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Japon: l’économie se contracte au 1er trimestre, l’horizon s’assombrit

Le Japon a vu son économie se contracter de 0,2% au premier trimestre 2025, dans un environnement marqué par une inflation persistante et les vives incertitudes pesant sur ses exportations en raison des droits de douane américains.Selon une première estimation officielle publiée vendredi par le gouvernement, le produit intérieur brut (PIB) de la quatrième économie mondiale a reculé de 0,2% sur un an sur les trois premiers mois de l’année, après une croissance de 0,6% au quatrième trimestre 2024.Une performance inférieure à la prévision médiane des analystes sondés par l’agence Bloomberg (-0,1%).L’archipel avait connu en 2024 une quasi-stagnation (+0,1%) de son PIB en termes réels (corrigés de l’inflation).Il avait cependant enregistré en fin d’année dernière un brusque sursaut, avec une croissance de 0,6% au quatrième trimestre, à la faveur d’un excédent commercial accru. Mais cet élan s’est vite essoufflé sur les premiers mois de 2025.La conjoncture reste maussade: l’inflation (hors produits frais) a accéléré à 3,2% sur un an en mars, tirée par l’envolée persistante des prix de l’énergie et des céréales (+25%), avec notamment une flambée record de 92,5% sur un an des prix du riz, base essentielle de la cuisine japonaise.L’inflation persistante, quasi-systématiquement supérieure ou égale à 2% depuis 2022, contribue à effriter le pouvoir d’achat et pèse toujours sur les dépenses des ménages nippons, en dépit d’un récent sursaut de ces dernières. La consommation privée est un pilier du PIB national.Or, cette conjoncture précaire se voit fragilisée encore davantage par l’offensive douanière engagée par le président américain Donald Trump.- Taxes douanières -Proche allié de Washington, le Japon est visé depuis début avril par des surtaxes douanières américaines de 25% sur l’automobile et l’acier. Or, l’automobile a représenté l’an dernier environ 28% des exportations japonaises à destination des Etats-Unis, et représente un emploi sur huit dans le pays.Le Japon est par ailleurs menacé d’une surtaxe “réciproque” de 24% sur toutes ses exportations, mise en pause jusqu’à début juillet, et à laquelle Tokyo tente d’échapper via ses négociations avec l’administration Trump.”En cas d’échec des négociations, il y aurait des conséquences négatives pour l’économie japonaise et les marchés actions”, a affirmé Katsutoshi Inadome, stratégiste senior chez SuMi TRUST.La Banque du Japon (BoJ) a récemment pris acte de cet assombrissement de l’horizon économique: elle ne table plus que sur une croissance du PIB japonais de 0,5% sur l’année budgétaire 2025 entamée début avril, contre 1,1% prévu précédemment.”L’introduction de taxes douanières de grande envergure devrait avoir un impact sur l’activité commerciale mondiale, et les incertitudes accrues sont susceptibles d’avoir un impact important sur le moral des entreprises et des ménages dans le monde entier, ainsi que sur les marchés financiers”, s’est alarmée la BoJ dans un rapport publié le 1er mai.”La croissance économique du Japon devrait ralentir, les politiques commerciales entraînant l’essoufflement économique des autres pays et pénalisant les bénéfices des entreprises nationales”, insistait l’institution.Après une hausse des ventes vers les Etats-Unis, grâce aux entreprises soucieuses de gonfler leurs stocks avant les surtaxes douanières, le commerce nippon pourrait souffrir.Les composantes de l’indice manufacturier PMI “montre déjà une diminution des commandes à l’exportation, tandis que la baisse des exportations chinoises vers les États-Unis et le ralentissement économique américain devraient peser sur les bénéfices des entreprises japonaises et sur le PIB nippon jusqu’au troisième trimestre 2025″, avertissent les experts de la banque UBS dans une note.”Cela pourrait avoir un impact sur les primes de fin d’année et les négociations salariales du printemps prochain”, de quoi continuer à pénaliser la consommation, ajoutent-ils.Face à la conjoncture maussade, et compte tenu de la possibilité de négociations tarifaires prolongées entre les États-Unis et la Chine, la BoJ pourrait attendre jusqu’à 2026 pour reprendre ses hausses de taux.Elle avait maintenu ses taux inchangés début mai, pointant ses inquiétudes face au risque de ralentissement économique mondial.Dans ce contexte, le plan de relance d’environ 136 milliards d’euros adopté fin décembre par le gouvernement du Premier ministre Shigeru Ishiba, via des rabais fiscaux, aides et subventions pour conforter le pouvoir d’achat, peine à faire effet.Tout comme la mise sur le marché de stocks de riz tirés des réserves stratégiques nationales échoue jusqu’à présent à faire baisser significativement les prix de cet aliment de base pour le public.

