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La Bourse de Paris en légère baisse

La Bourse de Paris évolue sans entrain mercredi, gagnée par l’attentisme face aux incertitudes sur le vote du budget aux Etats-Unis et aux tensions géopolitiques et commerciales mondiales.Le CAC 40 perdait 0,36% vers 10H00 (heure française), à 7.913,63 points, en recul de 27,31 points. La veille, l’indice français vedette a pris 0,75%.”Tous les regards sont tournés vers la loi fiscale que l’administration Trump cherche à faire adopter, car l’accord final déterminera en grande partie l’ampleur du déficit américain dans les années à venir”, résument les analystes de Deutsche Bank.Le projet de loi budgétaire du président américain fait l’objet de vifs débats au Congrès, après la dégradation de la note des Etats-Unis par l’agence Moody’s vendredi, qui a bousculé les marchés en début de semaine.Donald Trump a exhorté mardi au Congrès les élus républicains à soutenir sa “grande et belle loi”, qui concrétiserait certaines de ses promesses phares mais risque d’accroître fortement le déficit.Côté géopolitique, le regard des marchés est tourné vers le Moyen-Orient: “des informations de CNN selon lesquelles Israël préparerait des frappes à l’encontre de l’Iran alimentent la volatilité”, explique John Plassard, spécialiste de l’investissement pour Mirabaud.Selon la chaîne américaine, Israël réfléchirait à frapper des installations nucléaires iraniennes.Ces informations interviennent alors que des négociations sont en cours sous la médiation d’Oman entre l’Iran et les Etats-Unis depuis le 12 avril, visant à conclure un nouvel accord pour encadrer le programme nucléaire de Téhéran.Les investisseurs portent enfin leur attention sur les dernières avancées des négociations commerciales entre Washington et ses partenaires, alors que les ministres des Finances du G7 sont réunis depuis mardi soir à Banff, au Canada.Ces derniers cherchent à convaincre l’administration Trump de revenir complètement sur les droits de douane annoncés lors de son offensive protectionniste début avril, et dont une large partie est pour le moment suspendue.Côté obligataire, les taux d’intérêt de l’emprunt à dix ans français de référence atteignaient 3,29% vers 10H00 (heure française), contre 3,26% la veille en clôture.Kering annonce un nouvel empruntLe groupe de luxe Kering (-2,18% à 178,62 euros) a annoncé mardi soir l’émission d’un nouvel emprunt obligataire pour “un montant total de 750 millions d’euros”, afin d’accroître sa “flexibilité financière”.

Royaume-Uni: forte progression de l’inflation en avril à 3,5% sur un an

Les prix ont progressé de 3,5% sur un an en avril au Royaume-Uni, contre 2,6% en mars, à cause de la hausse des factures des ménages qui a pris effet au début du mois, a annoncé mercredi l’Office national des statistiques (ONS).”Les factures de gaz et d’électricité ont augmenté ce mois-ci, alors qu’elles avaient fortement baissé l’année dernière à la même époque, en raison des modifications apportées au plafond des prix de l’énergie” fixé par le régulateur britannique du secteur, l’Ofgem, souligne l’économiste en chef de l’ONS Grant Fitzner.”Les factures d’eau et d’assainissement ont également fortement augmenté cette année”, tout comme les taxes sur les véhicules, “ce qui a poussé le taux global à son plus haut niveau depuis le début de l’année dernière”, a-t-il ajouté.Bien que largement anticipée, cette hausse est supérieure aux prévisions des économistes, qui tablaient sur 3,3%.Selon Grant Fitzner, elle a été “partiellement compensée par la baisse des prix des carburants et de l’habillement, due à une forte réduction des prix des vêtements pour enfants et des chaussures pour femmes”.La ministre britannique des Finances Rachel Reeves s’est dite “déçue par ces chiffres”. Mais “nous sommes loin de l’inflation à deux chiffres que nous avons connue sous l’administration précédente”, a-t-elle ajouté.Les prix s’étaient envolés lorsque les conservateurs étaient au pouvoir, avec la réouverture de l’économie post-pandémie et la crise énergétique engendrée par la guerre en Ukraine, l’inflation grimpant jusqu’à 11% fin 2022 avant de redescendre.Surnommé “Awful April” (Terrible avril) par la presse britannique, ce mois a aussi “marqué le début de l’augmentation des cotisations patronales” ainsi que celle du salaire minimum, “ce qui a probablement entraîné des hausses de prix”, souligne aussi Lindsay James, analyste chez Quilter.Les factures d’énergie devraient baisser à partir de juillet, selon les analystes, à la suite de la forte chute récente des prix du pétrole provoquée par la salve de tarifs douaniers lancée par le président américain Donald Trump.

