” et notamment les amendes qui “ne sont pas assez dissuasives”. La proposition veut instaurer “la notion d’importateur présumé” pour les plateformes, afin de les rendre “responsables du produit” juridiquement en cas de “défaillance” d’un vendeur tiers non implanté en Europe.Dans le rapport, ce sont 29 mesures qui sont préconisées, notamment la taxe de 5 euros sur les petits colis, prévue dans le projet de budget 2026 adopté au Sénat, avant une taxation européenne dès juillet 2026.Les députés demandent plus de moyens pour les services de l’Etat et, au niveau européen, une coordination des services de douanes ainsi qu’une refonte du DSA (Digital services act), règlement européen sur les contenus en ligne qui oblige les grandes plateformes à renforcer les mesures pour protéger leurs utilisateurs contre les contenus illégaux et dangereux.”Avec le DSA, Shein a juste besoin de retirer les poupées pédopornographiques et les armes, mais n’a pas d’amende, et personne ne vient s’interroger sur le montant du bénéfice qui s’est fait là-dessus, parce que le DSA était pensé pour réguler Facebook et les grandes plateformes avec du contenu antisémite, raciste, xénophobe”, explique Vermorel.Questionné à l’Assemblée par Romain Eskenazi, le ministre du Commerce Serge Papin a partagé son constat et rappelé qu’une décision de justice est attendue vendredi sur la demande de suspension pour trois mois du site Shein. “Ce qui s’appliquera à Shein s’appliquera aussi aux autres plateformes coupables des mêmes manquements”, a affirmé le ministre, qui a prévenu que “le combat sera long”. 

Dermatose: à Limoges, des agriculteurs érigent un mur de paille devant la préfecture

“Emmurer” la préfecture pour dire “stop à l’agricide”: des agriculteurs de la Coordination rurale (CR) ont acheminé mercredi des tonnes de paille pourrie au centre-ville de Limoges, mécontents des dernières annonces du gouvernement sur l’épizootie de dermatose qui touche les élevages bovins.”Non à l’abattage total”, “Genevard tu te barres”, pouvait-on lire sur des pancartes attachées aux tracteurs ou sur les plastiques noirs entourant les bottes de paille.”On va monter un mur devant la préfecture. La ministre (de l’Agriculture, NDLR) n’a pas pris en compte ce qu’on proposait”, a déclaré à un correspondant de l’AFP Thomas Hégarty, président de la CR en Haute-Vienne, assurant que les “actions coup de poing” allaient se poursuivre “pour mettre la pression”.Une centaine de manifestants, bonnet jaune de la CR vissé sur la tête, étaient présents aux côtés d’une trentaine de tracteurs et remorques transportant quelque 300 tonnes de paille pourrie.Une partie des agriculteurs, notamment de la CR (deuxième syndicat de la profession) et de la Confédération paysanne (troisième), manifeste sa colère depuis plusieurs jours contre la stratégie gouvernementale d’abattage systématique d’un troupeau de bovins dès la détection d’un cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC).Sans remettre en cause cette politique, le gouvernement a annoncé mardi une amplification de la vaccination dans 10 départements du Sud-Ouest, au-delà des zones où elle était déjà obligatoire en raison de foyers détectés.”On a demandé de vacciner tout le cheptel français. La ministre nous répond: +Un million de doses+, ce qu’elle avait déjà dit il y a 15 jours”, s’insurge Pascal Missou, un agriculteur venu manifester à Limoges.”On est à bout, vraiment à bout (…) Il faut vraiment prendre la décision de tout vacciner. On n’attend pas d’avoir une maladie, même chez l’être humain, pour le vacciner. C’est le principe de la vaccination, tout simplement”, ajoute-t-il.En abattant “des cheptels entiers pour une seule bête” malade, “ils sont est en train de détruire toute notre génétique et notre savoir-faire”, renchérit Pierrick Gouteron, éleveur ovins et bovins et secrétaire général de la CR dans le département.

