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Wall Street rebondit, rassurée sur le Groenland

Après sa forte chute de la veille, la Bourse de New York a inversé la tendance mercredi, poussée par la volte-face de Donald Trump sur le Groenland, qui a suspendu ses menaces douanières contre plusieurs pays européens.L’indice élargi S&P 500 a gagné 1,16%, le Dow Jones a progressé de 1,21% et l’indice Nasdaq a pris 1,18%. La veille, les trois indices vedettes étaient tombés d’environ 2%.Déjà dans le vert pendant la majeure partie de la séance, “le marché s’est franchement redressé après l’annonce par le président Trump d’un accord concernant le Groenland”, remarquent les analystes de Briefing.com.Il avait menacé durant le week-end d’imposer des droits de douane allant jusqu’à 25% à huit pays européens, dont l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, en représailles à leur soutien à ce territoire autonome danois.Mais mercredi, le chef d’Etat américain a levé cette menace de surtaxes commerciale, assurant avoir “conçu le cadre d’un futur accord concernant” le Groenland.”Sur la base de cette entente, je n’imposerai pas les droits de douane qui devaient entrer en vigueur le 1er février”, a écrit le président américain sur son réseau Truth Social, sans donner aucun détail sur le “cadre” en question.”Les marchés craignaient clairement que certaines de ces mesures commerciales puissent ébranler la confiance dans les actifs américains”, commente auprès de l’AFP Dave Grecsek, d’Aspiriant.Donald Trump a aussi écarté l’option militaire pour s’emparer du Groenland.”Les gens pensaient que j’utiliserais la force. Je n’ai pas besoin d’utiliser la force. Je ne veux pas utiliser la force. Je n’utiliserai pas la force”, a-t-il déclaré.”Il y a peut-être une prise de conscience quant au fait qu’il ne faut pas trop perturber les marchés, en particulier le marché obligataire”, note M. Grecsek.Vers 21H15, le rendement de l’emprunt d’Etat américain à dix ans se détendait ainsi par rapport à la veille, à 4,25% contre 4,29% la veille.Les relations commerciales demeurent au centre de l’attention, selon M. Grecsek, mais les investisseurs restent aussi à l’affût de nouvelles données économiques.Ils attendent la publication jeudi de la nouvelle estimation de croissance aux Etats-Unis pour le troisième trimestre, puis, le même jour, de l’indice des prix PCE – jauge d’inflation privilégiée par la Réserve fédérale (Fed) – pour les mois d’octobre et de novembre.Côté entreprises, la saison des résultats bat son plein.Pour le moment, les performances financières “ont été mitigées (…) mais nous n’en sommes encore qu’au début de la saison des résultats”, observe Dave Grecsek.Netflix a terminé dans le rouge (-2,18% à 85,36 dollars) au lendemain de la publication de ses résultats trimestriels.Le géant du divertissement a pourtant dépassé pour la première fois les 12 milliards de dollars de chiffre d’affaires lors des trois derniers mois de 2025, en hausse de près de 18% sur un an, et prévoit de retrouver un bénéfice de plus de 3 milliards au prochain trimestre.Le spécialiste des services pour l’industrie pétrolière américain Halliburton a été recherché (+4,05% à 33,36 dollars) après avoir publié mercredi des résultats supérieurs aux attentes au quatrième trimestre, soutenu par la demande pour ses services à l’international, malgré un contexte compliqué pour le secteur pétrolier. Le géant des puces Intel (+11,72% à 54,25 dollars) s’est envolé poussé par l’optimisme des analystes pour son titre avant la publication de ses résultats jeudi.

Xavier Piechaczyk, candidat à la RATP, prêt à prendre le métro en marche derrière Castex