La Chine dénonce les nouvelles mesures américaines sur les puces Huawei

La Chine a promis mercredi des “mesures fermes” en réponse aux nouvelles recommandations de l’administration Trump sur l’utilisation de puces électroniques avancées, notamment du géant chinois Huawei, dénonçant une tentative d'”intimidation”.L’administration du président américain Donald Trump a certes annulé la semaine dernière de nouvelles restrictions à l’exportation de puces avancées, répondant aux appels de plusieurs pays qui s’inquiétaient d’être écartés de technologies essentielles au développement de l’IA.Ces nouvelles règles, qui devaient s’ajouter, à partir du 15 mai, à des contrôles déjà mis en place en 2022 et 2023, avaient été annoncées par le gouvernement de Joe Biden mi-janvier, quelques jours seulement avant la fin de son mandat.Mais parallèlement à leur annulation, le département américain du Commerce a dévoilé de nouvelles directives qui mettent en garde contre l’utilisation de semi-conducteurs d’IA chinois, et en particulier les puces Ascend du géant technologique Huawei, menaçant de “sanctions pénales et administratives importantes, pouvant aller jusqu’à l’emprisonnement”.Ces directives avertissent également “le public des conséquences potentielles qu’induiraient le fait de laisser des puces américaines être utilisées” pour développer des “modèles chinois d’IA”.Pékin a vivement réagi mercredi, accusant Washington d'”abuser des contrôles à l’exportation pour contenir et réprimer la Chine”.”Les mesures américaines relèvent d’un unilatéralisme typique, mêlant intimidation et protectionnisme, et portent gravement atteinte à la stabilité des chaînes industrielles et d’approvisionnement mondiales dans le secteur des semi-conducteurs”, a déclaré mercredi un porte-parole du ministère chinois du Commerce dans un communiqué, promettant des “mesures fermes” en réponse.”Toute organisation ou individu qui mettrait en oeuvre ou aiderait à mettre en oeuvre ces mesures américaines pourrait être en infraction” avec les règlementations chinoises, a averti Pékin.- Pressions des firmes d’IA -Le département américain du Commerce a expliqué que sa politique visait à partager la technologie américaine en matière d’IA “avec des pays étrangers de confiance à travers le monde, tout en empêchant qu’elle ne tombe entre les mains de nos adversaires”.”En même temps, nous rejetons la tentative de l’administration Biden d’imposer au peuple américain ses politiques en matière d’IA, mal conçues et contre-productives”, a déclaré Jeffery Kessler, sous-secrétaire au Commerce chargé de l’industrie et de la sécurité.Washington a renforcé ces dernières années ses efforts pour limiter les exportations de puces dernier cri vers la Chine, craignant qu’elles ne servent à l’armée chinoise et soucieux de conserver la domination américaine dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA). Les règles initialement prévues par l’administration Biden et qui devaient s’appliquer au 15 mai divisaient les pays en trois catégories, chacune soumise à un niveau de restriction différent.Les pays considérés comme “de premier rang”, comme le Japon et la Corée du Sud, n’étaient pas concernés par les restrictions, tandis que ceux de la deuxième catégorie — comme le Mexique ou le Portugal — avaient été soumis à un plafonnement du volume de puces qu’ils pouvaient recevoir.Mais des fabricants américains de puces comme Nvidia et AMD ont fait pression contre ces restrictions différenciées. Leur action en Bourse avait grimpé après que l’administration Trump avait laissé entendre qu’elle reconsidérerait la mesure.Mercredi, le directeur général de Nvidia, Jensen Huang, a qualifié les contrôles américains sur les exportations de puces d’IA vers la Chine d'”échec”, estimant que ces mesures ont à l’inverse encouragé les firmes chinoises à développer leurs propres technologies.”Les entreprises locales sont très, très talentueuses et très déterminées, et les contrôles à l’exportation leur ont donné l’élan, l’énergie et le soutien du gouvernement pour accélérer leur développement”, a déclaré M. Huang à la presse lors du salon technologique Computex organisé à Taipei.”La Chine dispose d’un écosystème technologique dynamique, et il est très important de réaliser que la Chine compte 50% des chercheurs en IA du monde, et que la Chine est incroyablement douée pour les logiciels”, a ajouté le dirigeant.

