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Colère agricole dans le Sud-Ouest: autoroutes perturbées, visite express de Lecornu

Les autoroutes du Sud-Ouest sont encore très largement perturbées jeudi soir par les mobilisations agricoles, tandis que le Premier ministre a effectué dans la matinée une visite express en Ariège auprès d’éleveurs touchés par des abattages liés à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).Dans les locaux de la sous-préfecture de Pamiers, le chef du gouvernement, Sébastien Lecornu, a rencontré hors presse les deux frères dont le troupeau de plus de 200 vaches a été abattu en fin de semaine dernière dans le village ariégeois des Bordes-sur-Arize, a appris l’AFP auprès de la préfecture.Dans la soirée, une douzaine d’agriculteurs de la Coordination rurale ont aspergé de sang animal l’une des façades de la préfecture du Tarn-et-Garonne à Montauban, ont constaté des journalistes de l’AFP. Le liquide d’un rouge sombre, à l’odeur fétide, s’est ensuite écoulé le long du trottoir en un petit torrent.Au volant de cinq tracteurs, dont un tirant une citerne contenant selon eux un millier de litres de sang, ils ont ensuite réservé le même sort aux locaux de la mutualité sociale agricole (MSA), à Montauban également, y déversant aussi ordures et fumier.Les grands axes d’Occitanie restent fortement touchés par les manifestations, selon Vinci Autoroutes, même si l’A61 entre Narbonne et Toulouse, occupée par des agriculteurs depuis mardi, a rouvert en fin d’après-midi. Le campement installé sur l’A20, au sud de Cahors, a par ailleurs été évacué jeudi soir, selon la préfète du Lot, Claire Raulin, mais la circulation ne devrait pas y être rétablie avant vendredi matin au plus tôt.Dans le reste du Sud-Ouest, des coupures dans les deux sens continuent de bloquer l’A64 (Bayonne-Toulouse), l’A63 près de Bordeaux, l’A20 (Toulouse-Paris) au niveau de Cahors, ou encore l’A89 sur l’axe Bordeaux-Lyon, au niveau de Périgueux.”On ne va pas lâcher. On s’est fait critiquer la dernière fois d’avoir quitté l’autoroute trop tôt”, a déclaré sur le barrage de l’A64 Benjamin Roquebert, éleveur et céréalier de 37 ans en Haute-Garonne, en référence à la mobilisation début 2024.- Garde à vue -“Tant que le gouvernement ne reviendra pas sur l’abattage systématique, on sera là”, a annoncé Jean-Louis, éleveur à la retraite n’ayant pas souhaité donner son nom de famille.Selon un photographe de l’AFP, une cinquantaine d’agriculteurs ont forcé jeudi matin un barrage de gendarmerie dans les Pyrénées-Orientales, avant de bloquer un rond-point permettant d’accéder à l’A9, au niveau du péage du Boulou, près de la frontière espagnole.A la suite de cette action, un manifestant a été placé en garde à vue pour violences sans ITT sur personne dépositaire de l’autorité publique, selon la préfecture du département.A Toulouse, le blocage du périphérique annoncé par des militants de la FNSEA n’a finalement pas eu lieu, alors qu’au sein du syndicat, certains font état de leur volonté de ralentir la mobilisation à l’approche de Noël.Un avis que ne partagent pas les Jeunes agriculteurs (JA) locaux. “On va pas rentrer chez nous en n’ayant rien obtenu”, a ainsi dit à l’AFP le co-secrétaire général des JA de Haute-Garonne, Thomas Klunker.Le trafic SNCF a quant à lui pu reprendre sur la ligne Toulouse-Narbonne, le blocage des voies effectif depuis deux jours à Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne) ayant été levé mercredi soir, a indiqué SNCF Réseaux.Seule la liaison Toulouse-Auch reste perturbée, en raison d'”éléments sur les voies” en gare d’Auch, selon la même source. Les autorités annoncent une “accélération majeure” de la campagne de vaccination des bovins contre la DNC dans le Sud-Ouest. Le préfet chargé de coordonner la cellule interministérielle sur ce dossier, Pascal Sanjuan, a supervisé jeudi la réception de doses arrivées par avion, avant d’être acheminées dans toute l’Occitanie.

