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La Bourse de Paris souffre de l’aversion pour le risque

La Bourse de Paris perdait légèrement du terrain lundi, dans un climat d’aversion pour le risque après des menaces de poursuites contre la banque centrale des Etats-Unis (Fed) pour fraude par le ministère de la Justice américain.Vers 10H00 heure de Paris, le CAC 40 s’inscrivait en petite baisse de 0,40%, soit une perte de 33,14 points, pour s’établir à 8.328,95 points.Vendredi, l’indice vedette parisien a terminé en nette hausse de 1,44%, dépassant son dernier record en clôture qui datait du 21 octobre 2025. Il a aussi signé un nouveau sommet inédit en séance à 8.362,09 points, battant son record précédent du 13 novembre.Les marchés européens “ont ouvert sur une note prudente”, commente Matt Britzman, analyste actions chez Hargreaves Lansdown. “Les investisseurs doivent composer avec de nouvelles turbulences politiques et une montée des risques géopolitiques.”Le président de la Fed Jerome Powell a annoncé dimanche dans un communiqué, que la banque centrale américaine avait reçu une convocation de la part du ministère de la Justice, qui pourrait conduire à une mise en accusation, sur la base d’une de ses auditions en juin dernier.Une convocation qui s’inscrit dans le climat de pressions exercé par le président américain Donald Trump sur l’institution, afin de la pousser à abaisser plus fortement ses taux, alors que l’inflation reste toujours au-dessus de sa cible de 2%.Le président américain a accusé la Fed de ne pas avoir respecté le budget prévu pour la rénovation de son siège à Washington, estimant qu’il pouvait y avoir des cas de fraude, et avançant un coût total de 3,1 milliards de dollars, contre 2,7 milliards prévus initialement, un chiffre que Jerome Powell dément.”Au fond, il s’agit surtout d’un message adressé à son successeur potentiel à la tête de la Fed et aux membres actuels du FOMC (le Comité de politique monétaire, ndlr): la Maison-Blanche entend fixer les taux d’intérêt”, souligne Neil Wilson, de Saxo Markets.”Les marchés pourraient envoyer un message au président (…): une politique étrangère interventionniste est une chose, mais une ingérence excessive dans les affaires intérieures n’est pas bienvenue”, estime pour sa part Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB, mettant en garde sur un potentiel “épisode de volatilité”.La défense dans le vertLe secteur de la défense se maintient en territoire positif dans “un contexte géopolitique en ébullition marqué par des discussions sur d’éventuelles frappes militaires américaines contre l’Iran”, relève M. Wilson.L’Iran est tout à fait prêt à la guerre mais également à des négociations, a déclaré lundi le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, après des menaces de Donald Trump d’intervenir militairement pour secourir les manifestants.”La semaine dernière, il s’agissait du renversement de Maduro au Venezuela, puis l’attention du président s’est déplacée vers le Groenland et plus à l’est, avec les manifestations en Iran”, rappelle Kathleen Brooks.Le président américain a par ailleurs réaffirmé dimanche que les Etats-Unis s’empareront du Groenland “d’une manière ou d’une autre” car “si nous ne le prenons pas, la Russie ou la Chine le feront”.A la Bourse de Paris, Thales prenait 0,71% à 267,90 euros et Dassault Aviation 1,49% à 313,20 euros vers 10H00 heure locale.

Les menaces contre la Fed propulsent l’or et l’argent au sommet, les Bourses européennes prudentes

