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Droits de douane: Eric Lombard déplore une “guerre idiote”

Le ministre de l’Economie Eric Lombard a regretté vendredi une “guerre idiote” avec les Etats-Unis, après les menaces de Donald Trump la veille d’imposer à la France et à l’Union européenne des droits de douanes de 200% sur leurs champagnes, vins et autres alcools.”Les Etats-Unis en faisant ça, se font mal”, a estimé Eric Lombard dans l’émission les 4 vérités sur France 2.”On va être dans une phase d’escalade, ils ont taxé à 25% l’acier et l’aluminium européen, nous avons répondu, ils répondent à nouveau, ça s’est passé comme ça il y a huit ans”, a-t-il poursuivi, déplorant une “guerre idiote”.Depuis son retour au pouvoir en janvier, le président américain a lancé une série d’offensives commerciales contre ses alliés comme ses concurrents, affirmant que les Etats-Unis étaient injustement traités dans les échanges internationaux.L’UE avait annoncé mercredi des droits de douane sur plusieurs produits américains dont le bourbon, les motos ou les bateaux, en représailles aux surtaxes américaines de 25% entrées en vigueur le même jour sur l’acier et l’aluminium.”On sait que Trump est un négociateur et que sa façon de négocier, c’est d’abord d’augmenter les droits de douane”, a estimé Eric Lombard. Et “si on veut pouvoir négocier avec lui, il faut qu’on se mette à armes égales”, a-t-il justifié. Interrogée vendredi sur Sud Radio, la ministre du Commerce Véronique Louwagie a indiqué de son côté qu’il y avait “une autre liste de 90 pages qui est prête au niveau européen pour taxer d’autres produits venant des Etats-Unis”, mais sans détailler lesquels.Le Canada a annoncé jeudi avoir déposé plainte devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC), estimant que cette taxe allait “à l’encontre des obligations des Etats-Unis” en matière de commerce international.”Il faut qu’on discute avec les Américains pour refaire baisser la tension”, a encore déclaré Eric Lombard précisant qu’il se rendrait aux États-Unis pour rencontrer ses homologues “dans les jours qui viennent”.

Les Bourses européennes ouvrent avec prudence

Les Bourses européennes ont ouvert prudemment vendredi, attendant de voir si les Etats-Unis arrivent à éviter un “shutdown”, une paralysie partielle de l’administration du pays, dans un marché toujours secoué par les multiples déclarations de Donald Trump sur sa politique commerciale.Dans les premiers échanges, la Bourse de Londres grappillait 0,10%, Paris faisait du surplace (-0,06%) et Francfort rendait 0,16%.

La BCE donne son feu vert à la montée d’UniCredit au capital de Commerzbank

La Banque centrale européenne (BCE) a donné son feu vert à la montée d’UniCredit jusqu’à 29,9% dans le capital de sa rivale allemande Commerzbank, a annoncé vendredi la banque italienne.Cette autorisation ouvre ainsi la porte à une fusion entre UniCredit et Commerzbank, à laquelle s’opposent cependant vivement les dirigeants de la banque allemande et les milieux politiques à Berlin.UniCredit, deuxième groupe bancaire italien, avait annoncé en décembre détenir 28% du capital de Commerzbank, dont 9,5% de participation directe et 18,5% à travers des instruments dérivés.Cette annonce avait relancé les spéculations sur une reprise totale de Commerzbank par UniCredit, qui serait l’une des fusions les plus ambitieuses en Europe depuis la crise financière.”Bien que l’approbation mette en évidence la solidité financière et la conformité réglementaire d’UniCredit, il existe encore plusieurs facteurs qui détermineront tout développement ultérieur et son calendrier”, a précisé vendredi la banque italienne dans son communiqué.Face à l’opposition en Allemagne, “UniCredit se réjouit de pouvoir entamer un dialogue constructif avec le nouveau gouvernement” qui devrait être prochainement formé, assure le groupe italien.Le chancelier désigné Friedrich Merz avait jugé en février “hostile” une éventuelle offre d’UniCredit, dans un entretien au magazine britannique The Economist, défendant ainsi la même position que son prédécesseur Olaf Scholz.Commerzbank préfère rester autonome et privilégie la poursuite de la croissance rentable des années passées, plutôt que l’option d’une combinaison avec UniCredit.Conscient des problèmes existants, UniCredit précise: “notre calendrier initial pour décider de procéder ou non à une fusion potentielle s’étendra probablement bien au-delà de la fin de l’année 2025”. 

