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Feu vert des députés au “bazooka” budgétaire pour réarmer l’Allemagne

L’Allemagne se prépare à un tournant historique après le feu vert des députés au plan d’investissements du futur chancelier Friedrich Merz, qui veut dépenser sans compter pour réarmer et moderniser le pays afin d’affronter les bouleversements géopolitiques.Ce paquet de plusieurs centaines de milliards d’euros affectés à la défense et l’économie a été approuvé par 513 députés, soit la majorité des deux tiers des élus présents mardi au Bundestag, la chambre basse du parlement.Le texte est une révolution pour l’Allemagne, championne depuis des décennies de l’orthodoxie budgétaire et qui a longtemps négligé les dépenses militaires au profit du parapluie américain qui la protégeait depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.Mais les temps ont changé. Après le choc de l’invasion russe de l’Ukraine depuis février 2022, Berlin voit maintenant Washington se détourner de l’Europe et se rapprocher de la Russie, sous l’impulsion de Donald Trump.Les sommes en jeu sont colossales et auront des répercussions bien au-delà de l’Allemagne, représentant 1.000 à 1.500 milliards d’euros, selon les calculs, injectés dans l’économie au cours de la prochaine décennie.Un volume nécessaire pour contrer la “guerre contre l’Europe” menée par la Russie, a lancé devant le Bundestag, le chef du camp conservateur CDU/CSU, énumérant les cyberattaques et sabotages d’infrastructures attribués à la Russie.Friedrich Merz a aussi qualifié ce plan de “premier grand pas vers une nouvelle communauté européenne de défense” devant inclure “des pays qui ne sont pas membres de l’Union européenne”, comme le Royaume-Uni et la Norvège.- Message à l’Europe -Pour entrer en vigueur, les modifications constitutionnelles doivent encore être approuvées vendredi par le Bundesrat, la chambre représentant les régions.Concrètement, l’Allemagne va assouplir son “frein à l’endettement”, qui limite la capacité d’emprunt du pays, pour les dépenses militaires et pour les régions. S’y ajoute un fonds spécial – hors budget – de 500 milliards d’euros sur 12 ans pour moderniser les infrastructures et relancer la première économie européenne. Il s’agit de rénover routes, ponts, chemins de fer, écoles, installations énergétiques.”C’est une excellente nouvelle parce que cela envoie également un message très clair à l’Europe sur la détermination de l’Allemagne à investir massivement dans la défense”, a salué la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.La responsable estime que l’Europe doit impérativement et rapidement se réarmer pour avoir une “dissuasion crédible” d’ici 2030.Le chancelier sortant, Olaf Scholz, a salué une décision “historique” du Bundestag, tout comme Emmanuel Macron, lors d’un point presse commun à Berlin. “C’est une bonne nouvelle pour l’Allemagne et pour l’Europe”, a ajouté le président français, fervent partisan d’un renforcement de la défense européenne, qui doit rencontrer dans la soirée Friedrich Merz. “Cela envoie un puissant message de +leadership+ et d’engagement en faveur de notre sécurité commune”, s’est de son côté félicité le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte.Le “bazooka” d’investissements, selon l’expression popularisée par les médias, de Friedrich Merz est la pierre angulaire du futur gouvernement qu’il a entrepris de former avec le Parti social-démocrate (SPD) après sa victoire aux législatives de février.”C’est peut-être le plus gros paquet de dépenses” de l’histoire de l’Allemagne, a souligné mardi le chef du SPD Lars Klingbeil devant les députés. Friedrich Merz avait décidé de faire voter les lois par le Bundestag sortant, car les partis des extrêmes, de droite et de gauche, détiendront une minorité de blocage dans le nouvel hémicycle qui se constituera le 25 mars.- 3 milliards pour l’Ukraine -Le plan allemand doit permettre aussi le déblocage d’un soutien militaire en suspens de 3 milliards d’euros pour l’Ukraine. Le comité budgétaire du Bundestag devrait donner officiellement son aval vendredi à l’octroi de ces fonds, ont indiqué des sources parlementaires à l’AFP.Kiev pourrait ainsi recevoir des munitions d’artillerie et des grenades “dans les prochaines semaines”, avait indiqué lundi le porte-parole du gouvernement Steffen Hebestreit, tandis que la livraison d’autres équipements lourds tels que les systèmes de défense aérienne Iris T et Patriot prendra jusqu’à deux ans.Le futur dirigeant allemand a encore des semaines compliquées devant lui: il devra boucler les négociations avec les sociaux-démocrates pour former la coalition qu’il veut mettre sur pied d’ici Pâques, le 21 avril.Ces discussions n’ont rien d’évident car les dépenses d’investissement massives vont s’accompagner d’économies à tous les niveaux et de réformes majeures mettant à l’épreuve la future grande coalition.

