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La BCE sĂ»re de son cap dans une mer d’incertitudes, pause en vue sur les taux

La Banque centrale europĂ©enne (BCE) se voit en “bonne position” pour affronter “les incertitudes” Ă©conomiques liĂ©es aux droits de douane, après une nouvelle baisse jeudi de ses taux d’intĂ©rĂŞt qui alimente les spĂ©culations sur une pause prochaine dans ce long cycle de dĂ©tente ayant accompagnĂ© le reflux de l’inflation.Les gardiens de l’euro rĂ©unis jeudi Ă  Francfort n’ont pas officiellement criĂ© victoire dans leur lutte pour stabiliser les prix, mais leur communication s’y apparente.L’institution a, comme attendu, baissĂ© ses taux – pour la huitième fois en un an – grâce Ă  l’inflation dans la zone euro qui “se situe actuellement autour” de l’objectif de 2,0% visĂ© par la BCE.Depuis juin 2024, le reflux de l’inflation en zone euro a permis de lâcher du lest sur les taux, inversant un cycle de resserrement monĂ©taire amorcĂ© deux ans plus tĂ´t pour endiguer la flambĂ©e des prix, avec un taux de dĂ©pĂ´t grimpant jusqu’Ă  un plus haut historique de 4,0%.Ce taux, qui sert de rĂ©fĂ©rence, a Ă©tĂ© diminuĂ© jeudi d’un quart de point, le plaçant Ă  2,0%, niveau qui n’est plus pĂ©nalisant pour l’Ă©conomie.Sans dire explicitement que la BCE pourrait faire une pause dans ses baisses de taux, la prĂ©sidente de l’institution, Christine Lagarde a soulignĂ© qu'”au niveau actuel des taux d’intĂ©rĂŞt”, la BCE arrive “Ă  la fin d’un cycle de politique monĂ©taire qui rĂ©pondait Ă  des chocs cumulĂ©s, dont le Covid-19, la guerre en Ukraine et la crise Ă©nergĂ©tique”, qui avaient fait s’envoler les prix.Toujours prudente, dans le climat “d’incertitudes exceptionnelles” que fait rĂ©gner l’offensive douanière amĂ©ricaine, la BCE continue d’affirmer qu’elle dĂ©cidera de son cap en fonction des “donnĂ©es”, “rĂ©union par rĂ©union”.Après avoir affrontĂ© un enchaĂ®nement de crises, les gardiens de l’euro semblent aujourd’hui convaincus d’avoir atteint un point d’Ă©quilibre, mĂŞme sans connaĂ®tre “le rĂ©sultat des nĂ©gociations” entre l’UE et les Etats-Unis sur les droits de douane, ni le “niveau de reprĂ©sailles”, avec de possibles impacts sur l’Ă©conomie, a dĂ©clarĂ© Mme Lagarde.En zone euro, “l’incertitude autour des politiques commerciales” freinera Ă  court terme l’investissement et les exportations, mais la hausse des investissements publics et la soliditĂ© du marchĂ© du travail soutiendront la croissance et la consommation, “rendant l’économie plus rĂ©sistante face aux chocs mondiaux”, a expliquĂ© la BCE.- Nouvelles prĂ©visions -Dans ses nouvelles macroĂ©conomiques, la BCE a ramenĂ© sa prĂ©vision d’inflation Ă  sa cible de 2,0% pour 2025, contre 2,3% prĂ©cĂ©demment, et l’a Ă©galement abaissĂ©e, Ă  1,6%, pour 2026, en raison de la baisse des prix de l’Ă©nergie et d’un euro plus fort. Le PIB de la zone euro devrait quant Ă  lui croĂ®tre de 0,9% en 2025, comme estimĂ© en mars, mais ne grimper que d’1,1% l’an prochain, contre 1,2% prĂ©vu auparavant, en raison de “l’incertitude” liĂ©e aux droits de douanes.Le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump, qui ne cesse de s’emporter contre l’important excĂ©dent commercial envers les États-Unis, maintient une forte incertitude quant Ă  l’ampleur du choc Ă  venir. Son ultimatum sur des taxes de 50% visant les produits europĂ©ens expire le 9 juillet.Washington a portĂ© mercredi Ă  50 % les droits de douane sur l’acier et l’aluminium europĂ©ens, une dĂ©cision “fortement” dĂ©plorĂ©e par le commissaire Maros Sefcovic, qui y voit un obstacle aux nĂ©gociations en cours.- Pause en juillet ? -Après la baisse du loyer de l’argent dĂ©cidĂ©e jeudi, “la BCE ne semble pas pressĂ©e de rĂ©duire Ă  nouveau ses taux en juillet, sauf en cas de nouvelle escalade des tensions commerciales”, a commentĂ© Carsten Brzeski, analyste chez ING.Contrairement Ă  ce qu’avait dĂ©clarĂ© Mme Lagarde plus tĂ´t cette annĂ©e, la BCE “ne voit dĂ©sormais plus de risque important de hausse de l’inflation liĂ©e aux droits de douane, en raison de reprĂ©sailles limitĂ©es de l’UE jusqu’Ă  prĂ©sent et de l’apprĂ©ciation de l’euro”, ont relevĂ© les analystes d’HSBC.DĂ©mentant toute intention de rejoindre le Forum Ă©conomique mondial de Davos, Mme Lagarde a affirmĂ© jeudi qu’elle Ă©tait “pleinement dĂ©terminĂ©e Ă  remplir [sa] mission et Ă  achever [son] mandat” Ă  la tĂŞte de la BCE, qui court jusqu’Ă  fin octobre 2027.

