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Ce que l’on sait des négociations commerciales entre l’UE et les Etats-Unis

Une menace de droits de douane de 50%, des invectives, une trêve soudaine, et beaucoup, beaucoup d’incertitudes: les négociations commerciales entre Washington et Bruxelles ressemblent à des montagnes russes.Voici ce que l’on sait lundi de ces tractations tendues.- Où en est-on? -Au cours des derniers mois, l’Union européenne a été frappée à trois reprises par des droits de douane de l’administration de Donald Trump: – 25% sur l’acier et l’aluminium, mi-mars,- 25% sur les automobiles, début avril,- 20% sur tous les autres produits européens, le 9 avril. Cette dernière taxe a toutefois été suspendue pour laisser une chance aux négociations et remplacée temporairement par un droit de douane de 10%.L’Union européenne a la charge de mener ces tractations avec Washington au nom des 27 Etats membres de l’UE. L’idée est de trouver un accord bénéfique pour les deux parties. Mais il n’y a pour l’heure aucun signe de percée.- Qui négocie? -Dépêché par Bruxelles pour négocier avec les Américains, le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic s’est rendu plusieurs fois à Washington et échange régulièrement avec Howard Lutnick et Jamieson Greer, deux responsables de l’administration Trump.Le responsable européen a encore loué lundi de “bons appels” avec MM. Lutnick et Greer, assurant que l’UE était “mobilisée” pour parvenir “rapidement” à un accord commercial. “Nous restons en contact permanent”, a-t-il affirmé. Le président américain Donald Trump et la cheffe de l’exécutif européen Ursula von der Leyen ont quant à eux eu des contacts plus sporadiques, dont une rencontre en marge des funérailles du pape François et un appel téléphonique dimanche.L’un des principaux obstacles aux pourparlers tient à la différence fondamentale de style entre les deux parties.”Les exigences de Trump traduisent une profonde frustration des Américains face à la méthode posée, professionnelle et bureaucratique de l’UE”, note Agathe Demarais, chercheuse du European Council on Foreign Relations.A l’inverse, l’équipe de M. Trump “cherche à signer rapidement des accords séduisants, même s’ils n’ont pas forcément beaucoup de substance”, analyse-t-elle.- Quelles sont les demandes du président Trump? -Peu de détails ont fuité des discussions.Mais M. Trump martèle qu’il veut éliminer le déficit commercial des Etats-Unis avec l’UE dans l’échange de biens. Il pousse notamment le Vieux Continent à acheter davantage de gaz naturel liquéfié (GNL) américain. Son équipe s’en prend aussi régulièrement aux barrières dites “non tarifaires” en vigueur dans l’UE: les réglementations sanitaires, les normes environnementales, des politiques de taux de change ou des mesures fiscales telles que la TVA. Bruxelles refuse catégoriquement d’abandonner certaines de ces mesures. Tout comme ses puissantes lois sur le numérique, régulièrement critiqués par les géants de la tech. – Et celles de l’UE? -L’UE veut à tout prix faire baisser la température et éviter des droits de douane XXL qui nuiraient à son économie, déjà enlisée dans une quasi-stagnation depuis fin 2022.Bruxelles affirme avoir présenté une proposition détaillée à Washington. Avec comme mesure principale une exemption de droits de douane totale et réciproque pour les produits industriels, dont les voitures. Mais M. Trump a déjà qualifié cette offre d’insuffisante.L’UE prépare parallèlement des mesures de riposte au cas où les négociations n’aboutiraient pas. Elle affirme être prête à taxer quelque 136 milliards de dollars de biens américains: des motos, avions, machines à coudre, etc.- Quelles sont les prochaines étapes? -D’après la présidente de la Commission européenne, l’objectif est que les négociations avancent de manière “rapide et décisive”.”Elle a dit qu’elle voulait entamer des négociations sérieuses”, a déclaré M. Trump dimanche, repoussant jusqu’au 9 juillet certaines des mesures américaines.Bruxelles espère que les deux dirigeants pourront échanger sur ce dossier en marge du sommet du G7, prévu au Canada à la mi-juin.

