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Wall Street recule Ă  l’ouverture, plombĂ©e par les nouvelles menaces douanières de Trump

La Bourse de New York a ouvert en baisse vendredi, lestĂ©e par les nouvelles menaces de Donald Trump, qui a suggĂ©rĂ© d’imposer des droits de douane de 50% sur les biens importĂ©s depuis l’Union europĂ©enne (UE) et une surtaxe de minimum 25% sur les produits Apple.Dans les premiers Ă©changes, le Dow Jones perdait 1,15%, l’indice Nasdaq chutait de 1,60% et l’indice Ă©largi S&P 500 lâchait 1,19%. De son cĂ´tĂ©, Apple reculait de 2,60%.

TotalEnergies tient son assemblée générale des actionnaires à distance des militants du climat

Le PDG de TotalEnergies Patrick PouyannĂ© a ouvert vendredi l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des actionnaires du groupe pĂ©trolier, plus tranquille qu’Ă  l’accoutumĂ©e, mais contestĂ©e Ă  distance par les militants du climat qui ont tentĂ© de s’introduire au siège parisien de la banque BNP Paribas en l’accusant de soutenir les activitĂ©s du groupe dans les hydrocarbures. Pour la 2e annĂ©e consĂ©cutive, le groupe français tient sa grand-messe des actionnaires Ă  domicile, dans sa tour du quartier d’affaires de La DĂ©fense, plus facile Ă  sĂ©curiser, et non dans un lieu de la capitale. L’AG s’est ouverte peu après 14H00.TotalEnergies avait expliquĂ© l’an dernier vouloir Ă©viter d'”immobiliser un quartier de Paris”, comme en 2023, une Ă©dition Ă©maillĂ©e d’Ă©chauffourĂ©es entre les forces de l’ordre et militants du climat.Ces derniers ont cette annĂ©e prĂ©vu une mobilisation Ă  distance pour cette assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale sans enjeu de taille pour le groupe, qui doit tout de mĂŞme jongler cette annĂ©e avec la baisse de ses profits et la dĂ©gringolade des cours du pĂ©trole. Dans la matinĂ©e, une dizaine de militants de l’organisation Ă©cologiste XR, certains en costume de ville, ont brièvement franchi les grilles du siège de BNP Paribas, au coeur de Paris, avant d’en ĂŞtre violemment repoussĂ©s par des policiers, Ă©chouant Ă  rentrer dans les locaux, Ă  constatĂ© un journaliste de l’AFP. Ils ont dĂ©versĂ© de l’huile sur les escaliers, lancĂ© des faux billets en l’air et collĂ© des affiches Ă  l’effigie de Patrick PouyannĂ© clamant: “On tape sur Total et ses partenaires”.Sept personnes ont Ă©tĂ© interpellĂ©es, a indiquĂ© la PrĂ©fecture de police de Paris. “Une cinquantaine de personnes de la mouvance Ă©cologiste ont menĂ© une action mĂ©diatique”, a-t-elle prĂ©cisĂ©, en prĂ©cisant que “la porte d’entrĂ©e de l’Ă©tablissement a Ă©tĂ© dĂ©gradĂ©e et des dĂ©tritus (ont Ă©tĂ©) jetĂ©s”.”BNP Paribas continue Ă  financer les Ă©nergies fossiles, comme la SG (SociĂ©tĂ© gĂ©nĂ©rale), la BPCE, les fonds d’investissement du CA (CrĂ©dit agricole). Aucune banque n’est complètement vertueuse, mais certaines sont quand mĂŞme pires que les autres”, a dĂ©clarĂ© un porte-parole de XR. La banque française a condamnĂ© “fermement (c)es actes agressifs” et “toutes formes de violences physiques subies” par ses collaborateurs, en soulignant que “les nouveaux financements accordĂ©s par BNP Paribas au secteur de la production d’Ă©nergie sont quasi exclusivement rĂ©servĂ©s aux Ă©nergies bas carbone”.Une heure avant le dĂ©but de l’AG, une cinquantaine de militants de XR ont tentĂ© d’organiser une “contre-assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale” sur le parvis en bas du SacrĂ© Coeur Ă  Paris, mais leur banderole a Ă©tĂ© dĂ©crochĂ©e par des policiers. “On voit que ça dĂ©range le pouvoir qui empĂŞche cette installation au lieu de planifier la sortie des Ă©nergies fossiles”, a dĂ©noncĂ© un porte-parole.- “Clair” sur sa stratĂ©gie clame TotalEnergies -Dans la rue ou devant les tribunaux, le groupe reste donc sous le feu des critiques, les dĂ©fenseurs du climat lui reprochant d’aggraver le rĂ©chauffement climatique et de nuire Ă  la biodiversitĂ© et aux droits humains, du fait de ses activitĂ©s dans le gaz et le pĂ©trole. Le 5 juin, il affronte Ă  Paris pour la première fois un procès pour “publicitĂ©s mensongères”, accusĂ© par plusieurs ONG d’induire le consommateur en erreur en se prĂ©sentant plus vertueux qu’il ne l’est au sujet de ses ambitions climatiques.Le groupe rĂ©pète que le pĂ©trole et le gaz sont encore nĂ©cessaires pour rĂ©pondre Ă  la demande d’Ă©nergie mondiale et financer les investissements dans les renouvelables. Mais au milieu des revirements sur la transition Ă©nergĂ©tique annoncĂ©s par les majors europĂ©ennes Shell et BP, le groupe s’emploie Ă  se dĂ©marquer en montrant qu’il est “devenue la sociĂ©tĂ© la plus engagĂ©e dans la transition Ă©nergĂ©tique parmi les majors” et qu’il “maintient le cap”.TotalEnergies prĂ©voit d’ajuster ses investissements dans les Ă©nergies bas carbone, qui reprĂ©senteront sur la pĂ©riode 2026-2030 environ un quart du total, selon son dernier rapport sur le climat, contre environ un tiers auparavant. La stratĂ©gie est “claire”, souligne-t-on dans le groupe, raison pour laquelle TotalEnergies ne soumettra pas au vote sa stratĂ©gie climat. Mais les ONG y ont vu une illustration “de la marche en arrière dĂ©complexĂ©e de l’industrie fossile sur ses engagements humains et environnementaux”, selon XR. La tendance n’est pas propre Ă  TotalEnergies pour cette nouvelle saison d’assemblĂ©es gĂ©nĂ©rales, qui s’annonce avec un nombre de rĂ©solutions sur le climat en recul, selon des spĂ©cialistes interrogĂ©s par l’AFP.

