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Wall Street soulagée par la perspective d’un accord sur le Groenland

La Bourse de New York a terminé en hausse jeudi, continuant de se montrer rassurée par l’annonce d’un protocole d’accord entre Donald Trump et le secrétaire général de l’Otan concernant le Groenland, qui a permis la levée des menaces douanières de Washington.Le Dow Jones a gagné 0,63%, l’indice Nasdaq 0,91% et l’indice élargi S&P 500 a pris 0,55%. En deux jours, les trois principaux indices de la place américaine ont effacé l’essentiel de leurs pertes liées aux tensions sur le Groenland.Des discussions mercredi à Davos entre Donald Trump et le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, ont permis, selon le président américain, de déboucher sur un “cadre d’accord” au sujet de ce territoire autonome danois.”Cet accord vague a conduit” le chef d’Etat américain “à renoncer à ses menaces d’augmenter les droits de douane sur certains pays européens qui protestaient contre les ambitions de Washington concernant le territoire danois autonome”, souligne Jose Torres, d’Interactive Brokers.Le Danemark a dit jeudi entrevoir l’opportunité d’une “réelle négociation” avec les Etats-Unis sur la question.A l’image du conflit en Ukraine ou des regains de tensions avec l’Iran, “ce type de risques géopolitiques entraîne généralement une certaine volatilité à court terme” des cours, relève auprès de l’AFP Tom O’Shea, d’Innovator Capital Management.”Mais à long terme, si cela n’affecte pas les bénéfices des entreprises, les investisseurs ne considèrent pas vraiment cela comme un événement susceptible d’influencer le marché”, ajoute l’analyste.Le rendement de l’emprunt d’Etat américain à dix ans s’établissait à 4,25% vers 21H30 GMT après être monté jusqu’à 4,31% en début de semaine, touchant des plus hauts niveaux depuis août.Selon M. O’Shea, “le marché bénéficie à nouveau de nombreux facteurs favorables”, notamment grâce aux dernières données économiques.L’indice d’inflation PCE publié jeudi aux Etats-Unis montre que celle-ci s’est stabilisée sur un an en novembre, tout en restant nettement au-dessus de la cible fixée par la banque centrale (Fed).La croissance du produit intérieur brut (PIB) du pays a été légèrement révisée à la hausse au troisième trimestre 2025, à 4,4% en rythme annualisé, contre 4,3% lors de la précédente estimation.Et les nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage sont ressorties en deçà des attentes jeudi, à 200.000 demandes.”L’économie est en très bonne position pour aller de l’avant”, estime Tom O’Shea.Côté entreprises, la banque américaine JPMorgan Chase (+0,53% à 303,63 dollars) a terminé en hausse malgré l’assignation en justice lancée par Donald Trump. Le président américain accuse l’établissement financier et son patron Jamie Dimon d’avoir clôturé ses comptes pour des “raisons politiques”, et réclame 5 milliards de dollars.Le groupe aéronautique GE Aerospace a chuté (-7,38% à 295,00 dollars) malgré des résultats supérieurs aux attentes au quatrième trimestre 2025, profitant notamment d’un bond des livraisons de moteurs et des ventes de pièces détachées.Le géant américain des produits d’hygiène Procter & Gamble est parvenu à garder la tête hors de l’eau (+2,65% à 149,93 dollars) malgré des résultats inférieurs aux attentes lors du deuxième trimestre de son exercice décalé.L’entreprise, qui navigue dans un environnement difficile pour la consommation, a abaissé certains de ses objectifs financiers.Le groupe de divertissement et médias Paramount Skydance (+1,55% à 11,58 dollars) a terminé en hausse après avoir prolongé la date butoir de son offre de rachat de Warner Bros Digital.

Les tensions commerciales entre Colombie et Equateur montent d’un cran, menaces sur l’énergie