Pretoria a proposé d’acheter du gaz à Washington contre des exemptions de droits de douanes

L’Afrique du Sud a proposé d’acheter du gaz à Washington  en échange d’exemption de droits de douanes sur des quotas de véhicules, d’acier et d’aluminium exportés vers les Etats-Unis, a confirmé lundi à l’AFP le porte-parole du président sud-africain Cyril Ramaphosa.La rencontre de mercredi dernier à Washington entre ce dernier, qui préside actuellement le G20, et son homologue américain Donald Trump, marquée par la projection d’une vidéo censée prouver la prétendue “persécution” de fermiers blancs, visait à rebâtir la relation commerciale entre les deux pays après des mois d’attaques de la Maison Blanche.Une ministre auprès de la présidence sud-africaine avait évoqué dimanche dans le journal local Sunday Times les “grandes lignes” d’un accord comprenant l’achat aux Etats-Unis de gaz naturel liquéfié (GNL) à hauteur de “900 millions à 1,2 milliard de dollars” par an pendant dix ans, l’équivalent de 75 à 100 pétajoules de GNL.En échange, Pretoria souhaite obtenir pour ses exportations un “quota de 40.000 véhicules par an exonéré de droits de douane dans le secteur automobile” ainsi que “385.000 tonnes d’acier et de 132.000 tonnes d’aluminium” également exemptés de taxes douanières.”Ces chiffres figurent dans la proposition d’accord commercial que l’Afrique du Sud a présentée à l’USTR (Bureau du commerce américain, NDLR) pour examen et poursuite des négociations”, a expliqué lundi à l’AFP le porte-parole de la présidence sud-africaine Vincent Magwenya.La ministre auprès de la présidence mentionnait aussi dans la presse la “coopération dans des technologies cruciales, telles que la fracturation hydraulique” pour doper la production de gaz en Afrique du Sud.Jusqu’aux récents droits de douanes mis en place par Donald Trump dans l’automobile et la sidérurgie, Pretoria exportait environ 25.000 voitures particulières vers les Etats-Unis qui étaient exemptés de taxes douanières en vertu de l’AGOA, un ensemble de conditions d’exportations préférentielles que Washington accordait à de nombreux pays d’Afrique.Or l’AGOA, remis en cause par les taxes douanières déjà annoncées, arrive à échéance en septembre.L’organisation patronale du secteur automobile en Afrique du Sud (Naamsa) estime à 86.000 le nombre d’emplois liés directement à l’AGOA dans l’automobile, et à 125.000 en incluant leurs sous-traitants.Un “investissement dans les minerais importants” entre les deux pays était également évoqué sans plus de précision par la ministre auprès de la présidence.L’Afrique du Sud possède au niveau mondial plus des trois quarts des réserves des métaux rares du groupe du platine, d’après l’US Geological Survey, les plus grandes réserve de manganèse (un tiers) et figure sur le podium pour le chrome.

Christine Lagarde (BCE) critique les propos “terribles” de Trump sur l’UE

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a critiqué lundi le “langage terrible” du président Donald Trump à l’égard de l’Union européenne, en réponse à ses commentaires selon lesquels le bloc aurait été formé pour “nuire” aux États-Unis. Elle a déclaré à la chaîne allemande ARD que les États-Unis avaient encouragé la formation de l’Union européenne, ajoutant qu’affirmer “qu’elle avait été créée dans l’intention de réellement porter atteinte aux États-Unis est complètement contre-intuitif. Cela va à l’encontre de l’histoire. Et ce n’est certainement pas le but de cette région”.Le président américain a fait ce type de commentaires sur l’UE plus tôt cette année lorsqu’il a menacé de frapper le bloc avec de lourdes taxes douanières en raison de son excédent commercial avec les États-Unis.Mme Lagarde a estimé que les remarques de Donald Trump faisaient “partie de la provocation habituelle à laquelle nous nous habituons, malheureusement”, mais elle a encouragé l’UE à dialoguer avec les États-Unis pour essayer de parvenir à un accord. Dans sa dernière attaque contre l’UE, le président américain a menacé vendredi d’imposer des droits de douane de 50% sur le bloc à partir du 1er juin, estimant que les négociations “n’avancent nulle part”.Mais il a ensuite accepté dimanche de reporter la date fatidique de la mise en place des droits de douane sur les exportations de l’UE jusqu’au 9 juillet après un appel téléphonique avec le chef de l’UE Ursula von der Leyen. Pour Christine Lagarde, on ne peut pas “simplement rester les bras croisés et faire semblant”. “Nous devons engager le dialogue, nous devons travailler avec son équipe et nous devons écouter leur proposition. Nous devons faire des propositions et nous devons négocier”, a-t-elle martelé.L’UE reste soumise à une taxe de 10 % que Donald Trump a imposée le mois dernier sur les importations de presque tous les pays du monde, ainsi qu’à des droits de douane de 25% sur les voitures, l’acier et l’aluminium.Le responsable du commerce de l’UE et son homologue américain devaient s’entretenir lundi après-midi après que Donald Trump a fait marche arrière sur les droits de douane de 50%, selon la Commission européenne. 

