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Concurrence: le livreur de repas Delivery Hero écope d’une amende de 329 millions d’euros dans l’UE

La Commission européenne a infligé lundi une amende de 329 millions d’euros à l’entreprise allemande Delivery Hero et sa filiale espagnole Glovo pour des infractions à la concurrence sur le marché des livraisons de repas dans l’UE.Entre 2018 et 2022, Delivery Hero a utilisé une participation minoritaire dans Glovo pour limiter la concurrence, avant de prendre le contrôle de cette entreprise. Les deux entités s’étaient entendues pour ne pas débaucher les employés de l’autre, échanger des informations sensibles et se partager les marchés, a expliqué la Commission, gendarme de la concurrence dans l’Union européenne.Ces pratiques réduisent le choix pour les consommateurs et les opportunités pour les employés. Elles affaiblissent l’innovation et font monter les prix, a souligné l’exécutif européen dans un communiqué.Delivery Hero a confirmé avoir “conclu un accord” avec la Commission européenne, affirmant avoir “pleinement coopéré” avec cette dernière tout au long de l’enquête.Le groupe a souligné dans un communiqué que le montant de l’amende était finalement inférieur de 20% à la somme de 400 millions d’euros déjà provisionnée dans ses comptes.La sanction financière de 329 millions d’euros se compose d’un montant de 106 millions pour Glovo et 223 millions pour Delivery Hero.Cette dernière, cotée à la Bourse de Francfort, a pris totalement le contrôle de l’entreprise espagnole devenue une simple filiale en juillet 2022. Il n’y a donc plus eu d’infraction constatée à partir de cette date.Delivery Hero, fondé en 2011 à Berlin, et Glovo, créé en 2014 à Barcelone, sont parmi les plus grandes marques de livraison de repas en Europe, en concurrence avec l’américain Uber Eats ou le britannique Deliveroo. Elles livrent des repas, souvent préparés par un restaurant, des produits d’épicerie, mais aussi d’autres articles non alimentaires, commandés en ligne via une application ou un site internet.- Partage d’informations sur WhatsApp -Il s’agit de la première sanction européenne contre un cartel sur le marché du travail. “C’est la première fois que la Commission sanctionne un accord par lequel les entreprises cessent de se faire concurrence pour attirer les meilleurs talents et réduisent les possibilités offertes aux travailleurs”, a souligné la commissaire à la Concurrence, Teresa Ribera.Cet accord portait au départ seulement sur quelques dirigeants, puis a été élargi à tous les salariés, notamment des experts en logistique ou des managers. Il ne couvrait cependant pas les livreurs qui n’étaient pas salariés à l’époque des faits, mais sous statut d’indépendants.Les échanges d’informations incriminés se sont notamment produits sur des groupes de discussions WhatsApp ou par email. De nombreux documents des conseils d’administration de Glovo avaient été partagés à Delivery Hero, en toute illégalité.Les informations sensibles portaient sur la stratégie de fixation des prix, les campagnes de promotion, les capacités de production, l’organisation des réseaux de livraison.A partir de juillet 2020, les deux entités avaient totalement cessé de se faire concurrence. Elles ont soigneusement évité d’être présentes sur les mêmes marchés nationaux, réduisant le choix des consommateurs et contribuant ainsi à faire monter les tarifs.Les amendes annoncées lundi concluent une enquête de la Commission ouverte en juillet 2024 après des inspections inopinées dans les locaux des deux entreprises intervenues en juin 2022 et novembre 2023.

Le Sénat face au défi de freiner l’essor de la “fast fashion”

