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Waymo pourrait lancer ses robotaxis à Londres dès cette année

L’entreprise américaine Waymo, leader mondial des véhicules sans conducteur, a dit jeudi travailler avec ses partenaires au Royaume-Uni pour lancer des robotaxis à Londres, qui pourraient sillonner dès cette année les rues de la capitale britannique.La société détenue par Alphabet, maison mère de Google, est déjà présente dans un nombre croissant de villes aux États-Unis, mais un lancement à Londres serait une première en Europe.Les véhicules autonomes devront subir des tests “rigoureux” pour prouver qu’ils sont au moins aussi sûrs, compétents et prudents que les conducteurs humains avant d’être autorisés à circuler sur les routes britanniques, a prévenu le gouvernement.Leur autorisation dépendra en outre de la mise en oeuvre concrète d’une loi sur les véhicules automatisés, entrée en vigueur en 2024, pour laquelle des détails techniques et opérationnels restent à finaliser.En devenant l’un des premiers pays à autoriser ce genre de véhicules, le gouvernement espère attirer des investissements et estime que le secteur des véhicules autonomes pourrait créer des milliers d’emplois et ajouter des milliards de livres à l’économie britannique d’ici 2035.Le projet de Waymo “pourrait transformer la sécurité routière et l’accessibilité” dans le pays, a salué sur le réseau social X la secrétaire d’État aux Transports locaux Lilian Greenwood.Waymo fait déjà rouler plusieurs dizaines de véhicules à Londres, avec toujours un conducteur derrière le volant, pour la cartographie et la collecte de données en amont du lancement des programmes pilotes de conduite autonome plus tard cette année.Basée en Californie, Waymo s’est associée en 2018 au Britannique Jaguar Land Rover (JLR), qui fabrique la I-PACE électrique autonome.”Au cours des prochains mois, nous travaillerons en étroite collaboration avec nos partenaires pour investir dans les infrastructures opérationnelles et le personnel nécessaires au bon fonctionnement de notre service”, a détaillé Nicole Gavel, responsable du développement commercial mondial et des partenariats stratégiques chez Waymo.Plusieurs entreprises rivales se bousculent déjà pour proposer, elles aussi, leurs services aux Londoniens.L’Américain Uber a annoncé son intention d’y lancer des taxis sans chauffeur en partenariat avec le britannique Wayve, tandis que le géant chinois d’internet Baidu compte lancer un service similaire sur l’application de covoiturage Lyft.Mais les robotaxis sont “de la poudre aux yeux”, lance auprès de l’AFP Steve McNamara, secrétaire général de la Licensed Taxi Drivers Association, qui représente plus de 10.000 chauffeurs des emblématiques “black cabs” de Londres.Il pointe notamment que, loin de l’autonomie promise, des opérateurs humains sont en réalité toujours prêts à intervenir à distance.

Acier: ArcelorMittal envisage une nouvelle délocalisation de ses fonctions support

