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Des “milliers” d’ultra-riches “ne paient pas l’impôt qu’ils devraient payer au pays”, affirme Eric Coquerel

Des milliers, “voire des dizaines de milliers” de personnes parmi les plus fortunées “ne paient pas l’impôt qu’ils devraient payer au pays”, a affirmé vendredi le président LFI de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Eric Coquerel, après avoir consulté des documents de Bercy sur la fiscalité des plus riches.”D’après les documents que j’ai consultés, il y a plusieurs milliers de personnes, voire plusieurs dizaines de milliers qui, non pas ne paient pas d’impôt sur le revenu, mais qui ont des revenus fiscaux très très inférieurs par rapport à leurs revenus économiques estimés”, a déclaré M. Coquerel devant la presse, après une visite au ministère de l’Economie et des Finances. Tout était parti d’une déclaration de l’ancien ministre de l’Economie, Eric Lombard, selon lequel des “milliers” de contribuables parmi les plus fortunés ont “un revenu fiscal de référence de zéro” et ne paient “aucun impôt sur le revenu”. L’ancien ministre avait assuré s’appuyer sur des travaux de la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Cela concerne des milliers de personnes “de manière certaine”, a indiqué M. Coquerel. “Ce que disait Eric Lombard me semble confirmé. Il avait été jusqu’à dire +ne payent pas d’impôt sur le revenu+, on n’en est pas là, mais ils ont des revenus fiscaux de référence déclarés qui sont bien inférieurs à leurs revenus”, “très certainement en dessous de 5%”, a-t-il assuré.  Les déclarations de M. Lombard avaient suscité de vives réactions dans le champ politique à gauche et relancé le débat sur la taxation des plus hauts patrimoines. M. Coquerel avait demandé au gouvernement de consulter les documents sur lesquels M. Lombard disait s’appuyer en début de semaine. Le député insoumis a précisé vendredi avoir consulté plusieurs notes de Bercy réalisées au moment où le gouvernement réfléchissait à une contribution différentielle sur le patrimoine, à une contribution différentielle sur les hauts revenus et à la mise en place d’une “taxe holding”. Il a également dénoncé un “manque d’outils statistiques” et une “méconnaissance quasi complète du patrimoine mobilier des plus riches”, une situation aggravée selon lui depuis la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), car ces foyers fiscaux “n’ont plus à le déclarer à l’ISF”.Cette visite a eu lieu alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est exprimé en fin de journée pour dévoiler des mesures visant à modifier le projet de budget de l’Etat et tenter d’éviter une censure des socialistes. Mais le Premier ministre ne s’est pas prononcé sur le choix du 49.3 ou de la voie des ordonnances pour doter la France d’un budget. Un projet d’ordonnance budgétaire serait à l’étude à Matignon, selon une source à Bercy, mais cela ne veut pas dire que le gouvernement choisira cette option. Des ordonnances pour faire adopter le budget entraîneraient une “censure automatique” et remettraient dans l’actualité une “motion de destitution” du président Emmanuel Macron, avait dit M. Coquerel en début d’après-midi. Le président et le rapporteur général de la commission des Finances du Sénat, Claude Raynal (PS) et Jean-François Husson (LR), avaient transmis une demande analogue à Bercy. Ils ont indiqué qu’ils avaient eu confirmation vendredi d’un “premier envoi des documents demandés”.

