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VivaTech: la patronne de la start-up kényane Amini plaide pour une IA plus concrète

A contre-courant de la course Ă  une superintelligence artificielle que se livrent les gĂ©ants de la Silicon Valley, la start-up kĂ©nyane Amini AI cherche Ă  rĂ©gler les problèmes concrets des pays Ă©mergents, a expliquĂ© sa patronne Ă  l’AFP, lors du salon VivaTech Ă  Paris. Diminuer le coĂ»t d’assurance des rĂ©coltes pour les agriculteurs en Afrique grâce à la surveillance des conditions mĂ©tĂ©o ou avertir les producteurs laitiers au Maroc des sources d’eau en danger en raison du changement climatique, voici quelques-uns des usages prĂ©sentĂ©s sur le site web d’Amini. Et ce n’est qu’un aperçu de ce qui sera rendu possible par de meilleurs collecte, organisation et traitement des donnĂ©es en Afrique, AmĂ©rique latine ou Asie du Sud-Est pour Kate Kallot, directrice gĂ©nĂ©rale d’Amini. “Il y a une immense opportunitĂ© pour les Ă©conomies Ă©mergentes de se tourner vers des innovations pratiques Ă  base d’IA plutĂ´t que vers de la recherche fondamentale, sur laquelle se concentrent beaucoup les Etats-Unis et l’Europe”, plaide-t-elle.   De taille modeste, avec 6 millions de dollars de financements et 25 employĂ©s, Amini bâtit l’infrastructure nĂ©cessaire pour que les entreprises construisent leurs propres applications d’intelligence artificielle (IA). La start-up a ainsi vocation Ă  devenir dans les prochaines annĂ©es “le système d’exploitation du Sud global”, selon Kate Kallot. “Il reste beaucoup de travail Ă  faire pour construire une infrastructure de donnĂ©es qui peut aider les pays de ces rĂ©gions Ă  passer d’un système analogique Ă  un système numĂ©rique et Ă  se prĂ©parer pour l’IA”, ajoute-t-elle. Amini travaille dĂ©jĂ  sur des projets avec la Barbade, l’Inde, le NĂ©pal et le Cambodge, et a signĂ© un protocole d’accord avec la CĂ´te d’Ivoire. – Manque “d’opportunitĂ©s” -Beaucoup de gĂ©ants amĂ©ricains de la tech s’appuient sur la main d’oeuvre bon marchĂ© de pays Ă©mergents comme le Kenya et les Philippines pour Ă©tiqueter et classer des masses de donnĂ©es indispensables au dĂ©veloppement de l’intelligence artificielle.Ces pays ont “une population nĂ©e avec le numĂ©rique, extrĂŞmement jeune”, avec beaucoup de personnes qui ont Ă©tudiĂ© l’informatique, parlent anglais mais manquent “d’opportunitĂ©s”, souligne Kate Kallot. “Ces rĂ©gions sont encore perçues comme simplement consommatrices des technologies et pas comme un endroit oĂą l’innovation prend place”, regrette-t-elle. Cela se reflète aussi dans la manière dont les donnĂ©es sont stockĂ©es et traitĂ©es. Seulement 1% des centres de donnĂ©es sont situĂ©s sur le continent africain alors que la rĂ©gion concentre près de 19% de la population mondiale, selon un rapport du cabinet amĂ©ricain Xalam Analytics publiĂ© en 2024. Et seulement 2% des donnĂ©es de l’Afrique sont traitĂ©es sur le continent, affirme Mme Kallot. “Nous sommes encore dans un environnement très pauvre en donnĂ©es et, tant que cela n’est pas rĂ©glĂ©, nous ne serons pas capables d’adopter les nouveaux systèmes créés par les gĂ©ants de la tech”, pointe-t-elle.   – Frugal et local -Les pays Ă©mergents sont toutefois devenus “un champ de bataille” pour les superpuissances qui investissent dans les infrastructures, comme le Chinois Huawei et l’AmĂ©ricain Microsoft.Kate Kallot souhaiterait plutĂ´t voir les pays en dĂ©veloppement se rassembler pour construire des centres de donnĂ©es locaux et partagĂ©s. “Avant, bâtir une infrastructure essentielle pour votre pays signifiait construire une route ou un hĂ´pital. Maintenant, c’est construire un centre de donnĂ©es”, clame-t-elle. Le risque d’un traitement des donnĂ©es qui s’effectue Ă  l’Ă©tranger est “un effacement de notre système de valeurs et de notre culture”, met en garde la dirigeante. Le nombre limitĂ© d’infrastructures et de capacitĂ© de calcul peut cependant favoriser des innovations moins Ă©nergivores. Les Ă©conomies Ă©mergentes possèdent “des dĂ©veloppeurs brillants qui crĂ©ent des choses meilleures pour l’environnement et qui savent travailler dans un environnement très limitĂ© en ressources (…) nous devons mettre cela en avant et s’assurer de leur fournir la plateforme nĂ©cessaire”, conclut Kate Kallot. 

