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Commerce: les pays de l’Asie-Pacifique “inquiets”, Séoul reprend ses discussions avec Washington

Les pays de l’Asie-Pacifique, dont la Chine et les Etats-Unis, se sont dits vendredi “inquiets” des “défis fondamentaux” assombrissant les échanges mondiaux, à l’issue d’une réunion ministérielle sur fond de guerre douanière, en marge de laquelle Séoul a repris ses discussions avec Washington.Les ministres du Commerce des 21 économies de l’APEC (Coopération économique Asie-Pacifique) étaient réunis pour deux jours dans l’île de Jeju en Corée du Sud, sous pression de l’offensive douanière du président américain Donald Trump.”Nous sommes inquiets des défis fondamentaux auxquels est confronté le système commercial mondial (…) nous réaffirmons notre engagement commun à faire progresser l’intégration économique dans la région”, ont-ils souligné dans une déclaration finale commune.Le ministre sud-coréen du Commerce, Cheong In-Kyo, a reconnu que ce communiqué au ton pourtant très général avait été négocié difficilement en raison de “divergences de position significatives”, surmontées “à la dernière minute”.Les pays de l’APEC (Australie, Vietnam, Thaïlande, Japon, Chine, Canada, Etats-Unis, Mexique…) ont aussi rappelé l’importance de “chaînes d’approvisionnement durables” et pérennes.”Cela envoie un signal très positif aux marchés mondiaux”, montrant que “les membres de l’APEC peuvent collaborer pour naviguer efficacement à travers un contexte commercial incertain”, s’est félicité Cheong In-Kyo.Vu les situations économiques et “positionnements” très contrastés des pays de l’APEC, “il est difficile” de concevoir une réponse commune aux droits de douane américains, reconnaît-il cependant, estimant que l’APEC peut demeurer le cadre d’efforts visant à “surmonter l’incertitude”.A Jeju, le représentant américain au Commerce Jamieson Greer a ainsi multiplié les entretiens bilatéraux en marge de la réunion.Il a rencontré jeudi le vice-ministre chinois du Commerce Li Chenggang, quelques jours après la conclusion d’une trêve dans les lourdes surtaxes douanières que s’imposent Pékin et Washington. -“Accord global”-Et après avoir vu Cheong In-Kyo, Jamieson Greer s’est entretenu vendredi avec le ministre sud-coréen du Commerce et de l’Industrie Ahn Duk-geun, avant des “négociations techniques” la semaine prochaine dans la suite de discussions bilatérales entamées à Washington fin avril.Avec un excédent commercial de 66 milliards de dollars avec les Etats-Unis l’an dernier (juste derrière le Vietnam, Taïwan et le Japon en termes de plus gros excédents), la Corée du Sud est dans le viseur de Washington.Le pays, dépendant des exportations, est touché durement par les surtaxes douanières de 25% sur l’automobile imposées début avril par Donald Trump. L’automobile constitue 27% des exportations sud-coréennes vers les Etats-Unis.M. Trump a également annoncé des surtaxes “réciproques” généralisées atteignant 25% sur les exportations sud-coréennes, avant de les suspendre jusqu’à début juillet.Séoul espère y échapper en concluant un “accord global”, avec notamment des importations accrues de gaz naturel liquéfié (GNL) américain et des discussions sur le taux de change du won, monnaie que Washington accuse d’être sous-évaluée.”Notre objectif est de finaliser un accord avant la date-butoir (début juillet), nous mettons tout en œuvre pour respecter ce délai, et les États-Unis n’ont aucune raison de jouer la montre”, a estimé Ahn Duk-geun vendredi. -Chantiers navals-La Corée du Sud pourrait également promettre son assistance dans la construction navale, secteur où elle est leader après la Chine et où les Etats-Unis entendent se muscler pour réduire leur dépendance.Jamieson Greer a rencontré vendredi l’influent patron sud-coréen Chung Ki-sun, vice-président de HD Hyundai, géant des chantiers navals, et le dirigeant de Hanwha Ocean, autre mastodonte du secteur.HD Hyundai a annoncé avoir proposé à M. Greer une collaboration pour la fabrication de grues portuaires, et “plusieurs axes de coopération”: développements technologiques conjoints, formation de main-d’œuvre…Plus généralement, Séoul insiste sur son accord de libre-échange avec les Etats-Unis, entré en vigueur en 2012, et son rôle de “partenaire important”, notamment en terme de coopération industrielle.Autre sujet sensible: Washington a ouvert en avril une enquête sur les semi-conducteurs, ouvrant la voie à des surtaxes douanières sur ce secteur –au risque de menacer les deux mastodontes sud-coréens des puces, Samsung Electronics et SK hynix. La Corée du Sud, a exporté aux Etats-Unis pour 10,7 milliards de dollars de semi-conducteurs en 2024.La guerre commerciale intervient alors que la Corée du Sud sort fragilisée d’une longue crise politique avec la destitution du président Yoon Suk Yeol. Son activité économique mesurée par l’évolution du PIB s’est contractée de 0,1% au premier trimestre.