Agroalimentaire: sept associations accusent les supermarchés de “brader” la santé des consommateurs

Les promotions alimentaires proposées chez les principales chaînes de supermarchés “poussent à acheter des aliments mauvais pour la santé”, dénoncent sept associations dans une enquête publiée mercredi, accusant la grande distribution de “brader” la santé des consommateurs. Pour tirer ces conclusions, Foodwatch France, le Réseau Action Climat, France Assos Santé, la Fédération française des diabétiques, la Confédération syndicale des familles, l’Union nationale des associations familiales et le Collectif national des associations d’obèses ont passé au crible “près de 5.000 promotions alimentaires” mises en place par les cinq plus gros distributeurs entre février et mars 2025. “Le doute n’est plus permis: dans les supermarchés, les promotions censées vous permettre de faire des économies poussent surtout à acheter des aliments mauvais pour la santé”, s’alarment les associations, selon lesquelles “deux tiers des promotions (66%) concernent des produits trop gras, trop sucrés, trop salés”.Carrefour, Coopérative U, E. Leclerc, Intermarché et Lidl “se disent toute l’année les alliés du +bien manger+, mais en pratique, ils vont à l’encontre de leurs engagements”, déplore auprès de l’AFP Audrey Morice, porte-parole de l’ONG Foodwatch. D’après l’enquête, “seules 12% des promotions portent sur des aliments sains (…) comme les fruits, les légumes ou les légumineuses, et que les Français ne consomment pas suffisamment”, indique l’enquête, qui se base sur les recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS). Les associations déplorent également que de “trop nombreuses promotions incitent à surconsommer en achetant en grande quantité” car d’après elles, “40% des promotions proposent d’acheter des produits (qui sont) à fortement limiter selon les recommandations santé”, à l’instar de la charcuterie, des plats préparés à base de viande rouge, ou encore des boissons sucrées. Ce déséquilibre dans la qualité des produits en promotion fait dire à Audrey Morice qu’il existe une forme de “marché à deux vitesses”, avec d’un côté “les produits les moins bons pour la santé à des prix bradés”, et de l’autre “des produits sains au prix fort”. Dans leur communiqué transmis à la presse, les associations appellent les enseignes de la grande distribution à garantir “au moins 50% de promotions sur des produits de qualité, à des prix accessibles”. 

La destruction des forêts tropicales à un niveau record, sous l’effet des incendies

L’équivalent de 18 terrains de football par minute: la destruction des forêts vierges tropicales a atteint l’an dernier un niveau record depuis au moins vingt ans, en raison des incendies alimentés par le changement climatique et d’une situation qui se dégrade de nouveau au Brésil.Les régions tropicales ont perdu l’an dernier 6,7 millions d’hectares de forêt primaire, une superficie quasi équivalente à celle du Panama, au plus haut depuis le début de la collecte des données en 2002 par l’observatoire de référence Global Forest Watch, élaboré par le groupe de réflexion américain World Resources Institute (WRI) avec l’université du Maryland.Le chiffre, en hausse de 80% par rapport à 2023, “équivaut à la perte de 18 terrains de football par minute”, a souligné Elizabeth Goldman, codirectrice de l’observatoire.Les incendies sont responsables de près de la moitié de ces pertes, devant l’agriculture pour la première fois. Ces destructions ont représenté l’équivalent de 3,1 milliards de tonnes de CO2 émises dans l’atmosphère, soit un peu plus que les émissions liées à l’énergie de l’Inde.”Ce niveau de destruction des forêts est complétement inédit en plus de 20 ans de données”, a souligné Mme Goldman. “C’est une alerte rouge mondiale”.Le rapport se concentre sur les forêts tropicales, les plus menacées, et très importantes pour la biodiversité et leur capacité à absorber le carbone de l’air. Il englobe les pertes pour toutes raisons: déforestation volontaire mais aussi destruction accidentelle et incendies.- “Conditions extrêmes” -Les incendies ont été favorisés par des “conditions extrêmes” qui les ont rendus “plus intenses et difficiles à contrôler”, notent les auteurs. L’année 2024 a été la plus chaude jamais enregistrée dans le monde sous l’effet du changement climatique, causé par la combustion massive des énergies fossiles et du phénomène naturel El Niño. Si les feux peuvent avoir une origine naturelle, ils sont la plupart du temps causés par l’homme dans les forêts tropicales afin de défricher des terres. La déforestation pour faire spécifiquement place à l’agriculture, historiquement première cause de destruction, pointe à la deuxième place mais reste une cause majeure.Le Brésil a enregistré 2,8 millions d’hectares de destruction de forêt primaire l’an dernier, dont deux tiers attribués à des incendies, souvent allumés pour faire de la place au soja ou aux bovins.Le pays avait pourtant enregistré de bons résultats en 2023, les forêts bénéficiant de mesures de protection décidées par le président Lula, pour la première année de son nouveau mandat. “Ce progrès est toutefois menacé par l’expansion de l’agriculture”, remarque Sarah Carter, chercheuse au WRI.L’Amazonie brésilienne a été la plus concernée, avec une destruction au plus haut niveau depuis 2016.Les chiffres du WRI contrastent avec ceux du réseau de surveillance brésilien MapBiomas publiés le 16 mai, qui font état d’un net recul de la déforestation mais n’incluent pas les incendies.La protection des forêts figure en bonne place des priorités de la présidence brésilienne de la COP30, la grande conférence climatique annuelle de l’ONU, prévue à Belem (10-21 novembre).- “Nouveau phénomène” -Un pays voisin, la Bolivie, occupe la deuxième marche du podium, avec un triplement des surfaces détruites l’an dernier, là encore sous l’effet d’incendies géants. La plupart “sont allumés pour défricher des terres au profit de fermes de taille industrielle”, notent les auteurs.Le bilan est mitigé ailleurs, avec une amélioration en Indonésie ou en Malaisie mais une nette dégradation au Congo ou en République démocratique du Congo. La pression sur les forêts provient historiquement de l’exploitation de quatre produits, surnommés les “big four”: huile de palme, soja, boeuf et bois. Mais l’amélioration dans certains secteurs – comme l’huile de palme – a coïncidé avec l’émergence de nouveaux problèmes, avec par exemple les avocats au Mexique, ou le café et le cacao.Ainsi les causes de la déforestation ne resteront pas forcément “toujours les mêmes”, insiste Rod Taylor, directeur du programme forêts du WRI, plaidant pour une approche globale. “On assiste aussi à un nouveau phénomène en lien avec l’industrie minière et les métaux critiques”, met-il en garde.