Journée d’action des artisans du bâtiment, insatisfaits de MaPrimeRénov’ et de la REP

“Le bâtiment ne va plus, la Capeb dans la rue”: une vingtaine d’artisans ont manifesté mercredi à Lille, dans le cadre d’une mobilisation nationale à l’appel de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb).Munis de pancartes et de gilets jaunes, plusieurs artisans comme Aurélie Christiaens, 42 ans, parle d’une “impression de ne pas du tout être écouter” par le gouvernement. Elle se dit “écoeurée” par la situation actuelle.La Capeb avait prévu mercredi une trentaine d’autres actions similaires en France, comme à Metz, Montpellier ou Strasbourg, pour protester contre les évolutions de l’aide à la rénovation énergétique MaPrimeRénov’, les dysfonctionnement du dispositif de recyclage des matériaux (REP) et exiger une réforme du régime de micro-entreprise.A Lille, les représentants de la Capeb Nord devaient être reçus en début d’après-midi par le préfet.Et le président de la Capeb au niveau national, Jean-Christophe Repon, doit s’entretenir avec le ministre du Logement Vincent Jeanbrun en fin de journée.Il faut des “dispositifs plus simples et plus stables” pour les artisans, plaide M. Repon, présent en matinée au rassemblement à Lille.Il évoque trois revendications principales: un meilleur “accès au marché de MaPrimeRénov’ pour les TPE (très petites entreprises, NDLR)” et une “simplification” des démarches administratives.”A Toulon, avec zéro salarié, j’ai les mêmes dossiers administratifs que Bouygues”, dénonce celui qui est aussi maître artisan électricien.La Capeb a interrogé ses adhérents sur leur position concernant MaPrimeRénov’ et affirme que 62% des 5.000 répondants ont connu une perte d’activité à la suite des derniers changements de ce dispositif (suspension puis resserrement des critères d’éligibilité). La Capeb réclame aussi une responsabilité élargie du producteur dans le secteur du bâtiment (REP PMCB) réellement efficace, alors que pour la plupart de ses adhérents, ce dispositif entré en vigueur en 2023 n’a pas simplifié la gestion des déchets, ni réduit son coût ni fait évoluer leurs pratiques en matière de collecte des déchets. “On paye, le service n’est pas en face et là on nous demande de payer plus cher”, s’offusque M. Repon. 

Mercosur: “La France s’opposerait de manière très ferme” à un éventuel “passage en force” de l’UE, dit Macron

Emmanuel Macron a prévenu mercredi en Conseil des ministres que “la France s’opposerait de manière très ferme” s’il y avait “une volonté de passage en force de la part des instances européennes” sur l’accord commercial avec les pays du Mercosur, a rapporté la porte-parole du gouvernement.Le président juge toujours qu’il n’y a “pas de visibilité suffisante sur les trois conditions demandées” par la France, “les mesures miroir, la clause de sauvegarde et les contrôles”, a-t-elle ajouté devant la presse.La Première ministre italienne Giorgia Meloni a pour sa part estimé mercredi qu’il était “encore prématuré” de signer “dans les prochains jours” le traité de libre-échange négocié par l’UE avec les pays sud-américains du Mercosur.La position de l’Italie sur ce dossier, jugée décisive, était particulièrement attendue alors que la France a fait monter la pression sur Bruxelles pour obtenir un report de l’adoption de cet accord commercial en 2026. Pour autant, la France “ne considère pas comme acquis” un report de la signature du traité, a précisé Mme Bregeon.Mais la position de Rome “est bien la preuve” que “la France n’est pas seule et que d’éminents pays européens sont alignés aujourd’hui avec la position que porte le président” Emmanuel Macron, a-t-elle ajouté.Cet accord créerait la plus grande zone de libre-échange au monde et permettrait à l’UE d’exporter davantage de véhicules, de machines, de vins et de spiritueux vers l’Amérique latine, tout en facilitant l’entrée en Europe de la viande bovine, du sucre, du riz, du miel et du soja sud-américains.A l’inverse, l’Allemagne a appelé à signer ce traité cette semaine, tout comme l’Espagne, également favorable à cet accord passé entre l’UE et le Mercosur, composé du Brésil, de l’Argentine, de l’Uruguay et du Paraguay.La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen espère toujours signer ce traité lors du sommet du Mercosur samedi dans la ville brésilienne de Foz do Iguaçu. Mais elle a besoin au préalable de l’aval d’une majorité qualifiée d’Etats membres à Bruxelles. 