Faire rouler métros, trams et bus en satisfaisant les voyageurs parisiens et les salariés du groupe, sur fond d’ouverture à la concurrence: Xavier Piechaczyk, choisi par Emmanuel Macron pour piloter la RATP, s’est déclaré prêt mercredi à relever les multiples défis des transports franciliens.Sans être issu du sérail des transports, l’actuel président du directoire du distributeur public d’électricité RTE, candidat à la succession de Jean Castex, a fait valoir devant une commission du Sénat tous les points de convergence entre son parcours professionnel et les besoins de la RATP.Au cours d’un grand oral de près de deux heures devant les sénateurs appelés à se prononcer sur sa candidature, cet ancien conseiller énergie-transport de Jean-Marc Ayrault, puis de François Hollande à l’Elysée, a mis en valeur sa vie professionnelle “consacrée aux services publics”.Il a notamment insisté sur trois de ses compétences qu’il envisage de mettre au service de la RATP: la “maîtrise d’ouvrage d’infrastructures”, qu’il a exercée au ministère de l’Equipement, mais aussi chez RTE, c’est-à-dire la conception et la gestion de chantiers; la “performance industrielle”, soit la gestion fine de la maintenance d’équipements technologiques pour assurer un service public 24 heures sur 24; et enfin la “transformation des organisations” qu’il a pratiquée en tant que chef de la modernisation du ministère de l’Equipement, mais aussi chez RTE, “avec le dialogue social qui les accompagne”.La question sociale était d’ailleurs le premier sujet d’intérêt des sénateurs, alors que la Régie est bousculée par l’arrivée de la concurrence. “Avant toute chose, nous aimerions savoir quel type de président de la RATP vous entendez incarner, quelle sera votre méthode de management, comment comptez-vous mener le dialogue social avec les organisations syndicales?” lui a demandé d’emblée Daniel Guéret, sénateur LR d’Eure et Loire.”Je compte faire à la RATP ce que j’ai toujours fait dans l’ensemble de mes fonctions et de mes responsabilités, avoir un dialogue social sincère et transparent” (…) et rechercher des compromis, a répondu M. Piechakzyk.- “Coopératif” ou “bulldozer” ? -Il a insisté sur son caractère “coopératif”, en indiquant qu’il avait “du mal à comprendre” les critiques portant sur son “style bulldozer”.Chez RTE, en dix ans, dont cinq et demi de présidence, huit accords salariaux sur dix, négociés dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO) ont été signés par les syndicats, a-t-il fait valoir pour attester de ses talents de négociateur social.Avec l’ouverture à la concurrence, “l’ancien périmètre du monopole va décroître c’est mécanique”, a analysé M. Piechaczyk en se gardant néanmoins de vouloir courir “tous les lièvres à la fois” dans les futurs appels d’offres régionaux afin de compenser d’éventuelles pertes d’activités sur son propre réseau francilien.La RATP, qui a déjà remporté la gestion de l’étoile ferroviaire autour de Caen, via sa filiale RATP DEV, présentera bien sa candidature sur certains dossiers, mais à condition notamment qu’elle apporte “plus de qualité pour les voyageurs”, a-t-il dit.A l’étranger, il s’est déclaré favorable à l’idée lancée par Jean Castex de “discuter d’une équipe de France” pour répondre ensemble aux appels d’offres avec la SNCF, Keolis et “les grands BTPistes” français, notamment pour les chantiers de construction de réseaux urbains de transport.Il a salué l’oeuvre de Jean Castex qui a “considérablement redressé la qualité de service”, tout en “relevant le défi des JO de Paris 2024” et en préparant l’ouverture à la concurrence des bus qui a eu lieu en 2025: “un zero faute”. “La conflictualité a été faible et le premier transfert s’est déroulé sans bug opérationnel majeur”, a-t-il ajouté, en s’engageant à “poursuivre le dialogue social”.Deux sujets de société ont retenu son attention, les atteintes sexuelles faites aux femmes dans les transports en commun, sujet sur lequel il aimerait s’engager “personnellement”. Et en matière d’accessibilité, le remplacement des 2.000 tourniquets qui demeurent dans le métro parisien, et empêchent les passages des parents avec poussettes.Une deuxième audition est programmée mercredi 28 janvier devant les députés, à l’issue de laquelle les élus des deux chambres se prononceront sur sa candidature.

Le patron de Ryanair rappelle à Musk que les règles de l’UE lui interdisent un rachat

Le patron de Ryanair Michael O’Leary a rappelé mercredi à Elon Musk que les règles de l’UE interdisaient aux non-Européens de prendre le contrôle de la compagnie irlandaise, réagissant au sondage du milliardaire sur X évoquant une éventuelle acquisition, sur fond de querelle entre les deux hommes.”Nous sommes une société cotée. Il est libre de faire (une offre) à tout moment. Mais les non-Européens ne peuvent pas détenir la majorité d’une compagnie aérienne européenne”, a déclaré M. O’Leary lors d’une conférence de presse à Dublin.Les règles européennes imposent qu’une compagnie aérienne basée dans l’UE soit majoritairement détenue par des ressortissants de l’UE (ou de pays européens tiers). Né en Afrique du Sud, Elon Musk possède aussi les nationalités canadienne et américaine.Connu pour son goût de la provocation, M. O’Leary a toutefois invité le milliardaire à investir dans sa compagnie, y voyant “un très bon placement, certainement un investissement nettement meilleur que les rendements financiers qu’il obtient sur X”.Les tensions entre les deux hommes font suite au rejet par le patron de Ryanair, la semaine dernière, du réseau de satellites Starlink d’Elon Musk pour équiper sa flotte en wifi, estimant que cela coûterait entre 150 et 250 millions de dollars par an en raison notamment de la traînée aérodynamique des antennes et du surcoût de carburant associé.Dans cette interview à la radio irlandaise Newstalk, il avait aussi qualifié le patron de Tesla et SpaceX d'”idiot” et son réseau social X de “cloaque”.Ce dernier avait répondu en traitant à son tour M. O’Leary d'”idiot” et de “crétin attardé”, en suggérant sur X de racheter Ryanair, jusqu’à publier un sondage auprès de ses “followers”.Selon M. O’Leary, la publicité générée par ce “clash” a entraîné une hausse des réservations “d’environ 2% ou 3% au cours des cinq derniers jours”. “Compte tenu de nos volumes, (c’)est une progression très significative”, a-t-il dit, remerciant Elon Musk pour cet “extraordinaire coup de projecteur”.La valorisation boursière de Ryanair, première compagnie européenne en nombre de passagers, s’élève à près de 30 milliards d’euros. Elon Musk avait dû débourser 44 milliards de dollars pour racheter Twitter en 2022, qu’il avait ensuite rebaptisé X.

