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L’Espagne face aux questions après deux accidents ferroviaires majeurs en 48 heures

Après la catastrophe d’Adamuz, qui a fait au moins 42 morts dimanche, un nouvel accident de train survenu mardi soir en Catalogne provoque interrogations et débat politique sur la sécurité du réseau, érodant encore un peu plus la confiance dans le système ferroviaire espagnol.En à peine 48 heures, l’Espagne, deuxième destination touristique au monde, a connu deux accidents majeurs, une première depuis un déraillement meurtrier ayant fait 80 morts près de Saint-Jacques-de-Compostelle (nord-ouest) en 2013, qui avait déjà bouleversé tout le pays.Dernier incident en date, un train de banlieue en direction de Barcelone (nord-est) a heurté mardi les débris d’un mur de soutènement qui s’était effondré sur la voie près de la petite ville de Gelida à cause de fortes pluies.Au moins une personne est morte et 37 ont été prises en charge par les secours, dont cinq blessés graves, d’après les autorités régionales.Selon les Mossos, la police catalane, la personne tuée était un jeune homme né en 1998 qui “suivait une formation” à bord du train accidenté.La circulation des trains restait “suspendue” mercredi matin dans la zone, selon le gestionnaire du réseau ferroviaire national Adif, qui a également mis en place des restrictions de vitesse sur un tronçon entre Madrid et Barcelone.Ce nouvel accident survient alors que l’Espagne pleure ses morts, au deuxième jour d’un deuil national de trois jours, après une collision mortelle survenue dimanche à Adamuz, près de Cordoue.Son bilan – au moins 42 morts et 37 personnes toujours hospitalisées, dont neuf en soins intensifs, selon les autorités régionales – n’est toujours pas définitif.- “C’en est trop !” -Ces deux incidents majeurs en 48H ont ravivé les critiques de l’opposition de droite contre le gouvernement de gauche du Premier ministre Pedro Sánchez, qui a promis lundi la “transparence absolue” sur la tragédie d’Adamuz.”C’en est trop!”, a tonné sur le réseau social X Alberto Núñez Feijóo, le chef de file du Parti populaire (droite), dont les équipes ont demandé “une clarification immédiate” sur l’état du réseau ferroviaire national.”Les Espagnols ont aujourd’hui peur de monter dans un train”, a tancé, de son côté, Pepa Millan, porte-parole au Congrès du parti d’extrême droite Vox, tandis que Junts, l’un des partis indépendantistes catalans, a déploré “des retards constants, des trains pleins, des pannes, des excuses et des accidents (…) Ça suffit”.Dans ce contexte tendu, le principal syndicat des conducteurs de train a appelé dans un communiqué mercredi à “une grève générale”, dénonçant “la dégradation constante du réseau ferroviaire”. On ignorait toutefois quand démarrerait cette grève.Pressé de répondre, le ministre des Transports, Óscar Puente, a exhorté les représentants des conducteurs au “dialogue” et estimé que l’accident en Catalogne n’avait “rien à voir” avec le réseau, mais était plutôt lié à “des phénomènes météorologiques” ayant abouti à des “circonstances malheureuses”.- Enquête en cours -A Adamuz, petite bourgade d’Andalousie (sud) qui accapare l’opinion publique depuis dimanche, les engins continuent de s’affairer, à la recherche d’éventuels  dépouilles qui pourraient se trouver coincées dans les amas de ferraille.Dimanche, les trois dernières voitures d’un train allant vers Madrid de l’opérateur privé Iryo – un groupe privé filiale à 51% du groupe public italien Ferrovie dello Stato (Trenitalia) – avaient déraillé et s’étaient déportées sur la voie d’à côté, heurtant violemment un train de la Renfe, la compagnie nationale espagnole, qui arrivait au même moment dans l’autre sens.Les deux trains à grande vitesse, qui roulaient à plus de 200 km/h, transportaient au total plus de 500 passagers.Les débats se concentrent désormais sur les causes de la collision, survenue dans une ligne droite, sur une portion de voie rénovée. L’enquête -qui exclut l’hypothèse d’un acte de sabotage, selon le gouvernement-, s’intéresse à une rupture du rail de plus de 30 centimètres de long à l’endroit de l’accident, peut-être provoquée par “un défaut dans la soudure de la voie”, selon le quotidien El Mundo.Inauguré en 1992, le réseau ferroviaire à grande vitesse espagnol est le deuxième plus important au monde, après celui de la Chine, et est l’une des fiertés du pays.L’Espagne dispose aujourd’hui de 4.000 kilomètres de voies ferrées de ce type, dans un secteur ouvert à la concurrence depuis cinq ans, après la fin du monopole de l’opérateur public, la Renfe.

