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L’huile d’olive importée dans l’UE pas ou peu contrôlée

La Cour des comptes européenne déplore dans un rapport publié mercredi les contrôles “inexistants” ou “sporadiques” sur la présence de pesticides dans les importations d’huile d’olive, notamment en provenance de Tunisie.Certes, plus de 90% de l’huile d’olive consommée dans l’UE est produite sur le continent, avec des “contrôles bien établis” sur les résidus de pesticides.Mais le rapport souligne les lacunes pour l’huile d’olive importée, qui représente 9% du marché européen, principalement en provenance de Tunisie et, à la marge, de Turquie, d’Argentine ou du Maroc.Pour ces importations, les contrôles aux frontières “sur la présence de pesticides et d’autres contaminants sont soit inexistants soit très limités dans les Etats membres visités” durant l’audit (Belgique, Espagne, Grèce, Italie), relève la Cour des comptes européenne.En Italie, “en 2023 et 2024, aucun chargement d’huile d’olive n’a été contrôlé aux principaux points d’entrée de ce produit”, selon ce rapport.En Espagne, entre 2018 et 2023, seuls trois échantillons ont été analysés pour déceler la présence de résidus de pesticides et cinquante pour celle d’autres contaminants.”La Belgique ne prévoit aucun contrôle de l’huile d’olive aux postes de contrôle frontaliers et la Grèce n’a introduit ces contrôles qu’en 2024″, affirme la Cour.Réagissant à ce rapport, la Commission européenne a souligné que l’huile d’olive importée “doit être contrôlée de la même manière que la production européenne” et a proposé son “assistance technique” pour “soutenir” les Etats membres, en charge de ces contrôles.La présence éventuelle dans les importations vers l’Europe de pesticides interdits dans l’UE est un sujet inflammable pour les agriculteurs européens.Ce rapport “confirme encore davantage la préoccupation de l’agriculture européenne quant au manque de contrôles”, a réagi le Copa-Cogeca, qui regroupe les principaux syndicats agricoles d’Europe.”Il s’agit d’une question d’équité” commerciale et “de protection des consommateurs”, afin de “ne pas fragiliser des secteurs stratégiques européens, tels que l’huile d’olive”, a souligné cette organisation.Les syndicats agricoles européens combattent actuellement l’accord de libre-échange avec les pays latino-américains du Mercosur, pointant notamment du doigt le manque de contrôles en matière de pesticides.Pour tenter de les rassurer, la Commission européenne a promis en décembre une hausse de 50% du nombre de contrôles à l’étranger dans les deux ans qui viennent et une augmentation de 33% des audits aux postes-frontières.Sous la pression de la France et de l’Italie, la Commission européenne s’est aussi engagée à légiférer sur les résidus de pesticides (LMR), autorisés actuellement quand ces traces sont minimes.Début janvier, elle a promis d’interdire totalement trois substances (carbendazime, bénomyl et thiophanate-méthyl) dans les produits importés, notamment dans les agrumes, les mangues ou les papayes.

Grèce: démission du chef de l’aviation civile après une panne majeure dans l’espace aérien

