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Les Bourses européennes terminent dans le rouge

Les Bourses européennes ont terminé en petite baisse vendredi, minées par le contexte géopolitique en Ukraine et l’absence de catalyseurs avant le coup d’envoi de la saison des résultats d’entreprises sur le Vieux Continent.La Bourse de Paris a terminé en repli de 0,65%, Francfort a perdu 0,22% et Milan 0,11%, quand Londres a terminé à l’équilibre (-0,04%).

Budget: le gouvernement abat ses dernières cartes pour arracher un budget

Des heures décisives. Sébastien Lecornu entre dans la toute dernière ligne droite pour trouver un accord sur le budget avec les socialistes qui lui éviterait une censure, résigné à une adoption sans vote, par 49.3 ou ordonnance.Avant même de présenter depuis Matignon, vers 18H, les “éléments de fond” visant ce compromis, le Premier ministre a annoncé une première mesure en direction des socialistes qui la réclamaient: la généralisation des repas universitaires à 1 euro. Cette disposition en faveur du pouvoir d’achat des étudiants, défendue par la députée PS Fatiha Keloua-Hachi et approuvée en première lecture par l’Assemblée nationale, “sera inscrite dans le budget final”, a assuré son entourage. La députée évaluait son coût à environ 90 millions d’euros.L’Union étudiante, classée à gauche, a salué une “victoire” mais refusé que cette mesure serve “à faire accepter un budget austéritaire et raciste”Le Premier ministre s’est donné jusqu’à mardi pour trouver une solution acceptable aux yeux du PS. Sur le fond mais aussi sur la forme, même s’il ne dira pas vendredi son choix, entre les deux outils constitutionnels à sa disposition (49.3 ou ordonnance), perçus par ses opposants comme des “passages en force”. Le député PS Laurent Baumel, proche du Premier secrétaire Olivier Faure, a rappelé sur BFMTV que son parti demandait également des mesures “en faveur du pouvoir d’achat des plus modestes”, comme une hausse de la prime d’activité, ainsi que sur le logement et la transition écologique.- “Effort” -Le gouvernement a suspendu jeudi soir les interminables débats budgétaires à l’Assemblée nationale. Un coup de théâtre justifié par l’impossibilité d’aller à un vote sur le budget de l’Etat.Alexandre Lecornu, qui s’est rendu vendredi matin à l’Elysée, théâtre d’un défilé de ministres, a averti qu’un renversement de son gouvernement serait synonyme d’élections législatives anticipées qui pourraient coïncider avec les municipales (15 et 22 mars).”On a donné toutes ses chances au débat” mais “nous avons des saboteurs à l’Assemblée nationale”, La France insoumise et le Rassemblement national, a accusé sur France 2 la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin, en première ligne dans les discussions avec les forces politiques.La ministre a esquissé quelques pistes de propositions, sur les collectivités locales, à quelques semaines des élections municipales, ou la fiscalité.Le gouvernement va regarder pour les collectivités “comment on répartit l’effort”, a-t-elle dit, afin de trouver un juste milieu avec la droite au Sénat, chambre des territoires, désireuse d’abonder fortement les moyens des collectivités.Sur le plan fiscal, il pourrait rétablir une surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises censée rapporter 6,3 milliards d’euros et aider à la négociation avec le PS, mais repoussé à l’Assemblée y compris par des députés du camp gouvernemental. “C’est ce qui va déverrouiller les choses”, estime un cadre du bloc central.Le président LFI de la commission des Finances de l’Assemblée, Eric Coquerel, venu à Bercy réclamer des documents sur la “fiscalité des ultra-riches”, a estimé que la “seule vraie concession” pour la gauche était de les “taxer” davantage.- “Déverrouiller” -Une fois les propositions sur la table, le chef du gouvernement va devoir trancher sur la manière de les faire entrer dans la loi.Les discussions budgétaires sont théoriquement censées reprendre mardi après-midi, et le Premier ministre devrait donc avoir d’ici là choisi de recourir soit à l’article 49.3, soit à une ordonnance budgétaire (article 47).Un recours à l’article 49.3, auquel Sébastien Lecornu avait solennellement renoncé à la demande du PS pour éviter une censure, permettrait au gouvernement de faire passer un budget sans vote en retenant les amendements de son choix. Mais il devrait l’utiliser potentiellement trois fois (sur les dépenses, les recettes, puis sur l’ensemble du texte), s’exposant à chaque fois à une censure.Pour Sébastien Lecornu, comme pour les socialistes, un recours au 49.3 aurait un goût amer. Son abandon visait à redonner la main au Parlement.L’ordonnance, soit l’inscription du budget dans un texte sans passer devant le Parlement, serait inédite, et constituerait un précédent potentiellement lourd de conséquences.Mais contrairement au 49.3, elle permettrait de doter le pays d’un budget même si le gouvernement devait être censuré par la suite.Un projet d’ordonnance budgétaire serait à l’étude à Matignon, selon une source à Bercy, mais cela ne veut pas dire que le gouvernement choisira cette option.Le député socialiste Emmanuel Grégoire a jugé sur TF1 “inacceptable” le recours à une ordonnance qui voudrait dire “forcément censure, puisque sur les ordonnances il ne peut pas y avoir d’amendements, d’enrichissement” du texte. 