Après avoir longtemps traîné au Parlement, une proposition de loi pour freiner la “fast fashion” est examinée lundi au Sénat, qui entend légiférer contre cette mode “éphémère” ou “jetable” expédiée à prix cassés depuis la Chine, avec les géants Shein et Temu dans le viseur.Peu coûteux, de piètre qualité, faciles à commander, souvent très polluants et constamment renouvelés, ces vêtements qui saturent le marché et concurrencent les acteurs historiques de l’industrie textile verront-ils leur afflux en France bientôt régulé ?C’est tout l’objet du texte examiné dans la soirée à la chambre haute. Portée par la députée Horizons Anne-Cécile Violland, la proposition de loi pour “réduire l’impact environnemental de l’industrie textile” a pris la poussière pendant plus d’un an sur le bureau du Sénat, après son adoption en mars 2024 à l’Assemblée nationale.Le phénomène, lui, s’est poursuivi: entre 2010 et 2023, les vêtements mis sur le marché en France sont passés de 2,3 milliards à 3,2 milliards; plus de 48 vêtements par habitant sont mis sur le marché chaque année en France et 35 sont jetés chaque seconde dans le pays, selon l’Ademe, l’agence de l’environnement.”Ces géants de la mode ultra éphémère envahissent le marché sans aucun contrôle. Il faut établir des règles, les frapper le mieux possible et le plus fort possible”, martèle pour l’AFP Sylvie Valente Le Hir, sénatrice Les Républicains chargée de rapporter le texte au Sénat.Dénonçant elle aussi une “invasion”, la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher a rappelé lors d’un déplacement lundi dans le Rhône que le secteur textile était “le plus polluant au monde”, notamment en émission de carbone.Face à cette “vague irresistible” de produits “qui ne durent pas”, la ministre a salué une “loi très courageuse”, la “première en ce sens” en Europe mais qui ne pourra pas “tout résoudre”. – Viser “l’ultra” éphémère -Parmi les mesures phares, l’établissement d’une définition de la “fast fashion”, avec des critères basés sur les volumes fabriqués, la vitesse de renouvellement des collections ou encore la limitation de la “durée de vie” des produits et la “faible incitation” à les réparer.Les entreprises visées auraient ensuite des obligations, comme celle de sensibiliser les consommateurs à “l’impact environnemental” de leurs vêtements. La proposition de loi prévoit également des sanctions renforcées pour ces plateformes à travers un système revu de “bonus-malus” tenant compte des “coûts environnementaux” d’une production excessive.Sur ce dispositif, une divergence semble apparaître entre l’Assemblée nationale et le Sénat. Les députés souhaitent lier ces pénalités à “l’affichage environnemental” des produits, une méthode récente de notation. Mais le Sénat, en accord avec le gouvernement, a supprimé cette référence en commission, préférant des critères liés à la “durabilité” et aux “pratiques commerciales” des plateformes. Cette nouvelle rédaction entend viser davantage “l’ultra fast fashion” des asiatiques Shein et Temu, tout en préservant des entreprises européennes ou françaises qui auraient pu être concernées par le texte de l’Assemblée. “L’idée est de cibler les modèles outranciers”, “la mode ultra éphémère” et ses innombrables références, assume-t-on au ministère de la Transition écologique. – Publicité -Ce recentrage du texte inquiète la coalition Stop Fast Fashion, qui rassemble 14 associations environnementales et des droits humains dont Emmaüs ou France Nature Environnement. Pour elles, l’initiative pourrait “ne devenir qu’une coquille vide, sans portée dissuasive”. Par ailleurs, Les Amis de la Terre et l’Observatoire des multinationales ont fait monter la pression sur Shein ces derniers jours en demandant à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) “d’exercer son droit de contrôle” sur le lobbying mené par l’entreprise, accusant “d’irrégularités” le géant fondé en Chine mais basé à Singapour.”J’espère que mes collègues auront la capacité de repousser les lobbies”, s’inquiète aussi la sénatrice socialiste Nicole Bonnefoy, alarmée d’une “tendance actuelle au Parlement qui fait la part belle aux régressions environnementales”. Les discussions dans l’hémicycle tourneront également autour de l’interdiction de la publicité pour les entreprises de la “fast fashion”. La majorité sénatoriale, une alliance droite-centristes, s’y est opposée au motif qu’elle briderait la “liberté d’entreprendre”. Mais le gouvernement y est favorable et tentera de réintroduire cette interdiction, soutenue par la gauche. 

Guerres commerciales: l’aérien craint une aggravation des problèmes d’approvisionnement

