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Japon: record de visiteurs en 2025, malgré un repli des Chinois en fin d’année

Le Japon a accueilli l’an dernier un nombre record de visiteurs étrangers dépassant pour la première fois les 40 millions d’entrées, en dépit d’une forte chute en fin d’année du flux de touristes chinois sur fond de frictions entre Tokyo et Pékin.Le pays a enregistré 42,7 millions d’arrivées de visiteurs en 2025, dépassant le précédent record de 36,8 millions atteint en 2024. L’affaiblissement du yen contribue à renforcer l’attractivité de l’archipel aux yeux des touristes internationaux.Pour autant, le nombre de touristes chinois a plongé en décembre de 45% sur un an: ils n’étaient que 330.000 à visiter le Japon le mois dernier.Les relations des deux puissances voisines se sont détériorées depuis que la Première ministre japonaise Sanae Takaichi a suggéré en novembre que Tokyo pourrait intervenir militairement si la Chine lançait une attaque contre Taïwan. Ces déclarations ont provoqué la colère de Pékin, qui a déconseillé une semaine plus tard à ses ressortissants de se rendre au Japon en raison de “risques importants” pour leur sécurité.De quoi alarmer le secteur du tourisme: la Chine est la première source de visiteurs étrangers du Japon, qui avait accueilli sur les neuf premiers mois de 2025 quelque 7,5 millions de visiteurs chinois, selon des chiffres officiels, soit une envolée de 42% sur un an et un quart du total des touristes étrangers.Attirés par un yen faible, ils avaient dépensé l’équivalent de 3,3 milliards d’euros au troisième trimestre.-“Impact énorme”-Cependant, le ministre des Transports Yasushi Kaneko a tempéré ce décrochage de fin d’année, insistant sur le “progrès significatif” du nombre total de visiteurs.”Bien que les touristes chinois aient diminué en décembre, nous avons attiré un nombre suffisant de visiteurs venant de nombreux autres pays et régions pour compenser cela”, a-t-il insisté, faisant état d’une hausse “marquée” du nombre de touristes venus d’Europe, des États-Unis et d’Australie.”Nous espérons également, et voulons nous assurer, que les visiteurs chinois reviendront chez nous dès que possible”, a conclu le ministre.En attendant, une partie du secteur fait grise mine en déplorant cette manne perdue.”Comme nos principaux clients sont des groupes de touristes chinois, l’impact sur notre activité est énorme”, déplore auprès de l’AFP Li Benjing, employée d’une petite agence touristique à Tokyo spécialisée dans l’accueil de visiteurs de Chine, Nihongyodaiba Kokusai Ryoko.”Nous constatons une baisse de 90 % de nos ventes depuis” l’avertissement émis par Pékin, estime-t-elle.Par ailleurs, un autre épisode avait provoqué durant l’été des annulations en cascades de voyages de touristes hongkongais. Des messages sur un manga prédisant une catastrophe naturelle majeure au Japon en juillet 2025 avaient eu un écho important à Hong Kong, au point d’entraîner temporairement des réductions de vols par les compagnies aériennes.- Objectif: 60 millions -De façon plus générale, le Japon renoue avec sa dynamique d’avant la pandémie de Covid alors que le nombre de visiteurs étrangers avait été multiplié par cinq entre 2012 et 2020.Au-delà de l’attractivité du Japon via la culture, la nourriture et les paysages, cette affluence s’explique aussi par l’affaiblissement du yen, qui a plongé face au dollar depuis trois ans, rendant la destination meilleur marché.Le gouvernement japonais s’est fixé un objectif ambitieux: atteindre 60 millions de touristes étrangers par an d’ici 2030, soit un doublement en moins d’une décennie.Au risque d’attiser dans les sites les plus fréquentés de l’archipel le “surtourisme” et alimenter les critiques des résidents: axes de circulation engorgés, foules bruyantes, incivilités…Conséquence: les autorités cherchent à mieux répartir les destinations des visiteurs et souhaitent aussi mieux étaler les arrivées sur l’année. Les touristes privilégient en effet en masse certaines périodes, comme la floraison des cerisiers, et une poignée de sites jugés incontournables comme Tokyo, Osaka ou encore l’ex-capitale impériale Kyoto.Soucieuses d’endiguer le phénomène, ces trois villes imposent aux touristes des taxes de séjour représentant quelques centaines de yens par nuit.Autre mesure emblématique: un quota quotidien de personnes s’applique en été pour gravir le mont Fuji, accompagné d’un droit d’accès.L’archipel, avec ses 124 millions d’habitants, reçoit toutefois toujours beaucoup moins de touristes que la première destination mondiale, la France, qui compte 68 millions d’habitants et a accueilli autour de 100 millions de visiteurs en 2023 et en 2024.

