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Après une croissance française 2025 finalement à 0,9%, Paris optimiste pour 2026

La croissance française a été de 0,9% l’an dernier, a annoncé vendredi l’Insee, comme les économistes s’y attendaient mais meilleure que les espoirs initiaux du gouvernement, qui s’affiche optimiste pour début 2026.”La croissance a été robuste” en 2025, s’est félicité sur TF1 le ministre de l’Economie et des Finances Roland Lescure, “meilleure que les 0,7% que j’attendais” dans le projet de loi de finances initial. “Ca fait un bon départ pour 2026, où j’espère qu’on fera au moins le 1% qu’on attend”, a-t-il estimé.Selon les estimations provisoires de l’Insee publiées vendredi, au dernier trimestre 2025, le produit intérieur brut a progressé de 0,2%. Les voisins de la France ont également publié des chiffres de croissance vendredi. En Allemagne, elle a atteint 0,3% au quatrième trimestre, pour 0,2% sur l’année. En Italie, elle a été de 0,7% sur l’année, et en Espagne, de 2,8%, avec un quatrième trimestre en hausse de 0,8%.Eurostat a annoncé de son côté que la croissance de la zone euro avait atteint 1,5% en 2025, au-delà des attentes, selon une première estimation.En France, la consommation des ménages, traditionnel moteur de la croissance, mais très grippé ces derniers temps, a accéléré en fin d’année, gagnant 0,3% après 0,1% au troisième trimestre. L’investissement a lui ralenti (+0,2% après +0,7%), tandis que le commerce extérieur a de nouveau contribué positivement à la croissance.- Stocker, déstocker -Après l’inattendue et vigoureuse croissance de 0,5% au troisième trimestre, le +0,2% de croissance sur les trois derniers mois de l’année 2025 “marque un ralentissement attendu, un contrecoup”, a commenté auprès de l’AFP Maxime Darmet, économiste chez Allianz Trade.Pour lui, l’accélération de la consommation des ménages est “une bonne nouvelle”. Lucile Bembaron, d’Asterès, observe toutefois que les Français témoignent toujours de “leur volonté d’épargner” dans les enquêtes de l’Insee.La production des entreprises a cependant “marqué le pas” en fin d’année, relève l’Institut national de la statistique, avec une augmentation de 0,1% au quatrième trimestre après 0,8% au troisième.M. Darmet explique que la “production était très allante” au troisième trimestre, et que “des stocks se sont créés”. Au quatrième, “les entreprises ont préféré déstocker, notamment dans le secteur industriel et aéronautique”, et elles ont moins produit.”Trop de dynamisme au troisième trimestre, et au quatrième l’entreprise déstocke: c’est le cycle économique assez naturel”, selon lui, même si la reprise industrielle “reste assez fragile”.Sylvain Bersinger, du site Bersingéco, remarque que la croissance de 1% attendue en 2026 est dans la veine des années précédentes (1,6% en 2023, 1,1% en 2024 et 0,9% en 2025), alors qu’il “y a encore une dizaine d’années on apprenait aux étudiants que la croissance structurelle française était aux alentours de 2%”.- Révision à la baisse? -Selon lui, “la probabilité d’une forte révision de la croissance à la baisse est plus élevée qu’une forte révision à la hausse” cette année, en raison des risques géopolitiques, commerciaux, et du prix très élevés des actions, de l’or et des crypto-monnaies, qui pourraient subir “un retournement brutal”.L’année commence cependant, pour les acteurs économiques, avec une situation politique moins pesante qu’en fin d’année, puisqu’un budget devrait être définitivement adopté la semaine prochaine, grâce à l’utilisation de l’article 49-3 par le Premier ministre Sébastien Lecornu.En revanche, une croissance correcte ne règle que très partiellement le problème massif de finances publiques du pays.Le gouvernement, qui espérait faire adopter un budget basé sur un déficit des administrations publiques de 4,7% du PIB, a dû se résoudre à des compromis, particulièrement avec les socialistes, qui devraient ramener le déficit au mieux à 5%, après 5,4% en 2025, selon les dernières projections du ministère des Finances.Pour la Première présidente par intérim de la Cour des Comptes Carine Camby, il est “urgent d’agir”, et de réduire les dépenses. Car, a-t-elle prévenu jeudi, il est “vain de parler de souveraineté alimentaire, numérique, industrielle ou sanitaire, quand notre souveraineté budgétaire est mise en péril par notre charge de la dette”.