Déjà ulcérées par la lenteur de la reprise des livraisons d’avions et de pièces détachées depuis la pandémie, les compagnies aériennes craignent de voir ce problème exacerbé par les guerres commerciales lancées par l’administration américaine.L’Association internationale du transport aérien (Iata) a révisé en baisse lundi ses projections de trafic et de rentabilité pour 2025 en raison du ralentissement de l’activité et des incertitudes économiques, qu’elle a attribués en partie à l’offensive de droits de douane annoncée début avril par le président Donald Trump.L’Iata, qui fédère 350 compagnies aériennes représentant 80% du trafic mondial, avait haussé le ton ces derniers mois contre les avionneurs, motoristes et autres industriels de l’aéronautique. Leur chaîne de production peine toujours à effacer les effets de la crise sanitaire, notamment en raison de sous-traitants qui ont licencié pendant la crise et ont des difficultés à recruter à nouveau.”Le secteur industriel est en train d’échouer lamentablement, et tout le monde dans cette salle ressent la même colère”, a affirmé lundi le directeur général de l’Iata, Willie Walsh, face à des centaines de délégués de son organisation réunis en assemblée générale à New Delhi.- Perturbations jusqu’en 2029 ? -“Le nombre de livraisons (d’appareils neufs) prévus pour 2025 est 26% inférieur à ce qui était promis il y a un an” par les avionneurs, s’est indigné M. Walsh: “il est simplement inacceptable que les industriels estiment qu’il leur faudrait jusqu’à la fin de la décennie pour résoudre cette situation”.”On estime qu’on ne reviendra pas à des niveaux de production équivalents à 2019 avant 2029, donc en gros il y a encore quatre ans de perturbations devant nous”, confirme à l’AFP Jérôme Bouchard, partenaire chez Olivier Wyman.En 2024, “on est revenu à l’échelle mondiale, à peu près entre 1.300 et 1.400 avions produits dans l’année, ce qui est quand même un gros tiers de moins que 2018, la dernière année de référence”, détaille ce spécialiste de l’industrie aérospatiale.Dans l’immédiat, les transporteurs trouvent des expédients pour satisfaire la demande: ils utilisent davantage leurs appareils – “2.500 heures par an” pour des monocouloirs contre 2.200 ou 2.300 avant le Covid, selon M. Bouchard – et gardent ces avions plus longtemps dans leurs flottes, parfois plus de 25 ans. L’Iata a noté qu’à l’échelle mondiale, les aéronefs seraient remplis à 84% cette année, un record.A ce sujet est venu s’ajouter la menace d’un alourdissement des droits de douane. “Pour éviter d’aggraver encore la situation, nous exhortons à épargner le secteur aérospatial des guerres commerciales”, a plaidé M. Walsh lundi.Les grands avionneurs comme Boeing et Airbus exploitent une chaîne industrielle et logistique dans le monde entier, développée à la faveur de la libéralisation des échanges commerciaux. Leurs carnets de commande représentent une dizaine d’années de production aux rythmes actuels.- Attentisme -“La plupart des compagnies vous diront qu’elles ne peuvent pas absorber les coûts supplémentaires d’une hausse des droits de douane” et d’une hausse du prix des avions, assure Vik Krishnan, consultant chez McKinsey. Mais il fait aussi valoir que “ce n’est pas la première fois” que les transporteurs doivent affronter les conséquences de conflits commerciaux, et qu'”il existe des façons créatives de les gérer”, notamment prendre livraison d’un appareil neuf dans un pays tiers.Si jamais des mesures réciproques sont imposées sur des avions ou des pièces détachées, “Air France ou KLM ne seront pas les seules (compagnies) concernées”, déclare à l’AFP le directeur général du groupe Air France-KLM, Benjamin Smith: “je ne pense pas que cela nous mettra en situation de désavantage concurrentiel” même si “transmettre ces coûts à nos clients va être difficile”. Au-delà des droits de douane se pose la question de l’attitude de l’administration Trump, qui fait “des annonces tout le temps changeantes”, note François Sfarti, partenaire associé dans la société de consultants Emerton. Comment cela peut-il donner “confiance à un investisseur pour construire une usine aux Etats-Unis plutôt qu’en Asie sachant que, à tout moment, Trump peut finalement revenir sur les droits de douane et les annuler? Je pense que c’est un gros effet qui crée de l’attentisme dans les investissements, y compris le secteur aérien”, affirme-t-il.

