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Colère agricole: des barrages persistent dans le Sud-Ouest, au premier jour des vacances

“On ne va pas lâcher”: au lendemain de nouvelles annonces de Sébastien Lecornu et malgré les appels gouvernementaux à une “trêve de Noël”, des barrages d’agriculteurs ont été maintenus samedi sur des axes routiers et autoroutiers du Sud-Ouest, au premier jour des vacances scolaires.À Cestas, au sud de Bordeaux, l’A63 doit rester bloquée “minimum jusqu’à dimanche soir”, selon la Coordination rurale de Gironde (CR33), qui dénonce la gestion gouvernementale de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) bovine.”Rien n’est prévu pour lever le camp. On a dit au préfet qu’on avait à manger jusqu’à dimanche soir, même plus”, a déclaré à l’AFP Ludovic Ducloux, viticulteur et coprésident de la CR33, alors qu’une trentaine de taxis sont arrivés en convoi jusqu’à ce barrage autoroutier samedi en fin de matinée pour soutenir les agriculteurs.Les manifestants ont toutefois décidé de rouvrir samedi une bretelle d’accès à l’autoroute dans le sens Bordeaux-Bayonne afin de ne pas pénaliser les vacanciers et ils ont déblayé l’échangeur concerné, a constaté un journaliste de l’AFP TV. La préfecture de Gironde a confirmé que le trafic pouvait reprendre de Bordeaux à Bayonne, moyennant une courte déviation de deux kilomètres au niveau du barrage.”On ne va pas bloquer les voitures pour que les gens puissent aller voir leur famille ou partir en vacances”, a souligné Ludovic Ducloux.- Trêve partielle -Samedi matin, l’autoroute A64 Toulouse-Bayonne restait fermée sur plus de 180 km, de la Haute-Garonne aux Pyrénées-Atlantiques, comme à Carbonne près de Toulouse. “On ne va pas lâcher ce coup-ci”, a prévenu Thierry Léon, coprésident de la CR des Pyrénées-Atlantiques.Sur l’A89 entre Clermont-Ferrand et Bordeaux, des barrages ont été levés en Corrèze et en Dordogne, ont annoncé les préfectures concernées. Et sur l’A20, la circulation a repris à hauteur de Brive-la-Gaillarde (Corrèze), mais seulement dans le sens Toulouse-Paris.Des blocages persistaient en revanche sur l’A75 en Aveyron, où une opération escargot prévue ce samedi a été interdite par la préfecture. Dans l’Ariège, la RN20 Toulouse-Andorre, route d’accès à la station de ski d’Ax-Trois-Domaines, reste coupée à Tarascon-sur-Ariège.Le blocage doit se poursuivre “jusqu’à ce que (le Premier ministre) Sébastien Lecornu annonce la fin de l’abattage total” des troupeaux de bovins à la découverte d’un cas de DNC, a déclaré à l’AFP Christophe Gouazé, éleveur ariégeois membre de la Confédération paysanne.Reçues hier à Matignon, la Coordination rurale et la Confédération paysanne n’ont pas appelé à la levée des blocages en cette période de fêtes de fin d’année.Les sections départementales sont libres de continuer le mouvement, a confirmé samedi matin sur France Inter le secrétaire général de la CR, François Walraet, tout en appelant à “faire une pause” pendant Noël.- “Le compte n’y est pas” -La FNSEA, suivie par les Jeunes agriculteurs, a appelé vendredi à une “trêve”, conditionnée à un “courrier” avec “l’ensemble des intentions” du Premier ministre.Dans ce courrier consulté par l’AFP vendredi, Sébastien Lecornu a de nouveau défendu la stratégie gouvernementale de lutte contre la dermatose, consistant notamment à abattre la totalité d’un foyer touché par la maladie, et a fait passer le montant du fonds d’urgence annoncé en début de semaine de 10 à 11 millions d’euros.”Les réponses attendues, notamment sur les indemnisations des animaux bloqués, la sécurisation économique des exploitations ou encore le soutien aux céréaliers, ne sont pas au rendez-vous. Le compte n’y est pas”, a réagi la FNSEA, qui soutient la stratégie sanitaire actuelle mais demandait notamment au gouvernement des “garanties” sur la taxe carbone européenne appliquée aux engrais.Un courrier “pas suffisant” non plus pour leurs alliés des Jeunes agriculteurs, a expliqué sur France 2 leur président Pierrick Horel. “On fera des actions coup de poing ça et là d’ici à Noël, mais pas de blocages routiers pour nous”, a-t-il ajouté.”Les annonces, globalement, sont assez faibles. Ce ne sont que des promesses, a réagi François Walraet. Il est indispensable que l’État se mette à réfléchir” sur le protocole d’abattage.tb-jed-mdz-bdu/alv

