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L’Espagne a accueilli près de 100 millions de touristes étrangers en 2025, un record

Sur les talons de la France comme destination mondiale la plus prisée, l’Espagne a accueilli près de 100 millions de touristes étrangers en 2025, “une réussite collective” saluée jeudi par le gouvernement qui alimente toutefois les préoccupations de la population.Selon les premières estimations, l’Espagne a accueilli l’an dernier 97 millions de visiteurs, a annoncé le ministre du Tourisme Jordi Hereu lors d’une conférence de presse à Madrid.Ce nouveau record, qui dépasse les 94 millions de touristes reçus dans le pays en 2024, est “une réussite collective de tout le pays”, a-t-il poursuivi, saluant en l’Espagne un pays “très attractif”, “qui séduit”.L’Espagne, qui talonne la France au titre de principale destination touristique dans le monde, a ainsi engrangé l’an passé 135 milliards d’euros de recettes, en hausse de 6,8% sur un an, d’après l’estimation donnée par le ministre, qui a insisté largement sur les retombées économiques générées par cet afflux massif de visiteurs.Mais Jordi Hereu a toutefois appelé les professionnels du secteur à “diversifier” et “contrôler” l’offre, notamment dans les régions les plus visitées, pour proposer “plus de qualité” et “continuer à croître” dans le futur.Dans son rapport de décembre, l’association de professionnels Mesa del Turismo avait elle salué une année 2025 confirmant “la solidité et la capacité d’adaptation du secteur malgré l’impact de la hausse des prix”.Le président de l’organisation professionnelle Juan Molas s’était de son côté dit “optimiste” pour 2026, évoquant des perspectives de croissance “soutenues” pour ce secteur qui demeure “attractif”, malgré la concurrence accrue d’autres destinations européennes, comme la Grèce, la Turquie ou encore l’Albanie.- Objectif “tourisme soutenable” -Illustration de “la forte dépendance” de l’économie espagnole envers le tourisme, comme le relève pour l’AFP Pedro Aznar, professeur d’économie à l’université Esade à Barcelone et Madrid, le secteur représentait 12,6% du PIB espagnol en 2024, selon l’Institut national des statistiques (INE).Cette fréquentation record en 2025 fait partie des facteurs qui devraient permettre à l’Espagne d’enregistrer une croissance de 2,9% en 2025 selon le gouvernement, soit plus du double de celui de la zone euro.Mais la question du tourisme de masse suscite toujours de très fortes crispations au sein de la population, notamment dans les destinations prisées des visiteurs comme Barcelone, Malaga, les îles Baléares ou l’archipel des Canaries, où les manifestations contre le surtourisme sont fréquentes.Le professeur d’économie Pedro Aznar rappelle la liste des griefs des habitants de ces zones: “Modification de l’offre commerciale, davantage orientée vers les touristes que vers les habitants ; pression sur les services publics (…) ; et diminution de l’offre de logements à louer, lorsqu’il est possible de proposer les logements aux touristes, ce qui offre une rentabilité plus élevée”.Sans oublier, ajoute-t-il, “l’impact sur l’environnement”, dans un pays en première ligne du dérèglement climatique et largement soumis au stress hydrique.”Nous sommes en train de croître de la manière, au rythme et avec les éléments qualitatifs que nous jugeons souhaitables pour le modèle de la +triple durabilité+: économique, sociale et environnementale”, a soutenu jeudi le ministre Jordi Hereu pour répondre à ces critiques, jurant avoir “pour objectif de continuer à travailler en faveur d’un tourisme soutenable”. Pour tenter de lutter contre les effets néfastes du surtourisme, plusieurs régions et municipalités ont déjà annoncé des mesures, à l’instar de Barcelone, qui a promis de ne pas renouveler les licences de quelque 10.000 appartements touristiques qui doivent expirer en novembre 2028.