Lisa Cook, l’économiste afro-américaine au coeur de la bataille entre Trump et la Fed

L’économiste Lisa Cook, que Donald Trump veut éjecter de la banque centrale des Etats-Unis, est la seule femme noire à avoir intégré le cercle des gouverneurs de l’institution monétaire, non sans avoir d’abord affronté l’hostilité du camp républicain.La Cour suprême des Etats-Unis s’est penchée mercredi sur le cas de cette gouverneure de la Réserve fédérale (Fed) que le président américain pense avoir le pouvoir de licencier d’un simple message sur son réseau Truth Social.S’il arrive à ses fins, cela représenterait une première pour la banque centrale plus que centenaire, dont les taux d’intérêt guident les coûts d’emprunt.Son indépendance est vue comme un facteur de stabilité des marchés financiers. Et le dossier Lisa Cook comme un test des digues légales tenant le pouvoir exécutif à l’écart de la politique monétaire de la première économie mondiale.”Cette affaire déterminera si la Réserve fédérale sera en mesure de fixer les taux directeurs en se basant sur des éléments tangibles et un raisonnement indépendant, ou si elle succombera à la pression politique”, a affirmé Mme Cook dans un communiqué, à l’issue de l’audience.La décision de la Cour est attendue d’ici le terme de sa session annuelle, fin juin.Donald Trump assume de vouloir remodeler la gouvernance de l’organisation et des taux plus bas. Il estime depuis fin août avoir un “motif valable” pour révoquer Lisa Cook.Il accuse la sexagénaire d’avoir été malhonnête lors de demandes de prêts immobiliers personnels, en présentant, dans un court laps de temps, deux logements distincts comme des résidences principales.Lisa Cook a exclu toute malversation et immédiatement porté l’affaire devant la justice pour rester en place.- Les discriminations au coeur de son travail -Mme Cook est devenue gouverneure de la Fed en 2022 sur proposition de l’ancien président démocrate Joe Biden. Son mandat court jusqu’en janvier 2038.Elle avait essuyé un tir de barrage du parti républicain dès l’annonce de sa nomination, confirmée à une courte majorité par le Sénat. Ses opposants avaient remis en question ses compétences. Pour ses soutiens, un tel débat n’aurait pas eu lieu si elle avait eu une autre couleur de peau.Docteure en économie, Lisa Cook avait fait partie des conseillers économiques de la Maison Blanche à l’époque de Barack Obama, mais aussi dans l’équipe de transition de Joe Biden.Elle a consacré une grande partie de ses recherches académiques aux cicatrices économiques, jusque-là non mesurées, des discriminations.Elle a ainsi montré que ces discriminations avaient ralenti l’ensemble de la société, pas seulement les victimes directes de l’injustice.Celle qui parle cinq langues, dont le français et le russe, a aussi travaillé sur le redressement du Rwanda après le génocide de 1994.Née en 1964, l’année du crépuscule de la ségrégation raciale aux Etats-Unis, Mme Cook avait raconté au Sénat que ses “convictions (avaient) été façonnées par (s)on enfance à Milledgeville, en Géorgie”, dans le sud-est du pays.Son entourage militait en faveur d’un “changement non violent aux côtés d’un ami de la famille, le révérend Martin Luther King”, avait-elle décrit.Elle “a été l’un des premiers enfants noirs à intégrer son école publique, et a passé sa vie à briser les barrières raciales et de genre”, avait alors salué le sénateur de Géorgie Raphael Warnock.Fille d’un aumônier baptiste et d’une professeure en école d’infirmiers, elle porte d’ailleurs sous l’œil droit la cicatrice physique du racisme, après avoir été attaquée, enfant, alors qu’elle fréquentait une école auparavant réservée aux élèves blancs.