NuclĂ©aire: nouveaux pourparlers Ă  Rome entre l’Iran et les Etats-Unis

Des nĂ©gociateurs de l’Iran et des Etats-Unis se sont retrouvĂ©s vendredi Ă  Rome pour un cinquième cycle de pourparlers sur le nuclĂ©aire iranien sous mĂ©diation omanaise, au moment oĂą les nĂ©gociations semblent buter sur la question de l’enrichissement d’uranium.TĂ©hĂ©ran et Washington, ennemis depuis la RĂ©volution islamique de 1979 qui a renversĂ© en Iran une monarchie pro-occidentale, ont entamĂ© le 12 avril des discussions sur l’Ă©pineux dossier du programme nuclĂ©aire iranien.Les agences iraniennes Tasnim, Fars et Isna ont rapportĂ© autour de 12H00 GMT le dĂ©but des discussions entre le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, et l’Ă©missaire amĂ©ricain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff.Ces pourparlers reprĂ©sentent le plus haut niveau d’engagement entre les deux pays depuis le retrait unilatĂ©ral en 2018 par les Etats-Unis de l’accord international sur le nuclĂ©aire iranien conclu trois ans plus tĂ´t Ă  Vienne.Le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump, Ă  l’origine de cette dĂ©cision durant son premier mandat (2017-2021), a rĂ©tabli de lourdes sanctions amĂ©ricaines contre l’Iran dans le cadre d’une politique dite de “pression maximale”. Il cherche dorĂ©navant Ă  nĂ©gocier un nouveau pacte avec TĂ©hĂ©ran, qui espère une levĂ©e des sanctions qui asphyxient son Ă©conomie.Les nĂ©gociateurs des deux pays se retrouvent vendredi au moment oĂą Washington et TĂ©hĂ©ran affichent publiquement leur dĂ©saccord sur la question sensible de l’enrichissement d’uranium. L’Ă©missaire amĂ©ricain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, qui mène les discussions pour Washington, a estimĂ© dimanche que les Etats-Unis “ne pouvaient autoriser ne serait-ce qu’un pour cent de capacitĂ© d’enrichissement” Ă  l’Iran. – “DĂ©saccords fondamentaux” -“L’Iran ne peut pas avoir une capacitĂ© d’enrichissement, car cela en ferait une puissance nuclĂ©aire potentielle”, a arguĂ© mercredi le chef de la diplomatie amĂ©ricaine, Marco Rubio.Des “dĂ©saccords fondamentaux” demeurent avec les Etats-Unis, a estimĂ© jeudi le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, qui mène les nĂ©gociations pour TĂ©hĂ©ran.Si les Etats-Unis empĂŞchent l’Iran d’enrichir de l’uranium “il n’y aura pas d’accord”, a-t-il mis en garde.TĂ©hĂ©ran, qui dĂ©fend un droit au nuclĂ©aire civil, considère cette exigence comme contraire aux dispositions du TraitĂ© de non-prolifĂ©ration (TNP), dont l’Iran est signataire.”La souverainetĂ© de l’Iran est une ligne rouge et l’Iran ne renoncera en aucun cas au droit d’enrichir de l’uranium”, a dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP le politologue iranien Mohammad Marandi.Les pays occidentaux, Etats-Unis en tĂŞte, et IsraĂ«l, ennemi jurĂ© de l’Iran, considĂ©rĂ© par des experts comme la seule puissance nuclĂ©aire au Moyen-Orient, soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de l’arme nuclĂ©aire. TĂ©hĂ©ran nie avoir de telles visĂ©es.Le nuclĂ©aire emploie en Iran plus de 17.000 personnes, notamment dans l’Ă©nergie et le secteur mĂ©dical, selon le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’Ă©nergie atomique (OIEA), Behrouz Kamalvandi.”Les Pays-Bas, la Belgique, la CorĂ©e du Sud, le BrĂ©sil et le Japon enrichissent (l’uranium) sans possĂ©der d’armes nuclĂ©aires”, avait-il soulignĂ© dĂ©but mai.Jeudi, le prĂ©sident amĂ©ricain, Donald Trump, a parlĂ© de l’Iran avec le Premier ministre israĂ©lien, Benjamin Netanyahu, selon la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.- “Dans la bonne direction” -M. Trump estime que les nĂ©gociations avec TĂ©hĂ©ran, vues avec scepticisme voire franche hostilitĂ© par le dirigeant israĂ©lien, “vont dans la bonne direction”, a-t-elle ajoutĂ©.Selon l’Agence internationale de l’Ă©nergie atomique (AIEA), l’Iran enrichit actuellement l’uranium Ă  60%, bien au-delĂ  de la limite de 3,67% autorisĂ©e par l’accord de 2015, mais en deçà du taux de 90% nĂ©cessaire pour un usage militaire. TĂ©hĂ©ran a pris ses distances avec ses engagements de 2015 en reprĂ©sailles au retrait amĂ©ricain de l’accord sur le nuclĂ©aire.L’accord sur le nuclĂ©aire de 2015, qui expire en octobre, soit dix ans après l’entrĂ©e en vigueur du texte, prĂ©voit la possibilitĂ© de rĂ©imposer des sanctions onusiennes si l’Iran ne se conforme pas Ă  ses engagements.