Après des dissensions gouvernementales, le nouveau Nutri-Score finalement validé

La nouvelle version de l’affichage nutritionnel Nutri-Score, critiquée la semaine dernière par la ministre de l’Agriculture, va bien pouvoir entrer en vigueur avec la signature par les ministères concernés de l’arrêté qui organise sa mise en place, a indiqué le gouvernement vendredi. “Compte tenu des enjeux impératifs de santé publique, les ministres ont décidé de signer l’arrêté modifiant les règles de calcul du Nutri-Score”, peut-on lire dans un communiqué des ministres en charge de l’Economie, de la Santé, de l’Agriculture et du Commerce.Il s’agit avant tout de “lutter contre le surpoids, l’obésité” qui génère “des sujets aussi lourds que les maladies cardiovasculaires, le diabète et certains cancers”, a commenté vendredi matin la ministre de la Santé Catherine Vautrin sur TF1. Les ministres préviennent toutefois dans leur communiqué qu’ils resteront “vigilants aux effets de bord” que cette nouvelle méthode de calcul “engendre pour les produits issus du savoir-faire français”.Les entreprises et marques engagées dans cette démarche volontaire ont “deux ans pour mettre à jour leurs emballages et apposer le nouveau Nutri-Score”, selon leur communiqué. Les ministres Catherine Vautrin (Travail, Santé, Solidarités), Yannick Neuder (Santé, Accès aux soins), Eric Lombard (Economie), Véronique Louwagie (Commerce) et Annie Genevard (Agriculture) ont apposé leur signature sur le document.Cette dernière avait assumé publiquement la semaine dernière bloquer la publication de l’arrêté qui devait permettre l’entrée en vigueur du nouveau Nutri-Score, lui reprochant de donner une mauvaise note aux produits “remarquables” du terroir, fromages et charcuterie notamment. Les ministres en charge de la Santé avaient eux indiqué l’avoir signé. Cette nouvelle mouture est plus sévère à l’égard de certains produits transformés par l’industrie agroalimentaire pour tenir compte de récents travaux scientifiques. Elle permet notamment “d’améliorer la différenciation entre les aliments selon leur teneur en sel et sucres”, décrit le communiqué du gouvernement.”Il sera demandé aux ministères concernés d’étudier” ces “effets de bord” potentiels et “d’initier au niveau européen des échanges pour voir comment mieux les prendre en compte”.Conçu par des spécialistes de la nutrition, le Nutri-Score a été mis en place en 2017 en France, sur la base du volontariat, et dans six autres pays européens. Cet étiquetage classe les produits alimentaires de A à E en fonction de leur composition et de leurs apports nutritionnels.L’étiquetage nutritionnel, l’interdiction des publicités pour des produits gras sucrés salés et la taxation des boissons sucrées sont “les politiques publiques les plus efficaces contre le surpoids et l’obésité”, selon une étude du service statistique des ministères sociaux de juillet 2024.

Après les vins, les fromages français “vigilants” face à la menace de taxes américaines