Le maire de Londres craint un “chômage de masse” à cause de l’IA

Le maire de Londres, Sadiq Khan, dit craindre jeudi que l’intelligence artificielle (IA) ne cause un “chômage de masse” qui toucherait particulièrement la capitale britannique, dont les services financiers ou les industries créatives sont, selon lui, très vulnérables.Le responsable veut placer la capitale britannique “à l’avant-garde de cette nouvelle révolution technologique” et annonce notamment une formation gratuite à l’IA pour tous ses habitants, selon des extraits d’un discours qu’il doit prononcer jeudi soir, transmis en amont à la presse.”Nous avons la responsabilité de protéger les gens contre les dangers des nouvelles technologies”, affirme-t-il, faisant aussi référence à la vague d’indignation mondiale sur la fonctionnalité de Grok, l’assistant IA développé par X, permettant de générer des images dénudées de personnes réelles – dont le réseau social a annoncé mercredi le blocage.L’impact de l’IA sur l’emploi fait débat. Si les défenseurs de cette technologie estiment que le monde du travail sera tellement transformé que l’instauration d’un revenu universel s’imposera, la plupart des prévisions tablent sur une évolution progressive.L’Organisation internationale du Travail (OIT) a prévenu mercredi dans un rapport de risques liés à l’IA et l’automatisation, notamment pour les jeunes diplômés des pays à revenu élevé, estimant que “si l’impact global de l’IA sur l’emploi des jeunes demeure incertain, son ampleur potentielle justifie une vigilance étroite”.Le maire de Londres appelle jeudi à utiliser l’IA “de manière responsable” pour “transformer nos services publics, dynamiser la productivité et relever certains de nos défis les plus complexes, de la lutte contre le cancer à la crise climatique”.”Mais utilisée sans discernement, elle pourrait inaugurer une nouvelle ère de chômage de masse, d’inégalités croissantes et d’une concentration sans précédent des richesses et du pouvoir”, prévient-il.Pour la ville de Londres en particulier, son impact sur le marché du travail “sera tout simplement colossal” alors que “certains des secteurs les plus importants de notre ville – tels que la finance, les services professionnels et les industries créatives – figurent parmi les plus susceptibles d’être affectés”, poursuit-il.”Comme toutes les technologies marquantes de l’histoire, l’IA va remodeler le monde du travail. Certains emplois seront plus impactés que d’autres, mais les nouveaux rôles et les nouvelles opportunités qu’elle créera sont des atouts que nous accueillerons avec enthousiasme”, a pour sa part réagi un porte-parole du Premier ministre Keir Starmer, mettant lui aussi l’accent sur la nécessité de former la population.