La signature de l’accord UE-Mercosur reportée en janvier

La signature de l’accord commercial entre l’Union européenne et des pays du Mercosur a été reportée en janvier, a annoncé jeudi Ursula von der Leyen aux 27 Etats membres, au moment où les agriculteurs faisaient entendre leur colère à Bruxelles.Ce délai offre un répit de courte durée à la France, qui ne cesse de marteler que l’accord n’est pas acceptable en l’état.Mais ce report n’est “pas suffisant” pour la FNSEA, le premier syndicat agricole français, qui a appelé ses adhérents à rester mobilisés, car “le Mercosur, c’est toujours NON!”.Négocié depuis plus de 25 ans, ce traité de libre-échange permettrait notamment à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux en Argentine, au Brésil, au Paraguay et en Uruguay.Dans le sens inverse, il faciliterait l’entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui alarme les filières concernées.Le président brésilien Lula avait ouvert la voie à ce report quelques heures plus tôt, après un échange téléphonique avec Giorgia Meloni. La cheffe du gouvernement italien lui a demandé de la “patience”, tout en assurant que l’Italie soutiendrait l’accord in fine, a-t-il relaté.- “Interminable partie de bras de fer” -Ce délai supplémentaire est un revers pour la Commission européenne, l’Allemagne et l’Espagne qui poussaient pour une signature dans les prochains jours.Ce ne sera pas “réglé cette année, mais il semble désormais presque certain que cela va se faire”, nuance une source gouvernementale allemande, qui vise une signature “mi-janvier”.La puissante fédération allemande de l’industrie chimique et pharmaceutique (VCI) a quant à elle fait part de sa “frustration” face à une “interminable partie de bras de fer”.La présidente de la Commission européenne espérait parapher ce traité de libre-échange samedi, lors du sommet du Mercosur au Brésil.Mais Ursula von der Leyen avait besoin au préalable de l’aval d’une majorité qualifiée d’Etats membres à Bruxelles, dont l’ont privée la France et l’Italie notamment.”Le compte n’y est pas pour signer cet accord”, avait ainsi répété Emmanuel Macron jeudi matin.- Lacrymogènes et vitres brisées -En marge de ce sommet européen entre chefs d’Etat et de gouvernement jeudi à Bruxelles, des milliers d’agriculteurs sont venus faire entendre leur colère.Avec pneus en feu, jets de pommes de terre et de projectiles auxquels ont répondu des canons à eau et des tirs de gaz lacrymogènes de la police. La situation a été particulièrement tendue autour des institutions européennes, protégées par un important dispositif policier.Selon la police belge, 7.300 personnes, avec une cinquantaine de tracteurs, ont pris part à la manifestation autorisée, principalement dans le calme.Mais 950 tracteurs supplémentaires s’étaient massés dans le quartier européen, engorgeant plusieurs rues.Dès la matinée, la police a usé de canons à eau pour disperser certains manifestants. Des feux de pneus ou de poubelles ont émaillé la manifestation.Des personnes masquées ont brisé en outre plusieurs vitres d’un bâtiment du Parlement, a constaté l’AFP.Mercosur, taxes sur les engrais, réforme de la Politique agricole commune (PAC): les sujets de mécontentement sont nombreux, ont rappelé plusieurs manifestants.Le Mercosur? “C’est de la concurrence déloyale, ils vont importer des produits, traités avec des choses que nous, on n’a pas le droit d’utiliser. (…) On nous ramène des poulets de merde”, fustigeait la Française Florence Pellissier, 47 ans, agricultrice de grande culture (betterave, maïs, colza) en Seine-et-Marne près de Paris.”On a l’impression qu’aujourd’hui, Ursula (von der Leyen) veut passer en force, elle veut imposer sa loi”, a aussi dénoncé Maxime Mabille, producteur laitier belge.La Copa-Cogeca, principal lobby agricole européen, a revendiqué 10.000 manifestants venus de plusieurs pays, notamment de nombreux Français.”Notre fin = votre faim”, résumait un slogan peint sur un cercueil noir. De nombreux agriculteurs européens reprochent aux pays du Mercosur de ne pas respecter les réglementations environnementales et sociales auxquelles eux-mêmes sont soumis.Ces inquiétudes s’ajoutent à celles sur la réforme des subventions de la PAC, que la Commission européenne est accusée de vouloir “diluer” dans le budget européen.Pour les agriculteurs français, la gestion par le gouvernement Lecornu de l’épizootie de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) vient encore amplifier le mécontentement.