Brie, emmental et autres produits laitiers français craignent d’être les prochaines victimes agroalimentaires des droits de douane supplémentaires annoncés par le président américain Donald Trump, après ses menaces sur les vins et les champagnes, symboles de “l’art de vivre” à la française.En 2024, la France a exporté pour 342 millions d’euros de produits laitiers vers les Etats-Unis, selon les chiffres des douanes. Les fromages en représentent deux tiers, soit environ 25.000 tonnes par an, surtout du brie (pour 48 millions d’euros), de l’emmental et des produits “à haute valeur ajoutée comme les AOP hors lait cru”, puisque ce dernier est quasiment banni d’importation dans le pays, selon François-Xavier Huard, PDG de la Fédération nationale de l’industrie laitière (Fnil).Le total, en valeur, représente à peine un dixième des 3,8 milliards d’exportations de vins et spiritueux français, menacés jeudi de voir leurs droits de douane américains monter à 200%. Mais les produits laitiers n’en restent pas moins la deuxième catégorie de produits agroalimentaires exportée vers les Etats-Unis.”C’est un marché stratégique, en croissance puisqu’il a doublé en dix ans”, explique à l’AFP François-Xavier Huard. Actuellement, les fromages et autres produits laitiers sont taxés à hauteur de 10% pour entrer aux Etats-Unis.- French “art de vivre” -“On aimerait parfois être moins symboliques de l’art de vivre à la française. On se retrouve assez vite dans les méandres des guerres commerciales” qui se jouent surtout sur l’acier ou les voitures électriques, ajoute-t-il.Au cours du premier mandat de Donald Trump, les exportations de produits laitiers avaient subi un “coup d’arrêt, surtout en 2019, avec des pertes d’environ 14 millions d’euros sur les fromages” cette année-là quand des droits de douane de 25% leur avaient été imposés par l’administration américaine.”On s’attend à peu près à 25%, en plus des 10% existants”, ajoute M. Huard, Donald Trump ayant annoncé début mars qu’il comptait imposer des droits de douane sur les produits agricoles entrant aux Etats-Unis à compter du 2 avril.Le secteur pointe toutefois un manque de visibilité, les annonces se limitant pour le moment à “deux posts sur le réseau social du président”. Et tous les produits ne seront pas logés à la même enseigne.”Quand il achète du Brie ou de la Mimolette d’Isigny, le consommateur américain, un peu comme celui qui achète son vin et son champagne, sera en capacité de payer quelques dollars de plus”, affirme François-Xavier Huard. Pour des produits moins haut de gamme, quand il existe des marchés de substitution, comme le beurre (30 millions d’euros exportés), avec par exemple le beurre néozélandais, la situation sera plus compliquée, ajoute le PDG de la Fnil.- Sujet européen -Les géants du secteur comme Savencia, Bel ou Lactalis, qui disposent de sites de production aux Etats-Unis, pourront compenser avec la production locale mais celle-ci ne pourra pas remplacer les produits liés à des territoires (AOP) et les plus petits producteurs risquent de trinquer.Une réciprocité des droits de douane sur les fromages américains n’aurait quasiment aucun impact vu les très faibles volumes exportés par les Etats-Unis vers l’Europe.François-Xavier Huard évoque la possibilité de “baisser les prix de certains produits pour garder un pied dans le marché” américain ou de reporter une partie de la production vers d’autres zones géographiques. “La difficulté, c’est qu’on a d’autres marchés qui se tendent ou qui sont en train de se fermer: la Chine qui représente 600 millions d’euros par an, l’Algérie pour quasiment 150-200 millions. Les trois ajoutés représentent environ un milliard d’euros en valeur sur les neuf milliards exportés par an”, souligne-t-il.Il se dit vigilant: “aujourd’hui, on arrive à valoriser les 23 milliards de litres de lait français collectés parce qu’on exporte, il faut qu’on arrive à maintenir cette visibilité pour les producteurs de lait”.Une réunion de l’European Dairy Association, qui représente les transformateurs de lait européens, doit avoir lieu en mars à Bruxelles, avec des représentants de la Commission européenne. Car l’inquiétude n’est pas que française: l’Italie devance la France en matière d’exportations fromagères vers les Etats-Unis. Les Pays-Bas et l’Espagne sont aussi concernés.

Etats-Unis: un avion prend feu à l’atterrissage, aucune victime

Un avion de la compagnie aérienne American Airlines a pris feu jeudi après avoir atterri sur une piste de l’aéroport international de Denver dans le Colorado (centre), selon des images diffusées sur les réseaux sociaux.Ces images ont montré l’appareil enveloppé de fumée et des passagers debout sur une aile de l’avion, dans l’attente des secours.American Airlines et le régulateur américain de l’aviation, qui gère le trafic aérien, ont déclaré dans deux communiqués séparés et relayés par des médias locaux, que l’avion avait été détourné vers Denver après avoir subi des problèmes au niveau du moteur.”Les 172 passagers et les six membres d’équipage ont débarqué et sont en train d’être transférés vers le terminal”, a indiqué la compagnie aérienne dans un communiqué, cité par la chaîne de télévision Denver KDVR.L’avion devait rallier Colorado Springs à Dallas-Fort Worth dans le Texas, selon la chaîne locale.Ni le régulateur américain ni American Airlines n’ont dans l’immédiat donné suite aux sollicitations de l’AFP.Cet incident survient dans un contexte d’inquiétudes dans le secteur américain de l’aviation après plusieurs accidents aériens et la volonté affichée du président américain Donald Trump de réduire les coûts des agences gouvernementales liées à ce secteur.