Plastique: le gouvernement veut pousser l’industrie du rĂ©emploi et du recyclage

Le gouvernement français a prĂ©sentĂ© jeudi son nouveau plan contre la pollution plastique, pour redonner de l’Ă©lan Ă  l’industrie du rĂ©emploi et du recyclage alors que le retard de la France sur les objectifs europĂ©ens lui coĂ»te 1,6 milliard d’euros par an.L’Europe a fixĂ© un objectif de recyclage du plastique de 50% en 2025 et 55% en 2030, mais “la France n’est actuellement qu’Ă  26% et ce taux progresse trop lentement” (+1% en moyenne chaque annĂ©e), explique le ministère de la Transition Ă©cologique en prĂ©sentant son “plan plastique 2025-2030” en marge du sommet de l’ONU sur les ocĂ©ans Ă  Nice.RĂ©sultat, “la France doit chaque annĂ©e verser Ă  l’Europe plus de 1,6 milliard d’euros pour les 1,9 million de tonnes d’emballages plastiques non recyclĂ©s”, souligne le ministère.Pour y remĂ©dier, l’Etat français entend montrer l’exemple: il “mettra fin Ă  l’achat de bouteilles et d’emballage pour boisson contenant du plastique d’ici 2026”.Quant Ă  la stratĂ©gie engagĂ©e en 2022 pour rĂ©duire, rĂ©employer et recycler les emballages Ă  usage unique, elle est en cours de rĂ©vision et “ses ambitions seront renforcĂ©es” dans un dĂ©cret fin 2025, Ă©crit le ministère.Ce dĂ©cret devrait dĂ©finir le lancement d’une consigne des bouteilles plastique, rĂ©clamĂ©e par le prĂ©sident Emmanuel Macron et encore mercredi par Citeo, l’Ă©co-organisme qui gère la collecte et le tri des ordures mĂ©nagères en France, mais vivement contestĂ©e par les collectivitĂ©s locales qui financent les centres de tri.Le nouveau plan prĂ©voit notamment “un dispositif de rĂ©emploi mutualisĂ© pour les emballages alimentaires en grandes surfaces” Ă  partir de 2026, sur la base d’expĂ©rimentations en cours dans l’Ouest et le Nord de la France, et “un soutien financier”, non chiffrĂ©, pour “l’innovation et le dĂ©veloppement d’emballages rĂ©employables”.Il vise aussi Ă  “l’instauration d’une prime Ă  l’incorporation de plastiques recyclĂ©s dans les produits”, un “mĂ©canisme de bonus/malus” pour rĂ©duire le coĂ»t des emballages recyclables, et d’autres aides pour “dĂ©velopper l’industrie du recyclage et crĂ©er des emplois”.Ces aides seront financĂ©es “Ă  partir de l’Ă©co-contribution prĂ©levĂ©e” sur les produits mis sur le marchĂ©, prĂ©cise le ministère.L’Ă©co-contribution, qui reprĂ©sente 1,6 milliard d’euros par an, a financĂ© en prioritĂ© jusqu’ici la collecte et le tri mais, depuis la loi Agec sur l’Ă©conomie circulaire, “on renforce l’attribution des moyens au rĂ©emploi et au recyclage” et “c’est l’objet du plan que de poursuivre ce mouvement”, ajoute-t-il.Enfin, la France demandera Ă  Bruxelles une “Ă©volution du droit europĂ©en” pour soumettre les produits importĂ©s “aux mĂŞmes exigences environnementales”.

“Aucun projet d’introduction en Bourse” pour Club Med, selon son actionnaire Fosun

Le groupe chinois Fosun, actionnaire majoritaire du Club Med, n’a “aucun projet d’introduction en Bourse” du voyagiste, a-t-il indiquĂ© jeudi, au lendemain de dĂ©clarations du dirigeant du Club Med en faveur d’un retour Ă  la Bourse de Paris.”Fosun Tourism examine rĂ©gulièrement diverses options stratĂ©giques et financières, en fonction des plans de dĂ©veloppement et des intĂ©rĂŞts Ă  long terme de la sociĂ©tĂ©. Ă€ ce stade, nous n’avons aucun projet d’introduction en Bourse de Club Med”, est-il Ă©crit dans un communiquĂ© transmis Ă  l’AFP.”Ă€ l’avenir, le conseil d’administration de Club Med procĂ©dera Ă  une Ă©valuation approfondie et dĂ©terminera la meilleure option pour soutenir le dĂ©veloppement durable et Ă  long terme de la sociĂ©tĂ©”, ajoute-t-il encore.Dans un entretien publiĂ© mercredi sur le site du Figaro, Henri Giscard d’Estaing, prĂ©sident du Club Med, dĂ©clarait plaider auprès de l’actionnaire chinois du groupe pour un retour prochain Ă  la Bourse de Paris. Pour le patron du groupe Club Med, “revenir Ă  la Bourse de Paris dès le premier semestre 2026” reprĂ©sente “la meilleure façon” de mettre en oeuvre le projet stratĂ©gique de la sociĂ©tĂ©. Fosun avait cherchĂ© l’an dernier Ă  ouvrir le capital du groupe français de tourisme mais n’avait finalement pas trouvĂ© de nouveaux partenaires.L’annĂ©e 2024 a Ă©galement Ă©tĂ© marquĂ©e par un rĂ©amĂ©nagement de la direction de Club Med sur fond de tensions avec Fosun, qui a cependant vu Henri Giscard d’Estaing rester Ă  la tĂŞte du Club. Evoquant justement la succession, Fosun indique dans son communiquĂ© jeudi que “la mise en place d’un plan de succession est une pratique courante en matière de bonne gouvernance d’entreprise”.”Depuis l’annĂ©e dernière, la prĂ©paration de la succession de Club Med a connu des progrès importants, et Henri travaille en Ă©troite collaboration avec Fosun pour faire avancer les modalitĂ©s de cette transition”, Ă©crit-il.Le groupe chinois assure que “l’identitĂ© française du Club Med est au cĹ“ur de la valeur de la marque et que Fosun Tourism “reste pleinement engagĂ© dans le dĂ©veloppement Ă  long terme du Club Med et tĂ©moigne d’un profond respect pour l’hĂ©ritage et le patrimoine français de la marque”.