L’abonnement ne suffit plus: ChatGPT prépare l’arrivée de la pub

OpenAI a annoncé vendredi l’arrivée prochaine de la publicité dans ChatGPT, en débutant par une phase de test aux Etats-Unis pour les abonnés à prix réduit et les utilisateurs gratuits du très populaire assistant d’intelligence artificielle (IA), sous pression pour rentabiliser ses dépenses massives.”Dans les prochaines semaines, nous nous préparons à démarrer le test de la publicité aux Etats-Unis pour les utilisateurs gratuits et de l’offre Go”, abonnement premier prix, a annoncé OpenAI, confirmant un virage très attendu et commenté depuis des semaines dans la Silicon Valley.”Les abonnements Plus, Pro et Entreprise n’incluront pas de publicité”, précise le groupe dans un long post de blog détaillant comment il entend introduire cette source de revenus tout en “maintenant la confiance” des utilisateurs dans les réponses de ChatGPT, l’agent conversationnel d’IA le plus utilisé au monde.Avec seulement une fraction de son milliard d’utilisateurs sous abonnement, OpenAI est sous pression pour générer de nouveaux revenus.Si sa valorisation a grimpé jusqu’à 500 milliards de dollars en fonds privés depuis 2022, et qu’une introduction en Bourse à 1.000 milliards est évoquée, le groupe brûle ses ressources à une vitesse alarmante. En cause : le coût colossal de la puissance informatique requise pour faire tourner l’IA.En sautant le pas, OpenAI aligne son modèle sur celui des mastodontes Google et Meta, dont la puissance repose en premier lieu sur la publicité adossée à leurs services gratuits.Contrairement à OpenAI, ces géants puisent dans ces recettes publicitaires générant des dizaines de milliards de dollars de bénéfices annuels, pour porter leurs ambitions dans l’IA. Amazon suit une trajectoire similaire, fort d’une activité publicitaire en pleine croissance sur ses services de vente et de vidéo.- “monétiser l’attention” ? -“La publicité n’est pas une distraction dans la course à l’IA générative; c’est le moyen pour OpenAI de s’y maintenir”, a déclaré Jeremy Goldman, analyste chez Emarketer.”OpenAI admet une chose simple et lourde de conséquences: la compétition ne porte plus seulement sur la qualité des modèles, mais sur la capacité à monétiser l’attention sans sacrifier la confiance”, a-t-il ajouté.”Notre priorité va à la confiance et l’expérience des utilisateurs avant les revenus”, promet d’ailleurs la signatrice du post, la dirigeante française Fidji Simo, bras droit du patron d’OpenAI Sam Altman.Pour convaincre, la dirigeante détaille les principes censés régir cette introduction: “Les publicités n’influencent pas les réponses”, les conversations “restent privées”, les données “jamais vendues aux annonceurs”, etc.Les publicités testées seront affichées en bas des réponses de ChatGPT, “clairement identifiées et distinctes” de celles-ci.”Nous n’optimisons pas le temps passé sur ChatGPT”, assure encore Fidji Simo, alors que nombre d’entreprises de la tech, comme Meta (Facebook, Instagram), TikTok et Snapchat, sont accusées de concevoir leurs algorithmes pour maintenir les utilisateurs le plus longtemps possible sur ces plateformes, dont la rentabilité repose sur la publicité.L’engagement à préserver le bien-être des utilisateurs est aussi un sujet sensible pour OpenAI, accusé d’avoir donné la priorité à l’implication émotionnelle et à la liberté d’utilisation au détriment de la santé mentale des usagers. Plusieurs procédures judiciaires visant OpenAI et d’autres géants de la tech sont en cours aux Etats-Unis, notamment en lien avec des cas de suicides.La Silicon Valley bruisse aussi de spéculations sur l’introduction de la publicité chez des concurrents de ChatGPT, en particulier pour le Gemini de Google, à la popularité croissante. Il n’y a “pas de projets pour de la publicité dans l’application Gemini”, a répondu, Dan Taylor, le vice-président de la branche publicité mondiale de Google, dans une interview la semaine dernière à Business Insider.