France: le taux de chômage stable malgré la hausse des licenciements économiques

Le taux de chômage n’a que légèrement progressé à 7,4% au premier trimestre 2025 en France tandis que le taux d’emploi a atteint son plus haut niveau historique, a rapporté vendredi l’Insee, malgré la hausse des licenciements économiques.Le taux de chômage au sens du Bureau international du Travail (BIT) a ainsi augmenté de 0,1 point de pourcentage, soit 64.000 personnes, pour atteindre près de 2,4 millions de chômeurs.Sur un an, ce taux diminue de 0,1 point de pourcentage et reste “légèrement supérieur” à son point bas de fin 2022 – début 2023 qui était de 7,1%, tout en étant toujours très inférieur à son pic de 10,5% de la mi-2015.Le halo autour du chômage, constitué de 1,9 million de personnes qui ne sont pas considérées au chômage au sens du BIT parce qu’elles ne recherchent pas d’emploi activement ou ne sont pas disponibles, “diminue nettement” lui aussi, de 0,3 point sur le trimestre, à 4,3%.”Ca veut dire qu’il y a des personnes qui ne recherchaient pas de l’emploi et qui se mettent à rechercher de l’emploi”, a estimé sur franceinfo la ministre du Travail Astrid Panosyan-Bouvet.Elle s’est réjouie qu’il y ait “toujours un rythme d’embauche qui reste soutenu”, constatant qu’il y a encore “430.000 emplois non pourvus” et “un employeur sur deux qui dit que les recrutements sont difficiles”.Mais elle relève aussi “une augmentation de 18 % des inscriptions à France Travail suite à des licenciements économiques. Donc la réalité, elle est nuancée. Ce qui veut dire qu’il faut être extrêmement vigilant”.”Le problème, c’est que ça va augmenter”, a encore prédit sur BFMTV/RMC la numéro un de la CGT Sophie Binet, parlant d’une “accélération” des “plans de licenciement en cours” et dénonçant un gouvernement “dans le déni” et qui “refuse d’agir”.- taux d’emploi au zénith -Pour l’économiste Mathieu Plane, de l’OFCE, “la légère remontée du taux de chômage est cohérente avec les ajustements qu’on voit s’opérer du côté de l’emploi”.L’Insee avait rapporté la semaine dernière une stabilité de l’emploi salarié privé au premier trimestre, après 68.000 destructions d’emplois au trimestre précédent.L’OFCE prévoit “une remontée du taux de chômage à 7,9% d’ici la fin de l’année et à 8,5% d’ici fin 2026 et près de 200.000 pertes d’emplois sur ces deux années”, rappelle M. Plane.Selon Charlotte de Montpellier, économiste de la banque ING, “le fait de partir d’un point plus haut que prévu” en terme d’emplois “est une bonne nouvelle” et “la dégradation du marché sera probablement limitée”.La bonne résistance du marché du travail est aussi “une bonne nouvelle pour les prévisions de croissance et la consommation dans les prochaines trimestres car cela limitera la dégradation du pouvoir d’achat des ménages”, selon elle.Au premier trimestre, le taux d’emploi comme le taux d’activité ont atteint des sommets historiques, avec 69,5% des 15-64 ans en emploi, un chiffre en hausse de 0,4 point sur le trimestre et de 0,6% sur un an.Le taux d’activité, qui inclut les chômeurs, et s’élève désormais à 75,1%, en progression de 0,5 point sur le trimestre.Le “rythme assez fort de hausse du taux d’emploi est très lié aux différentes réformes sur les retraites, et notamment la dernière de 2023″, a expliqué Vladimir Passeron, chef du département de l’Emploi de l’Insee, lors d’un point presse.La ministre du Travail s’est félicitée de l’augmentation de ce taux chez les 55-64 ans, qui a atteint 61,5% (à +0,5 point sur le trimestre), tout en soulignant l’écart persistant avec l’Allemagne.Selon l’Insee, le taux d’emploi atteignait outre-Rhin 77,2% en 2022 chez les 15-64 ans et 73,6% chez les 55-64 ans.”Il faut poursuivre résolument l’accompagnement des demandeurs d’emploi vers l’emploi, c’est tout ce qu’on a fait, tout ce qu’on est en train de faire maintenant avec les bénéficiaires du RSA”, a déclaré Mme Panosyan-Bouvet.L’Insee a pour sa part examiné les effets de l’inscription automatique des bénéficiaires du RSA à France Travail depuis le 1er janvier et a calculé qu’il a pour l’instant été “négligeable sur l’évolution des trois indicateurs de l’ensemble de la population (taux de chômage, d’emploi et d’activité)”. 