Pesticides, eau: le patron de la FNSEA appelle à de “nouvelles actions” à partir du 26 mai

Le président de la FNSEA Arnaud Rousseau appelle à “de nouvelles actions” à partir du 26 mai, pour soutenir une proposition de loi visant à “lever les contraintes” pour les agriculteurs et favorisant l’accès à des pesticides, un sujet qui divise les syndicats agricoles.”A partir du 26 mai, nous appelons, avec les Jeunes Agriculteurs, à une nouvelle manifestation, à de nouvelles actions, parce que nous considérons aujourd’hui que, après avoir manifesté, travaillé, subi tout ce qui se passe sur le plan politique (…) les promesses qui nous sont faites ne sont pas là et c’est intolérable pour nous”, a-t-il déclaré jeudi sur RMC. C’est le 26 mai que doit débuter à l’Assemblée nationale l’examen de ce texte porté par le sénateur LR Laurent Duplomb. Adopté au Sénat en première lecture et actuellement en commission à l’Assemblée, il est considéré comme “vital” par la FNSEA car il répond, selon le syndicat, aux attentes des exploitants après la crise de l’an dernier.M. Rousseau estime que la parole donnée par le gouvernement “n’est pas tenue” car le texte, qui prévoit notamment de faciliter le stockage de l’eau, l’accès aux pesticides ou l’agrandissement des élevages, est “détricoté” en commission à l’Assemblée.La semaine dernière, devant la commission du Développement durable, la proposition a subi un important revers, avec la suppression d’un article ouvrant la voie à des dérogations environnementales pour certains projets de prélèvements et stockage d’eau.La Coordination rurale (CR) a relayé jeudi la “vive inquiétude” d’agriculteurs “notamment sur les questions liées à la gestion de l’eau, des traitements et à la gouvernance de l’Anses”, l’agence sanitaire en charge d’évaluer la dangerosité des pesticides et leur autorisation en France. La CR, qui se dit dans un communiqué “très attentive aux discussions”, n’a pour sa part toutefois pas appelé ses membres à l’action.Dans quelques villes d’Occitanie, dont Montauban ou Rodez, des agriculteurs se sont mobilisés dès jeudi soir à l’appel de la FRSEA et des JA occitans. A Montauban, ils étaient quelque 200 manifestants, dont certains au volant d’une quarantaine de tracteurs avec des remorques, a constaté un journaliste de l’AFP.- “Inacceptable” -En revanche, mercredi soir, devant la commission des Affaires économiques, les députés ont approuvé la réintroduction dérogatoire d’un insecticide de la famille des néonicotinoïdes interdit en France, mais autorisé ailleurs en Europe.Ce pesticide, l’acétamipride, est nocif pour les pollinisateurs, mais réclamé par les filières de la betterave ou la noisette, qui estiment n’avoir aucune autre solution pour lutter contre les ravageurs. A contrario, les apiculteurs mettent en garde contre “un tueur d’abeilles” et demandent quelle souveraineté alimentaire imposerait de “tuer une filière pour en sauver une autre”.La Confédération paysanne, 3e syndicat agricole, s’est dite jeudi déterminée à se mobiliser contre un retour des néonicotinoïdes en France.”On laisse croire que la profession souhaiterait voir baisser les normes environnementales, c’est faux. La FNSEA, ce n’est pas le monde agricole”, a affirmé Thomas Gibert, un porte-parole de la Confédération paysanne, lors d’une conférence de presse à Bagnolet.”Ce texte est inacceptable” pour la santé du vivant et “ne propose rien sur la question centrale du revenu des paysans”, a-t-il souligné.Générations Futures a de son côté “condamné l’irresponsabilité des députés ayant voté en faveur des dispositions relatives à ces substances”, au regard de leur “dangerosité”.”Nous ne pouvons nous satisfaire d’une politique allant de dérogation en dérogation sur des périodes successives de trois ans. Il faut désormais une ligne claire de maintien de l’interdiction et de soutien au développement des alternatives”, a appelé l’ONG.Les débats ont été vifs sur ces questions entre députés. La réintroduction dérogatoire adoptée mercredi soir devra concerner les filières en situation d’impasse.”Nous n’avons aucune certitude sur ce qui se passera à la fin, ce que voteront les députés. Il est important pour nous de nous mobiliser et de nous faire entendre”, a précisé M. Rousseau à l’AFP.Interrogé sur la mobilisation envisagée, il a indiqué qu’elle aurait lieu “à la fois à Paris et en province”, avec sans doute des “actions ponctuelles” à une époque de l’année où les agriculteurs sont occupés dans leurs exploitations, avant les récoltes.