Le taux du Livret A va de nouveau baisser au 1er février

Le taux du Livret A va connaître sa troisième baisse en à peine un an: le ministre de de l’Economie Roland Lescure l’a fixé jeudi à 1,5% à compter du mois prochain, conséquence logique du ralentissement de l’inflation.”Le Livret A est un support d’épargne privilégié pour les Français. Avec ce nouveau taux supérieur à l’inflation, le pouvoir d’achat des ménages est préservé”, a déclaré jeudi M. Lescure, cité dans un communiqué.Aujourd’hui à 1,7%, le rendement de ce produit d’épargne très populaire – 57 millions de Français détiennent un Livret A – est calculé chaque semestre par la Banque de France et son gouverneur, François Villeroy de Galhau, qui le transmet pour validation à Bercy.Il tient compte d’une part d’un taux dépendant de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et d’autre part de l’inflation, mesurée à 0,8% en décembre par l’Insee.C’est cette deuxième composante qui plombe aujourd’hui le taux du Livret A car la hausse des prix a considérablement ralenti en France, au bénéfice du pouvoir d’achat des Français.”Nous avons appliqué la formule en l’arrondissant à la hausse”, a précisé M. Lescure lors d’un échange avec la presse.Le gouverneur de la Banque de France et le ministre de l’Economie disposent en effet d’un pouvoir de dérogation au strict calcul de la formule. Sans cet arrondi, le taux du Livret A serait tombé encore plus bas, à 1,4%.- “Bouclier de sécurité” -Ce coup de pouce est une maigre consolation pour les épargnants, qui ont vu le taux du Livret A, aussi valable pour le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), divisé par deux en à peine un an.Il avait commencé 2025 à 3%, avant d’être ramené à 2,4% puis à 1,7% au cours de l’année. Il faut remonter à juillet 2022 pour retrouver un taux inférieur.”La baisse du taux du Livret A est une mauvaise nouvelle pour les épargnants”, a résumé dans une note le directeur du think tank Cercle de l’Epargne Philippe Crevel.La baisse du rendement du Livret A, même légèrement amortie, permettra parallèlement aux acteurs du logement social, dont les conditions d’emprunt sont indexées sur son taux, de se financer moins cher.C’est également une aubaine pour les banques, qui rémunèrent une partie de l’épargne réglementée et commercialisent des produits concurrents plus lucratifs pour elles.Les assureurs se réjouissent aussi de voir leurs assurances vie, qui ont fait le plein ces derniers mois, encore plus compétitives face au Livret A.Le Livret A “est un bouclier de sécurité, une formidable protection de l’épargne populaire, qui n’a pas d’équivalent: le capital est 100% garanti par l’État, 100% défiscalisé, 100% disponible”, a commenté jeudi Daniel Baal, patron du Crédit Mutuel et président de la fédération française des banques (FBF), sur le réseau social professionnel Linkedin.”Malgré la baisse annoncée, le livret A reste un produit indispensable et très rentable pour les ménages”, a-t-il souligné, “avec un taux très nettement supérieur à tout ce qui peut se pratiquer pour de l’épargne immédiatement disponible”.- Objectif LEP -La Banque de France et Bercy ont par ailleurs mis l’accent sur le Livret d’épargne populaire (LEP), réservé aux épargnants modestes, qui bénéficie d’un geste en sa faveur encore plus important que le Livret A.”J’ai tenu à conserver un avantage marqué pour les plus modestes”, a souligné le ministre de l’Economie, en fixant le nouveau taux du LEP à 2,5% le 1er février, contre 2,7% aujourd’hui.Sans dérogation, les règles en vigueur auraient conduit à un rendement plus faible.M. Villeroy de Galhau avait souligné mercredi lors d’une audition par les sénateurs de la commission des Finances que le LEP était “le vrai produit, le plus avantageux, d’épargne populaire”.Peu mis en avant par les agences et les sites internet des banques qui le commercialisent, ce produit peine à trouver son public. Les quelque 12 millions de LEP ouverts restent loin des 31 millions de personnes éligibles.”J’engage les Français qui sont éligibles, qui sont en dessous des conditions de revenus qui permettent d’y avoir accès (…), à se rapprocher de leur banque pour ouvrir ce type de livret”, a insisté M. Lescure.