La Bourse de Paris en hausse à l’issue d’une semaine marquée par la trêve sino-américaine

La Bourse de Paris avance vendredi et se dirige vers une semaine positive, principalement portée par la trêve entre les Etats-Unis et la Chine dans leur guerre commerciale, le marché attendant désormais les développements sur ce dossier entre les deux pays.L’indice vedette de la Bourse de Paris, le CAC 40, gagnait 0,48%, soit 37,75 points à 7.891,22 vers 09H50. A ce stade, il affiche un bilan hebdomadaire en hausse de 1,91%. “Cette semaine s’achève sur de nombreuses nouvelles positives et une hausse en conséquence des actions”, commente Andreas Lipkow, analyste chez CMC Markets. Surtout, “la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis s’est apaisée, les deux parties souhaitant mettre fin à leurs tensions dans les semaines à venir”, a-t-il poursuivi.Après des négociations durant le week-end à Genève en Suisse, Chinois et Américains avaient annoncé une suspension de l’essentiel de leurs droits de douane punitifs. Un résultat bien supérieur aux attentes, qui a alors suscité un optimisme prudent sur les marchés boursiers.Dans le cadre de cet accord, les États-Unis ont accepté d’abaisser leurs surtaxes douanières sur les produits chinois à 30%, tandis que la Chine réduira les siennes à 10% sur les biens américains.”Les investisseurs attendent le prochain véritable catalyseur” pour continuer à faire monter les marchés, les actions mondiales cumulant “sept jours de hausse”, souligne quant à lui Stephen Innes, gérant de SPI AM.En attendant, “en excluant les secteurs automobile, pharmaceutique et de l’énergie”, soit les secteurs les plus durement touchés par les droits de douane imposés par l’administration Trump, “les affaires marchent très bien”, a encore écrit l’analyste dans une note.Eutelsat sanctionnéL’opérateur européen de satellites Eutelsat a fait état d’un léger recul de ses recettes au troisième trimestre de son exercice décalé 2024-2025, mais confirme ses objectifs annuels. Son titre reculait fortement, de 4,83% à 3,74 euros. Depuis le 1er janvier, il a cependant gagné environ 65%.Forsee dévisseForsee, entreprise française spécialisé des systèmes de batteries intelligents pour véhicules électriques commerciaux et industriels, a annoncé réviser à la baisse ses objectifs financiers pour l’année en cours, faisant chuter de plus de 15% son action vendredi (à 59 centimes vers 09H50).

Japon: l’économie se contracte au 1er trimestre, l’horizon s’assombrit

Le Japon a vu son économie se contracter de 0,2% au premier trimestre 2025, dans un environnement marqué par une inflation persistante et les vives incertitudes pesant sur ses exportations en raison des droits de douane américains.Selon une première estimation officielle publiée vendredi par le gouvernement, le produit intérieur brut (PIB) de la quatrième économie mondiale a reculé de 0,2% sur un an sur les trois premiers mois de l’année, après une croissance de 0,6% au quatrième trimestre 2024.Une performance inférieure à la prévision médiane des analystes sondés par l’agence Bloomberg (-0,1%).L’archipel avait connu en 2024 une quasi-stagnation (+0,1%) de son PIB en termes réels (corrigés de l’inflation).Il avait cependant enregistré en fin d’année dernière un brusque sursaut, avec une croissance de 0,6% au quatrième trimestre, à la faveur d’un excédent commercial accru. Mais cet élan s’est vite essoufflé sur les premiers mois de 2025.La conjoncture reste maussade: l’inflation (hors produits frais) a accéléré à 3,2% sur un an en mars, tirée par l’envolée persistante des prix de l’énergie et des céréales (+25%), avec notamment une flambée record de 92,5% sur un an des prix du riz, base essentielle de la cuisine japonaise.L’inflation persistante, quasi-systématiquement supérieure ou égale à 2% depuis 2022, contribue à effriter le pouvoir d’achat et pèse toujours sur les dépenses des ménages nippons, en dépit d’un récent sursaut de ces dernières. La consommation privée est un pilier du PIB national.Or, cette conjoncture précaire se voit fragilisée encore davantage par l’offensive douanière engagée par le président américain Donald Trump.- Taxes douanières -Proche allié de Washington, le Japon est visé depuis début avril par des surtaxes douanières américaines de 25% sur l’automobile et l’acier. Or, l’automobile a représenté l’an dernier environ 28% des exportations japonaises à destination des Etats-Unis, et représente un emploi sur huit dans le pays.Le Japon est par ailleurs menacé d’une surtaxe “réciproque” de 24% sur toutes ses exportations, mise en pause jusqu’à début juillet, et à laquelle Tokyo tente d’échapper via ses négociations avec l’administration Trump.”En cas d’échec des négociations, il y aurait des conséquences négatives pour l’économie japonaise et les marchés actions”, a affirmé Katsutoshi Inadome, stratégiste senior chez SuMi TRUST.La Banque du Japon (BoJ) a récemment pris acte de cet assombrissement de l’horizon économique: elle ne table plus que sur une croissance du PIB japonais de 0,5% sur l’année budgétaire 2025 entamée début avril, contre 1,1% prévu précédemment.”L’introduction de taxes douanières de grande envergure devrait avoir un impact sur l’activité commerciale mondiale, et les incertitudes accrues sont susceptibles d’avoir un impact important sur le moral des entreprises et des ménages dans le monde entier, ainsi que sur les marchés financiers”, s’est alarmée la BoJ dans un rapport publié le 1er mai.”La croissance économique du Japon devrait ralentir, les politiques commerciales entraînant l’essoufflement économique des autres pays et pénalisant les bénéfices des entreprises nationales”, insistait l’institution.Après une hausse des ventes vers les Etats-Unis, grâce aux entreprises soucieuses de gonfler leurs stocks avant les surtaxes douanières, le commerce nippon pourrait souffrir.Les composantes de l’indice manufacturier PMI “montre déjà une diminution des commandes à l’exportation, tandis que la baisse des exportations chinoises vers les États-Unis et le ralentissement économique américain devraient peser sur les bénéfices des entreprises japonaises et sur le PIB nippon jusqu’au troisième trimestre 2025″, avertissent les experts de la banque UBS dans une note.”Cela pourrait avoir un impact sur les primes de fin d’année et les négociations salariales du printemps prochain”, de quoi continuer à pénaliser la consommation, ajoutent-ils.Face à la conjoncture maussade, et compte tenu de la possibilité de négociations tarifaires prolongées entre les États-Unis et la Chine, la BoJ pourrait attendre jusqu’à 2026 pour reprendre ses hausses de taux.Elle avait maintenu ses taux inchangés début mai, pointant ses inquiétudes face au risque de ralentissement économique mondial.Dans ce contexte, le plan de relance d’environ 136 milliards d’euros adopté fin décembre par le gouvernement du Premier ministre Shigeru Ishiba, via des rabais fiscaux, aides et subventions pour conforter le pouvoir d’achat, peine à faire effet.Tout comme la mise sur le marché de stocks de riz tirés des réserves stratégiques nationales échoue jusqu’à présent à faire baisser significativement les prix de cet aliment de base pour le public.