Christine Lagarde (BCE) critique les propos “terribles” de Trump sur l’UE

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a critiqué lundi le “langage terrible” du président Donald Trump à l’égard de l’Union européenne, en réponse à ses commentaires selon lesquels le bloc aurait été formé pour “nuire” aux États-Unis. Elle a déclaré à la chaîne allemande ARD que les États-Unis avaient encouragé la formation de l’Union européenne, ajoutant qu’affirmer “qu’elle avait été créée dans l’intention de réellement porter atteinte aux États-Unis est complètement contre-intuitif. Cela va à l’encontre de l’histoire. Et ce n’est certainement pas le but de cette région”.

La Bourse de Paris soulagée par la trêve douanière

La Bourse de Paris a terminé en nette progression lundi, rassurée par l’annonce d’une prolongation jusqu’au 9 juillet de la pause avant la hausse des droits de douane américains sur les produits européens. Le CAC 40, indice phare de la Bourse de Paris, a clôturé en augmentation de 1,21%, soit un gain de 93,73 points, pour s’établir à 7.833,13 points. Vendredi, l’indice vedette parisien avait perdu 1,65%.Deux jours après avoir menacé d’imposer des droits de douane de 50% sur les produits européens dès le 1er juin, le président américain Donald Trump a changé de pied dimanche, après une “très bonne conversation” téléphonique avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, suspendant la surtaxe jusqu’au 9 juillet.Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, a constaté “un peu de soulagement” sur les marchés européens, avec “l’espoir de pouvoir atteindre un accord commercial” à l’issue de la pause.”Les nouvelles étaient mauvaises vendredi, et maintenant, les nouvelles sont meilleures”, a-t-elle résumé.Le président français Emmanuel Macron s’est quant à lui dit “confiant” lundi au sujet des discussions commerciales entre l’Union européenne et les Etats-Unis.”Les discussions avancent bien, il y a eu un bon échange entre le président Trump et la présidente von der Leyen, et je souhaite qu’on puisse poursuivre sur ce chemin, qui doit nous conduire à revenir à des tarifs les plus bas possibles”, a-t-il développé.Selon Charlotte de Montpellier, le marché comprend “que les droits de douane vont exister, et qu’ils vont perdurer”. “In fine, nous aurons donc davantage de droits de douane qu’au début de l’année”, raison pour laquelle “l’optimisme n’est pas totalement réapparu”, a-t-elle relevé. L’automobile en profiteLe constructeur automobile Stellantis (Peugeot, Citroën, Fiat, Chrysler), très présent aux Etats-Unis, a logiquement profité du revirement de M. Trump face à l’UE. Son action a terminé en hausse de 4,82%, à 9,17 euros.Les équipementiers ont suivi la dynamique, à l’image de Forvia (+4,75% à 8,21 euros) et Valeo (+4,92% à 9 euros).Du changement chez ErametL’assemblée générale des actionnaires d’Eramet (+2,18% à 50,15 euros) a approuvé lundi la séparation de la gouvernance du groupe minier français, avec l’arrivée du Brésilien Paulo Castellari à la direction générale, tandis que Christel Bories conserve la présidence du conseil d’administration.M. Castellari, dont la nomination avait été annoncée par le groupe en février au terme d’une recherche de plusieurs mois, “est un dirigeant expérimenté et très international avec une forte compétence minière, et nous partageons les mêmes valeurs concernant la mine responsable”, a déclaré Mme Bories devant les actionnaires.