Les tarifs bancaires augmentent significativement cette année

La facture continue de grimper: les tarifs bancaires sont à nouveau orientés à la hausse cette année, de 3% en moyenne, en particulier sur les services de base, selon une étude publiée jeudi par l’association de consommateurs CLCV.”Cette évolution est principalement liée à la progression des frais de tenue de compte et des cartes bancaires, qui constituent les principaux postes de dépenses récurrentes”, écrivent les auteurs de l’étude.Les frais de tenue de compte, socle indispensable du service bancaire, augmentent de plus de 6% à 24,64 euros par an, après une augmentation de 8% en 2025.Les tarifs des cartes bancaires augmentent eux de plus de 2% “quel que soit le type de carte”, souligne la CLCV.Ces pourcentages dépassent largement l’inflation, mesurée à 0,8% sur un an en décembre par l’Insee.Les tarifs bancaires avaient déjà augmenté d’environ 5% l’an dernier. Le Comité consultatif du secteur financier (CCSF), où siègent notamment les banques elles-mêmes, avait évoqué en octobre dernier une hausse moyenne de 3,1%.Les retraits aux distributeurs automatiques d’une banque qui n’est pas la sienne deviennent également plus onéreux, de quoi restreindre un peu plus l’accès aux espèces.Les clients enregistrant des incidents de paiement se verront davantage facturés, avec des tarifs en hausse pour les lettres d’information pour compte débiteur par exemple.Ce type de frais n’est pas négligeable pour les banques: selon le comparateur Panorabanques, les frais liés au découvert représentent en moyenne un tiers de frais bancaires.- A la même enseigne -Dans le détail, les “petits consommateurs”, disposant d’un ensemble de services de base paieront cette année 71,71 euros en moyenne (+2,98%) et les consommateurs “moyens” (un couple avec deux cartes disposant d’une assurance perte et vol) paieront 135,47 euros (+3,77%).Les “gros consommateurs” au sens de la CLCV (deux titulaires “haut de gamme” avec une carte Gold ou Premier et effectuant de nombreux retraits) verront leur facture augmenter de 3,04%, à 221,16 euros.Le prix de ces services bancaires “représente une part très faible dans le budget des ménages”, a réagi la Fédération bancaire française (FBF), organisation représentative du secteur.La France “dispose par ailleurs du réseau bancaire le plus dense de la zone euro”, ajoute le lobby. Le nombre d’agences a cependant tendance à baisser significativement.La CLCV a épluché comme chaque année les grilles tarifaires en vigueur au 1er février 2026 au sein d’une centaine d’établissements.Selon elle, certaines caisses du Crédit Agricole sont compétitives sur l’ensemble des segments du marché quand le LCL l’est pour les petits consommateurs et le Crédit Coopératif pour les profils plus fortunés.Le réseau de banque de détail de la Société Générale figure à l’inverse parmi les banques les plus chères sur l’ensemble des profils comme, dans une moindre mesure, certaines Banques populaires.”Se tourner vers la banque en ligne peut constituer une alternative intéressante à condition d’être attentif aux éventuelles conditions et d’être adapte du fonctionnement à distance”, conseille la CLCV.

Thaïlande: le gouvernement sévit après deux drames en deux jours liés à la même entreprise

