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L’Australie confrontée à une “guerre du tabac”

L’augmentation en Australie des prix des cigarettes à des niveaux stratosphériques provoque une “guerre du tabac” et nourrit le marché noir, privant les pouvoirs publics de milliards de dollars de recettes fiscales, avertissent des experts.A 29 euros le paquet de 25 cigarettes, de nombreux fumeurs se tournent vers le marché de la contrebande, échappant à l’impôt indirect sur le tabac, a déploré récemment le ministre des Finances et trésorier australien Jim Chalmers.En mars, Canberra a ainsi raboté de quatre milliards d’euros sa prévision de recettes fiscales sur les ventes de tabac d’ici 2029.”C’est une crise fiscale, donc nous perdons des milliards et des milliards de dollars en droit d’accise (impôt indirect, ndlr) mais aussi, ce qui m’inquiète plus (…), c’est qu’elle est devenue un problème majeur de criminalité”, alerte James Martin, professeur de criminologie à l’université Deakin de Melbourne (sud-est).Depuis début 2023, plus de 220 incendies volontaires ont visé des revendeurs du marché noir ou des propriétaires de boutiques ayant refusé de vendre des produits illicites à base de tabac selon M. Martin, qui dénonce des actes d'”extorsion” et d'”intimidation”.L’Australie se targue d’être à la pointe de la lutte contre le tabagisme. En 2012, le pays avait été le premier au monde à imposer les paquets de cigarettes banalisés.- “Hémorragie” -Des criminels se disputant le contrôle du “lucratif” marché illégal du tabac sont à l’origine de “violences”, selon Heather Cook, directrice générale de la commission du Renseignement en matière criminelle.Et les forces de l’ordre ne peuvent résoudre le problème seules, affirme James Martin, car “si nous rendons plus difficile l’accès à la nicotine, les gens vont se tourner vers le marché noir”.D’après le criminologue, Canberra a fait deux erreurs: avoir accru le prix des cigarettes à un niveau tel qu’à un rythme d’un paquet par jour, la facture d’un fumeur grimpe à quelque 8.700 euros par an; mais aussi avoir restreint les ventes de vapoteuses uniquement en pharmacie.”Le gouvernement doit baisser la taxe indirecte sur le tabac pour cesser l’hémorragie vers le marché noir, et doit légaliser les produits de vapotage”, plaide M. Martin.L’enseignant mentionne la Nouvelle-Zélande voisine, seul pays ayant introduit un niveau de taxation similaire à l’Australie sur le tabac, mais qui a légalisé les cigarettes électroniques en 2020. “La Nouvelle-Zélande avait un taux de tabagisme supérieur au nôtre il y a tout juste quatre ans. Il est aujourd’hui considérablement plus bas que celui de l’Australie”, dit-il.- “Guerre” -Les cigarettes de contrebande arrivent en Australie depuis la Chine et le Moyen-Orient, et les vapoteuses essentiellement de Shenzhen, dans le sud de la Chine, selon le criminologue.Et ce marché prospère: la police australienne aux frontières a rapporté avoir saisi 1,8 milliard de cigarettes et plus de 436 tonnes de feuilles de tabac illicites entre juillet 2023 et juin 2024.Le tabagisme a nettement reculé ces dernières décennies dans le pays-continent, de 24% de fumeurs parmi les plus de 14 ans en 1991, à 8,3% en 2023, selon une enquête publique.Mais la consommation de nicotine par personne est, elle, “relativement stable” depuis 2016, d’après une enquête de l’Institut australien de la santé, qui s’est intéressé aux traces dans les eaux usées de cette molécule addictive présente dans les cigarettes, vapoteuses et substituts du tabac.D’après Edward Jegasothy, enseignant en santé publique à l’université de Sydney (est), que les prix soient stables ou nettement en hausse les proportions de fumeurs en Australie ont baissé au même rythme.Le marché noir nuit aux politiques publiques car il offre des alternatives moins chères, explique l’expert à l’AFP, défendant une baisse des taxes sur le tabac et un renforcement des contrôles de police.M. Jegasothy rappelle aussi que la politique fiscale sur le tabac pèse avant tout sur les catégories socio-économiques les plus en difficulté, les plus exposés au tabagisme et qui consacrent une part plus importante de leurs revenus aux cigarettes.”Il y a peu de preuves suggérant que notre guerre de facto contre la nicotine constitue une stratégie optimale pour réduire les méfaits liés à la nicotine”, ont avertit récemment dans un article scientifique MM. Jegasothy et Martin.