Le chef de l’aviation civile grecque a démissionné mercredi après une récente panne majeure à l’aéroport d’Athènes provoquée par des systèmes de communication obsolètes et qui a conduit à la fermeture de l’espace aérien grec durant plusieurs heures.Le dirigeant de l’Autorité de l’aviation civile (YPA) “Georges Saounatsos a soumis sa démission au ministre des Transports et des Infrastructures, Christos Dimas”, a indiqué le ministère dans un bref communiqué, dix jours après un dysfonctionnement technique “sans précédent”.Ce départ intervient alors qu’une commission d’enquête, chargée en urgence de faire la lumière sur cette vaste panne, a mis en cause “une technologie obsolète” à l’aéroport international Eleftherios Venizelos d’Athènes, qui bat des records annuels de fréquentation en raison du boom du tourisme en Grèce.    “Le système actuel de communications vocales (…) ainsi que les infrastructures de télécommunications critiques (…) reposent sur une technologie obsolète”, a souligné cette commission qui comprenait notamment un représentant de l’Organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne (EUROCONTROL).A l’aéroport d’Athènes, des milliers de passagers avaient vu leur vol annulé ou retardé le 4 janvier, en cette période chargée du Nouvel an et de l’Epiphanie.De nombreux avions avaient été déroutés vers des aéroports des pays voisins et l’espace aérien grec fermé durant quelques heures.Tous les aéroports du pays avaient été touchés. Selon l’YPA, la défaillance, qualifiée de “sans précédent”, avait commencé à 08h59 heure locale (06H59 GMT) le dimanche 4 janvier lorsque de multiples fréquences desservant l’espace aérien d’Athènes avaient été couvertes par des interférences continues. Les émetteurs avaient commencé à envoyer des “émissions de signal involontaires”, selon la YPA, provoquant des bruits parasites continus. La commission d’enquête n’a détecté “aucun indice de cyberattaque ni d’interférence malveillante externe”, selon son rapport rendu public mardi soir.Des responsables ont assuré que la sécurité des vols n’avait pas été compromise tandis que la commission d’enquête a classé “l’incident comme présentant un faible niveau de risque”.”Des centaines de vols ont été directement affectés: ceux en contact avec le contrôle aérien (d’Athènes) ou en vol et qui ont modifié leur trajectoire”, avait expliqué à l’AFP Foivos Kaperonis, membre du conseil de l’Association grecque des contrôleurs aériens (EEEK), avant la publication des conclusions de la commission d’enquête.”Les contrôleurs aériens pouvaient voir les appareils sur l’écran radar mais ils ne pouvaient ni entendre les pilotes, ni leur parler”, avait-il souligné.”Si deux avions avaient été sur une même trajectoire de collision, les contrôleurs n’auraient pas été en mesure de leur donner des instructions”, avait ajouté M. Kaperonis. L’aéroport international d’Athènes doit se doter de nouvelles technologies de communication, prône la commission d’enquête.Elle insiste ainsi sur la nécessaire “accélération de la transition vers la technologie VoIP (Voice over IP), l’achèvement des procédures de fourniture, d’installation et de mise en service opérationnelle du nouveau système VCS/RCS (Voice Communication System/Radio Communication System) ainsi que (l’installation) des 495 nouveaux émetteurs-récepteurs”.Une vaste rénovation des infrastructures, d’un coût de 300 millions d’euros est actuellement en cours comprenant des émetteurs numériques qui seront livrés cette année. Mais les contrôleurs aériens sont vent debout depuis cette panne.”Le rapport met clairement en évidence un chaos administratif, un retard de plusieurs heures dans le diagnostic de la cause et une absence de coopération entre les différents responsables de la direction” de l’Aviation civile, a dénoncé l’EEEK dans un communiqué au vitriol.Après cette panne, le ministre adjoint des Transports, Konstantinos Kyranakis, avait reconnu, contrit, que les systèmes de communication de l’aéroport auraient dû être modernisés “il y a des décennies”. Le système radar de l’aéroport d’Athènes a été installé en 1999.La Commission européenne a d’ailleurs saisi la Cour de justice de l’Union européenne, reprochant à la Grèce de ne pas avoir mis en place, depuis 2020, les mesures nécessaires visant à concevoir des procédures de navigation fondée sur la performance (PBN).L’aéroport international d’Athènes a accueilli l’an dernier près de 34 millions de passagers, soit une hausse de 6,7% par rapport à l’année précédente. 