La Bourse de Paris en retrait après un regain des tensions commerciales avec les Etats-Unis

La Bourse de Paris est en repli lundi face aux tensions géopolitiques et commerciales entre les Etats-Unis et leurs partenaires commerciaux et avant de nombreux rendez-vous macroéconomiques, dont la réunion de politique monétaire de la BCE jeudi.L’indice vedette CAC 40 cédait 0,78% vers 09H50, soit 60,15 points pour s’établir à 7.691,74 points. Vendredi, pour sa dernière séance du mois de mai, le CAC 40 avait lâché 0,36% s’établissant à 7.751,89 points à la clôture. Sur le mois, il a toutefois progressé de 2,08%.”Les tensions commerciales s’intensifient à nouveau. Non seulement Donald Trump semble indifférent aux questions qui se multiplient quant à la légitimité de ses droits de douane, mais il a également accusé la Chine de violer la trêve commerciale qu’ils ont signée à Genève au début du mois”, commente Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank.Vendredi, le locataire de la Maison Blanche a aussi annoncé que les droits de douane sur l’acier et l’aluminium passeraient de 25% à 50% dès mercredi.”Dans l’ensemble, la semaine s’ouvre sur un climat de prudence, avec une hausse du prix de l’or”, souligne Ipek Ozkardeskaya. L’once d’or s’affichait en forte hausse de 2,01% à 3,355 dollar. Le dollar reculait quant à lui de 0,67% à 1,1423 dollar pour un euro.L’agence de notation S&P n’a pas modifié vendredi la note de la dette de la France, évaluée à AA- et assortie depuis février d’une perspective négative, ce qui signifie qu’elle pourrait être rétrogradée.Sur le marché obligataire lundi, le rendement des emprunts d’Etat français à échéance 10 ans grimpait à 3,22%, contre 3,16% à la clôture vendredi.Son équivalent allemand, qui fait référence en Europe, était à 2,55% contre 2,50%.Par ailleurs, “cette semaine sera riche en publications économiques. En Europe, l’accent sera mis sur les chiffres de l’inflation, puis sur la réunion de la BCE, où une baisse de 0,25 point de pourcentage des taux directeurs est fortement anticipée. Côté américain, le marché de l’emploi livrera ses indicateurs, qui pourraient influencer les prochaines décisions de la banque centrale américaine (Fed)”, résument les analystes de Natixis.Sanofi, une acquisition à plus de 9 mds USDLe géant pharmaceutique français Sanofi a annoncé lundi acquérir la biotech Blueprint, une société spécialisée dans la mastocytose systémique, une maladie immunologique rare. Pour cette acquisition, Sanofi versera 129 dollars par action, soit une valeur d’environ 9,1 milliards de dollars. Le titre reculait de 0,98% à 86,66 euros.Grosse commande pour Airbus La compagnie indienne IndiGo a annoncé dimanche à New Delhi avoir signé pour 30 Airbus A350-900, portant à 60 appareils sa commande de gros porteurs auprès de l’avionneur européen afin d’étendre son réseau international. Le prix de la transaction n’a pas été précisé, mais au dernier tarif catalogue d’Airbus, plus actualisé depuis 2018, il atteindrait 9,5 milliards de dollars.L’avionneur européen reculait toutefois de 0,69% à 160,95 euros.Atos dans le radar de l’Etat françaisL’Etat français a fait une offre ferme pour l’acquisition d’activités stratégiques d’Atos (-2,99% à 37,45 euros), valorisées 410 millions d’euros et qui comprennent notamment des supercalculateurs utilisés pour la dissuasion nucléaire, a indiqué lundi le groupe informatique dans un communiqué.

Sanofi accélère en immunologie avec l’acquisition de la biotech américaine Blueprint Medicines