Nouvelle vague de départs potentiels d’Europe dans les métiers tertiaires au sein du sidérurgiste ArcelorMittal: le groupe envisage une nouvelle délocalisation de ses fonctions support vers l’Inde, qui pourrait concerner à terme plusieurs milliers d’emplois.Lors d’un conseil d’entreprise européen extraordinaire organisé jeudi à distance, “la direction européenne d’ArcelorMittal a annoncé le lancement d’une nouvelle phase d’analyse visant la délocalisation massive des fonctions support (informatique, logistique, maintenance, etc.) dans l’ensemble des entités européennes du groupe” vers l’Inde, a annoncé le comité d’entreprise européen dans un communiqué.ArcelorMittal Europe, qui avait déjà annoncé au printemps dernier une première vague de délocalisations, “étudie la possibilité d’étendre son projet de transformation des fonctions support afin d’optimiser et de standardiser les activités actuellement dispersées sur de nombreux sites en Europe”, a indiqué le groupe dans une déclaration transmise à l’AFP.Cette nouvelle vague va affecter “potentiellement (…) 20 pays européens et plus de 5.600 salariés, dont 1.650 pour la France”, le périmètre concerné, a indiqué à l’AFP Jean-Luc Ruffin, secrétaire du CEE, qui souligne que cela ne signifie pas qu'”il n’y aura pas obligatoirement 1.650 suppressions d’emplois en France”.”Sur la première vague, le périmètre, c’était un peu plus de 4.000 emplois et il y a eu 1.400 suppressions d’emplois” effectivement délocalisés, a-t-il rappelé, indiquant que ce premier plan était “toujours en cours”.Jeudi, devant les représentants des salariés de toute l’Europe, la direction a fait “une belle présentation pour nous dire qu’ils avaient déjà embauché près de 900 salariés en Inde pour occuper ces fonctions”, a ironisé M. Ruffin.- “Aligner les performances” -Ce nouveau projet concerne notamment “le personnel informatique (maintenance des systèmes, cybersécurité, support applicatif, infrastructures) et “les prestataires en ingénierie, services, logistique, consultance et maintenance”, a précisé le CEE dans un communiqué.Il demande “l’arrêt immédiat de toute nouvelle délocalisation tant que les plans en cours ne sont pas clôturés et évalués”.”La création d’un pôle de services aux entreprises en Inde et l’expansion de son centre d’excellence en Pologne contribueront à l’élaboration d’un modèle économique durable pour ArcelorMittal Europe”, a ajouté le groupe, qui souhaite “aligner les performances de l’entreprise sur celles des autres grands groupes”, notamment en ayant recours à l’intelligence artificielle.La demande d’acier, historiquement portée par l’automobile et le bâtiment, s’est émoussée en Europe et le continent fait face à l’énorme concurrence de la production asiatique et surtout chinoise, vendue beaucoup moins chère.”Cette décision constitue une nouvelle attaque frontale contre les travailleurs européens, sans bilan, sans évaluation et sans considération pour les conséquences humaines, sociales et industrielles”, a déploré le CEE d’ArcerlorMittal.En France, le groupe a supprimé dans le nord du pays 608 postes l’an passé (260 emplois du fait de postes déjà vacants et en raison de réorganisations et reclassements anticipés), dans les fonctions support mais aussi la production.Lors de cette deuxième phase touchant les fonctions support, “ce sont les sites d’ArcelorMittal Méditerranée et d’autres sites français”, qui sont potentiellement concernés, selon M. Ruffin.”C’est juste scandaleux”, a réagi Jean-Marc Vecrin, coordinateur CFDT pour l’ensemble du groupe : “on met un plan acier sur mesure, on fait avec EDF, un contrat sur 18 ans” de fourniture d’électricité “et puis derrière on vous annonce comme ça, sans aucun remords, qu’on continue notre plan de délocalisation des fonctions support en Inde”.”On ne va pas se laisser faire”, a-t-il assuré.Une prochaine réunion est prévue le 26 février prochain, au siège européen du groupe à Luxembourg.

Wall Street lève le pied après des résultats de géants de la tech

La Bourse de New York évolue en baisse jeudi, prudente sur la direction à prendre après la publication de résultats trimestriels de plusieurs grands noms du secteur technologique, accueillis de façon théâtrale par les investisseurs.Vers 15H10 GMT, le Dow Jones reculait de 0,10%, l’indice Nasdaq à forte coloration technologique perdait 1,51% et l’indice élargi S&P 500 cédait 0,68%. “L’attention s’est désormais déplacée de la géopolitique, qui était le moteur la semaine dernière, vers les résultats d’entreprises cette semaine”, commente auprès de l’AFP Sam Stovall, de CFRA.Les investisseurs ont de quoi s’occuper: cette semaine, environ 20% des sociétés composant le S&P 500 doivent dévoiler leurs performances financières.Mercredi soir, après la clôture, c’était au tour de plusieurs poids lourds technologiques.La place américaine “se réjouit des bons résultats de Meta. Même si l’entreprise a augmenté ses dépenses d’investissement, ses bénéfices et ses revenus ont été nettement plus élevés, ce qui, d’une certaine manière, a convaincu le marché”, souligne Sam Stovall.Et les prévisions du groupe de Menlo Park (Californie) pour le premier trimestre de l’année en cours dépassent largement les calculs des analystes.Vers 15H10 GMT, le titre Meta bondissait de 7,59%, à 719,50 dollars, soit un gain de capitalisation boursière de plus de 150 milliards de dollars.Un accueil bien différent de celui réservé aux précédents résultats de l’entreprise. L’action Meta avait alors chuté de plus de 11%.Cette fois, c’est Microsoft qui subit la sévérité des investisseurs.En dépit de résultats trimestriels en hausse, et supérieurs aux attentes, le groupe de Redmond (Etat de Washington) voit son titre décrocher de plus de 11%, représentant une perte d’environ 400 milliards de dollars de valorisation.”Ses activités dans le cloud (informatique à distance, ndlr) ont finalement été un peu décevantes”, juge Sam Stovall.Malgré un chiffre d’affaires dépassant pour la première fois les 50 milliards de dollars sur cette activité, la marge brute de Microsoft Cloud a reculé à cause des investissements massifs dans les centres de données pour l’intelligence artificielle (IA).”Microsoft est également très étroitement lié à OpenAI”, pionnier de l’IA dont les derniers modèles “suscitent un certain scepticisme par rapport à Gemini de Google et Anthropic”, estime Ryuta Makino, de Gabelli.Côté indicateurs, le déficit commercial des Etats-Unis s’est établi à 56,8 milliards de dollars au mois de novembre, près de deux fois plus élevé qu’un mois plus tôt, sous l’effet combiné d’une baisse des exportations et d’une hausse des importations.C’est pire que ce qu’avaient anticipé les analystes, qui tablaient sur un creusement à 42,9 milliards de dollars, selon le consensus publié par MarketWatch.Les nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage sont elles ressorties légèrement au-dessus des attentes jeudi, à 209.000 demandes.Sur le marché obligataire, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’Etat américain se tendait légèrement par rapport à la veille, évoluant à 4,25% vers 15H10 GMT, contre 4,24% à la clôture mercredi.D’autres résultats trimestriels venaient animer le marché jeudi.Ceux du constructeur automobile américain Tesla (-0,95% à 426,37 dollars), dirigé par le milliardaire Elon Musk, étaient accueillis avec une pointe de scepticisme par les investisseurs. Le bénéfice net a chuté de 61% à 840 millions de dollars, bien loin des attentes. Mais celui rapporté par action a fait mieux qu’anticipé, à 50 cents.Lors d’une audioconférence avec des analystes, Elon Musk a dit envoyer “un message d’optimisme concernant l’avenir, car nous nous dirigeons probablement vers une enthousiasmante et extraordinaire ère d’abondance”.Le groupe informatique américain IBM (+6,61% à 313,60 dollars) était lui en forme, après avoir publié un chiffre d’affaires et un bénéfice net par action meilleurs qu’escomptés lors des trois derniers mois de 2025.