AĂ©rospatial: Le Bourget 2025 portĂ© par la guerre et l’innovation

Dans un climat de tensions commerciales et stratĂ©giques, le salon du Bourget près de Paris, plus ancien et plus grand rendez-vous aĂ©rospatial au monde, s’ouvre lundi, marquĂ© par la volontĂ© de l’Europe de se rĂ©armer et retrouver sa souverainetĂ© dans l’espace. 2.400 exposants de 48 pays, avec les Etats-Unis comme premier participant international, se retrouveront pendant une semaine sur un gigantesque site de 70 hectares, Ă©gal Ă  100 terrains de football. Le match habituel des contrats commerciaux Airbus-Boeing devrait se rejouer pendant cette 55e Ă©dition du salon biennal, mais les projecteurs seront braquĂ©s sur les questions de dĂ©fense. En pleins conflits militaires et guerre commerciale menĂ©e par Donald Trump, “le salon est beaucoup plus complexe”, estime Guillaume Faury, patron d’Airbus et prĂ©sident du Gifas, groupement des industries françaises aĂ©ronautiques et spatiales, qui organise Le Bourget.- Fardeau des droits de douane -Les droits de douane amĂ©ricains pèsent lourd sur ce secteur mondialisĂ© et perturbent les chaĂ®nes d’approvisionnement qui se relèvent Ă  peine, après la crise du Covid. L’ensemble des produits, parmi lesquels les avions ou pièces pour les avions importĂ©s d’Europe aux Etats-Unis doivent s’acquitter d’une surtaxe de 10% introduite en mars, qui pourrait monter Ă  20% Ă  l’issue du sursis de 90 jours annoncĂ© par le prĂ©sident amĂ©ricain le 9 avril pour nĂ©gocier des traitĂ©s commerciaux.Guillaume Faury espère leur remise Ă  zĂ©ro comme le prĂ©voyaient les accords de 1979, tout comme son homologue de Boeing Kelly Ortberg, qui constate l’impact de ces mesures sur les ailes et fuselages importĂ©s du Japon et d’Italie et craint les reprĂ©sailles.  “Toute l’industrie aĂ©rospatiale occidentale considère que c’est le mieux qui puisse nous arriver”, souligne Guillaume Faury.”Nous ne sommes pas en mesure de rĂ©percuter ces coĂ»ts sur nos clients. J’espère que, Ă  mesure que chacune de ces nĂ©gociations pays par pays aboutira, ces tarifs disparaĂ®tront Ă  long terme”, a dĂ©clarĂ© Kelly Ortberg dans une interview Ă  Aviation week fin mai. – DĂ©carbonation en retrait?  -CĂ´tĂ© dĂ©fense, “l’environnement gĂ©ostratĂ©gique nous amène Ă  consolider ce point qui Ă©tait en second plan les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes”, souligne FrĂ©dĂ©ric Parisot, dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral du Gifas.L’espace, un secteur par dĂ©finition dual- civil et militaire – aura plus de place avec le Paris Space Hub, un pavillon dĂ©diĂ© de 2.500 m².Un autre pavillon, le Paris Air Lab, accueillera les innovations dans le secteur en vue de la dĂ©carbonation, un thème qui semble éclipsĂ© par la guerre. “Cela reste la prioritĂ© numĂ©ro 1 pour les technologies de demain” , assure Guillaume Faury.Airbus croit toujours en l’avion Ă  hydrogène 100% Ă©lectrique qu’il espère dĂ©sormais concevoir dans les annĂ©es 2040, avec plusieurs annĂ©es de retard.  Alors que l’industrie doit atteindre son objectif de zĂ©ro Ă©mission de carbone d’ici 2050, le patron de Boeing, qui mise surtout sur les SAF (carburants d’aviation durable) a Ă©mis des doutes sur cette perspective. “Je ne sais pas si nous y parviendrons, mais c’est un objectif noble. Nous devons continuer Ă  faire tout ce que nous pouvons pour nous en approcher autant que possible”.- IsraĂ«l maintenu – Grande nouveautĂ© dans un milieu qui peine Ă  se diversifier, la fĂ©minisation sera “un fil rouge” du salon cette annĂ©e, explique Ă  l’AFP Guillaume Bourdeloux, directeur gĂ©nĂ©ral du salon.”Il y aura un Ă©vènement spĂ©cifique pour l’inauguration” le 16 juin et la journĂ©e du 20 juin, Ă  partir de laquelle Le Bourget sera ouvert au grand public, sera entièrement dĂ©diĂ©e aux femmes. “C’est une toute première (…) pour montrer aux jeunes filles que le secteur est accessible, intĂ©ressant et qu’elles sont tout Ă  fait aptes Ă  y exercer. Il n’y a pas de plafond de verre”, affirme Guillaume Bourdeloux.La prĂ©sence d’IsraĂ«l, l’un des leaders des capacitĂ©s militaires de pointe dans l’aĂ©rospatial, est maintenue avec neuf exposants, en “forte dĂ©croissance”, de 70% par rapport Ă  l’Ă©dition de 2019. Le tribunal judiciaire de Bobigny a rejetĂ© mardi la requĂŞte d’associations qui lui demandaient de bannir les entreprises israĂ©liennes du Bourget au nom du risque de perpĂ©tuation de “crimes internationaux”.L’Ukraine sera pour sa part reprĂ©sentĂ©e par cinq participants, dont la start-up Ailand Systems, spĂ©cialisĂ©e dans les drones dĂ©tecteurs de mines ainsi que l’avionneur Antonov et le motoriste Motor Sitch. 