Jour de “shutdown” budgétaire aux Etats-Unis

A minuit, le “shutdown”: les Etats-Unis se retrouvent vendredi au bord de la paralysie de l’administration fédérale, en raison de l’absence d’accord au Sénat sur un texte budgétaire soutenu par Donald Trump, mais rejeté par les démocrates qui dénoncent des coupes drastiques.La proposition de budget, déjà adoptée par la Chambre des représentants à majorité républicaine, prolongerait le financement de l’Etat fédéral jusqu’en septembre. Le temps de plancher sur un budget plus conséquent pour l’année entière, avec notamment les fonds nécessaires pour certaines promesses de campagne de Donald Trump, comme son programme d’expulsion de migrants.Sans adoption d’un texte avant minuit dans la nuit de vendredi à samedi, le “shutdown” serait décrété, avec à la clé le chômage technique pour des centaines de milliers de fonctionnaires, le trafic aérien perturbé, ou encore des retards à prévoir dans le versement de certaines aides alimentaires. Une situation très impopulaire aux Etats-Unis, que démocrates comme républicains — dans le meilleur des mondes — souhaiteraient éviter.Si la proposition des républicains prévoit une hausse du budget de la défense de 6 milliards de dollars, il comprend aussi une réduction de 13 milliards de dollars des dépenses dans les autres postes budgétaires.- Démantèlement -Des coupes jugées inacceptables par les démocrates, qui dénonçaient déjà avant cela les limogeages massifs de fonctionnaires entrepris par Elon Musk, avec la bénédiction de Donald Trump, dans le cadre de sa commission à l’efficacité gouvernementale (Doge).Depuis le retour du milliardaire républicain à la Maison Blanche, le patron de SpaceX et Tesla s’est lancé dans le démantèlement de certaines agences fédérales, qu’il accuse de fraude ou de gestion dispendieuse.Les démocrates s’inquiètent en outre qu’un financement temporaire, plutôt que pour l’année fiscale entière, ne dilue le pouvoir du Congrès dans l’élaboration du budget, car il donnerait plus de liberté à l’exécutif pour choisir quelles dépenses réellement mettre en place.L’élue démocrate Rosa DeLauro avait qualifié le texte proposé par les républicains de “chèque en blanc à Elon Musk”, tandis que le sénateur Mark Warner, réputé pour ses positions modérées, a affirmé qu’il voterait “non”, se disant contre cette “idée de donner les clés à Trump et Musk sans contrainte”.Malgré leur majorité de 53 sénateurs sur 100, les républicains auraient besoin de l’appui de plusieurs démocrates pour obtenir la majorité de 60 voix nécessaire à l’adoption de leur texte.- “Carte blanche” -Le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, qui avait affirmé mercredi que son camp était uni contre le texte, a finalement annoncé jeudi qu’il voterait pour à titre personnel, en raison de son inquiétude des conséquences d’un “shutdown”.Une paralysie budgétaire “donnerait à Donald Trump et Elon Musk carte blanche pour détruire des services essentiels de l’Etat à un rythme bien plus élevé qu’actuellement”, a-t-il déclaré depuis l’hémicycle. Car dans ces situations de “shutdown”, la Maison Blanche “aurait l’entière autorité de considérer des agences entières, des programmes, et du personnel, comme non-essentiels, mettant des effectifs au chômage technique sans aucune promesse d’être réembauchés”, a estimé Chuck Schumer.Son revirement a fait baisser la probabilité d’un “shutdown”, car le ténor démocrate pourrait emporter dans son sillage plusieurs autres sénateurs de son camp.Le sénateur démocrate John Fetterman avait déjà annoncé qu’il voterait aussi à contrecoeur pour le texte.”Voter pour paralyser le gouvernement punira des millions de gens”, avait-il déclaré, tout en notant son “désaccord avec de nombreux points” de la proposition républicaine.Jeudi, Donald Trump avait rejeté la responsabilité de la situation actuelle sur les démocrates, affirmant que si paralysie il y avait le lendemain soir, ce serait “de leur faute”.