La Bourse de Paris sous pression, le Groenland sous les projecteurs

La Bourse de Paris évolue en petite baisse mercredi, sous pression avant le très attendu discours du président Donald Trump au Forum économique mondial à Davos (Suisse), dans un contexte de tensions, les pays européens s’opposant à toute annexion du Groenland par les Etats-Unis.Vers 11H30, le CAC 40 perdait 0,23% pour s’établir à 8.044,23 points, soit une perte de 18,35 points. La veille, l’indice vedette de la Bourse de Paris avait perdu 0,61%, à 8.062,58 points.”Les marchés actions européens ont ouvert globalement stables mercredi, tous les regards étant tournés vers l’arrivée de Trump à Davos”, a commenté Niel Wilson, analyste chez Saxo Markets.”La nervosité des investisseurs demeure et plus personne n’attend un revirement rapide concernant les sanctions douanières prévues entre les pays de la zone euro et les Etats-Unis”, selon Andreas Lipkow, analyste indépendant.Le président américain arrivera mercredi au Forum de Davos avec “environ trois heures de retard”, en raison d’un problème avec le premier avion qui devait le conduire en Suisse, a indiqué le secrétaire au Trésor, Scott Bessent.Donald Trump a menacé de surtaxes douanières huit pays européens s’opposant à ses velléités d’annexion du Groenland, territoire autonome du Danemark.Alors qu’on lui demandait jusqu’à quelles extrémités il était prêt à aller pour en prendre le contrôle aux dépens de Copenhague, avant son départ pour Davos, Donald Trump a répondu: “Vous le découvrirez.”Mardi, à Davos, le président Emmanuel Macron avait mis en garde contre les tentatives américaines de “subordonner l’Europe” et qualifié les menaces américaines d'”inacceptables”.Danone s’enfonceLe cours de Danone chute à la Bourse de Paris mercredi, miné par un rappel de lait infantile par l’agence alimentaire de Singapour et, en parallèle, par un abaissement de l’objectif de cours de plusieurs analystes.Vers 11H30 heure de Paris, le titre réduisait ses pertes, cédant 6,30% à 68,96 euros, après avoir perdu près de 12% dans les premiers échanges d’après l’agence de presse économique Bloomberg.L’agence alimentaire de Singapour (Singapore Food Agency ou SFA) a annoncé le 17 janvier dans un communiqué le rappel de laits infantiles Dumex, une marque de nutrition infantile rachetée en 2022 par Danone.”La SFA a détecté la toxine céréulide dans deux produits supplémentaires de lait infantile”, a-t-elle précisé dans son communiqué.

Bourse de Paris: Danone chute après un rappel de lait infantile à Singapour

Le cours de Danone chute à la Bourse de Paris mercredi, miné par un rappel de lait infantile par l’agence alimentaire de Singapour, et un abaissement de l’objectif de cours de plusieurs analystes.Vers 10H45 heure de Paris, le titre réduisait ses pertes, cédant 6,66% à 68,70 euros, après avoir perdu près de 12% dans les premiers échanges d’après l’agence économique Bloomberg.L’agence alimentaire de Singapour (Singapore Food Agency ou SFA) a annoncé le 17 janvier dans un communiqué le rappel de laits infantiles Dumex, une marque de nutrition infantile rachetée en 2022 par Danone.Sont également visés des produits du géant suisse de l’alimentation Nestlé. A la Bourse suisse, le titre Neslté perdait 0,93% à 73,24 francs suisses.”La SFA a détecté la toxine céréulide dans deux produits supplémentaires de lait infantile”, explique l’agence dans son communiqué.”Ces produits pourraient avoir utilisé la même matière première fournie par la même source que celle utilisée dans les lots précédemment impliqués”, précise la SFA, évoquant l’arrêt de la vente de cinq produits Nestlé annoncé le 8 janvier dernier pour la “présence potentielle de la toxine céréulide”.Nestlé avait annoncé début janvier un rappel volontaire de lots de laits infantiles par mesure de précaution dans plusieurs pays en Europe, dont la France, l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, l’Italie, ainsi que la Suède. Le groupe avait affirmé avoir détecté un problème de qualité dans un ingrédient venant d’un de ses grands fournisseurs, à savoir la “présence potentielle de céréulide, une substance d’origine bactérienne issue du microorganisme Bacillus cereus, susceptible de provoquer des troubles digestifs (diarrhées et vomissements)”.En parallèle, Deutsche Bank a abaissé son objectif de cours pour Danone, en raison du ralentissement de la croissance des importations chinoises de lait infantile.”La publication par le gouvernement chinois d’une baisse de 17% des naissances l’an dernier renforce les inquiétudes selon lesquelles les activités de lait infantile exposées à la Chine devraient faire l’objet d’une révision à la baisse de leur valorisation”, expliquent les analystes de Deutsche Bank dans leur note publiée mardi.