La Colombie a répliqué jeudi aux droits de douanes de l’Equateur avec l’annonce de taxes sur plusieurs produits, dans un différend diplomatique et commercial qui s’envenime et menace désormais d’affecter la coopération énergétique de ces deux voisins.La bataille tarifaire entre les deux pays sud-américains a débuté mercredi à l’initiative du président équatorien, Daniel Noboa. Depuis Davos, cet allié de l’américain Donald Trump a annoncé l’imposition de droits de douane de 30% sur les importations en provenance de Colombie à partir de février, reprochant à Bogota de ne pas en faire assez pour lutter contre le trafic de drogue à leur frontière commune.En réponse, le gouvernement colombien a promis jeudi des taxes de 30% appliquées à 20 produits équatoriens non spécifiés. Cette riposte “ne constitue ni une sanction ni une mesure de confrontation, mais plutôt une action correctrice visant à rétablir la balance commerciale et à protéger le secteur productif national”, a-t-il souligné.Bogota a également décidé de suspendre les transactions internationales d’électricité entre les deux pays, “à titre préventif afin de protéger la souveraineté et la sécurité énergétiques de la Colombie” selon le ministère de l’Energie. Ce dernier met en avant des analyses techniques montrant “une pression accrue sur le réseau électrique colombien”.L’Equateur a connu de fortes sécheresses qui ont entraîné en 2024 et en 2025 des coupures d’électricité prolongées, dans ce pays de 17 millions d’habitants où 70% de l’énergie électrique dépend de la production hydraulique.La Colombie a approvisionné à plusieurs reprises son voisin, ce que n’a pas manqué de rappeler dès mercredi le président de gauche Gustavo Petro.- “Agression économique” -Jeudi, Quito a renchéri en annonçant de nouveaux droits de douane sur le transport de pétrole colombien via l’un de ses oléoducs.”La tarification du transport du brut colombien via l’OCP aura la réciprocité reçue dans le cas de l’électricité”, a indiqué sur X la ministre équatorienne de l’Energie, Inés Manzano. D’après le site de l’OCP, depuis 2013, 46 millions de barils de brut colombien ont été acheminés par cet oléoduc de la jungle amazonienne jusqu’à un port sur la côte pacifique de l’Equateur.Selon des experts, les deux pays sortiraient perdants d’une guerre commerciale mais les conséquences seraient plus délétères pour l’Equateur, l’électricité touchant tous les secteurs productifs.Une pénurie d’électricité “pourrait paralyser” l’Equateur, souligne Alberto Acosta Burneo, analyste économique du Groupe Spurrier interrogé par l’AFP.Face aux annonces du gouvernement Noboa, le ministre colombien de l’Energie, Edwin Palma, a dénoncé “un acte d’agression économique, non pas contre le président Petro, mais contre notre peuple”.D’après une lettre officielle publiée par les médias locaux, la Colombie a proposé à l’Equateur une réunion bilatérale à la frontière le 25 janvier.- Partenaires -L’Equateur est devenu en quelques années l’un des pays les plus violents d’Amérique latine et le principal point de sortie de la cocaïne produite dans la région, sous l’effet de gangs liés aux cartels mexicains et colombiens.Le pays partage avec la Colombie une frontière de 600 kilomètres où opèrent des guérillas colombiennes et des organisations dédiées au trafic de drogues et d’armes ainsi qu’à l’exploitation minière illégale. Les présidents Noboa et Petro, situés à l’opposé sur l’échiquier politique, s’affrontent fréquemment, comme sur la récente éviction du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro par l’armée américaine. Mais leurs deux pays restent d’importants partenaires commerciaux.La Colombie exporte vers l’Equateur de l’électricité, des médicaments, des véhicules, des produits cosmétiques et des plastiques. Et lui achète, entre autres, des graisses et huiles végétales, du thon en conserve, des minéraux et des métaux.

Trump attaque JPMorgan Chase et son patron pour clôture abusive de ses comptes

Donald Trump a assigné jeudi devant la justice civile de Miami la banque américaine JPMorgan Chase et son patron Jamie Dimon, à qui il réclame 5 milliards de dollars pour avoir fermé d’autorité ses comptes pour des “raisons politiques”, selon le document de l’assignation consulté par l’AFP.Le milliardaire affirme que cette fermeture est intervenue sans préavis suffisant en avril 2021, soit trois mois après les événements du 6 janvier et l’assaut du Capitole à Washington, pour permettre à la banque de “prendre ses distances avec le président Trump et ses opinions politiques conservatrices”.Donald Trump explique avoir été, avant ces développements, client de la banque durant des décennies et avoir réalisé, par son biais, des centaines de millions de dollars de transactions.Selon lui, JPMorgan Chase ne lui a proposé “aucun recours, remède ou alternative” à la clôture de ses comptes, qui a occasionné pour lui “un préjudice financier et des pertes considérables”, mais aussi une atteinte à sa réputation.”Nous regrettons que le président Trump nous attaque, mais pensons que cette action en justice n’a pas de fondement”, a réagi l’établissement dans un message transmis à l’AFP. “Nous respectons le droit du président de saisir la justice” et évoque, de son côté, “le droit de se défendre. C’est pour cela que sont faits les tribunaux.”Cette initiative intervient une semaine après que Jamie Dimon a critiqué publiquement ce qu’il percevait comme des tentatives, de la part du gouvernement américain, d'”éroder” l’indépendance de la banque centrale américaine (Fed).Le ministère américain de la Justice mène une enquête sur le président de la Fed, Jerome Powell, sur la base d’auditions relatives aux travaux de rénovation du bâtiment de la Réserve fédérale.Jerome Powell a qualifié ces auditions de “prétexte” pour l’écarter et affaiblir l’indépendance de la Fed.Quelques jours après ces premières déclarations, Jamie Dimon, répondant à une question lors d’une interview, a expliqué écarter de diriger un jour la Fed mais pas de devenir ministre des Finances s’il était un jour sollicité pour ce poste.- “Woke” -Or selon le Wall Street Journal, Donald Trump a proposé au puissant patron de JPMorgan Chase la présidence de la Fed, ce qu’a démenti le chef de l’Etat dans un message posté samedi sur Truth Social.Dans la même communication, l’ancien promoteur immobilier a prévenu qu’il allait attaquer en justice JPMorgan Chase dans les deux semaines à venir pour avoir fermé ses comptes de façon “incorrecte” et “inadéquate”, mentionnant comme élément déclencheur les événements du 6 janvier 2021.Pour Donald Trump, JPMorgan Chase a pris cette initiative sur la base de “croyances +woke+ selon lesquelles elle devait mettre ses distances” avec lui, en référence au courant de pensée dénonçant toutes les formes d’injustice et de discrimination subies par les minorités. JPMorgan Chase “ne clôt pas des comptes pour des motifs politiques ou religieux”, a affirmé la banque. “Nous les clôturons quand ils présentent un risque juridique ou réglementaire pour l’entreprise.”Plusieurs élus et personnalités de droite accusent, depuis plusieurs années, des banques américaines d’avoir choisi d’écarter des clients aux opinions conservatrices, sans données tangibles à l’appui.Les investisseurs ont fait peu de cas de cette annonce. Vers 19H50 GMT, l’action de JPMorgan Chase était en hausse de 0,78% à la Bourse de New York.JPMorgan Chase est la cinquième banque du monde par la taille des actifs, derrière quatre établissements chinois. Elle est, en revanche, de très loin la première par la capitalisation boursière, avec une valorisation d’environ 830 milliards de dollars.Durant des décennies, Donald Trump a saisi la justice à tout va pour diffamation ou préjudice moral ou économique contre des dizaines de particuliers et de sociétés, la plupart du temps sans succès.Mais depuis le début de son second mandat, plusieurs entreprises ont conclu avec lui des accords amiables pour mettre fin à des procédures engagées contre elles par le président américain.Le groupe Paramount (désormais Paramount Skydance), la chaîne ABC, YouTube, Meta et xAI ont versé, au total, des dizaines de millions de dollars pour solder ces poursuites, sans qu’aucun de ces dossiers n’aille jusqu’au tribunal.