L’Espagne entame trois jours de deuil après la catastrophe ferroviaire en Andalousie

L’Espagne observe à partir de mardi trois jours de deuil national après l’accident ferroviaire qui a fait au moins 40 morts en fin de week-end dans le sud du pays, le Premier ministre Pedro Sanchez ayant promis une “transparence absolue” sur cette catastrophe.Le bilan de la collision, survenue dimanche soir en Andalousie, s’établit à ce stade à 40 morts et 41 personnes hospitalisées, dont 12 en soins intensifs, selon les derniers chiffres communiqués à la presse par les autorités locales.Mais ce bilan, qui inclut quatre enfants hospitalisés, pourrait s’alourdir à mesure que les recherches continuent dans les carcasses des deux trains qui se sont entrechoqués près d’Adamuz, à environ 35 kilomètres de Cordoue. Les secouristes sur place tentent notamment d’extraire d’éventuels corps restés coincés dans la ferraille.L’entité publique chargée du suivi de la catastrophe (CID) a précisé dans un communiqué dans la soirée que les autorités avaient reçu 43 signalements pour disparition de la part de proches de victimes. Cinq personnes mortes ont déjà été identifiées au cours d’autopsies, a ajouté cette source.Le président régional andalou, Juan Manuel Moreno, a estimé lundi soir que les autorités pourront déterminer “avec certitude” le nombre de victimes dans les “prochaines 24 à 48 heures”.- Un déraillement puis un choc violent -Dimanche à 19H45 (18H45 GMT), les deux trains à grande vitesse circulant sur deux voies parallèles dans des directions opposées sont entrés en collision, avec à leur bord près de 500 passagers au total.En cause: un train Iryo – un opérateur de train privé, filiale à 51% du groupe public italien Ferrovie dello Stato (Trenitalia) -, dont des voitures ont déraillé et se sont déportées sur l’autre voie, heurtant une rame de la Renfe, la compagnie nationale espagnole, qui circulait dans l’autre sens en direction de Huelva (sud).Complètement sorties des rails, les quatre voitures du train de la Renfe se sont retournées, et deux d’entre elles semblent même avoir été écrasés par l’impact, selon des images aériennes diffusées par la Garde civile espagnole.Plusieurs centaines de mètres plus loin se trouve le train Iryo rouge, la plupart de ses voitures encore sur les rails et les deux dernières couchées sur le flanc. – “Transparence absolue” -A Adamuz, le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez a promis face aux journalistes que les conclusions de l’enquête sur les circonstances de l’accident seraient diffusées avec une “transparence absolue” pour établir “la vérité”.A ce stade, le ministre des Transports Oscar Puente a évoqué un accident “extrêmement étrange”, survenu dans une ligne droite, sur une portion de voie rénovée.”L’erreur humaine est pratiquement écartée”, a balayé le président de la Renfe, Álvaro Fernández Heredia, sur la radio publique RNE. “Cela doit être lié au matériel roulant d’Iryo ou à un problème d’infrastructure”.Sur cette portion de voie ferrée limitée à 250 km/h, la vitesse n’était pas en cause dans l’accident, a-t-il aussi assuré, soulignant qu’un des trains circulait à 205 km/h, et l’autre à 210 km/h.Le pays tout entier a passé la journée de lundi sous le choc, à commencer par la petite ville d’Adamuz, où un élan de solidarité s’est rapidement mis en place.Manuel Muñoz, un de ses habitants âgé de 60 ans, s’est empressé d’apporter “de l’eau, des couvertures, tout ce que nous avons pu” au centre municipal d’accueil.”On n’arrive pas à y croire…”, souffle pour sa part Sonia, 49 ans.Dans la commune, l’AFP a notamment vu en fin de journée un homme en larmes au téléphone, avant d’être serré dans ses bras par plusieurs personnes. La Garde civile était présente également non loin, près des arènes, pour accueillir les familles des victimes.La famille royale espagnole doit se rendre mardi midi à proximité des lieux de l’accident.La reprise des liaisons ferroviaires entre Madrid et les grandes villes d’Andalousie pourrait n’être effective qu'”autour du 2 février” au vu des dégâts sur les rails, selon le ministre des Transports Oscar Puente.

