Test

Le G7 se dĂ©chire sur le soutien Ă  l’Ukraine

Les Etats-Unis de Donald Trump se sont opposĂ©s Ă  une dĂ©claration forte sur l’Ukraine qui condamnerait la Russie, lors du sommet du G7 au Canada chamboulĂ© par le dĂ©part anticipĂ© du prĂ©sident amĂ©ricain en raison du conflit entre l’Iran et IsraĂ«l.Les six autres membres du G7 s’Ă©taient mis d’accord sur un “langage fort” mais une dĂ©claration conjointe aurait nĂ©cessitĂ© l’accord des États-Unis, selon une source gouvernementale canadienne.Ces derniers ont arguĂ© qu’ils voulaient prĂ©server leur capacitĂ© Ă  nĂ©gocier avec la Russie, a ajoutĂ© cette source.”Certains d’entre nous, y compris le Canada, auraient pu aller plus loin”, a reconnu le Premier ministre canadien Mark Carney, hĂ´te du G7, lors de sa confĂ©rence de presse finale. En insistant toutefois sur le fait que tous restent d’accord pour continuer Ă  exercer une pression sur la Russie, y compris par des sanctions financières.Le conflit en Ukraine Ă©tait l’un des axes majeurs de ce sommet dans les Rocheuses canadiennes auquel participait le prĂ©sident ukrainien venu pour plaider sa cause, notamment auprès de Donald Trump. Mais il a Ă©tĂ© en grande partie Ă©clipsĂ© par l’escalade du conflit au Moyen-Orient.Ainsi, Volodymyr Zelensky n’a pas eu la possibilitĂ© de croiser le prĂ©sident amĂ©ricain, avec lequel il a des relations houleuses, parti de façon anticipĂ©e. C’est avec les autres dirigeants de ce club des grandes dĂ©mocraties industrialisĂ©es (Italie, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Canada et Japon), qu’il a Ă©voquĂ© l’attaque meurtrière sur Kiev, signe pour lui que les alliĂ©s doivent renforcer leur aide.”Nous sommes prĂŞts pour les nĂ©gociations de paix, pour un cessez-le-feu inconditionnel. Pour cela, nous avons besoin de pression”, a dĂ©clarĂ© Volodymyr Zelensky. Dans la foulĂ©e, le Premier ministre canadien Mark Carney, hĂ´te du sommet, a annoncĂ© que son pays allait fournir une nouvelle aide militaire Ă  l’Ukraine pour 1,27 milliard d’euros, notamment pour des drones et des vĂ©hicules blindĂ©s.Il a redit “l’importance d’ĂŞtre solidaire de l’Ukraine” et “d’exercer une pression maximale sur la Russie, qui a refusĂ© de venir Ă  la table des nĂ©gociations”.- “Machine de guerre russe” -Ottawa a Ă©galement rejoint Londres pour renforcer les sanctions contre la “flotte fantĂ´me” russe de navires utilisĂ©s pour contourner les sanctions internationales sur ses ventes de pĂ©trole.”Ces sanctions frappent directement au cĹ“ur de la machine de guerre de Poutine, pour Ă©touffer sa capacitĂ© Ă  poursuivre sa guerre barbare en Ukraine”, a dĂ©clarĂ© le Premier ministre britannique Keir Starmer.Mais Donald Trump, qui vante Ă  chaque occasion sa relation privilĂ©giĂ©e avec le prĂ©sident russe Vladimir Poutine, n’a pas cachĂ© lundi son scepticisme face Ă  d’Ă©ventuelles nouvelles mesures contre Moscou.”Les sanctions, ce n’est pas si simple”, a-t-il lancĂ©, soulignant que toute nouvelle mesure aurait un coĂ»t “colossal” Ă©galement pour les Etats-Unis.”Évidemment, avec Trump absent, les discussions pourraient ĂŞtre un peu plus fluides, mais elles ont Ă©galement moins d’impact avec la nation la plus puissante absente”, a reconnu un diplomate d’une nation du G7 sous condition d’anonymat.- “Ils paieront” -De nombreux dirigeants prĂ©sents espĂ©raient pouvoir dĂ©samorcer l’offensive commerciale de Donald Trump, qui a imposĂ© des droits de douane de 10% minimum sur la plupart des produits importĂ©s aux Etats-Unis et menace d’augmenter encore le niveau des taxes, dĂ©stabilisant le monde.Ses propos sur le chemin du retour ont douchĂ© une partie des espoirs, mĂŞme si les Ă©changes sont restĂ©s courtois pendant le sommet. Comme Ă  son habitude, Donald Trump ne s’est pas privĂ© pour dĂ©cocher, dans l’avion du retour, plusieurs piques Ă  l’adresse des dirigeants qu’il venait de quitter.Il a notamment regrettĂ© que les EuropĂ©ens “ne proposent pas un accord juste pour le moment” pour apaiser la guerre commerciale avec les Etats-Unis, alors que la pause annoncĂ©e se termine le 9 juillet.”Soit nous trouvons un bon accord, soit ils paieront ce que nous leur dirons de payer”, a ajoutĂ© le prĂ©sident amĂ©ricain.Il a aussi Ă©trillĂ© Emmanuel Macron, un “chic type” mais qui “ne comprend jamais rien”, visiblement agacĂ© de voir ce dernier parler pour lui de ses projets de règlement du conflit entre IsraĂ«l et l’Iran. Mardi de retour Ă  Washington, Donald Trump a semblĂ© de nouveau durcir le ton sur ce dossier appelant Ă  une “capitulation sans conditions” de l’Iran.  Emmanuel Macron a averti que toute tentative de “changement de rĂ©gime” en Iran par la guerre entraĂ®nerait le “chaos” dans le pays.