Capgemini ébranlé par la révélation d’un contrat avec l’ICE

Après la révélation d’un contrat passé avec la police américaine de l’immigration (ICE), les appels à la responsabilité et à la transparence se multiplient à l’égard du groupe français d’informatique Capgemini, qui assure que ce contrat n’est pas “en cours d’exécution”.Côté au CAC40 et présent dans une cinquantaine de pays dans le monde, Capgemini a vu l’attention médiatique et les interrogations en interne se décupler depuis plusieurs jours.Selon des informations de l’association L’Observatoire des multinationales publiées la semaine dernière et développées par France 2, Capgemini a notamment fourni à l’ICE un outil d’identification et de localisation de personnes étrangères, alors que cette police est mobilisée par le président américain dans une vaste campagne anti-immigration.”J’ai 32 ans d’ancienneté chez Capgemini, je n’ai jamais connu une situation de crise comme celle d’aujourd’hui”, résume auprès de l’AFP Frédéric Boloré, délégué syndical central CFDT. “C’est un choc énorme pour les salariés”.Interrogé par l’AFP, le groupe a assuré jeudi que “d’après les informations qui ont été portées à sa connaissance, ce contrat attribué en décembre 2025 n’est à [ce jour] pas en cours d’exécution.”Il a également convoqué un conseil d’administration extraordinaire, qui doit se tenir ce weekend.Dans un message interne envoyé aux salariés du groupe mercredi et consulté par l’AFP, Capgemini a indiqué sans plus de précisions que le contrat “n’était pas en cours d’exécution car il faisait l’objet d’un recours”.Le directeur général de Capgemini, Aiman Ezzat, s’est exprimé dimanche dans un message publié sur LinkedIn, expliquant avoir découvert “par des sources publiques” l’existence de ce contrat passé avec une filiale du groupe spécialisée dans les services au gouvernement fédéral américain. Selon le dirigeant, cette filiale, soumise à la législation américaine, “prend les décisions de manière autonome, dispose de réseaux étanches, et (…) le groupe Capgemini est dans l’impossibilité d’accéder à toute information classifiée, à des contrats classifiés”.D’après des documents publics de l’administration américaine, la contrat passé le 18 décembre porte sur un montant de 4,8 millions de dollars.- Appel à la “transparence” -Depuis plusieurs jours, des responsables syndicaux et politiques ont interpellé le groupe sur sa responsabilité.”Cette histoire-là met en lumière ce que peut faire une technologie”, soulève Louis Duvaux, responsable CFTC au sein de l’entreprise. “Est-ce qu’on va avoir un système d’éthique qui va pouvoir contrôler que les travaux qui nous sont confiés soient bien compatibles avec les valeurs du groupe ?”, s’interroge-t-il. “La moindre des choses, je pense, de la part d’une entreprise française (…), c’est d’être transparente sur les contrats qu’elle a avec ICE, mais peut-être aussi qu’elle les questionne”, a réaffirmé jeudi le ministre de l’Économie Roland Lescure lors de ses vœux à la presse.A gauche, plusieurs personnalités, comme Ian Brossat (Parti communiste), ou Clémence Guetté (LFI) ont également vilipendé ce lien avec l’ICE. Sophie Binet, secrétaire général de la CGT, a publié mardi un message sur X appelant Capgemini à “cesser immédiatement” sa collaboration avec l’ICE.Dans son message sur LinkedIn, le directeur général Aiman Ezzat a assuré que “la nature” et le périmètre du contrat avaient “soulevé des interrogations au regard de ce que [Capgemini faisait] habituellement en tant qu’entreprise de services et de technologie”, sans plus de précisions.Selon Benjamin Girard, représentant CGT au sein du groupe, les révélations au sujet du contrat avec l’ICE n’ont pas été “une découverte”. “Capgemini travaille avec des organisations gouvernementales qui participent aux politiques migratoires qui sont en ce moment assez autoritaires”, assure-t-il. L’œil du 20 heures de France 2 affirme que le groupe a également signé ces dernières années d’autres contrats aux États-Unis en lien avec la surveillance des lieux de détention et du transport des étrangers interpellés.Le syndicat a lancé une pétition en ligne à destination des salariés du groupe pour demander l’arrêt du contrat passé avec l’ICE. A la clôture de la Bourse jeudi, le titre baissait de 2,78% à 127,85 euros, dans un marché stable, et a perdu plus de 10% depuis le début de l’année.