Christine Lagarde se dit “dĂ©terminĂ©e” Ă  achever son mandat Ă  la BCE

Christine Lagarde a assurĂ© jeudi ĂŞtre “dĂ©terminĂ©e” Ă  terminer son mandat Ă  la tĂŞte de la Banque Centrale EuropĂ©enne, rĂ©futant des informations selon lesquelles elle envisagerait de rejoindre le Forum Ă©conomique mondial (WEF) de Davos.”Je peux vous dire très fermement que j’ai toujours Ă©tĂ© et que je suis pleinement dĂ©terminĂ©e Ă  remplir ma mission et Ă  achever mon mandat”, a-t-elle dĂ©clarĂ© Ă  la presse Ă  l’issue d’une rĂ©union monĂ©taire de l’institution de Francfort. Son mandat a dĂ©butĂ© en 2019 et doit s’achever en 2027.Dans un article fin mai, le quotidien britannique Financial Times avait affirmĂ© que Klaus Schwab, après avoir quittĂ© ses fonctions Ă  la tĂŞte du WEF en avril, s’Ă©tait entretenu avec Mme Lagarde pour tenter de la convaincre d’Ă©courter son mandat Ă  la Banque centrale europĂ©enne.L’ancien prĂ©sident de ce forum, qui se tient chaque annĂ©e dans la station de ski chic de Davos en Suisse, assurait Ă©galement que l’ancienne ministre française et ancienne directrice gĂ©nĂ©rale du Fonds monĂ©taire international (FMI), Ă©tait “depuis plusieurs annĂ©es” au coeur de discussions pour lui succĂ©der.  A la suite de cet article, la BCE avait dĂ©jĂ  dĂ©menti tout projet de sa prĂ©sidente de mettre un terme anticipĂ© Ă  ses fonctions.

Mission dĂ©licate de Merz Ă  Washington, en quĂŞte d’une bonne entente avec Trump

Le nouveau chancelier allemand Friedrich Merz doit mener jeudi une mission fort dĂ©licate: poser les bases d’une bonne entente avec Donald Trump, très critique de l’excĂ©dent commercial allemand, et qui n’hĂ©site pas Ă  piĂ©ger les dirigeants Ă©trangers dans le Bureau ovale.La rencontre permettra de sonder l’humeur du prĂ©sident rĂ©publicain sur le conflit en Ukraine, dans l’attente de la riposte promise par Moscou Ă  l’audacieuse attaque ukrainienne contre des aĂ©rodromes russes, une riposte dont Vladimir Poutine lui-mĂŞme a parlĂ© mercredi Ă  son homologue amĂ©ricain.Depuis un mois Ă  la tĂŞte de la première Ă©conomie europĂ©enne, le dirigeant de 69 ans s’Ă©tait dĂ©jĂ  entretenu Ă  plusieurs reprises au tĂ©lĂ©phone avec le prĂ©sident amĂ©ricain. “Notre alliance avec les Etats-Unis a Ă©tĂ©, est et restera d’une importance capitale pour la sĂ©curitĂ©, la libertĂ© et la prospĂ©ritĂ© en Europe”, a Ă©crit Friedrich Merz avant son dĂ©part pour Washington oĂą il a atterri dans la nuit.Donald Trump a tournĂ© le dos au libre-Ă©change commercial et critiquĂ© les dĂ©penses de dĂ©fense jugĂ©es trop faibles des pays de l’Otan. Ce faisant, il attaque deux piliers de la relation avec l’Allemagne, cette grande puissance exportatrice qui se repose sur la protection militaire amĂ©ricaine.- Cauchemar commercial -La bataille commerciale sera au centre des discussions, Ă  quelques semaines de la date Ă  laquelle le prĂ©sident amĂ©ricain menace d’imposer des droits de douane de 50% sur tous les produits europĂ©ens, un cauchemar pour une Ă©conomie allemande dĂ©jĂ  affaiblie.Friedrich Merz a prĂ©venu que l’Allemagne, troisième Ă©conomie mondiale, ne se prĂ©sentait pas en “quĂ©mandeur”.Avant les sommets du G7 au Canada (15-17 juin) et de l’Otan Ă  La Haye (24-26 juin), le dirigeant allemand devrait aussi relayer la demande europĂ©enne de nouvelles sanctions contre la Russie, un scĂ©nario un temps Ă©voquĂ© par Donald Trump qui n’en a toutefois pas reparlĂ© rĂ©cemment.Friedrich Merz et Donald Trump doivent s’exprimer autour de 11h45 locale (15h45 GMT) face Ă  la presse dans le Bureau ovale, Ă©preuve mĂ©diatique redoutĂ©e depuis les embuscades tendues par le prĂ©sident amĂ©ricain Ă  son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, puis sud-africain Cyril Ramaphosa. Les deux hommes auront ensuite un dĂ©jeuner de travail.Le chancelier allemand, jugĂ© impulsif, attend le rendez-vous “avec sĂ©rĂ©nitĂ©”, assure-t-on Ă  Berlin.- Interlocuteur -Multi-millionnaire, parlant couramment anglais, Friedrich Merz est comme Donald Trump un homme d’affaires – il a travaillĂ© pour BlackRock, premier gestionnaire d’actifs du monde – et partage son goĂ»t du golf.Le chancelier a aussi promis de satisfaire d’ici dĂ©but 2030 l’exigence amĂ©ricaine d’une augmentation des dĂ©penses de dĂ©fense et de sĂ©curitĂ© des pays de l’Otan Ă  5% de leur PIB.Mais les sujets contentieux sont nombreux. Depuis son premier mandat, Donald Trump est obsĂ©dĂ© par l’excĂ©dent commercial de l’Allemagne avec les Etats-Unis, et en particulier par les ventes de voitures allemandes.Pourtant atlantiste convaincu, Friedrich Merz avait prĂ´nĂ©, sitĂ´t Ă©lu, “une vĂ©ritable indĂ©pendance vis-Ă -vis des Etats-Unis” sur les questions de sĂ©curitĂ©, des propos longtemps inimaginables pour un dirigeant conservateur allemand.Autre sujet dĂ©licat: les immixtions amĂ©ricaines dans la politique intĂ©rieure allemande après que le prĂ©sident et son entourage ont affichĂ© leur soutien au parti d’extrĂŞme droite AfD.Selon le New York Times, Donald Trump entend aborder le sujet de la “libertĂ© d’expression” en Allemagne, le terme gĂ©nĂ©rique utilisĂ© par l’administration amĂ©ricaine pour dĂ©plorer le traitement selon elle injuste infligĂ© aux formations de droite radicale europĂ©ennes. Ce alors que le prĂ©sident amĂ©ricain est lui-mĂŞme accusĂ© de chercher Ă  intimider les porteurs d’opinions progressistes aux Etats-Unis.Le dirigeant allemand a affirmĂ© aux journalistes, Ă  son arrivĂ©e Ă  Washington, qu’il “donnerait son opinion très clairement” si son hĂ´te abordait les questions de politique intĂ©rieure allemande.