La Bourse de Paris freinée par des tensions géopolitiques et commerciales

La Bourse de Paris Ă©volue dans le rouge jeudi, prudente face Ă  un regain de tensions gĂ©opolitiques au Moyen Orient et en attendant d’y voir plus clair sur le front commercial avec les Etats-Unis.L’indice vedette CAC 40 reculait de 0,86% vers 10H25, soit de 66,98 points Ă  7.708,92 points. Mercredi, l’indice a lâchĂ© 0,36% Ă  la clĂ´ture, Ă  7.775,90 points. “Sur les marchĂ©s actions, les tensions gĂ©opolitiques” au Moyen Orient gagnent du terrain, commente Jim Reid, Ă©conomiste de Deutsche Bank.Selon des responsables amĂ©ricains mercredi, les Etats-Unis vont rĂ©duire les effectifs de leur ambassade en Irak pour des raisons de sĂ©curitĂ©, une annonce qui intervient alors que l’Iran a averti mercredi qu’il ciblerait les bases militaires amĂ©ricaines au Moyen-Orient en cas de conflit avec les Etats-Unis.”Le sentiment de marchĂ© a Ă©tĂ© encore alourdi après que le mĂ©dia CBS News a rapportĂ© que ce retrait partiel Ă©tait liĂ© Ă  des informations selon lesquelles IsraĂ«l se prĂ©parerait Ă  lancer une opĂ©ration contre l’Iran”, retient l’Ă©conomiste de Deutsche Bank.”L’autre grande actualitĂ© est venue des nĂ©gociations commerciales entre les États-Unis et la Chine” après que Donald Trump a annoncĂ©  qu’un accord avait Ă©tĂ© trouvĂ© entre les nĂ©gociateurs des deux puissances, sous rĂ©serve de validation des deux chefs d’Etat, a poursuivi Jim Reid.Toutefois, “le soulagement que les États-Unis et la Chine aient pu parvenir Ă  une sorte d’accord qui pourrait assouplir les exportations chinoises de terres rares vers les États-Unis – en Ă©change de l’autorisation accordĂ©e Ă  davantage d’Ă©tudiants chinois d’Ă©tudier dans les universitĂ©s amĂ©ricaines – a Ă©tĂ© de courte durĂ©e, car de nombreux points restent incertains”, dĂ©taille Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank.Par ailleurs, le secrĂ©taire au Commerce amĂ©ricain, Howard Lutnick, a dĂ©clarĂ© sur la chaĂ®ne CNBC mercredi que l’accord avec l’Union europĂ©enne serait probablement l’un des derniers que les États-Unis concluront, alors que l’administration Trump s’empresse de sĂ©curiser ceux avec d’autres partenaires commerciaux.”Je suis optimiste sur le fait que nous pouvons y arriver, mais l’Europe sera probablement Ă  la toute fin”, ajoutant qu’il est “difficile de nĂ©gocier” avec l’Union europĂ©enne “parce qu’il y a 27 pays”.Le secrĂ©taire au Commerce a Ă©galement soulignĂ© que les Etats-Unis ne “vendent pas de voitures en Europe”, pointant du doigt “des règles injustes” qui doivent devenir plus “Ă©quitables”.Stellantis en repliDans ce contexte d’incertitudes, le constructeur automobile Stellantis lâchait 2,86% Ă  8,77 euros.ChahutĂ© par la politique commerciale erratique de l’administration Trump, le groupe voit son titre fondre de plus de 30% depuis le 1er janvier.

