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Fin du procès de Lafarge pour financement du terrorisme, jugement le 13 avril 2026

Le tribunal correctionnel de Paris rendra le 13 avril son jugement dans le procès de la société Lafarge et de huit anciens responsables, soupçonnés d’avoir payé des groupes jihadistes en Syrie jusqu’en 2014 pour y maintenir l’activité d’une cimenterie, en dépit de la guerre civile qui y faisait rage.Avec Lafarge, avalé en 2015 par le groupe suisse Holcim, ont été jugés pendant cinq semaines pour financement du terrorisme l’ancien PDG du cimentier français Bruno Lafont, cinq ex-responsables de la chaîne opérationnelle ou de la chaîne de sûreté de l’entreprise et deux intermédiaires syriens, dont l’un, central dans le dossier, ne s’est pas présenté au procès. Le groupe et certains prévenus devaient aussi répondre de violation d’embargo.Lafarge est soupçonné d’avoir versé en 2013 et 2014, via sa filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS), plusieurs millions d’euros à des groupes rebelles jihadistes – dont certains, comme l’EI et Jabhat al-Nosra, ont été classés comme “terroristes” – afin de maintenir l’activité d’une cimenterie à Jalabiya, dans le nord de la Syrie, alors que les autres entreprises étrangères avaient plié bagage. Sur les trois derniers jours du procès, les avocats de la défense ont plaidé la relaxe.Mardi, dans leurs réquisitions, les deux représentantes du parquet national antiterroriste avaient insisté sur l'”extrême gravité des faits” et requis jusqu’à huit ans de prison ferme pour les personnes physiques.En particulier, elles ont réclamé à l’encontre de l’ex-PDG du groupe, Bruno Lafont, qui a réfuté tout au long de la procédure avoir été au courant des versements illicites, six ans d’emprisonnement, 225.000 euros d’amende et une interdiction d’exercer une fonction commerciale ou industrielle ou de gérer une entreprise pendant 10 ans. Selon le Pnat, il était bien informé et a “donné des directives claires” pour maintenir l’activité de l’usine, “un choix purement économique, ahurissant de cynisme”.- “Histoire hors du commun” -Dans ses derniers mots, M. Lafont a répété avoir “dit la vérité” et être “innocent”. “Si j’avais été informé plus tôt (…), j’aurais décidé de fermer l’usine plus tôt et j’aurais pu épargner toutes ces souffrances”, a-t-il déclaré.”Bruno Lafont est le patron, c’est ce grand capitaine d’industrie, et je sais bien que dans l’imaginaire collectif, on préfère que le capitaine coule avec le navire”, a plaidé une de ses conseils, Me Jacqueline Laffont.”Depuis le début, on a cherché à inscrire cette histoire hors du commun dans un schéma des plus communs: une entreprise et son chef qui voudraient tout sacrifier à l’échelle du profit, parce que c’est un schéma rassurant, qui donne sens à ce désastre économique, moral et judiciaire”, a-t-elle déploré.Les avocates de l’ancien directeur général adjoint Christian Herrault et l’ancien directeur de la filiale syrienne Bruno Pescheux, contre qui le parquet a requis cinq ans de prison, se sont employées à démontrer qu’à l’époque des faits, il était bien difficile de s’y retrouver dans le chaos syrien et la multitude de factions armées, dans un contexte où la France n’a eu pendant longtemps qu’une seule obsession, la chute de Bachar al-Assad.”Je défends quelqu’un qui dit +on s’est lourdement trompés+”, a déclaré Me Solange Doumic, conseil de M. Herrault. Mais “il a fait au mieux de ce qu’il savait, de ce qu’il pouvait”, a-t-elle ajouté, appelant à “quitter la simplicité de la caricature”.Contre la société, le ministère public a requis une amende de 1,125 million d’euros et la confiscation de son patrimoine à hauteur de 30 millions d’euros. En 2022, Lafarge, qui avait mené une enquête interne ayant servi de base à l’enquête judiciaire, avait déjà accepté de payer une amende de 778 millions de dollars aux États-Unis dans le cadre d’un accord de plaider-coupable.Selon le Pnat, “Lafarge SA n’aurait pas pris la bonne mesure, aurait fait le choix de l’esquive”, a observé mercredi Christophe Ingrain, un des deux avocats de la société. Or, “toute l’histoire de Lafarge depuis la révélation des faits dans la presse dit le contraire”, a-t-il plaidé, énumérant l'”enquête interne”, le “changement complet de management”, “une refonte totale des règles internes” ou encore l’accord de plaider coupable.