Pesticides, eau: le patron de la FNSEA appelle à de “nouvelles actions” à partir du 26 mai

Le président de la FNSEA Arnaud Rousseau appelle à “de nouvelles actions” à partir du 26 mai, pour soutenir une proposition de loi visant à “lever les contraintes” pour les agriculteurs et favorisant l’accès à des pesticides, un sujet qui divise les syndicats agricoles.”A partir du 26 mai, nous appelons, avec les Jeunes Agriculteurs, à une nouvelle manifestation, à de nouvelles actions, parce que nous considérons aujourd’hui que, après avoir manifesté, travaillé, subi tout ce qui se passe sur le plan politique (…) les promesses qui nous sont faites ne sont pas là et c’est intolérable pour nous”, a-t-il déclaré jeudi sur RMC. C’est le 26 mai que doit débuter à l’Assemblée nationale l’examen de ce texte porté par le sénateur LR Laurent Duplomb. Adopté au Sénat en première lecture et actuellement en commission à l’Assemblée, il est considéré comme “vital” par la FNSEA car il répond, selon le syndicat, aux attentes des exploitants après la crise de l’an dernier.M. Rousseau estime que la parole donnée par le gouvernement “n’est pas tenue” car le texte, qui prévoit notamment de faciliter le stockage de l’eau, l’accès aux pesticides ou l’agrandissement des élevages, est “détricoté” en commission à l’Assemblée.La semaine dernière, devant la commission du Développement durable, la proposition a subi un important revers, avec la suppression d’un article ouvrant la voie à des dérogations environnementales pour certains projets de prélèvements et stockage d’eau.La Coordination rurale (CR) a relayé jeudi la “vive inquiétude” d’agriculteurs “notamment sur les questions liées à la gestion de l’eau, des traitements et à la gouvernance de l’Anses”, l’agence sanitaire en charge d’évaluer la dangerosité des pesticides et leur autorisation en France. La CR, qui se dit dans un communiqué “très attentive aux discussions”, n’a pour sa part toutefois pas appelé ses membres à l’action.Dans quelques villes d’Occitanie, dont Montauban ou Rodez, des agriculteurs se sont mobilisés dès jeudi soir à l’appel de la FRSEA et des JA occitans. A Montauban, ils étaient quelque 200 manifestants, dont certains au volant d’une quarantaine de tracteurs avec des remorques, a constaté un journaliste de l’AFP.- “Inacceptable” -En revanche, mercredi soir, devant la commission des Affaires économiques, les députés ont approuvé la réintroduction dérogatoire d’un insecticide de la famille des néonicotinoïdes interdit en France, mais autorisé ailleurs en Europe.Ce pesticide, l’acétamipride, est nocif pour les pollinisateurs, mais réclamé par les filières de la betterave ou la noisette, qui estiment n’avoir aucune autre solution pour lutter contre les ravageurs. A contrario, les apiculteurs mettent en garde contre “un tueur d’abeilles” et demandent quelle souveraineté alimentaire imposerait de “tuer une filière pour en sauver une autre”.La Confédération paysanne, 3e syndicat agricole, s’est dite jeudi déterminée à se mobiliser contre un retour des néonicotinoïdes en France.”On laisse croire que la profession souhaiterait voir baisser les normes environnementales, c’est faux. La FNSEA, ce n’est pas le monde agricole”, a affirmé Thomas Gibert, un porte-parole de la Confédération paysanne, lors d’une conférence de presse à Bagnolet.”Ce texte est inacceptable” pour la santé du vivant et “ne propose rien sur la question centrale du revenu des paysans”, a-t-il souligné.Générations Futures a de son côté “condamné l’irresponsabilité des députés ayant voté en faveur des dispositions relatives à ces substances”, au regard de leur “dangerosité”.”Nous ne pouvons nous satisfaire d’une politique allant de dérogation en dérogation sur des périodes successives de trois ans. Il faut désormais une ligne claire de maintien de l’interdiction et de soutien au développement des alternatives”, a appelé l’ONG.Les débats ont été vifs sur ces questions entre députés. La réintroduction dérogatoire adoptée mercredi soir devra concerner les filières en situation d’impasse.”Nous n’avons aucune certitude sur ce qui se passera à la fin, ce que voteront les députés. Il est important pour nous de nous mobiliser et de nous faire entendre”, a précisé M. Rousseau à l’AFP.Interrogé sur la mobilisation envisagée, il a indiqué qu’elle aurait lieu “à la fois à Paris et en province”, avec sans doute des “actions ponctuelles” à une époque de l’année où les agriculteurs sont occupés dans leurs exploitations, avant les récoltes.