Galeries Lafayette vend les murs du BHV à un investisseur anglo-saxon

Nouveau rebondissement pour le magasin parisien BHV: Galeries Lafayette a annoncé samedi entrer en négociations exclusives avec un investisseur anglo-saxon, pour lui céder les murs du bâtiment dès janvier, le groupe SGM continuant d’assurer l’exploitation du BHV.Le nom de ce groupe “disposant d’une expertise reconnue dans la gestion d’actifs immobiliers”, selon le communiqué, n’a pas été donné. C’est un nouvel épisode pour le BHV dont le fonds de commerce a été racheté il y a deux ans par le groupe SGM, cofondé par Frédéric Merlin et qui se trouve dans la tourmente depuis l’annonce de son alliance début octobre avec le géant du commerce en ligne Shein.Initialement, SGM était sur les rangs pour racheter les murs du magasin: le groupe était lié aux Galeries Lafayette par une promesse de vente arrivant à échéance vendredi. Mais le tour de table s’est avéré plus difficile que prévu, en particulier après que SGM a été lâché par la Banque des territoires, dans le sillage du scandale Shein.Auditionné fin novembre à l’Assemblée nationale, M. Merlin avait évoqué des “discussions extrêmement précises” avec des “fonds d’investissement” étrangers non chinois.C’est donc finalement un groupe anglo-saxon, dont ni SGM, ni Galeries Lafayette contactés par l’AFP, n’ont voulu donner le nom, qui devrait acheter les murs. Cette vente se fait selon les conditions qui avaient été proposées au groupe SGM, est-il ajouté sans précision.”Cette acquisition serait réalisée par l’investisseur en accord avec le groupe SGM, qui continuera à assurer l’exploitation du BHV”, ajoute le communiqué.”Nous sommes heureux de cette nouvelle étape franchie”, a réagi auprès de l’AFP un porte-parole de SGM, “nous restons focalisés sur la finalisation de cette opération”.- Plus d’espace pour Shein -Dans un entretien mi-décembre au magazine spécialisé LSA, Frédéric Merlin a dévoilé ses nouveaux projets pour le BHV avec notamment une halle alimentaire de 1.000 m2 en juin 2026, la création d’une marque BHV, l’implantation d’un restaurant de type “bouillon” ou encore une offre de parapharmacie.Loin d’être refroidi par la polémique, le patron du BHV entend également donner plus de place aux produits Shein, qui occupent déjà un espace de plus de 1.000 m2, en leur dédiant un étage entier.Frédéric Merlin a suscité un tollé en annonçant début octobre l’installation, au sein du BHV, du premier magasin physique au monde aux couleurs de la marque asiatique de mode ultra-éphémère, accusée de nombreux maux (concurrence déloyale, pollution…). La Banque des territoires, entité de la Caisse des dépôts, avait par la suite annoncé son retrait des négociations entamées en juin avec SGM pour l’aider à s’offrir le bâtiment, invoquant une “rupture de confiance”.Refusant de voir son nom associé à Shein, Galeries Lafayette a par ailleurs rompu son contrat avec la SGM concernant sept magasins de province – rebaptisés BHV.A cela s’est ajouté le départ du magasin parisien de nombreuses marques (Dior, Sandro, Guerlain, etc.) en raison d’une accumulation d’impayés ou par opposition à Shein.Mardi, la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo avait accentué la pression en manifestant l’intérêt de la capitale pour les murs du grand magasin, situé comme son nom l’indique (BHV pour Bazar de l’Hôtel de Ville) juste sous les fenêtres de l’Hôtel de ville. Son adjoint chargé du commerce, Nicolas Bonnet-Oulaldj, avait estimé le montant de la transaction à 300 millions d’euros.

En Norvège, le plus grand gisement de terres rares d’Europe suspendu au sort de coléoptères