Après Minneapolis, les Etats-Unis se dirigent vers la paralysie budgétaire

Les Etats-Unis se sont rapprochés jeudi d’une paralysie partielle de l’administration fédérale après l’échec au Sénat d’un texte budgétaire, en raison de l’opposition des démocrates qui demandent un encadrement plus strict de la police de l’immigration.Le financement de plusieurs ministères arrive à expiration à minuit dans la nuit de vendredi à samedi. Sans adoption d’ici là d’un budget pour ces services fédéraux, dont le ministère de la Sécurité intérieure (DHS), ils entreront en situation de paralysie, le fameux “shutdown”.Et alors qu’un texte adopté par la Chambre des représentants semblait se diriger vers une adoption au Sénat pour éviter cette situation, les événements à Minneapolis ont changé la donne.Car l’indignation règne dans le camp démocrate depuis la mort samedi dernier d’Alex Pretti, un infirmier américain de 37 ans tué par balles par des agents fédéraux en marge de manifestations contre la présence de la police de l’immigration (ICE) dans cette métropole du nord des Etats-Unis.De nombreux sénateurs ont appelé à ce que des garde-fous soient instaurés sur la manière dont l’ICE opère, et ont dit refuser de voter tout budget pour le DHS — son ministère de tutelle — tant que l’administration Trump ne revoit pas sa politique en la matière.- “Voyous” -“Ça suffit, ce que fait l’ICE, en dehors du cadre légal, c’est de la brutalité soutenue par l’Etat, et cela doit cesser”, a lancé jeudi dans l’hémicycle le chef de la minorité démocrate, Chuck Schumer.”Ce n’est pas ça l’Amérique”, a-t-il ajouté, qualifiant les agents de l’ICE de “voyous arpentant nos rues”.En raison des règles en vigueur au Sénat, 60 voix sur 100 sont nécessaires pour adopter un texte budgétaire, et les républicains, même s’ils disposent de la majorité, auront donc besoin de l’appui de plusieurs élus de l’opposition pour espérer adopter leur proposition de budget.Les démocrates ont expliqué de leur côté être prêts à adopter cinq des six volets du texte, mais vouloir séparer le dernier — qui concerne le DHS — afin de discuter des réformes qu’ils souhaitent voir être mises en place.Puisque la Chambre des représentants avait adopté les six volets en un seul bloc, séparer le DHS du texte entraînerait de facto une paralysie à minuit dans la nuit de vendredi à samedi, puisque la chambre basse devrait voter à nouveau sur la version adoptée par le Sénat.Mais le “shutdown” pourrait alors être de courte durée.Lors d’un conseil des ministres jeudi, Donald Trump a dit à la presse espérer qu’un compromis soit trouvé avec l’opposition pour éviter une longue paralysie.”Je pense que nous sommes assez proches” d’un accord, a déclaré le président républicain.- Chômage technique -Le plus long “shutdown” de l’histoire du pays ne remonte qu’à novembre dernier, lorsque républicains et démocrates avaient bataillé pendant 43 jours sur la question de subventions d’assurance santé.Des centaines de milliers de fonctionnaires avaient alors été mis au chômage technique, tandis que d’autres aux missions considérées comme essentielles (contrôleurs aériens, policiers, militaires…) avaient dû continuer à travailler. Mais tous avaient dû attendre la fin de la paralysie budgétaire pour recevoir leurs salaires.Le versement de certaines aides avait également été fortement perturbé, et des dizaines de milliers de vols avaient été annulés en raison de pénuries de contrôleurs aériens, certains ayant choisi de se faire porter pâles plutôt que de travailler sans salaire.Le dernier “shutdown” n’avait pris fin qu’avec la décision de quelques sénateurs démocrates de voter pour un texte budgétaire concocté par les républicains, en échange de promesses de concessions sur ces subventions. Leur décision avait été fortement critiquée à l’époque par de nombreux sympathisants démocrates, qui souhaitent voir une opposition plus vigoureuse face à Donald Trump et aux républicains au Congrès.