Devoir de vigilance: La Poste fixée sur son sort le 17 juin

La Poste, condamnée en 2023 pour manquement à son “devoir de vigilance” et qui avait fait appel de la décision, sera fixée le 17 juin sur son sort.Assignée par le syndicat Sud PTT en 2021, elle avait été la première entreprise sanctionnée en France au titre de cette loi de 2017.Le tribunal judiciaire de Paris avait partiellement condamné le groupe sur le fondement de cette loi française, qui contraint les grandes sociétés à publier un plan de vigilance sur les risques humains et environnementaux de leurs activités, y compris au sein de leurs filiales, fournisseurs et sous-traitants.Il l’avait enjoint notamment de compléter ce plan de vigilance “par une cartographie des risques”, l’estimant “pas conforme aux exigences légales en raison de son imprécision”.Mardi, lors d’une audience de plaidoiries à la cour d’appel de Paris, Me Bernard Cazeneuve, représentant le groupe, a argué que le caractère “général” du plan de vigilance avait été voulu par le législateur lui-même pour que les entreprises “puissent s’adapter”.Il n’est ainsi pas question “de soustraire les entreprises à leurs obligations” mais “de ne pas rendre impossible l’application de la loi”, a plaidé l’ancien Premier ministre, aujourd’hui avocat.Un tel niveau de détail pour un groupe employant 233.000 collaborateurs (dont 54.000 à l’étranger) “ne permettrait pas de prendre en compte” les spécificités des situations, lieux et personnes, a abondé Me Ophélia Claude, également avocate de La Poste.La cartographie des risques “est le pilier du devoir de vigilance”, a de son côté souligné l’avocate de Sud PTT, Me Céline Gagey. “Une description large et générique ne permet pas d’identifier concrètement les risques”, a-t-elle estimé.L’avocate a rappelé l’histoire de Seydou Bagaga, un salarié non déclaré d’un sous-traitant de La Poste, qui s’était noyé en voulant rattraper un colis dans la Seine. La Poste avait été condamnée en 2020 pour prêt illicite de main-d’œuvre et marchandage. “La Cour d’appel de Versailles, sur renvoi de la Cour de Cassation, a intégralement relaxé La Poste dans ce contentieux” en janvier 2025, a précisé La Poste à l’AFP.Un nombre croissant de multinationales se voient reprocher de ne pas respecter leur devoir de vigilance, telles TotalEnergies, BNP Paribas, Casino, Yves Rocher ou encore Teleperformance.Mais aucune procédure n’avait abouti auparavant à une condamnation.

En visite en Martinique, Valls annonce un projet de loi contre la vie chère en Outre-mer