Face Ă  la flambĂ©e des prix du riz, les agriculteurs japonais sonnent l’alarme

La rizière de Satoshi Yamazaki, aux rangĂ©es de jeunes plants d’un vert Ă©clatant, respire une ambiance paisible Ă  l’heure oĂą la flambĂ©e des prix du riz met cependant en exergue des problèmes structurels de l’agriculture japonaise.En avril, le riz vendu dans les commerces nippons Ă©tait deux fois plus cher qu’un an auparavant, envolĂ©e que le gouvernement tente ces derniers mois d’enrayer en dĂ©bloquant les rĂ©serves stratĂ©giques du pays.Une initiative rare que Satoshi Yamazaki, cultivateur de 42 ans de la rĂ©gion du Niigata (centre), qualifie de signal d’alarme, y voyant “l’occasion pour le public de rĂ©flĂ©chir Ă  la manière dont le riz est produit”.Ce renchĂ©rissement depuis près d’un an a des facteurs multiples.La rĂ©colte 2023 (consommĂ©e l’an dernier) avait Ă©tĂ© pĂ©nalisĂ©e par des chaleurs record, rĂ©duisant drastiquement l’offre. La demande de riz, elle, Ă©tait gonflĂ©e par le renchĂ©rissement des aliments importĂ©s, ainsi que par une vague d’achats paniques dĂ©clenchĂ©s en aoĂ»t 2024 par un avertissement au “mĂ©gasĂ©isme”. L’afflux record de touristes est accusĂ© d’avoir encore grossi la consommation.Surtout, des nĂ©gociants stockaient du riz pour muscler leurs profits Ă  terme, selon les experts.- “Enorme opportunitĂ©” -“Les consommateurs, ou plutĂ´t les dĂ©taillants, nous obligent Ă  produire du riz de haute qualitĂ©”, explique M. Yamazaki, près des plants inondĂ©s Ă©tincelant au soleil.Il assure que la flambĂ©e des prix ne lui fait pas gagner d’argent, car il vend l’essentiel de sa rĂ©colte directement aux dĂ©taillants ou consommateurs via des contrats conclus Ă  l’avance.Un modèle contournant l’habituel rĂ©seau de distribution nippon, qui inclut firmes de “nettoyage” du riz, grossistes, coopĂ©ratives… l’acteur Ă  chaque Ă©tape collectant sa marge.Sa ferme du Niigata est un cas atypique: 80% des riziculteurs japonais travaillent Ă  temps partiel, Ă  petite Ă©chelle, et dĂ©pendent complètement des chaĂ®nes de production en place, selon l’agronome Kazunuki Oizumin, de l’UniversitĂ© de Miyagi.Et la production n’a cessĂ© de dĂ©croĂ®tre ces dernières dĂ©cennies: l’an dernier, la surface consacrĂ©e Ă  la riziculture (en excluant le riz destinĂ© Ă  l’alimentation animale) est tombĂ©e sous 1,4 million d’hectares dans l’archipel, très en-deçà du pic de 3,3 millions en 1960.Un dĂ©clin dĂ» au vieillissement dĂ©mographique et Ă  la difficultĂ© de trouver des successeurs aux cultivateurs.Par ailleurs, une politique gouvernementale en vigueur depuis 1971 oblige les agriculteurs Ă  rĂ©duire la superficie consacrĂ©e Ă  la riziculture, au profit notamment d’autres cĂ©rĂ©ales.La mesure, censĂ©e maintenir stables les prix du riz, a contribuĂ© Ă  rĂ©duire les marges de manĹ“uvre en cas de tensions sur l’offre.Toru Wakui, prĂ©sident d’une grande exploitation de la rĂ©gion d’Akita (nord), fustige cette politique: le Japon devrait “s’efforcer d’accroĂ®tre sa production de riz et les exportations vers les marchĂ©s Ă©trangers” tout en facilitant l’accès des jeunes Ă  l’agriculture, dĂ©clare-t-il Ă  l’AFP.La crise actuelle est “une Ă©norme opportunitĂ©” pour encourager l’Ă©mergence de grands exploitants Ă  temps plein, beaucoup plus productifs et rentables, abonde l’universitaire Kazunuki Oizumin.- “Vieux riz”? -Le sujet “riz” est devenu politiquement sensible Ă  l’approche des Ă©lections pour la Chambre haute du Parlement en juillet sur fond de frustration des consommateurs confrontĂ©s Ă  une inflation gĂ©nĂ©rale persistante (+3,5% en avril).Le ministre de l’Agriculture a dĂ» dĂ©missionner en mai après s’ĂŞtre vantĂ© de ne jamais acheter de riz lui-mĂŞme puisqu’il en recevait gratuitement.Son successeur Shinjiro Koizumi a, lui, dĂ©cidĂ© de cĂ©der directement aux dĂ©taillants le riz tirĂ© des stocks stratĂ©giques… provoquant aussitĂ´t de longues files d’attente dans certains magasins.Les efforts gouvernementaux semblent porter leurs fruits: le prix au dĂ©tail moyen a lĂ©gèrement baissĂ© dĂ©but juin pour la deuxième semaine consĂ©cutive, Ă  4.223 yens (25,55 euros) les cinq kilos.Responsables de l’opposition et commentateurs ont cependant fustigĂ© des stocks de “vieux” riz d’une qualitĂ© qui devrait selon eux les destiner aux animaux.Ce dossier complique la situation du Premier ministre conservateur Shigeru Ishiba, le soutien public Ă©tant au plus bas depuis son Ă©lection en octobre. M. Ishiba voit dans l’accroissement de la production une “solution” pour faire baisser les prix. Mais les dĂ©fis sont nombreux.Sataoshi Yamazaki, qui cultive 10% du riz en bio et a agrandi ses terres en louant des champs Ă  de petits exploitants, souligne les difficultĂ©s du secteur: renchĂ©rissement des Ă©quipements, pĂ©nurie chronique de chauffeurs… “Peut-on ajouter ces coĂ»ts au prix du riz?”, soupire-t-il.

Kenya: le gouvernement présente son budget un an après des manifestations meurtrières