Groenland: Trump attendu à Davos pour un face-à-face avec les Européens

Le président américain Donald Trump est attendu à Davos mercredi pour un face-à-face électrique avec les dirigeants européens, alors que sa volonté d’annexer le Groenland menace de faire éclater l’alliance transatlantique.M. Trump devrait rejoindre la très chic station des Alpes suisses avec “environ trois heures de retard” sur l’horaire initial, selon son ministre des Finances Scott Bessent.Parti de Washington en soirée, le dirigeant américain a dû faire demi-tour en vol à la suite d’un problème à bord d’Air Force One et repartir à bord d’un autre appareil peu après minuit (05H00 GMT).Avant son départ pour le Forum économique mondial, M. Trump a raillé les Européens avec virulence au sujet du Groenland, vaste île danoise autonome qu’il convoite.- “Inspirez profondément” -Interrogé sur les extrémités jusqu’auxquelles il était prêt à aller pour en prendre le contrôle aux dépens du Danemark, membre de l’Otan, il répondu: “Vous verrez bien”.”L’Amérique sera bien représentée à Davos – par moi”, a-t-il ensuite déclaré sur son réseau Truth Social.Il a toutefois confié avant son départ n’avoir “aucune idée” de la façon dont son voyage allait se dérouler. Donald Trump participe au Forum pour la première fois depuis 2020. Son discours est prévu à 14H30 (13H30 GMT) selon le programme initial. Il entend par ailleurs tenir plusieurs réunions sur le Groenland.Le président américain insiste sur le fait que le Groenland, terre riche en minéraux, est vital pour la sécurité des Etats-Unis et de l’Otan face à la Russie et à la Chine, alors que la fonte des glaces dans l’Arctique ouvre de nouvelles routes et que les superpuissances rivalisent pour obtenir des avantages stratégiques. Il a accentué la pression en menaçant d’imposer de nouveaux droits de douane allant jusqu’à 25 % à huit pays européens pour leur soutien au Danemark, ce qui a incité l’Europe à menacer les Etats-Unis de représailles.Les États-Unis “se comportent très bizarrement pour des alliés”, a déploré mercredi la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, appelant l’UE à “l’unité et la détermination”.La France a demandé un “exercice de l’Otan au Groenland” et est “prête à y contribuer”, a annoncé l’Elysée.”Inspirez profondément. N’ayez pas ce réflexe de colère”, a rétorqué Scott Bessent, en invitant les Européens à écouter les arguments de Donald Trump.- “”Assez de politesses” -A Davos mardi, Emmanuel Macron a mis en garde contre les tentatives américaines de “subordonner l’Europe” et a qualifié d'”inacceptables” les menaces américaines. L’Union européenne a promis une réponse “inflexible”. Le président français a été la cible des moqueries de son homologue américain, qui a révélé publiquement un SMS proposant un sommet du G7 à Paris jeudi, consacré au Groenland et à l’Ukraine, une proposition restée lettre-morte. Donald Trump a ensuite déclaré qu’il ne participerait à aucune réunion de ce type, tandis que M. Macron a précisé à l’AFP qu’aucune rencontre n’était, de fait, prévue. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a quant à elle averti que Donald Trump risquait de plonger les relations des Etats-Unis avec l’UE dans une spirale négative. Le Premier ministre canadien, Mark Carney, qui s’efforce de réduire la dépendance de son pays vis-à-vis de Washington depuis que Donald Trump a appelé à faire du Canada le 51e Etat américain, a reçu une ovation pour sa position. “Le Canada soutient fermement le Groenland et le Danemark”, a lancé M. Carney au Forum.”Les puissances moyennes doivent agir ensemble, car si nous ne sommes pas à la table (des discussions), nous sommes au menu”, a-t-il ajouté.Le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom a exhorté les Européens à “s’affirmer” sur le sujet du Groenland face à Donald Trump.”Il est passé maître dans l’art d’exploiter les faiblesses, mais il recule lorsqu’on le frappe au visage”, a-t-il dit. “On ne peut pas ménager la chèvre et le chou. Assez de politesses”, a-t-il ajouté: “Arrêtez de chercher à l’apaiser. Combattez le feu par le feu”.- “La fin de l’Otan” -Donald Trump souhaite selon la Maison Blanche se concentrer dans son discours à Davos sur l’économie américaine, confrontée à une hausse du coût de la vie qui menace le Parti républicain alors qu’approchent les élections de mi-mandat de novembre.Mais le Groenland sera immanquablement évoqué.Le Premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, a appelé mardi ses 57.000 concitoyens à se préparer à une éventuelle intervention militaire. Le président lituanien, Gitanas Nauseda, a souligné que toute action de ce type des Etats-Unis contre un allié “signifierait la fin de l’Otan”.Jeudi, Donald Trump devrait annoncer la première charte de son “Conseil de paix”, un organe de résolution des conflits internationaux concurrent des Nations unies. L’invitation lancée au président russe Vladimir Poutine a suscité une vive inquiétude parmi les alliés de l’Ukraine, après près de quatre ans de guerre provoquée par Moscou.