Wall Street Ă©volue en baisse, continue de scruter les donnĂ©es sur l’emploi

La Bourse de New York Ă©voluait en baisse jeudi, après une ouverture en petite hausse, digĂ©rant de nouvelles donnĂ©es Ă©conomiques sur l’emploi aux États-Unis ainsi que des informations de presse rapportant un appel tĂ©lĂ©phonique entre les prĂ©sidents chinois et amĂ©ricain.Vers 14H00 GMT, le Dow Jones lâchait 0,40%, l’indice Nasdaq reculait de 0,20% et l’indice Ă©largi S&P 500 perdait 0,28%.La place amĂ©ricaine a accueilli avant l’ouverture les demandes hebdomadaires d’allocation chĂ´mage, qui sont ressorties Ă  leur plus haut niveau depuis le mois d’octobre (Ă  247.000), et au-dessus des attentes du marchĂ©.”Cela fait deux semaines de suite” que ces demandes sont en hausse, ce qui ajoute “de la nervositĂ©” sur “un marchĂ© qui est dĂ©jĂ  un peu anxieux concernant la croissance”, explique Chrisopher Low, de FHN Financial.”La tendance mĂ©rite d’ĂŞtre surveillĂ©e, mais il est trop tĂ´t pour tirer la sonnette d’alarme”, commente pour sa part Chris Zaccarelli, de Northlight Asset Management.Les investisseurs amĂ©ricains attendent surtout la publication du rapport sur l’emploi vendredi. Ces donnĂ©es seront particulièrement suivies, après les chiffres “Ă©tonnamment plus faibles que prĂ©vu”, des crĂ©ations d’emplois dans le secteur privĂ© en mai, publiĂ© mercredi (37.000 crĂ©ations, contre 110.000 attendues), selon M. Low. Le rapport de vendredi “fournira une vision actualisĂ©e du marchĂ© du travail, et nous pensons que c’est ce que la banque centrale amĂ©ricaine (Fed) surveille le plus attentivement Ă  ce stade”, estime M. Zaccarelli.Autre indicateur Ă©conomique de la journĂ©e, le dĂ©ficit commercial des Etats-Unis a Ă©tĂ© divisĂ© par plus de deux au mois d’avril, sous l’effet d’un fort ralentissement des importations alors que les droits de douane voulus par Donald Trump entraient en vigueur (-61,6 milliards de dollars).Sur le marchĂ© obligataire, le rendement des emprunts d’État amĂ©ricains Ă  10 ans restait quasiment stable, Ă  4,34%, contre 4,35% mercredi en clĂ´ture.Par ailleurs, “l’accent est mis, comme toujours, sur la politique commerciale”, avancent les analystes de Briefing.com.Dernier Ă©pisode en date: le prĂ©sident chinois Xi Jinping s’est entretenu jeudi par tĂ©lĂ©phone avec son homologue amĂ©ricain Donald Trump, a indiquĂ© un mĂ©dia d’État chinois. Les deux dirigeants ont discutĂ© “Ă  la demande” de M. Trump, a indiquĂ© l’agence de presse Chine nouvelle, sans fournir davantage de prĂ©cision dans l’immĂ©diat. Cette discussion intervient dans un contexte de fortes tensions commerciales et diplomatiques entre les deux puissances.”De tous les accords bilatĂ©raux, le plus important est celui avec la Chine”, les investisseurs attendent donc patiemment un signe de dĂ©veloppement, explique M. Low.Ailleurs, Ă  la cote, le gĂ©ant amĂ©ricain des produits mĂ©nagers et d’hygiène Procter & Gamble (P&G) perdait du terrain (-0,54% Ă  163,35 dollars) après avoir annoncĂ© jeudi la suppression de 7.000 postes dans le cadre d’un plan de restructuration, sur fond de guerre commerciale.La holding  PVH  Corp, qui contrĂ´le les marques Calvin Klein et Tommy Hilfiger plongeait de 18,14% Ă  66,20 dollars, minĂ©e par sa dĂ©cision de suspendre ses prĂ©visions annuelles en raison des tensions commerciale.Le groupe amĂ©ricain de produits d’hygiène Kimberly-Clark reculait de 2,37% Ă  135,15 dollars après avoir conclu jeudi un accord avec le fabricant de pâte Ă  papier brĂ©silien Suzano afin de “former un partenariat stratĂ©gique”, selon un communiquĂ©.Kimberly-Clark, Ă  qui appartient Kleenex, va vendre une part majoritaire de ses activitĂ©s liĂ©es Ă  la fabrication de mouchoirs, pour un montant d’environ 3,4 milliards de dollars.Circle, crĂ©ateur de la cryptomonnaie USDC, a levĂ© quelque 1,1 milliard de dollars Ă  l’occasion de son entrĂ©e en Bourse, pour une valorisation qui atteint 6,9 milliards de dollars, supĂ©rieure aux ambitions initiales de l’entreprise.Le groupe, qui va connaĂ®tre son premier jour de cotation Ă  la Bourse de New York jeudi, a annoncĂ© dans la nuit avoir vendu 34 millions d’actions ordinaires, Ă  un prix unitaire de 31 dollars. 