Taxes sur l’aérien: le PDG de Ryanair s’en prend à la “stupide” Belgique

La compagnie aérienne Ryanair a annoncé mercredi envisager de réduire ses capacités en Belgique à partir de fin 2026, notamment sur son hub très fréquenté de Charleroi, reprochant aux autorités belges une série de taxes “stupides” de nature à réduire le trafic.”Hausses de taxes insensées”, “gouvernement stupide”: le PDG de Ryanair Michael O’Leary s’en est pris aux autorités belges avec son habituel ton offensif et provocateur, lors d’une conférence de presse à Bruxelles.”Ce qui est extraordinaire dans la stupidité du gouvernement belge, c’est qu’il a eu cette idée visionnaire d’augmenter les taxes sur les passagers, à un moment où presque tous les autres pays européens suppriment leurs taxes environnementales et sur les voyages”, a lancé Michael O’Leary.”Nos avions peuvent bouger, les emplois peuvent bouger, et ils vont bouger vers ces pays qui suppriment ces taxes et abaissent la fiscalité aéroportuaire”, a-t-il ajouté citant notamment les exemples de la Hongrie, la Suède ou la Slovaquie.Concrètement, la compagnie irlandaise à bas coûts prévoit de réduire son offre à Charleroi d’environ un million de sièges à partir de la saison d’hiver 2026, à l’automne prochain, et potentiellement d’un autre million l’année suivante, si le gouvernement fédéral et la ville de Charleroi ne renoncent pas leurs taxes.Charleroi, deuxième aéroport de Belgique derrière Bruxelles-Zaventem, est une plateforme majeure de Ryanair sur le continent européen, desservant un grand nombre de destinations dans le bassin méditerranéen. L’aéroport a dit craindre la perte d’un millier d’emplois directs et indirects.La compagnie à bas coûts pourrait retirer un quart de sa vingtaine d’avions basés sur cet aéroport ou en tout cas “réduire la fréquence” de certaines dessertes, selon M. O’Leary.Dans son collimateur figure une taxe fédérale relevée à 10 euros sur chaque départ en avion depuis le sol belge.- “Idée folle” -Afin d’encourager les options alternatives au transport aérien, le gouvernement dirigé par Bart De Wever a décidé l’an dernier que ce montant forfaitaire serait dû à compter de 2027 pour tous les vols, pas seulement ceux d’une distance de moins de 500 km comme c’est déjà le cas.Cela revient à “multiplier par cinq en deux ans la taxe +passagers+” de la Belgique, a fustigé le PDG de Ryanair, appelant Bart De Wever à revenir sur cette décision.Sollicité par l’AFP, le cabinet du Premier ministre n’a pas souhaité réagir. Ryanair, qui se présente comme la première compagnie aérienne sur le marché belge avec 11,6 millions de personnes transportées en 2025, cible aussi une taxe communale de la ville de Charleroi, qui doit encore être validée par l’exécutif régional de la Wallonie (sud).Il s’agit de réclamer à la société exploitante, Brussels South Charleroi Airport (BSCA), le paiement de 3 euros par passager au départ de cette plateforme, une “idée folle” selon M. O’Leary.Cette nouvelle taxe coûterait environ 16 millions d’euros par an à l’aéroport, “sans qu’on puisse répercuter cela sur les compagnies aériennes, nos contrats avec elles ne le prévoient pas”, a précisé à l’AFP une porte-parole de BSCA, Nathalie Pierard.Elle a souligné que cette nouvelle charge financière risquait de limiter les investissements de l’aéroport, notamment un projet d’extension dont Ryanair, principale compagnie à Charleroi, était censé profiter.

La concurrence ferroviaire “tient ses promesses”, bémol sur la transparence (concurrents de la SNCF)

Hausse de la fréquentation et baisse des tarifs: l’installation de la concurrence sur le réseau ferré voyageurs français “tient ses promesses” mais la transparence doit encore s’améliorer, a estimé mardi l’association qui regroupe les concurrents de la SNCF.”Nous constatons que les bénéfices qu’on attendait de l’ouverture à la concurrence se sont matérialisés, avec une augmentation de l’offre, de la fréquentation, de la qualité de service et un effet baissier sur les tarifs des lignes soumises à la concurrence” s’est félicitée Solène Garcin-Berson, déléguée générale de l’Association française du Rail (AFRA) lors d’une rencontre avec la presse.Selon l’AFRA, qui cite des données de l’Autorité de régulation des Transports (ART), 2025 a été une année “historique”: la plupart des services ferroviaires passagers en France sont désormais concernés par la concurrence, au-delà les trains de fret qui y sont confrontés depuis plus de 20 ans.Après Trenitalia en 2021 sur la grande vitesse, 2025 a marqué l’arrivée de la concurrence sur les liaisons régionales de la SNCF (le réseau TER), avec en particulier l’installation de Transdev sur Nice-Toulon-Marseille, qui a évincé la SNCF lors de l’appel d’offres de mise en concurrence de ce tronçon.Sur cette liaison, “les fréquences ont doublé, nous avons 14 aller-retour par jour et 16 le week-end”, a détaillé Claude Steinmetz, président de la commission Voyageurs de l’AFRA et président de Transdev Rail.Pour augmenter la transparence et fluidifier la concurrence, l’association souhaiterait que des “facilités essentielles” comme les centres d’ingénierie du matériel (CIM) ou les centres de test (Eurail test) qui servent à homologuer les locomotives avant qu’elles puissent rouler sur les rails français soient “détachées” et “indépendantes” de SNCF Voyageurs.L’association estime que l’arrivée des concurrents sur les rails français est ralentie par la disponibilité de ces infrastructures de test.”Le sujet de l’homologation des rames est à la base de la concurrence, (…) loin de moi l’idée de dire que SNCF Voyageurs ralentit le processus pour ses concurrents, mais on a besoin de dissiper un certain nombre de soupçons” a déclaré Alexandre Gallo, vice-président de l’AFRA et PDG de DB Cargo France.”Pour homologuer les mêmes rames de train, il a fallu quatre ans en France et seulement deux ans en Espagne”, a fait valoir Marco Caposciutti, président de l’AFRA et président de Trenitalia France.