Trump veut lancer la mère de toutes les batailles commerciales

Donald Trump doit lancer mercredi la mère de toutes les batailles commerciales, celle qu’il ne cesse de promettre depuis sa campagne, avec de nouveaux droits de douanes censés inaugurer un “âge d’or” de l’Amérique mais qui pourraient faire chavirer l’économie mondiale.L’imprévisible président américain était encore occupé mardi, selon sa porte-parole, à “peaufiner” son projet, dont la teneur autant que l’ampleur restent mystérieuses.”Demain, c’en sera fini de dépouiller l’Amérique”, a déclaré Karoline Leavitt, indiquant que les nouvelles taxes entreraient en vigueur “immédiatement”.Elles doivent être exposées mercredi, “jour de la libération” selon Donald Trump, à 16h00 heure locale (20h00 GMT) à la Maison Blanche. Donc juste après la fermeture de la Bourse de New York, qui a déjà commencé à tanguer comme d’autres places à travers le monde.Les marchés asiatiques se montraient attentistes, oscillant autour de l’équilibre mercredi matin, avant d’en savoir plus sur les mesures prévues.L’exécutif américain n’a pas commenté les diverses options circulant dans la presse à moins de vingt-quatre heures de l’annonce.Les Etats-Unis imposeront-ils une taxe unique de 20% sur toutes les importations? Des droits de douanes taillés sur mesure selon les pays d’où proviennent les marchandises? Ou opteront-ils pour un prélèvement plus modéré concentré sur un groupe restreint d’Etats, une hypothèse révélée par le Wall Street Journal?L’impact sur l’économie mondiale pourrait être phénoménal. En 2024, les importations des Etats-Unis se sont montées à quelque 3.300 milliards de dollars, un montant supérieur au Produit intérieur brut annuel de la France.- “Très gentil” -Le républicain de 78 ans a semé le doute en assurant lundi qu’il serait “très gentil” avec les partenaires commerciaux des Etats-Unis.Lesquels tentent de se préparer en mêlant discours de fermeté, ouverture au dialogue et gestes d’apaisement.Le nouveau Premier ministre canadien Mark Carney a dit que son pays serait “très réfléchi” quand il s’agira de répliquer aux “mesures injustifiées du gouvernement américain”.”Nous ne voulons pas nécessairement prendre des mesures de représailles”, mais “nous disposons d’un plan solide pour le faire si nécessaire”, a de son côté prévenu la cheffe de la Commission européenne Ursula von der Leyen.Certains espèrent un traitement indulgent, comme le Vietnam qui a annoncé réduire ses droits de douane sur une série de biens.Londres travaille aussi “d’arrache-pied” pour arriver à un traité commercial bilatéral avec Washington, permettant d’éviter un matraquage douanier, “mais il est probable qu’il y aura des droits de douane”, a dit mardi le Premier ministre britannique Keir Starmer.D’autres grands exportateurs tentent de forger des alliances afin de peser face à Washington.Pékin, Tokyo et Séoul veulent par exemple “accélérer” leurs négociations en vue d’un accord de libre-échange. – Baguette magique -Politiquement, le président américain ne peut se permettre une reculade complète. Il a vendu les droits de douane – en anglais “tariffs”, selon lui “le plus beau mot du dictionnaire” – comme une baguette magique capable de réindustrialiser l’Amérique, de rééquilibrer la balance commerciale et d’éponger le déficit budgétaire.Fasciné par le protectionnisme en vigueur aux Etats-Unis à la fin du XIXème siècle et au début du XXème, Donald Trump, élu sur une promesse de faire baisser le coût de la vie, a jusqu’ici globalement balayé les risques d’inflation et de déroute boursière.Les analystes de Goldman Sachs ont exposé, dans une note, les dangers économiques liés à une avalanche de droits de douane, qui aurait le même impact négatif qu’une hausse d’impôts sur la consommation et le pouvoir d’achat.Depuis son retour à la Maison Blanche, le milliardaire républicain a déjà augmenté les droits de douane sur les produits venant de Chine, sur une partie des marchandises en provenance des voisins mexicain et canadien, de même que sur tout l’acier et l’aluminium entrant aux Etats-Unis.Dès mardi, le gouvernement mexicain a abaissé sa prévision de croissance pour 2025, invoquant les incertitudes liées aux “tensions commerciales” avec son principal partenaire économique. Le PIB mexicain est attendu dans une fourchette de 1,5% à 2,3%, contre 2% à 3% précédemment.Jeudi, à 04H01 GMT, Washington prévoit également d’imposer 25% de taxes additionnelles sur les voitures fabriquées à l’étranger, ainsi que les pièces détachées.