Grand chambardement et annulations de jeux chez Ubisoft pour redevenir compétitif

Fini de jouer pour Ubisoft: empêtré dans des difficultés financières depuis plusieurs années, le géant français des jeux vidéo se dote d’une nouvelle organisation inédite pour être plus compétitif, au prix de plusieurs jeux annulés et d’une nouvelle cure d’austérité.Première victime de ce grand chambardement interne: “Prince of Persia: les Sables du temps”, remake de l’un des plus grands succès d’Ubisoft dans les années 2000, ne verra jamais le jour malgré plusieurs années de développement. Ce qui a suscité une vague de messages de fans déçus sur les réseaux sociaux.Cinq autres jeux sont également abandonnés: “4 titres non annoncés” et “un jeu mobile”, détaille le groupe dans un communiqué. Sept autres jeux bénéficieront “d’un temps de développement supplémentaire”.Confronté à un marché plus sélectif et concurrentiel, la direction du groupe a annoncé prévoir finalement une perte opérationnelle d’un milliard d’euros pour l’exercice en cours et vouloir recentrer ses efforts, en repartant avec une nouvelle organisation interne.Ce modèle opérationnel, inédit dans l’industrie, sera lancé début avril et s’articulera autour de cinq “maisons de créations” réunissant une partie de ses studios.La première, Vantage Studios, a vu le jour en octobre et réunit les marques phares d’Ubisoft (“Assassin’s Creed”, “Rainbow Six” et “Far Cry”), avec pour objectif de générer un milliard d’euros par an.- Cinq “maisons de création” -Valorisée à 3,8 milliards d’euros, cette filiale est détenue à hauteur de 26,32% par le groupe chinois Tencent, en échange de 1,16 milliard d’euros.Elle est désormais rejointe par quatre autres “maisons” thématiques: une consacrée aux jeux de tirs (“The Division”, “Ghost Recon”, “Splinter Cell”), une dédiée aux univers fantastiques (“Rayman”, “Prince of Persia”, “Beyond Good & Evil”…), une autre réunissant des titres comme “For Honor” et “The Crew”, tandis qu’une dernière est centrée sur les jeux familiaux comme “Just Dance”.”Chacune est structurée autour d’un genre créatif bien défini et d’un positionnement de marque, avec une responsabilité complète et une autonomie financière”, a souligné le PDG d’Ubisoft Yves Guillemot, soulignant un “changement radical” pour le groupe.Ces maisons réuniront environ la moitié des studios d’Ubisoft dans le monde, tandis que l’autre moitié apportera son soutien et son expertise aux différents projets au travers d’un réseau mondial partagé, a détaillé à l’AFP la directrice des studios Marie-Sophie de Waubert. Les équipes technologiques et les services de production, de marketing et de distribution seront mutualisés, tandis que le siège, situé en région parisienne, aura notamment la charge d’établir les priorités stratégiques et l’allocation des fonds.- Nouveau plan d’économie -Côté salariés, la direction souhaite réduire fortement le télétravail pour revenir à une présence sur site de cinq jours par semaine. Un souhait qui pourrait passer difficilement: plusieurs grèves avaient paralysé les studios en 2024 en France pour défendre le travail à distance.”C’est totalement gratuit, injuste et brutal”, a réagi auprès de l’AFP Vincent Cambedouzou, représentant du Syndicat des travailleurs du jeu vidéo (STJV) à Ubisoft Paris.”On ne peut pas juste assister à ce désastre sans rien faire”, a-t-il ajouté, pointant un “conflit initié par la direction”. Le groupe, qui a réduit ses effectifs de plus de 3.000 salariés dans le monde et fermé plusieurs studios ces dernières années dans le cadre d’un plan d’économie de 300 millions d’euros, engage “une troisième et dernière phase” de ce plan, pour réduire ses coûts “d’au moins 200 millions d’euros” d’ici deux ans.”Les gens sont terrifiés, les studios ferment les uns après les autres”, poursuit M. Cambedouzou, alors que la direction a annoncé la fin du studio d’Ubisoft Stockholm. Selon Yves Guillemot, “le recentrage du portefeuille aura un impact significatif sur la trajectoire financière à court terme” du groupe.L’entreprise, qui prévoyait jusque-là un résultat opérationnel proche de l’équilibre pour son exercice 2025/2026, anticipe désormais une perte opérationnelle d’un milliard d’euros et un net bookings (réservations nettes, soit les ventes hors revenus différés) en baisse, à environ 1,5 milliard d’euros sur l’année.Dans un contexte mondial de crise de croissance pour tout le secteur du jeu vidéo, Ubisoft a enchaîné plusieurs revers ces dernières années, avec des lancements de jeux en demi-teinte ou encore l’arrêt précoce de son jeu de tir en ligne “XDefiant”.A la peine sur les marchés, l’action d’Ubisoft a plongé de 51% en 2025.