Disparition d’uranium au Niger: enquête ouverte à Paris pour vol en bande organisée 

Une enquête pour vol en bande organisée dans le but de servir les intérêts d’une puissance étrangère a été ouverte à Paris, après la disparition d’uranium sur un site auparavant exploité par un groupe français au Niger, a indiqué le parquet à l’AFP, confirmant une information de franceinfo.Quelques semaines après avoir annoncé la nationalisation du site de la Somaïr en juin, la junte militaire au pouvoir au Niger avait annoncé mettre sur le marché international l’uranium produit par cette filiale du géant français Orano (ex-Areva), située à Arlit, dans le nord du Niger. Fin novembre, Orano avait averti dans un communiqué qu’un chargement d’uranium avait quitté le site minier de la Somaïr.L’exploitation de l’uranium au Niger est au centre d’un bras de fer entre la junte, arrivée au pouvoir en juillet 2023, et le groupe Orano: un dossier qui illustre les tensions entre l’ex-puissance coloniale française et les militaires nigériens.La junte n’a jamais caché sa volonté de se tourner vers de nouveaux partenaires, comme l’Iran ou la Russie, quand Moscou a déclaré en juillet sa volonté d’exploiter l’uranium nigérien.Selon la télévision d’Etat, le chef de la junte, le général Abdourahamane Tiani, a revendiqué en novembre “le droit légitime du Niger de disposer de ses richesses naturelles, de les vendre à qui souhaite acheter, dans les règles du marché, en toute indépendance”.Jusqu’à la nationalisation par la junte militaire, la Somaïr, Société des mines de l’Aïr, était détenue à 63,4% par Orano et à 36,6% par l’Etat du Niger.Depuis la perte de contrôle opérationnel de ses trois filiales minières dans le pays en décembre 2024, Orano, dont le capital est détenu à plus de 90% par l’Etat français, a engagé plusieurs procédures d’arbitrage international contre l’Etat du Niger. Contacté par l’AFP, Orano a rappelé une décision de justice de septembre dernier, enjoignant l’Etat du Niger de “ne pas vendre, ni céder ni même faciliter le transfert à des tiers de l’uranium produit par la Somaïr”. Selon Wamaps, groupe de journalistes ouest-africains spécialisé dans l’actualité sécuritaire au Sahel, 1.000 tonnes d’uranium non enrichi auraient quitté Arlit et la première partie du convoi, composée de 34 camions, stationnait début décembre près de l’áeroport de Niamey.L’AFP a pu établir l’arrivée dans une zone de l’aéroport de 34 camions entre le 3 et le 5 décembre. Selon des images satellite consultées, les camions n’ont pas bougé depuis et étaient toujours stationnés le 18 décembre.Selon Wamaps, la deuxième partie du convoi, composée de 20 camions, serait arrivée à Niamey le 4 décembre. L’AFP n’a pas pu confirmer cette information.Wamaps indique que le convoi devrait se rendre au port de Lomé au Togo, en passant par le Burkina Faso.Interrogé par l’AFP, Orano indique ne pas connaître la quantité d’uranium concerné, la destination ou l’identité d’éventuels acheteurs. Le groupe indique en revanche qu’il provient du stock entreposé sur le site minier de la Somaïr, produit lorsqu’Orano en était encore l’opérateur. Un stock de “près de 1.600 tonnes de concentrés miniers” entreposés sur le site de la Somaïr “pour une valeur marchande de près de 310 millions de dollars (valeur marchande à date)”.cbr-cda-pa-bam/hj

Les Bourses européennes finissent dans le vert

Les Bourses européennes ont terminé en terrain positif vendredi, au terme d’une séance sans catalyseur, consacrée à jauger le ralentissement de l’inflation aux Etats-Unis en novembre et une série de décisions de banques centrales cette semaine.Francfort a pris 0,37%, Londres 0,61% et Milan 0,66%. Paris a terminé à l’équilibre (+0,01%).