Réacteurs nucléaires EPR2: nouveau surcoût pour le “chantier du siècle”

Nouveau surcoût pour “le chantier du siècle” de la relance du nucléaire: l’électricien français EDF a revu en hausse la facture prévisionnelle du programme de six réacteurs EPR2, qui a enflé de 40% par rapport à l’estimation initiale.A 72,8 milliards d’euros, ce nouveau chiffrage consolidé, hors coût de financement, représente une hausse de près de 8% par rapport à une précédente estimation datant de fin 2023, qui atteignait alors 67,4 milliards d’euros.Au final, depuis l’addition initiale de 51,7 milliards d’euros publiée en 2022, le coût du programme aura donc flambé d’environ 40%. Le programme de relance nucléaire annoncé en 2022 par Emmanuel Macron prévoit la construction de six réacteurs de nouvelle génération, en trois paires, à Penly, Gravelines puis au Bugey. EDF, entreprise publique détenue à 100% par l’État, a toutefois précisé à la presse que ce nouveau chiffrage “avait déjà été défini comme étant le plafond” lors de discussions avec l’État. Le groupe espère ainsi faire moins que ce “plafond”, grâce à des pistes d’économies identifiées. Avec ce “chantier du siècle”, l’objectif est clair pour l’électricien, comme pour l’État-actionnaire: éviter la répétition des dérapages de coûts et de calendrier des précédents projets d’EPR menés par EDF. Symbole de ces dérives, celui de Flamanville a été raccordé au réseau électrique en décembre 2024 avec 12 ans de retards. – “Provisions pour risques” -Mais dans une interview au Figaro le PDG d’EDF Bernard Fontana assure que l’entreprise à “tiré les leçons du passé”, et saura tenir “les coûts et les délais”.”Le montant total du devis est aligné avec l’enveloppe globale telle qu’elle avait été travaillée avec l’État”, a pour sa part commenté Bercy, y voyant “le signe qu’EDF commence à avoir plus de visibilité”.Ce n’est pas l’avis des anti-nucléaires de Greenpeace qui parient déjà “que le coût final sera bien plus important”, ne serait-ce qu’en comptant les charges d’intérêts, selon Florence de Bonnafos, chargée de mission économies et finances pour l’ONG. Cette nouvelle addition intègre un “niveau de provisions pour risques”, destinées à couvrir les aléas, “qui a augmenté”, a expliqué Xavier Gruz, directeur exécutif chargé de la maîtrise d’ouvrage du nouveau nucléaire.  Pour autant, EDF fait aussi valoir que ce devis consolidé reflète des efforts “d’optimisations” et de simplification entrepris notamment grâce aux retours d’expérience des autres chantiers d’EPR d’EDF, à Flamanville et à Hinkley Point au Royaume-Uni, et grâce à de nouvelles organisations internes. De quoi permettre selon EDF de réduire les délais de construction de 96 à 70 mois par réacteur. – Penly en 2038 -Sur le calendrier, le groupe confirme en tout cas viser une mise en service du premier des six réacteurs, à Penly (Seine-Maritime), en 2038 (au lieu initialement de 2035-2037), avec un cadencement de 12 à 18 mois pour la mise en service des suivants.D’ici-là, de nombreuses étapes restent à franchir. La première sera de soumettre le devis à un “audit approfondi” de l’État, lequel pourra formuler ses remarques à EDF dans les prochaines semaines. Bercy dit viser “d’ici fin mars” pour aboutir à un devis engageant pour EDF et l’État.”Notre objectif commun, c’est de se mettre en ligne pour une décision finale d’investissement qui devrait être prise à la fin de l’année 2026″, étape-clé pour lancer officiellement le programme, a précisé Xavier Gruz.Le plus tôt serait le mieux pour Gwenaël Plagne, secrétaire (CGT) du CSEC d’EDF, qui déplore une décision politique d’investissement qui “patine”, alors que le groupe engagera dès 2026, 2,7 milliards d’investissements consacrés aux travaux préparatoires et de conception. “On espère qu’une décision (d’investissement, ndlr) puisse arriver rapidement pour que les délais soient consolidés”, a-t-il déclaré à l’AFP.Avant cela, il faudra préalablement le feu vert de la Commission européenne sur les aides d’État que pourrait recevoir EDF, et qui constituent une dérogation aux règles de la concurrence.Le modèle de financement prévoit en effet un prêt avantageux de l’État finançant 60% des coûts de construction. Par la suite, les recettes d’EDF seront sécurisées par le biais d’un contrat à prix garanti par l’État sur 40 ans, permettant notamment de rembourser le prêt.