Davos: les Européens à la tribune mardi, Trump s’impose à l’ordre du jour

Le Forum économique de Davos va offrir mardi une tribune aux dirigeants européens à la veille de l’arrivée dans la station suisse de Donald Trump, qui les menace au Groenland.Le président américain domine déjà, dans les Alpes suisses, l’ordre du jour de cette grand-messe annuelle d’un multilatéralisme qu’il ne cesse de malmener depuis son retour au pouvoir.La réunion intervient en plein bras de fer sur le Groenland, territoire autonome danois dont Donald Trump veut prendre le contrôle en invoquant des motifs de sécurité nationale. Il a menacé de surtaxes douanières les pays qui s’y opposeraient, dont la France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni.A l’heure où l’UE réfléchit à son tour à des mesures de rétorsion commerciales, les déclarations à la tribune de Davos des dirigeants européens mardi seront particulièrement scrutées.La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, doit notamment prononcer mardi l’un des discours d’ouverture, avant le vice-Premier ministre chinois He Lifeng. Elle a encore insisté lundi sur “la nécessité de respecter sans équivoque” la souveraineté du Groenland et du Danemark, lors d’une rencontre à Davos avec une délégation bipartite du Congrès américain.Le président français Emmanuel Macron, qui a dénoncé récemment “le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme” dans les relations internationales, et qui figure parmi les défenseurs d’une réponse ferme de l’UE, doit également faire un discours à Davos en début d’après-midi.- “Cercle vicieux” – Donald Trump, dont la dernière participation en personne au forum de Davos remonte à 2020, doit intervenir à la tribune mercredi.La présence américaine est très visible cette année à Davos, avec de nombreux commerces de la rue principale privatisés par des entreprises américaines et même une “USA House” installée dans une église où les membres du gouvernement multiplient les interventions.Car la délégation américaine, qui est cette année l’une des plus importantes jamais enregistrée à Davos d’après les organisateurs, n’a pas attendu l’arrivée de son commandant en chef pour occuper le terrain.Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a prévenu dès lundi devant la presse qu’il “serait très mal avisé” pour l’UE de prendre des mesures de rétorsion commerciales contre les Etats-Unis à cause du Groenland. Il a encore prévu plusieurs interventions mardi.Emmanuel Macron doit repartir de Davos dès mardi soir, sans croiser Donald Trump. Le chancelier allemand Friedrich Merz a en revanche affirmé vouloir y rencontrer le président américain, disant vouloir “éviter une escalade douanière”.”Des menaces douanières entre alliés sont inacceptables; elles affaiblissent notre relation transatlantique et, dans le pire des cas, peuvent conduire à un cercle vicieux”, a prévenu de son côté le président finlandais Alexander Stubb.Interrogé sur un possible recours à la force des Américains, il a cependant assuré: “Je ne crois pas que les Américains prendront militairement le contrôle du Groenland.”Parmi les autres dirigeants attendus mardi à Davos figure notamment le Premier ministre canadien Mark Carney, qui cherche à réduire la dépendance de son pays aux Etats-Unis et a récemment conclu un nouveau partenariat avec Pékin. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, ne viendra en revanche pas, ont annoncé lundi les organisateurs, en faisant savoir qu’ils estimaient sa présence “inappropriée” après la répression des manifestations en Iran.Le sommet, placé cette année sous le thème “Un esprit de dialogue” se tient jusqu’à vendredi dans la huppée station de ski des Grisons. 

Trump justifie ses vues sur le Groenland par son absence de Nobel

Donald Trump a justifié lundi sa volonté de mettre la main sur le Groenland par son échec à obtenir le prix Nobel de la paix, affirmant ne plus penser “uniquement à la paix”, au moment où le conflit autour de ce territoire autonome danois menace de rallumer une guerre commerciale entre Etats-Unis et Europe.”Etant donné que votre pays a décidé de ne pas m’attribuer le prix Nobel de la paix pour avoir mis fin à +PLUS+ de 8 guerres, je ne me sens plus obligé de penser uniquement à la paix”, a écrit le président américain dans un message adressé au Premier ministre norvégien Jonas Gahr Store rendu public lundi. Le cabinet de M. Store a confirmé l’authenticité de la lettre, qui affirme que “le monde ne sera pas en sécurité tant que nous n’aurons pas le Contrôle Total et Absolu du Groenland”.Les tensions entre Européens et Américains ont fait chuter les principales Bourses européennes lundi, après que Donald Trump a menacé d’imposer à huit pays européens – dont la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne – de nouvelles surtaxes douanières en raison de leur opposition concernant le Groenland, et que l’Union européenne a promis une riposte.”Je pense que cela serait très mal avisé”, a mis en garde le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent, qui s’exprimait devant des journalistes avant l’ouverture du Forum économique mondial à Davos, en Suisse.”Le président (Trump) voit le Groenland comme un actif stratégique pour les Etats-Unis. Nous n’allons pas sous-traiter à quelqu’un d’autre la sécurité dans notre hémisphère”, a-t-il lancé.- “Intérêts communs” -L’UE continue quant à elle de prôner le “dialogue” plutôt que “l’escalade”, tout en affirmant qu’elle dispose d'”outils” et est “prête à réagir” dans le cas où le président américain viendrait à mettre à exécution ses menaces dans le domaine commercial.La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a à cet égard dit avoir insisté sur “la nécessité de respecter sans équivoque” la souveraineté du Groenland et du Danemark au cours d’une rencontre lundi avec une délégation bipartite du Congrès américain au Forum de Davos. “Dans le même temps, l’Union européenne reste prête à continuer de travailler étroitement avec les Etats-Unis, l’Otan et d’autres alliés, en étroite coopération avec le Danemark, afin d’avancer sur nos intérêts communs en matière de sécurité”, a-t-elle ajouté.Ces pressions américaines ne modifient pas la position du Groenland, soucieux de son droit à l’autodétermination et sa souveraineté, a affirmé son Premier ministre Jens-Frederik Nielsen. Il est en cela appuyé par nombre de ses concitoyens, tels Hans Zeeb, qui, interrogé par l’AFP à un arrêt de bus à Nuuk, la capitale groenlandaise, “trouve ça vraiment dommage ce que fait Trump” car, dit-il, “le Groenland n’est pas à vendre”.Le président américain “devrait rester loin de nous car nous vivons ici en paix, sans soucis”, renchérit Nina Carlsen, une employée de bureau de 52 ans.Les dirigeants européens se réunissent jeudi soir en sommet extraordinaire à Bruxelles pour évoquer les récents propos de Donald Trump sur le Groenland et les droits de douane. Le chef de l’Etat français Emmanuel Macron compte demander l’activation de l’instrument anticoercition de l’UE, qui permet de limiter les importations provenant d’un pays ou son accès à certains marchés publics et de bloquer des investissements.Pour tenter de réduire les risques d’une détérioration de la situation, le chancelier allemand Friedrich Merz a quant à lui fait savoir qu’il allait “essayer de rencontrer le président Trump mercredi”. Ce même jour, la question du Groenland sera abordée par les ministres des Finances du G7, dont font partie les Etats-Unis.Face aux menaces, le Danemark et Groenland ont proposé la création d’une mission de surveillance de l’Otan de cette immense île, a déclaré lundi le ministre danois de la Défense Troels Lund Poulsen.Des avions d’un commandement militaire américano-canadien doivent “bientôt arriver” au Groenland pour participer à des “activités prévues de longue date” sur ce territoire autonome danois, a annoncé lundi cette force binationale.Celle-ci précise que cette activité a été coordonnée avec le Danemark et que les autorités du Groenland ont également été informées.bur-jll-ef-phy/bds-dth/liu