Un méga-projet gazier de TotalEnergies au Mozambique reprend après cinq ans d’interruption

Le géant français de l’énergie TotalEnergies a officiellement annoncé jeudi la “reprise complète” de son vaste projet gazier controversé au Mozambique, après cinq ans d’interruption consécutive à une attaque jihadiste meurtrière.Ce chantier à 20 milliards de dollars (16,7 milliards d’euros), situé dans la province du Cabo Delgado (nord), à la frontière avec la Tanzanie, était gelé après une attaque jihadiste en mars 2021 sur la ville de Palma, qui avait fait quelque 800 morts, selon l’ONG Acled.Le projet, qui doit entrer en production en 2029, “fera de la région une nouvelle source de sécurité énergétique mondiale”, a déclaré le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, lors d’une cérémonie en présence du président du Mozambique, Daniel Chapo, sur le site en travaux d’Afungi. Mais les organisations environnementales dénoncent une “bombe climatique” qui contribuera à rejeter des gaz à effet de serre dans l’atmosphère et profitera peu aux Mozambicains, dont plus de 80% vivaient sous le seuil de pauvreté de trois dollars par jour en 2022, selon la Banque mondiale.M. Pouyanné a affirmé que son groupe et le consortium Mozambique LNG avaient obtenu des “garanties” sur la “sûreté et la sécurité” sur le terrain, ce qui était “la condition” pour annoncer en octobre la reprise du projet, paralysé depuis avril 2021.Du fait de ses retards, le projet a bénéficié d’une “extension automatique” de quatre ans et demi, a précisé le PDG à la presse. Le groupe devra en revanche attendre l’issue d’un “audit” du gouvernement sur sa demande de compensation pour les surcoûts associés, qu’il évalue à 4,5 milliards de dollars (3,8 milliards d’euros). Plus de 4.000 travailleurs se trouvent aujourd’hui sur le site, dont 80% sont des Mozambicains, selon M. Pouyanné. Son entreprise détient 26,5% dans Mozambique LNG, et en est l’opérateur. “C’est un jour de célébration pour le Mozambique, pour l’Afrique et pour le monde”, a déclaré le président Chapo. Le Mozambique a été “capable de surmonter les défis et de restaurer la confiance des investisseurs nationaux et étrangers”, a-t-il ajouté, alors que la relance du projet a été retardée, entre menaces sécuritaires et incertitudes sur le financement.- Eldorado gazier -A l’origine, en 2020, le consortium Mozambique LNG avait conclu un accord de financement de 15,4 milliards de dollars (12,9 milliards d’euros) impliquant 30 prêteurs. Mais en décembre 2025, le projet a perdu le soutien des gouvernements britannique et néerlandais, pour 2,2 milliards de dollars (1,84 milliard d’euros). Ce sont finalement les partenaires de Mozambique LNG qui apporteront “des fonds propres supplémentaires pour remplacer les contributions” des agences de crédit à l’exportation britannique UKEF et néerlandaise Atradius, pour “environ 10% du financement externe”, selon TotalEnergies.”Alors que deux gouvernements européens (…) ont claqué la porte du projet, jugeant les risques trop importants pour les droits humains, les associations appellent (les banques françaises) Société Générale et Crédit Agricole à enfin tirer les mêmes conclusions et se retirer de Mozambique LNG”, ont réagi les ONG Reclaim Finance et Les Amis de la Terre dans un communiqué. Présenté comme le plus grand investissement privé dans les infrastructures énergétiques en Afrique, le projet devrait contribuer à faire du pays, fort de ses gigantesques réserves sous-marines de gaz au large du Cabo Delgado, l’un des plus grands exportateurs mondiaux de GNL (gaz à l’état liquide transporté par bateau). Selon des estimations du Fonds monétaire international en 2024, la croissance du Mozambique devrait accélérer fortement pour atteindre 10% lorsque Mozambique LNG commencera sa production, destinée notamment à l’Asie et l’Europe. L’annonce du redémarrage intervient alors que TotalEnergies fait face à deux fronts judiciaires en France. Une information judiciaire pour homicide involontaire est en cours après des plaintes de survivants et de familles de victimes de l’attaque de mars 2021, qui reprochent au groupe des négligences dans la sécurité de ses sous-traitants. L’entreprise est aussi visée par une plainte pour “complicité de crimes de guerre” déposée par l’ONG allemande European Center for Constitutional and Human Rights. Elle faisait suite à des témoignages recueillis par le média Politico accusant des soldats mozambicains chargés de protéger le site à l’arrêt d’avoir torturé et tué des civils, entre juillet et septembre 2021.TotalEnergies rejette l’ensemble de ces accusations. L’insurrection dans le Nord mozambicain a fait plus de 6.400 morts depuis 2017, selon l’ONG Acled.