Lait infantile: deux enquêtes ouvertes après la mort suspecte de deux nourrissons

Deux enquêtes distinctes ont été ouvertes à Angers et Bordeaux après les décès récents de deux nourrissons ayant consommé un lait infantile rappelé par Nestlé pour cause de “possible contamination” par une substance d’origine bactérienne, sans “lien de causalité” établi pour l’heure, selon les autorités.Un premier décès suspect, évoqué sans précisions de lieu mardi par l’un des services du ministère de la Santé qui a lancé des investigations sanitaires, concerne un bébé né le 25 décembre et mort le 8 janvier à l’hôpital Haut Lévêque de Pessac, dans la banlieue de Bordeaux.”Une fois sorti de la maternité, le nourrisson avait notamment été alimenté, entre le 5 et le 7 janvier 2026, avec un lait artificiel de marque Guigoz ayant fait l’objet d’un rappel pour une possible contamination par une bactérie Bacillus Cereus”, a précisé à l’AFP Renaud Gaudeul, procureur de la République à Bordeaux.A Angers, “il y a deux jours”, la mère d’une petite fille de 27 jours, morte le 23 décembre, a recontacté les enquêteurs pour évoquer une boîte de lait Guigoz donnée auparavant à son bébé, a indiqué jeudi soir le procureur de la ville, Eric Brouillard.”C’est une piste sérieuse” mais il est “beaucoup trop tôt pour dire que c’est la piste principale”, a souligné M. Brouillard, qui a saisi “en urgence” un laboratoire.Le 5 janvier, Nestlé, géant suisse de l’agroalimentaire, avait engagé un vaste rappel de laits infantiles des marques Guigoz et Nidal à cause de la présence potentielle de “céréulide” dans ces produits pourtant très contrôlés.Ce composant toxique, produit dans certaines conditions par une famille de bactéries, les Bacillus cereus, peut causer d’importants vomissements dans les heures suivant sa consommation.- Alerte sanitaire “d’ampleur” -A Bordeaux, le bébé victime avait été conduit en urgence à l’hôpital le 7 janvier, “la mère ayant constaté des troubles digestifs chez l’enfant”, selon le procureur, Renaud Gaudeul.Les premiers résultats d’analyses diligentées par l’enquête “ont établi l’absence de contamination par la bactérie Bacillus Cereus”, mais “des analyses complémentaires” ont été demandées pour retrouver la toxine céreulide, a complété M. Gaudeul plus tard dans la soirée.Les résultats de ces nouvelles analyses, “plus longues”, “ne sont pas encore connus”, a-t-il précisé.Dans un communiqué, les ministères de l’Agriculture et de la Santé ont évoqué jeudi une alerte sanitaire “d’ampleur, qui reste évolutive”, assurant déployer une “surveillance continue” du dossier.”À ce stade, il n’a pas été mis en évidence de lien de causalité entre la consommation des laits infantiles concernés et la survenue de symptômes chez des nourrissons”, ont-ils fait valoir.- Fournisseur chinois -“La conjonction des deux choses n’est pas établie, c’est ça que l’enquête va déterminer”, a confirmé la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, en déplacement dans la Manche, disant suivre le dossier “avec très grande vigilance”.”Il est de la responsabilité des entreprises de réaliser des contrôles et de rappeler les lots contaminés”, a-t-elle insisté.Le rappel diligenté par Nestlé concerne une soixantaine de pays parmi lesquels la France, et le patron du géant suisse, Philipp Navratil, a présenté des excuses à la mi-janvier, alors que le groupe est accusé par certaines ONG d’avoir tardé à prendre des mesures.Mercredi, le groupe français Lactalis a également annoncé un vaste rappel de lait infantile dans plusieurs pays, notamment la France, la Chine, l’Australie et le Mexique. Selon les ministères de l’Agriculture et de la Santé, ce retrait est, comme pour celui de Nestlé, lié à un ingrédient soupçonné d’être source de la contamination, “une huile riche en acide arachidonique utile au bon développement des bébés, produite par un fournisseur chinois”.”À ce jour, l’ensemble des fabricants de lait infantile au niveau mondial, dès lors qu’ils ont eu recours à de l’huile riche en acide arachidonique de ce fournisseur, doivent conduire une analyse de risque leur permettant d’évaluer la sécurité de chacun des lots”, ajoutent-ils.L’ONG Foodwatch a annoncé mercredi porter plainte contre X pour “faire la lumière” sur ces rappels, affirmant que “des millions de nourrissons dans le monde étaient concernés”.pgr-jdy-mdz-aro-kal-jed-mb-tsq/gf/bfi