Espagne: Pedro Sánchez promet une “transparence absolue” sur les causes de la collision de trains

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a décrété trois jours de deuil national et promis lundi “une transparence absolue” sur les causes de l’accident ferroviaire qui a fait au moins 40 morts dimanche dans le sud de l’Espagne, où les recherches se poursuivent dans les carcasses des deux trains.- Un bilan total inconnu -Le bilan du drame survenu dimanche soir en Andalousie s’établit à ce stade à 40 morts et 41 personnes hospitalisées, dont 12 en soins intensifs, selon un dernier bilan communiqué à la presse par les autorités de la région d’Andalousie.Mais celui-ci, qui inclut quatre enfants hospitalisés, pourrait s’alourdir à mesure que les recherches continuent. Les secouristes sur place tentent notamment d’extraire d’éventuels corps restés coincés dans la ferraille.L’entité publique chargée du suivi de la catastrophe (CID) a précisé dans un communiqué dans la soirée que les autorités avaient reçu 43 signalements pour disparition de la part de proches de victimes. Cinq personnes mortes ont déjà été identifiées au cours d’autopsies, a-t-il ajouté.Le président régional andalou Juan Manuel Moreno a ainsi estimé en début de soirée que dans les “prochaines 24 à 48 heures”, les autorités pourront déterminer “avec certitude” le nombre de victimes.- Un déraillement puis un choc violent -Dimanche à 19H45 (18H45 GMT), près d’Adamuz, à environ 35 kilomètres de Cordoue, deux trains à grande vitesse circulant sur deux voies parallèles dans des directions opposées sont entrés en collision, avec à leur bord près de 500 passagers au total.En cause: un train Iryo – un opérateur de train privé, filiale à 51% du groupe public italien Ferrovie dello Stato (Trenitalia) -, dont des voitures ont déraillé et se sont déportées sur l’autre voie, heurtant une rame de la Renfe, la compagnie nationale espagnole, qui circulait dans l’autre sens en direction de Huelva (sud).Complètement sorties des rails, les quatre voitures du train de la Renfe se sont retournées, et deux d’entre elles semblent même avoir été écrasés par l’impact, selon des images aériennes diffusées par la Garde civile espagnole.Plusieurs centaines de mètres plus loin se trouve le train Iryo rouge, la plupart de ses voitures encore sur les rails et les deux dernières couchées sur le flanc. – “Transparence absolue” -Arrivé à Adamuz en début d’après-midi, le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez a promis face aux journalistes que les conclusions de l’enquête sur les circonstances de l’accident seraient diffusées avec une “transparence absolue” pour établir “la vérité”.A ce stade, le ministre des Transports Oscar Puente a évoqué un accident “extrêmement étrange”, survenu dans une ligne droite, sur une portion de voie rénovée.”L’erreur humaine est pratiquement écartée”, a balayé le président de la Renfe, Álvaro Fernández Heredia, sur la radio publique RNE. “Cela doit être lié au matériel roulant d’Iryo ou à un problème d’infrastructure”, a-t-il estimé.Sur cette portion de voie ferrée limitée à 250 km/h, la vitesse n’était pas en cause dans l’accident, a-t-il aussi assuré, soulignant qu’un des trains circulait à 205 km/h, et l’autre à 210 km/h.- Deuil national -Le pays tout entier a passé la journée de lundi sous le choc, à commencer par la petite ville d’Adamuz, où un élan de solidarité s’est rapidement mis en place.Manuel Muñoz, un de ses habitants de 60 ans, s’est empressé d’apporter “de l’eau, des couvertures, tout ce que nous avons pu” au centre municipal d’accueil.”On n’arrive pas à y croire…”, souffle pour sa part Sonia, 49 ans.Dans la commune, l’AFP a notamment vu en fin de journée un homme en larmes au téléphone, avant d’être serré dans ses bras par plusieurs personnes. La Garde civile était présente également non loin, près des arènes, pour accueillir les familles des victimes.Un deuil national de trois jours doit débuter à minuit (23H00 GMT), jusqu’à vendredi minuit, a annoncé Pedro Sánchez.La famille royale espagnole doit, pour sa part, se rendre mardi midi à proximité des lieux de l’accident.La reprise des liaisons ferroviaires entre Madrid et les grandes villes d’Andalousie pourrait n’être effective qu'”autour du 2 février”, au vu des dégâts sur les rails, a enfin indiqué le ministre des Transports, Oscar Puente.