Après Minneapolis, les Etats-Unis se dirigent vers une paralysie budgétaire partielle

Les Etats-Unis se rapprochent d’une paralysie partielle de l’administration fédérale avec l’échec attendu jeudi au Sénat d’un texte budgétaire, en raison de l’opposition des démocrates qui demandent un encadrement plus strict de la police de l’immigration.Le financement de plusieurs ministères arrive à expiration à minuit dans la nuit de vendredi à samedi. Sans adoption d’ici là d’un budget pour ces services fédéraux, dont le ministère de la Sécurité intérieure (DHS), l’Etat fédéral entrera en situation de paralysie partielle, le fameux “shutdown”.Et alors qu’un texte adopté par la Chambre des représentants semblait se diriger vers une adoption au Sénat pour éviter cette situation, les événements à Minneapolis ont changé la donne.Car l’indignation règne dans le camp démocrate depuis la mort samedi dernier d’Alex Pretti, un infirmier américain de 37 ans tué par balles par des agents fédéraux en marge de manifestations contre la présence de la police de l’immigration (ICE) dans cette métropole du nord des Etats-Unis.- Garde-fous -De nombreux sénateurs ont appelé à ce que des garde-fous soient instaurés sur la manière dont l’ICE opère, et ont dit refuser de voter tout budget tant que l’administration Trump ne revoit pas sa politique en la matière.”Au bout du compte, c’est simple: les Américains soutiennent les forces de l’ordre, ils soutiennent la sécurité des frontières, mais ils ne soutiennent pas le fait que l’ICE terrorise nos rues et tue des citoyens américains”, a lancé mercredi dans l’hémicycle le chef de la minorité démocrate, Chuck Schumer.En raison des règles en vigueur au Sénat, 60 voix sur 100 sont nécessaires pour adopter un texte budgétaire, et les républicains, même s’ils disposent de la majorité, auront donc besoin de l’appui de plusieurs élus de l’opposition pour espérer adopter leur texte budgétaire.Un vote de procédure doit avoir lieu jeudi dans la matinée au Sénat, mais un échec est largement attendu.Les démocrates ont expliqué de leur côté être prêts à adopter cinq des six volets du texte, mais vouloir séparer le dernier, qui concerne le DHS, ministère de tutelle de l’ICE, afin de discuter des réformes qu’ils souhaitent voir être mises en place.- Paralysie attendue -Puisque la Chambre des représentants avait adopté les six volets en un seul bloc, séparer le DHS du texte entraînerait de facto une paralysie à minuit dans la nuit de vendredi à samedi, puisque la chambre basse devrait voter à nouveau sur la version adoptée par le Sénat.Particularité des Etats-Unis, le “shutdown” entraîne de manière générale la mise au chômage technique de centaines de milliers de fonctionnaires, tandis que d’autres aux missions considérées comme essentielles (contrôleurs aériens, policiers, militaires…) continuent de travailler. Mais tous doivent attendre la fin de la paralysie budgétaire pour recevoir leurs salaires.Le plus long “shutdown” de l’histoire du pays ne remonte qu’à novembre dernier, lorsque républicains et démocrates avaient bataillé pendant 43 jours sur la question de subventions d’assurance santé.Il n’avait alors pris fin qu’avec la décision de quelques sénateurs démocrates de voter pour un texte budgétaire concocté par les républicains, en échange de promesses de concessions sur ces subventions. Leur décision avait été fortement critiquée à l’époque par de nombreux sympathisants démocrates, qui souhaitent voir une opposition plus vigoureuse face à Donald Trump et aux républicains au Congrès.