Zone euro: le taux de chômage en légère baisse en décembre

Le taux de chômage a légèrement baissé en décembre dans la zone euro, revenant à 6,2% de la population active contre 6,3% le mois précédent, a annoncé Eurostat vendredi.Ce taux ressort également en légère diminution par rapport à un an plus tôt, où il s’élevait là aussi à 6,3%.Pour l’ensemble de l’Union européenne, le taux de chômage s’est maintenu à 5,9%, tout près de son plus bas niveau historique (5,8%). Il est ainsi ressorti inchangé par rapport au mois précédent et à un an plus tôt.Eurostat estime que 13,043 millions de personnes étaient au chômage dans l’UE en décembre, dont 10,792 millions dans la zone euro.En France, le taux de chômage est resté stable à 7,7%, selon les données harmonisées d’Eurostat. Un niveau toujours supérieur à celui des deux grands voisins, l’Allemagne (3,8%) et l’Italie (5,6%).Au sein de l’UE, le taux le plus faible a été enregistré en République tchèque,  avec 3,1%, et le plus élevé en Finlande (10,2%).Le taux de chômage des jeunes (moins de 25 ans) a quant à lui diminué dans l’UE (-0,2 point à 14,7%), comme dans la zone euro (-0,1 point à 14,3%), selon Eurostat.

Canal de Panama: annulation de la concession du Hongkongais CK Hutchison, vive réaction de Pékin

