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Explosion d’une mégafusée Starship de SpaceX lors d’un test au Texas, pas de blessés, selon les autorités locales

Une mégafusée Starship de l’entreprise SpaceX du multimilliardaire Elon Musk a explosé lors d’un test de routine à Starbase, au Texas, sans faire de blessés, ont annoncé jeudi les autorités locales.l”Mercredi à 23h01 (locales), lors d’un essai statique de routine à Starbase, au Texas, le Starship 36 de SpaceX a subi une défaillance catastrophique et a explosé”, ont indiqué sur leur page Facebook les autorités du comté de Cameron (Texas).”Heureusement, aucune blessure n’a été signalée à ce stade, ont-elles précisé. Des protocoles d’urgence ont été rapidement mis en place et une enquête est en cours pour déterminer la cause de l’incident”.”Le Starship qui se préparait pour le dixième test en vol a connu une anomalie majeure alors qu’il était sur un banc d’essai à Starbase”, a confirmé SpaceX dans un message sur X, précisant qu’une “zone de sécurité autour du site a été maintenue tout au long de l’opération” et que “tout le personnel est sain et sauf”.”Notre équipe de Starbase travaille activement pour sécuriser le site de test et ses environs immédiats en collaboration avec les autorités locales” ajoute l’entreprise, qui assure qu’il “n’y a aucun danger pour les résidents”.Cette fusée, qui fait la taille d’un immeuble d’environ 40 étages et est la plus puissante jamais conçue, n’en est pas à son premier revers. Le 27 mai, Starship était parvenue à aller dans l’espace, mais son vaisseau avait explosé avant sa redescente prévue sur Terre.Lors de deux précédents essais en janvier et mars, l’étage supérieur avait explosé au début du vol, provoquant des pluies de débris incandescents au-dessus des Caraïbes et des dégâts minimes.Ces incidents sont loin d’être inédits, l’entreprise d’Elon Musk misant sur une stratégie risquée: lancer de multiples prototypes afin de corriger au fur et à mesure les problèmes rencontrés en situation de vol.Le richissime entrepreneur compte sur cette mégafusée pour mener à bien son projet fou de conquête de la planète Mars.Elon Musk s’est imposé ces dernières années comme un acteur incontournable du secteur spatial, Washington lui confiant nombre de missions cruciales dans ce domaine, un partenariat à l’avenir aujourd’hui incertain après sa rupture explosive avec le président Donald Trump.Ses fusées emmènent dans l’espace des astronautes de la Nasa, servent à des missions hautement sensibles du Pentagone et devaient bientôt jouer un rôle central dans le retour tant attendu des Américains sur la Lune.

Nippon Steel finalise son rachat de US Steel, sous étroit contrôle du gouvernement américain