Wall Street positivement surprise par l’inflation américaine

La Bourse de New York a terminé en hausse jeudi, saluant le ralentissement inattendu de l’inflation en novembre aux Etats-Unis et les bons résultats trimestriels du fabricant de semi-conducteurs Micron.Le Dow Jones a pris 0,14%, l’indice Nasdaq a avancé de 1,38% et l’indice élargi S&P 500 a gagné 0,79%.L’indice des prix à la consommation (CPI) a reflué le mois dernier à 2,7% sur un an alors qu’il était de 3% en septembre (les chiffres d’octobre ne seront jamais connus en raison de la paralyse budgétaire, “shutdown”, qui a touché les Etats-Unis à l’automne), selon un rapport dévoilé jeudi.L’inflation sous-jacente (hors prix volatils de l’alimentation et de l’énergie) a aussi ralenti, à 2,6% (contre 3% en septembre).”Les données publiées aujourd’hui offrent à la banque centrale (américaine, ndlr) une marge de manœuvre plus large pour une nouvelle série de baisses de taux”, estime Jose Torres, d’Interactive Brokers.La Réserve fédérale (Fed) dispose d’un double mandat visant d’un côté à maintenir l’inflation à long terme autour de 2% et de l’autre à faire en sorte que Etats-Unis soient au plus proche du plein emploi. Ces derniers mois, l’institution s’est concentrée sur l’atonie du marché du travail, et a choisi de procéder à trois baisses de taux consécutives.”L’un des plus grands risques encourus est de voir l’inflation augmenter alors que (la banque centrale) essaye de lutter contre le chômage”, relève auprès de l’AFP Jack Ablin, de Cresset Capital Management.Les chiffres de jeudi sont donc venus quelque peu rassurer les investisseurs.Et “parallèlement, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont également été inférieures aux prévisions, ce qui contribue à apaiser les inquiétudes liées au ralentissement du marché du travail”, ajoute Jose Torres.Des analystes ont toutefois estimé que les données du CPI pouvaient être en partie faussées, le “shutdown” ayant suspendu pendant plusieurs semaines la collecte des informations par les services statistiques officiels.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt américain à dix ans s’est détendu à 4,12% vers 21H30 GMT, contre 4,15% mercredi en clôture.Côté entreprises, le fabricant de semi-conducteurs Micron (+10,12% à 248,55 dollars) s’est envolé, au lendemain de la publication de résultats trimestriels et prévisions financières sensiblement supérieurs aux attentes.Pour le premier trimestre de son exercice décalé, Micron a notamment engrangé un bénéfice net de 5,4 milliards de dollars, là où les analystes tablaient sur 4,5 milliards, pour un chiffre d’affaires record de 13,64 milliards de dollars.Et le fabricant s’attend à de meilleures performances encore lors du prochain trimestre, avec un chiffre d’affaires de plus de 18 milliards de dollars.Ces performances financières ont été jugées rassurantes par les investisseurs, qui avaient été déçus par d’autres résultats de géants technologiques comme Palantir, Oracle ou Nvidia.Trump Media – maison mère du réseau Truth Social fondé par Donald Trump – a été propulsée (+41,93% à 14,86 dollars) après avoir annoncé une alliance avec la société américaine TAE, qui développe une technologie de fusion nucléaire, dans un contexte d’explosion des besoins en énergie.La start-up spatiale Rocket Lab (+11,05% à 59,92 dollars) a profité du lancement réussi, et en avance selon elle, de plusieurs satellites pour le compte du ministère américain de la Défense.Les entreprises spécialisées dans le cannabis, à l’instar de Canopy Growth (-11,98%) ou Aurora Cannabis (-3,41%), ont terminé dans le rouge, malgré la décision de la Maison Blanche de changer le classement de la marijuana parmi les substances addictives, afin de prendre en compte l’usage thérapeutique.Ce changement n’ouvre pas dans l’immédiat la voie à une dépénalisation au niveau fédéral et les marchés avaient déjà anticipé l’annonce.