Le dossier TikTok s’Ă©ternise, Trump va encore reporter l’Ă©chĂ©ance

La vente de TikTok, imposĂ©e par le Congrès amĂ©ricain, tarde Ă  se matĂ©rialiser, au point que Donald Trump va, une nouvelle fois, renvoyer la date butoir, fixĂ©e jeudi, faute de feu vert de la Chine.Après avoir dĂ©jĂ  reportĂ© l’Ă©chĂ©ance Ă  deux reprises de 75 jours, le prĂ©sident amĂ©ricain va prendre un nouveau dĂ©cret pour surseoir de 90 jours, cette fois, a annoncĂ© mardi la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.Le prĂ©sident amĂ©ricain “ne veut pas voir TikTok disparaĂ®tre”, a-t-elle dĂ©clarĂ©.Le rĂ©seau social reste, en effet, sous le coup d’une interdiction aux Etats-Unis, en vertu d’une loi votĂ©e au Congrès en 2024, si sa maison mère ByteDance n’en abandonne pas le contrĂ´le.Selon plusieurs mĂ©dias amĂ©ricains, un protocole avait bien Ă©tĂ© trouvĂ© dĂ©but avril. Il prĂ©voyait la sĂ©paration de TikTok US du groupe ByteDance, avec une recomposition du capital.Les parts dĂ©tenues par des investisseurs non chinois passaient de 60 Ă  80%, ByteDance conservant les 20% qu’elle possède actuellement.Le groupe informatique Oracle, qui hĂ©berge dĂ©jĂ  les donnĂ©es de TikTok US sur ses serveurs amĂ©ricains, devait ĂŞtre Ă  la manoeuvre, accompagnĂ©, notamment, par le gestionnaire d’actifs Blackstone ou l’entrepreneur Michael Dell.Mais l’annonce de droits de douane imposĂ©s par Donald Trump Ă  ses partenaires commerciaux, avec une note particulièrement salĂ©e pour la Chine, Ă  54% (plus tard relevĂ©s jusqu’Ă  145%), a bloquĂ© la transaction cĂ´tĂ© chinois.”Il nous faudra probablement l’accord de la Chine” d’ici mi-septembre, nouvelle date limite, a reconnu, mardi, Donald Trump. “Je pense que le prĂ©sident Xi finira par donner son feu vert.””TikTok n’est plus simplement un rĂ©seau social”, estime Shweta Singh, professeure Ă  l’universitĂ© britannique de Warwick. “C’est devenu un symbole de la rivalitĂ© technologique entre les Etats-Unis et la Chine.”- Toujours populaire -Si les deux pays se sont entendus, dĂ©but juin, sur un “cadre gĂ©nĂ©ral” pour normaliser leurs relations commerciales, le dossier TikTok reste en souffrance. La plateforme n’a pas rĂ©pondu aux sollicitations de l’AFP.Mais loin de pâtir de cette crise gĂ©opolitique, le rĂ©seau revendique toujours 170 millions d’utilisateurs aux Etats-Unis, dont 7,5 millions de comptes d’entreprises, des grands groupes aux PME.”A moins de prendre Trump Ă  rebrousse-poil, ils vont probablement continuer Ă  bien se porter”, anticipe Rob Enderle, analyste du cabinet Enderle Group. “Je ne vois pas de raison pour (le prĂ©sident) de s’en prendre Ă  TikTok maintenant.”Selon le site spĂ©cialisĂ© Appfigures, le rĂ©seau social est la deuxième application la plus tĂ©lĂ©chargĂ©e aux Etats-Unis derrière ChatGPT sur les tĂ©lĂ©phones Android.La mansuĂ©tude affichĂ©e par le milliardaire, qui a redit Ă  la chaĂ®ne NBC avoir “un petit faible pour TikTok”, a sensiblement diluĂ© l’urgence de la situation. Sur la plateforme, seuls quelques messages Ă©voquent, sans passion, la date du 19 juin, leurs auteurs convaincus d’un nouveau dĂ©lai Ă  venir.Le contraste est marquĂ© avec le dĂ©but d’annĂ©e, qui avait vu beaucoup d’influenceurs prĂ©parer leur migration vers d’autres cieux, en particulier Instagram ou YouTube.DĂ©but mai, sur NBC, Donald Trump affirmait encore pouvoir intĂ©grer le volet TikTok aux nĂ©gociations plus larges avec la Chine sur le commerce, pour en faire une sorte de bonus, mais les deux sujets semblent aujourd’hui bien dissociĂ©s.D’autres candidats Ă  un rachat de la plateforme s’Ă©taient positionnĂ©s en dĂ©but d’annĂ©e, en particulier le “Project Liberty” de l’entrepreneur Frank McCourt et la start-up d’intelligence artificielle (IA) gĂ©nĂ©rative Perplexity AI, chacun voulant intĂ©grer l’application Ă  un modèle plus large.Le premier n’a pas rĂ©pondu Ă  une demande de l’AFP, tandis que le second s’est refusĂ© Ă  tout commentaire.Le mystère demeure sur le fameux algorithme de recommandation de TikTok, dont la sophistication explique, en grande partie, le succès de la plateforme.Pour l’instant, ByteDance n’a encore jamais acceptĂ© le principe d’une cession de ce bijou technologique, rĂ©clamĂ©e par le Congrès, qui s’inquiète de l’utilisation de donnĂ©es par la Chine ou d’une tentative d’influence de l’opinion amĂ©ricaine.Mais Ă  l’approche de la limite de jeudi, les Ă©lus du Congrès, pourtant très remontĂ©s il y a quelques mois, ont semblĂ© se dĂ©sintĂ©resser dĂ©sormais du dossier.

Retraites: toujours pas de fumĂ©e blanche, le “conclave” prolongĂ© jusqu’au 23 juin