Colère agricole: les mobilisations se poursuivent en dehors de Paris

Les agriculteurs restent mobilisés dans plusieurs régions de France mercredi malgré une série de concessions du gouvernement, répondant notamment aux demandes de l’alliance FNSEA-Jeunes Agriculteurs dont les tracteurs ont quitté la capitale à l’aube.En dépit de l’annonce de nouvelles mesures en faveur des agriculteurs mardi par le Premier ministre Sébastien Lecornu, une dizaine de tracteurs de la Coordination rurale (CR) du Gers filtraient mercredi la circulation sur un rond-point menant à l’aéroport Toulouse-Blagnac.Un autre groupe a bloqué l’A64 en déversant des pneus et de la paille, à proximité du périphérique et dans le Var, un convoi d’une vingtaine de tracteurs tenait un barrage filtrant sur l’A50, provoquant quelques kilomètres d’embouteillage.- “Fièvre toujours là” -“La fièvre est toujours là, même si les annonces du Premier ministre étaient pour un certain nombre d’entre elles, attendues. Le sujet de fond, c’est le constat pour nombre d’agriculteurs qu’aujourd’hui, la situation économique dans leur exploitation ne leur permet pas d’envisager l’avenir”, a dit le président de la FNSEA Arnaud Rousseau mercredi matin sur RTL.Dans le nord de la France, le barrage filtrant installé dimanche soir sur l’autoroute A1 dans le sens Lille-Paris est toujours en place mais va être levé dans la soirée de mercredi pour permettre aux agriculteurs de reprendre pleinement le travail dans leurs fermes, a annoncé à l’AFP Damien Salomon, coprésident de la CR du Pas-de-Calais.A Vatry (Marne), la Coordination rurale bloque depuis 4 heures du matin un dépôt pétrolier, a indiqué à l’AFP Christophe Saint-Juvin, représentant de la CR 51, qui estime à 50 tracteurs et 150 personnes les forces en présence. “Rien ne rentre et rien ne sort” du dépôt, a-t-il assuré, estimant que les annonces gouvernementales de ces derniers jours ne comportent “rien de concret”.- “Différence de traitement” -Plus tôt dans la journée, les plus de 350 tracteurs de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs (JA) ont quitté la capitale, après près de 24 heures à Paris, principalement devant l’Assemblée nationale, pour réclamer davantage de soutien au secteur.”Une délégation a été reçue vers minuit par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard qui nous a donné des précisions et des engagements sur les prêts de trésorerie et de restructuration pour les agriculteurs les plus endettés”, a confié à l’AFP le vice-président de la FNSEA Luc Smessaert, avant de repartir dans l’Oise.Sébastien Lecornu a promis mardi une “loi d’urgence agricole” examiné par le Parlement “avant l’été” portant sur “plusieurs priorités: eau, prédation (les attaques de loups, NDLR), moyens de production”. Le Premier ministre a également affirmé qu’un “cap clair” sur la politique de l’eau serait “fixé d’ici le salon” de l’Agriculture qui se tiendra du 21 février au 1er mars, et demandé, avant la présentation du projet de loi, un “moratoire sur toutes les décisions relatives” à cette question et la suspension des “textes fixant les volumes d’eau prélevables (…) jusqu’à septembre”.Le chef du gouvernement a enfin évoqué des réunions pour étudier “les possibilités de dérogation” à la directive européenne sur les nitrates, qui encadre notamment les épandages d’engrais par les agriculteurs.Les annonces qui s’ajoutent à un train de mesures déjà promises pour endiguer la crise agricole, et qui répondent quasiment point par point à des demandes de la FNSEA et des JA, alliance qui domine le syndicalisme agricole.Depuis début décembre, les manifestations d’agriculteurs se multiplient et les annonces du gouvernement vendredi, après des défilés de tracteurs de la Coordination rurale puis de la Confédération paysanne dans la capitale, n’ont pas suffi à calmer la colère.La Coordination rurale a dénoncé mardi sur X “la différence de traitement du gouvernement face à nos mobilisations”, en référence aux interdictions auxquelles le deuxième syndicat a fait face en amenant ses tracteurs jeudi à Paris.La Confédération paysanne a elle critiqué le même jour dans un communiqué les demandes de la FNSEA sur l’eau qui ne “répondent pas à la colère”, puis mercredi “le plan d’aide à l’arrachage” destiné aux viticulteurs, un “mirage” selon le syndicat. 