Dermatose bovine, Mercosur: le point sur la crise agricole en France

La mobilisation des agriculteurs s’est fortement amplifiée en France jeudi, contre la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) bovine, catalyseur d’une colère agricole dans le Sud, qui s’est étendue au Nord jusqu’à Bruxelles, pour protester contre l’accord UE-Mercosur. Le point sur la situation jeudi soir.- Multiplication des blocages -“Vendredi, déjà classé +orange+ par Bison futé pour les départs en vacances, peut s’annoncer encore plus compliqué avec de nouvelles actions prévues”, a prévenu jeudi soir le gestionnaire d’autoroutes Vinci.En soirée jeudi, dans le sud-ouest de la France, quatre axes autoroutiers restaient fermés ou perturbés, selon Vinci.En Nouvelle-Aquitaine, les blocages routiers perdurent sur l’A64 (Bayonne-Toulouse), axe important pour les départs vers les stations de ski pyrénéennes et l’A63 au sud de Bordeaux. L’A89 est coupée entre Périgueux Ouest et Périgueux Est, et entre Egletons et Ussel-Est en Corrèze. L’A20 reste fermée dans les deux sens, entre Aussonne et Cahors-Nord.Dans le sud-est, la circulation a été rétablie sur l’A7 jeudi soir, mais selon Vinci, des manifestants sont attendus vendredi matin autour d’Avignon. Sur l’A9, la sortie du Boulou et celle de Vendargues sur l’A709 sont fermées.Dans le centre, l’A10 est fermée sur 85 kilomètres entre Meung-sur-Loire et Tours, avec les sorties de Mer, Blois et Château-Renault qui sont fermées, a aussi indiqué Vinci.En Haute-Savoie, où la DNC a sévi cet été, la circulation était perturbée sur l’A41 dans le sens Annecy-Genève, a indiqué le gestionnaire d’autoroutes APRR qui signale aussi des fermetures de portions de l’autoroute A75 en Auvergne, entre Saint-Flour et Lodève, et déconseille aux camions d’emprunter l’A75 pour se rendre à Montpellier.Des perturbations se produisent aussi en Charente-Maritime et autour d’Amiens avec des opérations escargot de tracteurs.En parallèle, une cinquantaine d’éleveurs et de sympathisants de la Confédération paysanne ont manifesté jeudi dans le centre-ville de Lille, tandis qu’à Lyon, environ 450 personnes se sont rassemblées à l’appel du même syndicat, avec le soutien de députés LFI. Dans les Deux-Sèvres, des agriculteurs de la Coordination Rurale (CR) ont déversé des bennes de paille, pneus, palettes, fumier et déchets plastiques dans les rues de la commune de Melle.Au niveau national, le ministère de l’Intérieur a signalé jeudi 110 actions en cours, mobilisant quelque 5.000 personnes.- Vaccinations -“L’important, c’est la vaccination et l’immunité collective. Il faut que 75% du cheptel, dans 95% des fermes, soient vaccinés”, a affirmé la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, dans une interview à La Dépêche.Près de 400.000 doses de vaccins supplémentaires ont été acheminées des Pays-Bas vers le Sud-Ouest pour atteindre l’objectif du gouvernement de vacciner 750.000 bêtes dans les prochaines semaines. “500.000 doses étaient déjà arrivées, nous avons commencé à vacciner dès le week-end dernier”, a précisé la ministre. Elle a notamment promis que les troupeaux des “1.000 exploitations de l’Ariège” seraient vaccinés d’ici le 31 décembre.”Si nous voulons arriver au début du mois de février avec un début d’immunité collective, il nous faut agir rapidement”, a souligné le préfet des Pyrénées-Atlantiques. “Il n’y a, à date, aucun foyer, tous ont été éteints”, a assuré la ministre à La Dépêche, (…) “la vaccination est un horizon d’espoir pour les éleveurs”, a-t-elle dit.- Mercosur – A Bruxelles, de nombreux agriculteurs français ont rejoint des milliers de manifestants, avec 950 tracteurs recensés, venus de toute l’Europe jeudi pour s’opposer à la signature de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et des pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) en négociation depuis plus de 25 ans.La Copa-Cogeca, principal syndicat agricole européen, a revendiqué 10.000 manifestants venus de plusieurs pays. Selon la FNSEA, au moins 4.000 Français faisaient partie des manifestations bruxelloises.- Réactions des autorités -Pendant que la crise se prolonge et se complexifie, le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est rendu discrètement en Ariège pour échanger avec des éleveurs sans convier la presse.Vendredi matin, à partir de 08H30, il doit recevoir, hors presse toujours, les représentants des Jeunes Agriculteurs (JA), de la FNSEA (09H45), de la CR (11H00) et de la Confédération paysanne (12H15).Jeudi, le ministre des Transports Philippe Tabarot a plaidé, sur Europe 1 et CNews, contre “un blocage plus dur” afin de ne pas entraver davantage la circulation des véhicules et des marchandises à l’approche du dernier week-end avant Noël, “ô combien important pour notre pays économiquement”.

“Espionnage”, “barbouzes”: devant les députés, Cohen et Legrand accusent les médias Bolloré