Accès frauduleux aux données de l’Urssaf: 12 millions de salariés potentiellement concernés

L’Urssaf a lancé lundi un appel à la vigilance sur des risques d’hameçonnage après la détection d’un accès frauduleux à une interface contenant des données des déclarations préalables à l’embauche, 12 millions de salariés étant potentiellement concernés.”L’Urssaf a constaté un accès non-autorisé à l’API (l’interface, NDLR) contenant certaines données de la déclaration préalable à l’embauche, réservée à ses partenaires institutionnels, opéré via un compte partenaire habilité dont les identifiants avaient été compromis”, explique l’institution dans un communiqué. Les données qui ont été “consultées et potentiellement extraites” sont les noms, prénoms, dates de naissance, Siret de l’employeur et dates d’embauche de 12 millions de salariés embauchés depuis moins de trois ans, précise l’Urssaf. En revanche, aucun numéro de Sécurité sociale, adresse email ou postale, numéro de téléphone ou coordonnée bancaire ne sont concernés, souligne le communiqué.Escroquerie sur internet, le hameçonnage ou phishing est une technique consistant à se faire passer pour un organisme que le destinataire connait en lui envoyant un courriel lui demandant généralement de mettre à jour ses informations, notamment ses coordonnées bancaires, selon la définition de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). “Les premières investigations révèlent que l’accès frauduleux (…) a été opéré via un compte partenaire habilité à consulter ces informations”, car “les identifications de connexion liés à ce compte avaient été volées lors d’un acte de cyber-malveillance antérieur visant ce partenaire”. L’Urssaf indique avoir suspendu les accès du compte compromis et déposé une plainte auprès du procureur de la République.Mi-novembre, l’Urssaf avait indiqué que le service Pajemploi, servant à déclarer et rémunérer les assistants maternels et gardes d’enfants à domicile, avait été victime d’un vol de données qui avait alors pu concerner “jusqu’à 1,2 million de salariés de particuliers employeurs”. 

Espagne: Pedro Sánchez promet une “transparence absolue” sur les causes de la collision entre deux trains

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a décrété trois jours de deuil national et promis lundi “une transparence absolue” sur les causes de l’accident ferroviaire qui a fait au moins 40 morts dimanche dans le sud de l’Espagne, où les recherches se poursuivent dans les carcasses des deux trains.- Un bilan total inconnu -Le bilan du drame survenu dimanche soir en Andalousie s’établit à ce stade à 40 morts et 41 personnes hospitalisées, dont 12 en soins intensifs, selon un dernier bilan communiqué à la presse par les autorités de la région d’Andalousie.Mais celui-ci pourrait s’alourdir à mesure que les recherches continuent. Les secouristes sur place tentent notamment d’extraire d’éventuels corps restés coincés dans la ferraille.Le président régional andalou Juan Manuel Moreno a ainsi estimé en début de soirée que dans les “prochaines 24 à 48 heures”, les autorités pourront déterminer “avec certitude” le nombre de victimes.- Un déraillement puis un choc violent -Dimanche à 19H45 (18H45 GMT), près d’Adamuz, à environ 35 kilomètres de Cordoue, deux trains à grande vitesse circulant sur deux voies parallèles dans des directions opposées sont entrés en collision, avec à leur bord près de 500 passagers au total.En cause: un train Iryo – un opérateur de train privé, filiale à 51% du groupe public italien Ferrovie dello Stato (Trenitalia) -, dont des voitures ont déraillé et se sont déportées sur l’autre voie, heurtant une rame de la Renfe, la compagnie nationale espagnole, qui circulait dans l’autre sens en direction de Huelva (sud).Complètement sorties des rails, les quatre voitures du train de la Renfe se sont retournées, et deux d’entre elles semblent même avoir été écrasés par l’impact, selon des images aériennes diffusées par la Garde civile espagnole.Plusieurs centaines de mètres plus loin se trouve le train Iryo rouge, avec la plupart de ses voitures encore sur les rails et les deux dernières couchées sur le flanc. – “Transparence absolue” -Arrivé à Adamuz en début d’après-midi, le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez a promis face aux journalistes que les conclusions de l’enquête sur les circonstances de l’accident seraient diffusées avec une “transparence absolue” pour établir “la vérité”.A ce stade, le ministre des Transports Oscar Puente a évoqué un accident “extrêmement étrange”, survenu en ligne droite, sur une portion de voie rénovée.”L’erreur humaine est pratiquement écartée”, a balayé le président de la Renfe, Álvaro Fernández Heredia, sur la radio publique RNE. “Cela doit être lié au matériel roulant d’Iryo ou à un problème d’infrastructure”, a-t-il estimé.Sur cette portion de voie ferrée limitée à 250 km/h, la vitesse n’était pas en cause dans l’accident, a-t-il aussi assuré, soulignant qu’un des trains circulait à 205 km/h, et l’autre à 210 km/h.- Deuil national -Le pays tout entier a passé la journée de lundi sous le choc, à commencer par le petit village d’Adamuz, où un élan de solidarité s’est rapidement mis en place.Manuel Muñoz, un de ses habitants de 60 ans, s’est empressé d’apporter “de l’eau, des couvertures, tout ce que nous avons pu” au centre municipal d’accueil.”C’est une catastrophe!”, se lamente un autre habitant, José Pérez Rojas, 80 ans. “On n’arrive pas à y croire…”, souffle pour sa part Sonia, 49 ans.Un deuil national de trois jours doit débuter à minuit (23H00 GMT), jusqu’à vendredi minuit, a annoncé Pedro Sánchez, qui a évoqué à Adamuz “un jour de douleur pour toute l’Espagne”.La famille royale espagnole doit, pour sa part, se rendre mardi à proximité des lieux de l’accident.En juillet 2013, l’Espagne avait déjà été meurtrie par un déraillement de train peu avant son arrivée à Saint-Jacques-de-Compostelle (nord-ouest), tuant 80 personnes. 