Wall Street mitigée après des indicateurs économiques américains

La Bourse de New York a terminé sans direction claire jeudi, après une ouverture en baisse, les investisseurs digérant une salve de données économiques américaines qui ont provoqué la détente des taux obligataires.Le Dow Jones a gagné 0,65% et l’indice élargi S&P 500 0,41%, tandis que l’indice Nasdaq a perdu 0,18%.”La hausse que nous avons observée au cours de la journée est symptomatique du type de mouvement que nous avons observé sur le marché assez récemment, les investisseurs américains attendant que n’importe quelle vente matinale s’essouffle pour pousser le marché à la hausse”, estime auprès de l’AFP Steve Sosnick, d’Interactive Brokers.En revanche, souligne l’analyste, “il est assez inhabituel de voir le S&P 500 en hausse un jour où la plupart des +Sept Magnifiques+ (surnom donné aux grandes valeurs américaines du secteur technologique, ndlr) sont en baisse”.Tesla a perdu 1,40%, Alphabet 0,85%, Amazon 2,42%, Meta 2,35%, Apple -0,41% et Nvidia 0,38%. Seul Microsoft a terminé dans le vert, avançant de 0,23%.”Nous assistons également à un net recul des rendements (et) c’est certainement encourageant” pour la place américaine dans son ensemble, relève M. Sosnick.Vers 20H15 GMT, le taux d’intérêt des emprunts d’Etat américains à dix ans évoluait autour de 4,44%, contre 4,54% à la clôture jeudi.Cette franche détente est intervenue après la publication de plusieurs indicateurs économiques clés, notamment l’indice des prix à la production.Sur un mois, l’indice PPI a reculé de 0,5%, après une stabilisation au mois de mars, une baisse surprise alors que le consensus publié par Briefing.com anticipait une hausse de 0,3% sur la période.Sans les variations de prix de l’alimentation, de l’énergie et du commerce, considérés comme plus volatils, la baisse des prix est de 0,1% sur un mois, ce qui représente le premier recul enregistré depuis avril 2020, alors en pleine crise du Covid-19.Les ventes au détail ont, elles, connu une légère hausse en avril aux Etats-Unis (+0,1%), mais moins qu’attendu tandis que la production industrielle est restée inchangée durant le même mois, décevant les attentes des marchés.Côté marché de l’emploi, les demandes hebdomadaires d’allocation chômage sont ressorties stables par rapport à la période précédente et conformes aux attentes des analystes.Ailleurs à la cote, la première plateforme d’échanges de cryptomonnaies des États-Unis Coinbase (-7,20%) a chuté après avoir annoncé qu’un récent piratage allait lui coûter jusqu’à 400 millions de dollars pour rembourser ses clients qui ont perdu des fonds.La chaîne de boutiques d’équipement sportif Dick’s Sporting Goods a plongé de plus de 14% alors qu’elle s’apprête à racheter son concurrent Foot Locker pour plus de 2 milliards de dollars. L’action de ce dernier s’est envolée de plus de 85% à cette annonce.L’assureur américain UnitedHealth a plongé (-10,93%), alors qu’il est, selon le quotidien économique Wall Street Journal, visé par une enquête pour fraude potentielle par les autorités américaines.Selon le média américain, l’enquête diligentée par le ministère de la Justice porte sur une fraude dans le cadre du programme Medicare Advantage, un partenariat entre l’assurance maladie et les assureurs privés pour les patients souffrant de maladies chroniques.Le géant chinois du commerce en ligne, Alibaba a reculé de 7,57% après avoir annoncé jeudi une hausse modérée de son chiffre d’affaires annuel, nouveau signe positif pour le secteur technologique chinois malgré des défis grandissants. Les investisseurs sanctionnent néanmoins des résultats en deçà des attentes.

Sanofi: l’investissement massif aux Etats-Unis passe mal en France

Sanofi a essuyé de vives critiques jeudi en France au lendemain de sa décision d’investir massivement aux États-Unis, Bercy y voyant un “mauvais signal” et les syndicats redoutant un “désengagement industriel et social” du secteur pharmaceutique en Europe.”L’ampleur des investissements aux États-Unis, c’est sûr que c’est un mauvais signal à un moment où nous considérons et nous sommes convaincus que (…) l’Europe et la France, c’est l’endroit où il faut investir”, a déclaré le ministre de l’Économie Eric Lombard sur BFM Business.Le groupe tricolore a annoncé mercredi vouloir investir “au moins 20 milliards de dollars aux États-Unis” sur cinq ans, consacrés à “une augmentation significative des dépenses de recherche et développement” dans ce pays et “à la production américaine”.Sanofi est l’un des derniers géants pharmaceutiques à vouloir y renforcer sa présence, répondant aux pressions du président des États-Unis.”Parce que Trump s’agite, Sanofi sort les chiffres”, a fulminé Fabien Mallet, CGT Sanofi France, interrogé par l’AFP, anticipant que “la recherche va basculer aux États-Unis”.”En investissant massivement aux États-Unis, le groupe cherche à se positionner comme un acteur domestique , ce qui pourrait constituer un avantage stratégique dans les négociations tarifaires à venir”, a commenté à l’AFP Adrien Chantereine, expert du secteur pharmaceutique de Circle Strategy.Avec ses menaces de droits de douane sur les importations de médicaments, le nouveau pouvoir à Washington a déjà fait changer de pied d’autres grands noms du secteur : Eli Lilly, Johnson & Johnson, Novartis ou encore Roche se sont dits prêts à lancer des investissements de très grande envergure aux États-Unis.-“Perte totale de souveraineté”-Sanofi, “20 milliards pour les USA : qui dit mieux?”, a ironisé la CGT du groupe dans un communiqué, ajoutant que “c’est la France qui finance et c’est l’Amérique qui encaisse” et que “ce n’est pas un virage, c’est une délocalisation massive de la recherche” aux États-Unis.L’industrie pharmaceutique, jusqu’ici épargnée par le protectionnisme, voit le climat changer depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et ses menaces de droits de douane pour accélérer la relocalisation de la production.Le président américain a aussi affiché son intention de réduire les prix des médicaments de 50 à 80%. Cette mesure affecterait les marges bénéficiaires des fabricants, mais “cela n’a pas empêché Sanofi de lâcher un investissement aussi massif en si peu de temps” outre-Atlantique, s’est étonné Adil Bensetra, de la CFDT.Avec leur choix stratégique tourné vers le marché américain, les laboratoires “n’ont même pas laissé le temps aux Européens de trouver une solution alternative”, s’est indigné le syndicaliste, redoutant “une perte totale de notre souveraineté sanitaire dans les 4 à 6 ans”.En avril, profitant des menaces latentes de Donald Tump, les dirigeants d’une trentaine de champions pharmaceutiques ont écrit à la Commission européenne pour réclamer un cadre plus attractif en matière de prix des médicaments et de fiscalité.Pour Sanofi, le “rééquilibrage géographique apparaît cohérent” à M. Chantereine, vu qu’il génère la moitié de son chiffre d’affaires aux États-Unis et y réalise 25 % de sa production.Le groupe a aussi cédé tout récemment la moitié de sa filiale de produits sans ordonnance, dont le Doliprane au fonds d’investissement américain CD&R.”En dix ans, il a détruit des milliers d’emplois à travers quatre plans de licenciements. Il vend le Doliprane aux Américains, veut se séparer du site d’Amilly mais compte investir 20 milliards aux USA. Que fait l’Etat? Rien!”, a condamné mercredi sur X le rapporteur de la commission d’enquête du Sénat sur les aides publiques aux grandes entreprises, le communiste Fabien Gay, rappelant qu'”en dix ans, Sanofi a obtenu plus d’un milliard de crédit impôt recherche”.Sanofi, qui investit plus de 2,5 milliards d’euros chaque année en France, a reconnu devant cette commission une réduction d’environ un millier d’emplois dans la R&D en France sur dix ans, mais insisté sur l’absence de licenciements.Si aucune réduction des investissements en France n’a été annoncée à ce stade, “un basculement progressif des priorités vers les zones les plus stratégiques et rentables est plausible à moyen terme”, a estimé M. Chantereine.