La France intercepte à nouveau un pétrolier de la flotte fantôme russe

La Marine française a arraisonné jeudi en Méditerranée un pétrolier soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe, quatre mois après l’interception en Atlantique d’un de ces navires qui permettent à Moscou d’exporter son pétrole en contournant les sanctions occidentales.Ce pétrolier, le Grinch, “sous sanctions internationales et suspecté d’arborer un faux pavillon”, a été intercepté “avec le concours de plusieurs de nos alliés”, a annoncé sur X le président Emmanuel Macron.Le chef de l’Etat français avait appelé début octobre les Européens à franchir un “pas” dans la “politique d’entrave” de ces navires, dont le commerce pétrolier permet à Moscou de financer “30 à 40%” de son effort de guerre contre l’Ukraine.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué l’arraisonnement du Grinch. “Merci à la France. C’est exactement le type de détermination nécessaire pour faire en sorte que le pétrole russe ne finance plus la guerre de la Russie”, a-t-il réagi sur X.L’opération s’est déroulée jeudi matin dans les eaux internationales de la mer d’Alboran, située entre l’Espagne et l’Afrique du Nord, à bord du “pétrolier-cargo Grinch en provenance de Mourmansk”, port arctique de la Mer de Barents.Elle “visait à vérifier la nationalité (du) navire”, dont “l’examen des documents a confirmé les doutes quant à la régularité du pavillon arboré”, ce qui a donné lieu à “un signalement au procureur de Marseille” et à l’ouverture d’une enquête, selon la préfecture maritime de Méditerranée.Le Grinch a été dérouté et “est actuellement escorté par des moyens de la Marine nationale vers un point de mouillage pour la poursuite des vérifications”, a-t-elle ajouté, précisant que l’opération a été menée “en coopération avec nos alliés dont le Royaume-Uni”.Le ministre britannique de la Défense John Healey a confirmé dans un communiqué que son pays avait fourni “un appui en matière de suivi et de surveillance”, notamment via le “déploiement du HMS Dagger pour surveiller le navire dans le détroit de Gibraltar”.Le pétrolier Grinch figure sous ce nom sur la liste des navires de la flotte fantôme russe placés sous sanctions par le Royaume-Uni, mais sous le nom de “Carl” sur la liste établie par l’Union européenne et les Etats-Unis.- Après le Boracay -Selon les sites marinetraffic et vesselfinder, spécialisés dans le suivi des navires, le pétrolier de 249 mètres de long faisait route vers l’est au moment de son arraisonnement, entre Almeria (Espagne) et Oran (Algérie), arborant le pavillon des Comores.Au moins deux hélicoptères et un navire de la Marine française ont été mobilisés, et une “équipe de visite” constituée de militaires cagoulés est montée à bord, selon des images diffusées par l’état-major des Armées.Pour Emmanuel Macron, cet arraisonnement, réalisé “dans le strict respect de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer”, démontre que la France est “déterminé(e) à faire respecter le droit international et à garantir l’efficacité des sanctions” contre la “flotte fantôme” russe, dont “les activités contribuent au financement de la guerre d’agression contre l’Ukraine”.”Aux côtés de nos alliés, nous intensifions notre riposte aux navires fantômes afin de tarir les fonds qui alimentent l’invasion illégale de l’Ukraine par Poutine”, a aussi souligné John Healey.Cette opération est la deuxième effectuée par la France après l’interception du Boracay. Ce dernier, qui figure lui aussi sur la liste des navires sanctionnés par l’Union européenne, avait été arraisonné fin septembre par les commandos marine français en Atlantique et détourné vers le port de Saint-Nazaire.Le pétrolier avait finalement pu reprendre la mer six jours tard. Son capitaine est convoqué en février à Brest afin d’être jugé pour “refus d’obtempérer”.L’arraisonnement du Grinch constitue une “bonne nouvelle”, a salué sur X Elie Tenenbaum, directeur du Centre des études de sécurité de l’Institut français des relations internationales (Ifri). Mais “il faut maintenant arriver à faire plus pour crédibiliser l’action: la saisie de la cargaison serait un défi juridique mais aurait un vrai poids stratégique”, a-t-il estimé.Quelque 598 navires soupçonnés de faire partie de la “flotte fantôme” font l’objet de sanctions de l’Union européenne.