La grande distribution dans le viseur des associations sur l’alimentation durable

Acteur central de la consommation, la grande distribution est de plus en plus scrutĂ©e par les associations et les ONG, qui lui reprochent son manque d’implication dans la transition vers une alimentation plus saine, dont elle est pourtant un levier de poids.”En retard” sur la transition alimentaire selon une vaste Ă©tude publiĂ©e mi-mai par le RĂ©seau action climat (RAC), accusĂ©s par plusieurs associations dont Foodwatch jeudi de “brader” la santĂ© des consommateurs en concentrant leurs promotions sur des produits trop gras, trop sucrĂ©s ou trop salĂ©s, les gĂ©ants de la grande distribution voient leur modèle critiquĂ©. Ce modèle “basĂ© sur un prix bas et des volumes Ă©levĂ©s, n’est pas en capacitĂ© d’intĂ©grer les enjeux de la transition alimentaire”, explique Charlie Brocard, chercheur en alimentation Ă  l’Institut du dĂ©veloppement durable et des relations internationales.Les poids lourds du secteur martèlent pourtant ĂŞtre conscients des enjeux et faire des efforts. Carrefour assure par exemple avoir “fait de la transition alimentaire pour tous sa raison d’ĂŞtre”. Leclerc, souvent l’un des plus dĂ©criĂ©s par les diffĂ©rentes enquĂŞtes et rapports – avec une note de 4,5 sur 20 attribuĂ©e par le RAC dans son rapport sur la transition Ă©cologique de la grande distribution – a annoncĂ© mi-avril lancer son propre indicateur carbone pour ses marques distributeurs.  Mais entre la guerre des prix que se mènent Leclerc, Carrefour, IntermarchĂ©s ou encore Lidl, les “marges très faibles” et “l’absence de croissance” du secteur, le contexte rend “compliquĂ©” tout changement de modèle vers une forme plus vertueuse sans “fragiliser le modèle Ă©conomique”, affirme Remy Gerin, directeur de la chaire Grande consommation Ă  l’Essec.Le poids des acteurs de la grande distribution dans la consommation alimentaire est considĂ©rable: selon la FCD (FĂ©dĂ©ration patronale des supermarchĂ©s), l’alimentation dans les grandes surfaces pèse près de 200 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuels.- “ResponsabilitĂ© du consommateur” -Or les grandes enseignes “dĂ©cident ce qu’elles mettent en rayon, fixent les prix, dĂ©cident des articles qu’elles mettent en promotion”, souligne Remy Gerin. La prĂ©pondĂ©rance de la viande rouge et des plats prĂ©parĂ©s au dĂ©triment des aliments vĂ©gĂ©taux est par exemple l’un des reproches qui revient le plus souvent dans les enquĂŞtes d’ONG et associations.  “En mettant le paquet sur la promotion de certains aliments – des produits sains, non transformĂ©s, vĂ©gĂ©tariens – les distributeurs seraient en capacitĂ© de crĂ©er des marchĂ©s”, selon Charlie Brocard, qui s’appuie sur l’exemple du bio. “Lorsque les distributeurs se sont dĂ©sengagĂ©s du bio, les ventes ont baissĂ©. Cela montre leur pouvoir rĂ©el sur la demande”, explique le chercheur. “Bien sĂ»r qu’on a parfaitement conscience de notre responsabilitĂ© lĂ -dedans, mais (elle) n’est pas unique”, a rĂ©agi vendredi sur RTL Dominique Schelcher, PDG de la CoopĂ©rative U. “Il y a la responsabilitĂ© du consommateur lui mĂŞme, la nĂ´tre, peut ĂŞtre celle des mĂ©dias qui passent de la publicitĂ© aussi pour ces produits lĂ  parfois. Donc c’est une responsabilitĂ© collective oĂą chacun doit prendre sa part”, a-t-il jugĂ©.C’est Ă©galement le point de vue de Layla Rahhou, dĂ©lĂ©guĂ©e gĂ©nĂ©rale de la FCD, pour qui la transition alimentaire est “une question de sociĂ©tĂ© globale” et “un combat que (la grande distribution) ne peut mener seule”. “Le pouvoir de l’offre existe mais ce n’est pas le seul. Il ne faut pas dĂ©responsabiliser les consommateurs”, estime-t-elle.Ailleurs en Europe, des exemples existent. Le gĂ©ant belgo-nĂ©erlandais de la distribution Ahold Delhaize revendiquait par exemple en 2023 de proposer 44,1% de protĂ©ines d’origines vĂ©gĂ©tales dans ses supermarchĂ©s aux Pays-Bas.  La France, depuis la loi Climat de 2021, prĂ©voit de mettre en place un affichage environnemental sur tous les produits alimentaires afin de mieux informer le consommateur, Ă  l’instar du nutri-score.Mais dans le projet de StratĂ©gie pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc) mis en consultation par le gouvernement dĂ©but avril avec deux ans de retard, il n’est plus question que d’un affichage sur la base du volontariat.

Le Congrès amĂ©ricain veut empĂŞcher la Californie d’interdire les voitures thermiques