A l’heure où l’Europe cherche désespérément à accroître son autonomie stratégique, les plans de développement du plus grand gisement de terres rares du continent se heurtent aux craintes suscitées par l’impact sur des coléoptères, mousses, champignons et autres espèces menacées.A deux heures de route au sud-ouest d’Oslo, Ulefoss, ancienne bourgade minière de quelque 2.000 habitants, repose sur un trésor, le Fensfeltet: 8,8 millions de tonnes de terres rares, des métaux indispensables à la transition énergétique et numérique, et définis comme critiques par l’Union européenne.”Vous avez des terres rares dans la poche quand vous avez un smartphone sur vous. Vous roulez avec des terres rares quand vous êtes au volant d’un véhicule électrique, et vous avez besoin de terres rares pour fabriquer du matériel de défense comme les avions F-35″, explique Tor Espen Simonsen, responsable local de Rare Earths Norway, l’entreprise qui dispose des droits d’extraction.”Aujourd’hui, l’industrie européenne importe presque la totalité, 98%, des terres rares dont elle a besoin depuis un seul pays: la Chine. Nous sommes donc dans une situation où l’Europe doit se procurer davantage de ces matières premières par elle-même”, ajoute-t-il.Dans son règlement sur les matières premières critiques (CRMA), destiné à sécuriser ses approvisionnements, l’UE s’est fixé l’objectif de subvenir à au moins 10% de ses besoins à l’horizon 2030. Or, aucun gisement de terres rares n’est aujourd’hui en exploitation sur le continent.- “Se hâter lentement” -Rare Earths Norway a déjà dû repousser son calendrier et envisage désormais d’entamer l’extraction dans la première moitié de la décennie 2030 en raison de préoccupations environnementales.Si son projet dit de “mine invisible” limite son empreinte écologique en prévoyant une extraction et un concassage sous terre – par opposition à une mine à ciel ouvert – ainsi que la réinjection sous le sol d’une grande partie des résidus miniers, l’emplacement privilégié pour son parc minier pose problème.L’entreprise souhaiterait faire remonter ses minerais derrière une colline, dans une zone à l’abri des regards et essentiellement recouverte de forêts naturelles anciennes, riches en biodiversité.Des expertises y ont recensé 78 espèces animales et végétales placées sur la liste rouge, c’est-à-dire menacées – à des degrés divers – de disparition: différents coléoptères saproxyliques (liés au bois mort), des ormes de montagne, des frênes communs, une quarantaine de types de champignons, des mousses…A tel point que le préfet, lors du cycle de consultations, s’est dit formellement opposé à cet emplacement. D’autant que la décharge de stériles (roches sans valeur commerciale) dans la zone aurait aussi des conséquences extrêmement négatives pour les systèmes aquatiques.”Nous devons exploiter le plus rapidement possible pour pouvoir nous passer des chaînes de valeur polluantes en provenance de Chine”, souligne Martin Molvaer, conseiller de Bellona, une ONG environnementale technophile norvégienne.”Mais cela ne doit pas aller si vite que nous détruisions une grande partie de la nature au passage: il faut donc se hâter lentement”, dit-il.- “Peste et choléra” -Face à ces objections, la municipalité a été contrainte de revoir sa copie et d’examiner plus attentivement des emplacements alternatifs pour les futures installations en surface de la mine.Une autre zone, écologiquement moins sensible, existe bien, mais elle n’a les faveurs ni des promoteurs miniers ni de la population locale.”Nous reconnaissons que nous devrons sacrifier une partie importante de notre nature”, confie la maire Linda Thorstensen, “c’est un peu comme devoir choisir entre la peste et le choléra”.Mais dans une bourgade qui perd ses emplois et ses jeunes depuis des décennies, l’édile reste très favorable au projet, y voyant “une nouvelle aventure”.”Beaucoup de personnes vivent en marge du marché du travail, nombreuses sont celles qui perçoivent une aide sociale ou une pension d’invalidité. Nous avons donc besoin d’emplois et de perspectives”, dit-elle.Dans les rues clairsemées d’Ulefoss, la population est aussi prudemment positive.”Nous voulons une dynamique qui nous permette de nous enrichir, que la commune en retire quelque chose. Nous avons besoin d’argent et de davantage d’habitants”, témoigne Inger Norendal, enseignante à la retraite de 70 ans. “Mais l’exploitation minière a aussi évidemment le revers de sa médaille.”

Report de l’accord UE-Mercosur: le Paraguay s’impatiente

Le Paraguay a averti vendredi l’Union européenne que le temps n’était pas “infini” pour signer l’accord commercial avec le Mercosur, lors d’une réunion du bloc sud-américain bousculée par le report de la signature de ce texte qui attise la colère des agriculteurs européens.L’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay, réunis dans la ville brésilienne de Foz do Iguaçu (sud), espéraient initialement y parapher le traité samedi, tout comme la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et la plupart des pays européens.Mais cette signature a finalement été reportée, face à la grogne des agriculteurs européens, notamment en France et en Italie.”Nous sommes prêts à aller de l’avant, sachant que l’Europe a ses délais à respecter pour régler les questions institutionnelles internes, mais en même temps, ces délais ne sont pas infinis”, a mis en garde le ministre paraguayen des Affaires étrangères, Rubén Ramírez.Ce dernier a rencontré vendredi ses homologues du bloc avant que les chefs d’Etat ne se retrouvent samedi.Malgré le report, Mme von der Leyen s’est dite “confiante” sur la possibilité d’une signature en janvier de cet accord négocié depuis plus de 25 ans, qui prévoit la création de la plus grande zone de libre-échange au monde.Il permettrait aux européens d’exporter davantage de véhicules, machines, vins et spiritueux en Amérique du Sud. Dans le sens inverse, il faciliterait l’entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui alarme les filières concernées.Une source au sein de la Commission européenne et deux diplomates ont indiqué que la nouvelle échéance visée est désormais le 12 janvier au Paraguay, confirmant une information du média spécialisé Euractiv.- Colère -Le gouvernement allemand, l’un des plus favorables au traité, a jugé vendredi que la signature était acquise.Mais le président français Emmanuel Macron a jugé qu’il était “trop tôt” pour dire s’il acceptera la signature en janvier.”Je l’espère, parce que ça veut dire qu’on aura obtenu des avancées pour certaines qui seront des avancées historiques”, a-t-il ajouté.Le report a été annoncé en marge d’un sommet européen à Bruxelles où des milliers d’agriculteurs sont venus faire entendre leur colère, avec pneus en feu, jets de pommes de terre et de projectiles auxquels ont répondu des canons à eau et des tirs de gaz lacrymogènes de la police.En France, première puissance agricole en Europe où le secteur traverse une grave crise multiforme, le syndicat FNSEA a appelé ses adhérents à rester mobilisés, car “le Mercosur, c’est toujours NON!”.Vendredi, des dizaines d’agriculteurs ont manifesté devant la villa de M. Macron au Touquet (nord), déversant des tonnes de fumier, de pneus et de branchages à l’entrée de la résidence.- “Patience” -Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva avait mis un point d’honneur à ce que le traité soit signé dans son pays, qui assure cette année la présidence tournante du Mercosur.Il s’est résolu à un report, expliquant jeudi que la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, lui avait demandé de la “patience” lors d’un échange téléphonique.”Si ce n’est pas possible de le signer maintenant car ils ne sont pas prêts, je ne peux rien y faire”, a-t-il déploré, soulignant que la signature de l’accord serait “importante pour la défense du multilatéralisme”.Des “clauses de sauvegarde” sont prévues en cas de déstabilisation des marchés agricole, mais “dans l’opinion publique française, il y a des choses dépassant le rationnel qui empêchent la signature” de l’accord, a dit à l’AFP une source gouvernementale brésilienne.La réunion du Mercosur sera par ailleurs marquée samedi par la présence du président argentin, l’ultra-libéral Javier Milei, aux antipodes de Lula sur l’échiquier politique.Des divergences exacerbées cette semaine par une publication de M. Milei sur Instagram qui a suscité la polémique: on y voit une carte d’Amérique du Sud représentant le Brésil et d’autres pays gouvernés par la gauche comme une énorme favela et l’Argentine comme un pays futuriste, tout comme le Chili, qui vient de basculer à l’extrême droite.