Sur l’Ukraine, les pays du G7 cherchent à afficher une certaine unité

Les chefs de diplomatie du G7 poursuivent jeudi soir leurs discussions pour parvenir à parler d’une même voix sur l’Ukraine malgré une approche américaine devenue plus conciliante à l’égard de Moscou avec Donald Trump.Mélanie Joly, la ministre des Affaires étrangères du Canada, pays hôte du G7, doit tenir une conférence de presse vendredi à 8H30 (12H30 GMT) pour le dernier jour des discussions.L’unité du groupe – Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Royaume-Uni et Japon – est fortement ébranlée par le retour à la Maison Blanche de Donald Trump, qui s’est rapproché de manière spectaculaire de Vladimir Poutine et mène une guerre commerciale avec ses proches alliés.Le porte-parole du ministère japonais des Affaires étrangères, Toshihiro Kitamura, a dit espérer que le G7 parvienne à une déclaration d’unité sur l’Ukraine.”Si nous ne le faisons pas, cela ne fera que profiter à des pays comme la Chine et la Russie”, s’est inquiété M. Kitamura.Selon une source diplomatique à l’AFP, “il reste du travail” pour s’accorder malgré les désaccords. “Tout le monde s’observe, chacun reste sur ses positions mais sans se montrer offensif”, a décrit cette même source.Le pivot de Donald Trump vers la Russie a provoqué une onde de choc en Europe et au-delà. Et a conduit les Européens à accélérer les discussions sur un avenir de défense sans les Etats-Unis.- “Très fermes” -L’Ukraine est le sujet numéro un de ce sommet multilatéral de trois jours des ministres des Affaires étrangères du G7 à Charlevoix, dans un hôtel qui surplombe le fleuve Saint-Laurent.Il intervient juste après le feu vert de Kiev à la proposition américaine d’un cessez-le-feu de 30 jours, plus de trois ans après l’invasion russe.Pendant la réunion du G7, Vladimir Poutine, dont le monde entier attendait la réponse, s’est dit depuis Moscou “pour” une trêve.”Mais il y a des nuances” et des “questions importantes” à régler, a-t-il immédiatement temporisé, demandant à en discuter avec les Etats-Unis.Washington presse Moscou d’accepter une trêve “sans conditions”, comme gage de bonne volonté.”Nous devons être très fermes sur le fait que tout cessez-le-feu ne peut être assorti de conditions”, a renchéri la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas dans une interview à CNN jeudi en marge du sommet.”Si la Russie veut mettre fin à cette guerre, ils n’ont qu’à arrêter de bombarder l’Ukraine”, a-t-elle souligné.En ouvrant la session formelle du G7, Mélanie Joly a appelé les puissances à “continuer à soutenir l’Ukraine face à l’agression illégale de la Russie” pour aboutir à “une paix juste et durable en Ukraine”.”A quoi servirait un cessez-le-feu qui, dans deux ou quatre ans, conduirait à plus de souffrance, plus de destructions, plus de guerre en Europe?”, a averti en amont la ministre allemande Annalena Baerbock.- Trump encore à l’attaque -Outre l’Ukraine, les chefs de diplomatie ont également abordé le conflit au Proche-Orient et la détérioration de la situation en Syrie.Toutes ces discussions sont compliquées par les très fortes tensions entre les Etats-Unis et le reste du G7, notamment en raison de la guerre commerciale lancée par Donald Trump.Le secrétaire d’Etat Marco Rubio est le premier haut responsable américain à fouler le sol canadien depuis le retour du républicain à la Maison Blanche.Jeudi, ce dernier a menacé la France et l’Union européenne d’imposer des droits de douane de 200% sur leurs champagnes, vins et autres alcools.La veille, des taxes douanières de 25% sont entrées en vigueur sur les importations d’acier et d’aluminium, entraînant des représailles immédiates de nombreux pays.Cette guerre commerciale se double pour le Canada d’une menace plus lourde: Donald Trump veut le voir devenir le “51e Etat” américain.Le milliardaire a continué jeudi sur sa lancée des dernières semaines, estimant que le Canada “ne fonctionne que s’il est un État” américain.”Ce serait le pays le plus incroyable visuellement. Si vous regardez une carte, vous verrez qu’ils ont tracé une ligne artificielle entre le Canada et les États-Unis”, a-t-il déclaré à des journalistes à Washington.