Le SĂ©nat amĂ©ricain acquis Ă  Donald Trump a votĂ© jeudi une rĂ©solution pour empĂŞcher la Californie d’interdire la vente de vĂ©hicules thermiques neufs en 2035, ouvrant ainsi la voie Ă  une bataille judiciaire capable de façonner l’industrie des voitures Ă©lectriques aux Etats-Unis.Sous l’impulsion du gouverneur dĂ©mocrate Gavin Newsom, le parlement de Californie avait lĂ©gifĂ©rĂ© en 2022 pour imposer que tous les vĂ©hicules neufs vendus dans cet Etat de l’Ouest amĂ©ricain soient Ă  “zĂ©ro Ă©mission” polluante Ă  partir de 2035.Une ambition partagĂ©e par une dizaine d’autres Etats dĂ©mocrates, mais contestĂ©e par le prĂ©sident Donald Trump et son Parti rĂ©publicain qui dĂ©noncent ce qu’ils estiment ĂŞtre un diktat pour l’ensemble des Etats-Unis.”Gavin Newsom n’a pas le pouvoir de bousiller les 49 autres Etats”, a dĂ©noncĂ© le sĂ©nateur rĂ©publicain Mike Lee après le vote.La Californie compte le plus grand nombre de voitures Ă©lectriques du pays et bĂ©nĂ©ficie depuis plus d’un demi-siècle de dĂ©rogations qui lui permettent de fixer des normes environnementales plus strictes que la lĂ©gislation fĂ©dĂ©rale.L’Etat le plus peuplĂ© du pays a ainsi poussĂ© de longue date les constructeurs automobiles Ă  fabriquer des voitures respectant ses normes d’Ă©mission et vendues partout aux Etats-Unis. Le texte approuvĂ© par les sĂ©nateurs, qui s’attaque au dispositif dĂ©rogatoire dont bĂ©nĂ©ficie la Californie, doit maintenant ĂŞtre promulguĂ© par Donald Trump. Sa signature fait peu de doute: le milliardaire rĂ©publicain, climatosceptique notoire, a fait campagne en 2024 sur sa volontĂ© de forer du pĂ©trole Ă  tout-va. Il a aussi dĂ©jĂ  abandonnĂ© l’objectif fixĂ© par son prĂ©dĂ©cesseur dĂ©mocrate Joe Biden de vendre 50% de voitures Ă©lectriques aux Etats-Unis d’ici 2030.- DĂ©cision “illĂ©gale” -Jeudi, les autoritĂ©s californiennes ont annoncĂ© leur intention de poursuivre l’administration Trump en justice dès que le prĂ©sident signera le texte.”Nous avons une plainte bien conçue, nous sommes prĂŞts Ă  la dĂ©poser”, a expliquĂ© l’avocat gĂ©nĂ©ral de Californie Rob Bonta, dĂ©nonçant une dĂ©cision “illĂ©gale”.”Vous voulez que l’AmĂ©rique soit Ă  nouveau plongĂ©e dans le brouillard?”, a accusĂ© le gouverneur Gavin Newsom, en rappelant que l’exception accordĂ©e Ă  son Etat datait des annĂ©es 1970, lorsque Los Angeles Ă©tait rĂ©gulièrement nimbĂ©e d’un nuage de pollution. “Je suppose que c’est ce que Trump prĂ©conise”, a-t-il ajoutĂ©, en reprochant au prĂ©sident de “trahir” les gĂ©nĂ©rations futures.Largement vu comme un potentiel candidat pour la prĂ©sidentielle de 2028, le dĂ©mocrate a dĂ©noncĂ© un cadeau fait Ă  la Chine, qui pourrait en profiter pour asseoir sa domination sur le marchĂ© mondial des voitures Ă©lectriques.”Nous cĂ©dons notre leadership, et nous reculons d’un demi-siècle avec la technologie d’hier”, a-t-il insistĂ©, en rappelant que le constructeur amĂ©ricain “Tesla n’aurait tout simplement pas existĂ©” sans les règles environnementales adoptĂ©es en Californie.Le bras de fer judiciaire qu’il compte mener s’annonce technique. Pour remettre en cause l’exception californienne, les rĂ©publicains ont utilisĂ© une loi permettant au Congrès d’annuler une rĂ©glementation fĂ©dĂ©rale rĂ©cemment adoptĂ©e par un vote Ă  la majoritĂ© simple au lieu d’un seuil de 60 voix. Ils sont ainsi allĂ©s Ă  l’encontre de l’avis du “Government Accountability Office” – l’Ă©quivalent de la Cour des comptes en France -, qui estimait que les règles de la Californie, Ă©mises seulement pour cet Etat, ne constituent pas une rĂ©glementation nationale.La justice devra dire s’ils ont outrepassĂ© leur pouvoir.

Trump dĂ®ne avec les acheteurs de sa cryptomonnaie, l’opposition dĂ©mocrate dĂ©nonce un trafic d’influence