Shein et le BHV auditionnés par les sénateurs

Le représentant en France de la plateforme asiatique d’ultra fast‑fashion Shein est attendu au Sénat mercredi matin, après des mois de remous et plusieurs convocations déclinées à l’Assemblée nationale, et il sera auditionné en même temps que le représentant du grand magasin BHV.Quentin Ruffat, porte-parole de Shein en France, et Frédéric Merlin, président du groupe SGM qui exploite le BHV, seront entendus conjointement dès 9h45 par la commission des Affaires économiques du Sénat. De nombreux sénateurs, de toutes tendances politiques et au-delà de cette commission, sont attendus pour cette “table ronde Shein – BHV” au palais du Luxembourg.Shein avait décliné plusieurs convocations devant l’Assemblée nationale en novembre et décembre, invoquant la procédure de justice en cours sur la demande de suspension de son site après la vente de produits interdits. Le tribunal a rejeté la demande de l’Etat, qui a fait appel. La prochaine audience est prévue le 5 février.Fustigeant une absence “irrespectueuse” de la marque fondée en Chine, Sandrine Le Feur, députée Renaissance et présidente de la commission Développement durable et Aménagement du territoire de l’Assemblée, avait saisi la procureure de la République. Shein risque une amende symbolique de 7.500 euros dans cette affaire.Shein a cette fois bien confirmé sa présence au Sénat, dans un contexte moins houleux qu’à l’automne, après la découverte de la vente sur son site de poupées sexuelles à l’apparence de fillettes.Frédéric Merlin, président de la SGM, avait lui accepté d’être entendu en novembre par les députés, principalement pour s’expliquer sur l’ouverture d’un magasin Shein au BHV. Il a défendu une décision commerciale destinée à revitaliser le grand magasin en difficulté, tout en se distanciant des pratiques de la plateforme d’ultra fast-fashion.Avec moins de choix et des vêtements plus chers qu’en ligne, l’espace Shein au BHV connait un démarrage poussif. Dans ce contexte, la SGM a repoussé sine die les ouvertures de corners Shein dans cinq magasins Galeries Lafayette rebaptisés BHV à Dijon, Reims, Grenoble, Angers et Limoges.