EntamĂ© il y a trois mois et demi, le “conclave” sur les retraites n’a pas dĂ©bouchĂ© sur un accord mardi, date butoir prĂ©vue, et une nouvelle – et ultime – rĂ©union a Ă©tĂ© annoncĂ©e pour le 23 juin, avec beaucoup de flou sur le contenu et les participants.A l’issue d’une longue journĂ©e de tensions et de grincements de la part des syndicats, et alors qu’il Ă©tait quasiment minuit, la CFDT et la CFTC, deux des partenaires sociaux Ă  la table des nĂ©gociations depuis le 27 fĂ©vrier, ont annoncĂ© cet ultime round.Et ce malgrĂ© la volontĂ© affichĂ©e en dĂ©but de journĂ©e par la CFDT de conclure comme prĂ©vu les nĂ©gociations ce mardi, malgrĂ© la proposition du Premier ministre lundi d’accorder quelques jours supplĂ©mentaires aux cinq partenaires encore prĂ©sents: CFDT, CFTC, CFE-CGC cĂ´tĂ© syndical, Medef et CPME cĂ´tĂ© patronal. “On va rĂ©flĂ©chir si on vient entièrement le 23, ou qu’au dĂ©but, ou pas du tout”, a toutefois prĂ©cisĂ© Pascale Coton, nĂ©gociatrice de la CFTC, “en colère” devant la tournure prise par la concertation mardi. Dans la foulĂ©e, le Medef, principal reprĂ©sentant du patronat et accusĂ© par les syndicats d’ĂŞtre Ă  l’origine du blocage, a Ă©galement indiquĂ© ne pas avoir dĂ©cidĂ© s’il serait autour de la table lundi.”J’irai devant nos instances pour voir avec elles notre conduite, savoir si nous allons Ă  la rĂ©union”, a confiĂ© Ă  la presse sa nĂ©gociatrice, Diane Milleron-Deperrois.- NĂ©gociation “plantĂ©e” -Une conclusion un peu confuse, loin de l’accord que Matignon avait promis de soumettre au Parlement, au terme d’une journĂ©e de discussions laborieuses, dont le refrain avait Ă©tĂ© entonnĂ© dès la mi-journĂ©e: “La nĂ©gociation n’a pas avancĂ©”, avait ainsi brossĂ© peu avant midi Yvan Ricordeau, reprĂ©sentant de la CFDT, agitant le spectre d’un Ă©chec.EntamĂ©es Ă  9h30, les discussions se sont arrĂŞtĂ©es Ă  11h30, le temps d’un long dĂ©jeuner pour chaque camp. “L’après-midi, on a repris Ă  15h, on a parlĂ© de pĂ©nibilitĂ©, puis Ă  16h, il y a eu une interruption de sĂ©ance de deux heures Ă  la demande du patronat et ils reviennent pour proposer… rien”, a regrettĂ© en soirĂ©e Christelle Thieffinne, nĂ©gociatrice de la CFE-CGC. La concertation a repris vers 18h00. Avec une partie patronale qui “plante la nĂ©go”, selon l’accusation lancĂ©e par la reprĂ©sentante de la CFE-CGC, qui a dĂ©crit une “ambiance tendue”. Pas question pour autant pour ce syndicat de partir: “C’est Ă  eux, la partie patronale, de nous dire qu’ils refusent d’avancer”.Lors de cette longue journĂ©e, les syndicats ont rappelĂ© qu’ils voulaient en particulier obtenir que la pĂ©nibilitĂ© et l’usure soient prises en compte pour pouvoir partir avant 64 ans, l’âge lĂ©gal fixĂ© par la rĂ©forme Borne de 2023.  Parmi les autres “points durs”, la CFTC a Ă©galement mis comme “ligne rouge” – objectif impĂ©ratif – le passage Ă  66 ans de l’âge de dĂ©part sans dĂ©cote (contre 67 ans), Ă©galement rejetĂ© par le patronat.- “Prime” seniors enterrĂ©e -Les syndicats ont en tout cas enterrĂ© la proposition sortie du chapeau lundi par François Bayrou d’une “prime” pour inciter les salariĂ©s seniors Ă  retarder leur dĂ©part Ă  la retraite.”Ce n’est ni une demande d’une organisation syndicale, ni d’une organisation patronale. Elle n’a fait l’objet d’aucun chiffrage et d’aucune Ă©tude de faisabilitĂ©, et pour l’instant, elle n’a pas Ă©tĂ© Ă©voquĂ©e”, a soulignĂ© Yvan Ricordeau Ă  la mi-journĂ©e.MĂŞme si cela ne faisait pas grand mystère depuis le dĂ©but, le Medef a entĂ©rinĂ© le 10 juin qu’il ne bougerait pas sur l’âge de dĂ©part Ă  64 ans. Ce qui n’est pas forcĂ©ment une fin de non-recevoir pour les syndicats. Tout dĂ©pendra de ce que le patronat peut lâcher en termes de carrière des femmes, de pĂ©nibilitĂ©, ou d’augmentation de cotisations sociales.La rĂ©ussite ou non de ce “conclave” est un instant de vĂ©ritĂ© pour le Premier ministre, qui avait lancĂ© ce nouveau format de discussions après un compromis nouĂ© avec les socialistes pour Ă©viter une censure du gouvernement.L’idĂ©e de ce conclave Ă©tait principalement de rendre moins impopulaire la rĂ©forme des retraites Borne de 2023, qui porte progressivement de 62 Ă  64 ans le dĂ©part Ă  la retraite. Tout en visant l’Ă©quilibre financier, alors que le dĂ©ficit du système est annoncĂ© Ă  6,6 milliards d’euros en 2030.FO avait claquĂ© la porte dès la première rĂ©union le 27 fĂ©vrier, la CGT et l’U2P (organe patronal pour les artisans) avaient Ă  leur tour quittĂ© mi-mars ce processus prĂ©vu initialement pour s’achever le 28 mai.

Wall Street plombée par le conflit Iran-Israël et la consommation américaine

La Bourse de New York a terminĂ© dans le rouge mardi, freinĂ©e par l’hypothèse d’une implication amĂ©ricaine dans le conflit entre l’Iran et IsraĂ«l et par une baisse de la consommation aux Etats-Unis en mai.Le Dow Jones a reculĂ© de 0,70%, l’indice Nasdaq a perdu 0,91% et l’indice Ă©largi S&P 500 a lâchĂ© 0,84%.Les investisseurs “continuent Ă  avoir du mal Ă  comprendre si la situation entre IsraĂ«l et l’Iran est en train de s’aggraver ou de se dĂ©samorcer”, juge auprès de l’AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.Le prĂ©sident amĂ©ricain, Donald Trump, a affirmĂ© mardi que les Etats-Unis ne tueraient pas le guide suprĂŞme iranien “pour le moment”, et semblĂ© demander une reddition iranienne, au cinquième jour de la confrontation militaire dĂ©clenchĂ©e entre TĂ©hĂ©ran et IsraĂ«l par une attaque israĂ©lienne.  Avant une rĂ©union dans la soirĂ©e de son conseil de sĂ©curitĂ©, Donald Trump a Ă©crit mardi “capitulation sans conditions”, dans un message en deux mots sur sa plateforme Truth Social. Les acteurs de marchĂ© sont particulièrement attentifs Ă  l’Ă©volution de la situation au Moyen-Orient en raison de l’importance de la rĂ©gion pour le pĂ©trole mondial.”L’Iran produit près de trois millions de barils de pĂ©trole par jour”, rappelle Art Hogan.”Si cette situation devait s’aggraver et que cet approvisionnement Ă©tait retirĂ© de l’offre mondiale, on assisterait probablement Ă  un plus grand bond des prix du pĂ©trole et ce serait un frein Ă©conomique pour tout le monde”, ajoute l’analyste.Le baril de WTI amĂ©ricain a dĂ©jĂ  bondi de 10% depuis l’attaque israĂ©lienne sur le territoire iranien vendredi.L’Iran borde par ailleurs le dĂ©troit d’Ormuz, un passage Ă©troit par lequel transite près de 20% du pĂ©trole mondial.A Wall Street, les investisseurs ont aussi quelque peu Ă©tĂ© refroidis par le dĂ©clin plus fort qu’attendu des ventes au dĂ©tail aux Etats-Unis le mois dernier.Ce sont des secteurs de premier plan comme l’automobile, le bâtiment et la restauration qui ont le plus flanchĂ©. Selon Michael Pearce, Ă©conomiste chez Oxford Economics, “les annonces de droits de douane ont eu un impact net sur la planification des grosses dĂ©penses”, ce qui avait poussĂ© la consommation en avril.La production industrielle au mois de mai a Ă©galement plus reculĂ© qu’anticipĂ© par les marchĂ©s, Ă  -0,2%, selon des donnĂ©es publiĂ©es mardi.”La combinaison de donnĂ©es Ă©conomiques nĂ©gatives et d’une situation de plus en plus compliquĂ©e en matière d’affaires Ă©trangères a incitĂ© les acteurs du marchĂ© Ă  adopter une attitude de rĂ©duction des risques”, note Jose Torres, d’Interactive Brokers.Dans ce contexte, sur le marchĂ© obligataire, le rendement des emprunts d’État amĂ©ricains Ă  10 ans se dĂ©tendait Ă  4,39%, contre 4,45% lundi en clĂ´ture.Au tableau des valeurs, les sociĂ©tĂ©s du secteur de l’Ă©nergie solaire ont dĂ©vissĂ© en raison de l’avancement au Congrès amĂ©ricain du mĂ©gaprojet de loi budgĂ©taire de Donald Trump qui supprime une grande partie des incitations fiscales aux Ă©nergies renouvelables, en particulier celles pour le solaire et l’Ă©olien. Vers 13H55 GMT, Enphase Energy a plongĂ© de 24,10%, First Solar de 17,89%, Sunrun a dĂ©vissĂ© de plus de 40% et SolarEdge Technologies de plus de 33%.Le rĂ©seau social Reddit (+6,05% Ă  133,84 dollars) a Ă©tĂ© recherchĂ© après le lancement d’outils publicitaires propulsĂ©s par l’intelligence artificielle (IA). La compagnie aĂ©rienne JetBlue (-7,88% Ă  4,21 dollars) a elle Ă©tĂ© sanctionnĂ©e pour ses nouvelles coupes budgĂ©taires en raison d’une demande moins forte qu’attendu qui menace ses marges d’exploitation. Dans son sillage, la plupart des valeurs du secteurs ont reculĂ© Ă  l’image d’American Airlines (-3,12%), Delta (-4,33%) ou United Airlines (-6,18%).