La Cour suprême du Panama a annulé la concession accordée au groupe hongkongais CK Hutchison pour exploiter deux ports du canal, provoquant une vive réaction de Pékin, qui a promis vendredi de “protéger les droits et intérêts légitimes de ses entreprises “.Cette annonce intervient alors que les États-Unis cherchent à limiter l’influence chinoise sur cette voie stratégique, exacerbant les tensions autour du canal qui relie l’Atlantique au Pacifique. Les États-Unis et la Chine sont aujourd’hui les deux principaux utilisateurs de cette voie de 80 kilomètres, par laquelle transite environ 5% du commerce maritime mondial.”La partie chinoise prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre résolument les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises”, a déclaré Guo Jiakun, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d’un point presse régulier.Jeudi, la Cour suprême panaméenne a jugé “inconstitutionnelles” les lois en vertu desquelles CK Hutchison exploite les ports situés aux deux extrémités du canal, selon un communiqué de l’institution consulté par l’AFP. La nullité des contrats concernant les ports de Cristóbal, côté Atlantique, et de Balboa, côté Pacifique, avait été demandée par la Cour des comptes panaméenne, qui avait déposé deux plaintes l’an dernier, estimant que ces contrats présentaient des irrégularités.Ces plaintes interviennent dans un contexte de fortes pressions du président américain Donald Trump, qui avait menacé l’an dernier de reprendre le contrôle du canal, estimant qu’il se trouvait sous l’influence de Pékin.Le gouvernement de Hong Kong a également réagi vivement vendredi, affirmant dans un communiqué qu’il “désapprouve vivement et rejette fermement cette décision”. L’exécutif de la région administrative spéciale ajoute qu’il “s’oppose catégoriquement à ce que tout gouvernement étranger utilise des moyens coercitifs, répressifs ou autres pratiques déraisonnables dans les relations économiques et commerciales internationales, au risque de porter gravement atteinte aux intérêts légitimes des entreprises de Hong Kong”.Un peu plus tôt, c’est une filiale de CK Hutchison, Panama Ports Company (PPC), qui est intervenue pour défendre sa maison-mère, contestant le fondement juridique de la décision. “Cette nouvelle décision (…) manque de fondement juridique et met en péril non seulement PPC et son contrat, mais aussi le bien-être et la stabilité de milliers de familles panaméennes qui dépendent directement ou indirectement de l’activité portuaire”, affirme PPC dans un communiqué.Le président panaméen, José Raúl Mulino, a à plusieurs reprises qualifié ces contrats de “léonins” et “contraires aux intérêts nationaux”.De son côté, Donald Trump exige désormais que le Panama offre des conditions préférentielles aux navires américains pour l’utilisation du canal.- Sous contrôle panaméen en 1999 -Fondé par le milliardaire Li Ka-shing, CK Hutchison est l’un des plus grands conglomérats de Hong Kong, présent notamment dans la finance, le commerce de détail, les infrastructures, les télécommunications et la logistique.La filiale PPC gère les ports de Cristobal et de Balboa depuis 1997. Elle avait obtenu une première concession de 25 ans, prolongée pour une durée équivalente en 2021.En janvier 2025, la filiale avait indiqué avoir versé 59 millions de dollars à l’État panaméen au cours des trois années précédentes et précisé que son personnel était presque entièrement panaméen.A la clôture vendredi à la Bourse de Hong Kong, le titre de CK Hutchison cédait 4,6%, à 63,25dollars hongkongais, limitant légèrement ses pertes.En mars 2025, le groupe avait accepté de céder le contrôle des deux ports à un consortium mené par le fonds américain BlackRock. Toutefois, la transaction, regardée avec suspicion par la Chine, n’a toujours pas été finalisée.Construit par les États-Unis et inauguré en 1914, le canal est passé sous contrôle panaméen en 1999 dans le cadre de traités bilatéraux négociés sous la présidence du démocrate américain Jimmy Carter (1977-1981).L’administration du canal de Panama a par ailleurs indiqué en novembre que plusieurs groupes chinois étaient intéressés par un appel d’offres visant à construire deux nouveaux ports le long de la voie.

La Bourse de Paris s’affiche en petite hausse dans un environnement incertain

La Bourse de Paris évolue en petite hausse vendredi, malgré l’environnement incertain actuel, les investisseurs naviguant entre risques géopolitiques, résultats d’entreprises et l’adoption imminente du budget en France.Le CAC 40 prenait 0,42%, soit un gain de 34,71 points pour s’établir à 8.106,07 points vers 10H30. La veille, l’indice vedette CAC 40 a terminé à l’équilibre (+0,06%), grappillant 4,68 points pour s’établir à 8.071,36 points.”Les marchés actions européens ont débuté la séance de manière contrastée”, commente Neil Wilson, analyste chez Saxo Markets.”Les actions montrent (…) des signes de prudence, les investisseurs cherchant à arbitrer entre les risques géopolitiques, le cœur de la saison des résultats et des valorisations toujours élevées”, explique Daniela Hathorn, de Capital.com.Côté politique intérieure, la ligne d’arrivée du marathon budgétaire est proche: le Premier ministre Sébastien Lecornu a activé vendredi matin pour la troisième fois l’article 49 alinéa 3 de la Constitution à l’Assemblée nationale, ultime étape avant l’adoption définitive du budget de l’Etat, attendue lundi.”La France doit avoir un budget. Et donc, devant cet hémicycle, j’engage la responsabilité du gouvernement sur l’ensemble du PLF (projet de loi de finances, ndlr) pour 2026, sur la base de l’article 49 de la Constitution”, s’est contenté de déclarer devant l’Assemblée nationale le Premier ministre qui s’était engagé à y renoncer au début de l’automne, à la demande du PS.Eutelsat voit rougeLe gouvernement français a empêché cette semaine Eutelsat, l’opérateur européen de satellites de communication, de vendre ses antennes au sol au fonds suédois EQT car il s’agit d’un “actif stratégique”, a déclaré vendredi le ministre de l’Economie Roland Lescure.”Ces antennes servent pour des communications civiles et aussi pour des communications militaires, (…) c’est évidemment un actif stratégique, a dit le ministre sur TF1, alors que l’Etat français est le premier actionnaire d’Eutelsat avec près de 30% du capital détenu par l’Agence des participations de l’Etat (APE).”Cette décision est exclusivement liée au caractère critique de cette activité au regard de la souveraineté française et en aucun cas liée à la qualité de l’investisseur”, a complété Bercy auprès de l’AFP.Le titre Eutelsat perdait 6,17% à 2,21 euros vers 10H30 heure de Paris.