Mobilisation agricole: suspense autour d’une possible trêve pour Noël

Les appels à une “trêve de Noël” se multiplient après l’annonce du report de l’accord UE-Mercosur et les syndicats agricoles, reçus vendredi à Matignon, sont partagés sur la suite des blocages pour protester contre la gestion par le gouvernement de la dermatose bovine.La Coordination rurale (CR), deuxième syndicat agricole, habituée des actions coup de poing et fer de lance de la contestation avec la Confédération paysanne dans le Sud-Ouest, a appelé à sa sortie de Matignon à la “bienveillance” pendant les fêtes, sans pour autant demander la levée des barrages, laissant la main à ses sections départementales.”La population est derrière nous, on ne peut pas se la mettre à dos”, a rappelé Bertrand Venteau, président de la CR, qui demande aux agriculteurs mobilisés “d’aller se reposer” au moins quelques jours.M. Venteau a noté “une pointe d’espoir de trouver une solution avec le Premier ministre” début janvier pour arrêter “l’abattage total des troupeaux” infectés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), déclencheur de la colère agricole il y a une dizaine de jours. La Confédération paysanne, troisième force syndicale, a aussi vu des “ouvertures”, selon son porte-parole Stéphane Galais, mais a dit ne “pas pouvoir appeler à lever les blocages” sans engagement sur l’arrêt de l’abattage total.Cette stratégie sanitaire fait débat. Une cellule de dialogue entre éleveurs et scientifiques a été mise en place à la demande du gouvernement.L’exécutif “ne tolérera plus de nouveaux blocages” pendant les fêtes, avait affirmé plus tôt en matinée la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon. En milieu d’après-midi, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez comptait 93 actions, réunissant un peu moins de 4.000 personnes et 900 engins agricoles. “La priorité, pour nous, c’est vraiment d’éviter les nouveaux blocages d’axes structurants”, a-t-il insisté.- 11 millions d’euros  -A sa sortie de Matignon, Arnaud Rousseau, président du premier syndicat agricole, la FNSEA, a également appelé à une “trêve”, conditionnée à un “courrier” avec “l’ensemble des intentions” du Premier ministre.Dans ce courrier consulté par l’AFP dans la soirée, Sébastien Lecornu annonce la mise en place d’un fond de soutien de 11 millions d’euros “pour faire face aux impacts économiques immédiats” pour les petits exploitants en difficulté. Concernant la levée de l’abattage total, le Premier ministre a indiqué qu’il s’en remettrait aux conclusions des échanges au sein du groupe de dialogue scientifique, soulignant le caractère “totalement inédit” de la situation.”N’éliminer que les bovins présentant des symptômes fait courir un risque majeur de propagation du virus”, écrit-il. Un nouveau rendez-vous est prévu autour du 8 janvier pour obtenir des “réponses d’ici au Salon de l’agriculture” sur la “crise viticole”, la “production”, donc l’accès aux pesticides et à l’eau, mais aussi les engrais dont le coût pourrait gonfler avec la taxe carbone européenne, a détaillé M. Rousseau.Les Jeunes Agriculteurs (JA), alliés de la FNSEA, ont rejoint l’appel à la trêve. “A la rentrée on va se revoir (…) parce que le compte n’y est pas”, a toutefois averti leur président Pierrick Horel.L’enjeu sera de voir si cet appel tient sur le terrain puisque la puissante alliance FNSEA-JA, qui a perdu du terrain aux dernières élections syndicales agricoles dans le Sud-Ouest, n’est pas à la barre des principaux blocages dans cette région.CR et Confédération paysanne ont amplifié leurs blocages ces derniers jours, rejoints localement par des JA et parfois des adhérents de la FNSEA.- Et sur le terrain ? -Des barrages d’agriculteurs ont été levés vendredi dans le Sud-Ouest, mais plusieurs blocages subsistaient dans l’après-midi sur des axes routiers et autoroutiers.A Agen, la CR du Lot-et-Garonne a appelé, lors d’un rassemblement de 300 personnes, ses troupes à se reposer pour repartir en janvier, en menaçant de bloquer Paris avec 1.000 tracteurs.Des rassemblements ont aussi lieu plus au nord, au Touquet (Pas-de-Calais) ou à Alençon (Orne), pour rappeler que la dermatose n’est pas la seule crise à laquelle les agriculteurs font face.Le président de la FDSEA de l’Oise, Régis Desrumaux, a assuré que des “opérations coups de poing” auraient lieu pendant les fêtes pour “maintenir la pression” sur le gouvernement, tout en affirmant qu’elles “n’embêteront pas les gens qui partent en vacances”.bur-mdz-chd-js-mk-mca-neo/uh/pcl