Le géant pharmaceutique français Sanofi se renforce dans les maladies immunologiques rares avec l’acquisition de la biotech américaine Blueprint Medicines, une opération qui s’inscrit dans sa stratégie actuelle visant à devenir un leader mondial en immunologie.Pour cette acquisition d’envergure annoncée lundi, Sanofi, qui fait régulièrement son marché aux Etats-Unis, versera 129 dollars par action, soit une valeur d’environ 9,1 milliards de dollars (plus de 7,9 milliards d’euros). “Sous réserve de la réalisation” de plusieurs étapes de développement clinique et de réglementation, la valorisation totale pourra grimper à 9,5 milliards de dollars (8,3 milliards d’euros), selon le groupe français. Cette annonce intervient quelques jours après que le groupe pharmaceutique a annoncé l’échec de l’une des deux études de phase 3 – dernière étape avant une éventuelle commercialisation – concernant son traitement expérimental, l’itépekimag, contre la bronchite du fumeur (BPCO).”Cette acquisition de Blueprint Medicine renforce significativement notre position dans les maladies rares, notamment la mastocytose systémique”, a résumé le directeur financier François Roger au cours d’une conférence téléphonique.Le portefeuille acquis via Blueprint comprend principalement la molécule avapritinib, le seul médicament approuvé pour traiter la mastocytose systémique avancée et indolente aux États-Unis où il est commercialisé sous le nom d’Ayvakit.Le médicament est approuvé dans l’Union européenne sous le nom d’Ayvakyt pour le traitement des adultes atteints de mastocytose systémique indolente, la forme la plus fréquente de la maladie et qui progresse lentement.La mastocytose systémique est une maladie rare du système immunitaire où les cellules mastocytes, qui jouent un rôle clé dans la défense de l’organisme, s’accumulent de manière anormale dans plusieurs organes du corps.On les trouve surtout dans les zones comme la peau, les poumons ou le tube digestif.- “Acquisitions pertinentes” -Cette opération permettra en outre à Sanofi d’ajouter deux autres médicaments en développement à son portefeuille, l’un en stade avancé et l’autre en phase précoce.”L’objectif n’est pas de faire des acquisitions pour le simple plaisir d’en faire, mais de nous assurer de trouver des acquisitions pertinentes d’un point de vue stratégique, scientifique, avec des actifs différenciés et qui offrent un rendement adéquat à nos actionnaires”, a souligné le directeur financier François Roger.”Au cours des dix dernières années, Sanofi a investi 40 milliards d’euros en fusions-acquisitions et en développement commercial”, a-t-il détaillé.”Nous avons perdu seulement 10%, soit 4 milliards d’euros, ce qui n’est pas énorme en réalité, et presque entièrement dans le domaine de l’oncologie” et “les décisions récemment prises concernant l’oncologie et les 36 milliards restants ont généré beaucoup de valeur”, a-t-il complété.En 2019, Sanofi a pris un virage en recentrant ses activités de recherche et développement sur l’immunologie et les maladies rares, une réorientation qui s’est traduite par un désengagement progressif de la recherche en oncologie.Le rachat de Blueprint “n’aura pas d’impact significatif sur les orientations financières de Sanofi pour 2025″, indique le groupe français.”Cette transaction représente un redéploiement efficace des capitaux, avec une augmentation immédiate de notre marge brute et des impacts positifs attendus sur le résultat opérationnel et le bénéfice par action après 2026″, a ajouté M. Roger.Sanofi avait fait son entrée dans les maladies rares en achetant la biotech américaine biotech Genzyme en 2011 pour environ 20 milliards de dollars.Après Genzyme, il a acquis Bioverativ en 2018 qui lui a ouvert les portes du marché des traitements de l’hémophilie ou encore Principia Biopharma dans les maladies auto-immunes.”Si l’on considère la valeur de cette acquisition (Principia Biopharma), elle a probablement été multipliée par trois ou quatre aujourd’hui, et probablement encore plus à l’avenir”, a cité en exemple le directeur financier.

Dior: Jonathan Anderson directeur artistique des collections femme et homme, une première