La Grèce dévoile un vaste plan de modernisation de son armée

La Grèce, membre de l’Otan, dévoile mercredi un vaste programme de modernisation de ses forces armées, emboîtant le pas à plusieurs partenaires de l’UE dans un contexte de menaces grandissantes pour la sécurité de l’Europe.Devant le Parlement, le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis doit dévoiler le calendrier de nouveaux investissements massifs en particulier dans les systèmes de défense antiaériens.Selon des sources ministérielles interrogées en mars, le pays méditerranéen, voisin de la Turquie et qui consacre plus de 3% de son Produit intérieur brut (PIB) à la défense, va investir quelque 26 milliards d’euros d’ici 2036.Il s’agit de “la plus importante réforme jamais entreprise dans l’histoire de l’Etat grec en matière de défense nationale”, a récemment assuré le porte-parole du gouvernement, Pavlos Marinakis.”Notre pays se protège, s’arme, se renforce car c’est un pays qui cherche la coexistence pacifique sans renoncer jamais à rien concernant (…) les questions de souveraineté”, a-t-il également souligné la semaine dernière.La France, l’Allemagne et la Pologne ont récemment annoncé vouloir renforcer leurs armées au moment où la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a assuré que l’Union européenne devait augmenter significativement ses dépenses d’armement dans un contexte géopolitique tendu.Outre l’acquisition de 20 avions de combat F-35, pour lesquels un accord a déjà été signé, Athènes veut renforcer son dôme antiaérien actuel avec des armes nouvelles, des drones navals et aériens, ou des radars.- “Bouclier d’Achille” -Ce “Bouclier d’Achille” doit renforcer la défense antimissile et antiaérienne, selon une source proche du dossier. D’après les médias grecs, Athènes est en négociation avec Israël pour se doter d’un tel bouclier qui comprend également le renforcement de systèmes antidrones.La France, l’Italie et la Norvège sont également évoqués par des médias spécialisés grecs.Athènes a déjà doublé son budget de la défense pour 2025 par rapport à 2024, à 6,13 milliards d’euros.La Grèce, qui entretient des relations acrimonieuses avec son partenaire au sein de l’Otan, la Turquie, est l’un des quatre pays de l’Alliance qui consacrent plus de 3% de son PIB aux dépenses de défense, derrière la Pologne, l’Estonie et la Lettonie.Située aux frontières extérieures de l’Union européenne, elle cherche ces dernières années à renforcer sa position géopolitique en Méditerranée orientale, proche des zones conflictuelles du Moyen-Orient.”Historiquement, la Grèce a servi et continuera de servir d’avant-poste pour l’Europe, qui actuellement cherche à réorganiser sa défense dans une conjoncture internationale difficile”, explique à l’AFP Maria Gavouneli, professeure de droit international à l’université d’Athènes.Athènes a toujours justifié sa course aux armements par ses différends historiques avec Ankara, en particulier la délimitation de la zone exclusive économique (ZEE) en mer Egée qui sépare les deux voisins.- Réorganisation “nécessaire” -La réorganisation de l’armée s’avère “nécessaire”, analyse également Maria Gavouneli, en raison des retards accumulés dans la modernisation de ses armements et munitions “durant la crise économique de la dernière décennie et le gel des dépenses publiques”. En novembre dernier, le ministre de la Défense Nikos Dendias avait évoqué la prochaine acquisition de quatre systèmes de drones différents et le fusionnement des unités de l’armée.Athènes doit faire face à une “réalité différente” et moderniser “rapidement” ses forces pour répondre aux exigences du XXIe siècle et aux défis dans ses relations avec Ankara, avait-il souligné.Le pays a signé ces dernières années des accords en matière de défense avec la France, les Etats-Unis et Israël.Après une crise des relations greco-turques en 2021, la Grèce avait signé avec la France un accord de coopération militaire en commandant 24 appareils Rafale et trois frégates de défense et d’intervention (FDI), baptisées Belharra à l’export, pour un montant total de plus de 5,5 milliards d’euros.Une quatrième frégate sera construite dans les chantiers navals de Grèce, une valeur ajoutée pour le renforcement de l’industrie de défense du pays.