La Bourse de Paris termine en baisse, prudente avant les résultats d’entreprises

La Bourse de Paris a terminé vendredi en baisse une séance marquée par l’attentisme et la prudence des investisseurs, face au contexte géopolitique en Ukraine et à l’absence de catalyseur économique.Le CAC 40 a clôturé en baisse de 0,65%, soit un repli de 54,18 points, pour s’établir à 8.258,94 points. La veille, l’indice vedette parisien avait perdu 0,19% à 8.330,97 points.Les indices européens ont terminé la semaine sans grand optimisme face au contexte géopolitique en Ukraine et en l’absence de catalyseurs économiques avant le coup d’envoi de la saison des résultats d’entreprises sur le Vieux Continent.Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a annoncé vendredi que les écoles de la capitale ukrainienne seraient fermées jusqu’au 1er février, en pleine crise causée par de récents bombardements russes qui ont entraîné des coupures de chauffage et de courant massives.Selon Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille pour Mirabaud France, les marchés connaissent désormais une “phase attentiste après le beau début d’année”, une occasion de prendre des bénéfices avant le début en Europe de la saison des résultats.”On est dans une forme d’attentisme sur les marchés qui se préparent à réagir sur la micro-économie” et les publications d’entreprises, a-t-il souligné.Le gestionnaire a par ailleurs évoqué un mouvement de “rotation” d’actifs. “Comme l’Europe a surperformé les marchés américains” depuis le début de l’année, “on redonne plus de confiance aux Etats-Unis, en défaveur des marchés européens”, a-t-il expliqué.La défense dans le vert”Les actions de la défense ont fortement progressé dans un contexte de tensions accrues liées au conflit entre la Russie et l’Ukraine”, a relevé Patrick Munnelly, analyste de Tickmill Group.Thales a terminé en hausse de 2,55% à 261,60 euros, Dassault Aviation a gagné 2,53% à 316,40 euros et Airbus a pris 1,19% à 217,40 euros.Engie cède SiradelLe groupe Engie (-0,25% à 23,84 euros) a cédé Siradel, éditeur de logiciels dans le domaine de la modélisation 3D des villes et des réseaux, au fonds d’investissement Verdoso, d’après un communiqué conjoint de Siradel et Verdoso publié vendredi.Engie avait aquis Siradel en 2016 dans le but de proposer des offres sur mesure de planification et d’aménagement urbains à ses clients.

Les Bourses européennes terminent dans le rouge

Les Bourses européennes ont terminé en petite baisse vendredi, minées par le contexte géopolitique en Ukraine et l’absence de catalyseurs avant le coup d’envoi de la saison des résultats d’entreprises sur le Vieux Continent.La Bourse de Paris a terminé en repli de 0,65%, Francfort a perdu 0,22% et Milan 0,11%, quand Londres a terminé à l’équilibre (-0,04%).