L’aciériste japonais Nippon Steel a finalisé le rachat de son rival US Steel, acceptant après des mois de blocage de Washington de strictes conditions, dont d’importants investissements aux Etats-Unis et un contrôle du gouvernement américain sur ses décisions stratégiques.Ce rachat d’US Steel pour 14,9 milliards de dollars (dont 800 millions de dette) qui crée le quatrième producteur mondial en volume, avait été annoncé dès fin 2023.Le dossier a connu moult rebondissements face à de farouches oppositions syndicale et politique qui avaient conduit le président Joe Biden à bloquer l’acquisition début janvier avant son départ de la Maison Blanche, invoquant des raisons de “sécurité nationale”.Son successeur Donald Trump s’était lui-aussi opposé au projet pendant la campagne électorale, le siège de US Steel se trouvant dans l’Etat politiquement stratégique de Pennsylvanie. Il s’est finalement résolu a lancer début avril un réexamen, avant de donner son assentiment en mai, saluant “un partenariat”. La totalité du capital du sidérurgiste américain, retiré de la Bourse, est pourtant désormais entièrement détenue par le japonais: 100% des actions ordinaires d’US Steel seront logées dans une société ad hoc, filiale à 100% de Nippon Steel North America.”Nippon Steel a racheté toutes les actions ordinaires d’US Steel”, a confirmé à l’AFP une source proche du dossier. Les résultats d’US Steel seront consolidés dans les comptes du japonais dès le troisième trimestre. -Droit de veto-Pour obtenir l’ultime feu vert de Donald Trump, Nippon Steel a dû s’engager à investir 11 milliards de dollars d’ici fin 2028, dont 2,7 milliards sont déjà en cours.L’accord de fusion prévoit également qu’une majorité des sièges du conseil d’administration d’US Steel  soient occupés par des citoyens américains, tout comme les postes-clés de sa gouvernance, PDG compris.Surtout, une “golden share”, action privilégiée perpétuelle mais n’ouvrant aucun droit aux dividendes, sera octroyée au gouvernement fédéral.Grâce à elle, certains changements seront impossibles sans le consentement du président américain: déplacement du siège d’US Steel hors des Etats-Unis, changement de nom, transfert de production ou d’emplois à l’étranger, fermeture d’usines, suspension d’activité…Alors qu’experts et actionnaires s’inquiètent de voir restreinte la marge de manoeuvre du groupe, le PDG de Nippon Steel assure que cette “golden share” n'”entravera pas les opérations envisagées” et juge “parfaitement naturelles” les préoccupations de Washington concernant un groupe aussi emblématique.”L’accord nous satisfait pleinement, il garantit la liberté de gestion et la relance de la productivité (…) Nous avons l’intention de mettre en oeuvre des mesures de revitalisation et développement dès que possible”, a indiqué le PDG de Nippon Steel Eiji Hashimoto jeudi.Bien que ce mécanisme confère au gouvernement une influence “extraordinaire”, il pourrait être difficile à appliquer en période de récession si Nippon Steel ne peut s’y conformer, abonde Sarah Bauerle Danzman, chercheuse principale à l’Atlantic Council. -Surveillance syndicale-Fondé en 1901 et comptant 22.000 employés, US Steel était en grandes difficultés financières.”Il parlait de fermer d’importantes capacités en Pennsylvanie, ce qui aurait dévasté une grande partie de l’économie locale. C’est incontestablement une victoire pour les travailleurs et l’économie américaine”, indique à l’AFP Gordon Johnson, PDG du cabinet GLJ Research. Le sénateur républicain de Pennsylvanie, Dave McCormick, a d’ailleurs remercié M. Trump, saluant une “victoire massive pour les familles ouvrières, notre économie, notre sécurité nationale et l’avenir industriel américain”.Le syndicat de la métallurgie (USW), qui avait vigoureusement combattu l’accord, promet lui de “continuer à surveiller la situation et à exiger de Nippon Steel qu’il respecte ses engagements”. L’USW a également dénoncé le “saisissant degré de pouvoir personnel (obtenu par Donald Trump) sur l’entreprise”.En volume de production, l’entité fusionnée se situera au quatrième rang mondial. Grâce au rachat, Nippon Steel atteint une capacité de production mondiale de 86 millions de tonnes, contre 63 millions actuellement. Et ce sans avoir à construire de nouvelles usines, ce “qui serait absurde” dans un marché mondial déjà miné par les excédents et la surproduction chinoise, s’est félicité jeudi Eiji Hashimoto.L’acquisition permet aussi au japonais d’échapper aux barrières douanières imposées par Washington pour satisfaire le colossal appétit des Etats-Unis, premier pays importateur d’acier.Actionnaires et agences de notation s’inquiètent néanmoins du fardeau financier résultant de l’opération pour Nippon Steel, déjà lourdement endetté. Dans l’immédiat, le marché semblait soulagé par la finalisation tant attendue: l’action Nippon Steel a gagné jusqu’à 4,6% en séance jeudi à Tokyo.

Les Bourses européennes ouvrent en baisse

Les Bourses européennes ont ouvert en baisse jeudi, après que la Réserve fédérale a abaissé ses prévisions pour l’économie américaine, dans un marché préoccupé par la possibilité que les Etats-Unis décident de s’impliquer directement dans la guerre entre Israël et l’Iran.Dans les premiers échanges, la Bourse de Paris reculait de 0,55%, Francfort cédait 0,52% et Londres 0,35%.