“Espionnage”, “barbouzes”: Patrick Cohen et Thomas Legrand ont mis en cause jeudi, devant les députés, les méthodes des médias de la galaxie Bolloré et dénoncé une “opération de propagande” dans l’affaire de la vidéo où ils apparaissent avec deux responsables socialistes.Trois mois après cette tempête politico-médiatique, les deux journalistes intervenant dans l’audiovisuel public ont été entendus pendant plusieurs heures, dans un climat tendu, par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la neutralité et le financement de ce secteur. Cette commission a été créée à la demande de l’UDR, parti allié au RN, dans la foulée de cette affaire qui a nourri les accusations de partialité en faveur de la gauche dans l’audiovisuel public.”L’émotion incontestable suscitée par ces images” a été “amplifiée par une opération de propagande sans limites, visant à dénigrer, à détruire le service public que je représente”, a assuré M. Cohen.”L’affaire dite Legrand-Cohen a fait l’objet en deux semaines, sur l’antenne de CNews (chaîne dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, ndlr), du 6 au 20 septembre dernier, de 853 séquences”, a-t-il ajouté.- “S’en occuper journalistiquement” -La vidéo a été divulguée début septembre par le magazine de droite conservatrice L’Incorrect et a ensuite été abondamment commentée dans les médias de la galaxie Bolloré comme CNews, Europe 1 et le JDD. Face aux deux responsables socialistes, M. Legrand y évoque les stratégies de la gauche aux prochaines élections et lâche, au sujet de la candidate de la droite parisienne, Rachida Dati: “Nous on fait ce qu’il faut pour Dati, Patrick (Cohen) et moi”. Thomas Legrand a réaffirmé qu’il fallait entendre “on s’en occupe journalistiquement”.”Je vous invite (…) à vous remémorer votre dernier café avec des journalistes et à vous demander ce qu’aurait pu donner le fait qu’il soit filmé à votre insu et monté avec une intention de nuire avant d’être livré à une chaîne de télévision qui en fera ses choux gras”, a exposé l’éditorialiste de Libération, dont l’émission sur France Inter a été supprimée.Mais la vidéo “a scandalisé les Français”, a tonné Caroline Parmentier (RN).Le rapporteur de la commission, Charles Alloncle (UDR), s’est étonné que les deux journalistes ne reconnaissent pas une faute et a fait valoir qu’à ce stade, il n’y a pas de preuve montrant que le montage altère le sens des propos des deux journalistes.”Vous pourriez être (un) politique (…) vous avez un don absolument incroyable pour éviter de répondre à mes questions”, a-t-il lancé à Patrick Cohen.- “L’ère du +trumpisme+” -Les travaux de la commission se déroulent dans une ambiance électrique et suscitent des réactions très polarisées sur les réseaux sociaux.Plusieurs élus de gauche ont réclamé d'”arrêter (le) spectacle”, dénonçant une véritable “tentative d’humiliation” de la part de l’extrême droite selon eux. Et Thomas Legrand de lancer à Charles Alloncle: “Vous voulez que je fasse une autocritique à la soviétique?”Thomas Legrand et Patrick Cohen ont porté plainte dans l’affaire de la vidéo, notamment pour atteinte à la vie privée. M. Legrand a déploré que son épouse, elle-même mise en cause sur les réseaux sociaux, ait reçu des menaces de mort.Devant les députés, ils se sont également indignés des affirmations égrenées depuis mardi sur Europe 1 à propos d’une récente rencontre dans un café entre Thomas Legrand et l’ex-directrice de France Inter, Laurence Bloch. Cette dernière y aurait demandé au journaliste de “rompre toute collaboration avec la station” pour protéger Radio France.”Notre discussion a été enregistrée à notre insu”, alors qu’il s’agit d'”un rendez-vous privé entre deux amis”, a dénoncé Thomas Legrand, évoquant un “espionnage”. “Nous sommes entrés en France dans l’ère du +trumpisme+”, a-t-il ajouté.”L’espionnage déguisé en journalisme est appelé à prospérer sur les antennes du groupe Bolloré”, a aussi accusé Patrick Cohen, en pointant des “méthodes de barbouzes”.L’affaire Legrand-Cohen a été le catalyseur d’une guerre ouverte entre l’audiovisuel public et les médias dans le giron de Vincent Bolloré. France Télévisions et Radio France ont porté l’affaire devant le tribunal des activités économiques, où ils ont assigné CNews, Europe 1 et le JDD pour “dénigrement”.