A69: une demande de reprise du chantier examinée par la cour d’appel de Toulouse

La cour administrative d’appel de Toulouse examine mercredi une demande de l’Etat visant à faire reprendre les travaux de l’autoroute A69 arrêtés depuis fin février, une requête qui a reçu l’appui du magistrat rapporteur, au grand dam des opposants.Aux alentours de 10h00, trois magistrats vont commencer l’examen de cette demande de “sursis à exécution” présentée fin mars par le ministère des Transports, un outil procédural qui, en matière de justice administrative, peut permettre de suspendre les effets d’un jugement en attendant l’audience au fond en appel.Dans le cas de l’A69, si les juges font droit à la demande, cela signifierait une reprise des travaux de l’autoroute arrêtés par un jugement du 27 février du tribunal administratif de Toulouse, qui avait annulé l’autorisation environnementale accordée par les préfectures locales pour engager le chantier.Dans un avis communiqué lundi aux différentes parties, le rapporteur public, magistrat ayant vocation à éclairer la juridiction saisie et dont les positions sont en général suivies, s’est prononcé en faveur d’une reprise du chantier.Selon une des avocates des opposants, il estime en effet que les éléments prévus pour accorder un sursis à exécution sont réunis, à savoir des “arguments sérieux” allant contre la décision rendue en première instance, et les “conséquences difficilement réparables” que risque d’entraîner cette décision.- “Bonne nouvelle” -La Voie est Libre, le principal groupe d’opposants à l’autoroute, s’est dit “extrêmement surpris” par cette position du rapporteur.”On ne peut pas croire que les procédures d’urgence (…) puissent balayer une décision de fond si tranchée et minutieusement argumentée”, affirme le collectif écologiste dont les membres disent rester “cependant confiants sur la décision des juges du sursis”.”Au vu de la qualité du jugement de première instance, (ils) ne permettront pas le redémarrage provisoire du fiasco A69″, espèrent-ils, estimant qu’une reprise des travaux, avant l’audience d’appel au fond attendue dans quelques mois, serait “une pure folie”.De son côté, Jean Terlier, député macroniste du Tarn et fervent défenseur de l’autoroute, a jugé sur LCP que l’avis du rapporteur était “une très bonne nouvelle” allant “dans le bon sens”, en attendant la décision des juges de la cour. Celle-ci est attendue d’ici quelques jours.- Vive contestation -Avant l’audience de mercredi, des opposants à l’autoroute ont d’ores et déjà lancé un appel à une “fête d’enterrement” de l’A69 début juillet dans le Tarn.”En annonçant dès maintenant cette date, nous nous tenons prêt-es à réagir si l’Etat obtient +sursis à exécution+ et que les travaux reprennent d’ici là et sans attendre les appels”, explique le texte d’annonce de la manifestation diffusée sur une boucle Telegram d’opposants à l’A69 et relayée, notamment, par les Soulèvements de la Terre.”Nous ne laisserons pas poursuivre jusqu’au bout leur politique de la destruction accomplie et arguer qu’un chantier ne peut plus être arrêté puisqu’il est déjà trop avancé”, préviennent les organisateurs du rassemblement annoncé pour juillet et baptisé “Turboteuf L’A69 c’est fini”.Depuis le début du chantier en 2023, le projet de création de 53 kilomètres d’autoroute devant relier Castres à Toulouse fait l’objet d’une très vive contestation, sous différentes formes: campements dans les arbres sous forme de Zones à défendre (ZAD), grèves de la faim, recours juridiques et manifestations.Trois grands rassemblements ont déjà réuni à chaque fois plusieurs milliers d’opposants dans le Tarn: en avril puis octobre 2023 et enfin, en juin 2024, les deux derniers étant marqués par des affrontements avec les forces de l’ordre.