Wall Street mitigée après des indicateurs économiques américains

La Bourse de New York a terminé sans direction claire jeudi, après une ouverture en baisse, les investisseurs digérant une salve de données économiques américaines qui ont provoqué la détente des taux obligataires.Le Dow Jones a gagné 0,65% et l’indice élargi S&P 500 0,41%, tandis que l’indice Nasdaq a perdu 0,18%.”La hausse que nous avons observée au cours de la journée est symptomatique du type de mouvement que nous avons observé sur le marché assez récemment, les investisseurs américains attendant que n’importe quelle vente matinale s’essouffle pour pousser le marché à la hausse”, estime auprès de l’AFP Steve Sosnick, d’Interactive Brokers.En revanche, souligne l’analyste, “il est assez inhabituel de voir le S&P 500 en hausse un jour où la plupart des +Sept Magnifiques+ (surnom donné aux grandes valeurs américaines du secteur technologique, ndlr) sont en baisse”.Tesla a perdu 1,40%, Alphabet 0,85%, Amazon 2,42%, Meta 2,35%, Apple -0,41% et Nvidia 0,38%. Seul Microsoft a terminé dans le vert, avançant de 0,23%.”Nous assistons également à un net recul des rendements (et) c’est certainement encourageant” pour la place américaine dans son ensemble, relève M. Sosnick.Vers 20H15 GMT, le taux d’intérêt des emprunts d’Etat américains à dix ans évoluait autour de 4,44%, contre 4,54% à la clôture jeudi.Cette franche détente est intervenue après la publication de plusieurs indicateurs économiques clés, notamment l’indice des prix à la production.Sur un mois, l’indice PPI a reculé de 0,5%, après une stabilisation au mois de mars, une baisse surprise alors que le consensus publié par Briefing.com anticipait une hausse de 0,3% sur la période.Sans les variations de prix de l’alimentation, de l’énergie et du commerce, considérés comme plus volatils, la baisse des prix est de 0,1% sur un mois, ce qui représente le premier recul enregistré depuis avril 2020, alors en pleine crise du Covid-19.Les ventes au détail ont, elles, connu une légère hausse en avril aux Etats-Unis (+0,1%), mais moins qu’attendu tandis que la production industrielle est restée inchangée durant le même mois, décevant les attentes des marchés.Côté marché de l’emploi, les demandes hebdomadaires d’allocation chômage sont ressorties stables par rapport à la période précédente et conformes aux attentes des analystes.Ailleurs à la cote, la première plateforme d’échanges de cryptomonnaies des États-Unis Coinbase (-7,20%) a chuté après avoir annoncé qu’un récent piratage allait lui coûter jusqu’à 400 millions de dollars pour rembourser ses clients qui ont perdu des fonds.La chaîne de boutiques d’équipement sportif Dick’s Sporting Goods a plongé de plus de 14% alors qu’elle s’apprête à racheter son concurrent Foot Locker pour plus de 2 milliards de dollars. L’action de ce dernier s’est envolée de plus de 85% à cette annonce.L’assureur américain UnitedHealth a plongé (-10,93%), alors qu’il est, selon le quotidien économique Wall Street Journal, visé par une enquête pour fraude potentielle par les autorités américaines.Selon le média américain, l’enquête diligentée par le ministère de la Justice porte sur une fraude dans le cadre du programme Medicare Advantage, un partenariat entre l’assurance maladie et les assureurs privés pour les patients souffrant de maladies chroniques.Le géant chinois du commerce en ligne, Alibaba a reculé de 7,57% après avoir annoncé jeudi une hausse modérée de son chiffre d’affaires annuel, nouveau signe positif pour le secteur technologique chinois malgré des défis grandissants. Les investisseurs sanctionnent néanmoins des résultats en deçà des attentes.