Wall Street termine en hausse, la tech reprend des forces

La Bourse de New York a clôturé en hausse vendredi, poussée par un regain d’intérêt pour les grands noms de la tech après une série de bonnes nouvelles pour le secteur.L’indice Nasdaq -à forte coloration technologique- a avancé de 1,31%, le Dow Jones a pris 0,38%, et l’indice élargi S&P 500 a gagné 0,88%.”Les investisseurs cherchent à terminer l’année 2025 en beauté en se ruant sur les actions technologiques”, remarque Jose Torres, d’Interactive Brokers.Ils “ont réagi positivement aux résultats financiers de Micron, qui ont contribué à apaiser un marché quelque peu instable la semaine dernière”, commente auprès de l’AFP Patrick O’Hare, de Briefing.com.Le fabricant de semi-conducteurs (+6,99% à 265,92 dollars) a continué de profiter de la publication de ses bons résultats trimestriels mercredi et de prévisions financières sensiblement supérieurs aux attentes.En parallèle, le géant des centres de données Oracle (+6,87% à 192,40 dollars) a aussi terminé en nette hausse après la confirmation de son implication dans la nouvelle coentreprise qui rassemblera les activités de TikTok aux Etats-Unis et évitera l’interdiction du réseau social dans le pays. “Tout cela a clairement été un facteur favorable aujourd’hui et les actions à très forte capitalisation font à nouveau preuve de dynamisme”, observe Patrick O’Hare.Les “Sept Magnifiques”, surnom donné aux grands noms du secteur technologique, ont quasiment tous terminé dans le vert, à l’instar de Nvidia (+3,93%), Alphabet (+1,55%), Apple (+0,54%) ou Microsoft (+0,40%).Côté macroéconomique, la place américaine a “apprécié” les “bons chiffres” de l’inflation pour le mois de novembre (indice CPI) publiés la veille, avec un ralentissement à 2,7% contre 3% en septembre, soutient M. O’Hare.De quoi donner à la Réserve fédérale (Fed) une plus ample marge de manoeuvre pour baisser les taux d’intérêt à l’avenir, de l’avis de certains analystes.”Mais pour être honnête, il y a des raisons de s’interroger sur la pertinence de ces chiffres”, observe M. O’Hare.Des experts se sont montrés circonspects, estimant que les données pouvaient avoir été altérées par le “shutdown” qui a suspendu le travail des services statistiques officiels du 1er octobre au 12 novembre.John Williams, le président de la Fed de New York et l’une des voix les plus fortes au sein de la banque centrale des Etats-Unis, a lui-même considéré vendredi que l’inflation n’avait pas autant ralenti que suggéré dans le rapport.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt américain à dix ans se tendait à 4,15% vers 21H20 GMT, contre 4,12% jeudi en clôture.A la cote, le groupe américain de vêtements et d’équipements sportifs Nike a chuté (-10,54% à 58,71 dollars) après avoir publié des prévisions moins bonnes qu’initialement anticipé pour le troisième trimestre de son exercice décalé, en raison d’un recul de ses activités en Chine et d’une croissance modeste en Amérique du Nord.L’entreprise a toutefois fait mieux que prévu pour le trimestre écoulé, avec un bénéfice net par action de 53 cents contre 37 escompté par les analystes.Le secteur de la santé était bien orienté après l’annonce de Donald Trump vendredi concernant des accords avec neuf laboratoires pour réduire le prix des médicaments en échange d’un sursis de trois ans sur les droits de douane.Parmi ces entreprises, Novartis a pris 0,58%, Bristol-Myers Squibb a avancé de 1,61% et Gilead Sciences de 2,32%.

