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Chine et Etats-Unis annoncent des négociations commerciales

La Chine et les Etats-Unis ont annoncé qu’ils allaient se réunir le week-end prochain en Suisse pour jeter les bases de négociations commerciales, une première depuis l’imposition par Donald Trump de droits de douane exorbitants sur les produits chinois et la riposte de Pékin.Dans le même temps, la banque centrale chinoise a annoncé un train de mesures pour soutenir l’économie du pays menacée par la guerre commerciale avec Washington et une consommation intérieur morose.La Chine “ne sacrifiera pas sa position de principe” et “défendra la justice” lors de cette rencontre entre son vice-Premier ministre He Lifeng, le ministre américain des Finances Scott Bessent et le représentant américain au commerce Jamieson Greer, a averti mercredi le ministère chinois du Commerce.”Si les Etats-Unis veulent résoudre le problème par la voie de la négociation, ils doivent faire face au grave impact négatif des droits de douane unilatéraux sur eux-mêmes et sur le monde”, a-t-il ajouté dans un communiqué. “Si les Etats-Unis parlent d’une manière et agissent d’une autre, ou (…) s’ils tentent de continuer à contraindre et à faire chanter la Chine sous le couvert de discussions, la Chine ne sera jamais d’accord”.”J’ai hâte de mener des discussions productives dans l’optique de rééquilibrer le système économique international pour mieux servir les intérêts des Etats-Unis”, a pour sa part déclaré dans un communiqué M. Bessent.Les deux parties se réuniront samedi et dimanche afin de jeter les bases de futures négociations, a-t-il dit lors d’un entretien à la chaîne Fox News mardi “Je m’attends à ce que nous parlions de désescalade, pas d’un grand accord commercial”, a-t-il anticipé. “Il nous faut la désescalade avant de pouvoir aller de l’avant.”- Mesures de soutien -Afin de soutenir une économie plombée par une consommation atone et la guerre commerciale avec les Etats-Unis, Pékin a également annoncé mercredi la baisse d’un taux d’intérêt clé et du montant des réserves obligatoires des banques pour faciliter le crédit.”Le taux de réserve obligatoire va être réduit de 0,5 point de pourcentage”, a expliqué le chef de la banque centrale chinoise, Pan Gongsheng, lors d’une conférence de presse. Il a ajouté que le taux de repo inversé à sept jours diminuait lui aussi, de 1,5 à 1,4%.Les annonces économiques se sont poursuivies avec la baisse des taux d’emprunt pour ceux qui achètent leur premier bien immobilier. Le taux pour les premiers achats immobiliers avec des prêts d’une durée supérieure à cinq ans sera réduit de 2,85% à 2,6% a déclaré Pan Gongsheng.Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier, son administration a imposé de nouveaux droits de douane d’un montant total de 145% sur les marchandises en provenance de Chine, auxquels s’ajoutent des mesures sectorielles.Pékin a riposté en imposant 125% de droits de douane sur les importations américaines en Chine, ainsi que des mesures plus ciblées.Ces niveaux sont jugés intenables par la plupart des économistes, au point de faire planer sur les Etats-Unis et la Chine, mais aussi probablement au-delà, un risque de récession qui s’accompagnerait d’une flambée des prix.”Ce n’est pas soutenable, (…) tout particulièrement côté chinois”, a estimé le secrétaire américain au Trésor. “145% et 125%, c’est l’équivalent d’un embargo.”Les négociations des 10 et 11 mai seront le premier engagement public officiel entre les deux plus grandes économies du monde en vue de résoudre cette guerre commerciale.