Nouvelle affaire de corruption au Parlement européen, Huawei dans le viseur

Après le Qatargate, le Parlement européen est secoué par une nouvelle affaire: une série de perquisitions ont été menées jeudi en Belgique et au Portugal, et un suspect a été arrêté en France, dans une enquête pour corruption au sein de l’institution de l’UE ciblant l’entreprise chinoise Huawei.Le juge belge en charge de l’enquête a fait poser des scellés dans plusieurs bureaux du Parlement à Bruxelles et Strasbourg, en particulier dans ceux attribués à deux assistants parlementaires considérés comme suspects, a indiqué le parquet fédéral.Selon le parquet, la corruption aurait été pratiquée “régulièrement” et “très discrètement” depuis 2021, “sous couvert de lobbying commercial” et en prenant différentes formes, comme des rémunérations de prises de positions politiques ou encore “des cadeaux démesurés” comme des frais de bouche, de voyage, ou des invitations régulières à des matches de football.Un suspect a été arrêté en France en vertu d’un mandat d’arrêt européen émis par la justice belge, a-t-on précisé.D’après le journal belge Le Soir, plusieurs lobbyistes actifs au Parlement européen ont été interpellés au cours de cette opération de police internationale jeudi matin. Au cœur de l’enquête figure un ex-assistant parlementaire employé comme directeur des affaires publiques au bureau bruxellois de Huawei.”La corruption supposée aurait eu lieu au profit de l’entreprise Huawei”, a indiqué dans l’après-midi le parquet, qui avait dans un premier temps refusé de confirmer que le fabricant chinois de smartphones était le corrupteur présumé.La firme a réagi en affirmant à l’AFP avoir une politique de “tolérance zéro” envers la corruption.”Huawei prend ces allégations au sérieux et communiquera de manière urgente avec les enquêteurs pour mieux comprendre la situation”, a déclaré un porte-parole de l’entreprise dans un communiqué.Le parquet fédéral a fait état de 21 perquisitions au total à travers la Belgique. Trois autres ont été sollicitées au Portugal. Dans ce pays est établie une société soupçonnée d’avoir reçu des virements destinés à des eurodéputés, selon le journal Le Soir.La justice portugaise a confirmé à l’AFP avoir fait effectuer sur son sol des perquisitions à la demande des autorités belges, sans plus de précisions.- “Organisation criminelle” -Huawei est au cœur des rivalités technologiques entre la Chine et les autres grandes puissances. Les Etats-Unis affirment, sans preuve, que les équipements chinois pourraient être utilisés à des fins d’espionnage – des accusations démenties par Pékin.En 2023, Bruxelles a décrit le géant des télécommunications chinois comme présentant le risque le plus élevé pour les pays de l’UE parmi tous les fournisseurs de 5G, appelant les Etats membres à exclure ses équipements de leurs réseaux mobiles.L’enquête vise des faits de “corruption active au sein du Parlement européen” ainsi que des “faux et usage de faux”, le tout dans le cadre d’une “organisation criminelle”.Les versements ou autres avantages patrimoniaux auraient été dissimulés “dans des flux financiers liés à des prises en charge de frais de conférences, et payés à différents intermédiaires”. Plusieurs documents et objets ont été saisis pour être analysésAucun eurodéputé n’a été interpellé dans l’opération de police menée au moment où le Parlement était réuni en plénière à Strasbourg. Mais plusieurs élus seraient dans le collimateur des enquêteurs.C’est la deuxième fois en moins de trois ans que le Parlement européen, seule institution élue de l’UE, est éclaboussé par un scandale de corruption.Dans le Qatargate, la justice belge enquête depuis 2022 sur des faits impliquant plusieurs ex-eurodéputés socialistes soupçonnés d’avoir été corrompus par deux puissances étrangères, le Qatar et le Maroc.Les deux pays, qui sont soupçonnés d’avoir fait des cadeaux ou versements en liquide afin de lisser leur image en matière de droits humains, ont toujours fermement nié.”Depuis trop longtemps, les députés européens adoptent une approche insouciante de l’éthique et continuent de vivre dans une culture d’impunité”, a réagi l’organisation Transparency international, jugeant ces nouvelles révélations “aussi graves” que celles du Qatargate.”La corruption doit être punie. Nous avons vraiment besoin d’un contrôle indépendant des violations éthiques, c’est un rappel douloureux après le Qatargate que l’Union européenne reste vulnérable”, a déclaré de son coté l’eurodéputé écologiste allemand Daniel Freund, joint par l’AFP.Le Parlement européen a dit de son côté “prendre acte” de la nouvelle enquête et être prêt à y “coopérer pleinement” si la justice belge le sollicite.