Turquie: “Nous n’arrivons pas à joindre les deux bouts”, dénoncent les fonctionnaires

Plusieurs centaines de fonctionnaires ont manifesté mercredi à Ankara pour réclamer de nouvelles hausses de salaires face à l’inflation, supérieure à 30% sur un an.Malgré une hausse de 18,6% de leurs salaires au 1er janvier, la plupart des employés des services publics vivent sous le seuil de pauvreté, affirme la Kesk, une des principales confédérations des syndicats de fonctionnaires en Turquie, qui demande un nouveau coup de pouce de 20%.Depuis le 1er janvier, le salaire minimum des fonctionnaires, allocations familiales incluses, s’élève à 61.890 livres turques (1.230 euros environ). Mais selon la principale confédération syndicale de Turquie, le seuil de pauvreté pour un ménage de quatre personnes est passé désormais au-dessus de 98.000 livres turques (1.950 euros environ).De nombreuses familles dépendent d’un seul salaire.”Nos salaires ne suffisent même plus à couvrir la hausse des loyers !”, affirme Ayfer Kocak, la co-présidente de la Kesk, lors d’un rassemblement devant le ministère du Travail à Ankara.Selon l’institut national de la statistique (Tüik), l’inflation a ralenti à 30,9% en décembre en glissement annuel, après un pic au-delà des 75% au printemps 2024.Mais les chiffres officiels sont contestés par les syndicats et le groupe d’économistes indépendants Enag selon lequel l’inflation en décembre 2025 a atteint 56,14% sur l’année.”Le gouvernement condamne les fonctionnaires à vivre dans des conditions insalubres, en se basant sur les données mensongères du Tüik”, a affirmé à l’AFP Tülay Yildirim, professeur et dirigeant de la branche locale du syndicat des enseignants Egitim-sen.”Nous voulons faire entendre la voix des travailleurs, dire que nous n’arrivons pas à joindre les deux bouts et recevoir la part qui nous revient de ce budget (de l’Etat) obtenu grâce aux impôts de tous”, a-t-elle ajouté.”Nous n’avons même pas de quoi nous habiller pour aller travailler, et encore moins nous acheter un costume-cravate. Avec un tel salaire, impossible de vivre dans une grande ville !”, a déploré Osman Seheri, dirigeant de la branche locale du syndicat des travailleurs  municipaux Tumbelsen, réclamant que les salaires de tous les fonctionnaires dépassent le seuil de pauvreté.