Japon: la plus grande centrale nucléaire du monde doit redémarrer mercredi

La centrale nucléaire japonaise de Kashiwazaki-Kariwa, la plus grande centrale au monde, doit redémarrer mercredi, pour la première fois depuis la catastrophe de Fukushima en 2011 qui avait entraîné la fermeture de tous les réacteurs nippons, a indiqué son opérateur, malgré des inquiétudes persistantes.”Nous procédons aux préparatifs pour le démarrage du réacteur”, qui devrait intervenir après 19h (10H00 GMT), a déclaré l’opérateur Tokyo Electric Power (Tepco) dans un communiqué.Ce redémarrage concerne dans un premier temps un seul des sept réacteurs de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, la plus grande au monde en termes de capacité totale de production.Le gouverneur du département de Niigata (centre-ouest), où elle se trouve, avait donné le mois dernier son aval au redémarrage, malgré une opinion publique divisée sur la question: selon une enquête menée en septembre par le département, 60% des habitants étaient opposés au redémarrage, contre 37% qui le soutenaient. Mardi, quelques dizaines de manifestants, principalement des personnes âgées, ont bravé le froid pour manifester sous la neige près de l’entrée de la centrale, au bord de la mer du Japon.”L’électricité de Tokyo est produite à Kashiwazaki, et il faudrait que seuls les habitants (d’ici) soient en danger? Cela n’a aucun sens”, a déploré Yumiko Abe, une habitante de 73 ans interrogée par l’AFP.Kashiwazaki-Kariwa avait été mise à l’arrêt lorsque le Japon a fermé tous ses réacteurs nucléaires après le triple désastre – séisme, tsunami et catastrophe nucléaire – de Fukushima en mars 2011. Mais le pays veut réduire sa dépendance aux combustibles fossiles, atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et répondre à la demande croissante d’électricité liée à l’intelligence artificielle.La Première ministre japonaise Sanae Takaichi a aussi exprimé son soutien à l’utilisation de l’atome civil. – “Absolument inacceptable” -Au total, 14 réacteurs – principalement situés dans l’ouest et le sud du pays – ont ainsi déjà été remis en service après la mise en place de normes de sécurité plus strictes. Mi-janvier, 13 réacteurs étaient en fonctionnement. L’unité n°6 de Kashiwazaki-Kariwa serait le premier des réacteurs nucléaires de Tepco, qui est également l’opérateur de la centrale sinistrée de Fukushima Daiichi, à redémarrer depuis 2011.Près de quinze ans après la catastrophe, “la situation n’est toujours pas maîtrisée à Fukushima. Et Tepco veut relancer une centrale ? Pour moi, c’est absolument inacceptable”, s’indigne Keisuke Abe, un manifestant de 81 ans.Le vaste complexe de Kashiwazaki-Kariwa a été équipé d’une digue de 15 mètres de haut contre les tsunamis, de nouveaux systèmes de secours électriques installés en hauteur, ainsi que d’autres dispositifs de sécurité.Cependant, certains habitants expriment leurs inquiétudes, évoquant des scandales fréquents de dissimulation d’informations, des incidents mineurs ainsi que des plans d’évacuation jugés insuffisants.”Je pense qu’il est impossible d’évacuer” en cas d’urgence, explique à l’AFP Chie Takakuwa, une habitante de Kariwa âgée de 79 ans. Plusieurs associations ont remis début janvier une pétition contre la relance comportant près de 40.000 signatures à Tepco et à l’Autorité japonaise de régulation nucléaire soulignant que la centrale se trouve sur une zone sismique active où est survenu un violent séisme en 2007.- Ne jamais “céder à l’arrogance” -L’industrie nucléaire japonaise a aussi été confrontée à une suite de scandales et d’incidents ces dernières semaines, notamment la falsification de données par un autre opérateur, Chubu Electric Power, sous-estimant les risques sismiques.Et à Kashiwazaki-Kariwa, Tepco a indiqué samedi qu’un système d’alerte n’avait pas fonctionné lors d’un essai avant le redémarrage du réacteur.”Les exploitants nucléaires ne doivent jamais céder à l’arrogance ou à l’excès de confiance”, a estimé le patron de Tepco, Tomoaki Kobayakawa, dans une interview publiée samedi par le quotidien Asahi.”Il y a toujours des risques d’erreurs humaines ou de défaillances des machines et des équipements. Tout repose sur notre capacité à détecter ces problèmes, à les corriger et à travailler avec humilité”, a-t-il ajouté.Avant le séisme et le tsunami de 2011, qui ont fait environ 18.000 morts, l’énergie nucléaire représentait environ un tiers de la production d’électricité du Japon, le reste provenant principalement des énergies fossiles. L’archipel est le cinquième émetteur mondial de dioxyde de carbone derrière la Chine, les États-Unis, l’Inde et la Russie, et dépend fortement des combustibles fossiles importés. Près de 70% de ses besoins en électricité étaient couverts en 2023 par des centrales thermiques fonctionnant au charbon et aux hydrocarbures, mais l’archipel veut faire des renouvelables sa principale source d’électricité avant 2040. Dans ce cadre, le nucléaire devrait représenter environ 20% de la production électrique du pays à l’horizon 2040, contre environ 8,5% pour l’exercice fiscal 2023-24.

Premier vote sur le Mercosur au Parlement européen, traversé par des lignes de fractures nationales