La Bourse de Paris grappille du terrain après des indicateurs économiques américains

La Bourse de Paris a terminé en légère hausse de 0,21% jeudi, à l’issue d’une séance marquée par la publication d’indicateurs économiques aux États-Unis qui alimentent les espoirs de baisses de taux de la banque centrale américaine (Fed).L’indice vedette CAC 40 a pris 16,68 points pour s’établir à 7.853,47 points à la clôture. Mercredi, le CAC 40 a terminé en baisse de 0,47%, à 7.836,79 points.Depuis son dernier point bas du 9 avril, dans un marché alors lesté par l’entrée en vigueur des droits de douane imposés par l’administration Trump, le CAC 40 a regagné près de 15%.”L’inflation [aux États-Unis] montre des signaux de ralentissement et les taux obligataires baissent, pointant vers la possibilité pour la banque centrale américaine (Fed) de baisser ses taux” au cours de l’année, commente Nicolas Forest, responsable des investissements au sein de la société Candriam.Sur le marché obligataire, le taux d’emprunt de l’État français à échéance 10 ans a terminé à 3,29% à la clôture, contre 3,38% la veille. Une détente de 0,9 point de pourcentage est considérée comme notable sur ce marché.Engie (+3,57% à 18,30 euros) a confirmé jeudi ses perspectives pour l’année 2025 après une “solide” performance opérationnelle et financière au premier trimestre, dans un contexte de normalisation des conditions de marché et malgré un environnement économique “incertain”.L’industriel français Vallourec (-1,50% à 17,05 euros), qui sort d’une cure d’assainissement drastique et devrait verser en 2025 son premier dividende en dix ans, a vu son bénéfice net reculer au premier trimestre.L’action de l’éditeur français de jeux vidéo Ubisoft a dégringolé de 18,20% à 9,55 euros l’action, dans le sillage de la publication des résultats de l’exercice décalé 2024-25 du groupe, jugés décevant.Le distributeur de meubles et d’objets de décoration Maisons du Monde, qui a fait état jeudi d’une nouvelle baisse de ses ventes au premier trimestre 2025, a chuté de 9,64% à 2,53 euros, même s’il compte toujours renouer avec la croissance au deuxième semestre.

ArcelorMittal veut rassurer sur sa présence à Dunkerque, mais maintient son plan social