Trump menace de taxer à 200% le champagne et les vins français et européens

Donald Trump a menacé jeudi la France et l’Union européenne (UE) d’imposer des droits de douane de 200% sur leurs champagnes, vins et autres alcools si les tarifs douaniers de 50% annoncés par Bruxelles sur le whisky américain n’étaient pas abandonnés.Depuis son retour au pouvoir en janvier, le président américain a lancé toute une série d’offensives commerciales contre ses alliés comme ses concurrents, affirmant que les Etats-Unis étaient injustement traités dans les échanges internationaux.L’UE a annoncé mercredi des droits de douane sur plusieurs produits américains, dont le bourbon, les motos ou les bateaux, en représailles aux surtaxes américaines de 25% entrées en vigueur le même jour sur l’acier et l’aluminium.Ils devraient devenir effectifs le 1er avril, une journée avant les droits de douane dits “réciproques” voulus par Donald Trump.L’UE “a tout juste imposé 50% de droits de douane sur le whisky. Si ces droits de douane ne sont pas retirés immédiatement, les Etats-Unis vont rapidement imposer des droits de douane de 200% sur tous les “, a écrit le président républicain sur son réseau Truth Social.Les Etats-Unis imposent depuis mercredi une surtaxe de 25% sur l’acier et l’aluminium entrant dans le pays, provoquant des représailles de la part de plusieurs pays et de l’UE.Le Canada a annoncé jeudi avoir déposé plainte devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC), estimant que cette taxe va “à l’encontre des obligations des Etats-Unis” en matière de commerce international.A l’issue d’une rencontre avec le ministre du Commerce Howard Lutnick, son homologue canadien aux Finances, Dominic LeBlanc, a rappelé qu’il estimait ces taxes “injustifiées” et que le gouvernement défendra “les intérêts économiques du Canada.Son collègue à l’Industrie, François-Philippe Champagne a qualifié la rencontre de “longue, bonne et constructive” estimant que l’arrive de Marc Carney à la tête du gouvernement vendredi devrait permettre de “relancer potentiellement” les discussions.Dans la journée, Bruxelles a annoncé que le commissaire européen au Commerce Valdis Dombrovskis a eu un échange vidéo avec le ministre américain de l’Economie Scott Bessent, durant lequel il a “exprimé son inquiétude de voir les droits de douane américains avoir un impact économique négatif de part et d’autre” de l’Atlantique.Les exportateurs français de vins et spiritueux ont vivement réagi, disant en avoir “assez d’être sacrifiés systématiquement pour des sujets sans rapport avec les nôtres” et souhaitant que “la Commission européenne fasse preuve de réalisme”.- “Clé sous la porte” -Cette réplique américaine inquiète également des restaurateurs locaux, à l’image de Francis Schott, qui tient un établissement dans le New Jersey, pour qui “cela va simplement représenter du chiffre d’affaires qui va disparaître, c’est épouvantable. Si je perds la moitié du profit que je fais sur l’alcool, je mets la clé sous la porte.”Selon le Centre du commerce international (ITC), l’UE a exporté en 2024 10,7 milliards de dollars de vins et spiritueux vers les Etats-Unis, dont 4,8 milliards uniquement pour la France. Près de 10% de la production de l’Hexagone a traversé l’Atlantique l’année écoulée.L’immense majorité des produits alcoolisés provenant d’Europe entrent aux Etats-Unis sans droits de douane, seuls 2% étant appliqués sur les vins pétillants, selon les données de l’OMC.Depuis son retour à la Maison Blanche, le président américain a multiplié le recours aux droits de douane, servant à la fois de moyen de pression sur les Etats tiers pour obtenir un accord, de moyen de protection de certains secteurs industriels américains, et de source de revenus fiscaux pour l’Etat fédéral.Jusqu’ici, Donald Trump ciblait ses trois principaux partenaires commerciaux: le Canada, le Mexique et la Chine.Le républicain a imposé 25% sur les produits canadiens et mexicains, avec des exemptions temporaires. Les produits chinois sont eux visés par 20 points de pourcentage de taxes supplémentaires, au-delà de celles déjà existantes.S’il a menacé à plusieurs reprises l’UE d’être la prochaine cible, il comptait en particulier sur la mise en place de droits de douane dits “réciproques” à compter du 2 avril pour taxer les produits européens.Ce type de droits visent à taxer les produits provenant d’un pays lorsqu’ils entrent aux Etats-Unis au même niveau que le sont les produits américains arrivant dans ce pays.