Somfy envisage une réorganisation, près de 350 postes menacés en France

Le constructeur de moteurs de volets roulants et de domotique Somfy “envisage une réorganisation” et la suppression de 550 postes, dont 350 en France, pour faire face au ralentissement du marché, a annoncé la direction.”Bien qu’il soit indispensable, j’ai conscience de l’impact de ce projet pour les salariés”, déclare son directeur général, Sébastien Picot, dans un communiqué. “Nous mettrons tout en oeuvre pour que (…) chaque collaborateur soit accompagné du mieux possible.” Le groupe à l’actionnariat familial assure que le projet serait “sans impact sur l’activité de production et de logistique”. Il insiste par ailleurs sur “le maintien des sites industriels et logistiques français”.La procédure d’information et de consultation du CSE doit durer quatre mois. Le groupe précise qu’un “plan de départs volontaires précèderait tout départ contraint en France”.Somfy, fondé en 1969 à Cluses (Haute-Savoie), indique être affecté par “la faible dynamique du marché de la construction” en Europe, où le groupe réalise “la plus grande partie” de son chiffre d’affaires.Il dit regarder du côté des Etats-Unis et de l’Asie pour trouver des relais de croissance sur le marché des stores d’intérieur et des rideaux motorisés, ainsi que du segment des bâtiments collectifs.Le groupe affirme également que des “investissements importants” sont nécessaires pour “s’adapter à la dé-globalisation des échanges commerciaux”, comme la hausse des droits de douane ou la régionalisation des normes et de l’hébergement des données.Présent dans 59 pays, Somfy, dont le chiffre d’affaires était de 1,5 milliard d’euros en 2024, emploie près de 6.500 collaborateurs dans le monde, dont près de 2.800 en France.Contactés par l’AFP, les syndicats n’étaient pas disponibles dans l’immédiat.