Le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, a annoncé lundi soir en Martinique un projet de loi contre la vie chère dans les territoires ultramarins “avant l’été”, à l’occasion d’une déplacement dans l’île des Antilles secouée fin 2024 par une mobilisation contre les prix de l’alimentation.Dans ce texte, l’exécutif proposera “un plan de bataille complet et structurel qui s’attaque méthodiquement à tous les facteurs expliquant la cherté de la vie”, a déclaré M. Valls à l’issue d’une réunion avec plusieurs dizaines d’élus et de représentants du monde économique à la préfecture de la Martinique.Manuel Valls était arrivé quelques heures auparavant sur l’île pour une visite de 48 heures, conclusion d’une tournée de six jours dans les quatre collectivités françaises des Antilles. Le projet de loi contre la vie chère devrait “reprendre certains articles” de propositions de loi présentées ces derniers mois par plusieurs parlementaires originaires des régions ultramarines, a précisé le ministre, exhortant à “enclencher une véritable transformation économique des territoires” ultramarins.Le ministre a ensuite évoqué cinq priorités contenues dans ce projet de loi en cours de préparation, notamment le renforcement de la concurrence et la lutte contre “les pratiques anticoncurrentielles”. De “grands groupes très performants” présents dans ces territoires “jouent parfois un rôle d’étouffement de l’économie”, a réaffirmé M. Valls, reprenant des propos qu’il avait prononcés à l’Assemblée nationale le 22 janvier. Ces groupes de distribution “sont présents à tous les niveaux de la chaîne” d’approvisionnement, a-t-il souligné.Le texte visera également davantage de transparence dans la vie économique des Outre-mer, avec des sanctions “plus dissuasives” pour les nombreuses entreprises locales qui “ne se conforment pas” à leurs obligations, a ajouté le ministre.Il a en outre appelé à “rompre avec la dépendance aux importations”, à “favoriser la production locale”, et à mieux intégrer les territoires ultramarins avec “leur marché régional”, afin de limiter les importations en provenance de la France hexagonale et de l’Europe “à ce qui est strictement indispensable”.Enfin, le ministre des Outre-mer a annoncé “un soutien de 10 millions d’euros” pour les “acteurs économiques et commerçants” sinistrés durant les violences urbaines survenues à l’automne 2024, en marge d’une vaste mobilisation contre la cherté de la vie.Manuel Valls a aussi rencontré lundi soir des représentants du Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens (RPPRAC), le mouvement à l’origine de la mobilisation émaillée d’émeutes à l’automne 2024 sur l’île.Selon un participant, étaient présents à cette rencontre des représentants syndicaux, six maires, trois députés et le suppléant du quatrième, mais pas le leader du RPPRAC Rodrigue Petitot, porteur d’un bracelet électronique suite à sa condamnation en décembre pour “actes d’intimidation et menaces envers des élus”.”J’ai rencontré des élus, des syndicats et cette organisation. Je souhaite discuter et rencontrer tout le monde avec des principes clairs (…), la condamnation la plus claire des violences à l’égard des biens et des personnes”, a expliqué mardi matin le ministre sur la radio locale RCI.

Deezer fait croître son chiffre d’affaires et réduit ses pertes en 2024

La plateforme française de streaming musical Deezer a annoncé mardi un chiffre d’affaires 2024 en hausse de 11,8% à 541,7 millions d’euros, dépassant son objectif, et être devenu rentable au second semestre.La perte nette s’est élevée à 26 millions d’euros, contre près de 60 millions en 2023. Le groupe communique également sur la “forte amélioration de la rentabilité”, mesurée par l’Ebitda ajusté, avec “un seuil de rentabilité atteint pour la première fois au deuxième semestre”.L’an dernier, “Deezer a également généré un flux de trésorerie disponible positif pour la première fois de son histoire. Nous avons élargi notre base d’abonnés en France et généré une forte dynamique de notre activité partenariats”, a souligné le directeur général Alexis Lanternier dans un communiqué.Pour 2025, le groupe se dit “en ligne avec (son) objectif de délivrer un Ebitda ajusté positif et un flux de trésorerie disponible positif”. Le chiffre d’affaires est par contre attendu “stable voire en léger retrait par rapport à 2024″.”L’exercice 2025 sera une année de consolidation, pour préparer la feuille de route pour une croissance rentable à long terme, et marquée par des innovations majeures”, écrit le groupe.Deezer, l’un des concurrents du numéro un mondial du streaming musical, Spotify, compte renforcer sa présence en France, développer de nouvelles fonctionnalités plus personnalisés et tenter de mettre en relation plus directement les artistes et leurs fans.Confronté comme ses concurrents à la mise en ligne d’une montagne de morceaux générés par l’intelligence artificielle, Deezer a déployé en janvier “un outil avancé de détection musicale par IA, révélant que près de 10.000 morceaux entièrement générés par IA sont ajoutés quotidiennement à la plateforme, soit environ 10% des nouveaux contenus mis en ligne chaque jour”.