Sous pression sociale et politique, le sidérurgiste ArcelorMittal a donné jeudi des gages sur sa volonté de pérenniser ses sites d’acier français, en réaffirmant son “intention” d’investir dans la décarbonation à Dunkerque (Nord), sans toutefois abandonner son projet de plan social en France.Sous réserve que Bruxelles concrétise ses mesures de protection de l’acier européen, le groupe a confirmé dans un communiqué “son intention d’investir dans un premier four électrique, sur son site de Dunkerque, pour un montant d’environ 1,2 milliard d’euros”.Une manière de couper court aux rumeurs de désengagement de l’industriel en France, alors que la CFDT a encore évoqué cette semaine une “désindustrialisation silencieuse”, reprochant au groupe de “réduire à peau de chagrin les investissements de maintien de l’outil” industriel tout en percevant des aides publiques.Pour une décision ferme et définitive, il faudra toutefois attendre “après l’été”, selon le président d’ArcelorMittal France, Alain Le Grix de la Salle, qui attend de l’Europe “des mesures de défense commerciale pour limiter les importations à 15% du marché et un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières”.”Ces mesures nous permettront de rétablir une concurrence équitable sur le marché européen de l’acier et donc de jouer à armes égales”, a-t-il déclaré lors d’un point presse en ligne.Il a en revanche écarté tout abandon du projet de plan de suppressions de 636 postes pour la France, dans les fonctions support et dans la production: “ce sont deux sujets qui sont distincts. Les suppressions de postes actuellement sont destinées à rendre la compétitivité des sites de Dunkerque”, a-t-il déclaré. “C’est une fumisterie !”, a réagi, très remonté, Gaëtan Lecocq, de la CGT de Dunkerque, site le plus menacé, avec près de 300 suppressions de postes annoncées, qui y voit “une opération de communication” pour contrer “le mouvement en train de monter socialement et politiquement”.- Un financement qui reste à définir -Plusieurs partis de gauche ont déposé ces derniers jours des propositions de loi de nationalisation, comme le réclame notamment la CGT, une option écartée jeudi par le président de la République Emmanuel Macron.Dans un échange avec les titres de presse quotidienne régionale, il a estimé qu’ArcelorMittal avait “essentiellement un problème de concurrence déloyale venant d’Asie, lié à nos réglementations et nos exigences CO2. La réponse pour faire ça, c’est créer les conditions d’une concurrence loyale.”Fin 2024, ArcelorMittal avait suspendu son projet d’investissement –à hauteur de 1,8 milliard d’euros dont plus de 800 millions d’aide promise par l’Etat– dans la décarbonation de ses hauts fourneaux de Dunkerque, en arguant de la non compétitivité de l’acier produit en Europe.Le projet prévoyait la construction à Dunkerque de deux fours électriques et d’une unité de réduction directe du fer (DRI) avec du gaz ou de l’hydrogène qui permet de produire de l’acier décarboné sans charbon fossile.Avec le coût actuel du gaz, “il n’y a pas de modèle économique pour le DRI”, a déclaré le patron d’ArcelorMittal France. Concernant l’annonce d’un four au lieu de deux prévus initialement, il a souligné que ce plan était “évolutif”.Compte tenu du changement de périmètre, “on ne sera pas en mesure d’utiliser les 850 millions d’euros” (d’aides de l’Etat) (…), donc le financement du four électrique “reste à finaliser”, a-t-il précisé.L’acier européen est pris en étau entre la baisse de la consommation sur le Vieux Continent, la concurrence jugée déloyale d’acier à bas prix venu de Chine notamment, les prix de l’énergie trop élevés en Europe et les nouvelles taxes douanières.Le sidérurgiste a d’ailleurs annoncé ces dernières semaines un plan d’économies pour tenter de regagner sa compétitivité en Europe avec le transfert d’activités support surtout vers l’Inde portant au total sur 1.400 postes de ses sites d’Europe de l’ouest. Jeudi, le ministre de l’Industrie Marc Ferracci a salué un “premier pas décisif pour la pérennisation de la filière sidérurgique” en indiquant qu’il “continue le combat” avec le Commissaire européen Stéphane Séjourné.Le président de la région Hauts de France Xavier Bertrand est resté plus prudent: “1,2 milliard”, “ça ne lève pas toutes les interrogations, toutes les inquiétudes”, a-t-il dit. A Dunkerque, le maire Patrice Vergriete a aussi salué “un signal positif” et assuré “rester vigilant”. Interrogé par l’AFP, Guillaume de Goÿs, président d’Aluminium de France, industriel voisin du Dunkerquois, s’est félicité du fait qu’ArcelorMittal “avance”, afin de pouvoir “mettre en place un travail commun” sur la capture et le transport du CO2 dans la région.ngu-zl-bj-im/jum/nth

A69: premier succès au Parlement pour les défenseurs de la reprise du chantier

Les élus pro-A69 engagent le bras de fer au Parlement: le Sénat a largement adopté jeudi un texte atypique pour tenter d’obtenir par la loi la reprise du chantier de l’autoroute Toulouse-Castres, en dépit de sérieuses interrogations juridiques et de l’opposition résolue des écologistes.Les parlementaires parviendront-ils à court-circuiter la suite de la procédure judiciaire entourant le projet? Les deux sénateurs du Tarn, Marie-Lise Housseau et Philippe Folliot, ont en tout cas obtenu une première victoire en faisant adopter confortablement en première lecture une loi dite de “validation”.La démarche entend permettre aux parlementaires de “reprendre la main”, après l’annulation par le tribunal administratif de Toulouse de l’autorisation de construire cette portion d’autoroute de 53 km, entraînant la suspension du chantier entamé en 2023.L’objectif, “proposer une porte de sortie pour faire en sorte d’arrêter cette situation ubuesque et stopper cette gabegie”, a lancé M. Folliot.Le Sénat, dominé par une alliance droite-centristes, l’a soutenu à 252 voix contre 33, les oppositions émanant des rangs écologistes et de la plupart des communistes. L’Assemblée nationale prendra le relais dès le 2 juin à l’initiative des députés du Tarn, avec de bonnes chances d’adoption définitive.- “Urgence” de “désenclavement” -Concrètement, il s’agit de faire “valider” par la loi deux arrêtés relatif à l’autorisation environnementale du projet, au motif qu’il répond à une raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM), nécessaire pour justifier aux yeux de la justice les atteintes portées à l’environnement par un tel chantier.Le Sénat répond ainsi “à une situation d’urgence” pour “éviter les conséquences dramatiques d’un arrêt du projet”, a martelé le sénateur Horizons Franck Dhersin, rapporteur du texte.En effet, les défenseurs du texte plaident pour le “désenclavement” d’un bassin d’environ 100.000 personnes (Castres-Mazamet) et veulent donner des perspectives aux acteurs économiques locaux.Or selon Marie-Lise Housseau, l’arrêt du projet, qui devait s’achever en 2025, entraînerait des “dommages irrémédiables” pour le Tarn, département “qui se sent humilié, méprisé et nié dans ses choix de développement”.Au-delà du bien-fondé du projet, les débats les plus nourris ont concerné la forme de cette initiative, avec de sérieuses interrogations sur sa conformité à la Constitution.”Le législateur crée un précédent grave en tentant d’influencer une Cour de justice”, s’est alarmé l’écologiste Jacques Fernique.Interrogé par l’AFP depuis Soual, commune située sur le tracé de l’A69 dans le Tarn, Thomas Digard, militant du collectif La Voie est libre (LVEL) d’opposants à cette autoroute, s’est dit “écoeuré” par cette démarche parlementaire, lancée selon lui pour “passer en force” après avoir “perdu sur le terrain juridique”.- “Message trouble” -A l’opposé, les soutiens du texte ont méticuleusement défendu les nombreux “motifs impérieux d’intérêt général” démontrant selon eu la conformité du texte à la loi fondamentale: socioéconomiques, politiques, environnementaux, relatifs aux finances publiques ou encore à la sécurité routière.Mais certains législateurs n’ont pu masquer leur inconfort face à une proposition de loi au format inhabituel, débattue à quelques jours de l’examen par la cour administrative d’appel de Toulouse d’un premier recours contre l’arrêt des travaux, le 21 mai.”Nous ne devons pas procéder à du cas par cas législatif”, a reconnu le communiste Jean-Pierre Corbisez, pourtant favorable. Le Sénat “envoie un message trouble”, a abondé le socialiste Hervé Gillé, dont le groupe n’a pas participé au vote malgré quelques soutiens de sénateurs notamment occitans.Cette position du PS a offusqué les dirigeants des Ecologistes et de La France insoumise, Marine Tondelier et Manuel Bompard. Pour la première, les socialistes n’ont “même pas daigné (…) respecter le programme du NFP”. “Une trahison complète” pour le second.Autre fait marquant, la position de “sagesse” du gouvernement, ni favorable ni défavorable, exprimée pour “n’interférer ni dans la procédure juridictionnelle en cours, ni dans le travail parlementaire”, a expliqué le ministre des Transports Philippe Tabarot, qui soutient pourtant vivement le projet comme de nombreux ministres.L’enjeu final sur ce texte sera probablement de savoir si le Conseil constitutionnel le censure ou non. “Le Conseil sera évidemment saisi”, a confirmé à l’AFP le sénateur écologiste Ronan Dantec, qui a dénonce “une loi de posture”.