La filière de la rĂ©novation Ă©nergĂ©tique gronde contre la suspension de MaPrimeRĂ©nov’

LevĂ©e de boucliers contre la suspension de MaPrimeRĂ©nov’: la filière de la rĂ©novation Ă©nergĂ©tique tout entière s’inquiète de l’arrĂŞt temporaire des demandes d’aides et le secteur du bâtiment envisage des manifestations.Les ministres de l’Economie et du Logement ont confirmĂ© mercredi une fermeture “cet Ă©tĂ©” du guichet de dĂ©pĂ´t des dossiers de demande d’aide MaPrimeRĂ©nov’ pour les rĂ©novations Ă©nergĂ©tiques globales et les travaux d’isolation et de remplacement de chaudière ponctuels.Olivier Salleron, prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration française du bâtiment (FFB), juge la dĂ©cision du gouvernement de fermer ce guichet “injustifiable, inqualifiable”, risquant de  mettre “sur le carreau 100.000 salariĂ©s du secteur”.La FFB compte profiter de son congrès national le 13 juin pour “dĂ©cider des mesures Ă  prendre”, indique Olivier Salleron Ă  l’AFP. “Ca va gronder”, ajoute-t-il, manifestation, blocage, montage de grues dans des “lieux stratĂ©giques” Ă©tant envisagĂ©s. PrĂŞt Ă  participer Ă  la mobilisation, Peter Lehmann, chauffagiste dans les Hautes-Alpes prĂ©vient ainsi: “on n’a pas de tracteurs, mais on a des engins”. Il craint des consĂ©quences “catastrophiques en termes d’emploi”. MĂŞme volontĂ© de protester du cĂ´tĂ© du syndicat des artisans du bâtiment, la Capeb qui s’organise pour dĂ©finir “un mouvement” afin de “rĂ©agir fortement et dire notre mĂ©contentement”, selon son prĂ©sident Jean-Christophe Repon, interrogĂ© par Franceinfo. La rĂ©novation Ă©nergĂ©tique reprĂ©sente 30% de l’activitĂ© des adhĂ©rents de la FFB et 600.000 salariĂ©s, selon Olivier Salleron.  “Les TPE, PME, artisans, tout le monde est vent debout. Avec en plus la crise grave et historique du logement neuf, trop c’est trop, on ne va pas se laisser crever sans rien dire”, gronde-t-il.Colère identique chez les fabricants de pompes Ă  chaleur ou chauffe-eau dont certains “suspendent” dĂ©jĂ  leurs dĂ©cisions d’investissement dans des agrandissements d’usine, souligne Teoman Bakoglu, dĂ©lĂ©guĂ©-gĂ©nĂ©ral adjoint de la FIEEC qui regroupe les industries Ă©lectriques, Ă©lectroniques et de communication. “S’il n’y a plus de carnet de commandes, les usines s’arrĂŞtent” a-t-il dit Ă  l’AFP.Dans un communiquĂ© commun, 19 organisations professionnelles de la rĂ©novation Ă©nergĂ©tique expriment leur “stupĂ©faction” et leurs “inquiĂ©tudes”. “Sans stabilitĂ© du dispositif, a fortiori sans sa pĂ©rennisation, et sans sa simplification, ce sont des milliers d’entreprises d’installateurs, d’artisans du bâtiment, de distributeurs et d’emplois industriels qui sont directement fragilisĂ©s”, dĂ©noncent ces fĂ©dĂ©rations de professionnels du bâtiment, du chauffage, de l’Ă©nergie, de l’Ă©lectricitĂ© ou encore du gĂ©nie climatique.Le collectif de fĂ©dĂ©rations estime que la rĂ©union prĂ©vue vendredi au ministère de l’Economie pour discuter du marchĂ© de la rĂ©novation Ă©nergĂ©tique n’a “plus lieu d’être car sans objet dĂ©sormais” et demande Ă  ĂŞtre reçue par le Premier ministre, François Bayrou. – “FlĂ©au” de la fraude -La suspension concerne uniquement les nouveaux dossiers. “Les dossiers non frauduleux dĂ©posĂ©s avant la fermeture seront instruits et payĂ©s dans les meilleurs dĂ©lais, et une dĂ©marche d’accĂ©lĂ©ration de l’instruction sera mise en place”, a prĂ©cisĂ© le ministère chargĂ© du Logement.Les aides Ă  la rĂ©novation Ă©nergĂ©tique ont “besoin de stabilitĂ©”, assure Christophe Ferrari, prĂ©sident de la mĂ©tropole de Grenoble et vice-prĂ©sident d’IntercommunalitĂ©s de France, chargĂ© de l’habitat, pour qui cet Ă©nième changement du dispositif MaPrimeRĂ©nov’ est “la meilleure façon pour que les particuliers n’aillent pas dans la rĂ©novation Ă©nergĂ©tique”.”Les particuliers font leur budget et leurs travaux en fonction de MaPrimeRĂ©nov’, si demain ils n’y ont plus droit, ils vont rester dans leur passoire” Ă©nergĂ©tique, s’inquiète Christophe Perrier, Ă  la tĂŞte d’une entreprise de maĂ®trise d’oeuvre spĂ©cialisĂ©e en rĂ©novation, extension et neuf, Elaborplan. “Les gens n’ont pas les moyens de dĂ©penser des millions”.Cette pause du dispositif est motivĂ©e par “un encombrement (de nouvelles demandes, NDLR) en ce moment et un excès des fraudes”, selon Eric Lombard, ministre de l’Economie qui Ă©valuent Ă  “16.000” le nombre de “dossiers suspicieux”, soit “12% du stock”. En 2024, 44.172 dossiers frauduleux de demande d’aide MaPrimeRĂ©nov’ avaient Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©s par l’Agence nationale de l’habitat (Anah) avant leur mise en paiement, ce qui reprĂ©sentait 229 millions d’euros de fraudes Ă©vitĂ©es.