La mobilisation agricole enfle dans le Sud-Ouest malgré l’appel à “l’apaisement” de Genevard

Une semaine après les premières protestations devant une ferme ariégeoise, la mobilisation contre la gestion de l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) continue d’enfler mercredi, avec le blocage d’un nouvel axe majeur dans le Sud-Ouest, malgré l’appel à “l’apaisement” de la ministre de l’Agriculture.Dans l’Aude, plusieurs dizaines d’agriculteurs se sont rejoints à bord d’une soixantaine de tracteurs à hauteur de Carcassonne sur l’autoroute A61, après avoir convergé depuis Narbonne et Castelnaudary sous escorte de gendarmerie. Vers 13 heures, ils ont bloqué cet axe reliant Toulouse à la Méditerranée et à l’Espagne, a constaté une équipe de l’AFP.Équipés de drapeaux de la Coordination rurale, de la Confédération paysanne et des Jeunes agriculteurs, les engins agricoles empêchent toute circulation dans les deux sens, pendant que des manifestants démontent des glissières de sécurité et installent des barbecues.”Notre confiance envers les services de l’État a été rompue. Mercosur, PAC, rémunération, taxe carbone, gestion de l’eau: tous les ans, on subit des problèmes de plus en plus gros. Y’en a marre”, ont déclaré des représentants des Jeunes agriculteurs, à leur départ de Narbonne le matin, avant de parcourir près de 70 km sur leurs tracteurs.L’A61 était déjà bloquée depuis mardi dans un sens au niveau de Villefranche-de-Lauragais, en Haute-Garonne. “On a dormi sur place et on continue, on change rien”, a déclaré à l’AFP Dorian Biffi, membre des Jeunes agriculteurs 31. “On est pas là que pour la DNC, il y a tout le reste: le Mercosur, la taxe engrais et la PAC 2027”, a-t-il poursuivi.Depuis mardi, ils empêchent également, au même endroit, la circulation des trains entre Toulouse et Narbonne, sur l’axe Bordeaux-Marseille. “Aucune prévision de reprise des circulations n’est envisagée”, selon SNCF Voyageurs.- “A l’approche de Noël” -Mercredi matin, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a appelé à “l’apaisement à l’approche de Noël” face aux manifestations et blocages routiers qui perdurent, alors que les agriculteurs ont fait part de leur intention de rester au-delà des fêtes “s’il le faut”.Dans le centre de Limoges, ont été acheminées une trentaine de remorques remplies de bottes de paille pourrie. “On va monter un mur devant la préfecture, on continue nos actions coup de poing pour mettre la pression car la ministre n’a pas pris en compte ce qu’on proposait”, a déclaré à l’AFP Thomas Hegarty, qui préside la CR en Haute-Vienne.”Ce qu’on veut, c’est l’arrêt de l’abattage systématique mais le gouvernement n’est pas décidé à le faire, donc nous, on n’est pas décidé à partir”, a déclaré Stanislas Chedru, un agriculteur des Landes, sur un rond-point de Mont-de-Marsan.A Carbonne des agriculteurs ont passé une cinquième nuit sur l’autoroute A64, tandis que l’A20, l’A63, et l’A89 sont bloquées par endroits. Le ministère de l’Intérieur a relevé mardi 75 actions sur le territoire, contre 45 la veille et 27 dimanche.Le préfet du Gers, Alain Castanier, a annoncé mercredi qu’il déposerait une plainte après que “de nombreux déchets et du lisier” ont été déversés, dans la nuit, devant et sur la préfecture à Auch. Il a condamné des “exactions inacceptables”.”J’ai demandé aux préfets de gérer ce mouvement avec souplesse et tact. On encadre et on évite les dégradations”, a indiqué le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez sur France Info.Annie Genevard a précisé que 750.000 bovins seraient vaccinés “dans les semaines qui viennent” dans le Sud-Ouest: une proposition qui ne convainc pas.- “Pas assez” -“On prend la bonne direction, mais ce n’est pas assez”, a estimé sur le blocage de l’A63 Vincent Collineau, éleveur à Monségur et coprésident de la CR 33, qui craint de ne pas “trouver des vaches” pour repeupler si son troupeau devait être abattu.Depuis l’apparition de la maladie en juin en Savoie, l’État tente de contenir la propagation du virus en se basant sur “trois piliers”: l’abattage systématique dès la détection d’un cas, la vaccination dans la zone concernée et la restriction de mouvements des bovins.Mardi, Annie Genevard a annoncé une extension de la zone vaccinale, qui concernait jusqu’ici huit départements du Sud-Ouest, à l’Hérault et au Tarn.La campagne de vaccination va mobiliser des vétérinaires de toute la France et de tous horizons (de l’État, libéraux, retraités, militaires), a-t-elle précisé.Elle a également annoncé la création d’un fonds de soutien de plus de 10 millions d’euros destiné aux petits éleveurs, pour compenser les pertes de cheptel, les pertes économiques et la désinfection des installations.Au total, 114 foyers de DNC ont été recensés en France depuis juin, dont 26 en Occitanie. Plus de 3.300 bêtes ont été euthanasiées sur un cheptel de quelque 16 millions de bovins.bur-kal-mdz-bdu/rhl