La Fed maintient ses taux, Trump dénigre son président Jerome Powell

La Réserve fédérale américaine (Fed) a sans surprise mercredi laissé ses taux d’intérêt inchangés pour la quatrième fois de suite, un statu quo qu’elle semble vouloir encore prolonger malgré la frustration de Donald Trump qui souhaite une baisse.La banque centrale américaine a maintenu ses taux dans une fourchette comprise entre 4,25% et 4,50%, une décision attendue par les marchés.Ces taux, qui guident les coûts d’emprunt des entreprises et particuliers, n’ont pas évolué depuis la réunion de décembre, avant le retour à la Maison Blanche de M. Trump qui bout d’impatience.Ce nouveau statu quo a suscité la colère de Trump. Sur son réseau social Truth Social, il écrit que le président de l’institution Jerome Powell était “le PIRE”, un “vrai idiot, qui coûte des milliards à l’Amérique !”. Quelques heures avant l’annonce de la décision de la Fed, il avait répété qu’il n’y avait selon lui “pas d’inflation” aux Etats-Unis et qu’il voudrait donc “voir les taux baisser”.Donald Trump avait lui-même désigné M. Powell pour prendre la tête de l’institution en 2018. Son mandat s’achève dans moins d’un an.”Peut-être que je devrais aller à la Fed. Est-ce que je suis autorisé à me désigner moi-même ?”, a grincé M. Trump mercredi, estimant que le niveau actuel des taux d’intérêt “coût(ait) une fortune au pays” en alourdissant la charge de remboursement de la dette.- Prévisions revues en baisse -Toutefois, Jerome Powell a clairement laissé entendre que la Fed ne dévierait pas rapidement de sa posture attentiste.Interrogé en conférence de presse sur l’impact des droits de douane mis en place par l’exécutif américain, M. Powell a assuré que la Fed prendra “des décisions plus avisées et meilleures si nous attendons encore quelques mois ou le temps qu’il faudra pour avoir une idée réelle de la manière dont cela se répercutera sur l’inflation”.Nombre d’experts considèrent que le constat d’une modération de l’inflation (à +2,1% sur un an en avril aux Etats-Unis, selon l’indice officiel PCE) aurait pu permettre à la Fed de baisser ses taux ce mois-ci, mais c’était sans compter l’impact redouté des droits de douane sur les prix.Ceux-ci mettent généralement “un peu de temps” avant d’être répercutés au niveau des consommateurs, a temporisé Jerome Powell.Lors de la réunion, les responsables de la Fed ont aussi actualisé à la baisse leurs prévisions pour la première économie mondiale. Ils attendent désormais une croissance du produit intérieur brut (PIB) à 1,4% en 2025 (contre 1,7% prévu en mars et 2,1% en décembre 2024) et prévoient une accélération de l’inflation à 3% (contre 2,7% en mars) alors que la Fed vise un taux de 2%. Ils ont aussi légèrement relevé le niveau de chômage attendu à 4,5% (contre 4,4% en mars).En revanche, ils envisagent deux baisses de taux cette année. Une éventualité à laquelle les analystes accordent de moins en moins de crédit au regard de la manière dont M. Powell a temporisé. Ils retiennent surtout que la Fed a réduit le nombre de baisses envisagées en 2026 et 2027.Après une réaction initiale positive, Wall Street a flanché en prenant connaissance de ces perspectives et terminé la séance en léger retrait.- “Stagflation” à l’horizon -M. Powell a par ailleurs indiqué que la Fed surveillait les développements de la guerre entre l’Iran et Israël, notamment du fait du risque d’impact sur les prix du pétrole.Il a estimé que les crises affectant l’or noir “n’avaient généralement pas d’impact durable sur l’inflation, à l’exception bien sûr des années 1970. (…) Mais l’économie américaine est beaucoup moins dépendante du pétrole importé qu’à l’époque”. “La Fed n’aime pas parler de stagflation [mot-valise pour parler d’une économie combinant faible croissance et inflation élevée], mais c’est ce qu’ils prévoient: plus de chômage, plus d’inflation et une croissance ralentie cette année”, remarque dans une note Heather Long, économiste de la banque Navy Federal Credit Union.”C’est une situation délicate pour la banque centrale comme pour les Américains des classes moyennes et populaires qui sentiront la pression des hausses de prix liées aux droits de douane”, ajoute-t-elle. Pour elle comme pour la majorité des observateurs, la Fed ne bougera pas ses taux de l’été avant peut-être une détente en septembre.