La BCE poursuit les baisses de taux face aux menaces sur la croissance

La Banque centrale europĂ©enne (BCE) a baissĂ© ses taux jeudi pour la huitième fois en un an, naviguant en pleine incertitude face aux menaces de droits de douane de Donald Trump et Ă  leurs rĂ©percussions sur l’inflation et la croissance de la zone euro.Le taux de dĂ©pĂ´t, principal instrument de rĂ©fĂ©rence, a Ă©tĂ© diminuĂ© d’un quart de point Ă  2,0%, un niveau que l’institution prĂ©sidĂ©e par Christine Lagarde ne juge plus pĂ©nalisant pour l’Ă©conomie. Depuis juin 2024, le reflux de l’inflation dans la zone euro a permis Ă  l’institution basĂ©e Ă  Francfort, en Allemagne, de lâcher du lest sur les taux, inversant un cycle de resserrement monĂ©taire amorcĂ© deux ans plus tĂ´t pour endiguer la flambĂ©e des prix, avec un taux de dĂ©pĂ´t atteignant le plus haut historique de 4,0%.Cette septième baisse d’affilĂ©e depuis septembre dernier intervient alors que “l’inflation se situe actuellement autour de l’objectif” de 2% de la BCE, a soulignĂ© cette dernière jeudi.Les inquiĂ©tudes se sont dĂ©placĂ©es vers la faiblesse persistante de l’activitĂ© Ă©conomique dans les vingt pays de la zone euro, oĂą l’atonie de la demande pourrait avoir des effets dĂ©flationnistes.”L’incertitude autour des politiques commerciales” freinera Ă  court terme l’investissement et les exportations, mais la hausse des investissements publics et la soliditĂ© du marchĂ© du travail soutiendront la croissance et la consommation, “rendant l’économie plus rĂ©sistante face aux chocs mondiaux”, a expliquĂ© la BCE.La principale menace vient du prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump, qui ne cesse de s’emporter contre l’important excĂ©dent commercial envers les États-Unis et maintient une forte incertitude quant Ă  l’ampleur du choc Ă  venir. Son ultimatum sur des taxes de 50% visant les produits europĂ©ens expire le 9 juillet.Washington a dĂ©jĂ  relevĂ© mercredi Ă  50% les droits de douane sur l’acier et l’aluminium du Vieux Continent. Une mesure “fortement” regrettĂ©e par le commissaire europĂ©en Maros Sefcovic, qui estime qu’elle complique les nĂ©gociations en cours entre les deux blocs.- Nouvelles prĂ©visions -“Compte tenu, singulièrement, du contexte actuel d’incertitudes exceptionnelles”, la BCE continue de vouloir rĂ©agir en fonction des “donnĂ©es”, “rĂ©union par rĂ©union”, a-t-elle notĂ© dans un communiquĂ©.Les donnĂ©es collectĂ©es depuis sa dernière rĂ©union d’avril ont confortĂ© les dĂ©cisions annoncĂ©es jeudi: l’inflation est retombĂ©e Ă  1,9% en mai dans la zone euro, en net ralentissement et sous la cible de 2% visĂ©e par la BCE.Ce recul s’explique notamment par la baisse des prix de l’Ă©nergie, mais mĂŞme hors Ă©nergie et autres prix volatils de l’alimentation, l’inflation sous-jacente a Ă©galement ralenti, Ă  2,3% sur un an en mai contre 2,7% en avril.La BCE a aussi relevĂ© que la progression des salaires “reste forte, mais continue de s’attĂ©nuer sensiblement”, Ă©loignant les craintes d’effets de “second tour” sur les prix.De nouvelles prĂ©visions macroĂ©conomiques ont Ă©tĂ© publiĂ©es jeudi, censĂ©es donner des indices sur la suite de la politique monĂ©taire.La BCE a revu en baisse ses prĂ©visions d’inflation pour 2025 et 2026, en raison de la baisse des prix de l’Ă©nergie et d’un euro plus fort. Elle a aussi abaissĂ© sa prĂ©vision de croissance Ă©conomique pour 2026.Pour cette annĂ©e, l’institution de Francfort a ramenĂ© sa prĂ©vision d’inflation Ă  sa cible de 2,0%, contre 2,3% prĂ©cĂ©demment. Cet indicateur devrait descendre Ă  1,6% en 2026 et atteindre 2,0% en 2027. Le PIB de la zone euro devrait croĂ®tre de 0,9% en 2025, comme estimĂ© en mars, mais ne grimper que d’1,1% l’an prochain, contre 1,2% prĂ©vu auparavant, en raison de “l’incertitude” liĂ©e aux droits de douanes du prĂ©sident Trump.La sĂ©rie de baisses des taux en zone euro tranche avec la position de la banque centrale amĂ©ricaine (Fed), qui maintient ses taux au-dessus de 4%, craignant que les mesures de M. Trump ne relancent l’inflation aux États-Unis.La Banque d’Angleterre suit une stratĂ©gie similaire.En zone euro, l’attention pourrait se dĂ©tourner au second semestre des tensions commerciales pour se concentrer sur la mise en Ĺ“uvre du plan de relance allemand, dont les effets sur la croissance et l’inflation en Europe après 2025 seront scrutĂ©s de près.