NanoXplore, l'”Astérix” contre “l’empire américain” des puces, se lance dans la défense

Spécialiste français des puces électroniques utilisées pour piloter les satellites en conditions extrêmes, la PME NanoXplore se lance dans la défense, afin de réduire la dépendance de l’Europe face à ces composants critiques conçus aux Etats-Unis et fabriqués à Taïwan.”Le signal est clair, on veut être un acteur de la défense”, secteur qui “a le vent en poupe”, a déclaré à l’AFP Edouard Lepape, directeur général de l’entreprise familiale, qui vient d’annoncer une levée de 20 millions d’euros auprès du missilier européen MBDA et du Fonds Innovation Défense français. Le diplômé d’école de commerce et ancien banquier d’affaires de 40 ans qui avait fondé l’entreprise en 2013 avec son père ingénieur et cinq collaborateurs – elle en compte près de 150 aujourd’hui – voit NanoXplore comme un “Astérix contre l’empire américain” incarné par les géants comme AMD, Microchip ou Intel.”Sans électronique, un système de défense ne sert à rien, tout comme un satellite. Aujourd’hui, l’écrasante majorité des composants sont américains et fabriqués à Taïwan”, ajoute-t-il. Ainsi, “il suffit aux Etats-Unis d’appuyer sur un bouton et votre F-35 (avion de combat américain qui équipe plusieurs armées européennes, NDLR) ne décolle pas”, dit-il. – “Environnement hostile” -Spécialisé dans les FPGA (Field Programmable Gate Array), des puces électroniques adaptables qui, contrairement aux processeurs CPU (Central Processing Unit) à l’architecture fixe, peuvent être reprogrammées selon les besoins des missions, NanoXplore assure être la seule entreprise européenne sur ce type de composants. Pièce maîtresse des ordinateurs de bord qui font fonctionner les satellites des programmes européens Galileo (navigation) et Copernicus (observation de la Terre), ces puces sont résistantes aux radiations solaires. “Une valeur ajoutée énorme” dans un “environnement extrêmement hostile qui détériore très rapidement l’électronique”, explique Edouard Lepape qui veut sortir de cette activité “niche” qui a permis à l’entreprise de démarrer. Selon celle-ci, la levée de fonds de 20 millions d’euros vise en particulier à “accélérer la diversification de NanoXplore du spatial vers la défense en développant une nouvelle génération de composants spécifiquement orientés pour ces usages (FPGA sécurisés, très basse consommation) et en adaptant les technologies existantes aux besoins des systèmes terrestres, aériens et navals”.Les puces sont déjà utilisées dans des missiles de MBDA, une activité qui va s’élargir avec l’entrée dans le capital de NanoXplore de ce géant de la défense.    L’ambition de la société, qui représente aujourd’hui 10% du marché européen, est de “remplacer au moins 50%” de composants américains “à un horizon de quatre-cinq ans”.- Taïwan incontournable -Avec son QG à Sèvres, à l’ouest de Paris, et ses antennes à Grenoble et Montpellier, NanoXplore conçoit les puces et les fait fabriquer aujourd’hui en France par la multinationale franco-italienne STMicroelectronics. Mais bientôt, le dirigeant explique qu’il va être obligé de se tourner vers le fondeur taïwanais TSMC qui fabrique les puces électroniques les plus avancées notamment pour le compte d’Apple, de Nvidia, AMD et des acteurs de la défense.”On atteint les limites de ce qu’on peut faire (en Europe). L’explosion de la performance dans les satellites va nous imposer d’aller sur des technologies taïwanaises malheureusement”, dit-il. “C’est l’étape 1, la fabrication du moule” qui va être délocalisée “à horizon 2028-2029″.”On n’est pas capable en Europe de développer” ce type d’usine qui demanderait un investissement de l’ordre de 10 milliards d’euros et “on n’a plus le savoir-faire” après les décennies de désindustrialisation, déplore-t-il.Le marché des puces est moins tendu qu’il y a un an, “mais c’est un marché extrêmement instable”, souligne-t-il en rappelant que des secteurs entiers comme l’automobile avaient été paralysés par la pénurie des puces pendant le Covid.”Toute la production des circuits intégrés haute performance est faite chez TSMC à Taïwan. Il suffit qu’il y ait demain un problème géopolitique entre la Chine et Taïwan, un gros tremblement de terre ou plein d’autres choses pour que toute la machine s’enraye”, conclut-il. 