Google accélère dans la cybersécurité et lâche 32 milliards de dollars pour Wiz

Google va racheter, pour 32 milliards de dollars, la start-up Wiz, spécialisée dans la cybersécurité, axe important de l’accélération du groupe dans l’informatique à distance (cloud).Cette prise de contrôle se fera entièrement en numéraire, selon un communiqué publié mardi, et devrait être finalisée en 2026.C’est de très loin la plus importante acquisition jamais réalisée par Google et sa maison mère Alphabet, qui se renforcent dans la sécurité informatique, considérée comme un marché de croissance.Google s’était déjà emparé, en 2022, d’un autre acteur de la cybersécurité, l’américain Mandiant, moyennant 5,4 milliards de dollars.Jusqu’ici, la plus grosse opération du groupe de Mountain View (Californie) remontait à 2012, avec la reprise de Motorola Mobility, ancienne division équipement de Motorola, pour 12,5 milliards de dollars.Fondé il y a cinq ans seulement, Wiz avait déjà été approché par Google l’an passé, mais le conseil d’administration avait refusé l’offre, estimée par plusieurs médias américains à 23 milliards de dollars.Dans un message interne adressé aux employés de la société dont le siège est à New York, le directeur général et co-fondateur Assaf Rappaport, avait indiqué que le groupe préférait se préparer à une introduction en Bourse.Après ce revers, Google est revenu à la charge, remontant sensiblement son offre. Le géant californien n’a pas hésité à mettre sur la table le double de la valorisation qu’affichait Wiz lors d’une récente vente d’actions, fin 2024.- Sécuriser le cloud -“L’intelligence artificielle présente de nouveaux risques, mais aussi de nouvelles opportunités”, a déclaré le patron de Google, Sundar Pichai, lors d’une conférence téléphonique.L’intégration de Wiz à Google est à même d'”accélérer la capacité des entreprises à renforcer leur sécurité, tout en abaissant leurs coûts, et favoriser l’adoption de l’informatique à distance” (cloud computing), a-t-il ajouté.Wiz a atteint 500 millions de dollars de chiffre d’affaires récurrent (ARR) l’an dernier et prévoit de dépasser le milliard en 2025.L’utilisation croissante du cloud augmente les risque d’attaques informatiques, les entreprises recourant à des infrastructures situées sur des sites différents.La montée en puissance de l’IA nécessite des capacités de traitement et de stockage assurées par les centres de données (data centers), ce qui rend le cloud encore plus incontournable.Petit acteur du cloud il y a encore dix ans, Google est progressivement monté en puissance, au point d’atteindre 43 milliards de dollars de chiffre d’affaires dans cette activité l’an dernier (+30% sur un an).Wiz s’est démarqué en concevant un modèle de sécurité informatique axé sur l’utilisation du cloud. Il équipe aujourd’hui la moitié des 500 plus grandes entreprises américaines.”Notre mission est d’aider toutes les sociétés à sécuriser tout ce qu’ils réalisent et font tourner dans le cloud, quel que soit ce cloud”, a dit Assaf Rappaport lors de la conférence téléphonique. “La migration vers le cloud a transformé la façon dont les logiciels sont conçus.”Thomas Kurian, patron du cloud chez Google, a évoqué les nouveaux modèles d’IA générative, sur lesquels sont bâtis des assistants comme ChatGPT ou Gemini, logés dans le cloud et susceptibles de faire l’objet d’attaques informatiques.Il a aussi mentionné le danger potentiel que pouvaient représenter certains modèles en cas de détournement et d’utilisation à des fins de piraterie informatique.Wiz a été lancé par quatre Israéliens, dont Assaf Rappaport, ancien du service de renseignement informatique de l’armée israélienne.Auparavant, les co-fondateurs avaient déjà créé une première société, Adallom, dédiée à la sécurisation informatique des logiciels à distance (SaaS), des programmes utilisés par les entreprises via le cloud.En 2015, ils avaient revendu Adallom pour 320 millions de dollars à Microsoft. Ce dernier poussait, tout comme Google, les feux dans le cloud et entendait muscler son dispositif de cybersécurité.Vers 14H35 GMT, l’action Alphabet se repliait nettement (-4,60%), dans un contexte boursier défavorable aux valeurs technologiques. 