En Birmanie, le combat d’une tribu contre un projet chinois de mine de plomb

Dans les collines birmanes, un projet chinois d’extraction de plomb, encouragĂ© par le boom des batteries Ă©lectriques, menace de dĂ©truire les moyens de subsistance d’une petite tribu qui a organisĂ© sa dĂ©fense, par crainte de “disparaĂ®tre”.”Nous n’avons pas le projet d’Ă©changer ce que nos ancĂŞtres nous ont lĂ©guĂ© pour de l’argent. Cette terre est la dignitĂ© de notre tribu”, affirme Khun Khine Min Naing, qui mène le mouvement de rĂ©volte.”Nous ne faisons que demander des droits indigènes qui nous sont dus”, met en avant le jeune homme de 24 ans.Depuis avril, des centaines de membres de l’ethnie Pradawng dĂ©filent rĂ©gulièrement sur les chemins de terre battue contre le projet d’extraire du plomb sur leurs terres, qui risque de transformer le paysage Ă  jamais, sans aucune forme de bĂ©nĂ©fice pour eux.La tribu, proche culturellement des Karens, revendique 3.000 membres sur un territoire qu’elle occupe depuis près de quatre siècles dans l’Etat Shan (Est), près de Pekon.Mais leurs voix rĂ©sonnent dans le vide, dans le contexte de la guerre civile qui a rĂ©duit en lambeaux la Birmanie, oĂą des groupes privĂ©s font leurs affaires sans ĂŞtre trop inquiĂ©tĂ©s. Une entreprise birmane, Four Star Company, connectĂ©e Ă  une milice locale, et son partenaire chinois ont l’ambition de dĂ©velopper une importante mine de plomb. Depuis fĂ©vrier, d’imposantes machines occupent le site, en vue des travaux.Les Pradawng, qui assurent ne pas avoir Ă©tĂ© consultĂ©s, habitent un village, Thi Kyeik, en contrebas de la future mine – un endroit vulnĂ©rable aux pollutions gĂ©nĂ©rĂ©es par l’activitĂ© minière.L’extraction de plomb, un mĂ©tal toxique particulièrement nocif pour les jeunes enfants et les femmes en âge de procrĂ©er, contamine les sols et l’eau, a prĂ©venu l’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS).- PrĂ©sence chinoise -“Nous ne voulons pas laisser cette terre endommagĂ©e pour la prochaine gĂ©nĂ©ration”, a insistĂ© Khun Khine Min Naing. “Nous ne voulons pas ĂŞtre considĂ©rĂ©s comme des criminels aux yeux de l’histoire.”En manifestant Ă  l’aide de pancartes, les Pradawng s’exposent Ă  une violente rĂ©ponse de gardes armĂ©s.Selon les Pradawng, Four Star Company opère dans la rĂ©gion depuis 20 ans, avec l’aval d’une milice locale, le Kayan New Land Party, qui a conclu un cessez-le-feu avec l’armĂ©e birmane.Son partenaire chinois, longtemps cachĂ© aux habitants, est difficile Ă  identifier.Le conflit qui a Ă©clatĂ© après le coup d’Etat du 1er fĂ©vrier 2021 a fragmentĂ© la Birmanie, oĂą des dizaines de groupes armĂ©s, en plus de la junte, imposent leur loi, dans des conditions plus ou moins opaques, qui profitent aux trafics en tous genres.Dans ce contexte, des Chinois ont investi dans les riches ressources naturelles du pays: jades et autres pierre prĂ©cieuses, bois de teck, minerais.Le plomb est recherchĂ© pour construire des batteries, largement utilisĂ©es par le secteur automobile.Sur l’annĂ©e 2023, quelque 98% des exportations birmanes de plomb sont allĂ©es en Chine, a notĂ© la Banque mondiale. Mais le volume des Ă©changes, estimĂ© Ă  20 millions de dollars, ou 50.000 tonnes, pourrait ĂŞtre sous-Ă©valuĂ© du fait de la prĂ©dominance du marchĂ© noir.Une analyse par imagerie satellite d’un seul site Ă  la frontière chinoise par le Centre pour la rĂ©silience de l’information, basĂ© en Grande-Bretagne, a montrĂ© que celui-ci avait presque doublĂ© entre 2018 et 2024, donnant une idĂ©e de la dynamique.- “Aucune loi” -“Nous risquons de disparaĂ®tre”, assure Khun Aung Naing Soe, 32 ans, un leader de la tribu.”Il n’y a aucune loi qui protège le peuple”, affirme-t-il.Le prix d’une tonne de plomb raffinĂ© se situe autour de 2.000 dollars sur le marchĂ© mondial.Les Pradawng craignent que seule la pollution ne ruisselle de l’activitĂ© minière, pas les profits.”Ils essayent de nĂ©gocier avec nous en nous promettant des bĂ©nĂ©fices, mais on a dĂ©cidĂ© avec courage de repousser leur offre”, a expliquĂ© le leader des manifestations, Khun Khine Min Naing.Durant les nĂ©gociations, la tribu a senti que ses interlocuteurs allaient dĂ©buter leurs opĂ©rations “par tous les moyens”, a-t-il poursuivi.Des signes avant-coureurs de dommages environnementaux sont dĂ©jĂ  visibles, selon les riverains.Les habitants ont remarquĂ© une augmentation des inondations et des coulĂ©es de boue qui ont emportĂ© des maisons entières, car le rythme de l’exploitation minière dans la rĂ©gion s’est accĂ©lĂ©rĂ© ces dernières annĂ©es.Mu Ju July, 19 ans, gagne pĂ©niblement sa vie en fouillant les terrils Ă  la recherche de morceaux de plomb. “Si nous donnons notre autorisation, nous ne serons tranquilles que pendant un ou deux ans”, estime-t-elle. “Il ne restera que des pierres lorsque le moment sera venu pour nos enfants.”

La filière de la rĂ©novation Ă©nergĂ©tique vent debout contre la suspension de MaPrimeRĂ©nov’