Wall Street termine en baisse, les accords commerciaux se font attendre

La Bourse de New York a terminé en baisse mardi, quelque peu frustrée par l’attente d’accords commerciaux entre les Etats-Unis et ses partenaires, les investisseurs étant par ailleurs convaincus que la Fed adoptera un statu quo concernant ses taux mercredi.Le Dow Jones a perdu 0,95%, l’indice Nasdaq a lâché 0,87% et l’indice élargi S&P 500 a abandonné 0,77%.Le marché “est déçu du fait qu’il n’y ait pas de nouvelles concernant de possibles accords commerciaux”, commente auprès de l’AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management. Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a indiqué lundi à CNBC que les Etats-Unis avaient été approchés par 17 pays et leur avaient présenté de “très bonnes” propositions commerciales. Mais, pour l’heure, aucun accord n’a été acté.Donald Trump a également dit mardi devant le Premier ministre canadien Mark Carney qu’il “adorerait” trouver un nouvel accord commercial avec Ottawa, tout en affirmant qu’il ne voulait pas des voitures ou de l’acier venant de son voisin du nord.Le ministère chinois des Affaires étrangères a de son côté déclaré mardi que les États-Unis devaient changer leur approche “menaçante” s’ils souhaitent parvenir à un accord, selon l’agence de presse Xinhua.”En début de semaine, la place américaine s’attendait à ce qu’un accord commercial soit annoncé, mais rien n’a été accompli dans ce sens pour le moment”, note M. Hogan. Wall Street se retrouve donc en manque de “catalyseur”, ajoute-t-il. Par ailleurs, les investisseurs n’attendent pas de surprise de la part de la banque centrale américaine (Fed) à l’issue de sa réunion mercredi. La grande majorité des acteurs du marché s’attend en effet à ce que l’institution monétaire laisse ses taux inchangés, dans une fourchette comprise entre 4,25% et 4,50%, selon l’outil de veille du groupe CME, FedWatch.”La plupart des intervenants de la Fed (…) ont été très clairs sur le fait qu’ils voulaient attendre et voir quels seraient les effets de la nouvelle politique” commerciale américaine, souligne M. Hogan.”Tant que nous n’aurons pas les tenants et les aboutissants, il sera difficile de prendre une décision en matière de politique monétaire”, ajoute-t-il. Côté indicateurs, le déficit commercial des États-Unis, que l’offensive protectionniste de Donald Trump a pour but de réduire, a franchi un nouveau record en mars avec un bond des importations avant l’entrée en vigueur de la majeure partie des nouveaux droits de douane.La balance commerciale américaine s’est creusée de 14% en mars par rapport au mois précédent, pour s’afficher en déficit de 140,5 milliards de dollars, a rapporté mardi le ministère du Commerce.Sur le marché obligataire, le taux d’intérêt des emprunts d’Etat américains à dix ans s’est détendu, à 4,31% contre 4,35% lundi en clôture.A la cote, le géant américain des véhicules électriques Tesla (-1,75%) a notamment pâti de ses ventes, qui ont continué de s’effondrer en Allemagne en avril.D’après un communiqué de l’agence fédérale pour l’automobile (KBA), 885 voitures Tesla ont été immatriculées en avril en Allemagne, soit une chute de 46% sur un an, à cause des polémiques entourant le patron du groupe Elon Musk, proche conseiller du président américain Donald Trump, et le vieillissement de la gamme de véhicules de Tesla.Après une ouverture dans le rouge, le spécialiste américain du jouet Mattel a finalement terminé en hausse (+2,78%) suite à l’annonce lundi soir de la suspension de ses prévisions annuelles en raison de l’envolée des droits de douane sur les produits importés aux États-Unis.La plateforme de livraison de repas DoorDash a plongé (-7,44%) minée par l’acquisition pour 1,2 milliard de dollars de SevenRooms, une plateforme de réservation de restaurants. DoorDash va aussi acquérir son homologue britannique Deliveroo pour plus de 3 milliards de dollars.

Le retour des néonicotinoïdes en France serait “un désastre”, pour le principal syndicat d’apiculteurs