Budget : Lecornu choisit le 49.3 avec “amertume”

“Semi-succès”, “semi-échec”, Sébastien Lecornu s’est résigné lundi à passer par le 49.3 pour faire adopter sans vote le budget de l’Etat à l’Assemblée nationale, espérant échapper aux motions de censure grâce aux concessions faites aux socialistes.Quelques mois après y avoir renoncé pour éviter une censure de ces mêmes députés socialistes, le chef du gouvernement a officialisé, avec “regret” et “un peu d’amertume”, le recours dès “mardi” à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution.”Tout le monde en arrive à la conclusion qu’on va dans une impasse”, a argué le chef du gouvernement après un conseil des ministres à l’Elysée, alors que le budget n’avait plus aucune chance d’être adopté par un vote du Parlement.Le 49.3 sera activé mardi sur le volet “recettes” du projet de loi de finances, puis, sauf censure, une deuxième fois quelques jours plus tard sur les “dépenses”. Le texte irait ensuite rapidement au Sénat, puis reviendrait à l’Assemblée pour un troisième et dernier 49.3.Selon le calendrier retenu, un budget définitif pourrait alors être promulgué autour de la mi-février…- “Stabilité” -Après plus de quatre mois de joutes parlementaires, la France aura enfin une loi de finances. Mais c’est aussi un revers sur la forme pour Sébastien Lecornu, contraint de se dédire et de passer en force.Il a lui-même reconnu un “semi-échec”, mais vanté un “semi-succès”, rappelant que le budget de la Sécurité sociale avait pu être approuvé à l’issue d’une procédure parlementaire classique. “Je suis obligé de revenir sur ma parole, mais en même temps, pour tenir parole, il faudrait que je m’entête”, a-t-il justifié.Il a reçu le soutien du président Emmanuel Macron, qui en conseil des ministres a jugé que le compromis permettrait la “stabilité, et “au pays d’avancer”, a rapporté la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.A contrario la présidente du groupe LFI, Mathilde Panot, avait déjà prévenu que ses députés déposeraient en retour une motion de censure du gouvernement, contre “un budget de malheur”.Marine Le Pen, cheffe des députés du Rassemblement national, a elle dénoncé “des annonces irresponsables pour acheter le PS au mépris de l’intérêt national”, et annoncé une autre motion de censure. Et les écologistes “n’ont aucune raison de ne pas censurer”, a annoncé leur patronne Marine Tondelier. Cyrielle Chatelain, patronne des députés, a annoncé que le groupe déciderait mardi avec la copie finale, se demandant si le gouvernement cachait “le coût de la facture, notamment en termes de coupes sur les services publics”.Pour faire passer le budget de l’Etat, le Premier ministre compte sur l’abstention des socialistes, qui est en bonne voie.”Je crois que les conditions sont réunies” pour éviter une censure du PS, a estimé lundi soir le patron des députés Boris Vallaud sur BFMTV.- “Ça suffit” -Les vœux du PS ont en effet été exaucés sur le pouvoir d’achat, avec une hausse de la prime d’activité, mais également sur la jeunesse, avec les repas à un euro pour les étudiants, une hausse des moyens des bailleurs sociaux et du fonds vert…La proposition PS de surtaxe sur les bénéfices de 300 grandes entreprises a aussi été retenue in fine, pour un rendement de 8 milliards d’euros en 2026, comme en 2025.Pour contenir le déficit public à 5% du PIB maximum, un engagement pris “sincèrement”, a répété Sébastien Lecornu, sans augmenter la fiscalité des ménages, la taxation des grandes entreprises a fait office de variable d’ajustement.Et la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a annoncé le maintien dans le texte d’une taxe visant le patrimoine financier des holdings familiales.Reste que les concessions faites au PS irritent les parlementaires du camp gouvernemental.”Quand vous ponctionnez les entreprises françaises, ça pèse sur les Français”, a regretté dans l’Opinion Marc Fesneau, patron des députés MoDem. “On aurait dû sans doute dire aux socialistes, à un moment +ça suffit+”, a déploré le député, questionnant avec insistance la crédibilité de l’objectif de 5% de déficit.”C’est une évidence, c’est un budget très imparfait”, a estimé Laurent Wauquiez, patron des députés LR qui ne devraient pas pour autant voter la censure.Une source au sein du groupe macroniste déplore elle un “gouvernement tenu par une poignée de députés socialistes”.Au cours d’une conférence de presse, Sébastien Lecornu a assuré avoir répondu aux demandes de Gabriel Attal, le chef de Renaissance, et de Laurent Wauquiez, en renonçant à toucher respectivement aux allègements de charges des entreprises, et en indexant le barème de l’impôt sur le revenu pour suivre l’inflation.