Près de Douai, la voiture électrique 100% française devient réalité

Deux immenses usines côte-à-côte, en banlieue de Douai, produisent ensemble les premières voitures électriques 100% françaises: la Manufacture Renault, qui vient de sortir sa 100.000e R5 électrique, et la gigafactory du chinois Envision, son fournisseur de batteries.Annoncé en 2021,le site AESC Envision, cofinancé par des fonds européens (480 millions d’euros sur 1,3 milliard), atteindra mi-2026 son premier gigawatt-heure, de quoi équiper environ 20.000 véhicules. En pleine accélération, “le site compte produire 10 GWh par an, l’équivalent des batteries pour 180.000 à 200.000 véhicules”, a expliqué mercredi son directeur Ayume Kurose, dont la moitié sera destinée aux voitures Renault. AESC, filiale japonaise du chinois Environ, a déjà embauché 900 personnes et escompte un effectif de 1.200.Très automatisée, cette usine flambant neuve démarrée en mars 2025 profite du savoir-faire d’AESC, fabricant de batteries depuis 2010 qui possède plusieurs sites en Asie et en Europe. Avec ses six lignes de production, ce site français, son plus important, affiche un taux de rebut de seulement 5%. Un taux très faible par rapport aux deux autres gigafactories qui viennent de démarrer dans les Hauts-de-France, celle d’ACC (coentreprise de Stellantis, Mercedes et TotalEnergies) et celle du français Verkor. L’enjeu est crucial; la lenteur du décollage d’ACC ralentit la production de certains modèles de Stellantis. Le site d’AESC Envision a investi plus de dix hectares que lui a vendus Renault, son voisin, dont la “Manufacture” est désormais entièrement consacrée aux modèles électriques.  – Petit train – C’est ici qu’est produite la Renault 5 électrique, devenue en un an la plus vendue des voitures électriques en France et deuxième en Europe. “Déjà 38.000 immatriculation en France”, s’est félicité le ministre de l’Industrie Sébastien Martin.A terme un petit train transportera les batteries d’AESC vers la chaîne de montage de Renault. “Pour soutenir la cadence de Renault, nous produisons H24″, a expliqué le directeur du site d’AESC.Le constructeur français a lui aussi accéléré pour accompagner l’essor de sa R5 électrique, avec 900 recrutements supplémentaires, dont des salariés venus d’autres sites de Renault dans le monde et des salariés étrangers. Fin 2025, l’usine est même passée aux 3×8 avec une demi-équipe de nuit.”Nous sommes compétitifs: il est possible en France de produire des voitures électriques. Nous avons investi sur ce site plus de 500 millions d’euros, et nous avons les deux tiers de nos fournisseurs dans un rayon de 300 km”, a souligné le directeur général de Renault François Provost. “Un écosystème s’est monté ici”, a renchéri le ministre, venu visiter les deux sites.”On a connu des années difficile, mais on retrouve une bonne dynamique avec la R5. Ca fait du bien à tout le monde”, s’est félicité Laurent Bobb, un opérateur qui travaille sur le site de Douai depuis 1988.Une interrogation toutefois, celle de la technologie des batteries: l’usine d’AESC produit des batteries NMC (nickel-manganèse-cobalt), plus compactes mais “30% plus chères que les batteries LFP” (lithium-fer-phosphate), a expliqué M. Provost. La faute notamment à l’envolée du prix du cobalt. Les batteries LFP présentent aussi “une sécurité accrue” et Renault “en maîtrise mieux la chaîne de valeur”.Aussi les R5 électriques seront-elles plutôt équipées de batteries LFP, que fournit une usine polonaise du groupe coréen LG, a expliqué un responsable de l’usine.  Les batteries NMC de AESC Envision, qui ont l’avantage d’être plus recyclables, devraient en revanche équiper les modèles plus haut de gamme et grande route que la R5, explique Renault, sachant que l’usine de Douai produit cinq autres modèles électriques, dont la Megane, la Scenic et la Nissan Micra.

Groenland : Trump exclut l’usage de la force mais exige des négociations immédiates