Le Crédit Agricole en grève pour la rémunération et l’emploi

La colère sociale monte au sein des caisses régionales du Crédit Agricole: plusieurs syndicats ont appelé à un débrayage jeudi, regrettant des augmentations de salaires insuffisantes l’an dernier et la mise en place d’un plan de transformation menaçant l’emploi.Les quelque 78.000 salariés de la fédération nationale du Crédit Agricole (FNCA), qui regroupe les 39 caisses régionales et plusieurs filiales associées (spécialisées dans l’informatique ou la formation par exemple) ont été invités à arrêter le travail deux heures jeudi, voire une demi-journée ou une journée pour ceux qui le souhaitent.Le taux de grévistes varie fortement en fonction des caisses, ont indiqué deux syndicats à l’AFP, et allait jusqu’à 40 à 50% en Normandie Seine.”Ce sont des milliers de salariés qui ont manifesté leur mécontentement, du jamais vu”, a déclaré à l’AFP Samuel Mathieu, président du Sneca, lié à la la CFE-CGC.La direction fait quant à elle état d’une “participation très faible”, inférieure à 5% à la mi-journée.A Paris, une vingtaine de salariés de la caisse régionale d’Ile-de-France se sont rassemblés devant le siège, a constaté une journaliste de l’AFP.”Les augmentations générales de salaires sont bloquées à 0,5% (…) c’est insatisfaisant. Et le Crédit Agricole a les moyens d’augmenter nos salaires”, a déploré Corinne Kazmierczak, porte-parole du Sneca CFE-CGC Ile-de-France.Elle dénonce également des restructurations qui n’ont pour objectif, selon elle, que la rentabilité.La grève est rare dans le secteur bancaire, d’autant plus dans une banque mutualiste comme le Crédit Agricole.Contacté par l’AFP, le secrétaire national Sud-Crédit agricole Mutuel (Sud-Cam) Jean-Yves Salvat dénonce de son côté un “manque de respect” de la direction dans les négociations salariales menées en fin d’année dernière, et souhaite leur réouverture.Les syndicats n’ont pas digéré l’échec de ces négociations, qui se sont soldées par une augmentation générale d’environ 0,5%.”La négociation a été forcément une négociation difficile”, concède auprès de l’AFP François-Xavier Heulle, directeur général adjoint de la FNCA en charge des ressources humaines, mettant en avant la part supplémentaire d’augmentations individuelles à la discrétion des caisses régionales, qui sont des banques coopératives autonomes.- “Efficacité” -Les syndicats se mobilisent également contre les potentiels effets d’un plan de mutualisation de certains métiers porté par la direction, baptisé “efficacité”.Ce programme vise à “être un peu plus +industriel+ dans la façon de traiter les opérations” parmi les caisses régionales du Crédit Agricole, explique de son côté le directeur adjoint de la FNCA en charge de la transformation et de la performance, Eric Gonce.Le Crédit Agricole “travaille depuis toujours et en continu sur l’amélioration et l’optimisation de ses offres, ses process, ses parcours clients et collaborateurs. Cette démarche n’implique pas de plan de réduction d’effectifs”, écrit jeudi la banque dans un communiqué.L’objectif du plan se limite à “essayer de baisser la masse salariale en regroupant des services partout en France”, balaye M. Salvat, qui cite en exemple une menace sur 150 postes dans la caisse régionale du Centre Ouest, qui regroupe les départements de la Haute-Vienne et de l’Indre.Le responsable syndical souhaite être davantage “associé” au projet “efficacité”, en négociant réellement les mesures d’accompagnement pour les salariés.Les syndicats sont également attentifs au nombre d’agences, dont la baisse s’est amorcée au tournant des années 2010, selon un décompte tenu par Sud-cam.Le syndicat constate une accélération du phénomène, avec 112 agences fermées l’an dernier, deux fois plus que les années précédentes.Le Crédit Agricole ne fait pas face à des problèmes de rentabilité: le bénéfice net part du groupe des caisses régionales approche des 3,2 milliards d’euros pour les trois premiers trimestres de 2025.La banque a vu l’arrivée en mai 2025 d’un nouveau directeur général au sein de l’entité cotée du groupe (Casa), Olivier Gavalda.Les craintes sur l’emploi dans l’industrie bancaire se matérialisent en outre jeudi pour deux concurrents du Crédit Agricole.Société Générale a ainsi annoncé un projet de réorganisation qui prévoit la suppression de 1.800 postes en France d’ici à fin 2027, sans procéder à un plan de départs, quand BNP Paribas envisage une réorganisation de sa filiale de gestion d’actifs.