Zone euro : l’inflation ressort inchangée en novembre, à la veille de la réunion de la BCE

L’inflation au sein de la zone euro est restée stable en novembre, ressortant à 2,1% sur un an, selon une nouvelle estimation d’Eurostat, confortant les attentes d’une nouvelle pause de la BCE à la veille de sa réunion de politique monétaire.Le bureau de statistiques européen a révisé mercredi à la baisse son estimation initiale, dévoilée début décembre, qui faisait état d’une légère remontée de l’inflation au mois de novembre, à 2,2% sur un an.La révision s’explique principalement par des hausses de prix légèrement moins élevées qu’initialement estimé pour les produits alimentaires non transformés et les biens industriels (hors énergie).L’inflation sous-jacente – corrigée des prix volatils de l’énergie et de l’alimentation -, qui fait référence pour les experts, a quant à elle été confirmée à 2,4% en glissement annuel, un niveau inchangé par rapport au mois précédent.Cette deuxième estimation d’Eurostat a de quoi conforter les attentes des économistes, alors que la BCE se réunit jeudi pour passer en revue ses taux d’intérêt. Ils tablaient déjà globalement sur un maintien des taux directeurs de l’institution monétaire, qui devrait prolonger la longue pause démarrée cet été, avec un taux de dépôt resté fixé à 2% depuis juillet.Cette pause fait suite à une phase de baisse des taux d’un an qui avait accompagné le reflux de l’inflation en Europe.Au sein de la zone euro, l’inflation s’est en effet très nettement calmée depuis le record de 10,6% sur un an atteint en octobre 2022, dans le contexte d’une flambée des prix de l’énergie liée à la guerre en Ukraine.C’est ce mouvement d’apaisement généralisé de l’inflation, qui est revenue autour du niveau de 2% visé par la BCE, qui a incité cette dernière la BCE à réduire ses taux directeurs à huit reprises, entre juin 2024 et juin 2025.