Donald Trump a exclu pour la première fois mercredi à Davos d’utiliser la force pour mettre la main sur le Groenland, mais a exigé des “négociations immédiates” sur son acquisition par les Etats-Unis, tout en réglant ses comptes avec plusieurs dirigeants occidentaux.”Les gens pensaient que j’utiliserais la force. Je n’ai pas besoin d’utiliser la force. Je ne veux pas utiliser la force. Je n’utiliserai pas la force”, a-t-il déclaré au sujet du territoire autonome appartenant au Danemark, lors d’un discours à la tribune du Forum économique mondial réuni cette semaine dans la station huppée des Alpes suisses.Il réclame néanmoins des “négociations immédiates afin de discuter à nouveau de l’acquisition du Groenland par les États-Unis”, réaffirmant que seuls les Etats-Unis sont en mesure d’en assurer la sécurité.”Nous sommes une grande puissance, beaucoup plus grande que ce que les gens comprennent. Je pense qu’ils l’ont découvert il y a deux semaines au Venezuela”, a-t-il fait valoir.Depuis Copenhague, le ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen a jugé “positif” l’engagement de non recours à la force. Mais “ce qui ressort clairement de ce discours, c’est que l’ambition du président reste intacte”.Le gouvernement groenlandais a présenté de son côté une nouvelle brochure fournissant des conseils à la population en cas de “crise” sur le territoire, le qualifiant de “police d’assurance”.”Je pense que la situation va être calme”, a dit à l’AFP après le discours le président nationaliste polonais Karol Nawrocki, parlant d’un discours “très important” et disant “comprendre la position” de Washington vu la pression russe aux frontières de l’UE.- “Morceau de glace” -Le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, a lui trouvé le discours “insignifiant”, estimant que c’était la fermeté des Européens et la réaction négative des marchés financiers qui avait quelque peu fait fléchir Donald Trump. “Il exploite la faiblesse. Et hier (mardi), c’est de la fermeté qui a été exprimée.”Wall Street, qui avait nettement baissé mardi, a rebondi après le discours.”Nous voulons un morceau de glace pour protéger le monde, et ils refusent de nous le donner”, a encore commenté Donald Trump. “Ils ont donc le choix,” a-t-il poursuivi. “Ils peuvent dire +oui+, et nous leur en serons très reconnaissants. Ou ils peuvent dire +non+, et nous nous en souviendrons”, a-t-il poursuivi sur un ton peu amène.L’ancien promoteur immobilier, qui depuis son retour au pouvoir il y a un an a complètement bouleversé l’ordre mondial, a aussi profité de sa tribune à Davos pour tacler plusieurs pays et dirigeants occidentaux.Au Danemark, qui refuse de lui céder ce territoire qu’il a confondu plusieurs fois dans son discours avec l’Islande, il a reproché de faire preuve d'”ingratitude”.Le Canada? Il “existe grâce aux Etats-Unis” et “devrait nous être reconnaissant”, a-t-il lancé à l’intention de son Premier ministre Mark Carney, qui s’efforce de réduire la dépendance de son pays vis-à-vis de Washington depuis que Donald Trump a appelé à faire du Canada le 51e Etat américain et qui a été ovationné pour son discours à Davos mardi. – “Dur à cuire” -Donald Trump a aussi ironisé sur la prestation du président français Emmanuel Macron, qui avait mis en garde mardi à Davos contre les tentatives américaines “inacceptables” de “subordonner l’Europe”. “Je l’ai vu jouer le dur à cuire” avec “ces belles lunettes de soleil” (portées en raison d’un problème oculaire NDLR), s’est-il moqué.Dans l’auditorium de 1.300 places, le discours a provoqué quelques rires, parfois nerveux voire gênés.Donald Trump, qui affectionne les rassemblements de grosses fortunes et de personnalités influentes, était très attendu au Forum de Davos, où il revient pour la première fois depuis 2020, pendant son premier mandat. Les participants avaient commencé à faire la queue plus de deux heures à l’avance et ont dû jouer des coudes. L’affluence était telle qu’il a fallu ouvrir quatre salles de retransmission. Certains sont quand même restés dans le couloir.Donald Trump reste jusqu’à jeudi à Davos, où il a prévu plusieurs réunions bilatérales. Il a notamment annoncé une rencontre avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, parlant d’abord de mercredi. Ce dernier “est actuellement à Kiev”, a démenti la présidence ukrainienne. Donald Trump a ensuite évoqué une rencontre jeudi.Il fera aussi ce jour-là la promotion d’une autre initiative diplomatique fracassante: son “Conseil de la paix”, considéré par beaucoup comme un rival de l’Onu.