La Bourse de Paris salue l’adoption du plan d’investissements allemand

La Bourse de Paris a terminé en hausse mardi, saluant l’approbation en Allemagne par les députés d’un plan d’investissements publics massif pour réarmer et moderniser la première économie européenne.Le CAC 40 a pris 0,50% à 8.114,57 points, en hausse de 40,59 points. La veille, il avait déjà terminé en hausse de 0,57%.Les députés allemands ont adopté mardi le plan d’investissements géant du futur chancelier Friedrich Merz visant à réarmer et moderniser l’Allemagne pour affronter les bouleversements géopolitiques mondiaux.Ce paquet de plusieurs centaines de milliards d’euros affecté à la défense et l’économie est plébiscité par les investisseurs, qui l’estiment capable de relancer la croissance européenne.Ce programme est “un nouveau facteur positif” pour les places boursières européennes, qui “bénéficient depuis le début de l’année d’un cocktail de bonnes nouvelles, entre résultats d’entreprises satisfaisants, baisses des taux, et espoirs d’une fin de la guerre en Ukraine”, a expliqué à l’AFP Andrea Tueni, responsable des activités de marchés de Saxo Banque France.Côté obligataire, l’emprunt à dix ans français a atteint mardi 3,48%, au même niveau que la veille en clôture. Son équivalent allemand, référence en Europe, est aussi resté stable à 2,81%.Les investisseurs suivent également avec attention les discussions en cours entre Washington et Moscou sur une possible trêve en Ukraine.Une conversation téléphonique entre Vladimir Poutine et Donald Trump, qui portait sur le sujet, s’est achevée, ont annoncé mardi le Kremlin et la Maison Blanche.Le Kremlin a qualifié de “détaillée et franche” la discussion.Autre point d’attention des marchés: la réunion de la banque centrale américaine, la Fed, qui a débuté mercredi. L’institution annoncera mercredi sa décision sur les taux directeurs américains.Les observateurs prévoient, quasi unanimement, que les discussions, débouchent sur un maintien des taux d’intérêt à leur niveau actuel, dans une fourchette comprise entre 4,25% et 4,50%.Dans ce contexte, “le discours du président Jerome Powell, qui pourrait donner d’éventuels signes d’une politique monétaire plus accommodante, sera scruté”, a expliqué Andrea Tueni.Reste que le résultat de la réunion de la Fed pourrait être tout “sauf un grand moteur de marché”, estime Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.Bolloré dans le rougeL’action du groupe Bolloré a chuté de 5,52% à 5,50 euros, après la publication lundi soir de résultats annuels décevants.Le résultat opérationnel ajusté (Ebitda) du groupe s’est effondré, à un million d’euros seulement en 2024, contre 61 millions en 2023.Son chiffre d’affaires a également décru, de 4% à périmètre constant.

Les Bourses européennes finissent dans le vert

Les marchés boursiers européens ont terminé en hausse mardi, saluant l’approbation en Allemagne par les députés d’un plan d’investissement public massif pour réarmer et moderniser la première économie du continent.Francfort a pris 0,98%, après avoir battu, à 23.476 points, son record en séance qui datait du début du mois. Paris a gagné 0,50%, Milan 1,31% et Londres 0,29%.

Devoir de vigilance : La Poste fixée sur son sort le 17 juin

La Poste, condamnée en 2023 pour manquement à son “devoir de vigilance” et qui avait fait appel de la décision, sera fixée le 17 juin sur son sort.Assignée par le syndicat Sud PTT en 2021, elle avait été la première entreprise sanctionnée en France au titre de cette loi de 2017.Le tribunal judiciaire de Paris l’avait partiellement condamnée sur le fondement de cette loi française, qui contraint les grandes sociétés à publier un plan de vigilance sur les risques humains et environnementaux de leurs activités, y compris au sein de leurs filiales, fournisseurs et sous-traitants.Il l’avait enjoint notamment de compléter ce plan de vigilance “par une cartographie des risques”, l’estimant “pas conforme aux exigences légales en raison de son imprécision”.Mardi, lors d’une audience de plaidoiries à la cour d’appel de Paris, Me Bernard Cazeneuve, représentant le groupe, a argué que le caractère “général” du plan de vigilance avait été voulu par le législateur lui-même pour que les entreprises “puissent s’adapter”.Il n’est ainsi pas question “de soustraire les entreprises à leurs obligations” mais “de ne pas rendre impossible l’application de la loi”, a plaidé l’ancien Premier ministre, aujourd’hui avocat.Un tel niveau de détail pour un groupe employant 233.000 collaborateurs (dont 54.000 à l’étranger) “ne permettrait pas de prendre en compte” les spécificités des situations, lieux et personnes, a abondé Me Ophélia Claude, également avocate de La Poste.La cartographie des risques “est le pilier du devoir de vigilance”, a de son côté souligné l’avocate de Sud PTT, Me Céline Gagey. “Une description large et générique ne permet pas d’identifier concrètement les risques”, a-t-elle estimé.L’avocate a rappelé l’histoire de Seydou Bagaga, un salarié non déclaré d’un sous-traitant de La Poste, qui s’était noyé en voulant rattraper un colis dans la Seine. La Poste avait été condamnée en 2020 pour prêt illicite de main-d’œuvre et marchandage.Un nombre croissant de multinationales se voient reprocher de ne pas respecter leur devoir de vigilance, telles TotalEnergies, BNP Paribas, Casino, Yves Rocher ou encore Teleperformance.Mais aucune procédure n’avait abouti auparavant à une condamnation.