Les eurodéputés se penchent sur le bien-être des chats et des chiens

Contre les colliers électriques, les mutilations ou la consanguinité, les députés européens votent jeudi sur un texte de la Commission européenne fixant des règles minimales de protection concernant l’élevage de chiens et de chats dans l’UE.Avec 82 millions de chats et 72 millions de chiens, et face la recrudescence des trafics, l’exécutif européen s’est saisi de ce marché évalué à 1,3 milliard d’euros par an.Le projet de texte mis au vote instaure des critères minimaux de bien-être pour les chiens et les chats dans les élevages, refuges et points de vente: nourriture, espace, propreté, interdiction des pratiques cruelles…- Lutter contre les trafics -Il oblige aussi, au moment de la cession d’un chien ou d’un chat, à l’identifier avec une micropuce sous-cutanée – une obligation déjà en vigueur dans la majeure partie des Etats membres – pour l’enregistrer dans une base de données consultable partout dans l’UE.L’objectif est notamment de combattre les trafics de chiens en provenance de pays européens comme la Roumanie et la Bulgarie, pointés du doigt par les associations de défense des animaux.Les mutilations (couper la queue ou les oreilles, retirer les cordes vocales, etc.) seront interdites dans presque tous les cas, de même que les colliers électriques, étrangleurs ou à pointes.L’élevage d’animaux pour accentuer certaines caractéristiques physiques de façon si exagérée que les bêtes en souffrent (pattes trop courtes, nez trop plats, etc.) doit aussi être prohibé, tout comme le recours à ces animaux pour des spectacles ou des concours.Le texte interdit aussi la consanguinité jusqu’aux croisements grands-parents/petits-enfants et entre demi-frères et soeurs, sauf à de rares exceptions, pour préserver des espèces locales à la diversité génétique faible.- Trop d’exemptions ? – Mais si cette réglementation semble très consensuelle, l’étendue de son application est toujours débattue.Avant l’examen du texte en plénière, la commission Environnement du Parlement a tenté de le rendre plus ambitieux, sans succès. Tandis que la commission Agriculture, plus attentive aux “régulations excessives”, a pris l’ascendant.”Pour l’instant, 80% des éleveurs ne seraient pas dans le domaine d’application”, regrette ainsi l’eurodéputée écologiste Tilly Metz. Les petits élevages, avec quatre chiennes ou trois portées par an au maximum, sont en effet exonérés d’une partie des obligations.Son groupe envisage de s’abstenir si le texte n’est pas plus ambitieux, d’autant qu’il est défendu par l’élue tchèque Veronika Vrecionova, du groupe Conservateurs et réformistes européens (ECR), classé à l’extrême droite. Au contraire, du côté d’ECR, on s’inquiète d’amendements déposés par les Verts…Les défenseurs des droits des animaux regrettent d’autres exemptions : pour les chiens et les chats errants, non concernés par le puçage obligatoire, pour les chiens policiers ou militaires, les chiens de chasse ou d’agriculteurs…”Il y a un gros lobby chasse sur ce texte”, observe Christophe Marie, le directeur des affaires européennes à la Fondation 30 millions d’amis, citant pour exemple l’interdiction des mutilations, assouplie pour les chiens de chasse.Les colliers coercitifs (électriques, etc.), bien que prohibés, pourront toujours être employés pour le dressage des chiens policiers, militaires ou douaniers.”Ce texte, il pose des bases qui sont intéressantes, mais il ne va pas au bout des choses et il n’attaque pas les causes réelles de la surpopulation (dans des élevages, NDLR) et des abandons”, déplore Christophe Marie.Ce responsable regrette surtout la faiblesse de la régulation pour les annonces en ligne, qui concernent 60% des ventes de chiens et chats, selon la Commission.Seule la personne qui publie une annonce engage sa responsabilité, pas les plateformes sur lesquelles elles paraissent.”Ca, c’est vraiment très problématique”, estime M; Marie, car la vente en ligne “amène un nombre très important d’abandons”.Une fois adopté par les eurodéputés, le texte devra encore être validé par les Etats membres pour entrer en vigueur.

Vendanges en Champagne: un procès pour traite d’êtres humains s’ouvre à Châlons-en-Champagne