Un climat d’aversion pour le risque règne lundi sur les marchés financiers après les menaces de poursuites contre la Fed pour fraude par le ministère de la Justice américain, poussant les métaux précieux à de nouveaux records et pesant sur les Bourses européennes.Vers 08H15 GMT, l’once d’or prenait 1,72% à 4.587,17 dollars, peu après avoir bondi à un nouveau sommet historique à 4.599,87 dollars, et celle d’argent grimpait de 5,59% à 84,319 dollars après avoir touché un nouveau record à 84,609 dollars.”Les métaux précieux bénéficient d’un nouveau regain d’aversion au risque” avec les menaces judiciaires dont est l’objet la Fed, qui alimentent les craintes quant à l’indépendance de l’institution, commente Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTBLe président de la Fed Jerome Powell a annoncé dimanche dans un communiqué, que la banque centrale américaine avait reçu une convocation de la part du ministère de la Justice, qui pourrait conduire à une mise en accusation, sur la base d’une de ses auditions en juin dernier.Une convocation qui s’inscrit dans le climat de pressions exercé par le président américain Donald Trump sur l’institution, afin de la pousser à abaisser plus fortement ses taux, alors que l’inflation reste toujours au-dessus de sa cible de 2%.”Cette menace n’est pas au sujet de mon témoignage. C’est un prétexte, la menace de poursuites est la conséquence de la volonté de la Fed de décider de ses taux dans le meilleur intérêt du public plutôt que pour répondre aux préférences du président”, a dénoncé M. Powell dans une vidéo publiée sur le site de la banque centrale.Le président américain a accusé la Fed de ne pas avoir respecté le budget prévu pour la rénovation de son siège à Washington, estimant qu’il pouvait y avoir des cas de fraude, et avançant un coût total de 3,1 milliards de dollars, contre 2,7 milliards prévus initialement, un chiffre que Jerome Powell dément.”Le mandat de Jerome Powell s’achève en mai”, rappelle Mme Brooks. “La dernière initiative de Trump signifie que le marché aura peu confiance dans l’indépendance du prochain président de la Fed vis-à-vis de la Maison-Blanche.” “Les marchés pourraient envoyer un message au président (…): une politique étrangère interventionniste est une chose, mais une ingérence excessive dans les affaires intérieures n’est pas bienvenue”, estime-t-elle, mettant en garde sur un potentiel “épisode de volatilité”.”Si la Fed ne peut pas définir sa politique sur la base des données économiques et que l’inflation repart à la hausse, il faut privilégier les actifs qui atténuent les risques inflationnistes” comme “l’or, les matières premières (…), les actions à dividendes et la technologie”, note Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.Les Bourses européennes pâtissaient du climat d’aversion pour le risque. Vers 08H35 GMT, la Bourse de Paris perdait 0,52%, Londres 0,14% et Milan 0,65% dans les premiers échanges, quand Francfort restait stable (-0,03%).Le dollar sous pressionEn parallèle de l’envolée des métaux précieux, “le dollar recule, et la stratégie de +vente des actifs américains+ pourrait revenir sur le devant de la scène, les investisseurs remettant une nouvelle fois en question l’indépendance de la Fed”, souligne Kathleen Brooks.Vers 08H15 GMT, le billet vert abandonnait 0,41% face à la monnaie unique, à 1,1685 dollar pour un euro.Cette semaine, les investisseurs seront attentifs à la publications de l’indice des prix à la consommation (CPI) pour décembre aux Etats-Unis.En plus des chiffres américains, “une série de responsables de la Fed (…) doivent s’exprimer tout au long de la semaine, fournissant aux marchés des points de vue nuancés sur l’équilibre des risques et le calendrier de possibles ajustements de taux”, relève Jim Reid, économiste à la Deustche Bank.L’Asie enthousiasteLes Bourses asiatiques se sont montrées enthousiastes lundi après la publication de chiffres encourageants sur les prix à la consommation en Chine.La Bourse de Shanghai a terminé en hausse de 1,09% et Shenzhen de 1,75%, quand l’indice Hang Seng de la Bourse de Hong Kong prenait 1,29% dans les derniers échanges.A Séoul, l’indice Kospi a terminé en hausse de 0,84%. La place tokyoïte était fermée en raison d’un jour férié.