“Plusieurs appels par jour, c’était infernal”: le Parlement s’apprête à interdire le démarchage téléphonique non consenti

Bientôt la fin des appels intempestifs pour “profiter des aides de l’Etat”, “changer d’opérateur” ou “utiliser votre compte personnel de formation (CPF)”? C’est l’un des objectifs de la proposition de loi “contre toutes les fraudes aux aides publiques”, qui devrait être définitivement adoptée par le Parlement à l’issue d’un vote au Sénat mercredi.L’idée est simple: interdire aux entreprises de démarcher par téléphone “directement ou par l’intermédiaire d’un tiers agissant pour son compte” une personne “qui n’a pas exprimé préalablement son consentement” de manière “libre, spécifique, éclairée, univoque et révocable”. Ce sera à l’entreprise de prouver que le consommateur a exprimé clairement son accord pour être démarché par téléphone. Seule exception prévue: lorsque la sollicitation intervient “dans le cadre de l’exécution d’un contrat en cours”. Selon un sondage effectué par l’UFC-Que Choisir en octobre 2024, 97% des Français se déclarent agacés par le démarchage commercial.Comme Lucie Kapfer, 43 ans: “Les premiers appels ont d’abord concerné le CPF. Puis les démarchages ont perduré, plusieurs fois par semaine”, explique celle qui a supprimé son téléphone fixe pour tenter de limiter ces appels. “Mais ils ont continué sur mon téléphone portable. Plusieurs appels par jour, c’était infernal”, déplore-t-elle.Car si “avant les numéros utilisés étaient facilement reconnaissables et permettaient un filtrage rapide, aujourd’hui [les démarcheurs] appellent avec des 03, des 02 et même des 06. Il est bien plus difficile de les reconnaître”, regrette-t-elle.”C’est un vrai fléau”, abonde Frédéric Navarro, 52 ans, qui, à la tête d’un média local, est en contact régulier avec des entreprises. “Quand je dois appeler quelqu’un, je le démarche avant en message pour le prévenir, et j’en demande autant aux personnes qui souhaitent me contacter”, ajoute-t-il, dépité.- “Décision radicale” -La mesure avait été adoptée au Sénat dès novembre à l’initiative du sénateur Horizons Pierre-Jean Verzelen, dans un texte dédié repris à l’Assemblée nationale en mars. Elle arrive finalement au bout de son parcours législatif via son introduction, par un amendement de la députée écologiste Delphine Batho, dans ce texte plus vaste, soutenu par le gouvernement.”Ce démarchage téléphonique use nos concitoyens”, avait déclaré en séance Véronique Louwagie, ministre déléguée chargée du Commerce.Ce n’est pas la première fois que l’exécutif cherche à encadrer le démarchage téléphonique. Mais l’actuel dispositif, Bloctel, qui impose aux consommateurs de s’inscrire sur une liste s’ils veulent être épargnés du démarchage, n’a pas fait ses preuves.Denis Grugeon, 46 ans, était inscrit sur Bloctel mais recevait régulièrement des appels de démarcheurs. Aussi a-t-il “pris une décision radicale: refuser tous les appels des numéros non enregistrés dans mon carnet d’adresses”, dit-il. “Si c’est un appel important, la personne laisse un message. Étonnamment, les démarcheurs n’en laissent jamais…”Le texte interdit par ailleurs la prospection commerciale par voie électronique – mail, SMS, réseaux sociaux… – dans les secteurs de la rénovation énergétique et de l’adaptation des logements.Ce texte correspond “à une demande de longue date des consommateurs” et met fin “à un mode de prospection commerciale qui n’a plus lieu d’être”, se félicite Benjamin Recher, chargé des relations institutionnelles de l’UFC-Que choisir.Le texte prévoit que ce dispositif entre en vigueur en août 2026.Un délai regretté par certains députés, quand d’autres auraient aimé qu’une exception votée par l’Assemblée soit conservée pour les entreprises de denrées alimentaires, livrant par exemple des surgelés aux particuliers.L’accord trouvé par députés et sénateurs en commission mixte paritaire “a été de dire que les acteurs auront un an pour s’organiser, mais qu’on ne mettrait aucune exception” pour un secteur, a expliqué à l’AFP Pierre-Jean Verzelen. – “Arsenal” -Le texte comporte par ailleurs un “arsenal” pour “lutter efficacement contre la fraude aux aides publiques”, qui représente environ 1,6 milliard d’euros chaque année, selon le député macroniste Thomas Cazenave, porteur du texte à l’Assemblée.Parmi ces mesures: les gestionnaires des réseaux de distribution d’électricité ou de gaz pourront “directement sanctionner quand ils constatent qu’un consommateur a détourné un compteur”, précise le député.  Par ailleurs, l’administration pourra suspendre l’octroi ou le versement d’une aide publique pour une durée de trois mois renouvelable, en cas “d’indices sérieux” de fraude. Deux mesures décriées par La France insoumise qui, au nom du “respect de la présomption d’innocence” et de la “séparation des pouvoirs”, a d’ores et déjà annoncé déposer un recours auprès du Conseil constitutionnel. 