Coup d’arrêt pour le Mercosur: le Parlement européen saisit la justice de l’UE

Le Parlement européen a porté mercredi un coup d’arrêt à l’accord commercial avec le Mercosur en saisissant la justice, une décision accueillie par des cris de joie d’agriculteurs à Strasbourg.Les eurodéputés ont soutenu ce recours devant la Cour de justice de l’Union européenne avec 334 voix pour, 324 contre et 11 abstentions.Le résultat a provoqué une effusion de joie de centaines d’agriculteurs réunis devant le Parlement européen mercredi, au lendemain d’une manifestation de plusieurs milliers d’entre eux à Strasbourg. “C’est un peu l’euphorie, c’est un très long combat”, a dit à l’AFP Romain Blanchard, 44 ans, qui produit du vin et des céréales dans les Bouches-du-Rhône. Cette décision bloque en théorie l’entrée en vigueur de cet accord commercial avec l’Amérique latine pendant plusieurs mois. Dans l’intervalle, la Commission européenne a toutefois la possibilité de l’appliquer à titre provisoire si elle le souhaite. L’exécutif européen n’a pas tranché sur ce point, mais a fait part mercredi de sa “profonde déception” après le vote du Parlement.Fervent partisan de ce traité de libre-échange, signé samedi au Paraguay, le chancelier allemand Friedrich Merz a jugé “regrettable” la décision des eurodéputés. “Convaincu de la légalité de l’accord”, il a demandé son application à titre provisoire.Le gouvernement français a en revanche salué le vote du Parlement, en “cohérence avec la position” de la France, opposée au traité.- “Euphorie” -“Le Parlement européen se range du côté des agriculteurs”, s’est félicitée la première force syndicale agricole en France, l’alliance FNSEA-JA.La saisine de la Cour pourrait retarder d’un an et demi le vote global du Parlement européen sur la ratification de ce traité conclu avec l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay.Ce premier vote donne un signal sur les équilibres à Strasbourg, dans un dossier fortement marqué par les considérations nationales.Opposés au Mercosur, l’ensemble des élus français présents ont voté pour la saisine de la justice.”Victoire, notre stratégie de combat (…) porte ses fruits, le Mercosur trébuche”, a réagi l’eurodéputée française Céline Imart, membre de la droite, la première formation politique au Parlement.Le chef de son groupe, l’eurodéputé allemand Manfred Weber, avait pourtant mis tout son poids dans la balance. Mardi, il avait qualifié ce traité de libre-échange avec le Mercosur “d’accord anti-Trump”, dans l’espoir de convaincre les derniers hésitants à voter contre le recours en justice.L’industrie allemande, un des principaux bénéficiaires de ce traité avec l’Amérique du Sud, n’a pas caché sa déception. C’est un “signal dévastateur”, l’accord tout entier risque désormais d’être remis en cause, a déploré Hildegard Müller, présidente du VDA, le groupe des constructeurs automobiles allemands.Les opposants à ce recours à la justice de l’UE soulignaient la nécessité de mettre en œuvre l’accord le plus vite possible, particulièrement au moment où le président américain Donald Trump agite la menace de nouveaux droits de douane contre l’Europe.Ce traité crée l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde entre l’UE, le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay, soit plus de 700 millions de consommateurs.Il doit permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux vers l’Amérique latine tout en facilitant l’entrée en Europe de viande bovine, volailles, sucre, riz, miel et soja sud-américains.Pour ses détracteurs, cela va bousculer l’agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants.La question de l’application provisoire de l’accord se pose désormais, et la décision est entre les mains de la Commission européenne.”La Commission doit aller de l’avant”, y compris sans le consentement du Parlement, a jugé l’eurodéputé suédois Jorgen Warborn, au nom du PPE (droite), principal groupe politique à Strasbourg.”Il ne peut pas y avoir d’application provisoire sans l’accord du Parlement”, s’est en revanche insurgé son collègue allemand Bernd Lange (S&D, gauche), qui préside la commission du PE sur le commerce international.Mais, même si c’était le cas, c’est un accord “en sursis”, veut croire néanmoins François-Xavier Bellamy, pourtant lui aussi membre du PPE. 

La Bourse de Paris finit en légère hausse après le discours de Trump à Davos

La Bourse de Paris a terminé en petite hausse mercredi, après le discours à Davos du président américain Donald Trump, qui a réitéré son intention d’annexer le Groenland mais a exclu le recours à la force, ce qui a un peu rassuré les investisseurs.Après avoir passé la première partie de la séance dans le rouge, le CAC 40 a fini proche de l’équilibre (+0,08%), quelque peu rassuré par les propos de Trump ayant affirmé qu’il n’utiliserait “pas la force” pour mettre la main sur le territoire autonome danois.La veille, l’indice vedette avait perdu 0,23% à 8.044,23 points.”Même si Trump n’a pas renoncé à ses ambitions” concernant le Groenland, “l’exclusion du recours à la force militaire pour atteindre son objectif a apporté un soulagement aux places financières du monde entier”, explique Christine Molnar, analyste de CMC Markets.”Les gens pensaient que j’utiliserais la force. Je n’ai pas besoin d’utiliser la force. Je ne veux pas utiliser la force. Je n’utiliserai pas la force”, a assuré M. Trump  dans son discours au Forum économique mondial de Davos.Reste que dans son discours, il a violemment attaqué l’Europe et le Danemark, réaffirmant que seuls les Etats-Unis étaient en mesure de protéger le territoire arctique, tout en vantant la vigueur économique américaine.”Le fait est qu’aucune nation ni groupe de nations n’est en position de pouvoir assurer la sécurité du Groenland en dehors des Etats-Unis. Nous sommes une grande puissance, beaucoup plus grande que ce que les gens comprennent. Je pense qu’ils l’ont découvert il y a deux semaines au Venezuela”, a-t-il affirmé, reprochant aussi au Danemark de faire preuve d'”ingratitude”.En France, le premier ministre Sébastien Lecornu a engagé mardi la responsabilité de son gouvernement sur la partie recettes du budget de l’État pour 2026, premier d’une série de trois 49.3 qui devrait permettre la promulgation du texte avant la mi-février, sauf censure.Du côté du marché de la dette, le taux d’intérêt de l’emprunt français à échéance dix ans a atteint 3,53%, au même niveau que la veille.Plus forte chute en séance pour DanoneLe cours de Danone a fortement chuté Paris mercredi, miné par un rappel de lait infantile par l’agence alimentaire de Singapour dans un contexte de rappel de laits d’autres marques.Le titre a cédé 8,42% à 67,40 euros, après avoir perdu près de 12% à l’ouverture, selon l’agence économique Bloomberg, soit la plus forte baisse jamais enregistrée en séance par le titre depuis l’introduction en Bourse de Danone en 1989.Edenred et Pluxee décollent après une décision de justice favorable au BrésilEdenred, société qui commercialise des tickets-restaurants, a décollé de 10,47% à 19,00 euros mercredi, après la suspension provisoire d’un décret réformant le secteur au Brésil, qui représente près de 10% de son activité.Le titre de Pluxee, née d’une scission de l’activité “avantages aux salariés” de Sodexo début 2024, a lui pris 7,05% à 12,00 euros à la même heure.