Jeu vidéo: Nintendo va en dire davantage sur la console Switch 2, la date de sortie espérée

Comment succéder à la console la plus vendue de ces dernières années? Le géant japonais des jeux vidéo Nintendo va tenter mercredi de répondre à cette question en donnant des détails sur la Switch 2, version plus puissante de sa machine vieillissante.Date de sortie, prix, titres disponibles au lancement… Le voile doit être levé à 13H00 GMT (15H00 à Paris) dans une vidéo d’une heure diffusée sur internet, après de premières brèves images dévoilées mi-janvier.Très similaire à sa grande sœur, cette Switch 2 dispose d’un écran plus grand, d’un support plus large et conserve des manettes amovibles, les “joy-con”. Elle sera également plus puissante que son aînée, sortie en 2017, et conservera son concept de machine hybride jouable aussi bien en déplacement que connectée à une télévision qui a fait le succès de la première Switch, avec 150 millions d’exemplaires vendus dans le monde.Pas de révolution à l’horizon donc avec cette Switch 2, comme ce fut le cas en 2006, avec la reconnaissance des mouvements introduite par la Wii, ou, dans une moindre mesure, la manette-écran de la Wii U en 2012.- Sortie en juin ? -“Je pense que ce que (les joueurs) désirent avant tout, c’est simplement une meilleure performance”, assure Hideki Yasuda, analyste pour l’entreprise japonaise Toyo Securities.Pour Piers Harding-Rolls, expert pour le cabinet britannique Ampere Analysis, réussir ce lancement est “fondamental” pour la survie du constructeur qui, malgré une stratégie de diversification ces dernières années dans le cinéma et les parcs d’attractions, repose encore essentiellement sur son activité de jeux vidéo.Les rumeurs de la presse spécialisée font état d’une possible sortie en juin et M. Yasuda estime que 6 millions de consoles seront disponibles dès le lancement. A terme, Nintendo pourrait écouler 19 millions d’unités sur l’exercice fiscal 2025 et 21 millions l’année suivante, selon Toyo Securities.L’autre donnée cruciale concerne son prix, qui se situerait entre 400 et 500 euros selon les experts. L’incertitude autour des tarifs douaniers américains inquiète, même si Nintendo a récemment renforcé sa production au Vietnam, dont les exportations vers les Etats-Unis sont soumis à des droits de douanes minimes.- “Mario Kart” sous le capot -Alors que l’industrie du jeu vidéo connait une crise de croissance à travers le monde, marquée par des vagues de licenciements, l’arrivée de la Switch 2 devrait redonner un coup de fouet aux ventes de consoles, en perte de vitesse à travers le monde.Celles-ci ont reculé de 35% en 2024 en France et aux Etats-Unis, selon les chiffres fournis par le Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (Sell) et le cabinet spécialisé américain Circana.Mais le nerf de la guerre au lancement reste avant tout l’offre de jeux: “Ils sont essentiels pour attirer les premiers clients”, affirme Piers Harding-Rolls, alors que les fans espèrent que des titres spécifiques à la nouvelle console seront révélés.En dévoilant quelques images d’un “Mario Kart” lors de sa courte présentation en janvier, Nintendo a montré qu’il en avait sous le capot en remettant au goût du jour une de ses séries les plus populaires.Avec plus de 75 millions d’exemplaires écoulés sur Wii U et Switch, “Mario Kart 8” est en effet le deuxième jeu le plus vendu de son histoire, s’approchant du record établi par Wii Sports (82 millions).L’annonce récente par la marque de la possibilité de prêter les versions numériques des titres Switch à son entourage via des “cartes de jeu virtuelles” pourrait également être un moyen d’inciter les consommateurs à investir dans une deuxième console en facilitant les échanges.Dès vendredi, de premiers joueurs tirés au sort pourront tester la nouvelle console au Grand Palais à Paris, dans le cadre d’une série d’événements organisés dans plusieurs villes à travers le monde, comme New York et Tokyo.

Wall Street finit en ordre dispersé dans l’attente de nouveaux droits de douane américains