Le Mercosur réuni au Brésil, l’UE vise le 12 janvier pour l’accord

Les représentants des pays du Mercosur sont réunis à partir de vendredi dans la ville brésilienne de Foz do Iguaçu (sud), tandis que l’Union Européenne espère pouvoir signer l’accord de libre-échange avec le bloc sud-américain le 12 janvier.L’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay espéraient initialement parapher le traité samedi, tout comme la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et la plupart des pays européens.Mais cette signature a finalement été reportée, face à la grogne des agriculteurs européens, notamment en France et en Italie. Mme von der Leyen s’est toutefois dite “confiante” sur la possibilité d’une signature en janvier.Une source au sein de la Commission européenne et deux diplomates ont indiqué que la nouvelle échéance visée est désormais le 12 janvier au Paraguay, confirmant une information du média spécialisé Euractiv.Négocié depuis plus de 25 ans, l’accord UE-Mercosur prévoit la création de la plus grande zone de libre-échange au monde.Il permettrait aux européens d’exporter davantage de véhicules, machines, vins et spiritueux en Amérique du Sud. Dans le sens inverse, il faciliterait l’entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui alarme les filières concernées.La FNSEA, premier syndicat agricole français, a appelé ses adhérents à rester mobilisés malgré le report, car “le Mercosur, c’est toujours NON!”.Le gouvernement Allemand, l’un des plus favorables au traité, a jugé vendredi que la signature était acquise.”Le chancelier (Friedrich Merz) est très satisfait, car on ne demande plus si (l’accord sera signé) mais quand” il le sera”, a déclaré le porte-parole adjoint du gouvernement, Sebastian Hille, lors d’un point presse. – “Patience” -Jeudi, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a affirmé en conférence de presse que la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, lui avait demandé de la “patience” lors d’un échange téléphonique, tout en assurant que son pays soutiendrait l’accord in fine.Lula avait mis un point d’honneur à ce que le traité soit signé dans son pays, qui assure cette année la présidence tournante du Mercosur.Mercredi, il avait lancé une forme d’ultimatum, affirmant que si l’accord n’était pas signé “maintenant”, il ne le sera pas sous sa présidence, qui s’achève fin 2026, avant de nuancer ses propos jeudi.”Si ce n’est pas possible de le signer maintenant car ils ne sont pas prêts, je ne peux rien y faire”, a-t-il déploré, soulignant que la signature de l’accord serait “importante pour la défense du multilatéralisme”.Le président français Emmanuel Macron a jugé dans la nuit de jeudi à vendredi qu’il était “trop tôt” pour dire s’il acceptera la signature en janvier.”Je l’espère, parce que ça veut dire qu’on aura obtenu des avancées pour certaines qui seront des avancées historiques”, a-t-il ajouté.Vendredi, des dizaines d’agriculteurs ont manifesté devant la villa de M. Macron au Touquet, déversant des tonnes de fumier, de pneus et de branchages à l’entrée de la résidence. Des “clauses de sauvegarde” sont prévues en cas de déstabilisation des marchés agricole, mais “dans l’opinion publique française, il y a des choses dépassant le rationnel qui empêchent la signature” de l’accord, a dit à l’AFP une source gouvernementale brésilienne.La réunion du Mercosur, qui débute vendredi par une réunion ministérielle, avant le sommet des chefs d’Etat samedi, sera par ailleurs marqué samedi par la présence du président argentin, l’ultra-libéral Javier Milei, aux antipodes de Lula sur l’échiquier politique.Des divergences exacerbées cette semaine par une publication de M. Milei sur Instagram qui a suscité la polémique: on y voit une carte d’Amérique du Sud représentant le Brésil et d’autres pays gouvernés par la gauche comme une énorme favela et l’Argentine comme un pays futuriste, tout comme le Chili, qui vient de basculer à l’extrême droite.