Donald Trump a reçu Ă  dĂ®ner Ă  huis-clos jeudi les 220 plus gros dĂ©tenteurs de sa cryptomonnaie, un Ă©vĂ©nement Ă  la croisĂ©e du pouvoir et de l’argent, scandaleux pour l’opposition dĂ©mocrate, qui crie au conflit d’intĂ©rĂŞt.Cette soirĂ©e, d’un genre inĂ©dit, s’est tenue au Trump National Golf Club, l’un des parcours de golf et country clubs du groupe familial, situĂ© Ă  Potomac Falls (Virginie), en grande banlieue de Washington.”Les Etats-Unis dominent dans les cryptos, le bitcoin, etc, et nous allons faire en sorte que cela dure!”, a Ă©crit le prĂ©sident amĂ©ricain sur son rĂ©seau social Truth Social en marge du dĂ®ner. Longtemps ouvertement hostile aux monnaies numĂ©riques, Donald Trump a fait volte-face durant sa dernière campagne, et le secteur a contribuĂ© Ă  sa réélection pour plus de 100 millions de dollars.Pour ĂŞtre du dĂ®ner, il fallait dĂ©tenir, en moyenne entre fin avril et mi-mai, pour plus de 50.000 dollars de $TRUMP, le nom de cette devise numĂ©rique lancĂ©e quelques heures avant l’investiture de Donald Trump.Certains, comme le milliardaire des cryptomonnaies Justin Sun, plus gros propriĂ©taire de $TRUMP, en ont mĂŞme acquis pour plusieurs millions de dollars.SollicitĂ©e, la Maison Blanche n’a pas fourni la liste des participants au dĂ®ner.Selon des donnĂ©es communiquĂ©es Ă  l’AFP par la sociĂ©tĂ© d’analyse Inca Digital, beaucoup des heureux Ă©lus ont achetĂ© leurs $TRUMP via des plateformes inaccessibles aux internautes amĂ©ricains, ce qui laisse penser qu’il s’agit de ressortissants Ă©trangers.”Si vous pensez qu’il n’y a rien de mal, alors qu’avez-vous Ă  cacher?”, a lancĂ©, jeudi, lors d’une confĂ©rence de presse intitulĂ©e “Publiez la liste des invitĂ©s”, le sĂ©nateur dĂ©mocrate Chris Murphy.Le système sur lequel s’appuient les monnaies numĂ©riques, la blockchain, garantit l’anonymat, contrairement au système financier traditionnel.Des entrepreneurs tels le financier Bryce Paul, le patron de la plateforme Magic Eden, Jack Lu, ou le programmeur Nikita Anufriev ont fait part sur X de leur prĂ©sence au gala, le dernier postant une vidĂ©o du discours prononcĂ© par Donald Trump.En arrivant Ă  l’entrĂ©e du golf, les convives ont Ă©tĂ© accueilli par des dizaines de manifestants, qui ont notamment scandĂ© “Pas Ă  vendre!” (Not for sale), selon des images diffusĂ©es par Our Revolution, un des groupes qui organisaient ce rassemblement.Les 25 plus importants possesseurs ont droit, en plus du dĂ®ner, Ă  une audience privĂ©e avec le chef d’Etat et une visite de la Maison Blanche.Le $TRUMP a Ă©tĂ© labellisĂ© “meme coin”, classe d’actifs Ă  but purement spĂ©culatif qui n’ont pas d’utilitĂ© transactionnelle et pas vocation de placement.Ses crĂ©ateurs la prĂ©sentent, eux, comme “l’expression du soutien et de l’engagement vis-Ă -vis des idĂ©aux et des croyances” portĂ©s par Donald Trump.Une grande partie du milieu des cryptomonnaies a mal accueilli la commercialisation du $TRUMP, l’estimant de nature Ă  ternir l’image de cette industrie.- “Incarnation de la corruption” -Selon le cabinet spĂ©cialisĂ© Chainalysis, les crĂ©ateurs du $TRUMP ont empochĂ© environ 320 millions de dollars de commissions depuis son introduction.Ils prĂ©voient par ailleurs d’Ă©mettre, dans les trois ans, 800 millions d’exemplaires supplĂ©mentaires, soit 12 milliards de dollars au cours actuel, qu’ils contrĂ´leront.”Il vend son influence et l’accès au gouvernement amĂ©ricain”, a fustigĂ© mercredi le sĂ©nateur dĂ©mocrate Jeff Merkley, qui doit participer Ă  un rassemblement de protestation devant le lieu du dĂ®ner, jeudi. “C’est l’incarnation de la corruption.”Un groupe d’Ă©lus dĂ©mocrates a tentĂ© de contrecarrer le vote, au Congrès, d’une loi sur les “stablecoins”, des devises numĂ©riques adossĂ©s Ă  des monnaies traditionnelles, au motif que le texte n’interdisait pas clairement au prĂ©sident d’en dĂ©tenir.Une start-up lancĂ©e en septembre avec le soutien du clan Trump a créé, fin mars, son propre stablecoin, USD1, qui a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© utilisĂ© par le fonds Ă©mirati MGX.$TRUMP ou USD1, “des gouvernements Ă©trangers pourraient acheter ses cryptomonnaies, ce qui voudrait dire que Donald Trump viole la Constitution sans que le grand public ne le sache”, s’est alarmĂ© mercredi le prĂ©sident de l’observatoire anticorruption CREW, Noah Bookbinder.Le document fondateur interdit ainsi thĂ©oriquement Ă  un officiel amĂ©ricain d’accepter des fonds d’un gouvernement Ă©tranger sans accord prĂ©alable du Congrès.”Il est absurde d’insinuer que le prĂ©sident tire profit de sa fonction”, a clamĂ©, jeudi, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, soutenant que le chef d’Etat respectait “toutes les lois relatives aux conflits d’intĂ©rĂŞt”.Elle a rappelĂ© que Donald Trump avait placĂ© l’ensemble de ses intĂ©rĂŞts Ă©conomiques et participations dans un trust gĂ©rĂ© par son fils. Le milliardaire peut nĂ©anmoins rĂ©cupĂ©rer ces actifs Ă  tout moment.Donald Trump “a renoncĂ© Ă  tout pour servir notre pays”, a insistĂ© Karoline Leavitt. “Il a perdu de l’argent, et il a failli perdre la vie”, a-t-elle ajoutĂ©, en rĂ©fĂ©rence Ă  la tentative d’assassinat dont il a Ă©tĂ© la cible en juillet 2024.Le magazine Forbes estime pourtant que sa fortune a plus que doublĂ© depuis l’an dernier, passant de 2,3 Ă  5,4 milliards de dollars actuellement.