Lisa Cook, l’économiste afro-américaine au coeur d’une bataille judiciaire déclenchée par Trump

L’économiste Lisa Cook, que Donald Trump veut éjecter de la banque centrale des Etats-Unis, est la seule femme noire à avoir accédé au sommet de l’institution monétaire. En dépit, déjà, de l’hostilité du camp républicain.La Cour suprême des Etats-Unis se penche mercredi sur le cas de cette sexagénaire devenue gouverneure de la Réserve fédérale (Fed) en 2022 sur proposition de l’ex-président démocrate Joe Biden, et que son successeur pense avoir le pouvoir de licencier d’un simple message sur son réseau Truth Social.S’il arrive à ses fins, cela représenterait une première pour la banque centrale plus que centenaire, dont les taux d’intérêt guident les coûts d’emprunt.Son indépendance est vue comme un facteur de stabilité des marchés financiers mondiaux. Et le dossier Lisa Cook comme un test des digues légales protégeant l’institution vis-à-vis du pouvoir exécutif.Donald Trump, qui veut remodeler la gouvernance de l’organisation et des taux plus bas, estime depuis fin août qu’il a un “motif valable” pour révoquer Mme Cook, dont le mandat court jusqu’en janvier 2038.Il accuse la responsable d’avoir été malhonnête lors de demandes de prêts immobiliers personnels, en présentant, dans un court laps de temps, deux logements distincts comme des résidences principales.Lisa Cook a exclu toute malversation et immédiatement porté l’affaire devant la justice pour rester en place.La gouverneure a fait peu d’apparences publiques depuis le début de l’affaire. Début novembre, elle avait affirmé que son mandat à la Réserve fédérale représentait “l’honneur de (s)a vie” et qu’elle continuerait à l’occuper “au service du peuple américain”.- Les discriminations au coeur de son travail -Mme Cook avait essuyé un tir de barrage du parti républicain dès que Joe Biden avait proposé son nom pour entrer au conseil des gouverneurs de la banque centrale des Etats-Unis et donc contribuer à définir la politique monétaire de la première économie mondie.Ses opposants avaient remis en question ses compétences. Pour ses soutiens, un tel débat n’aurait pas eu lieu si elle avait eu une autre couleur de peau.Les sénateurs républicains avaient voté contre sa nomination, obtenue à une très courte majorité.Lisa Cook était ainsi devenue la première femme noire – et pour l’heure la seule – gouverneure de la Fed.Docteure en économie, Mme Cook avait fait partie des conseillers économiques de la Maison Blanche à l’époque de Barack Obama, mais aussi dans l’équipe de transition de Joe Biden.Elle a consacré une grande partie de ses recherches académiques aux cicatrices économiques, jusque-là non mesurées, des discriminations.Elle a ainsi montré que ces discriminations avaient ralenti l’ensemble de la société, pas seulement les victimes directes de l’injustice.Celle qui parle cinq langues, dont le français et le russe, a aussi travaillé sur le redressement du Rwanda après le génocide de 1994.”Mes convictions ont été façonnées par mon enfance à Milledgeville, en Géorgie” (sud-est des Etats-Unis), avait raconté Mme Cook lors de son audition devant les sénateurs en 2022.”Les deux côtés de ma famille faisaient la promotion d’un changement non violent aux côtés d’un ami de la famille, le révérend Martin Luther King”, avait-elle décrit.Elle “a été l’un des premiers enfants noirs à intégrer son école publique, et a passé sa vie à briser les barrières raciales et de genre”, avait alors salué le sénateur de Géorgie Raphael Warnock.Fille d’un aumônier baptiste et d’une professeure en école d’infirmiers, elle porte d’ailleurs sous l’œil droit la cicatrice physique du racisme, après avoir été attaquée, enfant, alors qu’elle fréquentait une école auparavant réservée aux élèves blancs.