Les casinos frontaliers en première ligne du conflit Thaïlande-Cambodge

La Thaïlande a frappé au Cambodge plusieurs casinos liés à des cyberarnaques depuis le début du conflit que les deux pays se livrent à leur frontière contestée. Le Premier ministre thaïlandais a dit vouloir “s’occuper” de cette industrie clandestine.Des réseaux criminels internationaux ont proliféré ces dernières années en Asie du Sud-Est, où ils opèrent la plupart du temps sous couvert de zones commerciales, de casinos ou d’hôtels, selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime.Le Cambodge abrite des dizaines de centres au sein desquels 100.000 personnes environ, souvent victimes de traite humaine, se livrent à des escroqueries en ligne, une industrie générant chaque année des milliards de dollars. Au moins quatre casinos cambodgiens situés à la frontière avec la Thaïlande ont été récemment frappés dans le conflit meurtrier qui oppose les deux voisins d’Asie du Sud-Est.Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Volker Türk, a déclaré jeudi que les personnes exploitées dans les centres étaient “désormais exposées à un risque supplémentaire à cause des combats”, et a appelé à leur évacuation.- “Mesures concrètes” -La Thaïlande a fait de la lutte contre la cyberarnaque l’une des conditions pour une paix durable avec son voisin.Si des casinos au Cambodge servent de couverture à des opérations frauduleuses, “alors nous les considèrerons comme des centres d’escroquerie dont on doit s’occuper ”, a lancé mercredi le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul lors d’une conférence internationale sur le sujet à Bangkok.Les atteintes aux droits humains se font à “grande échelle” dans les centres cambodgiens et la faible réponse du gouvernement suggère sa complicité, a dénoncé Amnesty International dans un rapport publié en juin.Ros Phirun, secrétaire général de la Commission cambodgienne des jeux commerciaux, a assuré à l’AFP que les autorités prenaient des “ mesures concrètes” pour lutter contre cette industrie, et qualifié les frappes thaïlandaises contre les casinos de “totalement illégales”.” Les casinos sont sur notre territoire… Peut-être sont-ils simplement en colère contre nous ”, a-t-il ajouté.La Thaïlande a confirmé la semaine dernière avoir lancé des attaques contre trois casinos utilisés selon elle par les Cambodgiens comme des dépôts d’armes et des positions de tir.”Nous avions, pour chaque centre d’arnaque et casino attaqué, des renseignements indiquant clairement qu’ils servaient de bases militaires”, a déclaré le porte-parole adjoint de l’armée thaïlandaise, Richa Suksuwanon.- “Un bon prétexte” -Les casinos visés abritaient-ils des civils ?Un rescapé d’une frappe à O’Smach, dans la province cambodgienne d’Oddar Meanchay, affirme dans un communiqué de l’ONU qu’un civil a été tué et que deux autres ont été blessés.Identifié par Amnesty International comme un centre d’escroquerie, le complexe d’O’Smach a été construit par le conglomérat cambodgien L.Y.P Group, dirigé par le sénateur Ly Yong Phat.Ce dernier a été sanctionné par les Etats-Unis en 2024 pour le rôle présumé de sa société dans de “graves violations des droits humains”, et la Thaïlande a émis en novembre un mandat d’arrêt à son encontre.Pour Jacob Sims, chercheur associé à l’Asia Center de l’Université de Harvard, des milliers de victimes de traite humaine se trouvaient potentiellement dans les casinos attaqués. “Bombarder les centres d’arnaque n’est pas une approche raisonnable”, dit-il à l’AFP, estimant les saisies d’actifs plus efficaces.Les centres clandestins, avec “la frustration croissante envers le Cambodge pour son rôle dans cette industrie néfaste”, offrent selon lui à la Thaïlande “un bon prétexte pour une agression extraterritoriale qui serait autrement probablement condamnée ”.burs-sjc/sco/tym/sdu/pt

Wall Street ouvre en hausse, évalue les options de la politique monétaire américaine