Espagne: une association de défense des consommateurs attaque Google sur la protection des données

Une association espagnole de défense des consommateurs a annoncé vendredi qu’elle avait engagé une action en justice préliminaire contre Google pour collecte présumée de données personnelles sensibles et violation du droit à la vie privée.L’Association des utilisateurs de la communication (AUC) affirme que le géant technologique américain a collecté des données sur les opinions personnelles, la religion, la sexualité et la santé des utilisateurs via des applications et le système d’exploitation Android. Elle a étayé ses accusations avec une étude menée par un professeur d’université dublinois.”La technologie et la volonté de fournir un service ont primé sur la mise en place de sauvegardes pour protéger la vie privée des personnes”, a déclaré à l’AFP Bernardo Hernandez, secrétaire général de l’AUC. “Même le strict minimum n’est pas protégé”, a-t-il dénoncé, en affirmant que Google aurait pu fournir les mêmes services sans collecter inutilement “une quantité excessive de données”.L’AUC a indiqué qu’elle avait demandé à des tribunaux madrilènes de recueillir les noms des utilisateurs de Google et Android. Jusqu’à 37 millions de personnes pourraient être concernées en Espagne, a estimé l’association.Il s’agit d’une étape préalable au dépôt d’une plainte collective contre Google Espagne et Google Irlande, ainsi qu’au calcul du montant de l’indemnisation à réclamer, pour lequel un rapport d’expert est en cours d’élaboration.Un porte-parole de Google a déclaré que les allégations selon lesquelles Android serait un outil de surveillance de masse étaient “fausses” et que les tribunaux devraient rejeter la demande de l’AUC pour “intrusion massive”.”Cette action en justice tente à tort de protéger la vie privée des utilisateurs tout en exigeant les données personnelles de millions de personnes sans leur consentement, dans le but de préparer des recours collectifs spéculatifs”, a critiqué le porte-parole.En novembre, la justice espagnole a condamné Meta, maison mère de Facebook et d’Instagram, à verser en tout plus de 540 millions d’euros à des médias locaux pour “concurrence déloyale” en ayant enfreint la réglementation sur la protection des données personnelles.Le géant technologique américain était poursuivi pour avoir utilisé les données des internautes entre 2018 et 2023 sans leur consentement, afin de créer des profils publicitaires individualisés, et pour en avoir tiré un énorme profit au détriment des médias espagnols qui respectaient la législation en matière de protection de la vie privée. 

Le bras de fer judiciaire entre Shein et le gouvernement continue

Le gouvernement a annoncé vendredi soir faire appel de la décision du tribunal judiciaire de Paris, qui a rejeté la demande de l’Etat de blocage provisoire du site Shein en France, jugeant la mesure “disproportionnée” après le retrait volontaire des produits illicites vendus par le géant asiatique du commerce en ligne.”Le tribunal judiciaire (…) n’a pas souhaité ordonner des mesures pour éviter la mise en vente de poupées pédopornographiques, armes de catégorie A et médicaments”, a souligné le gouvernement. “De ce fait, convaincu du risque systémique du modèle lié à Shein, et à la demande du Premier ministre, le gouvernement fera appel de cette décision dans les prochains jours”, selon son communiqué.La demande de l’Etat de réclamer “a minima” le maintien de la suspension par Shein de sa place de marché (marketplace), qui héberge les produits commercialisés par des vendeurs tiers, n’a pas été entendue.Des poupées sexuelles à l’apparence de fillettes, des armes de catégorie A et des médicaments interdits retrouvés sur la plateforme avaient poussé l’Etat à demander une mesure radicale: bloquer le site du géant de la mode ultra-éphémère et assortir sa réouverture de conditions strictes.Le tribunal a reconnu l’existence d’un “dommage grave à l’ordre public, à la protection des mineurs, ou encore à la santé et à la sécurité des acheteurs potentiels et des tiers”, mais a estimé que ces ventes étaient “ponctuelles” et constaté que la plateforme avait retiré les produits.La justice a toutefois fait “injonction” à Shein de ne pas rétablir la vente de “produits sexuels pouvant caractériser un contenu à caractère pornographique, sans la mise en place de mesures de vérification d’âge”.- Réaction “rigoureuse et rapide” -“Seuls certains produits de la marketplace ont été identifiés, dans la présente procédure, comme manifestement illicites et dommageables, alors que la plateforme +fr.Shein.com+ propose à la vente plusieurs centaines de milliers d’articles”, a relevé le tribunal dans sa décision.Les juges expliquent n’avoir pas observé que les objets interdits avaient été mis en vente “de façon récurrente et massive” et ont au contraire salué la réaction “rigoureuse et rapide” de Shein après le signalement de la présence de ces articles fin octobre.Le groupe, fondé en Chine et basé à Singapour, avait bloqué de lui-même toute sa marketplace en France. Depuis le 5 novembre, Shein ne vend plus que ses collections de vêtements à bas prix, sans cesse renouvelées, fabriquées en Chine et en matières synthétiques pour l’essentiel. Le temps de faire “un audit complet” et de corriger les “failles” de son site.La marketplace Shein ne devait pas rouvrir dès vendredi, mais de manière progressive, a expliqué une source proche du dossier.L’audit interne est “toujours en cours” pour faire le bilan sur les failles constatées. Et dans un premier temps seuls les vendeurs tiers européens et français qui auront passé ce contrôle interne pourront être hébergés à nouveau sur le site Shein, a ajouté cette source.- Filtre d’âge -Les avocats de Shein avaient reconnu pendant l’audience au tribunal, le 5 décembre, des difficultés à instaurer un filtre d’âge efficace pour les produits pornographiques. En conséquence, la catégorie sexuelle réservée aux adultes a même été fermée au niveau mondial depuis le scandale apparu en France.La plateforme, qui se disait victime d’une véritable “cabale” politique et médiatique, selon les termes de ses avocats lors de l’audience, a salué la décision du tribunal, dans un communiqué transmis à l’AFP.”Nous sommes engagés à poursuivre l’amélioration continue de nos processus de contrôle, en étroite collaboration avec les autorités françaises, et nous avons intensifié ces initiatives avec l’ambition d’établir des standards parmi les plus exigeants de l’industrie”, avance l’entreprise.L’Etat exigeait que Shein soit suspendue tant qu’elle ne garantissait pas de mesures efficaces pour éviter que des produits interdits similaires soient remis en vente. Il demandait aussi au groupe asiatique de mettre en place un filtrage d’âge pour empêcher les mineurs d’accéder aux contenus pornographiques. Le tout sous contrôle de l’Arcom, régulateur du numérique.Le tribunal ne l’a entendu que sur les demandes de filtrage d’âge concernant les produits réservés aux adultes, afin d’éviter de “graves conséquences” pour les mineurs.Shein n’en a pas pour autant fini avec la justice: une enquête pénale a été ouverte par le parquet de Paris et confiée à l’Office des mineurs, qui enquête également sur les plateformes AliExpress, Temu, Wish et eBay.