Au G7 Finances, le Canada met l’Ukraine en avant pour envoyer un “message fort”

Le Canada a voulu mardi envoyer un “message fort” au monde en conviant un ministre ukrainien au G7 Finances, dont les membres sont tiraillés sur l’ampleur du soutien à apporter au pays en guerre contre la Russie, et secoués par l’offensive protectionniste de Donald Trump.Hôte cette année de la réunion des argentiers du G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie et Canada), le ministre canadien François-Philippe Champagne a invité son homologue ukrainien Sergii Marchenko.”C’est un vrai message pour le monde (…) un message très fort d’unité du G7 en soutien à l’Ukraine”, a expliqué M. Champagne, lors d’une conférence de presse commune avec M. Marchenko.Il s’agit “aussi de dire qu’on est unis dans nos actions face à l’agresseur russe”, a-t-il insisté un peu plus tard lors d’un entretien avec l’AFP.”C’est un grand honneur pour nous, parce que cela nous permet de mieux communiquer (aux membres du G7) des informations importantes sur la situation sur le terrain, de comprendre comment on peut agir ensemble”, a déclaré Sergii Marchenko devant la presse. Il a ajouté qu’il allait plaider pour que des “sanctions plus fortes” soient prises à l’encontre de la Russie, afin de pousser Moscou à faire taire les armes.- “Prudemment optimiste” -L’intervention des deux hommes avait tout l’air d’un appel du pied à l’intention du gouvernement de Donald Trump qui a opéré un spectaculaire rapprochement avec Moscou au détriment de Kiev.Les pays européens ont poussé dans la même direction mardi. L’Union européenne (UE) a adopté un 17e paquet de sanctions contre Moscou et dit espérer une “réaction forte” de l’exécutif américain si Moscou campe sur sa position.Pour les Européens, une des priorités du G7 Finances sera de faire en sorte que la délégation américaine accepte d’afficher un soutien sans équivoque à l’Ukraine dans le texte final issu de cette réunion, sur lequel travaille la présidence canadienne.”Nous devons envoyer un signal clair indiquant que le G7 reste fermement aux côtés de l’Ukraine”, a estimé le vice-chancelier et ministre allemand des Finances Lars Klingbeil, avant d’arriver au Canada. “Nous ne pourrons pas accepter un langage qui serait complètement édulcoré”, a fait savoir de son côté le ministère français de l’Economie.Le G7 Finances se tient jusqu’à jeudi au sein des Rocheuses canadiennes, dans l’écrin du parc national de Banff (ouest), et dans un paysage économique bouleversé par les nouveaux droits de douane de Donald Trump, qui font craindre un ralentissement généralisé.Le ministre canadien des Finances a mis en avant mardi la nécessité de “restaurer la stabilité et la croissance”.Lorsque les règles du commerce sont “équitables et prévisibles” alors “tout le monde y gagne”, a-t-il estimé auprès de l’AFP. Il s’est présenté comme “prudemment optimiste” quant à l’issue de ces discussions qui feront date, selon lui.- “Tendre la main” -Les membres du G7 cherchent à convaincre l’administration Trump de revenir complètement sur ses droits de douane et devraient se presser à Banff autour de son ministre Scott Bessent. Tokyo a indiqué à l’AFP que la délégation japonaise se tenait prête à échanger avec lui sur “plusieurs problématiques entre les deux pays, y compris le taux de change” entre dollar et yen.”Les différends commerciaux actuels doivent être réglés le plus rapidement possible dans l’intérêt de tous”, a plaidé de son côté le ministre allemand des Finances, soulignant que l’UE continuait de “tendre la main” aux Américains. Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor, a semblé, à plusieurs reprises, adoucir les positions de Donald Trump. Il a aussi récemment négocié avec Pékin une détente après que les droits de douane eurent atteint un niveau exorbitant des deux côtés. Au sein du gouvernement Trump, “il a montré qu’il pouvait être la figure raisonnable”, note Carl Weinberg, chef économiste au cabinet d’analyses High Frequency Economics.Le ministre, ajoute-t-il, reste toutefois “sous pression pour dérouler les promesses” du président.