Une fois n’est pas coutume: les eurodéputés vont en majorité se prononcer mercredi sur des lignes nationales plutôt que partisanes, lors d’un premier vote, à l’issue incertaine, sur l’accord commercial entre les 27 et les pays sud-américains du Mercosur.Ils doivent décider de saisir ou non la Cour de justice de l’Union européenne (UE) sur la validité de cet accord, signé samedi au Paraguay.Le vote, prévu en milieu de journée, s’annonce très serré.Les opposants à la saisine soulignent la nécessité de mettre en œuvre l’accord le plus vite possible, particulièrement au moment où le président américain Donald Trump agite la menace de nouveaux droits de douane contre l’Europe.Les partisans d’un recours devant la Cour européenne espèrent au contraire, avec un vote favorable, retarder la ratification de l’accord et donc sa mise en œuvre.Et fait rare dans l’hémicycle du Parlement européen, les 81 députés français, de l’extrême gauche à l’extrême droite, devraient tous voter en faveur de cette saisine.Ils ont été soutenus mardi par des milliers d’agriculteurs venus en masse à Strasbourg dire leur hostilité à cet accord. Nombre d’entre eux ont prévu de rester mercredi.Ce traité crée l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde entre l’UE, le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay, soit plus de 700 millions de consommateurs.Il doit permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux vers l’Amérique latine tout en facilitant l’entrée en Europe de viande bovine, sucre, riz, miel et soja sud-américains.Pour ses détracteurs, cela va bousculer l’agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants.- Un vote crucial -Les eurodéputés ne se prononceront sur l’ensemble de l’accord avec le Mercosur que dans les prochains mois. Mais le vote de mercredi est jugé crucial, tant du côté des adversaires que des défenseurs de cet accord, négocié depuis 25 ans.”Nous sommes en train de travailler, voix par voix, élu par élu, député par député à faire cette majorité dont nous avons besoin pour stopper (l’accord avec) le Mercosur lors du vote de demain (mercredi)”, a déclaré l’élu français François-Xavier Bellamy, membre des Républicains et du PPE (droite), principal groupe politique au Parlement européen.Et “selon nos derniers comptages, on pourrait gagner ce vote à huit voix près”, a assuré sa compatriote Céline Imart, elle aussi membre du PPE.Dans l’autre camp, on fourbit aussi ses armes, y compris quand on est du même bord politique.”Ce sera un vote très serré, mais nous allons le gagner”, a affirmé Jorgen Warborn, eurodéputé suédois du PPE.- “Anti-Trump” -Le patron du PPE, l’eurodéputé allemand Manfred Weber, est lui aussi un ardent défenseur de l’accord. Il a appelé mardi devant la presse à voter contre la saisine de la Cour européenne, qualifiant le traité de libre-échange avec le Mercosur “d’accord anti-Trump”.Les partisans de l’accord espèrent en effet que les menaces du président américain convaincront les hésitants de l’urgence de trouver de nouveaux partenaires commerciaux, et les rallieront à leurs vues.Ces lignes de fracture nationales ne traversent pas seulement le PPE. Le groupe ECR (extrême droite) a donné pleine liberté de vote à ses membres, divisés entre les Polonais du Pis, partisans de la saisine, et les Italiens de Fratelli d’Italia qui y sont hostiles.”Peut-être que les Italiens vont se décider autrement”, veut néanmoins croire Mathilde Androuët, eurodéputée française membre du groupe des Patriotes (extrême droite).Les opposants à l’accord avec le Mercosur restent également prudents, même en cas de vote favorable à une saisine de la Cour de justice de l’UE.Celle-ci mettrait certes de longs mois avant de se décider, mais dans l’intervalle la Commission européenne pourrait passer outre.Les traités européens permettent en effet une application provisoire de l’accord, en cas de délais trop longs pour le ratifier.La “vraie bataille” sera là, avertit l’eurodéputé français David Cormand du groupe des Verts.En revanche, si la saisine est rejetée, “on peut imaginer que l’accord avec le Mercosur passera”, juge Pascal Canfin du groupe Renew (centre-droit).

Catastrophe ferroviaire en Espagne: un nouveau corps découvert, et toujours beaucoup de questions