Trois personnes comparaissent jeudi devant le tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne pour traite d’êtres humains, soupçonnées d’avoir exploité et hébergé dans des conditions indignes 57 travailleurs, pour la plupart en situation irrégulière, lors des vendanges 2023 dans le prestigieux vignoble champenois.Le procès, prévu sur une journée, s’ouvrira à 9H00. Avant l’audience, un rassemblement est prévu devant le tribunal, à l’appel de la CGT Champagne.Parmi les prévenus figure la dirigeante d’Anavim, une société de prestations viticoles. Cette femme de 44 ans originaire du Kirghizistan est également poursuivie pour travail dissimulé, emploi d’étrangers sans autorisation de travail salarié, soumission de personnes vulnérables à des conditions d’hébergement indignes et avec une rétribution inexistante ou insuffisante.Deux hommes âgés de 33 ans, soupçonnés d’avoir participé au recrutement des vendangeurs en Ile-de-France, seront jugés à ses côtés. La société Anavim et une coopérative vinicole de la Marne sont également poursuivies comme personnes morales.En septembre 2023, à la suite d’un signalement de riverains, l’inspection du travail procède à un contrôle et constate des conditions de vie portant “gravement atteinte à la sécurité, à la santé et à la dignité des occupants”, selon la procureure Annick Browne.- “Indignes” -Dans la foulée, la préfecture ordonne la fermeture de cet hébergement collectif mis à disposition par Anavim à Nesle-le-Repons, au sud-ouest de Reims, en raison de conditions de vie jugées “insalubres” et “indignes”.S’appuyant sur le rapport de l’inspection du travail, la préfecture relevait des “literies de fortune”, “l’état de vétusté”, le “délabrement”, l'”absence de nettoyage”, “l’état répugnant des toilettes, sanitaires et lieux communs”, et notait l’existence “d’un risque électrique”.Les vendangeurs étaient logés dans une maison en travaux et un hangar, dormant sur des matelas gonflables à même le sol, avec des douches de fortune, des toilettes inutilisables et de nombreuses anomalies électriques, détaille aussi le parquet.Les travailleurs étaient transportés de leur hébergement à leur lieu de travail, “entassés à l’arrière de camionnettes” sans sièges ni ouvertures, et travaillaient “minimum dix heures par jour avec une unique pause déjeuner de 30 minutes”, sans équipement de protection individuel et souvent avec des salaires “sans rapport” avec le travail accompli, relève le parquet.Après plusieurs mois d’enquête, 57 victimes ont été identifiées et l’immeuble ayant hébergé les travailleurs a été saisi.Les prévenus “ont un mépris total pour le respect de la dignité humaine”, dénonce Me Maxime Cessieux, avocat des victimes, dont la majorité sont des étrangers en situation irrégulière originaires du Mali, de Mauritanie, de Côte d’Ivoire ou encore du Sénégal.- Image du Champagne en jeu -Il estime que “l’exploitant viticole ne peut pas faire semblant qu’il ne savait pas” et appelle les maisons de champagne à être “intransigeantes” sur les conditions dans lesquelles sont ramassés leurs raisins.Les donneurs d’ordre et les prestataires “doivent être condamnés conjointement”, réclame pour sa part José Blanco, de la CGT Champagne, partie civile.Le syndicaliste demande également que “les conditions d’hébergement et de rémunération des travailleurs saisonniers soient inscrites dans le cahier des charges de l’AOC Champagne”. “Si un vigneron emploie un prestataire impliqué dans un cas de traite d’êtres humains, alors sa récolte doit être déclassée”, estime M. Blanco.Le procès, initialement prévu en mars, avait été renvoyé à la demande de la défense.Pour la première fois dans un procès sur le sujet des vendangeurs, le Comité Champagne, qui représente 16.200 vignerons, 130 coopératives et 370 maisons de Champagne, est lui aussi partie civile.Le Comité Champagne souhaite ainsi “exprimer sa ferme opposition à ces pratiques inacceptables”, selon une déclaration de son directeur général, Charles Goemaere, transmise à l’AFP en mars.Les vendanges de 2023 dans la région avaient été émaillées d’incidents. Quatre personnes travaillant à la récolte du raisin sont notamment décédées lors d’un mois de septembre particulièrement chaud cette année-là.Dans un communiqué cosigné avec la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et le Comité contre l’esclavage moderne (CCEM), également parties civiles, la CGT a dénoncé “les pratiques inacceptables” d'”un patronat agricole “qui n’hésite pas à surexploiter les travailleurs pour accroître ses profits”.