Le retour des néonicotinoïdes en France serait “un désastre”, ont affirmé mardi des apiculteurs, scientifiques et élus, alors que débute à l’Assemblée nationale l’examen en commission d’une proposition de loi qui prévoit d’autoriser à nouveau des pesticides toxiques pour les pollinisateurs.Ce texte visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur, porté par le sénateur LR Laurent Duplomb, prévoit de réintroduire, par dérogation pour certaines filières (noisette, betterave), un pesticide de la famille des néonicotinoïdes, interdits en France depuis 2018, mais autorisés en Europe jusqu’en 2033. Voté par le Sénat, le texte doit être examiné en séance publique fin mai par l’Assemblée nationale.”Cette loi prétend défendre la souveraineté alimentaire, mais depuis quand est-il acceptable de détruire une filière, celle des apiculteurs, pour en sauver une autre, celle les noisetiers par exemple ?”, s’est interrogé Christian Pons, président de l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf), lors d’une conférence de presse dans l’enceinte de l’Assemblée.Yves Delaunay, apiculteur en Vendée et vice-président de l’Unaf, est venu témoigner des ravages de ces insecticides sur les abeilles et de la détresse des agriculteurs.”Après l’arrivée des néonicotinoïdes, dans les années 90, de 80 kg de miel par ruche, nous sommes tombés à 5 kg. Une perte incroyable. On n’a jamais été indemnisés. J’ai des collègues qui se sont pendus. Moi, j’ai failli le faire”, dit-il.- Article supprimé -“J’exploitais 1.000 ruches en Vendée. Les colonies s’effondraient à la floraison. On passait en quelques jours de 70.000 abeilles à 20.000. Elles étaient désorientées, incapables de revenir à la ruche. On les retrouvait mortes partout, dans les champs, même dans les fleurs de tournesol”, explique-t-il. “Il ne faut pas reproduire cela.”A ses côtés, Philippe Grandcolas, chercheur au CNRS, rappelle que “les études scientifiques montrent un déclin de l’ordre de 70 à 90% des populations d’insectes dans les paysages les plus impactés par l’utilisation des pesticides”.Et comme “les trois quarts des plantes doivent être pollinisées pour produire”, “on a des pertes de productivité importantes”, allant jusqu’à “30% pour le colza”, indique-t-il.Des produits comme l’acétamipride, un néonicotinoïde aux puissants effets neurotoxiques, peuvent perdurer “plusieurs décennies” dans les sols et voient “leur toxicité augmenter de 100 fois au contact de fongicides” présents dans les parcelles agricoles, selon le scientifique.Selon le CNRS, la production de miel en France a été divisée par deux entre le milieu des années 1990, date d’introduction des néonicotinoïdes, et le milieu des années 2010.Ce texte “est le moteur législatif dont notre agriculture a besoin pour redémarrer”, a au contraire estimé Arnaud Rousseau, le président du premier syndicat agricole FNSEA, dans un message posté mardi sur LinkedIn. La FNSEA en attend notamment, outre l’autorisation de l’acétamipride, “une simplification des procédures pour les éleveurs” et un “meilleur accès à l’eau”.La commission du développement durable a entamé mardi après-midi l’examen de la proposition de loi. Saisie “au fond” sur deux articles, elle a supprimé l’article 5 du texte. Celui-ci prévoit de déclarer d’intérêt général majeur les projets de prélèvement et de stockage d’eau dans certaines zones, leur permettant de déroger à certaines obligations environnementales, et crée une nouvelle catégorie de zone humide, les zones humides fortement modifiées (ZHFM), pouvant être soumises à des travaux sans compensation environnementale.Cette suppression était défendue par la rapporteure Sandrine Le Feur (Renaissance), soutenue par la gauche et le MoDem. Le texte sera examiné par la commission des affaires économiques à partir de mardi prochain.M. Rousseau a dénoncé sur X cette suppression et interpellé le président du groupe MoDem Marc Fesneau, ancien ministre de l’Agriculture: “Marc Fesneau, quelle cohérence ?!”, s’est-il insurgé.