Les Bourses mondiales perchées au sommet, records des métaux

Les Bourses mondiales évoluent à des niveaux records, notamment en Europe et au Japon au lendemain de l’inflation aux Etats-Unis, poussant également les métaux précieux et certains métaux de base à de nouveaux sommets historiques. Vers 13H00 GMT, les Bourses de Paris (+0,08%), Londres (+0,36%), Madrid (+0,31%) et Zurich (+0,77%) restaient dans le vert après avoir touché de nouveaux records historiques en séance. Seule Francfort évoluait dans le rouge (-0,32%) mais restait non loin de son record absolu, touché la veille.A Wall Street, les contrats à terme des trois principaux indices laissaient quant à eux présager d’une ouverture dans le rouge.Les marchés mondiaux évoluent à des niveaux “records, alors que la détente des données d’inflation américaines a apaisé les craintes liées à la hausse des prix, alimentant l’enthousiasme des investisseurs dans un contexte de boom toujours porté par l’intelligence artificielle”, commente Patrick Munnelly, stratégiste de marché chez Tickmill Group.Le rythme de l’inflation américain s’est calmé en fin d’année 2025. Selon les données officielles publiées mardi, l’indice des prix à la consommation (CPI) a progressé en décembre de 2,7% sur un an, un rythme stable par rapport à novembre.”Les inquiétudes du marché quant au risque que Donald Trump ne surchauffe l’économie avant les élections de mi-mandat semblent prématurées, les risques inflationnistes étant probablement différés”, estime M. Munnelly.A Tokyo également, l’indice vedette Nikkei (+1,48%) comme l’indice élargi Topix (+1,26%) ont touché mercredi des plus hauts historiques en séance comme en clôture.”Les actions japonaises se sont envolées, le yen évoluant près de son plus bas niveau depuis juillet 2024, sur fond de spéculations autour d’élections anticipées”, précise Patrick Munnelly.La Première ministre japonaise conservatrice Sanae Takaichi pourrait dissoudre la chambre basse du Parlement nippon d’ici fin janvier et convoquer des élections anticipées, d’après des informations de presse, ce qui pourrait lui permettre de renforcer sa base parlementaire et faciliter l’adoption de ses mesures de relance économique à coups de soutiens budgétaires.Les investisseurs attendent désormais la publication décalée de l’indice des prix à la production PPI en novembre.”Le flux d’actualités restera soutenu” mercredi avec également “de nombreuses interventions de responsables de la Fed, davantage de résultats bancaires (aux Etats-Unis), ainsi que la perspective alléchante d’éventuelles informations concernant la décision de la Cour suprême sur les droits de douane” de Donald Trump, rappelle Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank. Les investisseurs “surveillerons également d’éventuels titres concernant le Groenland” poursuit M. Reid, à quelques heures d’une réunion prévue à Washington entre le vice-président JD Vance, le ministre des Affaires étrangères Marco Rubio et les chefs de la diplomatie danoise et groenlandaise.Nouveaux records de l’or et de l’argent”L’argent a bondi au-dessus des 90 dollars l’once pour la première fois de son histoire, tandis que l’or s’est rapproché de niveaux records, après des données d’inflation américaine plus faibles que prévu, qui ont (…) stimulé la demande pour les valeurs refuges dans un contexte de persistance de l’incertitude géopolitique”, relève Soojin Kim, analyste chez MUFG.Vers 13H00 GMT, l’once d’or prenait 1,01% à 4.632,86 dollars, peu après avoir touché un nouveau sommet historique à 4.641,88 dollars, et celle d’argent grimpait de 5,70% à 91,9123 dollars après avoir atteint un nouveau record à environ 92,22 dollars. Les métaux de base flambent”Le zinc, le cuivre, l’étain et l’aluminium ont désormais rejoint le mouvement” de hausse des métaux précieux, constate Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB. “Cela indique que le marché considère la croissance mondiale comme solide, malgré les remous géopolitiques provoqués par l’administration Trump”.Le cuivre a même atteint mercredi un nouveau record historique à 13.407 dollars la tonne, tout comme l’étain à 52.690 dollars la tonne sur le LME, la Bourse des métaux de Londres.Les groupes miniers cotés au Royaume-Uni, notamment Antofagasta (+1,53% vers 13H00 GMT), Fresnillo (+2,12%), Rio Tinto (+2,06%) et Glencore (+2,70%) profitent de cette flambée des prix, affichant une forte performance depuis le début de l’année.”Une forte envolée des métaux contribue à maintenir la demande pour le FTSE 100″, l’indice vedette de la Bourse de Londres “fortement exposé au secteur minier”, note Mme Brooks.