Fin du procès de Lafarge pour financement du terrorisme, jugement le 13 avril 2026

Le tribunal correctionnel de Paris rendra le 13 avril son jugement dans le procès de la société Lafarge et de huit anciens responsables, soupçonnés d’avoir payé des groupes jihadistes en Syrie jusqu’en 2014 pour y maintenir l’activité d’une cimenterie, en dépit de la guerre civile qui y faisait rage.Avec Lafarge, avalé en 2015 par le groupe suisse Holcim, ont été jugés pendant cinq semaines pour financement du terrorisme l’ancien PDG du cimentier français Bruno Lafont, cinq ex-responsables de la chaîne opérationnelle ou de la chaîne de sûreté de l’entreprise et deux intermédiaires syriens, dont l’un, central dans le dossier, ne s’est pas présenté au procès. Le groupe et certains prévenus devaient aussi répondre de violation d’embargo.Lafarge est soupçonné d’avoir versé en 2013 et 2014, via sa filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS), plusieurs millions d’euros à des groupes rebelles jihadistes – dont certains, comme l’EI et Jabhat al-Nosra, ont été classés comme “terroristes” – afin de maintenir l’activité d’une cimenterie à Jalabiya, dans le nord de la Syrie, alors que les autres entreprises étrangères avaient plié bagage. Sur les trois derniers jours du procès, les avocats de la défense ont plaidé la relaxe.Mardi, dans leurs réquisitions, les deux représentantes du parquet national antiterroriste avaient insisté sur l'”extrême gravité des faits” et requis jusqu’à huit ans de prison ferme pour les personnes physiques.En particulier, elles ont réclamé à l’encontre de l’ex-PDG du groupe, Bruno Lafont, qui a réfuté tout au long de la procédure avoir été au courant des versements illicites, six ans d’emprisonnement, 225.000 euros d’amende et une interdiction d’exercer une fonction commerciale ou industrielle ou de gérer une entreprise pendant 10 ans. Selon le Pnat, il était bien informé et a “donné des directives claires” pour maintenir l’activité de l’usine, “un choix purement économique, ahurissant de cynisme”.- “Histoire hors du commun” -Dans ses derniers mots, M. Lafont a répété avoir “dit la vérité” et être “innocent”. “Si j’avais été informé plus tôt (…), j’aurais décidé de fermer l’usine plus tôt et j’aurais pu épargner toutes ces souffrances”, a-t-il déclaré.”Bruno Lafont est le patron, c’est ce grand capitaine d’industrie, et je sais bien que dans l’imaginaire collectif, on préfère que le capitaine coule avec le navire”, a plaidé une de ses conseils, Me Jacqueline Laffont.”Depuis le début, on a cherché à inscrire cette histoire hors du commun dans un schéma des plus communs: une entreprise et son chef qui voudraient tout sacrifier à l’échelle du profit, parce que c’est un schéma rassurant, qui donne sens à ce désastre économique, moral et judiciaire”, a-t-elle déploré.Les avocates de l’ancien directeur général adjoint Christian Herrault et l’ancien directeur de la filiale syrienne Bruno Pescheux, contre qui le parquet a requis cinq ans de prison, se sont employées à démontrer qu’à l’époque des faits, il était bien difficile de s’y retrouver dans le chaos syrien et la multitude de factions armées, dans un contexte où la France n’a eu pendant longtemps qu’une seule obsession, la chute de Bachar al-Assad.”Je défends quelqu’un qui dit +on s’est lourdement trompés+”, a déclaré Me Solange Doumic, conseil de M. Herrault. Mais “il a fait au mieux de ce qu’il savait, de ce qu’il pouvait”, a-t-elle ajouté, appelant à “quitter la simplicité de la caricature”.Contre la société, le ministère public a requis une amende de 1,125 million d’euros et la confiscation de son patrimoine à hauteur de 30 millions d’euros. En 2022, Lafarge, qui avait mené une enquête interne ayant servi de base à l’enquête judiciaire, avait déjà accepté de payer une amende de 778 millions de dollars aux États-Unis dans le cadre d’un accord de plaider-coupable.Selon le Pnat, “Lafarge SA n’aurait pas pris la bonne mesure, aurait fait le choix de l’esquive”, a observé mercredi Christophe Ingrain, un des deux avocats de la société. Or, “toute l’histoire de Lafarge depuis la révélation des faits dans la presse dit le contraire”, a-t-il plaidé, énumérant l'”enquête interne”, le “changement complet de management”, “une refonte totale des règles internes” ou encore l’accord de plaider coupable.