Panama: manifestation contre le renforcement de la présence militaire américaine

Des milliers de Panaméens ont défilé mardi dans les rues de la capitale pour protester contre le renforcement de la présence militaire américaine autour du canal interocéanique, le projet de réouverture d’une mine à ciel ouvert et la récente réforme de la sécurité sociale.Washington a, début avril, obtenu l’autorisation par le Panama de déployer des militaires américains autour de cette voie d’eau stratégique par laquelle transite 5% du commerce maritime mondial. Les Etats-Unis et la Chine sont les deux principaux utilisateurs du canal entre océans Atlantique et Pacifique.Avant même de prendre ses fonctions le 20 janvier, Donald Trump avait fait monter la pression sur le Panama, menaçant de “reprendre” la voie d’eau inaugurée en 1914 et restée sous souveraineté américaine jusqu’en 1999 car il l’estime sous domination chinoise.  Le Panama avait récupéré le canal cette année-là, en vertu d’un accord conclu en 1977 avec le président Jimmy Carter.Les manifestants – étudiants, enseignants, ouvriers, employés du secteur de la santé et défenseurs de l’environnement – exigent également que le président Raul Mulino renonce à son projet de réouverture d’une mine de cuivre à ciel ouvert, dont l’exploitation a été suspendue par la justice en 2023. Ainsi qu’à celui de barrage pour fournir l’eau douce dont le canal a besoin pour faire fonctionner son système d’écluses.”Depuis que Mulino a pris les commandes (en juillet 2024), tout est parti à vau-l’eau”, a déclaré à l’AFP Isaac Alba, universitaire de 27 ans.”Le peuple se joint à la lutte et s’unit” pour faire abroger une réforme de la Sécurité Sociale et l’accord “avec les Américains”, a déclaré à l’AFP le leader du syndicat de la construction Suntracs, Saul Méndez.Le président Mulino a affirmé lundi que le pays “ne progresse pas avec des grèves” et qu’il assumait “tout le coût politique” du mécontentement de nombreux Panaméens.”Je continuerai à m’investir dans des thèmes délicats qui nécessitent des solutions dans ce pays”, a-t-il ajouté.

La Bourse de Paris patiente avant la Fed

La Bourse de Paris a terminé en baisse de 0,40% mardi, se montrant attentiste à la veille de la réunion de la banque centrale américaine (Fed).L’indice vedette CAC 40 de la Bourse de Paris a reculé de 31,01 points pour s’établir à 7.696,92 points à la clôture. Lundi, il avait terminé en baisse de 0,55%.”Le sujet principal reste toujours les droits de douane américains et, à plus court terme, ce que décidera la Fed” mercredi, à l’issue de ses deux jours de réunion sur sa politique monétaire, a commenté Guillaume Chaloin, directeur de la gestion actions de Delubac AM. Le marché sera attentif au discours du président de la Fed, Jerome Powell et “cherchera à voir s’il laisse envisager qu’une baisse des taux peut être attendue”, a-t-il poursuivi. Depuis décembre, les taux de la puissante institution monétaire se situent dans une fourchette comprise entre 4,25% et 4,50%, et le marché s’attend au statu quo.”Le problème principal de la Fed reste, à ce stade, et comme c’est le cas depuis plusieurs mois, l’imprévisibilité de la politique commerciale américaine, en termes de niveau des nouvelles taxes et de calendrier, rendant très difficile toute nouvelle projection”, explique Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marchés chez IG France.”C’est une séance qui se voulait attentiste avant la Fed, mais finalement l’élection du chancelier en Allemagne a réservé une surprise” au cours de la séance, a relevé Guillaume Chaloin.Le conservateur Friedrich Merz a été élu mardi dans la douleur chancelier allemand par les députés, en étant obligé de s’y prendre à deux reprises, signe annonciateur des difficultés qui l’attendent au pouvoir à un moment  charnière pour son pays.Scénario sans précédent en Allemagne, il a fallu un deuxième tour de scrutin au Bundestag pour que le président du parti démocrate-chrétien (CDU) soit finalement porté de justesse au poste de chef du gouvernement. Le chef de l’Etat Frank-Walter Steinmeier l’a officiellement nommé chancelier dans la foulée.Coface sanctionnéL’assureur-crédit Coface qui fait partie des valeurs du SBF 120 a terminé en nette baisse de 6,47% à 17,36 euros après avoir publié ses résultats pour le premier trimestre.”Les revirements américains en matière de commerce international créent un niveau d’incertitude élevé bien que leurs conséquences éventuelles ne soient pas encore visibles”, a commenté Xavier Durand, le directeur général du groupe.