La Bourse de Paris termine dans le vert, soulagée sur le Groenland

La Bourse de Paris a fini en solide hausse jeudi, soulagée par la levée des menaces douanières de Donald Trump contre certains pays européens, dont la France, qui s’opposaient à l’annexion du Groenland par les États-Unis.Le CAC 40 a pris 0,99% à 8.148,89 points, soit une hausse de 79,72 points. La veille, l’indice vedette parisien avait fini proche de l’équilibre (+0,08%) à 8.069,17 points.”La perception des investisseurs s’est amélioré, après la décision de Donald Trump de reculer sur la question des droits de douane, dans le dossier du Groenland”, relève Patrick Munelly, de Tickmill Group.Après des semaines de déclarations agressives, le président américain a subitement annoncé mercredi au forum économique de Davos “le cadre d’un futur accord” sur le Groenland, conclu lors d’une réunion avec le chef de l’Otan, Mark Rutte.Il a notamment levé ses menaces douanières contre les États européens, dont la France, qui s’opposaient à sa volonté d’annexer le territoire arctique, et exclu toute intervention militaire.”Le TACO a sauvé la journée pour l’instant”, a tranché Fawad Razaqzada, de Forex.com. L’acronyme, signifiant “Trump Always Chickens Out”, c’est-à-dire “Trump se dégonfle toujours”, s’est répandu sur les marchés pour souligner les multiples revirements du président américain. Peu de détails ont en revanche filtré concernant cet l’accord.Une source au fait des discussions entre les deux hommes a assuré à l’AFP que les États-Unis et le Danemark allaient notamment renégocier leur accord de défense sur le Groenland datant de 1951.En France, le Premier ministre Sébastien Lecornu a engagé mardi la responsabilité de son gouvernement sur la partie recettes du budget de l’État pour 2026, premier d’une série de trois 49.3 qui devrait permettre la promulgation du texte avant la mi-février, sauf censure.Du côté du marché de la dette, le taux d’intérêt de l’emprunt français à échéance dix ans a atteint 3,51%, contre 3,54% la veille. Il se rapprochait un peu de son équivalent allemand, référence en Europe, qui a lui atteint 2,88%, au même niveau que la veille.Côté valeurs, le titre d’Ubisoft s’est écroulé jeudi de plus de 39,83% à 3,99 euros à la Bourse de Paris, la plus forte baisse de son histoire, au lendemain de l’annonce par le géant français d’une réorganisation massive et de l’annulation de six jeux vidéo.Empêtré dans des difficultés financières depuis plusieurs années, le groupe a annoncé mercredi la mise en œuvre d’une nouvelle organisation inédite pour être plus compétitif, au prix d’une nouvelle cure d’austérité.Il prévoit désormais une perte opérationnelle d’un milliard d’euros sur son année fiscale 2025-2026, liée aux annulations de 6 jeux et au report de 7 autres, ainsi que le report de certains partenariats.