Report en vue pour l’accord UE-Mercosur, sur fond de manifestation à Bruxelles

Le président brésilien Lula a ouvert la voie jeudi à un report en janvier de l’accord commercial entre l’Union européenne et des pays du Mercosur, au moment où les agriculteurs européens faisaient entendre leur colère à Bruxelles.Négocié depuis plus de 25 ans, ce traité de libre-échange permettrait à l’UE d’exporter davantage de véhicules, machines, vins et spiritueux en Argentine, au Brésil, au Paraguay et en Uruguay. Dans le sens inverse, il faciliterait l’entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui alarme les filières concernées.Le dirigeant brésilien a relaté un échange téléphonique avec la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni.Selon son récit, Mme Meloni lui a demandé de la “patience, une semaine, dix jours, un mois”, en assurant que l’Italie soutiendrait l’accord in fine. Lula va transmettre la requête aux autres dirigeants latino-américains du Mercosur pour trancher.Mais le report semble désormais en bonne voie et offre un répit de courte durée à la France, qui ne cesse de marteler que l’accord n’est pas acceptable en l’état.Ce délai supplémentaire est un revers pour la Commission européenne, l’Allemagne et l’Espagne qui poussaient pour une signature dans les prochains jours.Ursula von der Leyen espérait parapher ce traité de libre-échange samedi, lors du sommet du Mercosur dans la ville brésilienne de Foz do Iguaçu. Mais elle avait besoin au préalable de l’aval d’une majorité qualifiée d’Etats membres à Bruxelles.Et la France, l’Italie, la Pologne et la Hongrie étaient prêtes à former une minorité de blocage pour s’y opposer.”Le compte n’y est pas pour signer cet accord”, a répété Emmanuel Macron jeudi.- Lacrymogènes et vitres brisées -Jeudi à Bruxelles, en marge d’un sommet européen entre chefs d’Etat et de gouvernement, des milliers d’agriculteurs sont venus faire entendre leur colère. Pneus en feu, jets de pommes de terre et de projectiles auxquels ont répondu des canons à eau et des tirs de gaz lacrymogènes de la police. La situation a été particulièrement tendue autour des institutions européennes, protégées par un important dispositif policier.Selon la police bruxelloise, 7.300 personnes, avec une cinquantaine de tracteurs, ont pris part à la manifestation autorisée, principalement dans le calme.Mais 950 tracteurs supplémentaires s’étaient massés dans le quartier européen, engorgeant plusieurs rues.Dès la matinée, la police a usé de canons à eau pour disperser certains manifestants. Des feux de pneus ou de poubelles ont émaillé la manifestation.Mercosur, taxes sur les engrais, réforme de la Politique agricole commune (PAC): les sujets de mécontentement sont nombreux, ont rappelé plusieurs manifestants interrogés par l’AFP.Le Mercosur? “C’est de la concurrence déloyale, ils vont importer des produits, traités avec des choses que nous, on n’a pas le droit d’utiliser (…) On nous ramène des poulets de merde”, fustigeait la Française Florence Pellissier, 47 ans, agricultrice de grande culture (betterave, maïs, colza) en Seine-et-Marne.”On est là pour dire non au Mercosur, surtout parce qu’on a l’impression qu’aujourd’hui, Ursula (von der Leyen) veut passer en force, elle veut imposer sa loi”, a protesté de son côté Maxime Mabille, producteur laitier belge.La présidente de la Commission européenne a rencontré dans la matinée une délégation d’agriculteurs.”L’Europe sera toujours derrière vous”, a promis Ursula von der Leyen, dans un message diffusé sur X à l’issue de la réunion.La Copa-Cogeca, principal lobby agricole européen, a revendiqué 10.000 manifestants venus de plusieurs pays, notamment de nombreux Français.”Notre fin = votre faim”, résumait un slogan peint sur un cercueil noir. Les pays sud-américains du Mercosur sont accusés par de nombreux agriculteurs européens de ne pas respecter les réglementations environnementales et sociales auxquelles eux-mêmes sont soumis, avec à la clé l’opportunité de vendre des produits moins chers.Ces inquiétudes s’ajoutent à celles sur la réforme des subventions de la PAC, que la Commission européenne est accusée de vouloir “diluer” dans le budget européen.Pour les agriculteurs français, la gestion par le gouvernement Lecornu de l’épizootie de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) vient encore amplifier le mécontentement.

RATP: Emmanuel Macron choisit Xavier Piechaczyk (RTE) pour succéder à Jean Castex