L’UE veut en finir avec le gaz russe d’ici fin 2027

La Commission européenne a dévoilé mardi son plan pour mettre définitivement un terme aux importations de gaz russe d’ici fin 2027, un défi difficile tant la dépendance de l’Europe demeure importante.Plus de trois ans après l’invasion de l’Ukraine, “il est maintenant temps pour l’Europe de rompre complètement ses liens énergétiques” avec la Russie de Vladimir Poutine, a lancé la présidente de la Commission Ursula von der Leyen.L’exécutif européen propose d’agir par étapes: l’interdiction des nouveaux contrats et des contrats courts (spot) existants avec les entreprises russes fin 2025, puis l’extinction de l’ensemble des importations de gaz depuis la Russie deux ans plus tard.Plusieurs fois reportée avant sa présentation mardi au Parlement européen à Strasbourg, cette feuille de route va être soumise aux Etats membres et au Parlement. Les discussions s’annoncent sensibles sur fond de craintes d’une nouvelle flambée des prix de l’énergie.Certes, la part des importations de gaz russe dans l’Union européenne est passée de 45% en 2021 à 19% en 2024.Mais si l’UE s’est efforcée de réduire ses approvisionnements par gazoducs, elle s’est en partie tournée vers le gaz naturel liquéfié (GNL), transporté par navire, déchargé dans des ports, regazéifié puis injecté dans le réseau européen.Les importations en la matière atteignent des records. Derrière les Etats-Unis (45%), la Russie occupe une place centrale avec 20% des importations de GNL de l’UE en 2024, soit 20 milliards de mètres cubes sur la centaine de milliards importés.La marche sera haute, alors que la Commission promettait dès 2022 de se passer des combustibles fossiles russes “à l’horizon 2027”.L’un des grands enjeux sera la diversification des approvisionnements.L’UE avait évoqué il y a plusieurs mois la possibilité d’augmenter encore ses importations de GNL américain. Mais les tensions commerciales avec les Etats-Unis de Donald Trump ont brouillé les cartes. – La France, porte d’entrée -Il a fallu attendre le 1er mai pour que le commissaire européen en charge du commerce, Maros Sefcovic, suggère de nouveau de “résoudre très rapidement” le différend avec l’administration Trump grâce à des achats de GNL américain ou de produits agricoles comme le soja.Le président des Etats-Unis avait mis une forte pression aux Européens début avril en leur réclamant des commandes massives d’énergie américaine, à hauteur de 350 milliards de dollars (309 milliards d’euros).”La Commission risque de remplacer une dépendance désastreuse par une autre – débrancher le gaz de Poutine et brancher celui de Trump”, s’alarme l’organisation environnementale Greenpeace, qui plaide pour des économies d’énergie et le développement des renouvelables.Dans un entretien à l’AFP, le commissaire européen à l’énergie Dan Jorgensen mentionne pour sa part “le large éventail” de pays producteurs: Norvège, Qatar, Afrique du Nord… “Nous ne voulons dépendre d’aucun pays, y compris des États-Unis”, assure-t-il.Comment vont se positionner les Etats membres ? Certains comme la Hongrie ne cachent pas leur proximité avec Moscou. Le plan de l’UE est “une très grave erreur”, a réagi le ministre des Affaires étrangères Peter Szijjarto.Afin de se sevrer du gaz russe, la Commission a pris les devants en optant pour une proposition législative – qui peut être adoptée à la majorité qualifiée – plutôt qu’un nouveau train de sanctions, qui nécessiterait l’unanimité des 27.Bruxelles va aussi devoir gérer la dépendance de plus en grande de certains pays au GNL russe.La France se retrouve en première ligne avec ses cinq terminaux de regazéification. Selon le groupe de réflexion IEEFA, elle a augmenté de 81 % ses importations de GNL russe entre 2023 et 2024 et versé 2,68 milliards d’euros à la Russie.Dan Jorgensen déplore les centaines de milliards dépensés par les pays européens depuis le début de la guerre. “Nous avons acheté du gaz russe pour un montant supérieur à celui de l’aide que nous avons apportée à l’Ukraine”, s’est-il indigné.Au-delà du gaz, l’UE rappelle les efforts qui ont été faits pour mettre fin à la dépendance au pétrole russe, avec un embargo instauré fin 2022.Avec sa nouvelle feuille de route, Bruxelles promet de nouvelles actions contre la flotte fantôme russe, des navires pétroliers souvent vieillissants et opérés sous pavillon étranger, accusés d’être utilisés pour contourner les sanctions occidentales.Des mesures contre les importations d’uranium enrichi russe sont aussi évoquées pour le mois de juin.