Abaisser le prix plafond sur le pĂ©trole russe n’est plus une prioritĂ© selon von der Leyen

L’abaissement du plafond du prix de vente du baril de pĂ©trole russe, un temps envisagĂ©, n’est plus prioritĂ© du fait de la hausse du cours du pĂ©trole, a dĂ©clarĂ© mardi la prĂ©sidente de la Commission europĂ©enne (CE), Ursula von der Leyen, en marge du sommet du G7 au Canada.La CE envisageait jusqu’ici d’inclure le passage du plafond de 60 dollars Ă  45 dollars Ă  son prochain “paquet” de sanctions, afin de rĂ©duire encore les capacitĂ©s de la Russie Ă  financer sa guerre en Ukraine.Si le plafond actuel “avait peu d’effet” jusqu’ici du fait de la baisse du cours du pĂ©trole, “la hausse des prix observĂ©e ces derniers jours rend toute sa pertinence” Ă  la limite de 60 dollars, a dĂ©clarĂ© Ă  la presse Mme von der Leyen.”Il n’y a donc pas dans l’immĂ©diat de pression pour abaisser encore le plafond existant”, a-t-elle ajoutĂ©.Ce plafonnement Ă©tait une initiative du G7, fin 2022, dans le but de rĂ©duire les apports financiers en faveur de la Russie en crĂ©ant les conditions pour empĂŞcher les compagnies de transport maritime et d’assurance, principalement occidentales, de faire affaire avec la Russie au-delĂ  de ce prix par baril.Selon la cheffe de la diplomatie europĂ©enne Kaja Kallas, le seuil de 60 dollars a permis de rĂ©duire de 30% les revenus pĂ©troliers de la Russie, essentiels au financement de sa guerre contre l’Ukraine.La Russie a cependant constituĂ© une flotte “fantĂ´me” de pĂ©troliers pour contourner cette interdiction, estimĂ©e Ă  plus de 500 navires, que l’UE a dĂ©jĂ  pris pour cible.La CE espĂ©rait convaincre Donald Trump d’accepter d’abaisser Ă  45 dollars ce plafond mais la guerre entre IsraĂ«l et l’Iran a fait passer le sujet au second plan et le prĂ©sident amĂ©ricain a quittĂ© le sommet prĂ©maturĂ©ment du fait de la crise.L’UE envisage Ă©galement d’ajouter 22 autres banques russes Ă  sa liste d’institutions financières privĂ©es d’accès au marchĂ© international des capitaux via le système Swift. Elle veut aussi ajouter d’autres sociĂ©tĂ©s, y compris de Chine, Ă  la liste noire de celles qui aident l’armĂ©e russe Ă  contourner les sanctions dĂ©jĂ  en place.M. Trump ne souhaite de son cĂ´tĂ© pas imposer de nouvelle sanction Ă  la Russie, malgrĂ© l’absence d’engagement de la part de Vladimir Poutine en faveur d’un cessez-le-feu avec l’Ukraine.Mais “le fait que nous ayons un nouveau paquet, renforcĂ©, de sanctions Ă  l’encontre de la Russie est la preuve” de l’engagement de l’Europe aux cĂ´tĂ©s de l’Ukraine, a insistĂ© Ursula von der Leyen.