Le gouvernement va engager des poursuites et résilier les contrats d’une compagnie du BTP impliquée dans les effondrements meurtriers de deux grues mercredi et jeudi sur des chantiers en Thaïlande.Le Premier ministre thaïlandais, Anutin Charnvirakul, a annoncé que le gouvernement allait résilier les contrats d’Italian-Thai dans les deux projets concernés, engager des poursuites judiciaires à l’encontre de cette compagnie et la placer sur une liste noire.”Cela fait trois ou quatre fois que cela arrive. Le gouvernement n’a pas envie de travailler avec ce genre d’entreprises”, a-t-il affirmé à l’approche d’élections générales le 8 février.Le gouvernement a exigé des explications après l’effondrement meurtrier de deux grues mercredi et jeudi sur des chantiers liés à cette entreprise, l’une des plus grosses entreprises de BTP du royaume.La chute spectaculaire d’une première grue mercredi matin sur un train de passagers dans le nord-est du pays a fait 32 morts et des dizaines de blessés.Des proches endeuillés se recueillaient en silence sur le site poussiéreux au soleil levant lorsqu’un accident similaire s’est produit jeudi à plus de 200 kilomètres de là, dans la banlieue de Bangkok.Une autre grue est tombée, sur le chantier d’une autoroute en construction, tuant deux personnes, selon la police locale.Ces deux drames en l’espace de 24 heures ont pour dénominateur commun l’entreprise thaïlandaise Italian-Thai Development, a confirmé à un média local le ministre thaïlandais des Transports Phiphat Ratchakitprakarn.”Nous devrons établir les faits, s’il s’agissait d’un accident ou de quelque chose d’autre”, a-t-il déclaré.Italian-Thai a été impliquée dans plusieurs accidents mortels ces dernières années.Elle a été inculpée en août, avec son directeur, dans une affaire liée à l’effondrement d’un immeuble en construction à Bangkok lors d’un tremblement de terre. Environ 90 personnes avaient trouvé la mort, principalement des ouvriers.L’entreprise a annoncé mercredi après la tragédie ferroviaire qu’elle indemniserait les familles des victimes et couvrirait les frais médicaux des blessés.Elle a pris le même engagement le lendemain et promis de “revoir et renforcer (ses) mesures de sécurité”.- “Failli mourir” -Sur le site du deuxième accident, jeudi, dans la banlieue de Bangkok, Booncherd La-orium, un conducteur de moto-taxi, dit avoir “la chair de poule”.”Je ne m’étais toujours pas remis de l’accident d’hier (mercredi) et j’apprends ce matin qu’un autre a lieu juste à côté de chez moi”, raconte à l’AFP l’homme de 69 ans. “C’est encore la même entreprise, Italian-Thai…”Surachai Wongho, un retraité de 61 ans qui emprunte cette route tous les jours, partage la même lassitude: “C’est toujours la même chose en Thaïlande. Il est temps que le gouvernement fasse quelque chose”.Des images d’une caméra embarquée dans un véhicule montrent le moment où l’énorme grue s’est effondrée, déchirant la chaussée en béton surélevée dans un nuage de poussière.”J’ai failli mourir”, souffle une personne à bord. “C’est bon maintenant, ça ne tombe plus. C’est encore un effondrement de grue”, répond une deuxième.L’autoroute en construction doit permettre de fluidifier le trafic sur la route Rama II, qui relie Bangkok au sud du pays. Mais l’important chantier accumule les retards et les accidents mortels.L’effondrement d’une poutre en béton, conçue pour soutenir le futur pont autoroutier, avait déjà tué au moins six personnes en mars dernier près de la capitale, et trois ouvriers sont morts en novembre 2024 après la chute d’une grue, déjà.Celle qui a provoqué le déraillement du train mercredi dans le nord-est de la Thaïlande était utilisée sur le chantier d’une future ligne de TGV.Un projet colossal soutenu par la Chine dans le cadre de sa politique des “nouvelles routes de la soie”, destinée à accroître ses échanges commerciaux et son influence en Asie du Sud-Est.

X dit bloquer le “déshabillage” des “personnes réelles” avec Grok, mais reste sous enquête