Grève: début de semaine calme dans les gares, et des retours dimanche garantis selon la SNCF

La SNCF a assuré mardi que 90% des trajets seraient maintenus sur la semaine malgré un appel à la grève, et qu’une compensation financière serait proposée aux clients touchés par des annulations de trains.”On ne sera pas loin de 90% de trains qui vont rouler” ce week-end, malgré l’appel à la grève de plusieurs syndicats, a assuré le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, appelant les voyageurs à ne pas annuler leur réservation.Deux syndicats de l’entreprise publique ont déposé plusieurs préavis de grève pour cette semaine comportant un week-end prolongé, durant lequel 1,8 million de personnes ont prévu de prendre le train. Les revendications syndicales portent principalement sur la revalorisation d’une prime et sur l’organisation du travail.Mardi midi à la gare Montparnasse, des milliers de passagers attendaient sans trop d’inquiétude leur train pour Rennes, Bordeaux ou Nantes.”Tous les départs vont bien se passer puisqu’il n’y a quasiment pas de grève mercredi, jeudi” et “il y aura un train dimanche pour ramener tout le monde”, a affirmé M. Farandou sur France Inter. Pour assurer ces neuf circulations sur dix, la SNCF a formé aux tâches de chef de bord des volontaires, “des cadres qui sont dans des missions différentes dans les bureaux”, a précisé Alain Krakovitch, le directeur de TGV-Intercités.A Montparnasse, Antoine Mahé, 35 ans, a vu son Transilien annulé depuis Plaisir (Yvelines) mais son train pour Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) est confirmé.Pierre Descargues, 76 ans, et son épouse, ont déjà vu leur train Belfort-Paris annulé ce matin, pas à cause de la grève mais d’un animal sur la voie. Pour rentrer samedi matin de La Baule (Loire-Atlantique), ils sont prêts à ce que leur train soit annulé: “C’est pas grave, on en prendra un autre. On voyage souvent, on sait s’adapter”.Un groupe de jeunes Allemands d’Alzey (ouest), en échange scolaire, attendait aussi son train pour la Bretagne. “On a souvent eu des problèmes de train”, racontait leur professeur Kathrin Schick. “Il y a deux ans c’était une grève des cheminots allemands, et on a dû prendre le train en France.” – Compensation -La SNCF a promis d’informer les clients sur le maintien ou l’annulation de leur train au plus tard mercredi matin. Tous les billets restent échangeables et remboursables sans frais sur les TGV Inoui comme les Ouigo pour la semaine du 5 au 11 mai.Par ailleurs, tous les passagers touchés par des annulations recevront un bon de réduction de 50% à valoir sur un prochain trajet, même s’ils décident de changer de train, a précisé M. Krakovitch.La première journée de grève lundi n’a pas perturbé les grandes lignes mais rendu les trajets compliqués sur certains réseaux régionaux, comme dans le Nord et en Ile-de-France. Mardi, le trafic était à nouveau “fortement perturbé” sur certaines lignes d’Ile-de-France, comme les RER B, C, D ou E, ainsi que les lignes de Transilien J, K, P, U, selon la SNCF. Le trafic devrait rester perturbé de façon similaire mercredi 7 mai sur ces lignes franciliennes, avant un “retour à la normale” prévu pour jeudi.- Collectif de contrôleurs -Le principal syndicat du groupe, CGT-Cheminots, ainsi que SUD-Rail, réclament une hausse des rémunérations et une meilleure anticipation des plannings, trop souvent modifiés à la dernière minute d’après eux. Pour le pont du 8-Mai, un influent collectif de contrôleurs, baptisé Collectif national ASCT (CNA), s’est joint à l’appel à la mobilisation, lui donnant de l’ampleur.La direction de la SNCF n’a pas communiqué sur le nombre de grévistes, mais “la mobilisation a été extrêmement forte lundi sur le Transilien et dans 11 régions sur 13”, a assuré Romain Pitelet de la CGT. “On est à peu près sur le même niveau mardi”.Les cheminots de la CGT doivent décider mardi, localement, s’ils poursuivent le mouvement. “La tendance est à une poursuite jusqu’à demain, côté CGT”, a souligné Romain Pitelet. “La direction de SNCF Voyageurs ne peut pas faire comme si elle découvrait les sujets. On les porte depuis plusieurs années, avec des propositions concrètes”.Après plusieurs négociations ces dernières années, Jean-Pierre Farandou a estimé de son côté que “les Français ne comprennent pas bien pourquoi quelques catégories de cheminots revendiquent encore, en fait, de l’argent”. 