Après des mois de spéculations, le créateur Jonathan Anderson a été nommé lundi directeur artistique des collections Femme de Dior, en remplacement de Maria Grazia Chiuri, et devient le premier styliste à créer les deux lignes de la maison phare de LVMH.”Jonathan Anderson est l’un des plus grands talents créatifs de sa génération. Son incomparable signature artistique sera un atout essentiel pour écrire le prochain chapitre de l’histoire de la Maison Dior”, s’est réjoui Bernard Arnault, PDG de LVMH, cité dans un communiqué.Le créateur, qui a évoqué dans le même texte l'”immense honneur” que représente pour lui cette nomination, était arrivé mi-avril à la tête de Dior Homme en remplacement de Kim Jones et présentera sa première collection pour cette ligne le 27 juin lors de la prochaine Fashion Week masculine de Paris.Sa première collection femme sera présentée lors de la Fashion Week de Paris printemps-été 2026 en octobre, a affirmé par la suite la griffe à l’AFP.Sa première collection haute couture sera elle présentée en janvier, a précisé lundi dans un entretien au Figaro Delphine Arnault, patronne de Christian Dior Couture. Le styliste nord-irlandais avait quitté mi-mars Loewe, également propriété de LVMH, marque espagnole classique à qui il a donné un coup de fouet pendant les onze années à sa tête, au point d’en faire l’une des préférées des célébrités. A 40 ans, il est considéré comme l’un des enfants prodiges de la mode. Pendant des années, les défilés de Loewe ont été le point de rencontre des stars du 7e art, de Timothée Chamalet à Pedro Almodóvar en passant par Tilda Swinton. Plusieurs d’entre elles ont été les ambassadrices de la marque.- Vaste mercato -Formé à la London School of Fashion, Jonathan Anderson a débuté dans le département marketing de Prada, puis a créé sa propre marque en 2008, JW Anderson. Chez Loewe, il s’est forgé une réputation de créateur aux coupes impeccables, avec une utilisation généreuse de matériaux nobles, comme le cuir et le métal.A la tête des collections Femme de Dior, il succède à Maria Grazia Chiuri, qui a quitté son poste jeudi après l’avoir occupé pendant neuf ans.Depuis des mois, le nom de ce quadragénaire revenait en boucle pour prendre les rênes de Dior.”Ce serait d’une certaine façon une sorte de nouveau chapitre, avec peut-être l’idée de tisser des liens et d’avoir une plus grande cohérence entre un discours homme et un discours femme, et donc d’avoir quelque chose d’impactant pour les consommateurs”, décryptait avant cette annonce pour l’AFP Serge Carreira, professeur affilié à Sciences Po Paris et spécialiste de l’industrie du luxe. Et ce, alors que LVMH, comme tout l’ensemble du secteur du luxe, traverse un ralentissement de sa croissance. “Jonathan aura à sa charge dix collections par an, c’est beaucoup, mais au vu de sa créativité et de son expérience, je pense qu’il aurait été une erreur de ne pas tout lui confier. La maison a besoin d’une direction artistique cohérente dans ses produits”, a estimé auprès du Figaro Delphine Arnault. Après la nomination du Franco-Belge Matthieu Blazy chez Chanel en décembre, qui présentera sa première collection en octobre, celle de Jonathan Anderson chez Dior est sans aucun doute le plus gros événement du vaste mercato qui agite la mode ces derniers mois. Du haut de leurs 40 ans, ces deux hommes discrets sont désormais à la tête des plus grandes maisons de couture françaises. Si, dans les deux cas, leur réputation les précède, Jonathan Anderson est toutefois plus connu et reconnu que son confrère.La “fashionsphère” s’intéressera également cet été de très près aux premiers pas de Demna chez Gucci. Débauché de Balenciaga, le créateur géorgien doit rejoindre début juillet la griffe italienne.La valse des directeurs artistiques devrait par ailleurs se poursuivre, Kim Jones et son compatriote John Galliano n’ayant toujours pas trouvé de point de chute après leur départ respectif du groupe LVMH et de Maison Margiela, tout comme le Français Hedi Slimane après son départ de Celine. 

Les Bourses européennes ouvrent sur une note prudente

Les Bourses européennes ont ouvert sur une note prudente lundi face aux tensions commerciales avec les Etats-Unis et face aux craintes géopolitiques après les frappes ukrainiennes en Russie.Dans les premiers échanges, la Bourse de Paris reculait de 0,43%, Francfort cédait 0,22%, tandis que Milan (+0,02%) et Londres (+0,06%) restaient stables.

Atos: offre ferme de l’Etat français pour racheter des activités stratégiques, valorisées 410 millions d’euros

L’Etat français a fait une offre ferme pour l’acquisition d’activités stratégiques d’Atos, valorisées 410 millions d’euros et qui comprennent notamment des supercalculateurs utilisés pour la dissuasion nucléaire, a indiqué lundi le groupe informatique.Il s’agit “d’une avancée importante pour la sécurisation de l’activité stratégique des supercalculateurs. Il est du rôle de l’État, lorsque cela se justifie, d’assurer la pérennité et le développement des activités industrielles les plus stratégiques”, a déclaré le ministre de l’Economie, Éric Lombard, dans un communiqué distinct.”J’espère pouvoir clore au plus vite ce processus d’acquisition qui donnera un nouvel avenir à ces activités précieuses pour la France”, a-t-il ajouté.L’offre de l’Etat a toutefois changé de périmètre par rapport à novembre dernier, lorsque les deux étaient entrés en négociations exclusives, et elle ne comprend plus désormais les solutions d’analyse vidéo enrichies par l’intelligence artificielle, baptisées “Vision AI”, a détaillé Atos. “La valeur d’entreprise révisée par rapport à celle communiquée en novembre 2024 reflète le périmètre réduit de la transaction”, a précisé le groupe.Les activités qui intéressent l’Etat français, logées dans la branche Advanced Computing, sont désormais valorisées 410 millions d’euros, dont 110 millions d’euros de compléments de prix fondés sur des indicateurs de rentabilité pour les exercices 2025 (50 millions d’euros qui devraient être payés à la clôture de la transaction) et 2026 (60 millions d’euros).Cette branche, qui rassemble plus de 2.500 personnes majoritairement en France, conçoit et fabrique des serveurs de haute performance ainsi que des supercalculateurs, technologies critiques avec des applications au profit de la Défense et de l’industrie française. Elle devrait générer un chiffre d’affaires de près de 800 millions d’euros en 2025, selon Atos.  La signature d’une offre engageante est attendue dans les prochaines semaines et la clôture de la transaction prévue en 2026. La trajectoire financière du groupe pour 2028 présentée mi-mai, dans l’hypothèse de cette cession, “reste inchangée”, a ajouté l’entreprise. Celle-ci, plutôt prudente, prévoit un chiffre d’affaires compris entre 9 et 10 milliards d’euros en 2028.  