Le réseau social X d’Elon Musk a annoncé avoir pris des mesures pour “empêcher” son outil d’intelligence artificielle (IA) Grok de “déshabiller” des “personnes réelles” mais doit encore convaincre les autorités de plusieurs pays l’ayant placé sous enquête.”Nous avons mis en place des mesures technologiques pour empêcher le compte Grok de permettre l’édition d’images de personnes réelles dans des tenues révélatrices, comme des bikinis”, a indiqué X dans un message publié mercredi en fin de journée aux Etats-Unis.X affirme imposer ces restrictions d'”édition” à “tous les utilisateurs, y compris les abonnés payants”. Mais le message laisse planer une incertitude, puisqu’il précise appliquer un “blocage géographique” pour la “génération” avec Grok d’images dénudées de personnes réelles seulement “au sein des juridictions où cela est illégal”.Quelques heures plus tôt, l’UE et le Royaume-Uni avaient salué avec prudence ces mesures supplémentaires, annoncées mais non encore publiques ni détaillées.”Nous prenons acte des mesures supplémentaires adoptées” et “nous évaluerons attentivement ces changements afin de nous assurer qu’ils protègent efficacement les citoyens de l’Union européenne”, avait déclaré Thomas Regnier, un porte-parole de la Commission européenne.Selon lui, “si ces changements n’étaient pas effectifs, la Commission n’hésiterait pas à utiliser tout” son arsenal législatif, qui lui permet d’infliger des astreintes financières, voire de suspendre le réseau social sur son sol.”J’ai été informé ce matin que X agit pour assurer une totale conformité avec la législation britannique”, avait déclaré avant lui le Premier ministre Keir Starmer devant son Parlement.”Si c’est le cas, c’est une bonne chose, mais nous ne reculerons pas et ils doivent agir”, avait-il averti, rappelant l’ouverture d’une enquête indépendante lundi par une autorité de régulation britannique.Jeudi, la Malaisie, pays à majorité musulmane, a indiqué que ses autorités de régulation nationales avaient constaté que les mesures prises par X pour empêcher Grok de générer des images indécentes “n’avaient pas été mises en oeuvre dans leur totalité”.Les Philippines, plus grand pays catholique d’Asie, ont prévu de leur côté de suspendre l’accès à Grok “d’ici ce (jeudi) soir” en raison des montages hyper réalistes de personnes réelles dénudées.Comme depuis le 9 janvier, la génération d’images avec Grok, l’assistant IA développé par xAI, reste limitée aux abonnés payants, confirme X.Début janvier, la plateforme avait affirmé “prendre des mesures contre les contenus illégaux (…) en les supprimant, en suspendant définitivement les comptes et en collaborant avec les autorités locales”.Mais elle était restée silencieuse ensuite malgré la multiplication des protestations et menaces de sanctions officielles.Certains utilisateurs se sont servis de Grok pour poster sur X ou répondre à des messages contenant des photos de femmes, les accompagnant d’une instruction comme “Mets-la en bikini” pour générer un montage hyper-réaliste (“deepfake”).- Enquête californienne -Selon une analyse la semaine dernière de l’ONG AI Forensics, réalisée sur plus de 20.000 images générées par Grok, plus de la moitié représentaient des personnes légèrement vêtues, dont 81% étaient des femmes et 2% paraissaient mineures.Le scandale a conduit à la suspension de Grok en Indonésie et en Malaisie ce week-end. L’Inde a affirmé avoir fait retirer des milliers de contenus sur X et plusieurs procédures judiciaires ou administratives ont été ouvertes dans le monde, notamment en France.Le procureur général de Californie a annoncé mercredi lancer sa propre enquête “afin de déterminer si, et comment, xAI a violé la loi”.”J’exhorte xAI à prendre des mesures immédiates pour que cela ne se reproduise plus”, a déclaré le procureur Rob Bonta, un élu démocrate hostile aux velléités de l’administration Trump d’empêcher la régulation de l’IA.Le procureur, qui brigue sa réélection en novembre pour un second mandat, défend “une tolérance zéro pour la création et la diffusion par l’IA d’images intimes non consenties ou de matériel pédopornographique”.Elon Musk, qui s’exprime tous les jours sur X, dénonce régulièrement les mesures de régulation des gouvernements, qui veulent “supprimer la liberté d’expression”.Affichant sa volonté d’offrir une intelligence artificielle “antiwoke”, libérée du politiquement correct, il renvoie la responsabilité sur les utilisateurs.”Le principe de fonctionnement de Grok est de respecter les lois de chaque pays et chaque Etat”, a écrit mercredi le multimilliardaire sur X. “Il peut arriver que des tentatives de piratage malveillant entraînent un comportement inattendu. Le cas échéant, nous corrigeons le bug immédiatement”, a-t-il assuré.De leur côté, 28 ONG ont signé mercredi l’appel de l’association féministe Ultraviolet pour que Google et Apple retirent Grok et X de leurs boutiques d’applications.