Une sanction pour une émission de Hanouna sur la chaîne C8 diminuée de moitié

Le Conseil d’Etat a réduit mardi de 300.000 à 150.000 euros une amende infligée par le régulateur de l’audiovisuel à la chaîne aujourd’hui disparue C8, pour une émission où l’animateur Cyril Hanouna avait attaqué la maire de Paris Anne Hidalgo.”Le montant de 300.000 euros de la sanction infligée à la société C8 (par l’Arcom en mai 2023, ndlr) doit être regardé comme excessif”, a estimé la plus haute juridiction administrative dans sa décision consultée par l’AFP. Le Conseil d’Etat, qui avait été saisi par C8, a ramené l’amende à 150.000 euros, “eu égard à la gravité des manquements en cause et à l’ensemble de leurs caractéristiques”.Les propos visés avaient été tenus dans un numéro de l’émission Touche pas à mon poste (TPMP) du 5 octobre 2022. La maire de Paris, qui n’y participait pas, avait été invitée par Cyril Hanouna notamment à “fermer sa gueule” et à “chasser les rats la nuit au lieu de dire des conneries”.C8, chaîne du groupe Canal+ dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, a cessé d’émettre en mars après le non-renouvellement de sa fréquence par l’Arcom.Son éviction de la TNT (télévision numérique terrestre) a été largement motivée par les “manquements réitérés” de la chaîne, qui a cumulé 7,6 millions d’euros d’amende à cause des dérapages de sa vedette Cyril Hanouna.Ce dernier rejoindra le groupe M6 en septembre, pour deux émissions sur Fun Radio et sur la chaîne W9.

Le déficit commercial des Etats-Unis à un niveau record en mars

Le déficit commercial des États-Unis, que l’offensive protectionniste de Donald Trump a pour but de réduire, a franchi un nouveau record en mars avec un bond des importations avant l’entrée en vigueur de la majeure partie des nouveaux droits de douane.La balance commerciale américaine s’est creusée de 14% en mars par rapport au mois précédent, pour s’afficher en déficit de 140,5 milliards de dollars, a rapporté mardi le ministère du Commerce.Le précédent record datait de janvier.Les importations de biens se sont inscrites à un niveau très élevé, passant de près de 329 milliards à 387 milliards de dollars, suggérant que les entreprises ont continué à renforcer leurs stocks pour prendre de vitesse la mise en place de nouveaux droits de douane par l’exécutif américain.Ce dernier avait prévenu qu’il révèlerait des droits de douane “réciproques” le 2 avril. L’ampleur des nouvelles taxes annoncées ce jour-là sur les produits entrant aux Etats-Unis avait largement dépassé les attentes. Donald Trump a partiellement fait marche arrière depuis, sauf pour la Chine.Le rapport mentionne notamment une importante hausse des importations de préparations pharmaceutiques en mars (+20 milliards de dollars en un mois).”Les entreprises ont acheté à l’avance des équipements nécessaires à leur activité et les distributeurs ont rempli leurs entrepôts de biens grand public”, résument dans une note les économistes de Wells Fargo.Pour la suite, “les importations américaines connaîtront un creux car les transactions qui en temps normal auraient eu lieu au deuxième trimestre ou plus tard auront déjà été réalisées”, observe dans une note Carl Weinberg, chef économiste chez HFE.Maintenant que les droits de douane sont en vigueur, relève de son côté l’économiste de Nationwide Daniel Vielhaber, “nous prévoyons une remontée de l’inflation, ce qui aura pour effet de freiner la consommation et la croissance économique, qui sont déjà en train de ralentir”.La ruée vers l’import a eu aussi un impact significatif sur la première estimation du produit intérieur brut (PIB) pour le premier trimestre 2025, annoncé la semaine dernière en recul de 0,3% (en rythme annualisé), après +2,4% le trimestre précédent.Le président américain justifie les coups de canifs à plus d’un demi-siècle de libéralisation des échanges par l’étendue du déficit commercial des Etats-Unis et la nécessité de revitaliser l’industrie nationale.