Un nouveau corps a été découvert mardi dans les carcasses des trains qui sont entrés en collision après un déraillement dimanche à Adamuz, dans le sud de l’Espagne, portant le bilan de cette catastrophe ferroviaire à au moins 42 morts, un drame qui suscite beaucoup de questions.Et alors que l’Espagne pleurait ses morts, un autre accident a fait au moins un mort et quatre blessés graves mardi en Catalogne (nord-est), quand un train de banlieue a heurté les débris d’un mur de soutènement qui s’était effondré sur la voie.Le nombre de morts dans l’accident survenu dimanche près de Cordoue en Andalousie n’est donc toujours pas définitif près de 48 heures après, et les engins s’affairent sur place pour dégager les dépouilles qui pourraient encore s’y trouver.”Une nouvelle victime a été retrouvée dans l’un des wagons Alvia (le train de la compagnie publique espagnole Renfe, ndlr) cet après-midi, portant le nombre de morts à 42″, ont indiqué dans un communiqué les autorités régionales andalouses.Le ministre espagnol des Transports, Óscar Puente, a avancé que le bilan définitif pourrait être de 43 morts – soit le nombre de signalements de disparus.Selon les médias espagnols, l’enquête s’intéresse à une rupture du rail de plus de 30 cm de long à l’endroit de l’accident.Citant “des techniciens” ayant eu accès à l’enquête, le quotidien El Mundo estime ainsi que cette rupture serait le résultat d'”une mauvaise soudure ou d’une soudure qui s’est détériorée en raison de la circulation (des trains) ou du climat” et y voit “une cause plus que probable” du déraillement d’un des deux trains à l’origine de la tragédie.Le ministre Puente a cependant indiqué qu’il était encore trop tôt pour savoir si la rupture du rail était “la cause ou la conséquence” de l’accident.C’est la seule piste des enquêteurs à ce stade, car la vitesse des trains n’est pas en question et “l’erreur humaine est pratiquement écartée”, avait assuré dès lundi le président de la Renfe, Álvaro Fernández Heredia. Il en avait déduit que la faute était peut-être due “au matériel roulant d’Iryo”, le premier train qui a déraillé, ou à un problème d’infrastructure”.- Réduction de vitesse -Le gestionnaire du réseau ferroviaire espagnol, Adif, a par ailleurs annoncé réduire “temporairement” la vitesse sur un tronçon de la ligne à grande vitesse entre Madrid et Barcelone. “Des conducteurs ont signalé des bosses et, par sécurité, nous avons mis en place cette limitation. Cette nuit, la maintenance vérifiera la situation et, si tout est en ordre, cette limitation sera levée”, a indiqué l’opérateur à l’AFP.Au premier des trois jours de deuil national, le roi Felipe VI et la reine Letizia sont venus témoigner leur “affection” aux proches des victimes et aux rescapés. Après être restés une heure sur les lieux de l’accident, les souverains se sont rendus à l’hôpital Reina Sofía de Cordoue, à 35 kilomètres de là, où sont soignés certains des blessés.Trente-sept personnes, dont quatre enfants, restent hospitalisées, parmi lesquelles neuf adultes sont toujours en soins intensifs.Dimanche à 19H45 (18H45 GMT), les trois dernières voitures d’un train allant vers Madrid (nord) de l’opérateur privé Iryo – une compagnie privée filiale à 51% du groupe public italien Ferrovie dello Stato (Trenitalia) – avaient déraillé et s’étaient déportées sur la voie d’à côté.- “Transparence absolue” -Un train de la Renfe, la compagnie nationale espagnole, qui arrivait au même moment dans l’autre sens en direction de Huelva (sud), avait alors heurté de plein fouet ces voitures.Les deux trains à grande vitesse, qui roulaient à plus de 200 km/h au moment de la collision, transportaient au total plus de 500 passagers.La collision est survenue dans une ligne droite, sur une portion de voie rénovée, alors même que trois trains étaient passés au même endroit “20 minutes avant” sans que “personne ne signale la moindre anomalie sur la voie”, a affirmé Oscar Puente mardi matin.Pour sa part, le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a écarté l’hypothèse d’un acte de sabotage. Il n’y a “jamais eu le moindre élément permettant de l’envisager”, a-t-il assuré lors d’une conférence de presse.Face à l’émotion suscitée dans tout le pays par ce drame, le Premier ministre Pedro Sánchez a promis une “transparence absolue” et “la vérité” sur cette catastrophe, survenue plus de dix ans après un autre déraillement meurtrier qui avait fait 80 morts en 2013 près de Saint-Jacques-de-Compostelle (nord-ouest).Un premier rapport préliminaire sur l’accident pourrait être publié dans “deux ou trois mois”, avant une version définitive dans un délai maximal d’un an, a précisé César Franco, président du Conseil des ingénieurs industriels. bur-CHZ-mig-rs/liu/lpt