Le pétrole bondit au plus haut depuis août après les menaces de Trump sur l’Iran

Les prix du baril de pétrole ont bondi jeudi de plus de 5%, au plus haut depuis août, portés par les menaces d’une intervention américaine en Iran, susceptible de perturber la production du pays et l’approvisionnement mondial.”La rapidité de la réaction des prix du pétrole suggère que les marchés perçoivent une action militaire américaine contre l’Iran comme un risque réel et imminent” et que “la probabilité d’une intervention directe” grandit, d’après Jorge Leon, de Rystad Energy.Le président américain a pressé mercredi Téhéran de conclure un accord sur le nucléaire, affirmant que “le temps était compté” avant une attaque américaine, après avoir déjà laissé planer la menace d’une intervention ces dernières semaines, en réaction à la répression sanglante du mouvement de contestation dans le pays.Après les déclarations du chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi affirmant que les forces armées avaient “le doigt sur la gâchette”, le chef de l’armée Amir Hatami a annoncé avoir doté les régiments de combat de 1.000 drones.Or, non seulement le pays fait partie des dix principaux producteurs d’or noir, mais il est aussi riverain du détroit d’Ormuz par lequel transite environ 20% de la production mondiale de brut.De leur côté, les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l’Union européenne sont tombés d’accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une “organisation terroriste”.Après avoir franchi les 70 dollars pour la première fois depuis septembre puis touché un plus haut depuis août 2025, à 71,89 dollars, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mars, gagnait vers 15H20 GMT (16H20 à Paris) 3,41% à 70,73 dollars.Dans la foulée de son propre sommet depuis près de six mois, à 66,48 dollars, son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison le même mois, montait vers 15H20 GMT de 3,43% à 65,36 dollars.En plus du risque en Iran, les cours sont gonflés par “les perturbations au Kazakhstan”, sur le champ de Tenigz, qui “ont retiré un nombre significatif de barils du marché”, et celles, temporaires, sur la production américaine de brut à cause du “froid aux États-Unis”, précise Giovanni Staunovo, d’UBS, interrogé par l’AFP.L’analyste souligne également que la faiblesse actuelle du dollar dope le marché, car elle permet “aux pays consommateurs des marchés émergents (de) bénéficier de prix plus bas”.