Le Canada met l’Ukraine en avant pour débuter le G7 Finances

Les ministres des Finances des pays du G7 se retrouvent à partir de mardi soir au Canada avec Kiev en invité spécial, et pour défi de dégager une position commune sur l’Ukraine et de lisser les tensions nées de la guerre commerciale initiée par Donald Trump.Ce rendez-vous, aussi appelé G7 Finances, se tient alors que les pays membres (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie et Canada) peinent à afficher un front uni depuis le retour à la la Maison Blanche de Donald Trump.Le président américain a remis en question l’aide à l’Ukraine, sidéré ses alliés en imposant de nouveaux droits de douane, et répété qu’il souhaitait annexer le Canada, qui préside le G7 cette année.L’ouverture officielle de la réunion des ministres des Finances et banquiers centraux est programmée mercredi au coeur des Rocheuses canadiennes, dans l’écrin du parc national de Banff (ouest). Mais le ministre canadien des Finances François-Philippe Champagne a tenu à inviter dès mardi son homologue ukrainien Sergii Marchenko en signe de soutien au pays en guerre avec la Russie. Les deux hommes tiendront une conférence de presse à 16H00 locales (22H00 GMT).Kiev cherche à convaincre Washington d’accentuer la pression sur Moscou via de nouvelles sanctions. L’Union européenne (UE), qui a elle adopté mardi un 17e paquet de sanctions contre Moscou, a dit espérer une “réaction forte” de l’exécutif américain si Moscou campe sur sa position.- “Signal clair” -Pour les Européens, une des priorités du G7 Finances au Canada sera de faire en sorte que la délégation américaine accepte d’afficher un soutien sans équivoque à l’Ukraine dans le texte final issu de cette réunion, sur lequel travaille la présidence canadienne.”Nous devons envoyer un signal clair indiquant que le G7 reste fermement aux côtés de l’Ukraine”, a déclaré le vice-chancelier et ministre allemand des Finances Lars Klingbeil, cité dans un communiqué. “Nous ne pourrons pas accepter un langage qui serait complètement édulcoré”, a fait savoir mardi à des journalistes le ministère français de l’Economie.Un autre conflit – commercial celui-là – sera dans toutes les têtes à Banff même si aucune session de travail ne concernera spécifiquement la question des droits de douane, a indiqué un responsable canadien. Il est certain que le sujet sera abordé, en particulier dans des entretiens bilatéraux. La présidence canadienne a fixé comme priorité des discussions autour des “risques qui pèsent sur les perspectives économiques mondiales”. Seront aussi discuté “les effets globaux de l’intelligence artificielle”, la criminalité financière…Donald Trump a provoqué une onde de choc début avril en instituant des nouveaux droits de douane sur la plupart des produits entrant aux Etats-Unis.Il a depuis fait en partie marche arrière et scellé un accord commercial vanté comme “historique” avec Londres.Mais les taxes sur les produits importés restent nettement plus élevées qu’avant son retour à la Maison Blanche, faisant craindre un ralentissement économique généralisé.- “Tendre la main” -Les membres du G7 cherchent à convaincre l’administration Trump de revenir complètement sur ses droits de douane et devraient se presser à Banff autour de son ministre Scott Bessent. Aucun tête-à-tête n’est toutefois à l’ordre du jour pour l’instant entre le ministre hôte, le Canadien François-Philippe Champagne, et son homologue américain. Tokyo a indiqué à l’AFP que la délégation japonaise se tenait prête à échanger avec Scott Bessent sur “plusieurs problématiques entre les deux pays, y compris le taux de change” entre dollar et yen.”Les différends commerciaux actuels doivent être réglés le plus rapidement possible dans l’intérêt de tous”, a plaidé de son côté le ministre allemand des Finances, soulignant que l’UE continuait de “tendre la main” aux Américains. Le secrétaire américain au Trésor a semblé, à plusieurs reprises, adoucir les positions de Donald Trump. Il a aussi récemment négocié avec Pékin une détente après que les droits de douane eurent atteint un niveau exorbitant des deux côtés. Au sein du gouvernement Trump, “il a montré qu’il pouvait être la figure raisonnable”, note Carl Weinberg, chef économiste au cabinet d’analyses High Frequency Economics.Le ministre reste toutefois “sous pression pour dérouler les promesses” du président, ajoute-t-il.