Aux Etats-Unis, la Fed menacée de poursuites par le gouvernement

Le président de la Réserve fédérale (Fed), Jerome Powell, a annoncé dimanche que la banque centrale américaine était menacée de poursuites par le ministère de la Justice, s’ajoutant à de multiples pressions face à son refus de céder aux injonctions de Donald Trump sur les taux d’intérêt.La Fed a reçu une convocation de la part du ministère de la Justice qui pourrait conduire à une mise en accusation au pénal, sur la base d’une de ses auditions en juin qui concernait un projet de rénovation du bâtiment de la Fed, a-t-il détaillé dans un communiqué.Cette convocation s’inscrit selon lui dans le climat de pressions exercé par le président américain Donald Trump sur l’institution, afin de la pousser à abaisser plus fortement ses taux, alors que l’inflation reste toujours au-dessus de sa cible de 2%.”Cette menace n’est pas au sujet de mon témoignage. C’est un prétexte, la menace de poursuites est la conséquence de la volonté de la Fed de décider de ses taux dans le meilleur intérêt du public plutôt que pour répondre aux préférences du président”, a dénoncé M. Powell dans une vidéo publiée sur le site de la banque centrale.Interrogé sur le sujet lors d’une interview accordée à la chaîne NBC, M. Trump assure qu’il “ne sai(t) rien à ce sujet. Je ne penserais même pas à le faire de cette manière. La seule pression qu’il doit sentir est dans le fait que les taux sont trop élevés. C’est la seule”.Le président américain a accusé la Fed de ne pas avoir respecté le budget prévu pour la rénovation de son siège à Washington, estimant qu’il pouvait y avoir des cas de fraude, et avançant un coût total de 3,1 milliards de dollars, contre 2,7 milliards prévus initialement, un chiffre que Jerome Powell dément.Selon ce dernier, la vraie question est “de savoir si la Fed sera capable de continuer à déterminer ses taux en se basant sur les conditions économiques ou si la politique monétaire doit être dirigée par les pressions politiques et intimidations”.Conséquence de ces tensions, l’or et l’argent, valeurs refuges, ont atteint de nouveaux records lundi matin à Hong Kong. L’or a bondi vers 4.600 dollars l’once et l’argent a frôlé 85 dollars l’once. Le dollar, lui, reculait de 0,2%.- Une Fed sans président? -Avant même sa réélection, Donald Trump a accusé Jerome Powell, qu’il surnomme “trop tard”, de ne pas agir suffisamment vite pour abaisser les taux et d’agir pour des motifs politiques et non économiques.Depuis son retour à la Maison Blanche, le républicain a continué à maintenir la pression, traitant notamment le président de la Fed de “nigaud” et cherchant le moyen de le licencier.”J’ai servi la Fed sous quatre gouvernements, républicains et démocrates. A chaque fois, j’ai fait mon devoir sans peur ou faveur politique, concentré uniquement sur notre mandat. Je compte poursuivre le travail pour lequel le Sénat m’a confirmé”, a insisté M. Powell.Le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, a qualifié l’enquête d’attaque contre l’indépendance de la Fed. “Quiconque est indépendant et ne se contente pas de suivre Trump à la lettre fait l’objet d’une enquête”, a-t-il dénoncé.Le mandat du président de la Fed doit arriver à son terme en mai prochain, ce qui permettra à Donald Trump de le remplacer, potentiellement par son principal conseiller économique Kevin Hassett, considéré par les analystes comme le favori.Mais le siège pourrait rester vacant “le temps que l’enquête suive son cours”, a estimé le sénateur républicain Thom Tillis dans un communiqué, assurant qu’il ne confirmerait “aucune nomination pour la Fed, y compris pour son président tant que ce point juridique ne (serait) pas pleinement réglé”.”S’il existait encore le moindre doute sur le fait que certains conseillers au sein du gouvernement poussent pour mettre fin à l’indépendance de la Fed, ils sont désormais écartés. C’est à présent la crédibilité du ministère de la Justice qui est en jeu”, a-t-il ajouté.Si le président américain propose les candidats à un poste dans l’administration, y compris pour la banque centrale, ces derniers ne peuvent entrer en fonction tant que le Sénat n’a pas voté en leur faveur.Outre Jerome Powell, Donald Trump a tenté de révoquer une autre responsable de la Fed, Lisa Cook, une décision repoussée momentanément par la Cour suprême.Plus largement, le gouvernement américain a estimé en septembre dernier que le travail de la Fed devait faire l’objet d’une évaluation complète. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, estime qu’elle “doit changer de cap”.