La Bourse de New York évolue en hausse vendredi, à l’issue d’une semaine marquée par la publication de données sur l’emploi et l’inflation aux Etats-Unis, qui offrent des pistes contrastées sur la direction que pourrait prendre la banque centrale américaine (Fed) dans les prochains mois.Vers 15H00 GMT, le Dow Jones prenait 0,60%, l’indice Nasdaq gagnait 1,03% et l’indice élargi S&P 500 progressait de 0,78%.Après plusieurs semaines d’incertitudes en raison de la paralysie budgétaire aux Etats-Unis, qui a retardé la collecte des données mais aussi leur publication, les investisseurs ont enfin pris connaissance ces derniers jours d’indicateurs économiques pour le mois de novembre.Du côté du marché du travail, l’image a été mitigée, avec des créations d’emplois supérieures aux attentes mais un taux de chômage remonté à un plus haut depuis quatre ans.Concernant l’inflation, elle a surpris positivement le marché jeudi, avec un ralentissement à 2,7% contre 3% en septembre, selon l’indice des prix à la consommation (CPI).De quoi donner à la Réserve fédérale une plus ample marge de manoeuvre pour baisser les taux d’intérêt à l’avenir, de l’avis de certains analystes.D’autres se sont montrés plus circonspects, estimant que les données pouvaient avoir été altérées par le “shutdown” qui a suspendu le travail des services statistiques officiels du 1er octobre au 12 novembre.John Williams, le président de la Fed de New York et l’une des voix les plus fortes au sein de la banque centrale des Etats-Unis, a considéré à son tour vendredi que l’inflation n’avait pas autant ralenti que suggéré dans le rapport.Ses propos ont donné le sentiment que le CPI “était trop beau pour être vrai” estime auprès de l’AFP Sam Stovall, analyste de CFRA.En parallèle, la séance de ce vendredi marque aussi l’expiration trimestrielle pour plusieurs catégories d’options et contrats à terme, ce qui devrait se traduire “par un volume d’échanges énorme”, et créer des mouvements importants, sans forcément de lien avec l’actualité du jour, anticipe Patrick O’Hare, de Briefing.com.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt américain à dix ans se tendait à 4,15% vers 15H00 GMT, contre 4,12% jeudi en clôture.Le géant des centres de données Oracle (+7,39% à 193,30 dollars) profitait de la confirmation, après d’interminables tractations, de son implication dans la nouvelle coentreprise qui rassemblera les activités de TikTok aux Etats-Unis et évitera l’interdiction du réseau social dans le pays. La société d’investissement Silver Lake et le fonds émirati MGX sont aussi de la partie, selon un mémo interne de Shou Chew, directeur général de TikTok, dévoilé jeudi par des médias américains et consulté par l’AFP.Le groupe américain de vêtements et d’équipements sportifs Nike (-9,39% à 59,47 dollars) était sanctionné pour ses prévisions moins bonnes qu’initialement anticipé pour le troisième trimestre de son exercice décalé, en raison d’un recul de ses activités en Chine et d’une croissance modeste en Amérique du Nord.L’entreprise a toutefois fait mieux que prévu pour le trimestre écoulé, avec un bénéfice net par action de 53 cents contre 37 escompté par les analystes.

Budget: députés et sénateurs échouent à se mettre d’accord, pas de budget avant la fin de l’année