Japon: Don Quijote, le roi du discount, mise sur la “chasse aux trésors” des touristes

Dans les allées étroites d’un grand magasin de Tokyo, des centaines de touristes se pressent pour remplir leur panier de snacks, gadgets et autres souvenirs en tout genre, alimentant les caisses de “Don Quijote”, le roi du “discount” nippon.Cire d’épilation pour narines, chips, tongs, déguisements grotesques ou électroménager compact: à Don Quijote – aussi surnommé “Donki” – les rayons débordent de produits aussi variés qu’insolites.La chaîne de magasins à prix réduits fondée dans les années 1980 par Takao Yasuda a cassé les codes du commerce de détail au Japon avec ses horaires d’ouverture nocturnes et son ambiance chaotique.Inspiré par le personnage idéaliste de Don Quichotte auquel il s’identifie, M. Yasuda s’était donné “pour objectif de dépasser les grands supermarchés de l’époque grâce à de nouvelles idées et approches innovantes”, raconte à l’AFP Motoki Hata, responsable clientèle chez Don Quijote.L’expérience d’achat est pensée comme une véritable “chasse aux trésors”, explique-t-il debout devant une pile de biscuits chocolatés.”Les clients finissent par acheter autre chose que ce qu’ils étaient venus chercher”, ajoute M. Hata. – “Shopping ludique” -Cette expérience de “shopping ludique”, où l’on trouve même un rayon pour adultes caché derrière un rideau, séduit de nombreux étrangers, tirant avantage de l’affaiblissement du yen et des prix bon marché de l’enseigne.”J’ai l’impression d’avoir acheté beaucoup de choses pour seulement 70 dollars”, se réjouit auprès de l’AFP Garett Bryan, un Américain de 27 ans, tenant un sac rempli de souvenirs.”C’est le genre de magasin où tu peux acheter tout ce que tu veux. Mais il faut quand même se demander si tu en as vraiment besoin”, tempère Bruno Bosi, venu lui du Brésil. Au dernier étage du magasin, une longue file d’attente s’étend jusqu’aux caisses avec détaxe. Don Quijote prévoit d’ailleurs d’ouvrir deux nouveaux magasins l’an prochain, dédiés aux étrangers, avec une offre de produits détaxés.”Les touristes adorent faire du shopping, acheter des souvenirs” et surtout “ils aiment tout acheter en une seule fois (…) pour profiter du reste de leur voyage l’esprit tranquille”, explique à l’AFP Paul Kraft, fondateur du cabinet de conseil JapanIQ.Outre la clientèle d’Asie de l’Est, “depuis le Covid, les clients venant d’Europe et des Etats-Unis ont aussi beaucoup augmenté”, explique M. Hata, ajoutant que cette affluence mondiale a contribué à une hausse du chiffre d’affaires, désormais “environ 1,7 fois supérieur à celui d’avant la pandémie”.Don Quijote est la principale enseigne du groupe japonais Pan Pacific International Holdings (PPIH), dont le chiffre d’affaires des magasins “discount” a atteint 8 milliards d’euros (1.318,6 milliards de yens) pour l’année fiscale 2024, soit une augmentation d’environ 12% en un an.Les ventes détaxées ont rapporté 722 millions d’euros (117,3 milliards de yens) grâce notamment aux visiteurs sud-coréens (28,3%), chinois (18,5%) et venus de l’Asean (18,3%).- Modèle “inimitable” -Don Quijote s’efforce aussi d’accroître et fidéliser sa clientèle locale alors que la hausse des prix à la consommation au Japon (hors produits frais) a accéléré en mars de 3,2% sur un an.”Ce qui attire (les Japonais), c’est la disponibilité des produits et la promesse de faire une bonne affaire, ce qui est très précieux en ce moment”, ajoute Paul Kraft.L’inflation a poussé certains consommateurs à choisir l’enseigne pour des produits comme les cosmétiques ou l’électroménager.”C’est moins cher qu’ailleurs et il y a aussi des marques”, déclare à l’AFP Mme Kuroki, une habitante de Tokyo qui vient y faire ses achats une à deux fois par semaine.Shoji Raku, 20 ans, y achète quant à lui “du shampooing, de l’électronique et tout ce que l’on ne trouve pas ailleurs”.L’enseigne a ouvert 24 boutiques Don Quijote et assimilées lors de l’année fiscale 2024 et compte 501 boutiques au Japon.Mais l’ombre jetée par la guerre commerciale déclenchée par le président américain Donald Trump plane sur la stratégie d’expansion de la firme, qui s’appuie sur 110 magasins à l’international, sous d’autres entités, dont 64 en Amérique du Nord.”Je pense que (les tarifs douaniers) pourraient certainement affecter (l’enseigne), car ils importent des produits du Japon”, affirme M. Kraft.”Mais une chose est sûre: je ne parierai jamais contre Don Quijote. Personne ne s’adapte aussi vite qu’eux dans le secteur au Japon (…) car ils donnent beaucoup d’autonomie à leurs magasins”, insiste-t-il.Face à des concurrents de la grande distribution comme Aeon au Japon ou Amazon sur internet, l’enseigne se distingue par son modèle économique à contre-courant et presque “inimitable”, selon Paul Kraft.”En termes de quantité de produits, nous ne pouvons pas rivaliser avec Amazon ou Rakuten, mais notre concept repose sur la capacité à offrir des produits inattendus, (…) que les clients vont découvrir et apprécier”, affirme Motoki Hata. “C’est cela notre force.”