Des rayons vides au G20 en une génération: le “miracle” polonais

Lorsqu’en 1980, le leader du syndicat Solidarité Lech Walesa promettait que la Pologne deviendrait “un deuxième Japon”, alors symbole de prospérité et de modernité, beaucoup en riaient. Pourtant, sa prophétie est en voie de se réaliser, et la Pologne s’invite au G20, même si des nuages guettent.Depuis la chute du communisme il y a 35 ans, la Pologne est passée d’une économie planifiée où les biens étaient rationnés et les magasins vides, à un pays considéré désormais comme l’un des moteurs de la croissance européenne.L’Office central de la statistique a annoncé ce vendredi que le PIB polonais avait progressé de 3,6% en 2025, une des meilleures performances du continent.Et cette année, le PIB polonais par habitant à parité du pouvoir d’achat dépassera celui du Japon, et atteindra plus de 80% de la moyenne européenne, indiquent le FMI et Eurostat. Selon les experts, en une dizaine d’années la Pologne pourrait bien atteindre cette moyenne.”Pour ma génération c’est un immense succès, pour la génération de mes parents, c’est un miracle”, se félicitait récemment le ministre polonais des Finances Andrzej Domanski.Depuis la fin du communisme en 1989, le pays n’a jamais connu de récession annuelle et, en 2026, la croissance devrait dépasser les 3,4% attendus par le gouvernement, soit une des meilleures performances de l’UE.Le taux de chômage, selon Eurostat, est d’un peu plus de 3%.Avec un PIB d’environ mille milliards de dollars, la Pologne est classée désormais 20e économie mondiale, devant la Suède, la Suisse et Taïwan.Selon un sondage de l’institut CBOS publié fin décembre, 67% des Polonais se déclarent satisfaits de leur situation matérielle, un record historique.”Non seulement nous rattrapons l’Occident, mais nous l’avons dépassé dans de nombreux aspects du quotidien”, estime Maciej Witucki, président de l’association du patronat polonais Lewiatan.Une pointe d’humour dans la voix, cet ancien président d’Orange Pologne évoque l’ampleur des changements: “En France, en trente ans, la seule chose qui a changé, ce sont les prix, désormais en euros et non plus en francs. A Varsovie, tout change tous les deux ou trois ans”. Autour de lui, le musée d’art moderne inauguré récemment au coeur de la capitale et les gratte‑ciel témoignent de ces transformations rapides.Forte de ses indicateurs économiques, Varsovie n’a toujours nullement l’intention de rejoindre la zone euro.- “Rattraper l’Occident” -Bastien Loiseau, cinéaste franco-polonais installé à Varsovie depuis vingt ans, confirme: “Par rapport à la France, un pays difficile à faire bouger, la Pologne change énormément”.Partis de loin, les Polonais ont, selon lui, davantage envie de créer, de moderniser, d’améliorer.Au-delà des données économiques, le pays fonctionne bien: réseau autoroutier moderne, transports performants, internet haut débit généralisé, sécurité et propreté dans l’espace public, avec à la clé un afflux croissant de touristes étrangers.Dans les années 1990, la Pologne disposait d’une main-d’oevre qualifiée et peu coûteuse, rappelle Maciej Witucki. Mais surtout, d’une motivation intense à “rattraper l’Occident”.Jean Rossi, avocat d’affaires français installé de longue date en Pologne, estime que “ce miracle est avant tout dû aux Polonais eux-mêmes”. Et de vanter la qualité de leur formation, leur motivation et leur conscience “qu’ils ne peuvent compter aucunement sur l’État”.Après les réformes économiques radicales des années 1990, l’adhésion à l’Union européenne en 2004 a joué un rôle déterminant pour le succès du pays. “La Pologne a extrêmement bien utilisé les fonds européens, que ce soit pour moderniser ses infrastructures ou pour l’industrie”, souligne Witucki. Les PME polonaises sont aujourd’hui performantes grâce à des équipements modernes, largement financés grâce aux fonds européens.- “Plus personne pour travailler” -Mais ce tableau flatteur a aussi ses zones d’ombre. Si l’État se félicite de la bonne santé économique, certains économistes s’inquiètent du grand poids budgétaire des dépenses sociales, et la proximité de la guerre en Ukraine refroidit aussi des investisseurs.C’est pourtant le taux de natalité tombé au-dessous de 1,1 enfant par femme qui constitue la principale menace. La Pologne est désormais le pays le moins fécond d’Europe et, ironie du sort, rattrape le Japon aussi sur ce point.Sa population, actuellement inférieure à 38 millions, pourrait chuter à 30 millions d’ici 2060, selon l’Office polonais des Statistiques GUS. “Il n’y aura plus personne pour travailler”, prévient Jean Rossi. Dans ce cas, poser des obstacles à l’immigration ukrainienne pourrait s’avérer contre-productif.Les experts pointent aussi un faible niveau d’innovation et de dépenses dans la recherche, l’un des plus bas de l’UE. Sous-payer les scientifiques entraîne une fuite des talents. Jean Rossi reste pourtant optimiste: “On ne peut pas tout faire d’un coup. Il fallait d’abord construire les infrastructures, maintenant que c’est fait, ils vont se tourner vers la recherche et le développement”.De grands projets se précisent déjà: centrales nucléaires, trains à grande vitesse, industrie spatiale — autant de chantiers exigeant des compétences de pointe.