Redressement fiscal en vue pour Castel, sur fond de dissensions

Castel, géant des boissons, est “dans le collimateur” du fisc français avec un “redressement” pouvant atteindre le milliard d’euros, a déclaré mardi le dirigeant de sa branche vins, rapidement désavoué par sa maison-mère, qui évoque des “éléments inexacts”, sur fond d’affrontement au sommet du groupe.”Bercy a le groupe Castel dans le collimateur. Il a mené une enquête sur plusieurs années”, a déclaré au quotidien régional Sud Ouest Alain Castel, neveu du fondateur du groupe bordelais, le milliardaire Pierre Castel (99 ans). Ce redressement “est +pré-lancé+. Le chiffre d’un milliard d’euros est évoqué. C’est colossal mais, s’il le faut, on paiera”, a-t-il ajouté, évoquant “l’opportunité” de remettre “tout ça d’aplomb”.Ce montant, avancé par le magazine Challenges, n’est qu’une “supposition”, a nuancé Castel Vins dans un communiqué transmis à l’AFP, ajoutant qu’il “représente une fourchette très haute”. Symbole du conflit ouvert entre la famille Castel et l’actuel directeur général de la principale holding du groupe, les propos d’Alain Castel ont poussé DF Holding, maison-mère de Castel Vins, à réagir.”DF Holding s’étonne qu’une de ses filiales, Castel Vins, ait communiqué publiquement sur des sujets qui relèvent exclusivement de la sphère du groupe et présentent, par ailleurs, un caractère confidentiel”, a écrit la structure dirigée par le Suisse Gregory Clerc.- “Peur” et “menace” -“DF Holding s’étonne également qu’une filiale se permette aussi de conjecturer sur d’éventuels montants de régularisations, alors même qu’ils relèvent de la compétence exclusive de l’administration concernée”, a ajouté la société, dont le chiffre d’affaires a atteint 6,5 milliards d’euros en 2024.La perspective d’un redressement fiscal avait été mentionnée par Gregory Clerc dans un récent courrier interne, consulté par l’AFP, où le directeur général évoquait “le lancement de plusieurs chantiers de régularisation fiscale et sociale” depuis 2024, dont un “dossier majeur” avec le fisc français “relatif à des périodes antérieures à (s)a prise de fonctions”.Nommé en octobre 2023 à la tête de DF Holding, cet avocat fiscaliste helvète avait auparavant défendu Pierre Castel, à titre privé, dans un litige fiscal en Suisse. Le fisc genevois a condamné le milliardaire français, exilé en Suisse depuis 1981, à verser plus de 350 millions d’euros pour avoir omis de déclarer une partie de sa fortune pendant plusieurs années.Alain Castel a dénoncé dans Sud Ouest “la captation du pouvoir” par M. Clerc, qui “ne rapporte à personne et manage par la peur et la menace”. La société qu’il dirige, Castel Vins, a pour sa part assuré que le redressement à venir faisait suite à une demande de “régularisation volontaire” engagée non pas par M. Clerc mais par “l’ancienne gouvernance” en 2022.- “Éléments inexacts” -En réponse, DF Holding a maintenu sa version: “la procédure de régularisation a bien été engagée auprès de l’administration en 2024”, a dit la société, dénonçant “des éléments inexacts, tant s’agissant des faits que des dates évoqués”.Le point à régulariser avec le fisc français, selon Castel Vins, concerne la localisation du centre de décision du groupe.”DF Holding relève du droit luxembourgeois. À la suite de cet établissement (au Luxembourg), pendant une période les principales équipes sont restées en activité en France. Il a été établi que le siège effectif était pendant ce temps-là en France. Le dossier vise à la régularisation des impôts dus sur cette période en France”, a expliqué la société.Un autre dossier, “dissocié” de cette procédure fiscale, concerne une enquête menée entre 2022 et 2025 par l’Office national antifraude (Onaf), qui a remis les éléments obtenus au Parquet national financier (PNF), a précisé Castel Vins, disant en attendre “les conclusions”.Le groupe Castel, connu en France pour ses marques Baron de Lestac, Listel, Kriter ou encore les cavistes Nicolas, et en Afrique pour ses bières, traverse une profonde crise de gouvernance.Le 8 janvier, la famille du fondateur a tenté, en vain, de révoquer Gregory Clerc lors d’une assemblée générale extraordinaire à Singapour, où siège la holding de tête du groupe, mais espère y parvenir lors d’une prochaine nouvelle assemblée.

“Autour de 20 milliards d’euros” d’exportations d’armements français en 2025 (ministre)

Les exportations françaises d’armements devraient s’établir en 2025 “autour de 20 milliards d’euros”, s’approchant des 21,6 milliards enregistrés l’année précédente, a annoncé mardi la ministre des Armées Catherine Vautrin.”Pour 2025, nous devrions, comme en 2024, enregistrer autour de 20 milliards d’euros de prises de commandes à l’export, dont un tiers sur le continent européen”, a déclaré Mme Vautrin en présentant ses voeux.Si ce montant est confirmé, il s’agira de la troisième meilleure performance annuelle pour l’industrie française de défense après 2022 et 2024, alors que les dépenses militaires mondiales ne cessent de croître, particulièrement en Europe.La ministre n’a pas précisé quelles commandes avaient contribué à ce résultat. En 2025, L’Inde a notamment signé un contrat pour acquérir 26 avions de combat Rafale pour sa marine, la Grèce acquis une quatrième frégate de défense et d’intervention (FDI), la Roumanie des missiles anti-aériens Mistral, la Croatie des canons Caesar.”Sans export, il n’y a pas d’autonomie stratégique crédible. C’est pourquoi le sujet à l’export n’est pas un sujet périphérique, c’est un élément pivot de notre système de défense”, a plaidé Mme Vautrin.La France a elle pour sa part passé commande pour 38 milliards d’euros, “dont 80% concernent notre base industrielle technologique de défense”, selon la ministre, citant notamment le porte-avions de nouvelle génération (PANG), les futurs sous-marins lanceurs d’engins (SNLE3G) ou une évolution du missile nucléaire M51.