La nuit tombe sur un “conclave” des retraites devenu labyrinthe

EntamĂ© il y a trois mois et demi, le conclave sur les retraites entre partenaires sociaux, impulsĂ© par François Bayrou, n’avait toujours pas trouvĂ© d’issue mardi en fin de soirĂ©e, date butoir de la concertation.”J’ai abordĂ© l’aspect cotisations et la partie patronale nous a dit +vous savez, augmenter les cotisations, c’est non+: donc en gros, on n’a pas Ă  leur poser la question”, s’est dĂ©solĂ©e Christelle Thieffinne nĂ©gociatrice de la CFE-CGC, venue parler Ă  la presse en soirĂ©e.Ce fut le refrain de la journĂ©e: “la nĂ©gociation n’a pas avancĂ©”, a ainsi brossĂ© peu avant midi, Yvan Ricordeau, reprĂ©sentant de la CFDT, qui a agitĂ© le spectre d’un Ă©chec.EntamĂ©es Ă  9h30, les discussions se sont arrĂŞtĂ©es Ă  11h30, le temps d’un long dĂ©jeuner pour chaque camp. “L’après-midi, on a repris Ă  15h, on a parlĂ© de pĂ©nibilitĂ©, puis Ă  16h, il y a eu une interruption de sĂ©ance de deux heures Ă  la demande du patronat et ils reviennent pour proposer… rien”, a encore regrettĂ© Mme Thieffinne. – Le patronat “plante la nĂ©go” -La concertation a repris vers 18h00. Avec une partie patronale qui “plante la nĂ©go”, selon l’accusation lancĂ©e par la mĂŞme reprĂ©sentante de la CFE-CGC, qui a dĂ©crit une “ambiance tendue”.Le Medef ne s’est pas prĂ©sentĂ© devant la presse de la journĂ©e. La CFE-CGC refuse toutefois de quitter la concertation: “C’est Ă  eux, la partie patronale, de nous dire qu’ils refusent d’avancer”.Des plateaux repas ont Ă©tĂ© servis aux participants, pour reprendre les travaux après 20h. Pour allĂ©ger la pression, le Premier ministre, François Bayrou, s’Ă©tait dit prĂŞt lundi Ă  accorder “quelques jours de plus” aux cinq partenaires encore prĂ©sents: CFDT, CFTC, CFE-CGC cĂ´tĂ© syndical, Medef et CPME cĂ´tĂ© patronal. Mais pour les syndicats, pas question d’aller au-delĂ  de la date butoir de mardi si le patronat n’avance pas.Les syndicats veulent en particulier obtenir que la pĂ©nibilitĂ© et l’usure soient prises en compte pour pouvoir partir avant 64 ans, l’âge lĂ©gal fixĂ© par la rĂ©forme Borne de 2023.  Et les reprĂ©sentants des salariĂ©s accusent le patronat de privilĂ©gier la reconversion plutĂ´t que les dĂ©parts anticipĂ©s en cas d’usure professionnelle.Parmi les autres “points durs”, la CFTC a Ă©galement mis comme “ligne rouge” – objectif impĂ©ratif – le passage Ă  66 ans de l’âge de dĂ©part sans dĂ©cote (contre 67 ans), Ă©galement rejetĂ© par le patronat.- Prime seniors “pas Ă©voquĂ©e” -Les syndicats ont en tout cas enterrĂ© la proposition sortie du chapeau lundi par François Bayrou d’une “prime” pour inciter les salariĂ©s seniors Ă  retarder leur dĂ©part Ă  la retraite.”Ce n’est ni une demande d’une organisation syndicale, ni d’une organisation patronale. Elle n’a fait l’objet d’aucun chiffrage et d’aucune Ă©tude de faisabilitĂ©, et pour l’instant, elle n’a pas Ă©tĂ© Ă©voquĂ©e”, a soulignĂ© Yvan Ricordeau Ă  la mi-journĂ©e.MĂŞme si ça ne faisait pas grand mystère depuis le dĂ©but, le Medef a entĂ©rinĂ© depuis le 10 juin qu’il ne bougerait pas sur l’âge de dĂ©part Ă  64 ans. Ce n’est pas forcĂ©ment une fin de non-recevoir pour les syndicats. Tout dĂ©pendra de ce que le patronat lâchera en termes de carrière des femmes, de pĂ©nibilitĂ©, ou d’augmentation de cotisations sociales.”S’il y a un accord (au conclave), il y aura dĂ©bat au Parlement, mais je ne remettrai pas en chantier s’il n’y a pas d’accord”, a rappelĂ© mardi François Bayrou devant les dĂ©putĂ©s. La fin du conclave est un instant de vĂ©ritĂ© pour le Premier ministre. Il s’Ă©tait engagĂ© au dĂ©but du processus Ă  prĂ©senter un Ă©ventuel accord – mĂŞme partiel – devant le Parlement. L’idĂ©e de ce conclave Ă©tait principalement de rendre moins impopulaire la rĂ©forme des retraites Borne de 2023, qui porte progressivement de 62 Ă  64 ans le dĂ©part Ă  la retraite. Tout en visant l’Ă©quilibre financier, alors le dĂ©ficit annoncĂ© du système est de 6,6 milliards d’euros en 2030.FO avait claquĂ© la porte dès la première rĂ©union le 27 fĂ©vrier, la CGT et l’U2P (organe patronal pour les artisans) avaient Ă  leur tour quittĂ© mi-mars ce processus prĂ©vu initialement pour s’achever le 28 mai.Le Premier ministre avait lancĂ© ce nouveau format de discussions après un compromis nouĂ© avec les socialistes pour Ă©viter une censure du gouvernement.”Si le Parlement n’avait pas le dernier mot (sur les retraites), c’Ă©tait la censure”, a rappelĂ© devant la presse mardi le porte-parole du groupe PS à l’AssemblĂ©e nationale, Arthur Delaporte. pgr-lby-boc-sl/alu/cbn

Airbags Takata: Citroën rappelle toutes les C3 et DS3 en Europe après un nouvel accident mortel