Starmer défend un rapprochement avec Pékin, “très dangereux” pour Trump

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a défendu vendredi sa visite en Chine comme un moyen de reconstruire une confiance mutuelle et renforcer les relations commerciales avec Pékin, une perspective que Donald Trump a jugé “très dangereuse”.S’exprimant devant la communauté d’affaires chinoise et britannique à la Bank of China, M. Starmer a de nouveau vanté ses entretiens “très chaleureux, très bons” avec le président Xi Jinping la veille, qui ont permis de “faire de vrais progrès”.”C’est comme ça que nous construisons la confiance mutuelle”, a-t-il insisté.Comme la récente visite du Premier ministre canadien Mark Carney, ce rapprochement entre Londres et Pékin hérisse Donald Trump, dans le contexte de rivalité croissante entre les deux premières puissances mondiales.”C’est très dangereux pour eux de faire ça”, a lâché le président américain lors d’un échange avec la presse avant une avant-première à Washington d’un documentaire consacré à son épouse Melania Trump.”La Chine est prête à renforcer la coopération avec tous les pays, dans un esprit de bénéfice mutuel et de résultats gagnant-gagnant”, a répondu lors d’un point presse régulier Guo Jiakun, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.Concrètement, Keir Starmer, qui est arrivé à la mi-journée à Shanghai avant de s’envoler pour le Japon samedi, ne devrait pas repartir de Chine avec une moisson de contrats ou des annonces fracassantes.Il a obtenu quelques gestes de Pékin, comme une baisse bienvenue des droits de douane sur les exportations de whisky ou un accord de coopération en matière de lutte contre l’immigration, dont la portée reste à démontrer.- “Bénéfique” -Downing Street a également indiqué que Pékin allait accorder au Royaume-Uni une exemption de visas pour les Britanniques effectuant des séjours de moins de 30 jours en Chine. Mais le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a affirmé vendredi que la Chine “examine activement” une telle exemption et la “rendra publique en temps voulu, une fois les procédures nécessaires accomplies”.”C’est symbolique de ce que nous faisons avec cette relation”, a néanmoins défendu Keir Starmer à la Bank of China.Au total, une dizaine d’accords de coopération – aux contours encore flous – ont été signés, dans la santé ou encore les services.En parallèle, le géant pharmaceutique britannique AstraZeneca a annoncé son intention d’investir 15 milliards de dollars d’ici 2030 en Chine, tandis que le fournisseur d’énergie Octopus Energy va créer une co-entreprise avec un partenaire chinois pour opérer sur le marché chinois.Mais l’essentiel n’était pas là pour le dirigeant britannique, qui a besoin de trouver des moteurs pour soutenir l’économie britannique, pénalisée par les conséquences du Brexit et les tensions commerciales internationales croissantes.Après des années d’une relation tendue sous ses prédécesseurs conservateurs, sur fonds de durcissement de la politique chinoise à Hong Kong et d’accusations réciproques d’espionnage, Keir Starmer s’évertue depuis son arrivée au pouvoir en 2024 à relancer les relations avec Pékin, troisième partenaire commercial de Londres.Et cela passait par cette visite en Chine, selon Downing Street qui a également ouvert la voie à une visite de Xi Jinping au Royaume-Uni à l’avenir. Interrogé par des journalistes, son porte-parole n’a pas fermé la porte, affirmant qu'”une réinitialisation des relations avec la Chine (…) est bénéfique pour la population et les entreprises britanniques”.- Le cas Jimmy Lai -Une telle perspective hérisse l’opposition conservatrice au Royaume-Uni, qui juge déjà le dirigeant travailliste trop conciliant avec Pékin.”Nous ne devrions pas dérouler le tapis rouge pour un Etat qui mène des opérations d’espionnage quotidiennement dans notre pays, bafoue les règles commerciales internationales et soutient (le président russe Vladimir) Poutine dans sa guerre injustifiée en Ukraine”, a fustigé la cheffe du Parti conservateur, Kemi Badenoch.Des députés ont également écrit à Keir Starmer pour s’inquiéter du peu d’avancées obtenues sur le cas de l’ex-magnat des médias hongkongais et détenteur d’un passeport britannique Jimmy Lai, récemment condamné pour sédition et collusion avec l’étranger, qui risque une lourde peine d’emprisonnement.Le Premier ministre a affirmé jeudi avoir eu une “discussion respectueuse” avec Xi Jinping sur le cas du militant prodémocratie et la situation de la communauté des Ouïghours.