Le taux du Livret A va baisser au 1er février

Le taux du Livret A va descendre à 1,5% à compter du mois prochain, a annoncé jeudi le ministre de l’Economie Roland Lescure, conséquence logique du ralentissement de l’inflation.”Le Livret A est un support d’épargne privilégié pour les Français. Avec ce nouveau taux supérieur à l’inflation, le pouvoir d’achat des ménages est préservé”, a déclaré jeudi M. Lescure, cité dans un communiqué.Aujourd’hui à 1,7%, le rendement de ce produit d’épargne très populaire – 57 millions de Français détiennent un Livret A – est calculé chaque semestre par la Banque de France et son gouverneur, François Villeroy de Galhau, qui le transmet pour validation à Bercy.Il tient compte d’une part d’un taux dépendant de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et d’autre part de l’inflation hors tabac du deuxième semestre 2025, mesurée à 0,8% en décembre par l’Insee.C’est cette deuxième composante qui plombe aujourd’hui le taux du Livret A car la hausse des prix a considérablement ralenti en France, au bénéfice du pouvoir d’achat des Français.”Nous avons appliqué la formule en l’arrondissant à la hausse”, a précisé M. Lescure lors d’un échange avec la presse. Le gouverneur de la Banque de France et le ministre de l’Economie disposent en effet d’un pouvoir de dérogation au strict calcul de la formule. Sans cet arrondi, le taux du Livret A serait tombé encore plus bas, à 1,4%.Ce coup de pouce bienvenu est une maigre consolation pour les épargnants, qui ont vu le taux du Livret A, aussi valable pour le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), divisé par deux en à peine un an.Il avait commencé 2025 à 3%, avant d’être ramené à 2,4% puis à 1,7% au cours de l’année dernière. Il faut remonter à juillet 2022 pour retrouver un taux inférieur. – Objectif LEP -La baisse du rendement du Livret A, même légèrement amortie, permettra parallèlement aux acteurs du logement social, dont les conditions d’emprunt sont indexées sur son taux, de se financer moins cher.C’est également une aubaine pour les banques, qui rémunèrent une partie de l’épargne réglementée et commercialisent des produits concurrents plus lucratifs pour elles.Les assureurs se réjouissent aussi de voir leurs assurances vie encore plus compétitives face au Livret A. Les contrats d’assurance vie, dont les taux sont stables ou orientés à la hausse depuis début 2026, font le plein au détriment du Livret A, que les Français boudent depuis plusieurs trimestres.La Banque de France et Bercy ont comme à l’habitude mis l’accent sur le Livret d’épargne populaire (LEP), réservé aux épargnants modestes, qui bénéficie d’un geste en sa faveur encore plus important que le Livret A.”J’ai tenu à conserver un avantage marqué pour les plus modestes”, a souligné le ministre de l’Economie, en fixant le nouveau taux du LEP à 2,5% le 1er février, contre 2,7% aujourd’hui.Sans dérogation, les règles en vigueur auraient conduit à un rendement plus faible.M. Villeroy de Galhau avait souligné mercredi lors d’une audition par les sénateurs de la commission des Finances que le LEP était “le vrai produit, le plus avantageux, d’épargne populaire”.Peu mis en avant par les agences et les sites internet des banques qui le commercialisent, ce produit peine à trouver son public. Les quelque 12 millions de LEP ouverts restent loin des 31 millions de personnes éligibles, en dépit des efforts de la Banque de France.”J’engage les Français qui sont éligibles, qui sont en dessous des conditions de revenus qui permettent d’y avoir accès (…), à se rapprocher de leur banque pour ouvrir ce type de livret”, a insisté M. Lescure.