Sanofi: l’investissement massif aux Etats-Unis passe mal en France

Sanofi a essuyé de vives critiques jeudi en France au lendemain de sa décision d’investir massivement aux États-Unis, Bercy y voyant un “mauvais signal” et les syndicats redoutant un “désengagement industriel et social” du secteur pharmaceutique en Europe.”L’ampleur des investissements aux États-Unis, c’est sûr que c’est un mauvais signal à un moment où nous considérons et nous sommes convaincus que (…) l’Europe et la France, c’est l’endroit où il faut investir”, a déclaré le ministre de l’Économie Eric Lombard sur BFM Business.Le groupe tricolore a annoncé mercredi vouloir investir “au moins 20 milliards de dollars aux États-Unis” sur cinq ans, consacrés à “une augmentation significative des dépenses de recherche et développement” dans ce pays et “à la production américaine”.Sanofi est l’un des derniers géants pharmaceutiques à vouloir y renforcer sa présence, répondant aux pressions du président des États-Unis.”Parce que Trump s’agite, Sanofi sort les chiffres”, a fulminé Fabien Mallet, CGT Sanofi France, interrogé par l’AFP, anticipant que “la recherche va basculer aux États-Unis”.”En investissant massivement aux États-Unis, le groupe cherche à se positionner comme un acteur domestique , ce qui pourrait constituer un avantage stratégique dans les négociations tarifaires à venir”, a commenté à l’AFP Adrien Chantereine, expert du secteur pharmaceutique de Circle Strategy.Avec ses menaces de droits de douane sur les importations de médicaments, le nouveau pouvoir à Washington a déjà fait changer de pied d’autres grands noms du secteur : Eli Lilly, Johnson & Johnson, Novartis ou encore Roche se sont dits prêts à lancer des investissements de très grande envergure aux États-Unis.-“Perte totale de souveraineté”-Sanofi, “20 milliards pour les USA : qui dit mieux?”, a ironisé la CGT du groupe dans un communiqué, ajoutant que “c’est la France qui finance et c’est l’Amérique qui encaisse” et que “ce n’est pas un virage, c’est une délocalisation massive de la recherche” aux États-Unis.L’industrie pharmaceutique, jusqu’ici épargnée par le protectionnisme, voit le climat changer depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et ses menaces de droits de douane pour accélérer la relocalisation de la production.Le président américain a aussi affiché son intention de réduire les prix des médicaments de 50 à 80%. Cette mesure affecterait les marges bénéficiaires des fabricants, mais “cela n’a pas empêché Sanofi de lâcher un investissement aussi massif en si peu de temps” outre-Atlantique, s’est étonné Adil Bensetra, de la CFDT.Avec leur choix stratégique tourné vers le marché américain, les laboratoires “n’ont même pas laissé le temps aux Européens de trouver une solution alternative”, s’est indigné le syndicaliste, redoutant “une perte totale de notre souveraineté sanitaire dans les 4 à 6 ans”.En avril, profitant des menaces latentes de Donald Tump, les dirigeants d’une trentaine de champions pharmaceutiques ont écrit à la Commission européenne pour réclamer un cadre plus attractif en matière de prix des médicaments et de fiscalité.Pour Sanofi, le “rééquilibrage géographique apparaît cohérent” à M. Chantereine, vu qu’il génère la moitié de son chiffre d’affaires aux États-Unis et y réalise 25 % de sa production.Le groupe a aussi cédé tout récemment la moitié de sa filiale de produits sans ordonnance, dont le Doliprane au fonds d’investissement américain CD&R.”En dix ans, il a détruit des milliers d’emplois à travers quatre plans de licenciements. Il vend le Doliprane aux Américains, veut se séparer du site d’Amilly mais compte investir 20 milliards aux USA. Que fait l’Etat? Rien!”, a condamné mercredi sur X le rapporteur de la commission d’enquête du Sénat sur les aides publiques aux grandes entreprises, le communiste Fabien Gay, rappelant qu'”en dix ans, Sanofi a obtenu plus d’un milliard de crédit impôt recherche”.Sanofi, qui investit plus de 2,5 milliards d’euros chaque année en France, a reconnu devant cette commission une réduction d’environ un millier d’emplois dans la R&D en France sur dix ans, mais insisté sur l’absence de licenciements.Si aucune réduction des investissements en France n’a été annoncée à ce stade, “un basculement progressif des priorités vers les zones les plus stratégiques et rentables est plausible à moyen terme”, a estimé M. Chantereine.

La Bourse de Paris grappille du terrain après des indicateurs économiques américains

La Bourse de Paris a terminé en légère hausse de 0,21% jeudi, à l’issue d’une séance marquée par la publication d’indicateurs économiques aux États-Unis qui alimentent les espoirs de baisses de taux de la banque centrale américaine (Fed).L’indice vedette CAC 40 a pris 16,68 points pour s’établir à 7.853,47 points à la clôture. Mercredi, le CAC 40 a terminé en baisse de 0,47%, à 7.836,79 points.Depuis son dernier point bas du 9 avril, dans un marché alors lesté par l’entrée en vigueur des droits de douane imposés par l’administration Trump, le CAC 40 a regagné près de 15%.”L’inflation [aux États-Unis] montre des signaux de ralentissement et les taux obligataires baissent, pointant vers la possibilité pour la banque centrale américaine (Fed) de baisser ses taux” au cours de l’année, commente Nicolas Forest, responsable des investissements au sein de la société Candriam.Sur le marché obligataire, le taux d’emprunt de l’État français à échéance 10 ans a terminé à 3,29% à la clôture, contre 3,38% la veille. Une détente de 0,9 point de pourcentage est considérée comme notable sur ce marché.Engie (+3,57% à 18,30 euros) a confirmé jeudi ses perspectives pour l’année 2025 après une “solide” performance opérationnelle et financière au premier trimestre, dans un contexte de normalisation des conditions de marché et malgré un environnement économique “incertain”.L’industriel français Vallourec (-1,50% à 17,05 euros), qui sort d’une cure d’assainissement drastique et devrait verser en 2025 son premier dividende en dix ans, a vu son bénéfice net reculer au premier trimestre.L’action de l’éditeur français de jeux vidéo Ubisoft a dégringolé de 18,20% à 9,55 euros l’action, dans le sillage de la publication des résultats de l’exercice décalé 2024-25 du groupe, jugés décevant.Le distributeur de meubles et d’objets de décoration Maisons du Monde, qui a fait état jeudi d’une nouvelle baisse de ses ventes au premier trimestre 2025, a chuté de 9,64% à 2,53 euros, même s’il compte toujours renouer avec la croissance au deuxième semestre.