Eramet: la nouvelle direction au défi de développer les métaux pour l’Europe face à l’hégémonie chinoise

Eramet a changé lundi de patron, le Brésilien d’origine italienne Paulo Castellari accédant à la direction générale aux côtés de la présidente Christel Bories, dans l’espoir de développer les mines et l’autonomie métallique européenne face à l’hégémonie chinoise et aux ambitions américaines.Après avoir transformé en huit ans le groupe français essentiellement métallurgique en minier, Christel Bories a cédé son siège à la direction générale lundi au cours d’une assemblée générale des actionnaires et d’un conseil d’administration.M. Castellari, dont la nomination avait été annoncée en février, “est un dirigeant expérimenté et très international avec une forte compétence minière et nous partageons les mêmes valeurs concernant la mine responsable”, a déclaré Mme Bories lors de l’AG.Le groupe français, qui était essentiellement tourné vers la transformation du métal, est devenu sous l’impulsion de Mme Bories le seul groupe minier français centré sur les minerais et métaux de la transition énergétique (lithium, nickel..) et de l’industrie en général (manganèse).Au passage, le groupe a cédé les métallurgistes Aubert et Duval, Erasteel et Sandouville. Il s’est aussi délesté auprès de l’État français du poids financier des mines de nickel calédoniennes en crise (SLN), dont il continue néanmoins à suivre le volet opérationnel.Sur la période, Eramet a doublé la taille de sa mine de manganèse au Gabon, devenue la plus grande mondiale avec “15% de la production mondiale”, selon Mme Bories. Il aussi racheté en 2018 les 50% dont il ne disposait pas dans sa mine de sable minéralisé au Sénégal et il a mis en exploitation deux gisements majeurs, de nickel à Weda bay en Indonésie avec le groupe chinois Tsingshan et le gouvernement indonésien, et de lithium, à Centario en Argentine, également qualifié de “l’un des plus gros gisements au monde de lithium”.- “montée en puissance” en Indonésie-“L’objectif maintenant, c’est de délivrer le plein potentiel de ce nouveau portefeuille d’Eramet”, a ajouté Mme Bories.M. Castellari, à qui revient ce défi, s’est présenté en français devant les actionnaires. “Brésilien, issu d’une famille italienne, j’ai travaillé 32 ans dans le secteur minier sur presque tous les continents”, a-t-il dit.A peine nommé, M. Castellari devait rejoindre le président français Emmanuel Macron en voyage officiel en Indonésie, où le groupe souhaiterait obtenir un relèvement de son permis de production dans la plus grosse mine de nickel du monde, exploitée depuis 2019.Eramet et ses partenaires aimeraient obtenir du gouvernement indonésien un droit d’extraction au-delà de la limite actuelle de 32 millions de tonnes par an.”Nous sommes relativement confiants [dans le fait que] nous devrions avoir une montée en puissance à 60 millions de tonnes, mais on ne sait pas quand”, a dit Mme Bories lors de l’assemblée générale.- “dans quelles mains?” -“On n’est pas [face à un] risque de pénurie parce qu’on [manquerait] de métaux dans le monde. Il y a suffisamment de métaux disponibles sur la planète pour alimenter nos chaînes de valeur. Le problème, c’est dans quelles mains sont-ils ? Et ça s’est beaucoup concentré sur les dernières années”, avait mis en garde samedi Mme Bories sur France Inter.Revenant sur le nickel, stratégique autant pour l’industrie de base (acier inoxydable) que pour la transition énergétique (batteries des véhicules électriques), elle a souligné que 75% du nickel mondial était raffiné par des intérêts chinois.”Et les États-Unis essaient de prendre ce qu’il reste”, a-t-elle relevé. Idem pour le reste des métaux dits stratégiques, dont la Chine “contrôle déjà 40% à 50% des gisements mondiaux”, a souligné Mme Bories dans les Échos.”Donc, si l’Europe ne bouge pas, il ne va plus rester grand chose et on va être dépendants soit de l’un, soit de l’autre, pour notre alimentation en matières critiques”, selon elle.Pour alimenter ses ambitions, le groupe assure être un exemple de “mine responsable”. Les récentes critiques contre les activités au Sénégal, où Eramet est accusé d’avoir causé le déplacement de milliers d’habitants et d’avoir engouffré des kilomètres de terres le long de la côte, sont notamment “erronées”, affirme-t-elle, en assurant que le groupe y agit “de manière extrêmement responsable en termes de gestion de l’eau, de biodiversité, de relations avec les communautés”.