Le gouvernement kĂ©nyan prĂ©sente jeudi au Parlement son budget, sans hausses massives d’impĂ´ts afin d’Ă©viter que le rue ne s’embrase comme l’an passĂ© lors de manifestations rĂ©primĂ©es dans le sang.Le Kenya est une puissance Ă©conomique rĂ©gionale, fortement endettĂ©e auprès de bailleurs Ă©trangers. Sa population dĂ©nonce une montĂ©e en flèche du coĂ»t de la vie, dans un marchĂ© de l’emploi stagnant, et une Ă©lite politique impliquĂ©e dans de multiples scandales de corruption.Le projet de loi de finances de 2024, qui prĂ©voyait d’augmenter les taxes sur des biens de consommation courante, avait dans ce contexte suscitĂ© une Ă©norme colère. Des milliers de manifestants avaient pris d’assaut le parlement le 25 juin, forçant le prĂ©sident William Ruto Ă  retirer le texte.Au moins 60 personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es lors de semaines de manifestations. Les groupes de dĂ©fense des droits de l’Homme affirment que des dizaines d’autres ont Ă©tĂ© illĂ©galement dĂ©tenues par les forces de sĂ©curitĂ© dans la foulĂ©e, dont certaines ne sont jamais rĂ©apparues.Cette annĂ©e, le gouvernement a donc jouĂ© la carte de la prudence. PlutĂ´t que d’augmenter les taxes directes appliquĂ©es aux consommateurs, il s’est davantage concentrĂ© sur les entreprises, tout en cherchant Ă  rĂ©duire les dĂ©penses publiques et Ă  fermer les Ă©chappatoires fiscaux pour augmenter ses revenus.A l’instar de nombreuses nations africaines, le Kenya est lourdement endettĂ© auprès de bailleurs Ă©trangers. Le paiement des intĂ©rĂŞts de ses emprunts excède les budgets de la santĂ© et de l’Ă©ducation.- “Eviter la controverse” -“Le projet de loi de finances de cette annĂ©e cherche, en comparaison avec celui de l’annĂ©e dernière, Ă  Ă©viter la controverse”, observe Patricia Rodrigues, du cabinet de conseil Control Risks, interrogĂ©e par l’AFP.Mais il sera “difficile pour de nombreuses entreprises de l’accepter, car il inclut des augmentations potentielles des impĂ´ts sur le revenu et des contributions sociales, ainsi que la fin de certaines exonĂ©rations fiscales pour les grandes entreprises et les PME”, ajoute-t-elle.La Banque mondiale a rĂ©duit cette annĂ©e ses prĂ©visions de croissance pour le Kenya de 5 Ă  4,5% d’ici 2025.Le Kenya cherche actuellement un nouvel accord avec le Fonds monĂ©taire international, ce qui signifie qu’un Ă©ventuel nouveau prĂŞt ne sera pas inclu dans le budget. Moins susceptible de provoquer des manifestations que celui de 2024, le budget Ă  venir n’en suscite pas moins dĂ©jĂ  une certaine dĂ©sapprobation, que les autoritĂ©s s’emploient Ă  faire taire.Fin mai, la dĂ©veloppeuse d’une plateforme critiquant le projet de loi des finances 2025 – car il entraĂ®nera selon elle une baisse du pouvoir d’achat et un accroissement des violations de la vie privĂ©e – a Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©e plusieurs jours, puis poursuivie pour cybercriminalitĂ©.Alors que la rĂ©pression des voix discordantes s’accroĂ®t dans le pays, un homme qui avait critiquĂ© un haut-gradĂ© policier a Ă©tĂ© retrouvĂ© mort en cellule ce week-end, quelque heures après son arrestation. La police a d’abord annoncĂ© un suicide, avant que des mĂ©decins lĂ©gistes n’invalident cette thèse.De tels incidents n’ont jusqu’Ă  prĂ©sent suscitĂ© que de petites manifestations. Mais “ce n’est pas parce que la question fiscale n’est plus au premier plan des prĂ©occupations des gens que des manifestations ou des troubles ne se produiront pas”, avertit Patricia Rodrigues.

Wall Street finit en baisse sous le poids de prises de bénéfices

La Bourse de New York a terminĂ© en baisse mercredi, lestĂ©e par des prises de bĂ©nĂ©fices après la publication d’une inflation amĂ©ricaine sous contrĂ´le et un accord commercial de principe entre les Etats-Unis et la Chine.Le Dow Jones a fini Ă  l’Ă©quilibre (-0,00%), tandis que l’indice Nasdaq a reculĂ© de 0,50% et l’indice Ă©largi S&P 500 a perdu 0,27%.”Nous avons traversĂ© une journĂ©e en montagnes russes aujourd’hui”, rĂ©sume auprès de l’AFP Sam Stovall, de CFRA.”Le marchĂ© capitalise sur les nouvelles” de la journĂ©e, expliquent pour leur part les analystes de Briefing.com. Mercredi, en dĂ©but de sĂ©ance, “le marchĂ© a connu une belle progression grâce Ă  des chiffres d’inflation moins Ă©levĂ©s que prĂ©vu”, observe M. Stovall.Le mois dernier, les prix Ă  la consommation ont progressĂ© de 2,4% sur un an aux États-Unis, contre 2,3% en avril, selon l’indice CPI, soit une hausse conforme aux attentes. Toutefois, plusieurs donnĂ©es se sont prĂ©sentĂ©es mieux qu’anticipĂ©. D’un mois sur l’autre, l’indice CPI a ralenti Ă  0,1% en mai (contre 0,2% en avril), tirĂ© vers le bas par le recul des prix de l’Ă©nergie. Hors prix volatils de l’Ă©nergie et de l’alimentation, cet indice Ă©volue au mĂŞme rythme (2,8% sur un an) depuis mars, alors que les analystes tablaient sur une lĂ©gère accĂ©lĂ©ration Ă  2,9% sur un an en mai.Sur le marchĂ© obligataire, vers 20Hl5 GMT,  le rendement des emprunts d’État amĂ©ricains Ă  10 ans se dĂ©tendait nettement Ă  4,41%, contre 4,47% mardi en clĂ´ture.Les investisseurs ont Ă©galement digĂ©rĂ© les avancĂ©es sur le plan commercial entre la Chine et les Etats-Unis.Les deux puissances ont annoncĂ© dans la nuit de mardi Ă  mercredi s’ĂŞtre mis d’accord sur un “cadre gĂ©nĂ©ral” pour lisser leurs diffĂ©rends commerciaux.Le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump s’est fĂ©licitĂ© mercredi de ces nĂ©gociations qui devraient, assure-t-il, permettre la fourniture de terres rares chinoises aux Etats-Unis, louant une relation “excellente” entre son pays et la Chine. Mais les acteurs des marchĂ©s attendent davantage d’informations sur cet accord de principe. Le mouvement baissier de la place amĂ©ricaine “est peut-ĂŞtre simplement dĂ» au fait que le marchĂ© a progressĂ© très vite en peu de temps et qu’il a besoin de digĂ©rer ses gains”, relève M. Stovall.Ailleurs, au tableau des valeurs, le gĂ©ant amĂ©ricain de l’automobile General Motors a terminĂ© dans le vert (+1,92% Ă  49,87 dollars) après avoir annoncĂ© qu’il prĂ©voyait d’investir “environ 4 milliards de dollars au cours des deux prochaines annĂ©es” dans ses usines amĂ©ricaines afin d’augmenter la production de vĂ©hicules.Le spĂ©cialiste des vĂ©hicules Ă©lectriques Tesla a gardĂ© la tĂŞte hors de l’eau (+0,10% Ă  326,43 dollars) après que son patron Elon Musk a dĂ©clarĂ© sur son rĂ©seau social X qu’il “regrettait” certaines de ses publications visant Donald Trump.”Le prĂ©sident a bien vu le communiquĂ© qu’Elon a publiĂ© ce matin, et il en est reconnaissant”, a dĂ©clarĂ© lors d’un point presse la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.La semaine passĂ©e, l’action de Tesla avait dĂ©gringolĂ© après une passe d’armes inattendue entre les deux milliardaires.Le gĂ©ant amĂ©ricain du cafĂ© Starbucks a Ă©tĂ© recherchĂ© (+4,33% Ă  95,39 dollars) après avoir annoncĂ© qu’il allait mettre en place un assistant d’intelligence artificielle (IA) ayant pour but d’aider les baristas.L’enseigne de lingerie Victoria’s Secret a reculĂ© (-5,41 Ă  21,00 dollars) après avoir publiĂ© des rĂ©sultats trimestriels mitigĂ©s. L’entreprise Ă  notamment revu a la baisse ses prĂ©visions pour le trimestre en cours.