La grève au Louvre reconduite à l’unanimité, la réouverture du musée incertaine

Les agents du Louvre ont voté à l’unanimité mercredi matin en faveur de la reconduction de la grève qui avait empêché le musée d’ouvrir lundi et rend très incertaine sa réouverture, nouvelle épreuve pour un établissement en crise dont la présidente est réentendue en fin de journée au Sénat.”Le préavis de grève a été maintenu et la grève votée à l’unanimité”, a déclaré Valérie Baud, représentante CFDT, devant la presse sur le parvis du musée parisien. Il y a eu “un refus des propositions du ministère à l’unanimité”, a déclaré à l’AFP Gary Guillaud, de la CGT, évoquant des propositions “indignes”.Les salariés, qui débrayent contre les problèmes de sous-effectif, la dégradation du bâtiment ou la hausse des tarifs pour les non-Européens, étaient “au moins 300” à l’AG selon la CFDT.Dehors devant la pyramide, un panneau indiquait aux visiteurs ayant trouvé portes closes que “l’ouverture du musée est actuellement retardée”, et que l’établissement communiquerait “les modalités d’une éventuelle ouverture dès que possible”. La direction doit à présent préciser si elle dispose d’assez d’agents pour assurer une ouverture partielle du Louvre ou si elle doit le fermer intégralement comme lundi. Le musée parisien était resté clos mardi, jour de fermeture hebdomadaire.A 9H00, avant l’issue du vote de l’assemblée générale, les visiteurs du jour étaient partagés. “Nous espérons que le musée sera ouvert, puisque nous retournons demain au Japon. C’est maintenant ou jamais pour le visiter”, avait confié à l’AFP Chika Nishi, 29 ans, étudiante en droit.”Je ne suis pas en colère car je respecte les travailleurs et ils doivent défendre leurs droits. Si le musée n’ouvre pas aujourd’hui, je ne sais pas si on pourra y aller un autre jour de la semaine car tout est affiché complet”, a déclaré pour sa part Maximilian Cimander, 23 ans, étudiant allemand dans la capitale pour la semaine.Lundi, une réunion de crise avait eu lieu avec les syndicats au ministère de la Culture, en première ligne dans ce dossier, pour répondre à la colère des agents, également nourrie par la succession d’avanies depuis le cambriolage du 19 octobre.Outre l’annulation de la baisse prévue de 5,7 millions d’euros de dotation au Louvre pour 2026, le ministère propose de redéployer des effectifs et d’ouvrir des recrutements dédiés à l’accueil et la surveillance du musée, et s’engage au versement d’une prime exceptionnelle alors que les syndicats voudraient une revalorisation indemnitaire pérenne. Trois réunions ont déjà eu lieu au ministère la semaine dernière, dont l’une avec Rachida Dati, sans parvenir à éteindre la mobilisation.- Désaveu -Fragilisée encore davantage par ce conflit social, la présidente du Louvre passera, à partir de 16H30, de nouveau sur le gril de la commission de la culture du Sénat, qui cherche à éclairer les failles sécuritaires du musée.Le 22 octobre, trois jours après le vol des huit joyaux de la Couronne, Laurence des Cars avait déjà reconnu un “échec” devant les sénateurs mais défendu son action, en assurant notamment avoir “accéléré l’élaboration” du schéma directeur de sûreté.Depuis, des révélations embarrassantes ont toutefois affaibli la dirigeante, arrivée à la tête du musée fin 2021.Laurence des Cars a dû reconnaître n’avoir eu connaissance d’un audit sécuritaire alarmant de 2019 qu’après le casse et la Cour des comptes a récemment pointé le “report persistant” affectant le schéma directeur de sûreté, dont la mise en œuvre n’a pas encore débuté.La gestion de la sécurité du musée a également été étrillée par l’enquête administrative lancée après le cambriolage.Sous pression, le Louvre a annoncé début novembre des mesures d’urgence, dont l’installation de dispositifs “anti-intrusion”. Mais, signe de désaveu, la ministre de la Culture a confié à Philippe Jost, en charge du chantier de Notre-Dame, une mission de deux mois pour réorganiser le musée au côté de Mme des Cars.Mardi, l’ancien président du Louvre Jean-Luc Martinez, destinataire de deux audits sécuritaires alarmants pendant son double mandat (2013-2021), avait défendu son action dans ce domaine devant les sénateurs.bur-adp-lcr-kp-jt/jmo/mpm

Taxe carbone: l’UE aménage son dispositif pour les engrais face à la crise agricole