Aux Etats-Unis, la Fed maintient ses taux, Trump dénigre Powell

La Réserve fédérale américaine (Fed) a sans surprise mercredi laissé ses taux d’intérêt inchangés pour la quatrième fois de suite, un statu quo qu’elle semble vouloir encore prolonger malgré la frustration du président Donald Trump.Dans une décision attendue par les marchés, la Fed a maintenu ses taux dans une fourchette comprise entre 4,25% et 4,50%.Ces taux, qui guident les coûts d’emprunt des entreprises et particuliers, n’ont pas évolué depuis la réunion de décembre de la banque centrale américaine, avant le retour à la Maison Blanche de M. Trump qui bout d’impatience devant l’absence de baisse des taux.Quelques heures avant l’annonce de la décision de la Fed, il a répété qu’il n’y avait selon lui “pas d’inflation” aux Etats-Unis et qu’il voudrait donc “voir les taux baisser”.Il a aussi qualifié de “personne stupide” et “politisée” le président de la Fed, Jerome Powell.Donald Trump avait lui-même désigné M. Powell pour prendre la tête de l’institution en 2018. Son mandat s’achève dans moins d’un an.”Peut-être que je devrais aller à la Fed. Est-ce que je suis autorisé à me désigner moi-même ?” a grincé M. Trump mercredi, estimant que le niveau actuel des taux d’intérêt “coût(ait) une fortune au pays” en alourdissant la charge de remboursement de la dette.- Prévisions revues en baisse -Toutefois, Jerome Powell a clairement laissé entendre que la Fed ne dévierait pas rapidement de sa posture attentiste.Interrogé en conférence de presse sur l’impact des droits de douane mis en place par l’exécutif américain, M. Powell a assuré que la Fed prendra “des décisions plus avisées et meilleures si nous attendons encore quelques mois ou le temps qu’il faudra pour avoir une idée réelle de la manière dont cela se répercutera sur l’inflation”.Nombre d’experts considèrent que le constat d’une modération de l’inflation (à +2,1% sur un an en avril aux Etats-Unis, selon l’indice officiel PCE) aurait pu permettre à la Fed de baisser ses taux ce mois-ci, mais c’était sans compter l’impact redouté des droits de douane sur les prix.Ceux-ci mettent généralement “un peu de temps” avant d’être répercutés au niveau des consommateurs, a temporisé Jerome Powell.Lors de la réunion, les responsables de la Fed ont aussi actualisé – et dégradé – leurs prévisions pour la première économie mondiale. Ils attendent désormais la croissance du produit intérieur brut (PIB) à 1,4% en 2025 (contre 1,7% prévu en mars et 2,1% en décembre 2024) et prévoient une accélération de l’inflation à 3% (contre 2,7% en mars), alors que la Fed vise 2%.  Ils ont aussi légèrement relevé le taux de chômage attendu, à 4,5% (contre 4,4% en mars).En revanche, les responsables de la Fed disent toujours envisager deux baisses de taux cette année. Une éventualité à laquelle les analystes accordent de moins en moins de crédit au regard de la manière dont M. Powell a temporisé.Ils retiennent surtout que la Fed a réduit le nombre de baisses envisagées en 2026 et 2027.Après une réaction initiale positive, Wall Street a flanché en prenant connaissance de ces perspectives et terminé la séance ni totalement plombée ni rassurée. – “Stagflation” à l’horizon -M. Powell a par ailleurs indiqué que la Fed surveillait les développements de la guerre entre l’Iran et Israël, notamment du fait du risque d’impact sur les prix du pétrole.Il a estimé que les crises affectant l’or noir “n’avaient généralement pas d’impact durable sur l’inflation, à l’exception bien sûr des années 1970. (…) Mais l’économie américaine est beaucoup moins dépendante du pétrole importé qu’à l’époque”. “La Fed n’aime pas parler de stagflation [mot-valise pour parler d’une économie combinée faible croissance et inflation élevée], mais c’est ce qu’ils prévoient: plus de chômage, plus d’inflation et une croissance ralentie cette année”, remarque dans une note Heather Long, économiste de la banque Navy Federal Credit Union.”C’est une situation délicate pour la banque centrale comme pour les Américains des classes moyennes et populaires qui sentiront la pression des hausses de prix liées aux droits de douane”, ajoute-t-elle. Pour elle comme pour la majorité des observateurs, la Fed ne bougera pas ses taux de l’été avant, peut-être, une détente en septembre.