VivaTech: Emmanuel Macron salue le partenariat “historique” entre Mistral AI et Nvidia

HabituĂ© de VivaTech, Emmanuel Macron a saluĂ© mercredi la conclusion d’un partenariat “historique” entre le groupe français Mistral AI et le gĂ©ant amĂ©ricain des puces Ă©lectroniques Nvidia, annoncĂ© le jour mĂŞme depuis le plus grand Ă©vĂ©nement d’Europe consacrĂ© Ă  la tech qui se tient Ă  Paris.”Le partenariat annoncĂ© aujourd’hui (…) est, Ă  mes yeux, une alliance historique”, a dĂ©clarĂ© le prĂ©sident français sur la scène principale de VivaTech en compagnie des patrons des deux entreprises, Arthur Mensch et Jensen Huang. Mistral AI, qui a conçu le chatbot Le Chat concurrent de ChatGPT, et Nvidia, qui produit des puces Ă©lectroniques considĂ©rĂ©es comme indispensables au dĂ©veloppement de l’intelligence artificielle (IA) gĂ©nĂ©rative, s’allient ainsi pour concevoir une plateforme de cloud (informatique Ă  distance) oĂą les modèles de la start-up tricolore seront disponibles. BaptisĂ©e “Mistral Compute”, elle sera dotĂ©e de “18.000 superpuces Blackwell”, parmi les plus avancĂ©es du gĂ©ant amĂ©ricain. M. Mensch a vantĂ© l’avènement d’une plateforme “complĂ©tement indĂ©pendante”, qui permettra aux utilisateurs de “ne plus s’appuyer pour (leur) utilisation de l’IA sur certains fournisseurs amĂ©ricains”. “C’est un changement de paradigme car cela augmentera notre souverainetĂ© et nous permettra d’en faire bien davantage”, a appuyĂ© Emmanuel Macron. Le prĂ©sident s’est aussi livrĂ© Ă  une dĂ©ambulation dans les allĂ©es animĂ©es du salon, qui a ouvert ses portes mercredi matin pour une neuvième Ă©dition avec 14.000 start-up prĂ©sentes et 165.000 visiteurs attendus. – “Retard” technologique -DĂ©fenseur de la “start-up nation”, Emmanuel Macron a Ă©changĂ© pendant sa visite avec plusieurs jeunes entreprises europĂ©ennes et s’est livrĂ© Ă  une dĂ©fense de la souverainetĂ© technologique du continent. L’Europe “a perdu son autonomie parce qu’elle a mis en danger sa capacitĂ© Ă  produire. Elle est devenue de plus en plus dĂ©pendante du reste du monde”, s’est inquiĂ©tĂ© le prĂ©sident, qui a dĂ©fendu un accès aux marchĂ©s publics pour les start-up françaises et europĂ©ennes. Quatre mois après l’organisation Ă  Paris du sommet sur l’IA, qui avait vu affluer les promesses d’investissements dans cette technologie en France, le chef de l’État a rĂ©pĂ©tĂ© son souhait de voir aboutir “une IA (…) soutenable, humaniste et sĂ©curisĂ©e”. “Il faut qu’on se dote des capacitĂ©s pour ĂŞtre au cĹ“ur de ce combat”, a-t-il martelĂ©. Tandis que le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump souffle le chaud et le froid sur l’Ă©conomie mondiale au rythme de ses mesures sur les droits de douane, le dĂ©bat sur la dĂ©pendance aux outils numĂ©riques amĂ©ricains s’est renforcĂ© dans de nombreux domaines, dont l’IA.”Cette technologie n’a jamais Ă©tĂ© aussi politique qu’aujourd’hui”, a assurĂ© la ministre française chargĂ©e du numĂ©rique et de l’intelligence artificielle, Clara Chappaz, en ouverture du salon. “Le sujet de la souverainetĂ©, qui n’Ă©tait pas aussi important dans les discussions il y a encore un an ou deux ans, est devenu une prioritĂ© absolument stratĂ©gique”, selon François Bitouzet, directeur gĂ©nĂ©ral de VivaTech interrogĂ© par l’AFP.- Les “milliards” de Nvidia -Les annonces de Nvidia, qui organisait pour la première fois sa propre confĂ©rence Ă  Paris Ă  l’occasion de VivaTech, se sont multipliĂ©es, alors que Jensen Huang a livrĂ© un discours inaugurale de plus d’une heure.”En deux ans, nous allons multiplier la capacitĂ© de calcul dĂ©diĂ©e Ă  l’intelligence artificielle en Europe par dix”, a-t-il promis devant une salle comble. Il a Ă©galement indiquĂ© au cours d’un Ă©change avec la presse que son entreprise investirait “des milliards” de dollars sur le continent dans les annĂ©es Ă  venir. D’autres partenariats avec des entreprises europĂ©ennes, comme le gĂ©ant français des Ă©quipements Ă©lectriques Schneider Electric et l’industriel allemand Siemens, seront quant Ă  eux renforcĂ©s, a-t-il aussi soulignĂ©.Son entreprise prĂ©voit par ailleurs d’aider au dĂ©veloppement de centres technologiques dans plusieurs pays d’Europe.