Budget: le gouvernement abat ses dernières cartes pour arracher un budget

Des heures décisives. Sébastien Lecornu entre dans la toute dernière ligne droite pour trouver un accord sur le budget avec les socialistes qui lui éviterait une censure, résigné à une adoption sans vote, par 49.3 ou ordonnance.Avant même de présenter depuis Matignon, vers 18H, les “éléments de fond” visant ce compromis, le Premier ministre a annoncé une première mesure en direction des socialistes qui la réclamaient: la généralisation des repas universitaires à 1 euro. Cette disposition en faveur du pouvoir d’achat des étudiants, défendue par la députée PS Fatiha Keloua-Hachi et approuvée en première lecture par l’Assemblée nationale, “sera inscrite dans le budget final”, a assuré son entourage. La députée évaluait son coût à environ 90 millions d’euros.L’Union étudiante, classée à gauche, a salué une “victoire” mais refusé que cette mesure serve “à faire accepter un budget austéritaire et raciste”Le Premier ministre s’est donné jusqu’à mardi pour trouver une solution acceptable aux yeux du PS. Sur le fond mais aussi sur la forme, même s’il ne dira pas vendredi son choix, entre les deux outils constitutionnels à sa disposition (49.3 ou ordonnance), perçus par ses opposants comme des “passages en force”. Le député PS Laurent Baumel, proche du Premier secrétaire Olivier Faure, a rappelé sur BFMTV que son parti demandait également des mesures “en faveur du pouvoir d’achat des plus modestes”, comme une hausse de la prime d’activité, ainsi que sur le logement et la transition écologique.- “Effort” -Le gouvernement a suspendu jeudi soir les interminables débats budgétaires à l’Assemblée nationale. Un coup de théâtre justifié par l’impossibilité d’aller à un vote sur le budget de l’Etat.Alexandre Lecornu, qui s’est rendu vendredi matin à l’Elysée, théâtre d’un défilé de ministres, a averti qu’un renversement de son gouvernement serait synonyme d’élections législatives anticipées qui pourraient coïncider avec les municipales (15 et 22 mars).”On a donné toutes ses chances au débat” mais “nous avons des saboteurs à l’Assemblée nationale”, La France insoumise et le Rassemblement national, a accusé sur France 2 la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin, en première ligne dans les discussions avec les forces politiques.La ministre a esquissé quelques pistes de propositions, sur les collectivités locales, à quelques semaines des élections municipales, ou la fiscalité.Le gouvernement va regarder pour les collectivités “comment on répartit l’effort”, a-t-elle dit, afin de trouver un juste milieu avec la droite au Sénat, chambre des territoires, désireuse d’abonder fortement les moyens des collectivités.Sur le plan fiscal, il pourrait rétablir une surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises censée rapporter 6,3 milliards d’euros et aider à la négociation avec le PS, mais repoussé à l’Assemblée y compris par des députés du camp gouvernemental. “C’est ce qui va déverrouiller les choses”, estime un cadre du bloc central.Le président LFI de la commission des Finances de l’Assemblée, Eric Coquerel, venu à Bercy réclamer des documents sur la “fiscalité des ultra-riches”, a estimé que la “seule vraie concession” pour la gauche était de les “taxer” davantage.- “Déverrouiller” -Une fois les propositions sur la table, le chef du gouvernement va devoir trancher sur la manière de les faire entrer dans la loi.Les discussions budgétaires sont théoriquement censées reprendre mardi après-midi, et le Premier ministre devrait donc avoir d’ici là choisi de recourir soit à l’article 49.3, soit à une ordonnance budgétaire (article 47).Un recours à l’article 49.3, auquel Sébastien Lecornu avait solennellement renoncé à la demande du PS pour éviter une censure, permettrait au gouvernement de faire passer un budget sans vote en retenant les amendements de son choix. Mais il devrait l’utiliser potentiellement trois fois (sur les dépenses, les recettes, puis sur l’ensemble du texte), s’exposant à chaque fois à une censure.Pour Sébastien Lecornu, comme pour les socialistes, un recours au 49.3 aurait un goût amer. Son abandon visait à redonner la main au Parlement.L’ordonnance, soit l’inscription du budget dans un texte sans passer devant le Parlement, serait inédite, et constituerait un précédent potentiellement lourd de conséquences.Mais contrairement au 49.3, elle permettrait de doter le pays d’un budget même si le gouvernement devait être censuré par la suite.Un projet d’ordonnance budgétaire serait à l’étude à Matignon, selon une source à Bercy, mais cela ne veut pas dire que le gouvernement choisira cette option.Le député socialiste Emmanuel Grégoire a jugé sur TF1 “inacceptable” le recours à une ordonnance qui voudrait dire “forcément censure, puisque sur les ordonnances il ne peut pas y avoir d’amendements, d’enrichissement” du texte. 

Wall Street ouvre en hausse, la tech poursuit son rebond

La Bourse de New York a ouvert en hausse vendredi, toujours soutenue par les solides résultats du géant taïwanais des semi-conducteurs TSMC, dans un marché par ailleurs calme faute d’éléments économiques majeurs.Dans les premiers échanges, le Dow Jones prenait 0,18%, l’indice Nasdaq – à forte coloration technologique – gagnait 0,53% et l’indice élargi S&P 500 avançait de 0,28%.