Sanofi acquiert la biotech aémricaine Blueprint pour 9,1 milliards de dollars

Le géant pharmaceutique français Sanofi va acquérir la biotech américaine Blueprint Medicines Corporation afin de se renforcer dans les maladies immunologiques rares, une opération qui s’inscrit dans sa stratégie actuelle visant à devenir un leader mondial en immunologie.Pour cette acquisition d’envergure, annoncée lundi, Sanofi, qui fait régulièrement son marché aux Etats-Unis, versera 129 dollars par action, soit une valeur d’environ 9,1 milliards de dollars (plus de 7,9 milliards d’euros). “Sous réserve de la réalisation” de plusieurs étapes de développement clinique et de réglementation, la valorisation totale pourra grimper à 9,5 milliards de dollars (8,3 milliards d’euros), selon le groupe français. Cette annonce intervient quelques jours après que le groupe pharmaceutique a annoncé l’échec de l’une des deux études de phase 3 – dernière étape avant une éventuelle commercialisation – concernant son traitement expérimental, l’itépekimag, contre la bronchite du fumeur (BPCO).Elle “représente un bond en avant stratégique dans nos portefeuilles maladies rares et immunologie”, estime Paul Hudson, PDG de Sanofi, cité dans le communiqué. En 2019, Sanofi a pris un virage en recentrant ses activités de recherche et développement sur l’immunologie et les maladies rares, une réorientation qui s’est traduite par un désengagement progressif de la recherche en oncologie.- Récentes acquisitions -Blueprint, biotech basée aux Etats-Unis et cotée en Bourse, est notamment spécialiste de la mastocytose systémique, une maladie orpheline qui se caractérise par l’activation ou une prolifération anormales de cellules appelées mastocytes dans les tissus, le plus fréquemment la peau et la moelle osseuse, et qui peuvent, sous la forme systémique de la maladie, endommager les organes.L’acquisition comprend notamment le Ayvakit/Ayvakyt (avapritinib), “seul médicament approuvé” pour cette maladie rare, selon le communiqué. L’opération “complète les récentes acquisitions de médicaments en phase de développement précoce qui demeurent notre principal domaine d’intérêt”, poursuit M. Hudson. Le rachat de Blueprint “n’aura pas d’impact significatif sur les orientations financières de Sanofi pour 2025”, indique le groupe français.Sanofi avait fait son entrée dans les maladies rares en achetant la biotech américaine biotech Genzyme en 2011 pour environ 20 milliards de dollars.Après Genzyme, il a acquis d’autres sociétés américaines comme  Bioverativ en 2018 qui lui a ouvert les portes du marché des traitements de l’hémophilie et Principia Biopharma dans les maladies auto-immunes.Le 22 mai, Sanofi avait annoncé acquérir Vigil Neuroscience, Inc., une société de biotechnologie spécialisée dans le développement de médicaments innovants pour le traitement de maladies neurodégénératives, pour 470 millions de dollars.