La Bourse de Paris Ă  l’Ă©quilibre

La Bourse de Paris est stable vendredi, reprenant son souffle sur fond de baisse des rendements obligataires amĂ©ricains, après leur flambĂ©e causĂ©e la veille par les craintes liĂ©es au budget de Donald Trump aux États-Unis.Le CAC 40 prenait 0,09% Ă  7864,77 points, en hausse de 7,07 point. Jeudi, l’indice vedette avait perdu 0,58% Ă  7.864,44.”Les marchĂ©s se stabilisent, malgrĂ© les craintes persistantes des investisseurs concernant la situation budgĂ©taire amĂ©ricaine”, relèvent les analystes de la Deutsche Bank.Les investisseurs sont “partagĂ©s entre la baisse des taux d’intĂ©rĂŞt des obligations d’État et les interrogations concernant le (…) projet budgĂ©taire de Donald Trump”, explique John Plassard, spĂ©cialiste de l’investissement pour Mirabaud.La Chambre amĂ©ricaine des reprĂ©sentants a adoptĂ© jeudi le “mĂ©gaprojet” de loi budgĂ©taire voulu par Donald Trump, qui espère concrĂ©tiser certaines promesses phares de campagne comme la prolongation de gigantesques crĂ©dits d’impĂ´t de son premier mandat.Le vote du texte, dont les marchĂ©s craignent qu’il ne provoque une flambĂ©e des dĂ©ficits aux États-Unis, a toutefois fait grimper les taux d’intĂ©rĂŞt des emprunts publics amĂ©ricains durant une partie de la sĂ©ance jeudi, ce qui a plombĂ© les marchĂ©s d’actions.Mais une dĂ©tente, entamĂ©e en fin de journĂ©e et qui se poursuit vendredi, a soulagĂ© les investisseurs.En Europe aussi, les taux d’intĂ©rĂŞt ont reculĂ©. Vers 9H50 vendredi, l’emprunt Ă  dix ans français atteignait 3,29%, contre 3,32% la veille en clĂ´ture. Son Ă©quivalent allemand, rĂ©fĂ©rence, est Ă  2,61%, contre 2,64% jeudi.Mais ces “nouvelles ne seront pas rassurantes de façon durable: les responsables politiques amĂ©ricains continuent de fermer les yeux sur les tensions qui se dĂ©veloppent dans le secteur des obligations souveraines”, prĂ©vient Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.Le SĂ©nat doit examiner le texte et les Ă©lus rĂ©publicains ont dĂ©jĂ  annoncĂ© leur intention d’apporter d’importantes modifications. La navette parlementaire devrait donc se prolonger, sans certitude sur la date Ă  laquelle ce projet de loi sera parachevĂ©.CĂ´tĂ© indicateurs, la confiance des mĂ©nages en France s’est dĂ©gradĂ©e en mai, ces derniers exprimant des craintes plus vives concernant leur niveau de vie futur, leur situation financière, ou le chĂ´mage, selon l’Insee vendredi.L’indice qui mesure le moral des mĂ©nages s’est Ă©tabli Ă  88, en baisse de trois points par rapport Ă  avril oĂą il Ă©tait restĂ© stable. Il demeure en dessous de sa moyenne historique de 100. Orange vend une fintechLe gĂ©ant français des tĂ©lĂ©coms Orange (-0,74% Ă  13,33 euros) va vendre au CrĂ©dit CoopĂ©ratif, dans le giron du groupe bancaire BPCE, la fintech Anytime, spĂ©cialisĂ©e dans les services financiers aux associations, selon un protocole d’accord annoncĂ© vendredi. Ce rachat devrait ĂŞtre finalisĂ© d’ici la fin de l’annĂ©e.

NuclĂ©aire: Iran et Etats-Unis se retrouvent Ă  Rome sur fond de dĂ©saccord autour de l’enrichissement

Iran et Etats-Unis se retrouvent vendredi Ă  Rome pour un cinquième cycle de pourparlers sur le nuclĂ©aire iranien sous mĂ©diation omanaise, au moment oĂą les nĂ©gociations semblent buter sur la question de l’enrichissement d’uranium.TĂ©hĂ©ran et Washington, ennemis depuis la RĂ©volution islamique de 1979 qui a renversĂ© en Iran une monarchie pro-occidentale, ont entamĂ© le 12 avril des discussions sur l’Ă©pineux dossier du programme nuclĂ©aire iranien.Ces discussions dĂ©buteront Ă  13H00 (11H00 GMT), selon l’agence de presse officielle Irna.Elles reprĂ©sentent le plus haut niveau d’engagement entre les deux pays depuis le retrait unilatĂ©ral en 2018 par les Etats-Unis de l’accord international sur le nuclĂ©aire iranien conclu trois ans plus tĂ´t Ă  Vienne.Le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump, Ă  l’origine de cette dĂ©cision durant son premier mandat (2017-2021), a rĂ©tabli de lourdes sanctions amĂ©ricaines contre l’Iran dans le cadre d’une politique dite de “pression maximale”. Il cherche dorĂ©navant Ă  nĂ©gocier un nouveau pacte avec TĂ©hĂ©ran, qui espère une levĂ©e des sanctions qui asphyxient son Ă©conomie.Les deux pays se retrouvent vendredi au moment oĂą ils affichent publiquement leur dĂ©saccord sur la question sensible de l’enrichissement d’uranium. L’Ă©missaire amĂ©ricain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, qui mène les discussions pour Washington, a estimĂ© dimanche que les Etats-Unis “ne pouvaient autoriser ne serait-ce qu’un pour cent de capacitĂ© d’enrichissement” Ă  l’Iran. – “DĂ©saccords fondamentaux” -“L’Iran ne peut pas avoir une capacitĂ© d’enrichissement, car cela en ferait une puissance nuclĂ©aire potentielle”, a arguĂ© mercredi le chef de la diplomatie amĂ©ricaine, Marco Rubio.Des “dĂ©saccords fondamentaux” demeurent avec les Etats-Unis, a estimĂ© jeudi le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, qui mène les nĂ©gociations pour TĂ©hĂ©ran.Si les Etats-Unis empĂŞchent l’Iran d’enrichir de l’uranium “il n’y aura pas d’accord”, a-t-il mis en garde.TĂ©hĂ©ran, qui dĂ©fend un droit au nuclĂ©aire civil, considère cette exigence comme contraire aux dispositions du TraitĂ© de non-prolifĂ©ration (TNP), dont l’Iran est signataire.”La souverainetĂ© de l’Iran est une ligne rouge et l’Iran ne renoncera en aucun cas au droit d’enrichir de l’uranium”, a dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP le politologue iranien Mohammad Marandi.Les pays occidentaux, Etats-Unis en tĂŞte, et IsraĂ«l, ennemi jurĂ© de l’Iran, considĂ©rĂ© par des experts comme la seule puissance nuclĂ©aire au Moyen-Orient, soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de l’arme nuclĂ©aire. TĂ©hĂ©ran nie avoir de telles visĂ©es.Le nuclĂ©aire emploie en Iran plus de 17.000 personnes, notamment dans l’Ă©nergie et le secteur mĂ©dical, selon le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’Ă©nergie atomique (OIEA), Behrouz Kamalvandi.”Les Pays-Bas, la Belgique, la CorĂ©e du Sud, le BrĂ©sil et le Japon enrichissent (l’uranium) sans possĂ©der d’armes nuclĂ©aires”, avait-il soulignĂ© dĂ©but mai.Jeudi, le prĂ©sident amĂ©ricain, Donald Trump, a parlĂ© de l’Iran avec le Premier ministre israĂ©lien, Benjamin Netanyahu, selon la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.- “Dans la bonne direction” -M. Trump estime que les nĂ©gociations avec TĂ©hĂ©ran, vues avec scepticisme voire franche hostilitĂ© par le dirigeant israĂ©lien, “vont dans la bonne direction”, a-t-elle ajoutĂ©.Selon l’Agence internationale de l’Ă©nergie atomique (AIEA), l’Iran enrichit actuellement l’uranium Ă  60%, bien au-delĂ  de la limite de 3,67% autorisĂ©e par l’accord de 2015, mais en deçà du taux de 90% nĂ©cessaire pour un usage militaire. TĂ©hĂ©ran a pris ses distances avec ses engagements de 2015 en reprĂ©sailles au retrait amĂ©ricain de l’accord sur le nuclĂ©aire.L’accord sur le nuclĂ©aire de 2015, qui expire en octobre, soit dix ans après l’entrĂ©e en vigueur du texte, prĂ©voit la possibilitĂ© de rĂ©imposer des sanctions onusiennes si l’Iran ne se conforme pas Ă  ses engagements.