Budget: le 49.3 “n’a pas été évoqué” en Conseil des ministres

Un recours au 49.3 pour faire adopter le budget 2026 au Parlement sans vote “n’a pas été évoqué” mercredi en Conseil des ministres, a déclaré la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, assurant qu’un compromis sur le fond était “incontournable” quel que soit l’outil constitutionnel choisi.Une délibération en Conseil des ministres est indispensable pour utiliser cet article de la Constitution qui permet au gouvernement de faire passer un texte sans vote mais l’expose à un risque de censure. Si le Premier ministre Sébastien Lecornu décide de dégainer le 49.3 dans les tout prochains jours, un nouveau Conseil des ministres devra donc être organisé.”La Constitution donne des moyens au gouvernement pour permettre l’adoption d’un budget”, a dit Maud Bregeon devant la presse, qu’il s’agisse du 49.3 ou d’un passage par des ordonnances.”En tout état de cause, le compromis est incontournable” sur le contenu du projet de loi de finances, avec le Parti socialiste et Les Républicains, a-t-elle insisté une fois de plus. Et “ce qui fait le compromis, c’est le fond et non la procédure parlementaire”, a-t-elle plaidé. Sébastien Lecornu a donc appelé à “clarifier coûte que coûte” les questions de “fond”, selon ses propos rapportés par la porte-parole.L’entourage d’Emmanuel Macron a pour sa part démenti une préférence du chef de l’Etat pour les ordonnances, qui auraient l’avantage de raccourcir les délais par rapport au 49.3 et d’assurer l’adoption d’un budget même si le gouvernement tombe par la suite sur une motion de censure.”Le président est neutre technologiquement sur ce sujet”, a dit un de ses proches: ce qui compte pour lui ce ne sont pas les outils constitutionnels employés, qui sont “à la main du Premier ministre”, mais le résultat. “Il veut en finir”, avec un budget adopté “rapidement”, et en tout cas d’ici la fin janvier au plus tard, a-t-il affirmé.Mais selon son entourage, Emmanuel Macron veut à la fois un budget et préserver la stabilité gouvernementale. “Donc si ce sont les ordonnances qui sont privilégiées par le Premier ministre, ça doit être des ordonnances négociées”, c’est-à-dire acceptées par les socialistes et LR qui s’engageraient à ne pas censurer le gouvernement dans la foulée, selon ce même proche.Or les marges de manoeuvre pour définir le contenu d’un budget adopté par ordonnances fait l’objet de débats constitutionnels et d’incertitudes.”Des ordonnances négociées, je ne sais pas ce que ça veut dire”, prévient une ministre. “Je doute que le président joue d’une quelconque façon avec le flou constitutionnel”, a-t-elle ajouté.

Grèce: démission du chef de l’aviation civile après la panne dans l’espace aérien le 4 janvier

Le chef du service de l’aviation civile grecque (Ypa) George Saounatsos a démissionné mercredi après la panne majeure survenue le 4 janvier dans l’espace aérien grec ayant provoqué annulations et retards de vols dans tous les aéroports du pays, selon le ministère des Transports et des Infrastructures.”Georges Saounatsos a soumis sa démission au ministre des Transports et des Infrastructures, Christos Dimas”, a indiqué un bref communiqué ministériel.La décision est intervenue quelques heures après qu’un rapport officiel sur l’incident a imputé la panne à une “technologie obsolète” à l’aéroport international d’Athènes, le principal aéroport du pays et l’une destinations touristiques les plus prisées au monde. Selon l’YPA, la défaillance a commencé le 4 janvier à 06H59 GMT, lorsque plusieurs fréquences radio desservant l’espace aérien d’Athènes ont été frappées par un brouillage continu “de bruit”. L’aéroport international d’Athènes a accueilli l’an dernier près de 34 millions de passagers, soit une hausse de 6,7% par rapport à l’année précédente. Des centaines de vols ont dû être déroutés vers des pays voisins, annulés ou retardés. L’aviation civile YPA a alors qualifié le problème de “sans précédent”.Des responsables ont assuré que l’espace aérien d’Athènes avait été rapidement dégagé et que la sécurité des vols n’avait pas été compromise. Le système s’est rétabli progressivement après 10H30 GMT revenant à un fonctionnement normal à vers 15H00 GMT.Aucun signe de cyberattaque ou de sabotage intentionnel n’a été détecté, a indiqué la YPA. Une vaste rénovation des infrastructures, d’un coût de 300 millions d’euros est actuellement en cours comprenant des émetteurs numériques qui seront livrés cette année. 