Eric Coquerel à Bercy pour consulter des documents sur la fiscalité des très riches

Le président LFI de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Eric Coquerel, est au ministère de l’Economie et des Finances vendredi pour consulter des documents de l’administration sur la “fiscalité des ultra-riches”, avant une prise de parole de Sébastien Lecornu prévue en fin de journée. Tout est parti d’une déclaration de l’ancien ministre de l’Economie, Eric Lombard, qui a affirmé dans une interview à Libération sur la base de travaux de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) que des “milliers” de contribuables parmi les plus fortunés avaient “un revenu fiscal de référence de zéro” et ne payaient “aucun impôt sur le revenu”. Ces déclarations ont suscité de vives réactions dans le champ politique à gauche, et relancé le débat sur la taxation des plus hauts patrimoines. M. Coquerel entend rechercher des “documents qui semblerait démontrer que contrairement à ce qu’on pensait jusqu’à maintenant (…) il n’y a pas quelques centaines d’ultra-riches qui ne paient quasiment pas d’impôt sur le revenu, mais plutôt plusieurs milliers”, a-t-il déclaré vendredi devant la presse avant d’entrer au ministère de l’Economie et des Finances. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, nommé en octobre pour sortir de l’impasse budgétaire, doit s’exprimer en fin de journée. Il cherche toujours à trouver un accord sur le projet de budget 2026 avec les socialistes qui lui éviterait une censure, se résignant à une adoption sans vote, par 49-3 ou ordonnances. Des ordonnances pour faire adopter le budget entraîneraient une “censure automatique” et remettraient dans l’actualité une “motion de destitution” du président de la République, Emmanuel Macron, selon M. Coquerel. Sur la base des déclarations d’Eric Lombard, M. Coquerel avait demandé mardi au gouvernement, en vertu de ses prérogatives de président de commission des Finances, de lui communiquer des éléments “qui ont pu permettre” à l’ex-ministre “d’établir ce constat, qu’il s’agisse de notes, d’analyses ou de chiffrages élaborés par les services” de la DGFiP. Il devrait quitter Bercy vers 16h et s’exprimer à l’issue de son déplacement, précisent ses équipes. “Il n’y a nulle part écrit à Bercy le nom des gens qui auraient des revenus fiscaux de référence qui seraient très bas. En revanche nous savons que ça existe”, a assuré vendredi la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin. “C’est plutôt des statistiques que je cherche, des éléments notamment qui ont servi au moment où l’on parlait de la contribution différentielle” (sur les hauts revenus instaurée en 2025, NDLR), a précisé M. Coquerel vendredi. Le président et le rapporteur général de la commission des Finances du Sénat, Claude Raynal (PS) et Jean-François Husson (LR), avaient transmis une demande analogue auprès de Bercy. Sollicité par l’AFP, M. Husson a précisé qu’il ne “serait pas sur place”. Mais “on va avoir communication des documents consultés par Eric Coquerel dans un délai aussi rapide que possible”, a-t-il précisé. 