Ă€ Francfort, le dilemme du crack en plein centre-ville

Ă€ deux pas des gratte-ciel bancaires Ă  Francfort, la ville prĂ©voit une salle supplĂ©mentaire pour fumeurs de crack dans le quartier de la gare, rongĂ© par la prĂ©caritĂ© et la drogue, une mesure sanitaire qui fait polĂ©mique.Touristes, hommes d’affaires et rĂ©sidents qui se croisent aux abords du nĹ“ud ferroviaire de la mĂ©tropole financière allemande sont directement confrontĂ©s Ă  des scènes de prise de drogue: hĂ©roĂŻne, mĂ©thadone, crack, tout se consomme Ă  ciel ouvert, dans des rues bordĂ©es de sex-shops et de salles de jeux, oĂą errent des consommateurs en dĂ©tresse.PlutĂ´t que de marcher quelques centaines de mètres jusqu’Ă  un rendez-vous d’affaires, les visiteurs sont souvent invitĂ©s Ă  prendre un taxi en gare.SurnommĂ©e Mainhattan – clin d’oeil aux façades vitrĂ©es de la skyline financière proche du fleuve Main traversant la ville – Francfort se voit dĂ©cerner d’autres sobriquets peu enviables tels que “Krankfurt” (vocable créé avec le mot “Krank”, malade) ou “Zombieland”, dĂ©cernĂ© par la presse britannique pendant l’Euro de foot en 2024.La citĂ© du centre de l’Allemagne a pourtant Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme une pionnière en matière de gestion des risques depuis l’ouverture de la première salle de consommation de drogue en 1996. Aujourd’hui, trois salles offrent aux usagers la possibilitĂ© de consommer, en plus de lits, conseils mĂ©dicaux et accompagnement social. L’objectif, selon Christian Rupp, porte-parole de la ville pour les affaires sociales, est de “sauver des vies”, pas de “criminaliser”.En 2023, Francfort a enregistrĂ© vingt dĂ©cès liĂ©s aux overdoses, contre un pic de 147 en 1991. Mais aucun dĂ©cès n’est jamais survenu Ă  l’intĂ©rieur des salles de consommation, souligne-t-il.- Economie de la drogue – Toutefois, ouvrir au cĹ“ur du “Bahnhofsviertel” (quartier de la gare) un nouveau centre de consommation supervisĂ©e, pour une capacitĂ© de 50 fumeurs de crack, en exaspère plus d’un.”Je dois enjamber des excrĂ©ments, de l’urine et du vomi pour entrer dans mon bureau”, s’indigne Frank Lottermann, entrepreneur local, qui milite pour Ă©viter de placer la nouvelle salle dans ce qu’il dĂ©crit comme un “quartier Ă  la dĂ©rive”. Pour certains Ă©lus et habitants, ces structures ont un effet contre-productif : elles attireraient des usagers et des dealers venus d’ailleurs.De quoi transformer Francfort en “aimant pour le tourisme de la drogue”, dĂ©plore l’Ă©lu conservateur Boris Rhein, chef du gouvernement rĂ©gional de Hesse.L’homme politique dĂ©nonce une “Ă©conomie fermĂ©e de la drogue”, oĂą achat, consommation et soins cohabitent Ă  quelques mètres les uns des autres, et rĂ©clame des mesures d’ordre public au lieu d’approches sociales ou sanitaires.- Dialogue avec les riverains -M. Lotterman suggère, lui, de s’inspirer de la Suisse, oĂą des centres pour toxicomanes fonctionnent dans des zones pĂ©riphĂ©riques, parfois avec une tolĂ©rance implicite pour les petits dealers Ă  l’intĂ©rieur.Les autoritĂ©s sanitaires dĂ©fendent nĂ©anmoins le choix de l’emplacement en centre-ville. “Beaucoup de consommateurs de crack sont physiquement très affaiblis. Ils ne peuvent pas marcher plus de cinq ou dix minutes après avoir obtenu leur dose”, explique M. Rupp.Stirpan Bileškovic, 39 ans, ancien Ă©lagueur d’arbres devenu sans-abri, le confirme : “Quand tu as le crack en main, tu veux le fumer tout de suite. Tu ne vas pas traverser la ville”.Wolfgang Barth, travailleur social qui a ouvert un centre d’aide aux droguĂ©s en 1989, souligne de son cĂ´tĂ© l’importance de “parler avec les riverains”. Ce vĂ©tĂ©ran de l’accompagnement des toxicomanes plaide aussi pour que le nouveau centre de consommation soit implantĂ© dans le “Bahnhofsviertel”, oĂą les besoins sont les plus urgents.Nettoyant sa pipe Ă  crack, Stirpan Bileškovic dit ne pas savoir comment rĂ©gler le problème des riverains vivant en promiscuitĂ© avec des droguĂ©s, Ă  part de “chasser” ces derniers du quartier.Mais ici, “les gens feraient n’importe quoi pour un peu de crack qui coĂ»te Ă  peine deux euros”.