Les airbags dĂ©faillants du fabricant Takata ont fait une deuxième victime en France mĂ©tropolitaine, conduisant le constructeur automobile CitroĂ«n Ă  demander mardi l’immobilisation immĂ©diate de toutes les C3 et DS3 en Europe encore Ă©quipĂ©es de ce type d’Ă©quipement dangereux.La responsabilitĂ© des airbags Takata a Ă©tĂ© confirmĂ©e dans la mort d’une femme de 37 ans dans un accident sur l’autoroute le 11 juin Ă  Reims. L’explosion de l’airbag dans sa CitroĂ«n C3 de 2014 a provoquĂ© “de très graves blessures” ayant entraĂ®nĂ© sa mort, a indiquĂ© mardi le procureur de Reims François Schneider.Mardi, le ministre des Transports Philippe Tabarot a demandĂ© l’immobilisation de toutes les CitroĂ«n C3 et DS3, afin de changer leurs airbags. Jusqu’Ă  prĂ©sent, certains conducteurs avaient Ă©tĂ© invitĂ©s Ă  faire remplacer leurs airbags, mais pas Ă  cesser d’utiliser leurs vĂ©hicules.CitroĂ«n a rĂ©agi en fin de journĂ©e en demandant par la voie de son directeur Xavier Chardon auprès de l’AFP un rappel, appelĂ© “stop drive”, dans toute l’Europe “compte tenu du contexte”. Cela signifie une immobilisation immĂ©diate de toutes les voitures de modèle C3 et DS3, quelle que soit leur annĂ©e de production, suivie d’une rĂ©paration.441.000 voitures CitroĂ«n C3 et DS3 fabriquĂ©es jusqu’en 2029 sont concernĂ©es en Europe, dont 82.000 en France, en plus de celles qui avaient dĂ©jĂ  Ă©tĂ© immobilisĂ©es.”Il est important que les clients prennent contact avec nous”, a dĂ©clarĂ© M. Chardon.”On ne fuit pas nos responsabilitĂ©s. Les vĂ©hicules ont Ă©tĂ© rappelĂ©s, on va un cran plus loin avec un +stop drive+”, a-t-il ajoutĂ© en disant s’engager “personnellement Ă  ce qu’il n’y ait plus un seul airbag Takata dans les CitroĂ«n”.Le groupe a prĂ©cisĂ© avoir envoyĂ© le 20 mai une lettre recommandĂ©e Ă  la future victime. Mais l’adresse issue du fichier des cartes grises Ă©tait incorrecte et la lettre avait Ă©tĂ© renvoyĂ©e Ă  l’expĂ©diteur.- Scandale mondial -Depuis 2014, le scandale industriel des airbags dĂ©fectueux de marque japonaise Takata secoue le secteur de l’automobile mondiale et a causĂ© plusieurs dĂ©cès.A cause d’un gaz qui vieillit mal, ces Ă©quipements de sĂ©curitĂ© censĂ©s protĂ©ger les passagers en cas de choc, peuvent exploser, notamment dans les climats chauds et humides, en projetant des pièces au visage des conducteurs.De nombreux constructeurs ont dĂ» immobiliser des millions de vĂ©hicules Ă  travers le monde, afin de remplacer les airbags dĂ©fectueux.L’accident de Reims est le deuxième accident mortel en mĂ©tropole liĂ© Ă  ce sujet, a confirmĂ© mardi le ministère des Transports. Le ministère des Transports a recensĂ© au total 18 dĂ©cès et 25 personnes blessĂ©es sur l’ensemble du territoire français, dont 16 dĂ©cès et 24 personnes blessĂ©es dans les Outre-mer.En France, CitroĂ«n avait lancĂ© une immobilisation de quelque 236.900 modèles C3 et DS3 dans le nord du pays dĂ©but 2025, après une première campagne au printemps 2024 dans le sud de l’Europe pour certains modèles. La mesure ne concernait pas jusqu’Ă  prĂ©sent les voitures fabriquĂ©es après 2013.Après des dĂ©buts chaotiques, notamment faute d’airbags en nombre suffisant, les rendez-vous de remplacement se sont enchaĂ®nĂ©s en concessions.Pour les modèles fabriquĂ©s Ă  partir de 2014, un rappel en concession par lettre simple, sans “stop drive”, avait Ă©tĂ© lancĂ© au mois de mai 2025. “Nos analyses ne montraient pas de risque de dĂ©gradation au-delĂ  de 2013″, a prĂ©cisĂ© un porte-parole de Stellantis.Près d’un tiers des vĂ©hicules doivent encore ĂŞtre rĂ©parĂ©s: sur plus de 690.000 CitroĂ«n C3 et DS3 Ă©quipĂ©es de ces airbags dĂ©faillants en France, 481.000 ont Ă©tĂ© traitĂ©s, a indiquĂ© Stellantis, soit 69,7% des vĂ©hicules concernĂ©s.”Cet accident pose notamment la question des analyses de risques rĂ©alisĂ©es par le constructeur”, a estimĂ© le ministère dans un communiquĂ©.Pour l’association UFC-Que choisir, “ce nouveau dĂ©cès est inacceptable et aurait Ă©tĂ© Ă©vitĂ© si les mesures nĂ©cessaires avaient Ă©tĂ© mises en place par Stellantis”. Elle a portĂ© plainte et demandĂ© la crĂ©ation d’une commission d’enquĂŞte “afin que les dysfonctionnements soient identifiĂ©s et que les responsabilitĂ©s soient pleinement Ă©tablies”, a-t-elle dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP.Le parquet de Reims a ouvert une enquĂŞte pour homicide involontaire puis s’est dessaisi au profit du parquet de Paris qui regroupe les procĂ©dures dans le dossier Takata au niveau national.zl-tsz-sr-im/ak/ktr

Après le fond de commerce, les murs: le grand magasin BHV change complètement de pavillon

C’est un processus en plusieurs Ă©tapes: après avoir achetĂ© en 2023 le fond de commerce du BHV, un magasin cĂ©lèbre situĂ© dans le coeur de Paris, la SociĂ©tĂ© des grands magasins (SGM) va finalement en acquĂ©rir aussi les murs, grâce Ă  la participation de la Banque des territoires (Caisse des dĂ©pĂ´ts).Leur vente patine depuis plus de deux ans et ils restaient jusque-lĂ  la propriĂ©tĂ© des Galeries Lafayette, Ă©valuĂ©s Ă  quelque 300 millions d’euros selon le magazine Challenges qui suit de près l’enseigne.L’opĂ©ration de rachat reste cependant “soumise Ă  la mise en place d’un financement bancaire complĂ©mentaire”, prĂ©cisent les deux acheteurs dans un communiquĂ© commun, oĂą ils indiquent que la SGM “restera majoritaire” Ă  “l’issue de l’opĂ©ration”. Selon Challenges, cela faisait plus de deux ans que la SGM – sociĂ©tĂ© créée en 2021 par deux trentenaires frère et soeur, FrĂ©dĂ©ric et Maryline Merlin – tentait de finaliser ce rachat des murs du BHV Marais. Le dĂ©clic est donc venu de la Caisse des dĂ©pĂ´ts, qui a acceptĂ© d’accompagner la SGM en tant qu’actionnaire minoritaire. Directeur de l’investissement de la Banque des territoires, François Wohrer considère ce projet comme “une opportunitĂ© unique de faire de ce lieu emblĂ©matique un moteur du dynamisme commercial au coeur de Paris”. En difficultĂ© post-Covid, l’emblĂ©matique Bazar de l’HĂ´tel de Ville avait quittĂ© en 2023 le giron des Galeries Lafayette, qui le dĂ©tenait depuis 1991, après que l’enseigne avait multipliĂ© les refontes pour relancer le magasin avant de le cĂ©der.Les difficultĂ©s du BHV se sont poursuivies malgrĂ© le changement de propriĂ©taire. Les reprĂ©sentants du personnel avaient alertĂ© durant l’annĂ©e 2024 quant Ă  la santĂ© du BHV, arguant notamment que certains fournisseurs peinaient Ă  se faire payer depuis le changement de propriĂ©taire.Mais en janvier 2025, la SGM a revendiquĂ© le retour de la rentabilitĂ© du BHV Marais, sans toutefois publier de rĂ©sultats exhaustifs.L’annonce des nĂ©gociations exclusives entre la SGM et la Caisse des dĂ©pĂ´ts survient peu après l’arrivĂ©e d’un nouveau directeur Ă  la tĂŞte du BHV: Karl-StĂ©phane Cottendin, chargĂ© en avril de “bâtir le BHV de demain”, moins de deux ans après la nomination de sa prĂ©dĂ©cesseure. – Créé en 1856 -“Le projet prĂ©voit une transformation en profondeur pour rĂ©pondre aux nouveaux usages urbains et modes de consommation. L’objectif est de faire de ce site lĂ©gendaire un lieu de vie durable, accessible et utile pour l’ensemble des visiteurs”, indiquent la SGM et la Caisse des dĂ©pĂ´ts dans leur communiquĂ© Ă  propos du mythique magasin parisien.”Le retour Ă  la rentabilitĂ© que nous avons dĂ©jĂ  amorcĂ© nous donne aujourd’hui la lĂ©gitimitĂ© et les moyens d’inscrire cette ambition dans la durĂ©e”, insiste mardi FrĂ©dĂ©ric Merlin, prĂ©sident de SGM, citĂ© dans le communiquĂ©.La SGM est une foncière commerciale qui dĂ©tient et exploite aujourd’hui la marque BHV, les magasins du BHV Marais, du BHV Parly 2, et dĂ©tient sept magasins les Galeries Lafayette. Deuxième plus ancien grand magasin parisien après le Bon MarchĂ©, le BHV avait Ă©tĂ© fondĂ© en 1856 par un marchand originaire d’Annonay (Ardèche), François Xavier Ruel, venu tenter sa chance Ă  Paris après avoir rencontrĂ© sa femme, Marie-Madeleine Poncerry, Ă  Lyon.C’est cette dernière qui prit la tĂŞte cette annĂ©e-lĂ  d’un magasin portant le nom de “Grand Bazar de l’HĂ´tel de Ville-Ruel Jeune”, Ă  l’angle des rues de Rivoli et des Archives, dĂ©taillait un ouvrage publiĂ© en 2016, qui le prĂ©sentait comme “le grand magasin prĂ©fĂ©rĂ© des Parisiens”.