LevĂ©e de boucliers contre la suspension de MaPrimeRĂ©nov’, la filière de la rĂ©novation Ă©nergĂ©tique tout entière s’inquiète de l’arrĂŞt temporaire des demandes d’aides Ă  la rĂ©novation Ă©nergĂ©tique et le secteur du bâtiment envisage des manifestations.Les ministres de l’Economie et du Logement ont confirmĂ© mercredi une fermeture “cet Ă©tĂ©” du guichet de dĂ©pĂ´t des dossiers de demande d’aide MaPrimeRĂ©nov’ pour les rĂ©novations Ă©nergĂ©tiques globales et les travaux d’isolation et de remplacement de chaudière isolĂ©s.Dans un communiquĂ© commun, une vingtaine de fĂ©dĂ©rations exprime leur “stupĂ©faction” et leurs “inquiĂ©tudes”. Elles estiment que la rĂ©union prĂ©vue vendredi au ministère de l’Economie pour discuter du marchĂ© de la rĂ©novation Ă©nergĂ©tique n’a “plus lieu d’être car sans objet dĂ©sormais” et demandent Ă  ĂŞtre reçue par le Premier ministre, François Bayrou. Olivier Salleron, prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration française du bâtiment (FFB), juge la dĂ©cision du gouvernement de fermer le guichet de dĂ©pĂ´ts de demande d’aides MaPrimeRĂ©nov’ “injustifiable, inqualifiable”, risquant de  mettre “sur le carreau 100.000 salariĂ©s du secteur”. “Sans stabilitĂ© du dispositif, a fortiori sans sa pĂ©rennisation, et sans sa simplification, ce sont des milliers d’entreprises d’installateurs, d’artisans du bâtiment, de distributeurs et d’emplois industriels qui sont directement fragilisĂ©s”, dĂ©noncent les 19 organisations professionnelles, reprĂ©sentant des fĂ©dĂ©rations de professionnels du chauffage, de l’Ă©nergie, de l’Ă©lectricitĂ© et du gĂ©nie climatique.La FFB compte profiter de son congrès national le 13 juin pour “dĂ©cider des mesures Ă  prendre”, indique Olivier Salleron Ă  l’AFP. “Ca va gronder”, ajoute-t-il, manifestation, blocage, montage de grues dans des “lieux stratĂ©giques” Ă©tant envisagĂ©s. MĂŞme volontĂ© de protester du cĂ´tĂ© du syndicat des artisans du bâtiment, la Capeb qui s’organise pour dĂ©finir “un mouvement” afin de “rĂ©agir fortement et dire notre mĂ©contentement”, selon son prĂ©sident Jean-Christophe Repon, interrogĂ© par Franceinfo. La rĂ©novation Ă©nergĂ©tique reprĂ©sente 30% de l’activitĂ© des adhĂ©rents de la FFB et 600.000 salariĂ©s, selon Olivier Salleron.  “Les TPE, PME, artisans, tout le monde est vent debout. Avec en plus la crise grave et historique du logement neuf, trop c’est trop, on ne va pas se laisser crever sans rien dire”, gronde-t-il. – “FlĂ©au” de la fraude -La suspension concerne uniquement les nouveaux dossiers. “Les dossiers non frauduleux dĂ©posĂ©s avant la fermeture seront instruits et payĂ©s dans les meilleurs dĂ©lais, et une dĂ©marche d’accĂ©lĂ©ration de l’instruction sera mise en place”, a prĂ©cisĂ© le ministère chargĂ© du Logement.”Les mĂ©nages veulent rĂ©nover performant. Les artisans sont prĂŞts. Mais l’État, par ces annonces, n’est pas Ă  la hauteur des enjeux sociaux, Ă©nergĂ©tiques et Ă©cologiques”, critique Vincent Legrand, prĂ©sident de DorĂ©mi, sociĂ©tĂ© spĂ©cialisĂ©e dans la rĂ©novation Ă©nergĂ©tique des maisons.”Les particuliers font leur budget et leurs travaux en fonction de MaPrimeRĂ©nov’, si demain ils n’y ont plus droit, ils vont rester dans leur passoire” Ă©nergĂ©tique, s’inquiète Christophe Perrier, Ă  la tĂŞte d’une entreprise de maĂ®trise d’oeuvre spĂ©cialisĂ©e en rĂ©novation, extension et neuf, Elaborplan. “Les gens n’ont pas les moyens de dĂ©penser des millions”.Cette pause du dispositif est motivĂ©e par “un encombrement (de nouvelles demandes, NDLR) en ce moment et un excès des fraudes”, selon Eric Lombard, ministre de l’Economie qui Ă©valuent Ă  “16.000” le nombre de “dossiers suspicieux”, soit “12% du stock”. Jean-Christophe Repon voit comme une “bonne chose” que le gouvernement s’attaque au “flĂ©au” de la fraude, “Ă  condition que pour une fois il Ă©coute les artisans du bâtiment pour crĂ©er les conditions d’un marchĂ© de la rĂ©novation Ă©nergĂ©tique vertueux”.”Ce qui ne pose pas problème, c’est la rĂ©novation par geste”, qui dĂ©signe la rĂ©alisation d’un seul type de travaux de rĂ©novation thermique, “il faut la continuer, elle fait travailler les artisans”, rĂ©clame Olivier Salleron. Pierre-Marie Perrin, directeur des affaires publiques du groupe Hellio, entreprise de rĂ©novation Ă©nergĂ©tique dit comprendre “la volontĂ© du gouvernement d’assainir le dispositif des fraudes massives dont il est victime”, mais regrette “la confusion provoquĂ©e” par les rĂ©centes annonces, “au dĂ©triment des acteurs qui la font vivre, avec pour premières victimes les mĂ©nages modestes”. 