Wall Street sans impulsion après la Fed

La Bourse de New York a terminé sans élan mercredi, à la suite de la réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) qui a laissé ses taux inchangés et a réaffirmé sa posture attentiste.Le Dow Jones a lâché 0,10%, l’indice Nasdaq a grappillé 0,13% et l’indice élargi S&P 500 a perdu 0,03%.La réunion de la Fed “était clairement au centre de l’attention aujourd’hui”, commente auprès d’un journaliste de l’AFP Angelo Kourkafas, d’Edward Jones.”Il n’y a pas eu de grande surprise, la Réserve fédérale est restée en mode attentiste”, ajoute l’analyste.Dans une décision largement attendue par les marchés, la Réserve fédérale américaine (Fed) a sans surprise mercredi laissé ses taux d’intérêt inchangés pour la quatrième fois de suite, dans une fourchette comprise entre 4,25% et 4,50%.Les responsables de la Fed ont aussi répété qu’ils envisagent toujours deux baisses de taux cette année.”La réaction initiale (de Wall Street) a été positive”, relève M. Kourkafas.Mais l’optimisme des investisseurs a été entamé par les prévisions économiques de l’institution monétaire.”Les droits de douane vont probablement tirer les prix vers le haut et peser sur l’activité économique”, a déclaré Jerome Powell, patron de la Fed, tout en notant que les ces taxes mettaient généralement “un peu de temps” avant d’être répercutées au niveau des consommateurs.Les responsables de la Fed attendent désormais la croissance du produit intérieur brut (PIB) à 1,4% en 2025 (contre 1,7% prévu en mars et 2,1% en décembre 2024) et prévoient une accélération de l’inflation à 3% (contre 2,7% en mars), alors que la Fed vise 2%.Surtout, ils ont réduit leurs perspectives de baisse de taux pour 2026 et 2027, d’un quart de point de pourcentage pour chaque année. Cela a constitué un important facteur de la baisse de la place américaine, selon M. Kourkafas.Dans ce contexte, vers 20H20 GMT sur le marché obligataire, le rendement des emprunts d’État américains à 10 ans était stable par rapport à la veille, à 4,39%.La poursuite de la guerre entre Israël et l’Iran est un “autre facteur qui maintient le moral des investisseurs à un niveau un peu bas”, selon M. Kourkafas.Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a proclamé mercredi que son pays ne se rendrait “jamais” face à Israël, qui a multiplié mercredi les frappes aériennes contre l’Iran avant d’être visé par de nouveaux missiles hypersoniques.Le président américain Donald Trump, devant des journalistes dans le jardin de la Maison Blanche, a lui affirmé que sa patience était “déjà à bout” avec l’Iran. Il a toutefois entretenu le doute sur la possibilité que les Etats-Unis rejoignent Israël et mènent des frappes contre l’Iran.Au tableau des valeurs, la société Circle (+33,82%, à 199,59 dollars), créatrice de la stablecoin USDC, s’est envolée après l’adoption par le Sénat américain d’une loi régulant ces cryptomonnaies.Les stablecoins sont considérés comme les plus sûres et les moins volatiles des monnaies numériques car ils conservent, au fil du temps, leur parité avec une devise classique, souvent le dollar. La plateforme d’échanges de cryptomonnaies Coinbase a aussi profité de cette dynamique, en bondissant de 16,32% à 295,29 dollars.La cotation du sidérurgiste américain U.S. Steel a été suspendue après l’annonce de la finalisation de son accord de fusion avec son concurrent japonais Nippon Steel, qui prévoit notamment un investissement de 11 milliards de dollars aux Etats-Unis d’ici 2028 et une participation de blocage pour le gouvernement américain.

Les députés approuvent une relance massive du nucléaire

Les députés ont approuvé mercredi une relance massive du nucléaire en adoptant un article clé d’une proposition de loi sur le futur énergétique de la France, dont l’examen doit se poursuivre jusqu’à vendredi.Un amendement du rapporteur du texte, Antoine Armand (Renaissance), a été adopté avec les voix notamment du Rassemblement national. Il rétablit cet article clé sur le nucléaire, qui avait été supprimé dans la confusion en commission.”Nous actons une relance d’une ambition inédite: maintien du parc existant, construction de 14 EPR, décision d’un réacteur de 4e génération”, s’est félicité auprès de l’AFP M. Armand, ex-ministre de l’Économie.La France a aujourd’hui une capacité installée de production d’électricité d’origine nucléaire de 63 gigawatts. Le texte, sur lequel un vote solennel est prévu mercredi, prévoit d’augmenter cette capacité de 27 gigawatts supplémentaires “à l’horizon 2050”. Pour cela, la construction d’au moins 10 gigawatts de nouvelles capacités – soit l’équivalent de six réacteurs nucléaires de type EPR2 – devra être “engagée au plus tard en 2026”. Et celle de 13 gigawatts supplémentaires, soit huit EPR2, être engagée “au plus tard en 2030″. Le gouvernement, qui porte un programme de construction de six EPR2 annoncé en 2022 par Emmanuel Macron, défendait lui un amendement légèrement différent, le ministre de l’Industrie Marc Ferracci expliquant préférer repousser la décision sur les huit réacteurs supplémentaires à 2026.”Les sommes colossales que vous voulez à toutes forces investir dans cette énergie du passé (…), c’est tout l’argent qu’on n’investit pas dans l’énergie du futur, c’est-à-dire les énergies renouvelables”, s’est insurgée la députée insoumise Anne Stambach-Terrenoir. L’énergie nucléaire est “la plus décarbonée, la plus pilotable, la plus souveraine et financièrement la plus tenable”, a au contraire argumenté Jérôme Nury (LR). Le PS avait pour sa part proposé d’engager la construction de huit réacteurs d’ici 2035, avec des objectifs supplémentaires renvoyés à plus tard. Un compromis “balayé” par le rapporteur, a regretté le député PS Karim Benbrahim.- Victoires du RN -“Vous considérez que la bienveillance du Rassemblement national à l’égard de François Bayrou vaut plus qu’une politique énergétique exigeante”, a taclé ce député.Dans la foulée du vote sur l’article, après une courte suspension, les élus du RN, massivement présents autour de Marine Le Pen, ont engrangé une série de succès. Le rapport de force dans l’hémicycle était à leur avantage avec, face à eux, des bancs du bloc central et de la gauche bien plus dégarnis. Ainsi, l’Assemblée nationale a par exemple approuvé le redémarrage de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin). Mise en service en 1977, la doyenne des centrales françaises avait été définitivement fermée en 2020. “Je l’avais promis, le groupe RN l’a fait voter par l’Assemblée nationale”, s’est félicitée sur X Marine Le Pen. D’autres amendements RN, qui prévoient par exemple d’augmenter la puissance des réacteurs du parc nucléaire existant, ont été adoptés. Il s’agit surtout pour l’extrême droite, farouche partisane du nucléaire, de victoires symboliques.Car, “ces amendements s’inscrivent dans des articles programmatiques qui n’ont pas de portée normative directe et pourront être réexaminés au cours de la navette” parlementaire, a souligné Antoine Armand. En effet, cette proposition de loi du sénateur Daniel Gremillet (LR), déjà adoptée en première lecture à la chambre haute, doit surtout inspirer le décret gouvernemental fixant la feuille de route énergétique du pays jusqu’en 2035.Le gouvernement veut publier ce décret “avant la fin de l’été”, donc avant la fin de l’examen parlementaire du texte, afin de permettre de “lancer des investissements”.C’est sous la pression du RN, qui en avait fait un motif de censure, que François Bayrou avait accepté d’inscrire ce texte à l’ordre du jour de l’Assemblée. 