Diabète de type 1: l’Union européenne approuve un premier traitement de fond

La Commission européenne vient d’approuver la mise sur le marché dans l’Union européenne d’un traitement de Sanofi, nommé “Teizeild”, qui ralentit la progression du diabète de type 1, a annoncé lundi le géant pharmaceutique français dans un communiqué.Avec cette approbation, Teizeild devient “le premier traitement modificateur” du diabète de type 1 “approuvé dans l’UE”, précise Sanofi.L’autorisation porte sur le traitement des adultes et des enfants de plus de huit ans atteints de diabète de type 1 de stade 2. Administré en perfusion, il ne guérit pas mais ralentit la progression de cette maladie chronique en freinant la réaction auto-immune. Il agit quand le diabète est détectable mais avant l’arrivée de symptômes pour freiner son évolution vers le stade clinique de la maladie (stade 3) qui nécessite des injections d’insuline pour faire baisser la glycémie.L’approbation du traitement par la Commission européenne “est basée sur les résultats positifs” d’une étude (TN-10) qui démontre la capacité de l’anticorps monoclonal Teizeild à retarder l’apparition du stade 3 du diabète de type 1 “d’une durée médiane d’environ deux ans par rapport au placebo”, explique Sanofi dans son communiqué. A la fin de l’étude, “la proportion de patients qui sont restés au stade 2 du (diabète de type 1) était presque deux fois plus élevée dans le groupe Teizeild que dans le groupe placebo (57 % contre 28 %)”, précise Sanofi. En 2023, Sanofi a acquis la biotech américaine Provention Bio pour 2,9 milliards de dollars, en vue de se renforcer dans le diabète et contre les maladies immunitaires.Le marché du diabète de type 1 dans les sept principaux marchés devrait atteindre 9,9 milliards en 2033, porté par l’arrivée de plusieurs produits en phase avancée, notamment des agents immunomodulateurs. Les États-Unis domineront largement ce marché, représentant jusqu’à 91,6% en 2033, selon GlobalData, société qui fournit des études et analyses de marché.Jusqu’à présent, Teizeild était déjà approuvé aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Chine, au Canada, en Israël, dans le Royaume d’Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et au Koweït. 

L’épargne des ménages français, un énorme pactole et des placements variés

Le patrimoine financier des Français reste largement investi en assurance vie, loin devant les produits d’épargne réglementée comme le Livret A, sans oublier les centaines de millions d’euros dormant sur les comptes courants.- Une montagne d’argent -Le patrimoine financier des ménages en France s’élevait fin juin à 6.477,6 milliards d’euros, selon les derniers chiffres disponibles de la Banque de France. Il n’a jamais été aussi élevé.Ils sont répartis dans de multiples supports: assurance vie, actions cotées, organismes de placement collectif (OPC), livrets réglementés, dépôts à vue…Difficile à imaginer, cette somme est près de deux fois supérieure à la dette publique et plus de trois fois supérieure à l’ensemble de la capitalisation boursière des entreprises du CAC40.Ce montant a augmenté de plus de 50% au cours des dix dernières années, selon la Banque de France, qui réalise un pointage tous les trimestres.La direction générale du Trésor a publié le 8 janvier un montant encore plus important pour le deuxième trimestre 2025, à 6.596 mds d’euros.- L’assurance vie, leader incontesté -L’assurance vie reste le placement qui capte le plus d’épargne en France, devant les actions non cotées et autres participations (associées à une activité d’entrepreneur individuel ou via des placements).Selon les données de la fédération professionnelle France Assureurs publiés début janvier, l’encours s’élevait à 2.106 mds d’euros fin novembre.Quelque 20 millions de personnes disposent d’une assurance vie, soit un capital moyen de plus de 100.000 euros par souscripteur, souvent dans plusieurs contrats.Les sommes sont réparties en deux grandes catégories: les fonds euros, dont le capital est garanti et le rendement fixé chaque année par l’assureur, et les unités de compte (UC), des placements plus risqués qui n’offrent pas de garantie en capital pour l’assuré mais qui peuvent, les bonnes années, rapporter davantage.Le taux moyen servi des fonds euros est bien orienté cette année et devrait se situer hors prélèvements fiscaux et sociaux autour de 2,65%, selon les estimations du cabinet spécialisé Facts & Figures.- L’épargne réglementée, outsider à l’arrêt -Le livret A, souvent présenté comme le placement préféré des Français car 57 millions en ont un, pèse beaucoup moins lourd que l’assurance vie.Avec 438,9 mds d’euros à fin novembre selon le dernier pointage de la Caisse des Dépôts, son encours est près de cinq fois inférieur.Son développement est limité par le plafond de 22.950 euros. Les livrets A sont remplis en moyenne à 7.482 euros à fin 2024, le tiers de leur capacité, selon le rapport annuel de l’Epargne réglementée de la Banque de France.Ce produit, garanti, défiscalisé et qui permet de récupérer ses fonds très facilement, a moins le vent en poupe depuis la descente brutale de son taux de rémunération passé de 3% en janvier 2025 à 1,7% depuis août. Son rendement est de nouveau attendu en baisse au 1er février.Il existe d’autres produits d’épargne réglementée, comme le plan d’épargne logement (PEL, pensé pour permettre un projet immobilier), le Livret d’Epargne populaire (LEP, soumis à des conditions de ressources, rémunéré à 2,7%) ou encore le Livret de développement durable et solidaire (aux caractéristiques proches du Livret A).- Les dépôts à vue, hémorragie stoppée -Par ailleurs, une partie de l’argent des ménages n’est pas investie ou placée. La réserve qui dort sur les comptes courants a connu une lente décrue mais reste supérieure à l’argent déposé sur les Livrets A: 546 mds d’euros à fin novembre, selon la Banque de France.Cet argent n’est généralement pas rémunéré par les banques.La liasse de billets sous le matelas n’a enfin pas disparu. Les Français disposeraient de près de 210 mds d’euros en espèces, selon un calcul de l’AFP réalisé avec les données de la Banque de France.