Lula entame une visite en France, Mercosur et crises mondiales en toile de fond

Le prĂ©sident brĂ©silien Luiz Inácio Lula da Silva a dĂ©butĂ© jeudi une visite en France au cours de laquelle seront abordĂ©s les crises internationales ainsi que l’accord de libre-Ă©change entre l’UE et le Mercosur, auquel Paris est fermement opposĂ©.Il s’agit de la première visite d’Etat en France d’un prĂ©sident brĂ©silien depuis 2012, et elle intervient Ă  quelques mois de la COP30 organisĂ©e par le BrĂ©sil en novembre prochain.Le prĂ©sident français Emmanuel Macron a accueilli son homologue brĂ©silien avec une cĂ©rĂ©monie aux Invalides, au cours de laquelle ils ont passĂ© les troupes en revue. Les deux dirigeants, qui entretiennent des relations chaleureuses malgrĂ© les diffĂ©rends, auront ensuite un dĂ©jeuner de travail, suivi d’un dĂ®ner d’Etat dans la soirĂ©e.La visite de M. Lula, qui avait lui-mĂŞme accueilli son homologue français en mars 2024, vise selon le prĂ©sident brĂ©silien Ă  “renforcer” les liens stratĂ©giques entre les deux pays. Une douzaine d’accords de coopĂ©ration dans les domaines de l’environnement, de la technologie, de la dĂ©fense, de l’Ă©nergie et de la santĂ© devraient ĂŞtre signĂ©s.- Crises internationales -Dans le contexte mondial mouvementĂ©, marquĂ© notamment par les surtaxes douanières imposĂ©es par le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump Ă  ses partenaires, et par les guerres en Ukraine et au Proche-Orient, “il est d’autant plus important de retrouver des convergences avec le BrĂ©sil, un grand Etat Ă©mergent” qui assure cette annĂ©e la prĂ©sidence tournante du bloc de pays Ă©mergents des Brics, a soulignĂ© l’ElysĂ©e.La France compte notamment sur la mobilisation du BrĂ©sil, qui a reconnu l’Etat palestinien en 2010, pour peser sur l’issue de la confĂ©rence organisĂ©e par la France et l’Arabie saoudite Ă  l’ONU mi-juin, visant Ă  redonner un Ă©lan Ă  une solution politique au conflit israĂ©lo-palestinien.”Il n’y aura pas de paix tant qu’on n’aura pas conscience que le peuple palestinien a droit Ă  son Etat”, a dĂ©clarĂ© Lula mardi, quelques heures avant son dĂ©part pour Paris.”C’est justement en raison des souffrances du peuple juif dans son histoire que le gouvernement d’IsraĂ«l devrait traiter le peuple palestinien avec humanisme et bon sens”, a ajoutĂ© le prĂ©sident brĂ©silien, qualifiant l’offensive israĂ©lienne Ă  Gaza de “gĂ©nocide”, comme il l’avait dĂ©jĂ  fait Ă  plusieurs reprises par le passĂ©.Concernant l’Ukraine, la France “compte prĂ©senter au prĂ©sident Lula l’Ă©tat du dossier”, avec “une partie agressĂ©e qui est prĂŞte Ă  la paix, et une autre partie, l’agresseur, qui refuse toute proposition de paix ou de dialogue”.Le BrĂ©sil continue d’entretenir de bonnes relations avec la Russie et Lula Ă©tait Ă  Moscou le 9 mai pour les commĂ©morations de la victoire contre l’Allemagne nazie, oĂą il a Ă©tĂ© reçu par le prĂ©sident russe Vladimir Poutine.- Mercosur – L’accord de libre Ă©change entre l’UE et des pays d’AmĂ©rique latine sera en toile de fond de la visite de Lula en France.Cet accord avec l’Argentine, le BrĂ©sil, l’Uruguay et le Paraguay doit permettre Ă  l’UE d’exporter notamment plus de voitures, de machines et de spiritueux, en Ă©change de l’entrĂ©e de viandes, sucre, riz, miel ou soja sud-amĂ©ricains.Paris s’oppose Ă  cet accord “dans sa forme actuelle”, contrairement Ă  d’autres pays europĂ©ens comme l’Allemagne ou l’Espagne.A la veille du dĂ©but de la visite du prĂ©sident brĂ©silien, des dĂ©putĂ©s français ont rĂ©uni mercredi plusieurs filières agricoles Ă  l’AssemblĂ©e pour rĂ©affirmer leur opposition Ă  l’accord.Jean-François Guihard, prĂ©sident de l’interprofession du bĂ©tail et des viandes (Interbev), a notamment appelĂ© Emmanuel Macron Ă  ĂŞtre “extrĂŞmement ferme” face au prĂ©sident brĂ©silien “pour dire que cet accord n’est pas possible”.Mais en pleine guerre commerciale avec les Etats-Unis, “il y a un nouveau contexte international” qui devrait pousser en faveur de l’accord, selon la diplomatie brĂ©silienne.Après sa visite Ă  Paris, le prĂ©sident brĂ©silien participera le 8 juin Ă  un sommet Ă©conomique Ă  Monaco, puis sera Ă  Nice le 9 avec le prĂ©sident Macron pour l’ouverture de la confĂ©rence de l’ONU sur les ocĂ©ans.

Suspension de MaPrimeRĂ©nov’: la filière de la rĂ©novation Ă©nergĂ©tique exprime sa “stupĂ©faction”, manifestations envisagĂ©es

Une vingtaine de fĂ©dĂ©rations de la filière de la rĂ©novation Ă©nergĂ©tique expriment jeudi leur “stupĂ©faction” et leurs “inquiĂ©tudes” après la suspension du dispositif d’aides publiques MaPrimeRĂ©nov’, et le secteur du bâtiment envisage des manifestations.Dans un communiquĂ© commun, la filière estime que la rĂ©union prĂ©vue vendredi au ministère de l’Economie pour discuter du marchĂ© de la rĂ©novation Ă©nergĂ©tique n’a “plus lieu d’être car sans objet dĂ©sormais” et demande Ă  ĂŞtre reçue par le Premier ministre, François Bayrou. Olivier Salleron, prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration française du bâtiment (FFB), juge la dĂ©cision du gouvernement de fermer le guichet de dĂ©pĂ´ts de demande d’aides MaPrimeRĂ©nov’ “injustifiable, inqualifiable”, risquant de  mettre “sur le carreau 100.000 salariĂ©s du secteur”. “Sans stabilitĂ© du dispositif, a fortiori sans sa pĂ©rennisation, et sans sa simplification, ce sont des milliers d’entreprises d’installateurs, d’artisans du bâtiment, de distributeurs et d’emplois industriels qui sont directement fragilisĂ©s”, dĂ©noncent les 19 organisations professionnelles dans leur communiquĂ© commun, qui incluent des fĂ©dĂ©rations de professionnels du chauffage, de l’Ă©nergie, de l’Ă©lectricitĂ© et du gĂ©nie climatique.La FFB compte profiter de son congrès national vendredi 13 juin pour “dĂ©cider des mesures Ă  prendre”, indique Olivier Salleron Ă  l’AFP. “Ca va gronder”, ajoute-t-il, manifestation, blocage, montage de grues dans des “lieux stratĂ©giques” Ă©tant envisagĂ©s. MĂŞme volontĂ© de protester du cĂ´tĂ© du syndicat des artisans du bâtiment, la Capeb qui s’organise pour dĂ©finir “un mouvement” afin de “rĂ©agir fortement et dire notre mĂ©contentement”, selon son prĂ©sident Jean-Christophe Repon, interrogĂ© par Franceinfo. La rĂ©novation Ă©nergĂ©tique reprĂ©sente 30% de l’activitĂ© des adhĂ©rents de la FFB et 600.000 salariĂ©s, selon Olivier Salleron.  “Les TPE, PME, artisans, tout le monde est vent debout. Avec en plus la crise grave et historique du logement neuf, trop c’est trop, on ne va pas se laisser crever sans rien dire”, gronde-t-il.Â