ArcelorMittal veut rassurer sur sa présence à Dunkerque, mais maintient son plan social

Sous pression sociale et politique, le sidérurgiste ArcelorMittal a donné jeudi des gages sur sa volonté de pérenniser ses sites d’acier français, en réaffirmant son “intention” d’investir dans la décarbonation à Dunkerque (Nord), sans toutefois abandonner son projet de plan social en France.Sous réserve que Bruxelles concrétise ses mesures de protection de l’acier européen, le groupe a confirmé dans un communiqué “son intention d’investir dans un premier four électrique, sur son site de Dunkerque, pour un montant d’environ 1,2 milliard d’euros”.Une manière de couper court aux rumeurs de désengagement de l’industriel en France, alors que la CFDT a encore évoqué cette semaine une “désindustrialisation silencieuse”, reprochant au groupe de “réduire à peau de chagrin les investissements de maintien de l’outil” industriel tout en percevant des aides publiques.Pour une décision ferme et définitive, il faudra toutefois attendre “après l’été”, selon le président d’ArcelorMittal France, Alain Le Grix de la Salle, qui attend de l’Europe “des mesures de défense commerciale pour limiter les importations à 15% du marché et un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières”.”Ces mesures nous permettront de rétablir une concurrence équitable sur le marché européen de l’acier et donc de jouer à armes égales”, a-t-il déclaré lors d’un point presse en ligne.Il a en revanche écarté tout abandon du projet de plan de suppressions de 636 postes pour la France, dans les fonctions support et dans la production: “ce sont deux sujets qui sont distincts. Les suppressions de postes actuellement sont destinées à rendre la compétitivité des sites de Dunkerque”, a-t-il déclaré. “C’est une fumisterie !”, a réagi, très remonté, Gaëtan Lecocq, de la CGT de Dunkerque, site le plus menacé, avec près de 300 suppressions de postes annoncées, qui y voit “une opération de communication” pour contrer “le mouvement en train de monter socialement et politiquement”.- Un financement qui reste à définir -Plusieurs partis de gauche ont déposé ces derniers jours des propositions de loi de nationalisation, comme le réclame notamment la CGT, une option écartée jeudi par le président de la République Emmanuel Macron.Dans un échange avec les titres de presse quotidienne régionale, il a estimé qu’ArcelorMittal avait “essentiellement un problème de concurrence déloyale venant d’Asie, lié à nos réglementations et nos exigences CO2. La réponse pour faire ça, c’est créer les conditions d’une concurrence loyale.”Fin 2024, ArcelorMittal avait suspendu son projet d’investissement –à hauteur de 1,8 milliard d’euros dont plus de 800 millions d’aide promise par l’Etat– dans la décarbonation de ses hauts fourneaux de Dunkerque, en arguant de la non compétitivité de l’acier produit en Europe.Le projet prévoyait la construction à Dunkerque de deux fours électriques et d’une unité de réduction directe du fer (DRI) avec du gaz ou de l’hydrogène qui permet de produire de l’acier décarboné sans charbon fossile.Avec le coût actuel du gaz, “il n’y a pas de modèle économique pour le DRI”, a déclaré le patron d’ArcelorMittal France. Concernant l’annonce d’un four au lieu de deux prévus initialement, il a souligné que ce plan était “évolutif”.Compte tenu du changement de périmètre, “on ne sera pas en mesure d’utiliser les 850 millions d’euros” (d’aides de l’Etat) (…), donc le financement du four électrique “reste à finaliser”, a-t-il précisé.L’acier européen est pris en étau entre la baisse de la consommation sur le Vieux Continent, la concurrence jugée déloyale d’acier à bas prix venu de Chine notamment, les prix de l’énergie trop élevés en Europe et les nouvelles taxes douanières.Le sidérurgiste a d’ailleurs annoncé ces dernières semaines un plan d’économies pour tenter de regagner sa compétitivité en Europe avec le transfert d’activités support surtout vers l’Inde portant au total sur 1.400 postes de ses sites d’Europe de l’ouest. Jeudi, le ministre de l’Industrie Marc Ferracci a salué un “premier pas décisif pour la pérennisation de la filière sidérurgique” en indiquant qu’il “continue le combat” avec le Commissaire européen Stéphane Séjourné.Le président de la région Hauts de France Xavier Bertrand est resté plus prudent: “1,2 milliard”, “ça ne lève pas toutes les interrogations, toutes les inquiétudes”, a-t-il dit. A Dunkerque, le maire Patrice Vergriete a aussi salué “un signal positif” et assuré “rester vigilant”. Interrogé par l’AFP, Guillaume de Goÿs, président d’Aluminium de France, industriel voisin du Dunkerquois, s’est félicité du fait qu’ArcelorMittal “avance”, afin de pouvoir “mettre en place un travail commun” sur la capture et le transport du CO2 dans la région.ngu-zl-bj-im/jum/nth