Donald Trump se dit ouvert à une entrevue avec la présidente par intérim du Venezuela

Le président américain Donald Trump s’est dit ouvert dimanche à une entrevue avec la dirigeante par intérim du Venezuela Delcy Rodriguez, estimant que son administration travaillait “vraiment bien” avec Caracas.A la question de savoir s’il prévoyait de la rencontrer, Donald Trump a répondu aux journalistes: “A un moment donné, je le ferai”, à bord de son avion Air Force One.La vice-présidente du Venezuela, investie comme cheffe de l’Etat par intérim, après la capture du président Nicolas Maduro et de son épouse le 3 janvier, négocie sur plusieurs fronts avec Washington, qui souhaite notamment profiter des immenses réserves de pétrole vénézuéliennes.Son gouvernement a décidé d’entamer “un processus exploratoire” en vue de rétablir les relations diplomatiques avec les Etats-Unis, rompues depuis 2019, tout en répétant qu’il n’est pas “soumis” à Washington.Après une visite de diplomates américains à Caracas vendredi, l’administration Trump “reste en contact étroit avec les autorités intérimaires”, a indiqué samedi un responsable du département d’Etat. M. Trump a affirmé avoir “annulé” une nouvelle attaque américaine sur le Venezuela du fait de la “coopération” de Caracas, et Washington entend “dicter” toutes ses décisions. Le président américain, qui veut en finir avec la collaboration entre Caracas et la Havane, a néanmoins durci le ton contre Cuba et exhorté le pays caribéen à accepter “avant qu’il ne soit trop tard” un “accord” dont il n’a pas précisé la nature, suscitant la colère de son homologue à La Havane.Le président cubain Miguel Diaz-Canel lui a répondu sur X : “personne ne dicte quoi faire”, Cuba, pays communiste et adversaire des Etats-Unis depuis des décennies, est “une nation libre, indépendante et souveraine”. – Libération de prisonniers -Aux Etats-Unis, depuis le centre de détention de Brooklyn, à New York, où il est incarcéré, Nicolas Maduro s’est montré confiant. “Nous allons bien. Nous sommes des combattants”, a-t-il déclaré selon son fils, dans une vidéo publiée samedi par le PSUVA, le parti au pouvoir au Venezuela.Accusés notamment de trafic de drogue, l’ancien dirigeant socialiste et son épouse Cilia Flores ont plaidé non-coupable lors de leur présentation lundi dernier devant la justice américaine, avant une prochaine audience prévue le 17 mars.Le Venezuela a annoncé jeudi la libération d’un “nombre important” de prisonniers, y compris étrangers. Mais, celles-ci se produisent au compte-gouttes et des familles s’impatientent. Des proches campent jour et nuit depuis devant des centres pénitentiaires comme celui de l’Hélicoïde, une prison redoutée et gérée par les services de renseignements, ou celui de Rodeo I, à l’est de Caracas.Une quarantaine d’entre eux attendaient toujours dimanche à Rodeo I une libération importante, et certaines familles ont organisé des “relais” pour qu’au moins un proche soit présent en permanence. L’ONG Foro Penal, qui défend les personnes détenues dans le pays pour des raisons politiques, a comptabilisé dimanche à midi 17 libérations, d’autres organisations de défense des droits humains évoquant le chiffre de 21. Selon les ONG il existe entre 800 et 1.200 prisonniers politiques dans le pays.  Un collectif d’ONG de défense des droits humains a déploré le décès survenu la veille d’Edison José Torres Fernandez, un policier de 52 ans, détenu pour trahison à la patrie. Agent comptant plus de vingt ans de service, il avait été arrêté le 9 décembre pour avoir “partagé des messages critiques à l’encontre du régime et du gouverneur de l’Etat”.Depuis 2014, quelque 18 prisonniers politiques sont morts en détention au Venezuela, selon des organisations de défense des droits humains. – Secteur pétrolier “non investissable” -Donald Trump avait exhorté les hauts dirigeants du secteur pétrolier à investir au Venezuela, à la Maison Blanche vendredi, mais a reçu une réponse prudente. Le patron d’ExxonMobil, Darren Woods, a notamment décrit le Venezuela comme un pays comme “non investissable” sans réformes en profondeur, s’attirant les réprimandes du président. “Vous savez, il y en a tellement qui le veulent que je serais probablement enclin à écarter Exxon. Je n’ai pas aimé leur réponse. Ils jouent trop finement”, a déclaré Donald Trump dimanche. Selon les experts, l’infrastructure pétrolière du Venezuela est à bout de souffle après des années de mauvaise gestion et de sanctions.