Trump reçoit Carney, élu par les Canadiens pour lui tenir tête

Donald Trump reçoit mardi le nouveau Premier ministre canadien, Mark Carney, porté au pouvoir sur une promesse de tenir tête au président américain et à ses velléités d’annexion, mais qui devra éviter de le braquer s’il veut lui arracher un compromis commercial.L’entrevue, prévue pour 11H45 locales (15H45 GMT) dans le Bureau ovale, et qui sera suivie d’un déjeuner de travail, pourrait être tendue, à entendre lundi le ministre américain au Commerce, Howard Lutnick.Interrogé sur la chaîne Fox Business sur la possibilité d’un compromis douanier, ce très fidèle allié de Donald Trump a répondu que ce serait “très compliqué”, en décrivant le Canada comme un “régime communiste” qui “se nourrit [aux] dépens” des Etats-Unis.”Ce sera une rencontre fascinante”, a-t-il prédit.Il ne faut pas s’attendre à de la “fumée blanche” à l’issue de la réunion, avait averti vendredi le nouveau dirigeant canadien, usant d’une métaphore d’actualité en ces temps de conclave.Selon lui, l’ancienne relation entre les deux pays fondée sur “une intégration croissante” est “terminée”, et il s’agit de savoir comment les deux pays “vont coopérer à l’avenir”. Face à lui, le président américain s’estime en position de force, après avoir suspendu au-dessus du Canada et du Mexique la menace de droits de douane généralisés de 25%, en plus des taxes sectorielles qu’il a déjà imposées, en particulier sur l’acier et l’aluminium.- “Très sympathique” -“J’imagine qu’il veut conclure un accord”, a dit Donald Trump lundi à propos de son visiteur.La semaine dernière, il avait qualifié le nouveau chef du gouvernement canadien d'”homme très sympathique”, un ton incomparablement plus amène que celui réservé à l’ancien Premier ministre Justin Trudeau, pour lequel le milliardaire républicain a une féroce antipathie.Mark Carney, vainqueur la semaine dernière des élections législatives alors que sa formation, le parti libéral, était il y a encore quelques mois promise à une cuisante défaite, a résumé vendredi sa délicate position de négociation.”Mon gouvernement va se battre pour décrocher le meilleur accord (commercial). Cela prendra le temps nécessaire, mais pas plus”, a dit le dirigeant libéral, ancien banquier central rompu à la gestion de crise qui a par exemple tenu le gouvernail de la Banque d’Angleterre dans la tempête du Brexit.Technocrate sans expérience de campagne, Mark Carney doit en bonne partie son élection à Donald Trump.Depuis son retour au pouvoir, ce dernier a lancé contre le Canada des attaques commerciales mais aussi politiques particulièrement violentes, en répétant que le gigantesque pays était voué à devenir le 51e Etat américain.”C’est un moment très important pour (le nouveau dirigeant canadien), puisqu’il a martelé pendant la campagne qu’il pouvait affronter M. Trump”, a expliqué à l’AFP Geneviève Tellier, politologue à l’université d’Ottawa.- Conclure des “deals” -“Cela doit bien se passer pour laisser une chance pour la suite”, a souligné la politologue, pour qui le pire scénario serait une altercation publique telle que celle ayant opposé Donald Trump au président ukrainien, Volodymyr Zelensky, dans le Bureau ovale.Le nouveau Premier ministre, au tempérament mesuré et à l’expression prudente, a une personnalité fort différente de celle de l’éruptif président américain, mais aussi de celle, très extravertie, de Justin Trudeau.Les Etats-Unis et le Canada sont liés par un accord de libre-échange conclu pendant le premier mandat de Donald Trump, et qui pourrait selon certains analystes être revu. Mais renégocier le texte serait un processus long et compliqué peu compatible avec la volonté du président américain de conclure rapidement des “deals” commerciaux spectaculaires.L’entrevue de mardi avec Mark Carney servira aussi de baromètre avant le sommet du G7, prévu au Canada en juin, rassemblant les dirigeants de pays particulièrement bousculés par Donald Trump depuis son retour au pouvoir.Le groupe des 7 réunit l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon, et le Royaume-Uni. L’Union européenne y est également représentée.