Aux Forges de Tarbes, les commandes européennes dopent la fabrication d’obus

Les Forges de Tarbes, au bord de la liquidation en 2021, ploient sous les commandes, avec comme principal enjeu, augmenter la cadence de production des corps d’obus de 155 mm destinés à l’Ukraine et au réarmement des forces européennes.A Tarbes, sur le site de la société française Europlasma qui y emploie 80 salariés, l’objectif est de doubler le volume de production. C’est le seul centre de production en France de ces corps creux, qui sont ensuite envoyés à la société KNDS (ex-Nexter) qui dote les obus de leur charge explosive.”Nous sommes passés d’une production quasi à l’arrêt en 2022 à pas loin de 60.000 corps d’obus en 2024. En ce moment, notre rythme hebdomadaire est de 2.000 obus par semaine et on a l’ambition à la fin de l’année d’en produire 15.000 par mois”, précise à l’AFP Jérôme Garnache-Creuillot, PDG d’Europlasma. Les Russes, eux, produisent 50.000 obus par jour, observe-t-il à titre indicatif.A Tarbes, Europlasma fabrique des obus de “155 mm standard Otan” et de “152 mm standard Pacte de Varsovie” pour des pays de l’est.- Pas seulement en Ukraine -La guerre en Ukraine depuis 2022 et les récents projets de réarmement européen invitent les industriels à redimensionner leur outil de production.Les obus pour l’Ukraine représentent une part importante de la production, mais l’activité ne dépend pas seulement du conflit entre Moscou et Kiev. Europlasma fait savoir qu’un des derniers contrats signés l’a été avec la République tchèque, pour 50.000 corps d’obus, dont 31.000 à livrer en 2025.La capacité des Forges de Tarbes pourra être poussée au maximum à 20.000 obus par jour, estime le PDG d’Europlasma. Ces projectiles sont utilisés par les canons français Caesar qui se sont imposés sur le champ de bataille ukrainien contre la Russie.”L’idée c’est de produire aux Forges de Tarbes et demain, d’être en mesure de fabriquer des obus de gros calibre à Valdunes”, dans le département du Nord, où Europlasma a racheté en 2024 le dernier fabricant français de roues de trains, en faillite.L’entreprise est par ailleurs candidate à la reprise des Fonderies de Bretagne, sous-traitant du groupe automobile Renault implanté à Caudan (Morbihan), où elle envisage de produire chaque jour plus de 20.000 obus de moyen calibre (120 mm). “On pense que cela peut élargir la gamme de produits et capitaliser sur le modèle de l’industrie automobile”, explique M. Garnache-Creuillot. “Avec le monde de l’auto, on a accès à des lignes de production automatisées, on change d’échelle. D’un point de vue stratégique, il y a un vrai enjeu”.- Main d’oeuvre rare -Aujourd’hui, pour monter en puissance, les Forges de Tarbes se heurtent à des difficultés de recrutement et d’acquisition de machines-outils. “On a du mal à trouver de la main d’oeuvre qualifiée ou très qualifiée, on manque de chaudronniers, de forgerons, de soudeurs”, regrette le PDG d’Europlasma. Pour les machines et les moules permettant de fabriquer les ogives, ce sont surtout les délais de livraison qui sont en cause, souvent doublés en ces temps de forte demande.Depuis le début du conflit, la France a livré 30.000 obus de ce type à Kiev, et l’objectif pour 2025 est d’en livrer 80.000 unités, indiquait le ministère français des Armées en janvier.”Il nous faut une augmentation très rapide des capacités de défense européennes. Et il nous la faut maintenant!” a lancé mardi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen devant le Parlement européen à Strasbourg. L’Europe produit désormais près de deux millions d’obus par an, contre 300.000 à 400.000 avant la guerre en Ukraine, observe Léo Peria-Peigné, spécialiste de l’armement et de l’industrie de défense à l’Institut français des relations internationales (IFRI). “Il y a une volonté de montée en puissance qui est énorme. La demande est potentiellement forte, si on passe du discours aux actes, les besoins vont augmenter”, estime le chercheur.