Décarbonation, sargasses, souveraineté: Bayrou à Saint-Nazaire met le cap sur la défense des océans

Nouveau plan contre les sargasses, 90 millions d’euros pour décarboner le secteur maritime: François Bayrou a annoncé une série de mesures lundi pour tenter de répondre aux multiples défis qui se posent aux mers et aux océans français.”Aujourd’hui comme hier, notre avenir (…) se joue au large”, a affirmé le Premier ministre sur le pont du pétrolier ravitailleur de la Marine nationale Jacques Stosskopf, à l’issue d’un comité interministériel de la mer (CIMer) à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).La France, métropolitaine et ultramarine, dispose de la deuxième plus grande surface maritime du monde avec 11 millions de kilomètres carrés de mers et d’océans et 20.000 km de côtes.Face à la menace économique, “avec une concurrence internationale accrue qui fragilise le modèle économique de nos filières maritimes”, à la menace environnementale, “avec une aggravation de la pollution qui met en péril la biodiversité marine” et la menace géopolitique, “avec l’apparition de nouveaux risques”, “nous devons apporter une réponse qui soit claire, efficace et durable”, a relevé le chef du gouvernement.Ce rendez-vous a lieu quelques semaines avant l’accueil par la France, le 9 juin à Nice, de la troisième conférence des Nations unies sur l’océan (Unoc 3), autour de laquelle le gouvernement a lancé une “Année de la mer”.François Bayrou a annoncé à cette occasion l’affectation de 90 millions d’euros, issus du marché européen des émissions polluantes, à la décarbonation du secteur maritime, qui pourront être mobilisés en 2026 et financeront la modernisation des navires, les infrastructures portuaires et la production de carburants alternatifs.”Réussir la décarbonation de notre flotte, c’est nous assurer de disposer d’une économie maritime compétitive”, a-t-il fait valoir.- Eolien à la Réunion -François Bayrou a auparavant visité des ateliers des Chantiers de l’Atlantique, où le groupe suisse MSC Croisières a récemment confirmé la commande de deux nouveaux navires, ainsi que le chantier du plus grand yacht de luxe à voile, l’Orient Express Corinthian.Il était accompagné par quatre ministres: Agnès Pannier-Runacher (Transition écologique, Biodiversité, Forêt, Mer et Pêche), Amélie de Montchalin (Comptes publics), Marc Ferracci (Industrie et Énergie) et Philippe Tabarot (Transports).Le gouvernement entend aussi “mobiliser à court terme” les retombées financières des parcs éoliens en mer pour renouveler une flotte de pêche vieillissante. En 2023, Emmanuel Macron avait évoqué une enveloppe de 700 millions d’euros fondée sur la future fiscalité de ces projets.Des “études préalables” vont être lancées pour un éventuel projet d’éolien en mer sur l’île de la Réunion.Toujours pour l’Outremer, le gouvernement va lancer un troisième plan national de lutte contre la prolifération des sargasses, ces algues brunes aux émanations toxiques qui envahissent le littoral des Antilles. Il sera “lancé dans les mois qui viennent” a précisé le Premier ministre et axé notamment sur “le soutien à la collecte et à la destruction de ces algues”, avec le recours accru à des navires appelés “sargator”, capables de collecter seize tonnes d’algues par heure.Afin de prévenir et s’adapter au recul du trait de côte lié au changement climatique, l’exécutif va étudier dans le prochain budget l’idée d’une “contribution ciblée sur les usages liés à l’agrément du littoral”, selon le principe que le “littoral doit financer le littoral”.- Sauveteurs en mer -Contre la pêche illégale, il entend modifier le code rural et de la pêche pour faciliter la destruction par immersion des navires de pêche sans pavillon ni propriétaire, et renforcer le recours à des drones aériens.Pour lutter contre la pollution des plastiques, il va réviser la feuille de route pour la période 2026-2030. Sur le régalien, le gouvernement va lancer une mission parlementaire pour faire évoluer le régime de responsabilité juridique des sauveteurs en mer, parfois mis en cause dans leurs actions bénévoles, et étudier son élargissement à d’autres sauveteurs comme les garde-côtes.Face aux nouvelles menaces géopolitiques et pour garantir la “souveraineté maritime” du pays, le CIMer a validé l’étude d’une “force maritime de complément” à la Marine nationale, et le projet d’améliorer la réquisition des navires de commerce “en temps de crise”. L’interdiction du chalutage dans les aires marines protégées n’était pas au menu du CIMer mais pourrait être abordée lors de la conférence de Nice.A l’occasion de ce déplacement, le cabinet du Premier ministre a rencontré une délégation intersyndicale d’ArcelorMittal, inquiète des suppressions d’emplois envisagées à Basse-Indre, près de Nantes.