Journée noire sur les marchés pour Ubisoft après l’annonce de sa réorganisation

Un remède pire que le mal? Le traitement de choc que va s’administrer le géant français du jeu vidéo Ubisoft pour se relancer, mêlant nouvelle organisation et coupes drastiques, a fait plonger jeudi le groupe au plus bas sur les marchés et suscite l’inquiétude de ses salariés.Jeudi soir, Ubisoft a clôturé en baisse de plus de 39% à la Bourse de Paris, la plus forte chute en séance de son histoire.Le titre a atteint son plus bas niveau depuis près de 15 ans, à 3,99 euros.Les investisseurs sanctionnent les dernières annonces de la direction: un grand chambardement interne qui va réunir une partie de ses studios, dispersés dans le monde entier, par spécialité, tandis qu’une autre partie servira de soutien aux différents projets.Prévue pour début avril et coïncidant avec le quarantième anniversaire du leader français du jeu vidéo, cette réorganisation s’accompagne de mesures drastiques: six jeux annulés, dont le remake très attendu par les fans de “Prince of Persia: les Sables du temps”, sept autres repoussés et un nouveau plan de réduction des coûts d’au moins 200 millions d’euros sur deux ans, en plus des 300 millions déjà consentis ces trois dernières années.Conséquence directe de cette réorientation: le créateur de la saga “Assassin’s Creed” prévoit désormais une perte opérationnelle d’un milliard d’euros sur son année fiscale 2025-2026.”Je suis très inquiet sur l’état de santé du groupe”, a confié à l’AFP Cédric (nom modifié à sa demande), salarié au studio parisien d’Ubisoft.- Climat social tendu -“Je peux comprendre l’idée d’aller sur un modèle plus soutenable financièrement, mais ça se fait au prix de beaucoup de licenciements et de fermetures de studios”, s’inquiète-t-il.Un destin qu’ont connu ces dernières semaines ceux de Stockholm et d’Halifax, tandis que le groupe a mené des restructurations au sein d’ Ubisoft Abu Dhabi, Redlynx (Finlande) et Massive (Suède).Le numéro un français, qui compte environ 17.000 salariés dans le monde, s’est séparé de plus de 3.000 employés ces dernières années. Si les studios français ont été épargnés jusque-là, le climat social pourrait se tendre, la direction ayant également indiqué qu’elle souhaitait réduire drastiquement le télétravail.”Revenir à cinq jours par semaine [au bureau], avec la vie de famille et l’organisation parentale, c’est impossible aujourd’hui d’imaginer ça”, souffle Cédric.Plusieurs grèves avaient paralysé les studios en France en 2024 pour défendre notamment le travail à distance.Sur le long terme, rassembler ses studios par expertise est toutefois “une excellente idée”, juge Laurent Michaud, économiste du secteur, car “Ubisoft mise sur son premier atout: ses talents” individuels. Quitte à sacrifier certains projets, jugés pas assez bons ou rentables, comme “Prince of Persia”.”C’est arrivé plusieurs fois chez Ubisoft et d’autres éditeurs majeurs de tuer des jeux parce que le projet n’avance pas”, souligne M. Michaud, d’autant que ce jeu d’aventure ne correspond plus totalement à ce qu’attend le marché du jeu vidéo en 2026, qui fait la part belle aux jeux de tir, de sport ou jouables à plusieurs.- “En mode survie” -Mais d’autres projets ont eu la vie sauve: “Beyond Good & Evil 2”, en gestation depuis près de 20 ans, continue son développement, indique Ubisoft.Car annuler des jeux, “c’est jeter beaucoup d’argent à la poubelle”, observe Lionel Melka, associé chez Swann Capital. “Ca va faire beaucoup de dommage à leur réputation” car “il y a un aspect affectif très fort” entre les joueurs et certaines sagas populaires.Pour lui, cette décision radicale montre qu’Ubisoft est désormais “en mode survie”.Il craint de voir le groupe plonger un peu plus dans “une spirale où plus ça va mal, plus les gens partent”.Pour autant, aucun acteur du secteur ne souhaite voir le géant français tomber.”L’écosystème du jeu vidéo en France doit énormément à Ubisoft”, souligne M. Michaud, “ce serait une très mauvaise nouvelle s’il n’arrivait pas à s’en sortir.”Car derrière les plus beaux succès tricolores de ces dernières années, à commencer par le succès surprise de 2025 “Clair Obscur: Expedition 33”, se cachent bien souvent d’anciens salariés du géant français.

Trump a inauguré son “Conseil de paix” et appelé la Russie à mettre fin à la guerre en Ukraine

Donald Trump a inauguré jeudi à Davos son nouveau “Conseil de paix”, en présence d’une vingtaine de dirigeants de pays ayant rallié cette instance placée sous sa coupe, avant d’appeler la Russie à mettre fin au conflit en Ukraine à l’issue d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky.”La guerre doit prendre fin”, a lancé en marge du Forum économique mondial le président américain à des journalistes, qui l’interrogeaient sur le message qu’il voulait faire passer à son homologue russe Vladimir Poutine.Le chef de l’Etat ukrainien a de son côté annoncé être parvenu à un accord avec Donald Trump sur les garanties de sécurité et que les documents en vue d’arrêter les hostilités déclenchées par l’invasion de l’Ukraine en février 2022 étaient “presque prêts”, tout en évoquant, sans autres précisions, des discussions “trilatérales” Ukraine/Etats-Unis/Russie devant se dérouler cette semaine aux Emirats arabes unis. Mais “tout tourne autour de la partie orientale de notre pays. Tout tourne autour des territoires. C’est le problème que nous n’avons pas encore résolu”, a reconnu M. Zelensky.S’autoproclamant faiseur de paix, Donald Trump, qui a quitté en fin d’après-midi la Suisse, a dans la matinée signé la charte fondatrice de son “Conseil de paix”, qu’il va présider et censé œuvrer au règlement des conflits dans le monde, “en coordination”, a-t-il promis, avec les Nations unies.- Fidèles alliés -Dans le parterre de dirigeants invités ayant accepté de s’y joindre se trouvaient certains de ses très fidèles alliés, tels le président argentin Javier Milei et le Premier ministre hongrois Viktor Orban.Le Maroc, la Turquie ou l’Indonésie faisaient aussi partie de la vingtaine de signataires.Sur une cinquantaine d’invitations envoyées, environ 35 dirigeants ont déjà répondu “oui”, avait fait savoir mercredi un haut responsable américain.La France avait déjà dit “non” et le Royaume Uni, un allié clé des Etats-Unis, a refusé jeudi de signer.Mais de nombreux Etats du Moyen-Orient sont partants, dont l’Arabie saoudite et le Qatar.Donald Trump a par ailleurs déclaré que Vladimir Poutine avait accepté l’invitation, que Moscou a seulement dit “étudier”.Le ticket d’entrée dans le Conseil est d’un milliard de dollars pour un siège permanent. – Appel au Hamas -Concernant le Hamas, ses membres “doivent déposer les armes et, s’ils ne le font pas, ce sera leur fin”, a mis en garde M. Trump dans un bref discours à l’occasion de cette cérémonie.Première annonce du “Conseil”, dont Israël a accepté de faire partie : le point de passage de Rafah entre l’Egypte et la bande de Gaza rouvrira “dans les deux sens” la semaine prochaine, a déclaré l’administrateur de ce territoire palestinien nouvellement nommé par cette alliance, Ali Shaath. Le président américain a profité de l’occasion pour parler de son plan de “Nouveau Gaza”, comprenant la construction d’un complexe luxueux sur sa façade maritime, et affirmer que l’Iran souhaitait entamer des discussions avec les Etats-Unis. A propos du Groenland, après des semaines de déclarations agressives, il a subitement annoncé mercredi soir “le cadre d’un futur accord” avec le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte et levé ses menaces douanières autant que militaires.Il y a “encore beaucoup de travail à faire” pour parvenir à un arrangement sur ce territoire autonome danois, a cependant confié à l’AFP M. Rutte, qui, a rappelé Copenhague, ne peut pas négocier de manière unilatérale sur ce dossier.Le Groenland veut pour sa part “continuer un dialogue pacifique”, dans le respect de son droit à l’autodétermination et de son intégrité territoriale, et personne hormis cette île et le Danemark n’est habilité à conclure des accords sur son avenir, a averti son Premier ministre Jens-Frederik Nielsen.    Dans ce contexte, Donald Trump a agité jeudi le spectre de “grosses représailles” si les Etats européens commençaient à vendre des titres de dette américaine ou des actions dans le but de faire pression sur Washington.