Le “conclave” sur les retraites s’Ă©ternise et s’enlise

Ă€ la date butoir du conclave sur les retraites, impulsĂ© par François Bayrou, les nĂ©gociations entre partenaires sociaux se prolongent mardi soir mais ne progressent pas, au grand dam des syndicats.”Il n’y a toujours pas d’avancĂ©e”, a regrettĂ© en soirĂ©e Christelle Thieffinne, nĂ©gociatrice de la CFE-CGC.Comme un Ă©cho Ă  “la nĂ©gociation n’a pas avancĂ©”, tableau peint juste avant la pause dĂ©jeuner, Ă  la mi-journĂ©e, par Yvan Ricordeau, reprĂ©sentant de la CFDT, qui a agitĂ© le spectre d’un Ă©chec.EntamĂ©es Ă  9h30, les discussions se sont arrĂŞtĂ©es Ă  11h30, le temps d’un long dĂ©jeuner pour chaque camp. “L’après-midi, on a repris Ă  15h, on a parlĂ© de pĂ©nibilitĂ©, puis Ă  16h, il y a eu une interruption de sĂ©ance de deux heures Ă  la demande du patronat et ils reviennent pour proposer… rien”, a regrettĂ© Mme Thieffinne. “Ça n’avance pas, le Medef (principale organisation patronale) ne veut pas participer Ă  l’effort financier et refuse d’augmenter les cotisations”, a cinglĂ© au moment de cette suspension Pascale Coton, nĂ©gociatrice de la CFTC. – Le patronat “plante la nĂ©go” -La concertation a ensuite repris vers 18h00. Avec une partie patronale qui “plante la nĂ©go”, selon l’accusation lancĂ©e par la mĂŞme reprĂ©sentante de la CFE-CGC, qui a dĂ©crit une “ambiance tendue”.Le Medef ne s’est pas prĂ©sentĂ© devant la presse de la journĂ©e. La CFE-CGC refuse toutefois de quitter la concertation: “C’est Ă  eux, la partie patronale, de nous dire qu’ils refusent d’avancer”.Des plateaux repas ont Ă©tĂ© servis aux participants, pour reprendre les travaux après 20h. Pour allĂ©ger la pression, le Premier ministre, François Bayrou, s’est dit prĂŞt lundi Ă  accorder “quelques jours de plus” aux cinq participants encore prĂ©sents: CFDT, CFTC, CFE-CGC cĂ´tĂ© syndical, Medef et CPME cĂ´tĂ© patronal. Mais pour les syndicats, pas question d’aller au-delĂ  de la date butoir de mardi si le patronat n’avance pas.Les syndicats veulent en particulier obtenir que la pĂ©nibilitĂ© et l’usure soient prises en compte pour pouvoir partir avant 64 ans, l’âge lĂ©gal fixĂ© par la rĂ©forme Borne de 2023.  Et les reprĂ©sentants des salariĂ©s accusent le patronat de privilĂ©gier la reconversion plutĂ´t que les dĂ©parts anticipĂ©s en cas d’usure professionnelle.Parmi les autres “points durs”, la CFTC a Ă©galement mis comme “ligne rouge” – objectif impĂ©ratif – le passage Ă  66 ans de l’âge de dĂ©part sans dĂ©cote (contre 67 ans), Ă©galement rejetĂ© par le patronat.- Prime seniors “pas Ă©voquĂ©e” -Les syndicats ont en tout cas enterrĂ© la proposition sortie du chapeau lundi par François Bayrou d’une “prime” pour inciter les salariĂ©s seniors Ă  retarder leur dĂ©part Ă  la retraite.”Ce n’est ni une demande d’une organisation syndicale, ni d’une organisation patronale. Elle n’a fait l’objet d’aucun chiffrage et d’aucune Ă©tude de faisabilitĂ©, et pour l’instant, elle n’a pas Ă©tĂ© Ă©voquĂ©e”, a soulignĂ© Yvan Ricordeau Ă  la mi-journĂ©e.MĂŞme si ça ne faisait pas grand mystère depuis le dĂ©but, le Medef a entĂ©rinĂ© depuis le 10 juin qu’il ne bougerait pas sur l’âge de dĂ©part Ă  64 ans. Ce n’est pas forcĂ©ment une fin de non-recevoir pour les syndicats. Tout dĂ©pendra de ce que le patronat lâchera en termes de carrière des femmes, de pĂ©nibilitĂ©, ou d’augmentation de cotisations sociales.”S’il y a un accord (au conclave), il y aura dĂ©bat au Parlement, mais je ne remettrai pas en chantier s’il n’y a pas d’accord”, a dĂ©clarĂ© François Bayrou devant l’AssemblĂ©e nationale mardi. La fin du conclave est un instant de vĂ©ritĂ© pour le Premier ministre. Il s’Ă©tait engagĂ© au dĂ©but du processus Ă  prĂ©senter un Ă©ventuel accord de cette concertation devant le Parlement. L’idĂ©e de ce conclave Ă©tait principalement de rendre moins impopulaire la rĂ©forme des retraites Borne de 2023, qui porte progressivement de 62 Ă  64 ans le dĂ©part Ă  la retraite. Tout en visant l’Ă©quilibre financier, alors qu’un dĂ©ficit du système s’annonce Ă  hauteur de 6,6 milliards d’euros en 2030.FO avait claquĂ© la porte dès la première rĂ©union le 27 fĂ©vrier, la CGT et l’U2P (organe patronal pour les artisans) avaient Ă  leur tour quittĂ© mi-mars ce processus prĂ©vu initialement pour se conclure fin mai.Le Premier ministre avait lancĂ© ce nouveau format de discussions après un compromis nouĂ© avec les socialistes pour Ă©viter une censure du gouvernement.”Nous avons toujours Ă©tĂ© extrĂŞmement clair: si le Parlement n’avait pas le dernier mot (sur les retraites), c’Ă©tait la censure”, a rappelĂ© devant la presse mardi le porte-parole du groupe PS à l’AssemblĂ©e nationale, Arthur Delaporte. pgr-lby-boc-sl/alu/cbn