Terres rares: le Japon entame une mission en eaux profondes pour réduire sa dépendance à la Chine

Un navire de recherche japonais a entamé lundi une mission inédite dans le but d’extraire des terres rares de ses eaux profondes et peut-être réduire sa dépendance économique à la Chine.Le Chikyu, navire de forage scientifique en grande profondeur, a quitté le port de Shimizu, dans la ville Shizuoka (centre est), vers 09H00 (00H00 GMT), à destination de l’île japonaise isolée de Minami Torishima, dans le Pacifique, où les eaux environnantes pourraient être riches en précieux minerais.Cette croisière d’essai se déroule au moment où la Chine, de loin le premier fournisseur mondial de terres rares, accentue sa pression sur son voisin.Le voyage du Chikyu, retardé d’un jour en raison du mauvais temps, pourrait conduire à une production nationale de terres rares, soutient Shoichi Ishii, directeur de programme au Cabinet du Premier ministre.”Nous envisageons de diversifier nos sources d’approvisionnement et d’éviter une dépendance excessive à l’égard de certains pays”, a-t-il déclaré aux journalistes rassemblés au port, alors que le navire se préparait à partir.La zone autour de Minami Torishima, île située dans les eaux économiques du Japon, est estimée contenir plus de 16 millions de tonnes de terres rares, ce qui en ferait selon le quotidien économique Nikkei le troisième plus grand gisement au monde.Les “terres rares”, 17 éléments métalliques pas particulièrement rares mais difficiles et coûteux à extraire, sont essentiels pour des pans entiers de l’économie (automobile, énergies renouvelables, numérique, défense…), servant à la fabrication d’aimants puissants, catalyseurs et composants électroniques.La Chine représente près des deux tiers de la production minière de terres rares du monde et 92% de la production raffinée, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).Le pays se sert depuis longtemps de sa domination dans ce domaine comme levier géopolitique, y compris dans sa guerre commerciale avec l’administration du président américain Donald Trump. Or, le Japon est dépendant de la Chine pour 70% de ses importations de terres rares. Et ce bien qu’il se soit efforcé de diversifier ses sources d’approvisionnements depuis un précédent différend en 2010, durant lequel Pékin avait suspendu plusieurs mois durant ses exportations.Tokyo et Pékin sont engagés depuis deux mois dans une crise diplomatique, déclenchée par des propos de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi évoquant une possible intervention militaire en cas d’attaque chinoise contre Taïwan, dont Pékin revendique la souveraineté.Signe de l’aggravation des tensions bilatérales, Pékin a annoncé la semaine dernière durcir ses contrôles sur l’exportation vers le Japon de biens chinois à double usage civil et militaire, ce qui pourrait inclure les terres rares.La mission du Chikyu devrait durer jusqu’au 14 février.