Députés et sénateurs ont échoué à s’entendre vendredi sur le budget de l’État, écartant la perspective d’un texte adopté avant la fin de l’année, un échec au moins provisoire pour le Premier ministre Sébastien Lecornu.Entre le gouvernement et les socialistes d’un côté, la droite sénatoriale et les oppositions de l’autre, chacun se renvoie la balle sur la responsabilité de cette impasse.Face à ce scénario, le gouvernement avait déjà annoncé qu’il préparait une loi spéciale pour permettre le prélèvement des impôts et assurer la continuité de l’Etat, avant une reprise des débats sur le budget début 2026.Cette procédure exceptionnelle avait déjà été activée l’an dernier après la chute du gouvernement Barnier. Le texte devrait être examiné par les deux chambres au début de la semaine prochaine.Le Premier ministre a annoncé réunir, à partir de lundi, les principaux responsables politiques pour les “consulter sur la marche à suivre pour protéger les Français et trouver les conditions d’une solution”.L’échec de la commission mixte paritaire (CMP), où sept députés et sept sénateurs n’ont pas réussi à se mettre d’accord, marque la fin de deux mois de discussions parlementaires autour de ce texte financier crucial.Dès le départ, le compromis semblait quasi impossible entre une droite sénatoriale attachée aux économies et aux baisses d’impôts et une Assemblée où la gauche réclamait plus de recettes et moins de coupes budgétaires.Et le pari de Sébastien Lecornu de faire adopter le budget sans recours au 49.3 dans une chambre basse sans majorité était particulièrement ambitieux.- La faute à qui ? -C’est donc un échec pour le Premier ministre, même s’il a réussi à faire adopter mardi l’autre budget, celui de la Sécurité sociale, en obtenant un vote favorable des socialistes en échange d’une suspension de la réforme des retraites.Pour l’exécutif et le PS, le coupable est tout désigné : les sénateurs LR, accusés d’intransigeance sur les recettes à trouver.La patron du Parti socialiste Olivier Faure a accusé la droite sénatoriale de “faire le choix de bloquer le pays”. Sébastien Lecornu a plus sobrement regretté “l’absence de volonté d’aboutir de certains parlementaires”.Car, derrière les désaccords budgétaires, une guerre des chefs s’exacerbe à mesure que les échéances électorales se rapprochent.Une ministre accuse ainsi Bruno Retailleau, patron de LR, d’avoir attisé la radicalité des sénateurs de son parti, dans une guerre larvée avec le chef des députés LR Laurent Wauquiez.Au Palais du Luxembourg, on renvoie la balle à Matignon.”La responsabilité de cet échec incombe au gouvernement qui a soigneusement, méthodiquement, scrupuleusement organisé l’impossibilité d’un accord”, ont rétorqué Mathieu Darnaud (Les Républicains) et Hervé Marseille (UDI), chefs des groupes LR et centriste du Sénat, très remontés, dans un communiqué commun.Bruno Retailleau avait émis les mêmes critiques un peu plus tôt, fustigeant un texte qui “aurait envoyé la France dans le mur de la dette” et appelant le gouvernement à recourir au 49.3 à la rentrée. A l’Assemblée, la gauche, hors socialistes, a dénoncé un gouvernement qui se “défausse” sur les parlementaires, selon les mots d’Eric Coquerel (LFI), président de la commission des Finances.Pour le groupe écologistes, l’échec est dû à “la désunion profonde du bloc gouvernemental, incapable de s’accorder sur des priorités claires et de construire une majorité parlementaire”. – “Sparadrap” -Cap sur la loi spéciale donc, avant la reprise des discussions en janvier.A moins que le gouvernement ne se dirige vers les ordonnances avant la fin de l’année, s’interroge Jean-Philippe Tanguy (RN), trouvant Sébastien Lecornu “très ambigu”. Son groupe, le Rassemblement national, continue d’appeler à un retour aux urnes, “seule solution” à la crise, dit-il.La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a rappelé vendredi matin le coût d’une loi spéciale. “L’an dernier, on avait estimé à 12 milliards le coût d’avoir six à huit semaines sans budget.””C’est un sparadrap”, cela permet de “faire tourner le pays” mais il faudra bien que le Parlement s’accorde en début d’année, a aussi répété dans la matinée Mme Bregeon.Un député envisage avec sérénité la poursuite des discussions en janvier, escomptant qu’un accord puisse être plus facilement trouvé une fois les sénateurs sortis de l’équation, lors d’une nouvelle lecture et d’une lecture définitive à l’Assemblée. “Entre députés à l’Assemblée, je suis beaucoup plus optimiste qu’on y arrive rapidement”, a dit cette source.Outre l’urgence de disposer d’un budget, s’ajoutera la volonté du monde politique de tourner la page budgétaire avant les municipales de mars. Dans ce contexte, Éric Coquerel estime que les socialistes seront moins enclins à maintenir un rapport de force : il prédit “un 49.3 à bas coût”.cma-sl-ama-sac/sde/frd/

Shein échappe à une suspension par la justice, réclamée par l’Etat

Le tribunal judiciaire de Paris a rejeté vendredi la demande de l’Etat de blocage provisoire du site Shein en France, jugeant la mesure “disproportionnée” après le retrait volontaire des produits illicites vendus par le géant asiatique de l’e-commerce.Le tribunal a reconnu l’existence d’un “dommage grave à l’ordre public” (la vente de poupées sexuelles à l’apparence de fillettes, d’armes et de médicaments) mais a estimé que ces ventes étaient “ponctuelles” et constaté que la plateforme avait retiré les produits.La justice a toutefois fait “injonction” à Shein de ne pas rétablir la vente de “produits sexuels pouvant caractériser un contenu à caractère pornographique, sans la mise en place de mesures de vérification d’âge”. La demande de l’Etat de réclamer à Shein “a minima” le maintien de la suspension de sa place de marché (marketplace), qui héberge les produits commercialisés par des vendeurs tiers, n’a pas été entendue. “Seuls certains produits de la marketplace ont été identifiés, dans la présente procédure, comme manifestement illicites et dommageables, alors que la plateforme +fr.Shein.com+ propose à la vente plusieurs centaines de milliers d’articles”, a relevé le tribunal dans sa décision.Le tribunal explique n’avoir pas observé que les objets interdits avaient été mis en vente “de façon récurrente et massive” et a au contraire salué la réaction “rigoureuse et rapide” de Shein après le signalement de la présence de ces articles.Même si l’Etat est débouté, la marketplace Shein ne devrait pas rouvrir directement en totalité, mais progressivement, avaient expliqué ses avocats pendant l’audience. L’entreprise reconnait notamment des difficultés à instaurer un filtre d’âge efficace pour les produits pornographiques. En conséquence, la catégorie sexuelle réservée aux adultes resterait fermée pour le moment, comme c’est le cas au niveau mondial depuis le scandale apparu en France.