Les Bourses européennes ouvrent sans direction commune

Les Bourses européennes ont ouvert mercredi sans direction commune avant de s’inscrire en légère hausse dans les premiers échanges, dans un climat d’incertitude sur les marchés, entre tensions autour de l’Iran et les questions de succession à la tête de la Réserve fédérale américaine (Fed).A 08H10 GMT, la Bourse de Paris prenait 0,10%, Francfort 0,38% et Milan 0,46%. Seule Londres s’inscrivait en petite baisse de 0,14%.

Pétrole: le Venezuela adopte une loi favorable au secteur privé, les Etats-Unis lèvent des sanctions

Moins d’un mois après la capture par les Etats-Unis du président Nicolas Maduro, Caracas a salué jeudi un “bond historique” pour le pétrole vénézuélien, avec l’adoption, sous pression américaine, d’une réforme ouvrant le secteur au privé, puis l’annonce par Washington d’une suspension partielle des sanctions instaurées en 2019.”Nous effectuons des pas historiques (…) J’ai reçu aujourd’hui un appel du président des Etats-Unis, Donald Trump, et de son secrétaire d’Etat, Marco Rubio”, a lancé la présidente par intérim Delcy Rodriguez lors d’une manifestation pro-pouvoir des employés du secteur pétrolier.Washington a levé les sanctions qui pesaient sur Petroleos de Venezuela (PDVSA), autorisant de facto les entreprises américaines à commercer avec le géant pétrolier public.Les transactions opérées par PDVSA, ainsi que celles des sociétés dont il détient au moins 50% des parts, sont désormais “autorisées”, affirme le ministère américain des Finances. Dans le même temps, Donald Trump a annoncé jeudi avoir demandé la réouverture de l’espace aérien du Venezuela aux vols commerciaux. “Les citoyens américains vont, dans très peu de temps, être en mesure d’aller au Venezuela et ils y seront en sécurité. (Le pays) est sous un contrôle très ferme”, a précisé le président américain, indiquant lui aussi avoir discuté avec son homologue vénézuélienne.Hasard ou conséquence ? L’annonce de la suspension de sanctions est venue quelques minutes à peine après l’adoption par l’Assemblée nationale vénézuélienne de la réforme de la loi sur les hydrocarbures, qui ouvre le secteur pétrolier au privé et bouleverse complètement le modèle hérité de l’ex-président Hugo Chavez (1999-2013), d’inspiration socialiste.De nombreux analystes soulignent qu’il s’agissait d’une exigence de M. Trump.”L’objectif principal de cette loi est que nous cessions de dire que nous avons les réserves les plus importantes (du monde) pour commencer à dire que nous comptons parmi les principaux producteurs de pétrole de toute cette planète”, a lancé le président de l’Assemblée, Jorge Rodriguez, frère de la présidente par intérim.Cette loi permet au pays de réaliser un “véritable bond historique, qualitatif”, a vanté Delcy Rodriguez.L’exploitation pétrolière était jusqu’ici l’apanage de l’Etat ou d’entreprises mixtes dans lesquelles l’Etat détenait la majorité. La réforme de la loi par M. Chavez en 2006 a limité l’activité des acteurs privés, imposant une participation majoritaire du public dans toutes les entreprises, fixant des impôts élevés.  Le nouveau texte autorise la signature de contrats permettant aux entreprises privées d’exploiter, de distribuer et de commercialiser la production sans participation de l’Etat. Il doit aussi dynamiser l’exploration, réservée jusqu’ici à ce dernier.- Flexibilité-Les différents impôts vont être remplacés par une contribution unique maximale de 15% ainsi que des redevances maximales (royalties) de 30% des revenus bruts.L’idée est d’avoir de la flexibilité: l’exécutif déterminera les taux d’imposition selon les projets. L’Etat peut ainsi par exemple baisser les impôts si un projet n’est pas aussi rentable que prévu ou a pris du retard, puis les augmenter quand celui-ci fonctionne bien. Jadis baptisé “Venezuela saoudite”, quand il était un acteur important du marché mondial, le pays produit selon les autorités quelque 1,2 million de barils par jour (bj).Des années de mauvaise gestion et de corruption ont fait passer la production d’un pic de plus de 3 millions de barils par jour au début des années 2000 à un plus bas historique de 350.000 par jour en 2020.La nouvelle loi va permettre des “contrats de service ou de production partagée. Cela démantèle totalement le modèle pétrolier d’Hugo Chavez”, explique à l’AFP l’expert pétrolier Francisco Monaldi, tout en avertissant que les conditions opérationnelles restent liées au bon vouloir de l’Etat.- “Sans débat” -Pour Rafael Ramirez, ex-ministre du pétrole de Chavez accusé de corruption et exilé en Italie, la nouvelle loi constitue un “énorme recul” pour le pays sud-américain, qui a nationalisé son industrie en 1976, sous la présidence du social-démocrate Carlos Andres Perez.La réforme “se fait malheureusement sans débat, de manière accélérée”, a-t-il regretté sur X. Pendant le débat à l’Assemblée, le pouvoir avait organisé une manifestation de travailleurs du secteur dans Caracas. “Cette réforme nous aide à améliorer (nos conditions de vie), nous, le moteur de la production de pétrole du Venezuela”, a estimé auprès de l’AFP Karina del Carmen Rodriguez, une employée de 53 ans. Les travailleurs espèrent que les investissements étrangers vont revitaliser le secteur et permettre des augmentations de leurs revenus extrêmement faibles.Les analystes s’attendent à ce que le flux de devises généré par le secteur pétrolier permette de mettre un coup d’arrêt à la spirale inflationniste.