Disparition d’uranium au Niger: enquête ouverte à Paris pour vol en bande organisée 

Une enquête pour vol en bande organisée dans le but de servir les intérêts d’une puissance étrangère a été ouverte à Paris, après la disparition d’uranium sur un site auparavant exploité par un groupe français au Niger, a indiqué le parquet à l’AFP, confirmant une information de franceinfo.Quelques semaines après avoir annoncé la nationalisation du site de la Somaïr en juin, la junte militaire au pouvoir au Niger avait annoncé mettre sur le marché international l’uranium produit par cette filiale du géant français Orano (ex-Areva), située à Arlit, dans le nord du Niger. Fin novembre, Orano avait averti dans un communiqué qu’un chargement d’uranium avait quitté le site minier de la Somaïr.L’exploitation de l’uranium au Niger est au centre d’un bras de fer entre la junte, arrivée au pouvoir en juillet 2023, et le groupe Orano: un dossier qui illustre les tensions entre l’ex-puissance coloniale française et les militaires nigériens.La junte n’a jamais caché sa volonté de se tourner vers de nouveaux partenaires, comme l’Iran ou la Russie, quand Moscou a déclaré en juillet sa volonté d’exploiter l’uranium nigérien.Selon la télévision d’Etat, le chef de la junte, le général Abdourahamane Tiani, a revendiqué en novembre “le droit légitime du Niger de disposer de ses richesses naturelles, de les vendre à qui souhaite acheter, dans les règles du marché, en toute indépendance”.Jusqu’à la nationalisation par la junte militaire, la Somaïr, Société des mines de l’Aïr, était détenue à 63,4% par Orano et à 36,6% par l’Etat du Niger.Depuis la perte de contrôle opérationnel de ses trois filiales minières dans le pays en décembre 2024, Orano, dont le capital est détenu à plus de 90% par l’Etat français, a engagé plusieurs procédures d’arbitrage international contre l’Etat du Niger. Contacté par l’AFP, Orano a rappelé une décision de justice de septembre dernier, enjoignant l’Etat du Niger de “ne pas vendre, ni céder ni même faciliter le transfert à des tiers de l’uranium produit par la Somaïr”. Selon Wamaps, groupe de journalistes ouest-africains spécialisé dans l’actualité sécuritaire au Sahel, 1.000 tonnes d’uranium non enrichi auraient quitté Arlit et la première partie du convoi, composée de 34 camions, stationnait début décembre près de l’áeroport de Niamey.L’AFP a pu établir l’arrivée dans une zone de l’aéroport de 34 camions entre le 3 et le 5 décembre. Selon des images satellite consultées, les camions n’ont pas bougé depuis et étaient toujours stationnés le 18 décembre.Selon Wamaps, la deuxième partie du convoi, composée de 20 camions, serait arrivée à Niamey le 4 décembre. L’AFP n’a pas pu confirmer cette information.Wamaps indique que le convoi devrait se rendre au port de Lomé au Togo, en passant par le Burkina Faso.Interrogé par l’AFP, Orano indique ne pas connaître la quantité d’uranium concerné, la destination ou l’identité d’éventuels acheteurs. Le groupe indique en revanche qu’il provient du stock entreposé sur le site minier de la Somaïr, produit lorsqu’Orano en était encore l’opérateur. Un stock de “près de 1.600 tonnes de concentrés miniers” entreposés sur le site de la Somaïr “pour une valeur marchande de près de 310 millions de dollars (valeur marchande à date)”.cbr-cda-pa-bam/hj