Groenland: Trump et son gouvernement durcissent le ton sur les surtaxes douanières

Les Américains n’ont montré aucun signe d’apaisement lundi envers les Européens, les avertissant qu’il “serait très mal avisé” de répondre aux menaces de surtaxes douanières brandies par Donald Trump tant que le Groenland ne sera pas aux mains des Etats-Unis.Le président américain avait dit plus tôt, dans un message adressé au Premier ministre norvégien, qu’il ne se sentait plus tenu de penser “uniquement à la paix” dans la mesure où il n’a pas obtenu le prix Nobel.Les tensions entre Européens et Américains ont fait chuter les principales Bourses européennes lundi, après que Donald Trump a menacé d’imposer à huit pays européens – dont la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne – de nouvelles surtaxes douanières en raison de leur opposition concernant le Groenland, un territoire autonome danois, et que l’Union européenne a promis une riposte.”Je pense que cela serait très mal avisé”, a mis en garde le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent, qui s’exprimait devant des journalistes avant l’ouverture du Forum économique mondial à Davos, en Suisse.”Le président (Trump) voit le Groenland comme un actif stratégique pour les Etats-Unis. Nous n’allons pas sous-traiter à quelqu’un d’autre la sécurité dans notre hémisphère”, a dit Scott Bessent.- “Dialogue” -L’UE continue quant à elle de prôner le “dialogue” plutôt que “l’escalade”, tout en affirmant qu’elle dispose d'”outils” et est “prête à réagir” dans le cas où le président américain viendrait à mettre à exécution ses menaces dans le domaine commercial.Ces pressions américaines ne modifient pas la position du Groenland, soucieux de son droit à l’autodétermination et sa souveraineté, a affirmé son Premier ministre Jens-Frederik Nielsen. Les dirigeants européens se réunissent jeudi soir en sommet extraordinaire à Bruxelles pour évoquer les récents propos de Donald Trump sur le Groenland et les droits de douane. Le président français Emmanuel Macron compte demander l’activation de l’instrument anticoercition de l’Union européenne, qui permet de limiter les importations provenant d’un pays ou son accès à certains marchés publics et de bloquer des investissements.Pour tenter de réduire les risques d’une détérioration de la situation, le chancelier allemand Friedrich Merz a quant à lui fait savoir qu’il allait “essayer de rencontrer le président Trump mercredi”. Ce même jour, la question du Groenland sera abordée par les ministres des Finances du G7, dont font partie les Etats-Unis.Dans une lettre adressée au Premier ministre norvégien et rendue publique lundi, le président américain a pour sa part annoncé qu’il ne se sentait plus tenu de penser “uniquement à la paix” faute d’avoir obtenu le prix Nobel”Etant donné que votre pays a décidé de ne pas m’attribuer le prix Nobel de la paix pour avoir mis fin à +PLUS+ de huit guerres, je ne me sens plus obligé de penser uniquement à la paix”, écrit M. Trump à Jonas Gahr Store.Sur le Groenland, “il n’existe aucun document écrit” prouvant qu’il appartient au Danemark “mais il y a des centaines d’années, un bateau a accosté à cet endroit et, nous aussi, nous avons accosté là-bas”, ajoute-t-il.Cette missive a été reçue en réponse à un message de M. Store et du président finlandais Alexander Stubb, dans lequel ils ont dit leur “opposition à ces augmentations de droits de douane annoncées à l’encontre de la Norvège, de la Finlande et de certains autres pays”, a expliqué le cabinet du Premier ministre norvégien.Ce dernier a aussi rappelé que le prix Nobel de la paix n’était pas décerné par le gouvernement norvégien.Dans son message au Premier ministre, Donald Trump réitère son souhait de voir les Etats-Unis prendre le contrôle du Groenland. – Rencontre à l’Otan -“Le Danemark ne peut pas protéger ce territoire contre la Russie ou la Chine”, assure-t-il, ajoutant que “le monde ne sera pas en sécurité tant que nous n’aurons pas le Contrôle Total et Absolu du Groenland”. Face à cela, le Danemark et Groenland ont proposé la création d’une mission de surveillance de l’Otan de cette immense île, a déclaré lundi le ministre danois de la Défense à l’issue d’une rencontre avec le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Mark Rutte.”Nous l’avons proposée, le secrétaire général en a également pris note, et je pense que nous pouvons maintenant, espérons-le, obtenir un cadre définissant comment cela peut se concrétiser”, a dit Troels Lund Poulsen, en présence de Vivian Motzfeldt, la ministre des Affaires étrangères du Groenland.Sur Truth Social, Donald Trump affirme que l’Alliance atlantique exhorte depuis 20 ans le Danemark à “écarter la menace russe du Groenland”. “Malheureusement, le Danemark n’a rien pu faire à ce sujet. Le moment est venu d’agir et cela sera fait!!!”, a-t-il martelé.Ce royaume scandinave souligne de son côté que des mesures ont déjà été prises pour accroître sa présence militaire dans l’Arctique et l’Atlantique Nord, en collaboration avec plusieurs de ses alliés au sein de l’Otan. 