A69: premier succès au Parlement pour les défenseurs de la reprise du chantier

Les élus pro-A69 engagent le bras de fer au Parlement: le Sénat a largement adopté jeudi un texte atypique pour tenter d’obtenir par la loi la reprise du chantier de l’autoroute Toulouse-Castres, en dépit de sérieuses interrogations juridiques et de l’opposition résolue des écologistes.Les parlementaires parviendront-ils à court-circuiter la suite de la procédure judiciaire entourant le projet? Les deux sénateurs du Tarn, Marie-Lise Housseau et Philippe Folliot, ont en tout cas obtenu une première victoire en faisant adopter confortablement en première lecture une loi dite de “validation”.La démarche entend permettre aux parlementaires de “reprendre la main”, après l’annulation par le tribunal administratif de Toulouse de l’autorisation de construire cette portion d’autoroute de 53 km, entraînant la suspension du chantier entamé en 2023.L’objectif, “proposer une porte de sortie pour faire en sorte d’arrêter cette situation ubuesque et stopper cette gabegie”, a lancé M. Folliot.Le Sénat, dominé par une alliance droite-centristes, l’a soutenu à 252 voix contre 33, les oppositions émanant des rangs écologistes et de la plupart des communistes. L’Assemblée nationale prendra le relais dès le 2 juin à l’initiative des députés du Tarn, avec de bonnes chances d’adoption définitive.- “Urgence” de “désenclavement” -Concrètement, il s’agit de faire “valider” par la loi deux arrêtés relatif à l’autorisation environnementale du projet, au motif qu’il répond à une raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM), nécessaire pour justifier aux yeux de la justice les atteintes portées à l’environnement par un tel chantier.Le Sénat répond ainsi “à une situation d’urgence” pour “éviter les conséquences dramatiques d’un arrêt du projet”, a martelé le sénateur Horizons Franck Dhersin, rapporteur du texte.En effet, les défenseurs du texte plaident pour le “désenclavement” d’un bassin d’environ 100.000 personnes (Castres-Mazamet) et veulent donner des perspectives aux acteurs économiques locaux.Or selon Marie-Lise Housseau, l’arrêt du projet, qui devait s’achever en 2025, entraînerait des “dommages irrémédiables” pour le Tarn, département “qui se sent humilié, méprisé et nié dans ses choix de développement”.Au-delà du bien-fondé du projet, les débats les plus nourris ont concerné la forme de cette initiative, avec de sérieuses interrogations sur sa conformité à la Constitution.”Le législateur crée un précédent grave en tentant d’influencer une Cour de justice”, s’est alarmé l’écologiste Jacques Fernique.Interrogé par l’AFP depuis Soual, commune située sur le tracé de l’A69 dans le Tarn, Thomas Digard, militant du collectif La Voie est libre (LVEL) d’opposants à cette autoroute, s’est dit “écoeuré” par cette démarche parlementaire, lancée selon lui pour “passer en force” après avoir “perdu sur le terrain juridique”.- “Message trouble” -A l’opposé, les soutiens du texte ont méticuleusement défendu les nombreux “motifs impérieux d’intérêt général” démontrant selon eu la conformité du texte à la loi fondamentale: socioéconomiques, politiques, environnementaux, relatifs aux finances publiques ou encore à la sécurité routière.Mais certains législateurs n’ont pu masquer leur inconfort face à une proposition de loi au format inhabituel, débattue à quelques jours de l’examen par la cour administrative d’appel de Toulouse d’un premier recours contre l’arrêt des travaux, le 21 mai.”Nous ne devons pas procéder à du cas par cas législatif”, a reconnu le communiste Jean-Pierre Corbisez, pourtant favorable. Le Sénat “envoie un message trouble”, a abondé le socialiste Hervé Gillé, dont le groupe n’a pas participé au vote malgré quelques soutiens de sénateurs notamment occitans.Cette position du PS a offusqué les dirigeants des Ecologistes et de La France insoumise, Marine Tondelier et Manuel Bompard. Pour la première, les socialistes n’ont “même pas daigné (…) respecter le programme du NFP”. “Une trahison complète” pour le second.Autre fait marquant, la position de “sagesse” du gouvernement, ni favorable ni défavorable, exprimée pour “n’interférer ni dans la procédure juridictionnelle en cours, ni dans le travail parlementaire”, a expliqué le ministre des Transports Philippe Tabarot, qui soutient pourtant vivement le projet comme de nombreux ministres.L’enjeu final sur ce texte sera probablement de savoir si le Conseil constitutionnel le censure ou non. “Le Conseil sera évidemment saisi”, a confirmé à l’AFP le sénateur écologiste Ronan Dantec, qui a dénonce “une loi de posture”.