L’Allemagne veut mieux protéger ses infrastructures face à la menace russe

Les députés allemands ont adopté jeudi une loi visant à renforcer la “résilience” des infrastructures critiques du pays, un texte longuement attendu mais aussi critiqué, dans un contexte d’actes de sabotage, notamment imputés à la Russie.La nouvelle loi doit permettre d’identifier les infrastructures indispensables à la population et à l’économie, pour ensuite obliger leurs exploitants à les sécuriser davantage.L’Allemagne est “la cible de sabotages, d’espionnage, de désinformation et aussi de terrorisme”, a déclaré le ministre de l’Intérieur Alexander Dobrindt au Bundestag avant le vote. Le pays doit devenir “plus résilient” et pouvoir le cas échéant “riposter”, a-t-il ajouté.Le bloc conservateur et les sociaux-démocrates, alliés au sein du gouvernement du chancelier Friedrich Merz, et le parti d’extrême droite AfD ont voté en faveur du texte, tandis que les groupes écologiste et de la gauche radicale s’y sont opposés.La chambre haute du parlement, le Bundesrat, doit maintenant valider le texte.Ce vote intervient deux jours après l’annonce par M. Dobrindt d’une récompense d’un million d’euros à ceux qui aideraient à retrouver les auteurs du sabotage ayant provoqué une vaste coupure d’électricité à Berlin début janvier.L’incendie criminel d’une installation électrique, attribué à un nébuleux groupe d’extrême gauche, avait plongé dans le noir plus de 100.000 personnes, privé certains de chauffage, coupé les réseaux mobiles et internet et paralysé les transports en commun pendant plusieurs jours.Aucun lien entre le groupe d’extrême gauche qui l’a revendiqué et Moscou n’a été établi. Mais cette attaque survient dans un contexte d’accusations croissantes de l’Allemagne, soutien majeur de l’Ukraine, envers la Russie pour ses “attaques hybrides”, allant de survols de drones à la désinformation en ligne.Ces derniers mois, des câbles de communication, des lignes ferroviaires, des aéroports ont été visés par des sabotages ou des survols de drones.Le texte adopté jeudi doit permettre d’empêcher de tels actes de malveillance, ou de limiter leurs effets.- “Attaques hybrides” -Le nouveau texte, qui vise à aligner l’Allemagne sur des directives européennes, obligera quelque 1.700 prestataires de services essentiels (électricité, eau, grands hôpitaux, certaines chaînes de supermarchés) à repérer leurs vulnérabilités et muscler leurs défenses pour répondre à des attaques préméditées, des accidents, des catastrophes naturelles ou une pandémie.Les nouvelles règles concernent les acteurs fournissant des services essentiels à plus de 500.000 personnes et dont la défaillance pourrait entraîner des dangers graves. Les sites concernés devront prévoir des moyens de protection et des sources d’alimentation énergétique de secours.Si le gouvernement se félicite de ce texte, d’autres, comme le député vert Konstantin von Notz, expert de son parti pour les questions de sécurité nationale, le jugent insuffisant et “tardif”, a-t-il déclaré à l’AFP.Première économie européenne, l’Allemagne est devenue le principal soutien militaire de l’Ukraine face à l’invasion russe, et abrite depuis des décennies des bases de l’OTAN. Mais ses infrastructures et son armée restent mal équipées. Le chancelier Friedrich Merz a fait de leur renforcement une priorité pour pouvoir faire face, le cas échéant, à Moscou. En vertu de la nouvelle loi, les exploitants d’installations critiques devront, outre les audits internes et les mesures préventives, signaler les incidents aux autorités et fournir un rapport détaillé dans des délais précis.Ils devront également organiser des formations, des exercices et des actions de sensibilisation pour leur personnel. Pour plusieurs groupements d’entreprises, il s’agit d’un fardeau qui va peser sur l’efficacité du système sans garantir une meilleure sécurité.Le seuil de 500.000 habitants desservis pour classer une infrastructure comme critique est trop élevé, estime aussi dans un avis publié mercredi le Bundesrat, qui préconise de l’abaisser à 150.000.- “Aussi important que les chars” -La panne d’électricité à Berlin, qui a touché plus de 100.000 personnes, et la lenteur de la réponse publique ont illustré les effets en cascade potentiels: réseaux mobiles, chauffage urbain, transports publics.Les systèmes d’infrastructures modernes sont “si vastes, si complexes et si interdépendants” qu’il est pratiquement impossible de les sécuriser complètement contre toutes les menaces, explique cependant Daniel Hiller, spécialiste de la sécurité à l’Institut Fraunhofer.Sabrina Schulz, directrice pour l’Allemagne du groupe de réflexion European Initiative, note qu’il faut donc avant tout créer des redondances, c’est-à-dire des systèmes parallèles capables de prendre le relai d’une installation en panne.Renforcer les infrastructures est “au moins aussi important que les chars et les drones, sinon plus”, dit-elle.

Côte d’Ivoire: l’Etat a commencé l’achat des stocks de cacao pour résoudre la crise

L’Etat ivoirien a commencé l’achat des stocks de cacao entassés dans les coopératives pour permettre aux producteurs d’être payés, face à une crise de la filière, a annoncé jeudi l’organe régulateur de ce secteur.Le secteur du cacao, qui représente 14% du produit intérieur brut (PIB) du pays, est dans une situation critique depuis plusieurs semaines, avec un ralentissement des exportations sur fond de problèmes de liquidités des acheteurs et de baisse des cours mondiaux, alors que le prix fixé par l’Etat ivoirien pour un kilo de cacao a atteint un prix historique de 2.800 francs CFA (4,27 euros). Conséquence de cet engorgement: une partie des 5 millions de personnes qui vivent du cacao ne touche plus de revenus depuis plusieurs mois, alors que la plupart vit déjà sous le seuil de pauvreté. La semaine dernière, le gouvernement avait annoncé l’achat des stocks de cacao par l’Etat, en collaboration avec le CCC et l’organisation interprofessionnelle des producteurs de cacao (OIA).”Cette opération commence aujourd’hui, elle va se poursuivre”, a annoncé jeudi le directeur général du Conseil café cacao (CCC), Yves Brahima Koné, lors d’une conférence de presse à Abidjan, dans l’usine de l’entreprise publique Transcao.Derrière lui, les premiers camions commençaient à y décharger des centaines de sacs en toile de jute contenant des fèves de cacao.L’Etat joue un rôle d’intermédiaire en avançant l’argent nécessaire à l’opération en attendant que, dans un deuxième temps, les exportateurs rachètent le stock, remboursant donc cette avance.”Nous avons l’assurance à ce moment que le planteur touchera désormais le prix réel que le gouvernement a fixé”, a ajouté M. Koné. Toutefois, si le gouvernement avait estimé la semaine dernière les stocks de cacao bloqués à 130.000 tonnes, le CCC n’a pas souhaité confirmer ce chiffre.Deux syndicalistes de la filière cacao sont convoqués une nouvelle fois vendredi par la justice, après avoir dénoncé la situation de crise.