Le secteur des cryptomonnaies fait l’éloge de Trump et réclame une clarté réglementaire

Le début de mandat du président Donald Trump a fait l’objet de critiques élogieuses lors d’une conférence mondiale sur les cryptomonnaies cette semaine, mais les principaux avocats du secteur réclament une clarté réglementaire.”De façon générale, ces trois mois ont été très encourageants”, a souligné mercredi Lewis Cohen, avocat spécialisé dans les actifs numériques au sein d’un cabinet new-yorkais Cahill Gordon & Reindel.Celui-ci s’exprimait à l’occasion de Consensus, la conférence sur les cryptomonnaies la plus ancienne au monde et organisée cette année à Toronto, la plus grande ville du Canada.Le fils de de Donald Trump, Eric, qui promeut sa propre entreprise de cryptomonnaie, doit s’adresser à la conférence jeudi alors que de plus en plus de questions se posent sur un éventuel conflit d’intérêts avec son père à la Maison Blanche.Eric Trump est très impliqué dans le secteur en tant que cofondateur et dirigeant d’American Bitcoin, ainsi qu’à travers des projets soutenus par sa famille.La cryptomonnaie $TRUMP, lancée par Donald Trump, a vu sa valeur grimper en flèche lors de l’annonce d’un dîner qui doit être tenu le 22 mai par le président dans l’un de ses clubs de golf, auquel seuls les principaux détenteurs de sa cryptomonnaie seront invités.Les investisseurs américains du secteur ont été les principaux soutiens de la campagne présidentielle de Trump, contribuant à hauteur de millions de dollars dans l’espoir de mettre fin au profond scepticisme de l’administration démocrate précédente à l’égard des monnaies numériques.Les participants à la conférence n’ont pas caché leur mépris pour la présidence de Joe Biden, qui avait mis en place des restrictions sur les banques détenant des cryptomonnaies.Le retour de Donald Trump a donné “une chance de réinitialiser les relations” entre le secteur et Washington, a estimé Annemarie Tierney, une experte en réglementation qui a déjà travaillé à l’Autorité de régulation des marchés financiers, la SEC.Le président a nommé à la tête de la SEC un partisan de ces actifs financiers d’un nouveau genre et, sous sa conduite, l’organisme a abandonné les poursuites judiciaires de grands noms comme les plateformes d’échange Coinbase ou Kraken. “C’est l’une des choses les plus importantes que la SEC ait faites. Je ne pensais pas voir cela un jour”, a souligné Annemarie Tierney.- “Règles de conduite” -Les détracteurs des cryptomonnaies mettent en garde contre le fait que les actifs numériques sont avant tout des investissements spéculatifs avec une utilité réelle discutable, et qui pourraient causer des dommages considérables en cas d’effondrement du marché.Mais ses partisans y voient une révolution financière qui réduit la dépendance à l’égard des autorités centralisées et une alternative aux systèmes bancaires traditionnels.Certains affirment que le succès des cryptomonnaies au niveau local serait étouffé par une réglementation qui favorise la domination des grandes institutions financière dans le secteur.Mais pour Connor Spelliscy, qui dirige l’organisation à but non lucratif Decentralization Research Center, les plateformes de cryptomonnaie bénéficieraient d’une action réglementaire rapide.”Il est très important que nous établissions des règles de conduite pour l’industrie avant que la Chambre des représentants ne change de camp”, a-t-il déclaré, faisant écho à l’opinion largement répandue selon laquelle les démocrates, actuellement minoritaires aux deux chambres du Congrès, sont plus hostiles au secteur.Deux projets de loi sur les cryptomonnaies sont actuellement examinés.Celui sur les “stablecoins”, qui vise à réglementer ces pièces de monnaie numériques privées indexées sur le dollar américain, est considéré comme moins controversé. Mais il est retardé par les démocrates, furieux de l’augmentation des avoirs de Donald Trump dans le secteur pendant son mandat.Le second projet de loi, plus épineux, vise à créer un cadre réglementaire pour l’ensemble du marché des actifs numériques, à l’instar d’un marché boursier pour les cryptomonnaies.”L’administration actuelle doit mettre ces règles par écrit”, a estimé Annemarie Tierney. “Nous devons mettre en place un cadre solide sur le plan réglementaire”.