Christophe Bruneau à la tête d’ArianeGroup, un atout franco-allemand

Christophe Bruneau, expert des moteurs militaires chez Safran et fort d’une longue expérience en Allemagne, a été nommé lundi président exécutif d’ArianeGroup au moment où le fabricant de la fusée Ariane 6 cherche à renforcer sa coopération avec Berlin.  Agé de 58 ans, cet ingénieur également diplômé en management remplacera en avril Martin Sion, lui aussi un ancien de Safran, qui part diriger Alstom à partir du 1er avril, a annoncé le groupe.Christophe Bruneau, jusqu’à présent responsable de la division moteurs militaires chez Safran Aircraft Engines, a été choisi pour “sa connaissance de l’industrie spatiale et de défense” et “réunit les qualités nécessaires pour poursuivre et consolider le développement et la transformation engagés chez ArianeGroup”, estime dans un communiqué la coentreprise entre Airbus et Safran à l’empreinte industrielle française et allemande.Outre la fusée civile européenne Ariane 6 qui a effectué quatre vols commerciaux réussis après son lancement inaugural en juillet 2024, ArianeGroup fabrique aussi des missiles nucléaires intercontinentaux, gère un réseaux de détection spatiale et développe un planeur hypersonique. “L’expérience des programmes en coopération, en particulier franco-allemands”, de Christophe Bruneau en font “le candidat idéal pour prendre la tête d’ArianeGroup”, a souligné Matthieu Louvot, président du conseil d’administration.Sa nomination intervient “à l’heure où la montée en cadence industrielle d’Ariane 6 ainsi que la préparation de l’avenir pour les programmes civils et militaires demeurent des priorités majeures pour ArianeGroup”, a-t-il poursuivi.- L’Allemagne incontournable -Avec ses ambitions massives dans le spatial militaire et des investissements prévus bien supérieurs à ceux de la France, l’Allemagne s’impose comme un acteur clé et incontournable pour la compétitivité d’Ariane 6 et les marchés européens à venir.En présentant la nouvelle doctrine spatiale française en novembre, Emmanuel Macron a cité comme priorité la “montée en cadence d’Ariane 6 dont la compétitivité doit être améliorée”.Il a également annoncé l’octroi de 4,2 milliards d’euros en plus des 6 milliards déjà prévus pour le spatial militaire d’ici 2030.C’est toutefois bien en deçà des 35 milliards d’euros que Berlin compte investir d’ici 2030 dans la défense spatiale pour contrer les capacités militaires de la Russie et de la Chine.L’équipe d’Ariane prévoit de doubler ses lancements en 2026 à “7 à 8” pour arriver ensuite à une dizaine par an.  Pour des créneaux disponibles en 2028-2029, elle mise particulièrement sur l’Allemagne, dans le cadre de la constellation de satellites que la Bundeswehr s’apprête à commander au géant allemand Rheinmetall, allié à la start-up finlandaise Iceye.Les satellites Iceye sont pour l’essentiel mis en orbite par les lanceurs Falcon 9 de SpaceX d’Elon Musk.- Franco-allemand -Christophe Bruneau, qui a la double nationalité française et allemande, a fait une partie de sa carrière en Allemagne et a travaillé pour le Scaf, projet d’un futur avion de combat européen en difficultés en raison des divergences industrielle entre Dassault, qui représente la France, et Airbus qui représente l’Allemagne et l’Espagne.  Depuis 2020, il était directeur de la division moteurs militaires de Safran Aircraft Engines où il a supervisé le M88, qui propulse les avions de chasse français Rafale de Dassault et a coordonné l’avancement des travaux sur le moteur du du programme Scaf. Diplômé de l’Institut des hautes études économiques et commerciales (INSEEC) et de l’Ecole centrale de Paris, Christophe Bruneau a commencé sa carrière en 1992 au sein d’Armines, association de promotion de la recherche scientifique et technologique.  Après un poste à l’ambassade de France en Allemagne comme attaché pour la science et la technologie et coordonnateur aéronautique et spatial, il intègre en 1999 l’allemand MAN Technologie comme directeur de l’activité Espace. Il rejoint Snecma (aujourd’hui Safran Aircraft Engines) en 2004 en tant que directeur général adjoint de la division des moteurs spatiaux, puis est nommé en 2007 directeur du programme TP400, moteur de l’avion militaire de transport Airbus A400M du consortium Europrop International.  En 2012, il met en place et prend la direction d’Aerospace Embedded Solutions (AES) à Munich, une entreprise commune entre Sagem (aujourd’hui Safran Electronics & Defense) et MTU, avant de prendre la direction d’Europrop International en 2016.