Gifi, en difficulté, écarte son patron cinq mois après sa nomination

L’enseigne de magasins de bazar Gifi, en grande difficulté, s’est séparée jeudi de son patron Christophe Mistou, cinq mois après l’avoir placé à la tête du directoire, a-t-on appris auprès des syndicats, confirmant une information du journal Sud Ouest.Christophe Mistou, ancien de Castorama et de Mr. Bricolage, avait été placé le 1er septembre à la tête de Gifi pour tenter de redresser le groupe, qui a essuyé deux années de pertes consécutives et avait initié un plan social avant de l’interrompre en juillet.Il sera remplacé par Rémy Lecomte, l’ancien dirigeant par interim du groupe, a annoncé, sans détail supplémentaire, le conseil de surveillance aux salariés, dans un courriel consulté par l’AFP.Depuis la mise en retrait du fondateur de l’enseigne Philippe Ginestet fin 2024, plusieurs dirigeants se sont succédé à la tête de Gifi, sans parvenir à redresser l’enseigne.”La santé financière est inquiétante. M. Mistou nous disait dernièrement qu’on avait quatre mois de visibilité devant nous…”, a commenté Pierre Laffore délégué CFDT du groupe.Les problèmes de Gifi ont commencé avec un changement de système informatique raté en 2023, auquel s’est ajoutée la concurrence d’autres magasins (Action, Maxibazar) ou de plateformes internet comme Temu.L’an dernier, l’enseigne, fondée en 1981, a envisagé de réduire ses effectifs de 5% sur un total de 6.000 personnes en France, avant d’interrompre ce plan social au cours de l’été.Elle s’est depuis rapprochée du distributeur alimentaire Grand Frais pour lui céder une trentaine de magasins au cours de l’année 2026.