Des musées plus chers pour les touristes hors-UE, nouvelle exception française

Américains, Chinois ou Mexicains passent à la caisse: les touristes extra-européens en France devront payer davantage que les autres pour visiter le Louvre et cinq autres lieux culturels, une mesure combattue par des syndicats et quasiment sans équivalent en Europe et aux Etats-Unis.Au nom d’une “rupture” portée par le gouvernement pour renflouer les caisses, les touristes hors Espace économique européen (Union européenne + Islande, Liechtenstein et Norvège) s’acquitteront à partir de mercredi de 32 euros pour arpenter le Louvre, musée le plus visité du globe, soit 45% de plus que le prix d’entrée actuel.Dès à présent, l’entrée au château de Chambord leur coûte 31 euros, soit 10 de plus qu’aux résidents européens, et le prix du billet pour le château de Versailles sera plus élevé de trois euros pour eux à partir de mercredi. Selon le ministère de la Culture, cette tarification différenciée s’appliquera aussi cette année à trois autres lieux (Conciergerie, Sainte-Chapelle, visites de l’Opéra Garnier) en France, première destination touristique mondiale. “Je souhaite que les visiteurs hors UE paient davantage leur billet d’entrée et que ce supplément aille financer la rénovation du patrimoine national. Les Français n’ont pas vocation à payer tout, tout seuls”, expliquait fin 2024 la ministre de la Culture Rachida Dati, pour justifier ce qu’elle qualifiait de “vraie rupture dans la politique tarifaire”.De fait, une telle mesure n’a pas vraiment d’équivalent en Europe ou aux Etats-Unis. Au British Museum de Londres, où l’entrée est gratuite, au Rijksmuseum d’Amsterdam, au Prado de Madrid ou à l’Alte Nationalgalerie de Berlin, les visiteurs sont logés à la même enseigne quelle que soit leur origine géographique.Parmi les rares – et limitées – exceptions, le Met de New York permet aux résidents de cet Etat de fixer eux-mêmes leur prix d’entrée, l’accès au Palais des Doges de Venise est gratuit pour les habitants de la ville et les Européens de moins de 25 ans ont droit à un tarif réduit pour l’Acropole d’Athènes ou le Colisée à Rome. Des tarifs plus élevés s’appliquent par ailleurs aux touristes étrangers dans des lieux culturels de pays moins riches, comme le Machu Picchu au Pérou.- “Musées sous pression” -Avec sa nouvelle politique tarifaire, la France espère générer “20 à 30 millions d’euros” supplémentaires par an, selon les estimations du ministère de la Culture, des fonds qui seront notamment alloués au colossal chantier de rénovation du Louvre voulu par le président français et évalué à plus d’un milliard d’euros.”Ce sera un des moyens de financement de ce projet qui accompagnera évidemment la montée du nombre de visiteurs (au Louvre, ndlr), puisque nous viserons moins de 12 millions de visiteurs par an”, contre environ 9 millions actuellement, avait expliqué Emmanuel Macron en janvier 2025, en présentant ce projet baptisé “Louvre, nouvelle renaissance”.Cette différenciation fait toutefois grincer des dents au nom de “l’universalisme” des musées. Les syndicats du Louvre, engagés depuis mi-décembre dans une des plus longues grèves de l’histoire du musée, ont ainsi listé parmi leurs revendications le “renoncement à la double tarification qui foule aux pieds notre histoire républicaine et l’universalisme fondateur du musée du Louvre”, selon le texte de leur préavis déposé début décembre.Cette politique est “choquante philosophiquement, socialement, humainement”, avait déjà déclaré le syndicat CFDT fin novembre lors du conseil d’administration du Louvre qui avait avalisé la nouvelle grille tarifaire et réveillé un lancinant débat sur les musées. Sommés d’assurer un accès au plus grand nombre tout en générant suffisamment de recettes pour leur entretien, “les musées sont sous pression”, a reconnu un des comités du Conseil international des musées (Icom), une organisation représentée dans 139 pays, peu après la décision du Louvre. Ces deux impératifs – accessibilité et viabilité – “ne cohabitent pas toujours facilement”, avait admis l’instance dans un post Instagram.

Meta exhorte l’Australie à revenir sur son interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans

Le géant américain de la technologie Meta a appelé lundi l’Australie à reconsidérer son interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, tout en signalant avoir bloqué plus de 544.000 comptes en vertu de la nouvelle loi.Depuis le 10 décembre, les géants Facebook et Instagram, dont la maison mère est Meta, YouTube, TikTok, Snapchat ou encore Reddit ont l’obligation de bannir les utilisateurs australiens âgés de moins de 16 ans, une première mondiale. Les plateformes de streaming Kick et Twitch, ainsi que les réseaux sociaux Threads et X, sont aussi concernés.Les entreprises s’exposent à des amendes de 49,5 millions de dollars australiens (28 millions d’euros) si elles ne prennent pas de “mesures raisonnables” pour respecter la loi. Meta, l’entreprise du milliardaire Mark Zuckerberg, a déclaré avoir supprimé 331.000 comptes de mineurs sur Instagram, 173.000 sur Facebook et 40.000 sur Threads au cours de la semaine précédant le 11 décembre, et assuré vouloir respecter la loi.”Cela dit, nous appelons le gouvernement australien à collaborer de manière constructive avec l’industrie, afin de trouver une meilleure solution, par exemple en incitant l’ensemble du secteur à relever le niveau en matière de sécurité, de protection de la vie privée et d’expériences en ligne adaptées à l’âge, plutôt que d’imposer des interdictions générales”, a-t-elle déclaré dans un communiqué.Meta a également demandé à nouveau que les plateformes soient tenues de vérifier l’âge des utilisateurs et d’obtenir l’accord parental avant que les moins de 16 ans puissent procéder au téléchargement d’une application. Meta juge qu’il s’agit du seul moyen pour éviter que les adolescents ne se tournent vers de nouvelles applications, moins réglementées, afin de contourner l’interdiction.Le gouvernement a de son côté déclaré tenir les réseaux sociaux responsables des dommages qu’elles causent aux jeunes Australiens.”Les plateformes telles que Meta collectent une quantité considérable de données sur leurs utilisateurs à des fins commerciales. Elles peuvent et doivent utiliser ces informations pour se conformer à la législation australienne, et s’assurer que les moins de 16 ans ne sont pas présents sur leurs plateformes”, a déclaré lundi un porte-parole du gouvernement.

Budget: les partis à Bercy pour trouver des “convergences” avant les discussions à l’Assemblée

La ministre des comptes publics, Amélie de Montchalin, reçoit lundi les partis à Bercy pour trouver des “convergences” sur le budget 2026, et enfin parvenir à un compromis, à la veille du coup d’envoi des discussions dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale.La tâche s’annonce ardue: les députés ont déjà rejeté samedi en commission le texte.La réunion devrait permettre de “poursuivre le dialogue (…) sur les points qui n’ont pas encore fait l’objet de convergence”, a expliqué le cabinet de la ministre, laquelle a mentionné les “collectivités locales” et les “dépenses d’avenir”, comme deux points de friction à résoudre.La ministre a même réitéré son objectif de “trouver une solution avant la fin” janvier pour doter la France d’un budget, seulement pallié pour l’instant par une loi spéciale permettant d’assurer la continuité de l’Etat.Ne sont conviés que les “groupes parlementaires qui souhaitent sortir de l’impasse budgétaire par le travail, plutôt que de prendre le risque d’un arrêt de la procédure dès mercredi en cas d’adoption des motions de censure”, a mentionné le cabinet de la ministre, sans plus de détails.-  Se saisir du 49.3 -Olivier Faure, patron des socialistes, a annoncé que le PS se rendrait à Bercy lundi.Les discussions devraient se dérouler dans un contexte tendu, alors que l’exécutif fait face à deux motions de censure déposées par le RN et LFI, axées sur leur opposition au traité de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, ce qui risque d’encore compliquer les débats.Amélie de Montchalin a qualifié dimanche cette initiative “d’acte politique qui n’a aucun sens” sur France 3. Elle a mis en garde sur les conséquences de l’adoption d’une motion de censure contre le gouvernement, alors que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, brandit désormais clairement la menace d’une dissolution en réponse à cette éventualité.”Quand vous faites tomber un gouvernement, à l’instant où nous parlons, ça stoppe les débats budgétaires. Ça ne résout rien au Mercosur. Et oui, il y aura une dissolution”, a déploré Mme de Montchalin, ce qui empêcherait “d’avoir un budget avant les élections municipales” de mars.Face aux blocages, des voix demandent au gouvernement de se saisir de l’article 49.3, à l’instar de l’ex-ministre des Finances, Eric Lombard.L’ex-ministre a aussi fustigé les concessions “sans contrepartie” accordées au PS, citant la suspension de la réforme des retraites. “Après toutes ces concessions, on n’a pas de budget!”, a-t-il regretté.L’ancien président et député de Corrèze, François Hollande, a lui aussi soutenu cette hypothèse. Olivier Faure a de son côté jugé qu’il serait “absurde” pour son parti de demander l’utilisation du 49.3.