Médicaments innovants: le professeur Alain Fischer dénonce une dérive des prix

Les “prix exorbitants” des médicaments innovants “favorisent une médecine de riches”, dénonce l’immunologue Alain Fischer, l’un des pionniers de la thérapie génique en France, plaidant pour “une réflexion politique et éthique” sur les bénéfices du secteur pharmaceutique, qui atteignent “75% du prix du médicament, voire davantage”.”Il n’y a pas une thérapie génique dont le prix soit raisonnable et cette situation ne fait qu’empirer”, affirme le chercheur, ancien président de l’Académie des sciences, dans le Quotidien du médecin de vendredi.”C’est aussi vrai pour toutes les nouvelles thérapeutiques, depuis les biothérapies, comme les anticorps monoclonaux utilisés dans le cancer ou les maladies auto-immunes, jusqu’aux médicaments chimiques innovants, comme la trithérapie Kaftrio dans la mucoviscidose (…) ou les analogues du GLP-1 dans l’obésité”, détaille l’ancien “Monsieur vaccin” du gouvernement pendant la pandémie de Covid.”Par conséquent, certains médicaments ne sont même pas disponibles car les autorités réglementaires estiment que leur coût par rapport au bénéfice est excessif”, explique le Pr Fischer, comme en France le Casgevy (Vertex Pharmaceuticals), une thérapie génique autorisée en Europe pour traiter la bêta-thalassémie (une anémie sévère) et la drépanocytose sévère.Ainsi “l’augmentation régulière du prix des médicaments innovants favorise une médecine de riches, comme c’est déjà le cas aux États-Unis”, dit-il, où le Lenmeldy, un traitement contre une maladie génétique héréditaire, la LDM, est vendu “plus de 4,2 millions de dollars l’injection”.Or “le pire serait d’arriver à un tri en fonction des ressources du patient” en France, où “le système de solidarité est fragile”. Si l’industrie pharmaceutique fait valoir la capacité des médicaments innovants “à transformer la vie de patients” jusque là sans traitement, pour justifier leurs prix, ceux-ci sont en réalité fondés sur “ce que le marché accepte”, poursuit le Pr Fischer, et “selon des estimations, la part bénéficiaire pourrait représenter 75% du prix du médicament, voire davantage”.Ainsi “certaines thérapies sont vendues au moins trois fois le prix de production”, affirme-t-il, évoquant la production de cellules CAR-T en Espagne.Or la vingtaine de thérapies géniques sur le marché “ont été développées initialement par la recherche publique”: la société se retrouve ainsi “à payer deux fois, en finançant la recherche publique en amont et en payant très cher les médicaments une fois commercialisés”.”Le bénéfice des nouvelles thérapies ne peut-il être partagé avec la société sous la forme de prix plus raisonnables ?”, s’interroge-t-il, appelant l’État à mieux soutenir la recherche.

A Arques, la verrerie qui était “le poumon de la ville”