La Bourse de New York a terminé sans direction claire mardi, à la veille du “jour de la libération”, date à laquelle Donald Trump a prévu d’annoncer une nouvelle salve de droits de douane à l’encontre des partenaires commerciaux des Etats-Unis.Le Dow Jones a fini proche de l’équilibre (-0,03%), tandis que l’indice Nasdaq a pris 0,87% et l’indice élargi S&P 500 a avancé de 0,38%. Le marché a toutefois évolué en dent de scie durant la séance.Le marché était volatil mardi à la veille de ce qui sera “le jour des grandes nouvelles”, résume auprès de l’AFP Adam Sarhan, de 50 Park Investments.Donald Trump doit lancer mercredi la mère de toutes les batailles commerciales, celle qu’il ne cesse de promettre depuis sa campagne, avec de nouveaux droits de douane censés inaugurer un “âge d’or” de l’Amérique, mais qui pourraient faire chavirer l’économie mondiale.Ces mesures doivent être exposées mercredi pendant une cérémonie à 16H00 locale (20H00 GMT) à la Maison Blanche, soit juste après la fermeture de la Bourse de New York.”Les annonces de Trump et le niveau des droits de douane feront vraisemblablement bouger les marchés”, commente M. Sarhan.”Si les mesures sont plus faibles que prévu, si les délais sont plus longs ou si la situation n’est pas aussi tendue que les gens le craignent, le marché se redressera probablement”, pense l’analyste.Au contraire, “si Trump décide d’être agressif et d’annoncer des droits de douane plus élevés que prévu, le marché chutera”, avance-t-il.L’exécutif américain n’a pas commenté les informations de presse faisant état d’une taxe unique de 20% sur toutes les importations, plutôt que des droits de douane taillés sur mesure selon les pays d’où proviennent les marchandises. Et le président américain a semé le doute sur la brutalité de son offensive protectionniste en assurant lundi qu’il serait “très gentil” avec les partenaires commerciaux des Etats-Unis.”Comme je l’ai dit à plusieurs reprises, Wall Street se portera très bien, comme c’était le cas lors de son premier mandat”, a déclaré mercredi la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.Le marché devra “évaluer toutes les conséquences de ce qui est réellement annoncé”, note M. Sarhan.Côté indicateurs, la place américaine a mal accueilli la publication de l’indice de la fédération professionnelle ISM sur la production manufacturière, qui a révélé que les nouveaux droits de douane sur l’acier et l’aluminium importés aux Etats-Unis se sont traduits par des coûts de production accrus pour les industriels américains en mars.Autre indicateur publié quelques dizaines de minutes après l’ouverture, le rapport JOLTS du ministère américain du Travail a mis en évidence une baisse des offres d’emplois en février, supérieure aux prévisions des économistes.Face aux incertitudes, le marché obligataire a joué son rôle de valeur refuge: le rendement des emprunts d’Etat américains à dix ans s’est détendu à 4,16% contre 4,21% à la clôture la veille.Au tableau des valeurs, “les gains des méga-capitalisations (ont stimulé) les principaux indices”, ont déclaré dans une note les analystes de Briefing.com, à l’instar de Nvidia (+1,63%), Apple (+0,48%) ou Microsoft (+1,81%).Le groupe de médias Newsmax, propriétaire de l’une des chaînes préférées de la droite radicale américaine, a affolé les compteurs pour ses deux premiers jours de cotation à la Bourse de New York. Le cours de l’entreprise, très volatil, a atteint 233,00 dollars (+179,01%) à la clôture de Wall Street, soit plus de 23 fois son prix initial lors de son introduction en Bourse lundi.Le constructeur automobile américain Ford a perdu du terrain (-0,90%) après que ses ventes ont légèrement reculé au premier trimestre aux Etats-Unis, à cause d’un effet de calendrier pour les flottes de location et l’arrêt de plusieurs modèles.Ford, comme d’autres valeurs automobiles, perd du terrain à travers le monde après que la Maison Blanche a déclaré mercredi que le président américain Donald Trump allait annoncer la mise en place de droits de douane visant le secteur.

Forum InCyber: une nouvelle édition à la “dimension internationale”