Perrier peut continuer à vendre de “l’eau minérale naturelle”

Au coeur d’un scandale depuis plusieurs mois sur la qualité de ses eaux, le géant agroalimentaire suisse Nestlé va finalement pouvoir continuer à utiliser l’appellation haut de gamme “eau minérale naturelle” pour sa marque phare Perrier.Les autorités françaises avaient jusqu’à fin mars pour se prononcer mais c’est finalement juste avant le début des vacances de fin d’année qu’elles ont publié leur décision: Nestlé Waters pourra bien continuer à produire du Perrier avec l’appellation “eau minérale naturelle” sur son site de Vergèze (Gard), mais seulement sur deux de ses forages.Selon un arrêté du préfet du Gard, Jérôme Bonet, publié vendredi et révélé par Radio France et Le Monde, l’entreprise “est autorisée à exploiter (…) après traitement et renforcement au gaz carbonique, l’eau minérale naturelle source Perrier issue du mélange des eaux des captages Romaine VI et Romaine VII” sur le site gardois.Fin novembre, un hydrogéologue, désigné par l’Agence régionale de santé (ARS) d’Occitanie, s’était “prononcé favorablement sous réserves”, émettant des recommandations.L’arrêté impose que les contrôles sanitaires soient renforcés, avec par exemple sur les forages un suivi des paramètres microbiologiques chaque semaine. Et d’ici deux ans, la transmission d’un bilan pour “attester que la stabilité de la composition minérale de l’eau, la pureté originelle et la protection suffisante de la nappe exploitée sont vérifiées”.Et en cas de dépassement des valeurs limites réglementaires, les forages doivent être arrêtés.- “Incompréhensible” -Les trois autres forages du site, pour lesquels Nestlé n’avait pas demandé d’autorisation, “ne sont plus autorisés à l’exploitation” et leur canalisations devront être démantelées.Nestlé Waters est au coeur d’un scandale après avoir admis en 2024 avoir utilisé par le passé des traitements interdits pour ses eaux. Ils ont été remplacés par une microfiltration à 0,2 micron dont la légalité a elle aussi été contestée, l’eau minérale naturelle ne pouvant faire l’objet de désinfection ou traitement de nature à modifier ses caractéristiques. Nestlé Waters est ensuite passé à une microfiltration à 0,45 micron, ce qui l’a contraint à déposer en juillet de nouvelles demandes d’autorisation préfectorale pour pouvoir continuer à utiliser l’appellation “eau minérale naturelle”.Dans un communiqué, l’entreprise salue cette décision pour cette marque “emblématique du patrimoine français”.Elle “a été accueillie avec beaucoup de soulagement par toutes les équipes (…) qui ont travaillé sans relâche ces dernières années pour la réussite de cette transformation. C’est aussi une nouvelle importante pour le territoire gardois”, souligne Laure Goutagneux, directrice générale de Nestlé Waters France, citée dans le communiqué.En revanche pour Foodwatch, “cette décision est incompréhensible car Nestlé +n’a démontré que partiellement que les traitements de microfiltration à 0,45 µm n’avaient pas d’impact sur le microbisme naturel de l’eau+, selon l’Autorité régionale de la santé d’Occitanie citée par Le Monde”. L’association estime que “la fraude, qui consiste à filtrer les eaux en bouteille, demeure caractérisée”.En décembre, Radio France avait révélé de nouveaux épisodes de contaminations depuis le retrait progressif des filtres interdits avec des milliers de palettes de bouteilles vertes bloquées après la détection “d’écarts bactériologiques”.En novembre, le tribunal judiciaire de Nanterre avait autorisé la poursuite de la commercialisation des eaux Perrier sous l’appellation “eau minérale naturelle”, après un recours introduit en référé par l’UFC-Que Choisir.