Emmanuel Macron “envisage de nommer” l’actuel président du directoire du distributeur d’électricité RTE, Xavier Piechaczyk, “en qualité de président-directeur général de la RATP”, a fait savoir l’Elysée jeudi par communiqué.Ancien conseiller énergie-transport de Jean-Marc Ayrault et François Hollande, cet ingénieur des Ponts, eaux et forêts âgé de 56 ans pourrait ainsi succéder à Jean Castex, parti diriger la SNCF début novembre. La nomination de M. Piechaczyk doit encore être approuvée par l’Assemblée nationale et le Sénat, qui devraient l’entendre lors d’auditions séparées d’ici deux semaines. Ces auditions, qui se tiennent en général “un mercredi”, peuvent intervenir “le même jour”, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier.Formellement, les parlementaires ont la possibilité de s’opposer au candidat d’Emmanuel Macron s’ils réunissent trois cinquièmes de leurs votes cumulés contre le nom choisi par l’Elysée.Si le nom de M. Piechaczyk est adoubé par les parlementaires, il sera nommé comme administrateur par le conseil d’administration de la Régie autonome des transports parisiens. Dans la foulée, celui-ci sera nommé comme PDG de l’entreprise par un décret signé du président de la République.Le nouveau PDG pourrait entrer en fonction “fin janvier, ou tout début février”, selon la source proche du dossier.Même s’il avait été renouvelé à son poste de président du directoire de RTE en juin dernier, le nom de M. Piechaczyk faisait figure de favori de l’Elysée pour la RATP depuis des semaines. Il a bien connu Emmanuel Macron et travaillé à ses côtés  alors qu’il était conseiller auprès de François Hollande (2014-15) et que le président de la République était secrétaire général adjoint de l’Elysée.- “basculement” -Le changement de direction intervient à un moment clé de l’histoire de la Régie autonome des transports parisiens, fondée en 1948.Celle-ci, gestionnaire d’un des plus anciens réseaux de métro du monde, doit en effet moderniser ses infrastructures, ce qui nécessite notamment l’introduction de nouvelles rames de métro sur huit lignes différentes, occasionnant beaucoup de travaux dans les dix ans à venir. Mais l’enjeu du moment pour la RATP, qui a bénéficié jusqu’à présent d’un monopole historique sur l’ensemble de ses activités, est bien celui de l’arrivée de la concurrence. Après le réseau de bus, dont elle a conservé l’exploitation de 70% des lignes, la RATP va voir le réseau de tramway ouvert à la concurrence d’ici 2030, puis celui du métro en 2040.Jeudi soir, la CFE-CGC, quatrième syndicat du groupe RATP a souligné dans un communiqué le besoin pour M. Piechaczyk de “préserver l’avenir” de l’établissement public qui chapeaute toutes les activités de l’entreprise et de “redonner de la visibilité à l’ensemble de ses filiales” et surtout “de garantir une stratégie sociale ambitieuse et collégiale”.”L’ouverture à la concurrence bouleverse en profondeur l’organisation du groupe RATP”, souligne le syndicat: “Alors que les filiales représentaient 27% du chiffre d’affaires en 2024, elles dépasseront 50% dès 2027”.Un “basculement rapide” qui “met en risque l’équilibre économique du groupe”, estime le syndicat.Une entreprise aux enjeux d’autant plus complexes, que malgré son ancrage initial parisien, la RATP dépend du financement de la région Ile-de-France pour ses matériels, et s’étend de plus en plus loin dans la banlieue, et maintenant en métropole.Si elle a perdu quelques plumes sur les bus parisiens, la RATP a en effet été retenue lundi par la région Normandie pour exploiter son réseau de trains régionaux autour de Caen, ce qui a éliminé de fait la SNCF. Le lot remporté comporte les lignes reliant Caen à Evreux, Saint-Lô, Rouen, Cherbourg, Rennes, Lisieux, Deauville et Coutance.A l’international, la RATP gère des réseaux de transports dans 16 pays sur les cinq continents. Jeudi, sa filiale RATP Dev a été sélectionnée avec Alstom pour construire une ligne de trains de banlieue à Melbourne en Australie.

La Cour suprême autrichienne ordonne à Meta de livrer à Max Schrems toutes ses données personnelles

La Cour suprême autrichienne a ordonné jeudi à Meta, après onze ans de procédure, de fournir dans les quinze jours l’accès à toutes ses données personnelles à Max Schrems, militant de la protection de la vie privée, qui salue “un accès sans précédent” aux rouages du géant américain.”La personnalisation des publicités et l’utilisation de données personnelles sont interdites sans consentement”, a déclaré la Cour suprême dans un communiqué. Meta doit “informer sur toutes les données personnelles traitées” dans un délai d’un mois, a-t-elle ajouté, la source, le destinataire et les raisons du traitement ne pouvant être omis.Meta, maison-mère de Facebook, avait été attaqué en 2014 par le militant et juriste autrichien Max Schrems, cofondateur de l’ONG “None of Your Business” (Ce ne sont pas vos affaires, Noyb), qui depuis 2011 tentait d’obtenir un accès complet à ses données personnelles, alors que Meta ne lui en fournissait qu’une partie.”Toutes les allégations de Meta relatives à des secrets commerciaux ont été rejetées, ouvrant un accès sans précédent à ses rouages internes”, selon un communiqué de l’association.Selon Noyb, l’affaire aura été portée trois fois devant la Cour suprême autrichienne et deux fois devant la Cour de Justice de l’Union européenne après deux renvois préjudiciels.”Cette décision finale et directement exécutoire conduira enfin à un accès sans précédent de M. Schrems aux pratiques de Meta en matière de traitement de ses données d’utilisateur”, s’est félicitée l’ONG.M. Schrems s’est vu accorder 500 euros de dommages et intérêts. Selon son avocate Katharina Raabe-Stuppning, la jurisprudence autrichienne de jeudi rend “réaliste” l’obtention potentielle de cette somme par chaque utilisateur plaignant à l’avenir. L’ONG précise cependant que “le coût global du contentieux” s’est élevé à 200.000 euros.