La 17e édition du Forum InCyber, dédié au secteur de la cybersécurité, a débuté mardi à Lille (nord de la France) pour trois jours de rencontres qui mêlent entreprises, écoles spécialisées, personnalités politiques et institutions internationales. Quelque 18.000 participants ainsi que 700 entreprises et institutions publiques sont attendus, selon les organisateurs. L’événement, axé sur le thème de la “confiance”, accueille plusieurs tables rondes, dont une session inaugurale réunissant plusieurs personnalités politiques et institutionnelles françaises et européennes. Le PDG de TotalEnergies Patrick Pouyanné et l’ancien ambassadeur de France aux États-Unis Gérard Araud ont confirmé leur participation, de même que le ministre de la Justice et de la Sécurité des Pays-Bas, David van Weel, la directrice d’Europol, Catherine De Bolle, et l’ancien Premier ministre belge Yves Leterme.Un temps annoncé, le ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau, ne sera finalement pas présent mais le gouvernement sera tout de même représenté par François-Noël Buffet, ministre auprès du ministre de l’Intérieur.L’organisation gouvernementale Cybermalveillance, dédiée à l’assistance aux victimes d’actes malveillants et de menaces en ligne, a profité de ce forum pour dévoiler un premier bilan positif de sa plateforme 17Cyber, lancée en décembre. Depuis sa mise en ligne, elle a accueilli quelque 140.000 parcours d’utilisateurs, a annoncé le directeur général de Cybermalveillance, Jérôme Notin.Le président du Forum InCyber, Guillaume Tissier, met l’accent sur la “dimension internationale qui se développe” autour de cet événement. Plus d’une centaine de pays sont représentés, a-t-il ainsi précisé. Pour la première fois, le salon organise un événement, baptisé “Invest In Cyber”, dont le but est d’attirer des investissements dans des entreprises et de faire émerger “quelques champions de taille un peu plus importante”. Parmi les priorités du secteur, le président du salon désigne le “passage à l’échelle”. “Aujourd’hui, l’insécurité numérique touche tout le monde. On a fait des progrès dans les dernières années, notamment sur les grandes organisations, et donc les attaques se sont déportées et le risque s’est déporté vers des PME, des TPE, vers les particuliers”, a-t-il expliqué.Le Forum renoue par ailleurs pour cette édition avec l'”European Cyber Cup”, compétition de cybersécurité qui réunira 25 équipes et 250 participants, issus d’entreprises ou de formations spécialisées, qui s’affronteront autour de sept épreuves de mardi à mercredi.

Le monde cherche la parade face aux nouveaux droits de douane de Trump

Riposter au risque de braquer l’impulsif président américain? Tenter de l’amadouer en faisant déjà des concessions? Les partenaires commerciaux des Etats-Unis se préparent tant bien que mal avant l’annonce attendue mercredi de nouveaux droits de douane par Donald Trump.”Demain, c’en sera fini de dépouiller l’Amérique”, a dit mardi sa porte-parole Karoline Leavitt, indiquant que les nouvelles taxes devraient entrer en vigueur “immédiatement”.”Personne ne sait ce qui va se passer”, témoigne Carrie McEachran, dirigeante de la Chambre de commerce de Sarnia Lambton, à la frontière entre le Canada et les Etats-Unis, “c’est difficile de préparer un plan concret.”Le nouveau Premier ministre Mark Carney a dit que le Canada serait “très réfléchi” quand il s’agira de répliquer aux “mesures injustifiées du gouvernement américain”.Les mesures en question doivent être exposées mercredi, jour selon Donald Trump de la “libération” de l’Amérique, pendant une cérémonie à 16h00 locale (20h00 GMT) à la Maison Blanche. C’est-à-dire juste après la fermeture de la Bourse de New York, qui a déjà commencé à tanguer comme d’autres places à travers le monde.En attendant, l’imprévisible président américain entretient l’incertitude sur l’ampleur de son offensive protectionniste.Lundi, il a promis d’être “gentil” au moment de mettre en place ses droits de douane “réciproques”, dont le montant, la portée ou la durée n’ont jusqu’ici pas filtré.- Equilibrisme -Les Bourses asiatiques et européennes, qui avaient nettement reculé lundi, ont un peu rebondi mardi. Wall Street a ouvert en baisse.Les partenaires commerciaux des Etats-Unis ont engagé un périlleux exercice d’équilibrisme diplomatique, mêlant promesse de fermeté, ouverture au dialogue, tentatives d’apaisement et rapprochements stratégiques.Donald Trump est “toujours prêt à répondre au téléphone, toujours prêt à mener une bonne négociation mais il veut vraiment redresser les torts du passé”, a assuré sa porte-parole.”Nous ne voulons pas nécessairement prendre des mesures de représailles”, mais “nous disposons d’un plan solide pour le faire si nécessaire”, a prévenu la cheffe de la Commission européenne Ursula von der Leyen.”Nos contre-mesures ont été évaluées et analysées: par exemple, comment nous réagirions à un droit de douane de 10% ou comment nous réagirions à taux de 25%”, a résumé le ministre taïwanais des Affaires économiques Kuo Jyh-huei. Certains espèrent un traitement indulgent, comme le Vietnam qui a annoncé réduire ses droits de douane sur une série de biens.Londres travaille aussi “d’arrache-pied” pour arriver à un accord commercial bilatéral avec Washington, permettant d’éviter un matraquage douanier, “mais il est probable qu’il y aura des droits de douane”, a dit mardi le Premier ministre britannique Keir Starmer.- Baguette magique -Le républicain ne peut se permettre une reculade complète. Il a vendu les droits de douane comme une sorte de baguette magique, capable à la fois de réindustrialiser l’Amérique, de rééquilibrer la balance commerciale et d’éponger le déficit budgétaire.Les analystes de Goldman Sachs ont eux exposé, dans une note, les dangers économiques liés à une avalanche de droits de douane, qui aurait le même impact négatif qu’une hausse d’impôts sur la consommation et le pouvoir d’achat des ménages.Les assauts de Washington contre le libre-échange poussent aussi les Etats à réaliser des rapprochements stratégiques. Pendant le week-end, Pékin, Tokyo et Séoul ont annoncé vouloir “accélérer” leurs négociations en vue d’un accord de libre-échange. Des responsables européens ont de leur côté souhaité un renforcement des liens UE-Canada.Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a déjà augmenté les droits de douane sur les produits venant de Chine, une partie de ceux en provenance des voisins mexicain et canadien, de même que l’acier et l’aluminium, quelle que soit leur origine.Jeudi, à 04H01 GMT, Washington prévoit également d’imposer 25% de taxes additionnelles sur les voitures fabriquées à l’étranger, ainsi que les pièces détachées.