Les compagnies aériennes moins optimistes pour 2025, face à des “vents contraires”

Face aux guerres commerciales et au ralentissement économique mondial, les compagnies aériennes ont révisé en baisse lundi leurs prévisions de trafic et de bénéfices pour 2025.L’Association internationale du transport aérien (Iata), en raison de ces “vents contraires”, estime désormais que moins de cinq milliards de voyages en avion auront lieu cette année, contre 5,22 milliards prévus jusqu’alors.L’organisation juge en outre que le bénéfice net cumulé des compagnies aériennes atteindra 36 milliards de dollars, soit 600 millions de moins qu’escompté, a-t-elle indiqué lors de son assemblée générale annuelle, organisée à New Delhi.Le chiffre d’affaires de l’aviation commerciale devrait quant à lui rester inférieur aux 1.000 milliards de dollars envisagés lors des précédentes projections, en décembre dernier, l’Iata mentionnant désormais 979 milliards.L’organisation s’attend aussi à ce que 69 millions de tonnes de fret transitent par voie aérienne cette année, contre 72,5 millions espérés jusqu’alors. “Le premier semestre 2025 a apporté des incertitudes importantes sur les marchés mondiaux” de l’aviation, a remarqué le directeur général de l’Iata, Willie Walsh.Face aux délégués de l’Iata, M. Walsh n’a pas nommé le président américain Donald Trump, qui a déclenché une offensive de droits de douane début avril.Mais alors que le secteur souffre toujours d’une chaîne d’approvisionnement grippée, M. Walsh a appelé, “pour éviter d’aggraver encore la situation (…) à épargner le secteur aérospatial des guerres commerciales”.- Facture de carburant allégée -Malgré ces “vents contraires”, 2025 devrait être “une meilleure année pour les compagnies aériennes que 2024”, a noté le patron de l’Iata, organisation qui fédère 350 transporteurs du monde entier, revendiquant 80% du trafic aérien sur la planète.La santé du secteur et la croissance économique sont étroitement corrélées, et l’Iata a souligné que celle-ci devrait retomber à 2,5% en 2025 en moyenne mondiale contre 3,3% l’année dernière. Pourtant, “la rentabilité des compagnies aériennes devrait s’améliorer”, avec une marge nette désormais estimée à 3,7% contre 3,6% précédemment projetés cette année, une situation “largement attribuable à la chute des prix du pétrole”.Le baril de Brent s’échange actuellement sous les 65 dollars, résultat des guerres commerciales de M. Trump, de son appel à “forer à tout-va” et d’une hausse des quotas de l’Opep+. “Le kérosène devrait coûter en moyenne 86 dollars par baril en 2025, bien inférieur aux 99 dollars de 2024, ce qui se traduira par une facture totale de carburant de 236 milliards de dollars, soit 25,8% des dépenses d’exploitation”, a précisé l’Iata. En 2024, le carburant a coûté 25 milliards de dollars de plus aux transporteurs.- Confiance érodée” -Parmi les “risques” pesant sur l’aviation commerciale, l’Iata a identifié les conflits. Au Moyen-Orient, l’aéroport de Tel-Aviv a été récemment visé par un tir de missile, et des appareils civils ont été détruits au Yémen.”Nous avons souligné devant le Conseil de sécurité de l’ONU que les gouvernements avaient la responsabilité de faire en sorte que l’aviation civile ne soit jamais touchée par des opérations militaires, même sans le faire exprès”, a lancé le directeur général.En outre, “les droits de douane et les guerres commerciales prolongées réduisent la demande de fret aérien, et potentiellement de voyages”, a remarqué l’Iata. “L’incertitude sur la façon dont les politiques commerciales de l’administration Trump vont évoluer pourrait retarder d’importantes décisions qui soutiennent l’activité économique”, a ajouté l’organisation.M. Trump a lancé une offensive mondiale de droits de douane le 2 avril mais la situation reste très volatile: outre un report d’une partie des surtaxes à début juillet, suspendues à des négociations avec les pays visés, un tribunal américain a contesté mercredi dernier à la Maison Blanche le pouvoir d’imposer de telles mesures. Puis, quelques heures plus tard, une cour d’appel a maintenu ces surtaxes douanières, le temps de se prononcer sur le fond.Le secteur aérien nord-américain “devrait être affecté par un ralentissement de l’économie des Etats-Unis, et l’augmentation des droits de douane risque d’éroder à la fois la confiance des consommateurs et des entreprises, réduisant la consommation et l’investissement”, a encore indiqué l’Iata.Après l’Inde, l’un des pays où la croissance du secteur aérien est la plus dynamique, l’Iata se retrouvera en conclave l’année prochaine à Rio de Janeiro (Brésil), a annoncé l’association lundi.