La FNSEA gare ses tracteurs à l’Assemblée nationale pour demander “des solutions” pour produire

La FNSEA a garé une dizaine de tracteurs devant l’Assemblée nationale lundi afin de faire pression sur les députés qui doivent se pencher sur la loi Duplomb, “essentielle pour qu’enfin on retrouve notre capacité à produire en France”, selon le secrétaire général du premier syndicat agricole français.”Cette proposition de loi pour lever les contraintes au métier d’agriculteur est très importante pour nous (…). Ce qu’on demande, c’est simplement d’exercer un métier dans un environnement européen: marché unique, règle unique. Ça fait 20 ans qu’on se bat là-dessus. Pour une fois qu’une proposition de loi va dans ce sens… Nous n’aurons plus la patience d’attendre”, a déclaré Hervé Lapie à l’AFP.Plus de 150 agriculteurs venus d’Ile-de-France, du Grand-Est et de Provence-Alpes-Côte d’Azur se sont rassemblés dans le calme devant les colonnes du palais Bourbon.Ils seront relayés mardi par certains de leurs collègues du Centre-Val de Loire et mercredi par ceux des Hauts-de-France, si la motion de rejet déposée par le rapporteur du texte pour contourner les milliers d’amendements déposés n’est pas adoptée.Le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a estimé devant l’Assemblée qu’il était “normal que les députés puissent échanger des arguments”, mais que la donne avait “changé” avec “les 3.500 amendements déposés”.Des députés Renaissance, MoDem, Horizons et RN sont venus à la rencontre des agriculteurs devant le palais Bourbon. La ministre de l’Agriculture Annie Genevard, favorable au texte remanié au Sénat avec le concours du gouvernement, est aussi venue leur apporter son soutien, accompagnée du ministre de l’Intérieur et nouveau président des Républicains Bruno Retailleau.”La caricature dont ce texte fait l’objet aujourd’hui est profondément injuste et injustifiée”, a-t-elle déclaré, ajoutant que les agriculteurs étaient “victimes de l’enlisement du débat”.Bruno Retailleau s’est revendiqué “enfant de la ruralité” et a défendu des projets de stockage d’eau. Il a par ailleurs affirmé qu’il était essentiel de renforcer la “souveraineté alimentaire”. “Demain, l’arme alimentaire sera capitale. La souveraineté alimentaire, c’est l’indépendance de la France”, a-t-il ajouté.La loi d’orientation agricole, adoptée en début d’année, “était un “squelette” dans lequel figurait le “pas d’interdiction (de pesticides) sans solution” mais il faut maintenant “du concret (…) dans les cours de ferme”, avait affirmé Arnaud Rousseau dans la matinée.”Sur l’acétamipride, où on est dans le mur, on en a besoin pour quelques productions de manière dérogatoire, dans un temps encadré, le temps que la recherche et l’innovation nous donnent des solutions”, avait-il ajouté.Le retour de ce pesticide de la famille des néonicotinoïdes est un point de crispation majeur de la loi, qui prévoit aussi de faciliter la construction de bâtiments d’élevage intensif et le stockage de l’eau.En interne à la FNSEA, le message est de “ne rien lâcher” plus d’un an après les mobilisations de début 2024 pour obtenir “enfin” les mesures de simplification promises par le gouvernement.Arnaud Rousseau a défendu une approche “pragmatique” sur le stockage de l’eau et les seuils d’élevage pour contrer “l’espèce de délire environnemental qu’on entend, qui consiste à dire que les agriculteurs seraient des pollueurs qui font n’importe quoi”.

Les Bourses européennes terminent en hausse

Les Bourses européennes ont terminé en hausse lundi, saluant l’annonce d’une prolongation de la pause pour l’augmentation des droits de douane américains sur les produits européens jusqu’au 9 juillet. La Bourse de Paris a gagné 1,21% à la clôture, Francfort 1,68% et Milan 1,30%. Londres était fermée en raison d’un jour férié, tout comme Wall Street.