La Commission européenne a annoncé mercredi l’aménagement de sa taxe carbone aux frontières sur les engrais importés, afin d’éviter une hausse des prix dans une période de crise agricole.”Vu la crise agricole, les difficultés que peut rencontrer le milieu, nous avons pris une disposition extraordinaire sur les engrais pour limiter l’augmentation des prix et qu’il n’y ait pas d’impact pour les agriculteurs au moment de l’achat et du stockage de l’engrais importé”, a souligné le commissaire européen Stéphane Séjourné, lors d’une conférence de presse à Bruxelles.Dans le détail, l’exécutif européen appliquera aux engrais une majoration très faible (de 1%) aux “valeurs par défaut”, qui servent à calculer les émissions de CO2 d’un secteur. C’est une exception par rapport aux autres produits concernés par ce mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (acier, aluminium, ciment, électricité et hydrogène), soumis à une valeur par défaut de 10% en 2026, 20% en 2027, et 30% en 2028.”Les conséquences sur les prix des engrais importés seront donc extrêmement faibles”, insiste la Commission, mentionnant une hausse de 7%, répartie entre l’exportateur, l’importateur, les intermédiaires et les agriculteurs.L’Union européenne a toutefois rappelé l’objectif de son mécanisme d’ajustement carbone aux frontières: éviter aux producteurs européens une concurrence déloyale d’entreprises qui ne sont pas soumises aux mêmes règles environnementales à l’étranger.Le secteur européen des engrais bénéficiera d’ailleurs d’un soutien de l’UE via un Fonds temporaire pour la décarbonation.Les céréaliers avaient réclamé d’exclure les engrais importés du dispositif de taxe carbone européenne, redoutant une explosion des prix des intrants.Ils dénonçaient une “double peine”, alors qu’une taxe est déjà imposée aux engrais importés de Russie depuis juillet, pour priver Moscou d’une manne qui finance sa guerre en Ukraine.

La Bourse de Paris atone, entre emploi et inflation américaine

La Bourse de Paris reste atone mercredi, après des données mitigées sur l’emploi américain et à la veille d’une publication clé sur l’inflation aux Etats-Unis, qui devrait permettre d’affiner les anticipations de baisses de taux pour l’année 2026.Vers 10H15 heure de Paris, l’indice vedette CAC 40 prenait 0,12%, soit un gain de 9,62 points, pour s’établir à 8.115,78 points. L’indice avait cédé 0,21% mardi, pour s’établir à 8.106,16 points.”Les marchés financiers dans leur ensemble sont restés sans direction claire, un rapport sur l’emploi américain très attendu n’ayant finalement que peu influencé les marchés”, commente Patrick Munnelly, de Tickmill Group.Selon le département du Travail, le taux de chômage est remonté à 4,6% en novembre, au plus haut depuis quatre ans. En revanche, 64.000 créations d’emplois ont été relevées le mois dernier, mieux que ce qu’attendaient les analystes.Le rapport, retardé par la paralysie budgétaire (“shutdown”) qui a frappé les Etats-Unis au début de l’automne, indique également que l’économie américaine a perdu 105.000 emplois en octobre.”L’attention se tourne désormais vers les chiffres de l’inflation américaine attendus jeudi, dernier élément majeur entrant dans les calculs de fin d’année de la Fed”, la Réserve fédérale américaine, explique Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote.”Une inflation plus faible donnerait à la Fed davantage de marge de manœuvre. D’ici là, la conviction des marchés devrait rester limitée”, poursuit l’analyste.Pernod Ricard à platPernod Ricard a annoncé mardi la vente de ses marques de vins effervescents aux Etats-Unis – sous les marques Mumm Sparkling California, Mumm Napa et DVX – au groupe californien Trinchero, sans préciser le montant de la transaction.Celle-ci, qui doit être finalisée au printemps 2026, “ne concerne pas la marque de champagne G.H. Mumm, ni les autres activités internationales de Mumm dans le vin effervescent”, précise le groupe de vins et spiritueux dans un communiqué.Le titre perdait 0,34% à 76,64 euros.Feu vert chez Crédit AgricoleEric Vial, le nouveau président de la Fédération nationale du Crédit Agricole, l’instance “politique” du groupe qui chapeaute les différentes caisses régionales, présidera également le conseil d’administration de la “banque centrale” du groupe, Casa, a-t-elle indiqué mardi.Le marché a bien réagit à l’annonce, le titre prenant 0,49% à 17,33 euros.