La Bourse de Paris prudente, entre conflit au Moyen-Orient et Fed

La Bourse de Paris a terminé sans impulsion mercredi, prudente face à la poursuite du conflit militaire entre Israël et l’Iran et dans l’attente de la réunion de la banque centrale américaine (Fed).Le CAC 40 a perdu 0,36%, clôturant à 7.656,12 points, en recul de 27,1 points. La veille, l’indice vedette parisien avait terminé en repli de 0,76%. “Pour l’instant, les marchés parient sur le fait que la situation actuelle ne conduira pas au pire des scénarios”, c’est-à-dire, “une guerre ouverte entre l’Iran et les États-Unis”, a expliqué à l’AFP Mike O’Sullivan, chef économiste chez Moonfare.Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi que Téhéran était entré en contact avec Washington pour négocier, après plusieurs jours d’échanges intenses de tirs avec Israël.”Ils ont même suggéré de venir à la Maison-Blanche”, a déclaré M. Trump, qualifiant cette proposition de “courageuse”.Ces propos ont rassuré les investisseurs, même si le président américain a aussi entretenu le doute mercredi sur la possibilité que les Etats-Unis effectuent des frappes sur l’Iran, affirmant devant la presse: “Je vais peut-être le faire, peut-être pas.”Globalement, “les marchés semblent complètement ignorer la possibilité que ce conflit évolue vers quelque chose de sérieux pour l’économie mondiale”, a estimé Felipe Villarroel, gérant de portefeuille associé chez TwentyFour AM.Autre point d’attention des investisseurs: la réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed).Le comité de politique monétaire de la Fed rendra sa décision à 18H00 GMT (20H00 à Paris) et son président, Jerome Powell, tiendra 30 minutes plus tard sa traditionnelle conférence de presse, particulièrement suivie.”Il est évident que la Réserve fédérale américaine ne fera rien, tout comme lors de ses trois dernières réunions”, a jugé Jochen Stanzl, analyste chez CMC Markets.Le marché anticipe largement un statu quo sur les taux, laissés inchangés depuis décembre, entre 4,25% et 4,50%.Côté obligataire, les taux d’intérêt d’emprunt à dix ans de la France a atteint 3,21%, contre 3,24% la veille. Pour son équivalent allemand, référence en Europe, ils se sont élevés à 2,49%.Airbus promet de choyer ses actionnairesAirbus (+1,39% à 181,14 euros) a annoncé mercredi qu’il comptait mieux rémunérer ses actionnaires, en portant jusqu’à 50% le taux de distribution de ses bénéfices sous forme de dividendes, contre un plafond précédent fixé à 40%.  Teleperformance déçoitLe géant des centres d’appel Teleperformance a dévissé de 13,61%, à 81,86 euros, après la présentation de ses nouveaux objectifs de moyen terme, qui ont déçu les investisseurs. Le groupe prévoit un chiffre d’affaires annuel compris entre “4% et 6% en 2028” en croissance organique, et une marge d’exploitation Ebita autour de 15,5%.