“C’était tout, Arc. La ville vivait avec la cristallerie”, résume Frédéric Specque, salarié depuis 1989. Depuis deux siècles, la petite commune d’Arques (Pas-de-Calais), 10.000 habitants, a été façonnée par sa verrerie-cristallerie, qui occupe le coeur de la ville.Grand fabricant historique de produits en verre pour les arts de la table, en difficulté chronique depuis deux décennies, Arc France a été placé en redressement judiciaire début janvier, ravivant la crainte de nouvelles suppressions d’emplois.À quelques centaines de mètres des fours, l’ancien château de la famille Durand, qui a fait l’âge d’or d’Arc au XXe siècle, trône toujours. Timothée Durand, 49 ans, fils et petit-fils de dirigeants de l’entreprise, est sur les rangs pour la reprendre.”Depuis 200 ans, la ville s’est construite autour de l’usine. Beaucoup de maisons ouvrières ont été bâties à proximité”, raconte Tanguy Tartar, 53 ans, syndicaliste Unsa, entré chez Arc en 1994 après son père. “Nos employeurs donnaient même une prime de rapprochement quand on voulait se rapprocher du site”, se souvient-il.Longtemps premier employeur privé du département, Arc ne compte plus que 3.500 salariés aujourd’hui, contre près de 12.000 au début des années 2000.- “On signait pour la vie” -“Postuler chez Arc, c’était une évidence pour ceux qui n’avaient pas fait de longues études. C’était la boîte qui embauchait, avec une vraie sécurité de l’emploi”, se rappelle Frédéric Specque, délégué CGT.”Tout le monde vivait avec la cristallerie. Il y avait des bus qui passaient dans tous les villages, à chaque prise de poste, matin, après-midi, nuit, pour récupérer les travailleurs”, raconte l’ouvrier, qui dit n’avoir connu aucun mouvement social d’ampleur.”Il y avait tous les métiers ici: cuisiniers pour le restaurant intégré, jardiniers, menuisiers, ingénieurs, ouvriers”, poursuit-il.”On vivait en autarcie”, selon Régis Boulanger, aujourd’hui retraité après 43 ans à l’usine. Entré comme cariste, sorti responsable d’exploitation, il compare Arc à “la fonction publique: on signait pour la vie”. “C’était le poumon de la ville”.Illustration d’un paternalisme industriel, le patron Jacques Durand avait même acheté un camping à Saint-Cécile”, sur la côte, raconte Tanguy Tartar. “Pour les salariés, c’était quasiment gratuit. En contrepartie, quand l’usine avait besoin d’eux, ils étaient juste à côté”.Fondée en 1825, l’entreprise est devenue un empire industriel familial qui a conquis le monde, avant de connaître ses premières difficultés au début des années 2000. Implanté au bord d’un canal facilitant son approvisionnement en sable, le site d’Arques tourne 24 heures sur 24.”C’est un pilier économique en termes d’emplois, d’attractivité et de rayonnement international” qui a permis “l’essor du territoire”, souligne le maire socialiste de la commune, Benoît Roussel. “Chaque famille a au moins un membre qui a travaillé ou travaille encore chez Arc”, ajoute-t-il.- “Phare” -L’entreprise a aussi façonné le paysage urbain. “À Arques, on compte 33 équipements sportifs, ce qui n’est pas anodin pour une commune de cette taille”, observe le maire.Didier Barras, mécanicien mouliste de 57 ans, entré chez Arc en 1989, se souvient d'”une ville dans la ville”. “C’était une fourmilière. On se disait qu’on irait jusqu’à la retraite”.Aujourd’hui, “ce qu’on vit est une catastrophe économique”, estime-t-il. “Le carnet de commandes s’est effrité. Le coût de l’énergie nous a fait très mal. Avec le pouvoir d’achat en berne, les gens achètent moins: la vaisselle n’est pas une priorité”.Derrière lui, il pointe l’ancienne usine 1, en friche depuis une quinzaine d’années, et les anciens bâtiments administratifs abandonnés. “C’est un désert”, lâche-t-il.”Si Arc disparaissait demain, je n’ose pas l’imaginer. Ce serait comme la fermeture des mines ou des aciéries: on deviendrait une zone sinistrée”, redoute M. Specque.Arc, dont dépend aussi plusieurs centaines d’emplois de sous-traitants, demeure l’un des principaux employeurs industriels de la région. Mais “l’agglomération dépend un peu moins d’Arc” qu’autrefois, estime Laurent Denis, président socialiste de la communauté d’agglomération du Pays de Saint-Omer (Capso).Après les premières difficultés du groupe, les collectivités ont cherché à diversifier le bassin d’emploi, avec l’arrivée notamment de la brasserie Goudale ou d’Alphaglass (bouteilles en verre), explique M. Denis.”L’entreprise tousse, mais elle tient”, veut croire le maire d’Arques, qui a récemment tenu à faire rénover le rond-point Jacques Durand et sa sculpture en cristal. “C’est un phare”.

Semi-conducteurs: Washington décroche des investissements taïwanais massifs pour réduire sa dépendance