La Bourse de Paris prend de la hauteur avant les annonces commerciales de Trump

La Bourse de Paris a terminé en nette hausse de 1,10% mardi, s’octroyant une respiration à la veille des annonces de Donald Trump sur les droits de douane que les Etat-Unis devraient imposer à leurs partenaires commerciaux.L’indice vedette CAC 40 s’est octroyé 85,65 points à 7.876,36 points. Lundi, il avait terminé en nette baisse de 1,58% (-125,37 points).”Le premier jour du mois et du deuxième trimestre peut amener un peu d’optimisme” supplémentaire, dans un marché soutenu par “un euro fort, une inflation contenue et de la confiance sur une prochaine baisse des taux de la BCE”, énumère Charles de Riedmatten, gérant actions chez Myria AM.La séance en Europe a notamment été portée par la publication de l’inflation dans la zone euro, qui s’est encore rapprochée de l’objectif de 2% fixé par la Banque centrale européenne (BCE).Pour autant, la guerre commerciale lancée par Donald Trump reste au premier plan. Mercredi 2 avril a été surnommé le “Jour de la libération” par Donald Trump, qui doit annoncer de nouveaux droits de douane réciproques mais laisse planer le doute sur l’ampleur de cette nouvelle phase de sa guerre commerciale depuis des semaines.”Personne ne comprend le but de la manoeuvre”, a commenté Pierre Bismuth, directeur général et responsable des gestions de Myria AM.”On ne comprend pas le commencement de la guerre commerciale de Donald Trump vis-à-vis des partenaires européens alors que le déséquilibre commercial est principalement entre les Etats-Unis et la Chine”, a-t-il poursuivi.Sur le marché obligataire, les taux auxquels les Etats européens empruntent à échéance dix ans se sont nettement détendus: l’Allemand était à 2,68% contre 2,74% à la clôture lundi, le Français à 3,40%, contre 3,45%, l’Italien à 3,79% contre 3,87%.Worldline en hausseA Paris, le spécialiste des paiements électroniques Worldline s’est offert 5,27% à 5,96 euros, mais affiche une perte de près de 30% depuis le début de l’année.Amundi se rapproche de Victory CapitalLe gérant d’actifs Amundi (-1,32% à 72,95 euros) et l’américain Victory Capital ont annoncé la finalisation de la fusion de leurs activités aux Etats-Unis.Amundi “distribuera les solutions de gestion active de Victory Capital auprès de sa base de clientèle non américaine” et “sera le fournisseur pour Victory Capital aux Etats-Unis, de solutions d’investissement gérées hors des Etats-Unis”, peut-on lire dans le communiqué.”En contrepartie de l’apport d’Amundi US à Victory Capital, Amundi a reçu 17,6 millions d’actions, soit 21,2% du capital de Victory Capital”, indique le gérant d’actifs.Ipsos va absorber BVA FamilyL’institut de sondage Ipsos (+0,82% à 42,00 euros) va acquérir le groupe français BVA Family, spécialiste des études de marché, afin de muscler son activité en Europe. BVA (acronyme de Brulé, Ville et Associés) est spécialisé dans les études pour les gouvernements et les services publics, ainsi que dans les études de marché, notamment les tests de packaging, et les évaluations avec des clients mystères. 