L’AssemblĂ©e approuve la loi “simplification”, et la suppression des zones Ă  faibles Ă©missions

Après avoir fait planer le suspense jusqu’au bout, et malgrĂ© la division du camp gouvernemental, l’AssemblĂ©e nationale a adoptĂ© mardi le projet de loi de “simplification”, et sa mesure controversĂ©e d’abrogation des zones Ă  faibles Ă©missions contre la pollution de l’air.A l’issue de trois mois d’un examen totalement dĂ©cousu par de multiples reports, le texte a Ă©tĂ© adoptĂ© par 275 voix contre 252, et ira devant une commission mixte paritaire, oĂą sept dĂ©putĂ©s et sept sĂ©nateurs devront s’accorder sur une mouture commune.Après le vote, la ministre chargĂ©e du Commerce et des PME VĂ©ronique Louwagie (Les RĂ©publicains) a dĂ©fendu un texte “fortement attendu par le monde Ă©conomique”.Les dĂ©putĂ©s de l’alliance RN-ciottistes, de LR, du MoDem et d’Horizons ont largement votĂ© pour (5 abstentions LR), comme certains indĂ©pendants de Liot. La gauche et les Ă©cologistes se sont massivement opposĂ©s au texte portant des “coups de tronçonneuse (…) Ă  l’État de droit” et “la justice environnementale”, selon Anne Stambach-Terrenoir (LFI).Le temps d’un vote ils ont Ă©tĂ© rejoints par les deux tiers des dĂ©putĂ©s macronistes du groupe Ensemble pour la RĂ©publique (quatorze dĂ©putĂ©s EPR se sont abstenus, et huit ont votĂ© pour). Le groupe escomptait rejeter le texte et avec lui des reculs sur des marqueurs du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, Ă  commencer par les “zones Ă  faibles Ă©missions” (ZFE). LR et RN ont en effet inscrit dans la copie la suppression pure et simple de ces ZFE, qui excluent des vĂ©hicules anciens et polluants, avec le concours de certaines voix macronistes. Mais aussi celles de LFI, bien que le groupe soit opposĂ© au reste du texte.La cheffe des dĂ©putĂ©s du Rassemblement national Marine Le Pen a saluĂ© sur X  une “victoire tant espĂ©rĂ©e par des millions de Français victimes d’une politique de sĂ©grĂ©gation sociale inacceptable”. Elle a promis de faire “tout ce qu’il est humainement possible” pour confirmer ce rĂ©sultat en commission mixte paritaire.”La santĂ© publique et la lutte contre le dĂ©règlement climatique et les pollutions ne devraient pas ĂŞtre les variables d’ajustement de calculs politiques”, a rĂ©torquĂ© la ministre de la Transition Ă©cologique Agnès Pannier-Runacher. – La suite en CMP, et au Conseil constitutionnel ? -Pour le patron du groupe PS Boris Vallaud, le vote “rĂ©vèle le scepticisme climatique d’une partie de l’hĂ©micycle”. “C’est très inquiĂ©tant d’avoir un gouvernement pas gouvernĂ©, d’avoir une majoritĂ©, mĂŞme relative, sans chef”, a-t-il ajoutĂ©. “Ni Emmanuel Macron ni Gabriel Attal n’ont le moindre impact sur leur camp”, a dĂ©plorĂ© la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier sur X. “Ils voulaient se racheter une conscience en prĂ©servant les ZFE, mais mĂŞme ça, ils n’en sont pas capables”, a-t-elle ajoutĂ©.Contre la gauche et une partie du bloc central, la droite et le RN ont aussi obtenu un franc recul du “zĂ©ro artificialisation nette” (ZAN), dispositif de lutte contre l’artificialisation des sols, en permettant aux collectivitĂ©s de “dĂ©passer jusqu’Ă  30%” la limite de surfaces amĂ©nageables.Des votes très mĂ©diatisĂ©s qui “Ă©crasent tout”, y compris certains “compromis intĂ©ressants”, regrette le rapporteur StĂ©phane Travert (apparentĂ© EPR), qui s’est lui-mĂŞme abstenu. Il a soulignĂ© après le vote “plusieurs avancĂ©es majeures” du texte pour “la mise en Ĺ“uvre de projets industriels et numĂ©riques”, ou pour soutenir “le commerce local”.Les alliĂ©s d’EPR au MoDem et Ă  Horizons ont approuvĂ© le texte, les deux groupes estimant que la mesure sur les ZFE a de grandes chances d’ĂŞtre rejetĂ©e au Conseil constitutionnel en tant que “cavalier lĂ©gislatif” – sans lien suffisant avec le texte initial.Éclectique, le texte prĂ©voit une batterie de dispositions pour les particuliers, les entrepreneurs ou les commerçants, allant de la simplification du rĂ©gime des baux commerciaux, Ă  celle de la dĂ©livrance des licences IV.Il prĂ©voit aussi de faciliter l’implantation de centres de donnĂ©es (“datacenters”), et de sĂ©curiser le parcours juridique de projets d’infrastructure comme la controversĂ©e autoroute A69.Les principaux combats parlementaires ont tournĂ© initialement autour de la simplification de l’action publique, et d’une revue des agences de l’État et organes consultatifs. Au final, une vingtaine d’instances sont visĂ©es par une possible suppression.