Les Etats-Unis ont conclu un accord majeur avec Taïwan pour que la production de semi-conducteurs soit développée massivement sur le sol américain et réduire ainsi leur dépendance, en échange d’une baisse des droits de douane sur les produits taïwanais.”Nous avons besoin de ces semi-conducteurs pour notre sécurité nationale, qu’ils soient fabriqués aux Etats-Unis”, a déclaré jeudi sur CNBC le ministre américain au Commerce, Howard Lutnick, en officialisant l’accord après des mois de négociations.”Nous ne pouvons pas nous appuyer sur un pays situé à près de 15.000 km pour nous livrer ces produits qui sont essentiels à notre sécurité nationale”, a-t-il ajouté, invoquant le besoin des Etats-Unis d’être “autosuffisants”.L’accord, contre lequel la Chine a rapidement protesté, prévoit des investissements “d’au moins 250 milliards de dollars” aux Etats-Unis par les entreprises taïwanaises de semi-conducteurs, pour y développer la production, entre autres, de puces avancées. Il inclut aussi 250 milliards de dollars de garantie de crédit pour “renforcer l’écosystème et la chaîne d’approvisionnement en semi-conducteurs aux Etats-Unis”, a indiqué le ministère du Commerce dans un communiqué.”Notre objectif est d’amener 40% de la chaîne d’approvisionnement taïwanaise en semi-conducteurs ici, aux Etats-Unis”, a déclaré M. Lutnick sur CNBC.Selon le communiqué, le gouvernement de Taipei doit pour sa part soutenir les investissements américains dans l’industrie taïwanaise des semi-conducteurs, l’intelligence artificielle (IA) ou encore les technologies de défense.L’île fabrique plus de la moitié des puces au niveau mondial, et presque la totalité des plus avancées, utilisées aussi bien dans les smartphones que les centres de données nécessaires à l’IA.Cette domination est considérée comme un “bouclier de silicium” pour la sécurité de l’île, qui la protégerait d’un blocus ou d’une invasion par la Chine communiste et inciterait les Etats-Unis à la défendre.La Chine a réagi et clamé son opposition “systématique et résolue à tout accord ayant des implications en matière de souveraineté ou un caractère officiel, signé entre des pays avec lesquels elle a des relations diplomatiques et la région chinoise de Taïwan”, selon un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Guo Jiakun. Le porte-parole chinois a pressé les Etats-Unis de “respecter scrupuleusement le principe d’une seule Chine”. La Chine revendique Taïwan comme partie intégrante de son territoire.- Accord “durement gagné” -Le Premier ministre de Taïwan, Cho Jung-tai a, lui, félicité les négociateurs taïwanais saluant un “coup de maître” et un accord “durement gagné”. L’accord doit encore être validé par le parlement taïwanais contrôlé par l’opposition.Cheng Li-wun, présidente du parti Kuomintang, en faveur de liens plus étroits avec Pékin, a souligné que les investissements prévus aux États-Unis risquaient de “vider” l’économie de l’île.”D’après les prévisions actuelles, Taïwan restera le premier producteur mondial de semi-conducteurs pour l’IA, non seulement pour les entreprises taïwanaises, mais aussi à l’échelle mondiale”, a au contraire affirmé le ministre taïwanais des Affaires économiques Kung Ming-hsin.Taipei et Washington avaient entamé des négociations en avril.Le président américain avait menacé d’imposer une taxe douanière de 32% sur les exportations taïwanaises, avant de l’abaisser à 20%.L’accord annoncé jeudi réduit finalement ce taux à 15%. Cela aligne les droits de douane américain imposés aux produits taïwanais sur ceux appliqués aux produits européens ou japonais, également encadrés par des accords commerciaux signés ces derniers mois.Les produits taïwanais concernés par des droits de douane sectoriels, comme les pièces automobiles ou le bois de construction, ne seront pas taxés à plus de 15%. Les médicaments génériques, leurs principes actifs, les ressources naturelles non disponibles aux Etats-Unis ou les composants aéronautique ne se verront appliquer aucun droit de douane.Le géant taïwanais des semi-conducteurs TSMC, dont le bénéfice net a bondi de 35% au quatrième trimestre 2025, avait déjà promis début 2025 d’investir 100 milliards de dollars supplémentaires aux Etats-Unis.D’après M. Lutnick, TSMC a acheté du terrain et pourrait accroître sa présence en Arizona du fait de l’accord.L’entreprise s’est félicitée dans un communiqué saluant “la perspective d’accords commerciaux solides entre les États-Unis et Taïwan”. “Des relations commerciales renforcées sont essentielles pour faire progresser les technologies du futur et garantir une chaîne d’approvisionnement en semi-conducteurs résiliente”.Après avoir flambé de 4,5% à Wall Street, le titre TSMC gagnait encore quelque 3% à Taipei vendredi, où il est aussi coté.Mercredi, Washington a annoncé qu’il imposerait 25% de droits de douane sur les semi-conducteurs transitant via les Etats-Unis avant d’être réexportés. D’après le ministère américain du Commerce, les fabricants taïwanais qui investiront aux Etats-Unis feront l’objet d’un traitement plus favorable en matière de droits de douane.