La Bourse de Paris prudente, entre indicateurs et géopolitique

La Bourse de Paris évolue prudemment jeudi, marquant le pas après un début d’année de records, l’oeil sur des indicateurs économiques et la situation géopolitique autour de l’Iran et du Groenland.Le CAC 40 perdait 0,27% à 8.311,25 points, en recul de 19,72 points. La veille, l’indice vedette parisien avait perdu 0,19% à 8.330,97 points.”La consolidation des cours se poursuit”, relève Andreas Lipkow, analyste indépendant. Après un début d’année en trombe, et de nouveaux records partout en Europe, les marchés boursiers sont gagnés par la prudence et font une pause depuis plusieurs séances.Ce jeudi, ils seront attentifs à la publication de données économiques dans la zone euro, comme la croissance du produit intérieur brut (PIB) pour l’année 2025 en Allemagne, première économie du continent. En France, les prix à la consommation ont augmenté de 0,8% au mois de décembre sur un an, après +0,9% en novembre, selon les chiffres définitifs de l’Insee publiés dans la matinée.Dans ce contexte, le rendement de l’emprunt allemand à dix ans, référence dans la zone euro, était stable, atteignant 2,82%, contre 2,81% la veille en clôture. Son équivalent français était à 3,50%, contre 3,49% précédemment.Les investisseurs suivent aussi la situation en Iran, qui connaît une vague de protestation massive, violemment réprimée par le pouvoir.Mais des propos du président américain Donald Trump, qui affirmé mercredi que “les tueries” en Iran avaient “pris fin”, ont été perçus comme une désescalade des tensions par les marchés.Il s’agit d’un “adoucissement de (son) ton” qui a donc “fait immédiatement reculer les prix du pétrole”, estime John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank.TotalEnergies reculait logiquement de 1,28% à 56,32 euros.Au Groenland, territoire arctique sous souveraineté danoise convoité par Donald Trump, une mission militaire européenne démarre jeudi au lendemain d’une rencontre à Washington entre responsables américains, danois et groenlandais ayant débouché sur un “désaccord fondamental”.Hermès en hausse après RichemontLe groupe de luxe suisse Richemont, propriétaire de la maison Cartier, a publié jeudi un chiffre d’affaires trimestriel meilleur qu’attendu, en hausse de 4% à 6,4 milliards d’euros, porté par la joaillerie durant les fêtes de fin d’année.Son concurrent Hermès en profitait à Paris, prenant 0,89% à 2.260,00 euros. La dynamique s’essoufflait en revanche pour Kering (-2,04% à 304,90 euros) et LVMH (-1,21% à 630,10 euros), après des premiers échanges dans le vert.

Suisse: l’autorité de la concurrence ouvre une enquête contre Microsoft

L’autorité suisse de la concurrence a annoncé jeudi avoir ouvert une enquête contre le géant américain Microsoft concernant le prix de ses licences. Les autorités de la concurrence ont reçu des dénonciations faisant état d’augmentations très fortes du prix des licences liées aux produits de Microsoft en Suisse, a indiqué la Commission de la concurrence (Comco) dans un communiqué. Elle a donc commencé par ouvrir une enquête préalable dont l’objectif est “d’examiner si ces augmentations constituent des indices de restrictions illicites de la concurrence”, précise-t-elle.Les hausses de prix concernent “notamment le produit Microsoft 365, utilisé par les entreprises, ainsi que par bon nombre d’administrations et d’entités publiques et parapubliques”, ajoute la Comco.L’enquête préalable est une première étape durant laquelle la Comco évalue d’éventuelles restrictions de la concurrence qui contreviennent au droit suisse et justifient ou non l’ouverture d’une enquête approfondie.Contactée par l’AFP, la branche suisse de Microsoft a indiqué que l’entreprise “s’engage à respecter le droit suisse de la concurrence et coopérera avec la Commission suisse de la concurrence dans son enquête préliminaire”.

Les Bourses européennes ouvrent prudemment

Les Bourses mondiales évoluent prudemment jeudi, attentives à des indicateurs économiques et à des résultats d’entreprise, tout en gardant un oeil sur la situation géopolitique autour de l’Iran et du Groenland.Vers 08H05 GMT, dans les premiers échanges, Paris grappillait 0,10% et Milan 0,21%. Londres (-0,04%) et Francfort (-0,05%) étaient à l’équilibre.