Wall Street finit en retrait, marquant une pause face aux incertitudes économiques

La Bourse de New York a terminé en baisse mardi, minée par le flou autour de la politique budgétaire et commerciale des Etats-Unis, le secteur de la tech accusant particulièrement le coup. Le Dow Jones a reculé de 0,27% et l’indice Nasdaq a lâché 0,38%. Après six clôtures consécutives en hausse, l’indice élargi S&P 500 s’est finalement replié mardi, perdant 0,39%.”Le marché est en train de récupérer”, estime auprès de l’AFP Peter Cardillo, de Spartan Capital Securities.”C’est un jour de consolidation, le marché était vraiment à bout de souffle”, abonde de son côté Patrick o’Hare, de Briefing.com.La place américaine peine à se projeter sur le long terme, et “a besoin de plus d’informations sur les droits de douane” imposés tous azimuts par Donald Trump aux partenaires commerciaux des Etats-Unis, ainsi que “sur l’état de l’économie” américaine, explique M. Cardillo.Le scepticisme de Wall Street émane aussi des incertitudes autour de la proposition de loi budgétaire examinée au Congrès américain, selon M. O’Hare.Ce mégaprojet, cher à Donald Trump, doit notamment concrétiser la prolongation des crédits d’impôt accordés durant son premier mandat avant leur expiration.Selon une commission indépendante du Congrès, une telle extension accompagnée d’autres mesures fiscales entraînerait une hausse de plus de 4.800 milliards de dollars du déficit de l’État fédéral au cours de la prochaine décennie.Le président américain a néanmoins exhorté les républicains du Congrès à soutenir sa “grande et belle loi” mardi, alors que de profondes divisions au sein du parti ont ralenti la progression du projet.Selon Peter Cardillo, la place new-yorkaise a été par ailleurs quelque peu crispée par la remontée des taux obligataires.Vers 20H20 GMT, le rendement des emprunts d’Etat américains à dix ans se tendait à 4,48% contre 4,45% vendredi en clôture. Durant la séance, il est monté jusqu’à 4,52%.Au tableau des valeurs, la tech était boudée, après avoir été recherchée durant les dernières séances. Les “Sept Magnifiques”, le surnom donné aux grands noms du secteur technologique, ont quasiment tous terminé dans le rouge, à l’image d’Alphabet (-1,54%), Apple (-0,92%), Amazon (-1,01%), Microsoft (-0,15%), Nvidia (-0,88%) et Meta (-0,52%).Seul Tesla sortait du lot (+0,51% à 343,82 dollars), le patron du groupe, Elon Musk, ayant affirmé que la situation commerciale du groupe a “déjà été rétablie” après une séquence de ralentissement des ventes.Après avoir avancé en début de séance, la chaîne américaine de magasins de bricolage Home Depot a finalement chuté (-0,57% à 377,22 dollars). Le groupe a confirmé mardi ses prévisions annuelles, sur la base d’une demande toujours soutenue, mais relevé que les particuliers faisaient preuve de retenue pour leurs gros projets de travaux.Le bénéfice net ressort à 3,43 milliards de dollars (-4,6% sur un an) en brut, et à 3,56 dollars rapporté par action et hors éléments exceptionnels, donnée de référence du marché, alors que les analystes tablaient sur 3,59 dollars.Le lunetier Warby Parker, spécialiste de la vente directe au consommateur, a décollé (+15,63% à 20,34 dollars) après avoir annoncé un partenariat avec Google dans le but de développer “des lunettes intelligentes”, selon un communiqué du groupe.