Performance, sĂ©curitĂ© et prĂ©dictions exaltĂ©es: l’intelligence artificielle selon Anthropic

La start-up d’intelligence artificielle (IA) Anthropic a lancĂ© jeudi sa nouvelle famille de modèles d’IA gĂ©nĂ©rative, censĂ©s dĂ©montrer sa capacitĂ© Ă  rivaliser avec les stars des assistants IA sans sacrifier ni la sĂ»retĂ© ni les promesses grandioses.”Claude Opus 4 est le meilleur modèle de codage au monde”, a assurĂ© d’emblĂ©e Dario Amodei, patron et cofondateur d’Anthropic, Ă  l’ouverture de la première confĂ©rence de l’entreprise pour les dĂ©veloppeurs.”Opus 4″, le modèle le plus puissant de la start-up, et “Sonnet 4″ sont tous les deux des modèles hybrides: ils peuvent fournir des rĂ©ponses instantanĂ©es ou exĂ©cuter des tâches plus longues en arrière-plan, comme la programmation informatique ou la rĂ©daction de rapports dĂ©taillĂ©s et sourcĂ©s.FondĂ©e par d’anciens ingĂ©nieurs d’OpenAI (ChatGPT), Anthropic concentre pour l’instant ses efforts sur des modèles de pointe, particulièrement douĂ©s pour la production de lignes de code, et utilisĂ©s principalement par des entreprises et professionnels.Contrairement Ă  ChatGPT et Gemini (Google), Claude ne gĂ©nère pas d’images et est très limitĂ© en matière de fonctions multimodales (comprĂ©hension et gĂ©nĂ©ration de diffĂ©rents mĂ©dias, comme le son ou la vidĂ©o).La start-up valorisĂ©e Ă  plus de 61 milliards de dollars promeut en revanche un dĂ©veloppement Ă  la fois responsable et compĂ©titif de l’IA gĂ©nĂ©rative.”C’est un puzzle absolu au quotidien (…) mais c’est tout l’enjeu d’Anthropic”, a soulignĂ© Dario Amodei lors d’une confĂ©rence de presse. Un choix de dĂ©veloppement payant selon lui, car les clients “veulent des modèles fiables”.- “Manigances” d’IA -Anthropic se livre donc Ă  des exercices de transparence rares dans la Silicon Valley.L’entreprise a publiĂ© jeudi un rapport sur les tests de sĂ©curitĂ© effectuĂ©s sur Claude 4, incluant les conclusions d’un institut de recherche indĂ©pendant, qui avait recommandĂ© de ne pas dĂ©ployer la version initiale.Selon Apollo Research, le modèle avait tendance Ă  “manigancer” pour “tromper” l’utilisateur.”Nous avons observĂ© des cas oĂą le modèle tentait d’Ă©crire des logiciels malveillants auto-rĂ©plicants, de fabriquer de faux documents juridiques, et de laisser des messages cachĂ©s Ă  destination de futures instances de lui-mĂŞme — le tout dans le but de contourner les intentions de ses dĂ©veloppeurs”, ont indiquĂ© les chercheurs d’Apollo Research.Ils ont nĂ©anmoins prĂ©cisĂ© que “ces tentatives n’auraient probablement pas Ă©tĂ© efficaces en pratique.”Dans le rapport, l’entreprise explique avoir mis en place des protections. Mais elle relève que dans certains scĂ©narios extrĂŞmes, conçus par des ingĂ©nieurs pour pousser le modèle Ă  bout, Opus 4 peut aller jusqu’Ă  “faire du chantage” contre des utilisateurs ou les dĂ©noncer aux autoritĂ©s s’ils essaient d’enfreindre la loi.- L’avenir selon Anthropic -Après une annĂ©e 2023 marquĂ©e par la course aux interfaces concurrentes de ChatGPT, les assistants IA ont gagnĂ© en capacitĂ©s Ă  “raisonner” et Ă  accomplir des tâches en ligne au nom de l’utilisateur, devenant ainsi des “agents IA”.”Nous travaillons sur de vrais agents, au-delĂ  du buzz”, a lancĂ© Mike Krieger, directeur produit d’Anthropic, et cofondateur d’Instagram.L’entreprise de San Francisco n’est pourtant pas la dernière Ă  formuler des prophĂ©ties discutĂ©es.En 2023, Dario Amodei avait prĂ©dit que l’IA dite gĂ©nĂ©rale (aussi intelligente que les humains) arriverait d’ici 2-3 ans. Fin 2024, il a repoussĂ© cet horizon Ă  2026 ou 2027.Plus rĂ©cemment, il a estimĂ© que l’IA Ă©crirait 90% du code informatique d’ici l’automne. “Je ne vais pas tomber juste dans 100% des cas”, a rĂ©agi le dirigeant face aux journalistes. “Les choses que je dis peuvent sembler folles sur le moment, mais je crois qu’elles se produisent en fin de compte.”Chez Anthropic, “plus de 70% des suggestions de modifications de code informatique” sont dĂ©sormais gĂ©nĂ©rĂ©es par l’IA, a abondĂ© Mike Krieger.Les deux hommes pensent que l’IA gĂ©nĂ©rative permettra prochainement Ă  quelqu’un de crĂ©er seul une licorne, c’est-Ă -dire une start-up valorisĂ©e Ă  plus d’un milliard de dollars.Et si la technologie atteint son potentiel, Dario Amodei s’attend d’ici quelques annĂ©es “Ă  une croissance Ă©conomique extrĂŞmement soutenue, de l’ordre de 10% par an”, qui creusera dramatiquement les inĂ©galitĂ©s et nĂ©cessitera donc des “hausses d’impĂ´ts” pour redistribuer les richesses.Anthropic dit vouloir aider les humains Ă  “augmenter leur crĂ©ativitĂ©”, et non la remplacer. “Mais il s’agit d’une stratĂ©gie Ă  court et moyen terme”, a remarquĂ© Dario Amodei. “A long terme, nous devrons faire face Ă  l’idĂ©e que tout ce que font les humains finira par ĂŞtre rĂ©alisĂ© par des systèmes d’IA. C’est sĂ»r, ça va arriver.”