Les Bourses européennes terminent en nette hausse

Les Bourses européennes ont terminé en nette hausse mardi, s’offrant une respiration à la veille des annonces de Donald Trump, très attendues, sur l’ampleur des droits de douane qu’il menace d’imposer aux partenaires commerciaux des Etats-Unis.Après quatre séances de pertes sur les marchés européens, les principales places du continent ont ainsi repris un peu de hauteur: la Bourse de Paris a progressé de 1,10%, Francfort de 1,70%, Milan a avancé de 1,33% et Londres a gagné 0,61%.

Wall Street crispée avant les nouveaux droits de douane américains

La Bourse de New York évolue en retrait mardi, se montrant prudente à la veille du “Jour de la libération”, date à laquelle Donald Trump a prévu d’annoncer une nouvelle salve de droits de douane à l’encontre des partenaires commerciaux des Etats-Unis.Vers 14H30 GMT, le Dow Jones lâchait 0,87%, l’indice Nasdaq reculait de 0,44% et l’indice élargi S&P 500 perdait 0,66%. “Le marché est aux prises” avec la question des droits de douane “depuis six semaines”, rappelle auprès de l’AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.”Maintenant que nous disposons d’une date précise à laquelle nous devrions connaître l’ampleur de la mise en œuvre initiale des droits de douane, le marché ne sait pas si cela laisse une porte ouverte (…) aux négociations”, ajoute l’analyste.Donald Trump, qui aime souffler le chaud et le froid, a promis lundi qu’il serait “très gentil” avec les partenaires commerciaux des Etats-Unis, lesquels retiennent leur souffle face à la perspective d’une rafale de nouveaux droits de douane américains.Les autres pays “ont profité de nous, et nous allons être très sympas, en comparaison de ce qu’ils nous ont fait” a encore dit Donald Trump, en assurant que les droits de douane américains seraient “plus bas”, et dans certains cas “nettement plus bas” que ceux imposés par d’autres Etats.Il semble donc relativiser sa grande menace de droits de douane strictement “réciproques”, qui verraient les Etats-Unis taxer toute marchandise importée de la même manière que le pays dont elle provient taxe les produits américains.En attendant, les partenaires économiques des Etats-Unis préparent leur riposte, entre contre-mesures et réduction de leurs propres droits de douane.Face à ces incertitudes, la place américaine réagit “sur la base de la rhétorique, ce qui pousse les investisseurs à devenir très défensifs”, c’est-à-dire à privilégier des valeurs qui sont théoriquement moins sensibles à la conjoncture ou à se tourner vers des actifs moins volatils que les actions, souligne Art Hogan.”Les investisseurs resteront probablement sur cette voie jusqu’à ce qu’il y ait une certaine clarté sur les droits de douane finaux”, ajoute l’analyste.Dans ce contexte, vers 14H10 GMT sur le marché obligataire, le rendement des emprunts d’Etat américains à dix ans se détendait nettement à 4,14% contre 4,21% à la clôture la veille.Wall Street était aussi lestée par la publication de l’indice de la fédération professionnelle ISM sur la production manufacturière, qui a révélé que les nouveaux droits de douane sur l’acier et l’aluminium importés aux Etats-Unis se sont traduits par des coûts de production accrus pour les industriels américains en mars.Autre indicateur publié quelques dizaines de minutes après l’ouverture, le rapport JOLTS du ministère américain du Travail a mis en évidence une baisse des offres d’emplois en janvier, supérieure aux prévisions des économistes.Au tableau des valeurs, le laboratoire pharmaceutique Johnson & Johnson abandonnait 4,70% après que la justice américaine a rejeté son offre proposant de verser quelque 8 milliards de dollars pour des cancers gynécologiques liés à des produits à base de talc, en raison d’irrégularités lors du processus.Le talc est accusé de contenir de l’amiante et de provoquer des cancers des ovaires chez ses utilisatrices. Pour mettre fin à environ 90.000 poursuites, le laboratoire américain, qui le commercialisait, avait proposé en mai 2024 de payer environ 8 milliards de dollars sur vingt-cinq ans — environ 6,5 milliards de dollars en valeur nette — pour les plaintes civiles liées à des problèmes ovariens (99,75% des plaintes actuelles).L’entreprise américaine de prêt-à-porter PVH, propriétaire de Tommy Hilfiger et Calvin Klein, était recherchée (+16,46%) après avoir réalisé des résultats meilleurs qu’attendu au quatrième trimestre de son exercice.