TikTok signe un accord et échappe à l’interdiction aux Etats-Unis

Le réseau social chinois TikTok a signé un accord avec des groupes proches de l’administration Trump, créant la coentreprise américaine exigée par la loi pour éviter son interdiction aux Etats-Unis, après d’interminables tractations.Tiktok et son propriétaire, le groupe chinois ByteDance, ont signé cet accord avec trois investisseurs – le groupe Oracle du multimillardaire Larry Ellison, la société d’investissement Silver Lake et le fonds émirati MGX -, selon un mémo interne du directeur général du groupe Shou Chew, dévoilé jeudi par des médias américains et consulté par l’AFP.Cette signature était attendue depuis septembre. Donald Trump avait annoncé un accord après d’intenses négociations avec Pékin sur l’avenir du réseau social, très prisé de la jeunesse et objet de multiples controverses à travers le monde.Le président américain avait de nouveau prorogé, jusqu’au 23 janvier 2026, l’application d’une loi votée lors du mandat de son prédécesseur Joe Biden.Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, n’a pas commenté l’accord vendredi, réaffirmant seulement que la position de Pékin sur le dossier était “cohérente et claire”.La loi de 2024, dans l’esprit des législateurs américains, entend empêcher la Chine de mettre la main sur des données personnelles d’utilisateurs aux Etats-Unis et d’influencer l’opinion via le puissant algorithme qui préside au défilement des courtes vidéos.TikTok, qui revendique aux Etats-Unis 170 millions d’utilisateurs, a admis que des employés basés en Chine avaient eu accès à des données de certains d’entre eux, mais a assuré que rien n’avait été communiqué au gouvernement chinois.- Majorité américaine -La future coentreprise, nommée “TikTok USDS Joint Venture LLC”, opèrera comme une entité indépendante” de TikTok “avec autorité sur la protection des données” des utilisateurs américains, “la sécurité de l’algorithme, la modération du contenu” et la conformité du réseau social, selon le mémo du directeur général de la société.Conformément à un décret signé en septembre par Donald Trump, “la coentreprise américaine sera détenue majoritairement par des investisseurs américains, gouvernée par un nouveau conseil d’administration de sept membres dont la majorité sera américaine, et soumise à des conditions qui protègent les données des Américains et la sécurité nationale des Etats-Unis”, assure le document.Oracle, Silver Lake et MGX, réputés proches de l’administration Trump, détiendront à parts égales 45% de la coentreprise. Des investisseurs de ByteDance, dont plusieurs fonds américains, détiendront 30,1% et ByteDance les 19,9% restants.En revanche, TikTok conservera le contrôle aux Etats-Unis de ses activités commerciales (publicité, vente en ligne, communication…) et de “l’interopérabilité mondiale” de l’application.L’évolution ou non du contrôle de ByteDance sur ces activités de TikTok sur le sol américain n’est pas évoquée par le mémo.”Il y a encore du travail à accomplir au fur et à mesure que nous approchons de l’échéance du 22 janvier 2026″, poursuit Shou Chew.- Accusations en Europe -De fait, la conformité de la structure sera scrutée de près. En septembre, le président de la commission aux Affaires chinoises de la Chambre des représentants, le républicain John Moolenaar, avait prévenu qu’il effectuerait “une revue complète” de l’accord, accusant ByteDance d’être “un acteur malveillant”.L’application, qui compte plus d’un milliard et demi d’utilisateurs, est dans le viseur de plusieurs autorités dans le monde. Elle est accusée de cantonner ses utilisateurs dans des silos via un algorithme opaque, et de favoriser désinformation et contenus illégaux, violents ou obscènes.ByteDance n’a pas commenté officiellement l’accord.”Maintenir l’activité américaine est en soi une victoire” pour le groupe, a déclaré à l’AFP Li Chengdong, fondateur du cabinet chinois de conseil en technologies Dolphin.La résolution du dossier permet à ByteDance de se concentrer sur de nouveaux projets, notamment dans l’intelligence artificielle, et pourrait l’aider à se diriger vers une introduction en bourse, a-t-il ajouté.Zhang Yi, du cabinet d’études iiMedia, a estimé pour sa part que le marché américain était d’une “importance capitale pour TikTok”, mais averti que l’accord ne garantissait pas une navigation sans heurts à l’avenir.”La partie américaine pourrait encore tirer parti de son pouvoir réglementaire (…) pour imposer des exigences injustes à TikTok”, a-t-il redouté.TikTok fait l’objet de multiples procédures dans l’Union européenne. En France, le réseau social est soupçonné de pousser les plus “vulnérables au suicide” et fait l’objet depuis novembre d’une enquête judiciaire.Des manquements sur la protection des données, alimentant la crainte de communications aux autorités chinoises, lui ont valu une amende de 530 millions d’euros en Irlande, au nom de l’Union européenne. Une autre procédure est en cours.