Free et Free Mobile condamnés à de lourdes amendes après une fuite de données

Les opérateurs Free et Free Mobile ont écopé mercredi d’un total de 42 millions d’euros d’amendes pour “manquements” à leurs obligations de sécurité lors d’une fuite de données spectaculaire en 2024, une sanction selon eux d’une “sévérité inédite” en matière de cyberattaque.Dans une décision rendue le 8 janvier et publiée mercredi sur Légifrance, la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) a condamné Free à payer une amende de 15 millions d’euros et Free mobile à verser 27 millions. Ces sanctions sont prononcées plus d’un an après un vol de données massif, qui avait concerné 24 millions de contrats de clients de l’opérateur en octobre 2024.En parallèle de l’attaque informatique, un pirate avait proposé à la vente en ligne un fichier censé contenir les informations dérobées. Parmi les données, rapidement vendues, figuraient notamment des numéros de compte bancaire (Iban). Des procédures distinctes avaient été lancées contre les deux entités, Free et Free Mobile, qui ont chacune des obligations liées à leur propre système d’information, a expliqué la Cnil, destinataire de plus de 2.000 plaintes de personnes concernées par cette violation.Dans un communiqué, l’autorité de protection des données a souligné que les deux entreprises du groupe Iliad n’avaient “pas mis en œuvre certaines mesures élémentaires de sécurité qui auraient pu rendre l’attaque plus difficile”. Elle a aussi relevé plusieurs manquements au règlement européen de protections des données (RGPD). Elle a notamment évoqué une procédure d’authentification “pas suffisamment robuste” pour les salariés de Free travaillant à distance. C’est par ce biais que le pirate responsable de l’attaque s’était d’abord connecté au réseau informatique de l’entreprise, précise l’autorité.- “Sévérité inédite” -La Cnil a aussi reproché aux opérateurs des manquements dans leurs obligations en matière d’information des personnes concernées par le vol des données. Selon le Commission, les entreprises auraient dû davantage informer leurs clients des mesures de protection mises en place a posteriori, et mieux les prévenir des risques potentiels. Free Mobile est également visé pour avoir conservé pendant trop longtemps des données d’anciens clients. La Cnil a ainsi “constaté la présence de données relatives à plus de 15 millions de contrats résiliés depuis plus de cinq ans, dont trois millions depuis plus de dix ans”, ce qui est “manifestement excessif”, a-t-elle signalé.Free a rapidement dénoncé mercredi une décision d’une “sévérité inédite sans commune mesure au regard des précédents en matière de cyberattaques”. “Dans plusieurs cas comparables, malgré des impacts similaires, voire plus graves, sur les données personnelles, les sanctions prononcées semblent dérisoires au regard de celle-ci”, a insisté l’entreprise.”Nous allons donc déposer un recours devant le Conseil d’État afin de faire valoir nos droits et obtenir la révision de cette décision”, a ajouté l’opérateur, qui dit avoir renforcé son “architecture de sécurité” depuis l’incident.Un tel recours n’est toutefois pas suspensif. Les deux opérateurs devront donc s’acquitter des amendes avant une éventuelle nouvelle décision.Outre les amendes, la Cnil a également ordonné à Free et Free Mobile de prendre des mesures en matière de sécurité des données. Si elle constate que des évolutions avaient déjà débuté, elle a ordonné aux entreprises de finaliser la mise en œuvre de ces mesures dans un délai de trois mois. Elle a aussi enjoint à Free Mobile de finaliser le tri des données conservées et de purger ses bases de données des détails des contrats résiliés depuis plus de dix ans. Dans le volet pénal de cette affaire, un mineur de 16 ans avait été mis en examen début 2025.Outre Free, d’autres entreprises avait été ciblées en 2024 par des vols de données massifs. Après cette année noire, la Cnil avait annoncé en avril qu’elle allait hausser le ton et exiger davantage de garanties aux détenteurs de grandes bases de données.