Pesticides: vers l’examen d’une motion de rejet tactique sur la loi Duplomb

La bataille parlementaire autour de la loi agricole dite Duplomb a viré lundi à la joute tactique, les partisans du texte s’apprêtant à rejeter son examen à l’Assemblée pour contourner le “mur” d’amendements dressé par la gauche, qui dénonce en retour un “49.3 déguisé”.Observés par des agriculteurs venus avec des tracteurs manifester devant l’Assemblée à l’appel des Jeunes Agriculteurs et de la FNSEA, les députés s’apprêtent peut-être à écrire un scénario singulier.A front renversé, en fin d’après-midi, les députés favorables au texte tenteront de le repousser par une motion de rejet préalable, défendue par le rapporteur LR Julien Dive, alors que les opposants à la proposition de loi tenteront de la maintenir dans l’hémicycle.Comment expliquer cette partition baroque ? Le bloc central et le RN entendent faire adopter la motion pour que le texte poursuive directement sa navette parlementaire devant une commission mixte paritaire (CMP), réunissant à huis clos sept députés et sept sénateurs. Une manière de sauter l’obstacle des quelque 3.500 amendements déposés, dont 1.500 des écologistes et 800 des insoumis.Une nécessité face à un “blocage en bonne et due forme” contre un texte “essentiel” pour les agriculteurs, selon M. Dive. “La marque d’une fébrilité du camp gouvernemental” pour la cheffe des députés écologistes Cyrielle Chatelain, qui estime auprès de l’AFP que le bloc central ne “veut pas assumer son vote sur certaines mesures”.Parmi lesquelles la réintroduction, à titre dérogatoire, de l’acétamipride, pesticide de la famille des néonicotinoïdes interdit en France depuis 2018. Ses effets chez l’humain font l’objet d’inquiétudes, même si ces risques restent incertains, par manque d’études d’ampleur.Autorisé ailleurs en Europe, il est notamment réclamé par les filières de betterave ou de noisette, qui estiment n’avoir aucune autre solution contre les ravageurs. A contrario, les apiculteurs mettent en garde contre “un tueur d’abeilles”.”Nous nous opposerons fermement à cette motion (de rejet), fruit d’une lâcheté politique et d’une soumission totale de la droite aux lobbys de l’agrobusiness”, a déclaré le groupe LFI. “On va essayer de déposer une motion de censure” contre le gouvernement Bayrou, a déclaré devant des journalistes la cheffe du groupe insoumis Mathilde Panot, dénonçant un “49.3 déguisé”.- “ça ne vaut pas quitus” -A contrario, le Rassemblement national soutiendra la motion de rejet, une “nécessité pour que le texte puisse avancer”, a argué le député Jean-Philippe Tanguy. Tout comme une bonne partie du bloc central : “Quand on tire l’élastique faut pas s’étonner qu’il vous revienne dans la figure”, a estimé le chef du groupe Horizons Paul Christophe, en référence au nombre d’amendements déposés par la gauche.Les seules inconnues résident dans l’affluence dans l’hémicycle et le nombre d’élus centristes qui pourraient voter contre la motion, échaudés par la réintroduction de néonicotinoïdes.Une autre solution a été mise sur la table en milieu d’après-midi par la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet : le recours à un “temps législatif programmé”, disposition prévue par le règlement de l’Assemblée permettant de fixer un nombre d’heures maximal de débats, réparti entre les groupes en fonction de leur poids.Les Insoumis étaient contre le principe. “Nous étions prêts à aller vers cela, mais le bloc central ne voulait pas réellement en parler”, a affirmé pour sa part Mme Chatelain.Si la motion de rejet au texte est adoptée en fin d’après-midi, celui-ci poursuivra donc son chemin vers la CMP sur la base de la version des sénateurs, favorisant ces derniers dans les négociations. Mais même en cas d’accord dans cette instance, il faudra un dernier vote dans chaque chambre, et l’équilibre du texte sera particulièrement scruté à l’Assemblée.Car la version adoptée au Sénat, à l’initiative du sénateur LR Laurent Duplomb, regorge de sujets clivants. Par exemple le degré d’influence du gouvernement dans le travail de l’agence sanitaire Anses sur les autorisations de pesticides, ou encore des dérogations environnementales pour certains projets de prélèvements et stockage d’eau.En commission les députés avaient ajouté des garde-fous sur les pesticides, voire supprimé des dispositions sur l’Anses ou le stockage de l’eau.”Nous voterons la motion de rejet (…) ça ne vaut pas quitus pour le texte” in fine, a prévenu lundi le patron des députés MoDem Marc Fesneau, demandant “des bougés en CMP”.sac-parl/la/jmt/swi