Ameublement: vers une liquidation judiciaire pour Casa France

L’enseigne de magasins d’ameublement Casa France, qui emploie près de 700 personnes en France, s’achemine vers une liquidation judiciaire, a-t-elle annoncĂ© mercredi, car les offres de reprise examinĂ©s par le tribunal de commerce de Bobigny devraient ĂŞtre “irrecevables”.”Au regard des critères exigĂ©s par la loi, les offres pourraient ĂŞtre jugĂ©es irrecevables”, a indiquĂ© Casa France, dont les administrateurs ont demandĂ© la liquidation. Le tribunal rendra sa dĂ©cision le 27 juin.”Cette mesure concerne l’ensemble des magasins”, au nombre de 143 dans l’Hexagone, et les “fonctions supports de l’enseigne en France”, a ajoutĂ© la sociĂ©tĂ©, qui explique sa situation par la faillite de la branche belge, chargĂ©e de la logistique du groupe.Casa France emploie 577 personnes en CDI et une centaine en CDD, a prĂ©cisĂ© l’entreprise.Elle avait annoncĂ© fin mars qu’elle demandait son placement en redressement judiciaire et disait alors espĂ©rer retrouver “un ou plusieurs repreneurs” pour ses points de vente.Au total, “neuf offres de reprise”, qui, “au regard des critères exigĂ©s par la loi”, ne devraient pas aboutir, selon Casa France. La sociĂ©tĂ© estime que sa situation “rĂ©sulte directement de la liquidation de Casa International en Belgique, qui assurait historiquement les fonctions centrales du groupe international, logistique et informatique notamment, indispensables au fonctionnement de l’activitĂ© en France”.La “dĂ©faillance” de cette filiale belge en octobre 2024, puis “sa liquidation en mars 2025, faute de repreneur, a entraĂ®nĂ© l’arrĂŞt brutal de l’organisation opĂ©rationnelle des filiales en Europe”, poursuit Casa France dans un communiquĂ©.Un “choc exogène”, dont Casa France “n’est pas Ă  l’origine et indĂ©pendant de sa gestion”, souligne-t-elle.- Crise de l’immobilier, commerce en ligne -S’y sont ajoutĂ©es “des difficultĂ©s structurelles dĂ©jĂ  prĂ©sentes sur un marchĂ© national fragilisĂ©”, indique-t-elle encore, Ă©voquant “la conjoncture dĂ©favorable du secteur immobilier” ces dernières annĂ©es, dont sont dĂ©pendants les marchĂ©s de l’ameublement et de la dĂ©coration.Dans ses magasins, l’enseigne proposait des meubles et accessoires pour la maison et le jardin, ainsi que des articles de dĂ©coration.”Durant la pĂ©riode d’observation, Casa France a gĂ©nĂ©rĂ© une trĂ©sorerie significative, passĂ©e de 3 Ă  15 millions” d’euros, des ressources qui “permettront de rĂ©gler une partie significative du passif”, note la sociĂ©tĂ©.La chaĂ®ne Casa, créée en 1975 en Belgique, est prĂ©sente dans huit pays europĂ©ens, avec un rĂ©seau de 500 magasins. Le groupe Casa compte au total plus de 2.230 salariĂ©s.Comme beaucoup d’enseignes du secteur, l’entreprise a donc souffert d’un ralentissement des affaires liĂ© Ă  la crise de l’immobilier, mais aussi de la concurrence du gĂ©ant suĂ©dois Ikea et du commerce en ligne. La filière meuble avait connu un rebond post-Covid, avant de se stabiliser puis de marquer le pas en 2024.En dĂ©cembre 2023, le tribunal de commerce de Bobigny avait placĂ© une autre entreprise du mĂŞme secteur, Habitat (créée en 1964), en liquidation judiciaire en raison de ses graves difficultĂ©s financières. La marque a Ă©tĂ© relancĂ©e en juin 2024 par le site d’e-commerce vente-unique.com.L’enseigne Maisons du Monde connaĂ®t elle aussi un effritement de ses ventes depuis quelques annĂ©es.Le groupe Casa avait dĂ©jĂ  fermĂ© ou vendu plus de 10% de ses magasins en Europe, dans le cadre d’un plan de relance mis en Ĺ“uvre dĂ©but 2024 et destinĂ© Ă  renouer avec la rentabilitĂ© en 2026.