Le cognac reste une pomme de discorde entre Paris et Pékin après une rencontre

Le cognac français reste “à ce stade” soumis à des sanctions chinoises, a affirmé jeudi le ministre de l’Economie Eric Lombard après une réunion avec le vice-Premier ministre chinois, He Lifeng, qui a lui appelé à un climat d’affaires “plus équitable” entre les deux pays.Les discussions entre la France et la Chine concernant le contentieux sur le cognac français n’ont pas permis d’aboutir à une solution “à ce stade”, a affirmé jeudi le ministre français à l’issue d’une réunion avec le dirigeant chinois.”Mais je sais néanmoins pour en avoir longuement parlé avec son excellence He Lifeng que la porte de la discussion reste ouverte”, a-t-il poursuivi, à l’heure où des sanctions chinoises contre ce secteur affectent durement la filière française.Après avoir mené ces derniers jours pour la Chine des négociations à Genève avec les Etats-Unis sur le dossier des droits de douane punitifs, He Lifeng achevait jeudi une visite de trois jours en France au cours desquels il s’est notamment entretenu avec des représentants d’entreprises de la cosmétique, de la pharmacie et de l’aéronautique, et a visité une ferme dans l’Eure. Jeudi s’est tenu la 10e édition du dialogue économique et financier de haut niveau franco-chinois auquel, outre He Lifeng et Eric Lombard, a aussi participé la ministre française de l’Agriculture Annie Genevard, sur fond de conflit persistant autour des sanctions chinoises sur l’industrie du cognac.Des mesures antidumping temporaires de Pékin imposent depuis mi-novembre aux importateurs de brandys européens (eaux-de-vie de vin, essentiellement du cognac) de déposer auprès des douanes chinoises une caution, en représailles à une procédure européenne visant les subventions d’État dont bénéficient les véhicules électriques fabriqués en Chine.- 1,4 milliard d’exportations -Ces mesures ont porté un coup en France à la filière cognac, qui affirme perdre 50 millions d’euros par mois depuis leur instauration.”J’ai souhaité insister sur l’importance pour nous de revenir à la solution qui prévalait avant 2024″, Eric Lombard, rappelant que le cognac représente 1,4 milliard d’euros d’exportations annuelles françaises vers la Chine.”Il s’agit pour la France d’un sujet de première importance”, a-t-il encore dit devant la presse.La Chine représente à elle seule un quart des exportations de cognac, selon le Bureau national français interprofessionnel du cognac.La réponse du dirigeant chinois sur ce sujet a été brève, He Lifeng se contentant de dire qu'”à la demande de l’industrie nationale chinoise, la Chine a ouvert une enquête antidumping sur le brandy originaire de l’Union européenne, conformément à la loi”. “L’autorité chargée de l’enquête prendra une décision sur la base des faits”, a-t-il poursuivi.La Chine suspecte les producteurs français de baisser excessivement le prix de leurs produits pour faciliter l’accès au marché chinois, une accusation que la France rejette fermement.Pékin a déjà infléchi sa position ces dernières semaines en repoussant de trois mois l’application définitive de droits de douane supplémentaires, à l’issue d’une visite du chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot.He Lifeng a toutefois dit souhaiter que “les entreprises françaises augmentent leurs investissements en Chine”, tout comme il a appelé les entreprises chinoises à “investir” et “faire des affaires en France”. Il s’est aussi dit ouvert à la coopération dans les domaines de l’intelligence artificielle, la transition climatique, les services financiers, le nucléaire et l’agriculture.Le dirigeant chinois s’est montré en revanche plus offensif au sujet du climat des affaires: son pays “espère que la France offrira un climat (…) plus équitable, plus juste et plus prévisible”, a-t-il affirmé.Outre le conflit sur le cognac, la France n’exporte par ailleurs plus de viande bovine vers la Chine depuis fin 2024, du fait d’un embargo total décrété par Pékin, lié à la fièvre catarrhale ovine (FCO), une maladie non transmissible à l’homme qui affecte essentiellement les ovins mais aussi les bovins.La viande bovine française est “bienvenue” sur le marché chinois, avait déclaré mardi le vice-Premier ministre chinois lors d’une visite dans une ferme bovine à Harquency (Eure), sans donner ni calendrier ni détails sur la levée des restrictions actuelles.