Japon: le redémarrage de la plus grande centrale nucléaire du monde suspendu

L’opérateur de la plus grande centrale nucléaire du monde a décidé d’interrompre temporairement son redémarrage quelques heures seulement après le début du processus pour enquêter sur les causes du déclenchement d’une alarme, sans savoir quand le problème serait résolu.Les opérations pour relancer un réacteur de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa (centre-ouest), à l’arrêt depuis la catastrophe de Fukushima en 2011, ont commencé mercredi soir après avoir reçu le mois dernier l’aval du gouverneur du département de Niigata, où elle se trouve.”Nous ne nous attendons pas à ce que le problème soit résolu en un jour ou deux. Il est impossible pour le moment de dire combien de temps cela prendra”, a déclaré jeudi le directeur du site, Takeyuki Inagaki, lors d’une conférence de presse.”Nous allons, pour l’instant, nous concentrer pleinement sur l’identification de la cause du problème”, a-t-il ajouté. Plus tôt, Takashi Kobayashi, un porte-parole de l’opérateur Tepco, avait expliqué à l’AFP qu’une “alarme du système de surveillance liée aux barres de contrôle s'(était) déclenchée pendant les procédures de démarrage du réacteur”.Les barres de contrôle sont un dispositif utilisé pour ajuster la réaction nucléaire en chaîne dans le cœur du réacteur, qui peut ainsi être accélérée par leur léger retrait, ou au contraire ralentie ou arrêtée complètement par l’insertion des barres plus profondément.”Nous enquêtions sur l’équipement électrique défectueux”, a expliqué M. Kobayashi, et “quand il est apparu que cela prendrait du temps, nous avons décidé de réinsérer les barres de contrôle” afin de poursuivre l’enquête.”Le réacteur est stable et il n’y a aucune incidence de radioactivité à l’extérieur”, a-t-il aussi déclaré.Le redémarrage, initialement prévu mardi, avait été retardé après la détection le week-end dernier du déclenchement d’une alarme –également liée aux barres de contrôle–, qui avait été résolu dimanche selon Tepco.- “Absolument inacceptable” -La centrale de Kashiwazaki-Kariwa, la plus grande au monde en termes de capacité totale de production, avait été mise à l’arrêt lorsque le Japon a fermé tous ses réacteurs nucléaires après le triple désastre – séisme, tsunami et catastrophe nucléaire – de Fukushima en mars 2011. L’unité n°6 de Kashiwazaki-Kariwa est le premier des réacteurs nucléaires de Tepco, qui est également l’opérateur de la centrale sinistrée de Fukushima Daiichi, à redémarrer.La population de Niigata est très divisée à ce sujet: selon une enquête menée en septembre par le département, 60% des habitants étaient opposés au redémarrage, contre 37% qui le soutenaient. “L’électricité de Tokyo est produite à Kashiwazaki, et il faudrait que seuls les habitants (d’ici) soient en danger? Cela n’a aucun sens”, a déploré Yumiko Abe, une habitante de 73 ans interrogée par l’AFP cette semaine lors d’une manifestation devant la centrale.Quinze ans après la catastrophe, “la situation n’est toujours pas maîtrisée à Fukushima. Et Tepco veut relancer une centrale? Pour moi, c’est absolument inacceptable”, s’est quant à lui indigné Keisuke Abe, 81 ans.Plusieurs associations ont remis début janvier une pétition contre la relance comportant près de 40.000 signatures à Tepco et à l’Autorité japonaise de régulation nucléaire soulignant que la centrale se trouve sur une zone sismique active où a eu lieu un violent séisme en 2007.