Taxes Trump: un brasseur belge minimise le risque en accélérant ses expéditions

“Il faut jouer la sécurité.” Face à la menace de Donald Trump de taxer à 200% les alcools européens, un brasseur belge veut remplir vite un maximum de conteneurs vers les Etats-Unis, où il réalise près de 20% de ses ventes.A la brasserie Huyghe, qui produit une gamme d’une trentaine de bières dont la plus connue est la Delirium Tremens, le branle-bas de combat a été décrété dès jeudi soir, raconte le PDG Alain De Laet en recevant une équipe de l’AFP.Depuis lors, le rythme de mise en cartons des bouteilles et le ballet des transpalettes au milieu des montagnes de fûts ne faiblissent pas dans les entrepôts de Melle, près de Gand (nord-ouest), où cette entreprise familiale à son siège.Jeudi, le président américain a menacé d’imposer des droits de douane de 200% sur les vins et alcools de l’Union européenne, si elle ne retirait pas les taxes de 50% annoncées sur le bourbon américain… En riposte à une première entrée en vigueur de surtaxes sur l’acier et l’aluminium importés aux Etats-Unis.”200% je ne peux pas faire face! Ça veut dire voir le prix de notre bière tripler aux Etats-Unis, elle devient invendable”, fait valoir M. De Laet, en précisant que la “Delirium”, une blonde forte titrant 8,5 degrés d’alcool, est déjà une des bières les plus chères du rayon. Conséquence: il a décidé en accord avec la patronne de sa filiale américaine de lui envoyer au plus vite tout le stock actuellement disponible en Belgique. L’idée est de constituer outre-Atlantique jusqu’à six mois de réserve, contre trois actuellement. En partant du principe que la surtaxe, si elle est imposée, ne se prolongera pas au-delà de six mois.”Evidemment si elle est maintenue à long terme c’est la mort de toute exportation vers les Etats-Unis, c’est une belle part de gâteau qui disparaîtrait”, poursuit le patron flamand.- Variétés fruitées -Concrètement, l’accélération du tempo chez Huyghe consiste à remplir en l’espace d’une semaine une vingtaine de conteneurs qui rallieront Baltimore, sur la côte est américaine, au départ du port d’Anvers. Deux sont déjà partis vendredi.Sont privilégiées les différentes gammes de Delirium, dont la version sans alcool tout juste sortie sur le marché belge – “sait-on jamais avec Trump” -, ainsi que certaines variétés fruitées tout aussi appréciées des consommateurs américains.”Avoir notre propre filiale au Etats-Unis, avec 22 personnes qui s’occupent uniquement de la vente, c’est un gros avantage sur les autres (fabricants d’alcools), on peut expédier rapidement sans attendre l’aval d’un importateur”, explique M. De Laet.En Belgique, dont la culture de la bière est classée au patrimoine immatériel mondial de l’Unesco, les quelque 400 brasseries en activité vendent 70% de leur production à l’export.Au-dessus de la moyenne, la brasserie Huyghe assure réaliser 83% de son chiffre d’affaires hors des frontières, avec la France comme premier marché étranger en volumes.De manière générale la menace de Donald Trump inquiète le secteur, qui juge comme Alain De Laet que les bières européennes ne devraient pas être épargnées.”Cela ne va pas tuer le marché, mais en termes d’image et de réputation, c’est un peu pénible car la bière belge reste la référence mondiale”, a déclaré vendredi Krishan Maudgal, directeur de la fédération des Brasseurs belges.