Wall Street ouvre en hausse, la tech poursuit son rebond

La Bourse de New York a ouvert en hausse vendredi, toujours soutenue par les solides résultats du géant taïwanais des semi-conducteurs TSMC, dans un marché par ailleurs calme faute d’éléments économiques majeurs.Dans les premiers échanges, le Dow Jones prenait 0,18%, l’indice Nasdaq – à forte coloration technologique – gagnait 0,53% et l’indice élargi S&P 500 avançait de 0,28%.

Eric Coquerel à Bercy pour consulter des documents sur la fiscalité des très riches

Le président LFI de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Eric Coquerel, est au ministère de l’Economie et des Finances vendredi pour consulter des documents de l’administration sur la “fiscalité des ultra-riches”, avant une prise de parole de Sébastien Lecornu prévue en fin de journée. Tout est parti d’une déclaration de l’ancien ministre de l’Economie, Eric Lombard, qui a affirmé dans une interview à Libération sur la base de travaux de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) que des “milliers” de contribuables parmi les plus fortunés avaient “un revenu fiscal de référence de zéro” et ne payaient “aucun impôt sur le revenu”. Ces déclarations ont suscité de vives réactions dans le champ politique à gauche, et relancé le débat sur la taxation des plus hauts patrimoines. M. Coquerel entend rechercher des “documents qui semblerait démontrer que contrairement à ce qu’on pensait jusqu’à maintenant (…) il n’y a pas quelques centaines d’ultra-riches qui ne paient quasiment pas d’impôt sur le revenu, mais plutôt plusieurs milliers”, a-t-il déclaré vendredi devant la presse avant d’entrer au ministère de l’Economie et des Finances. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, nommé en octobre pour sortir de l’impasse budgétaire, doit s’exprimer en fin de journée. Il cherche toujours à trouver un accord sur le projet de budget 2026 avec les socialistes qui lui éviterait une censure, se résignant à une adoption sans vote, par 49-3 ou ordonnances. Des ordonnances pour faire adopter le budget entraîneraient une “censure automatique” et remettraient dans l’actualité une “motion de destitution” du président de la République, Emmanuel Macron, selon M. Coquerel. Sur la base des déclarations d’Eric Lombard, M. Coquerel avait demandé mardi au gouvernement, en vertu de ses prérogatives de président de commission des Finances, de lui communiquer des éléments “qui ont pu permettre” à l’ex-ministre “d’établir ce constat, qu’il s’agisse de notes, d’analyses ou de chiffrages élaborés par les services” de la DGFiP. Il devrait quitter Bercy vers 16h et s’exprimer à l’issue de son déplacement, précisent ses équipes. “Il n’y a nulle part écrit à Bercy le nom des gens qui auraient des revenus fiscaux de référence qui seraient très bas. En revanche nous savons que ça existe”, a assuré vendredi la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin. “C’est plutôt des statistiques que je cherche, des éléments notamment qui ont servi au moment où l’on parlait de la contribution différentielle” (sur les hauts revenus instaurée en 2025, NDLR), a précisé M. Coquerel vendredi. Le président et le rapporteur général de la commission des Finances du Sénat, Claude Raynal (PS) et Jean-François Husson (LR), avaient transmis une demande analogue auprès de Bercy. Sollicité par l’AFP, M. Husson a précisé qu’il ne “serait pas sur place”. Mais “on va avoir communication des documents consultés par Eric Coquerel dans un délai aussi rapide que possible”, a-t-il précisé. 

Médicaments innovants: le professeur Alain Fischer dénonce une dérive des prix

Les “prix exorbitants” des médicaments innovants “favorisent une médecine de riches”, dénonce l’immunologue Alain Fischer, l’un des pionniers de la thérapie génique en France, plaidant pour “une réflexion politique et éthique” sur les bénéfices du secteur pharmaceutique, qui atteignent “75% du prix du médicament, voire davantage”.”Il n’y a pas une thérapie génique dont le prix soit raisonnable et cette situation ne fait qu’empirer”, affirme le chercheur, ancien président de l’Académie des sciences, dans le Quotidien du médecin de vendredi.”C’est aussi vrai pour toutes les nouvelles thérapeutiques, depuis les biothérapies, comme les anticorps monoclonaux utilisés dans le cancer ou les maladies auto-immunes, jusqu’aux médicaments chimiques innovants, comme la trithérapie Kaftrio dans la mucoviscidose (…) ou les analogues du GLP-1 dans l’obésité”, détaille l’ancien “Monsieur vaccin” du gouvernement pendant la pandémie de Covid.”Par conséquent, certains médicaments ne sont même pas disponibles car les autorités réglementaires estiment que leur coût par rapport au bénéfice est excessif”, explique le Pr Fischer, comme en France le Casgevy (Vertex Pharmaceuticals), une thérapie génique autorisée en Europe pour traiter la bêta-thalassémie (une anémie sévère) et la drépanocytose sévère.Ainsi “l’augmentation régulière du prix des médicaments innovants favorise une médecine de riches, comme c’est déjà le cas aux États-Unis”, dit-il, où le Lenmeldy, un traitement contre une maladie génétique héréditaire, la LDM, est vendu “plus de 4,2 millions de dollars l’injection”.Or “le pire serait d’arriver à un tri en fonction des ressources du patient” en France, où “le système de solidarité est fragile”. Si l’industrie pharmaceutique fait valoir la capacité des médicaments innovants “à transformer la vie de patients” jusque là sans traitement, pour justifier leurs prix, ceux-ci sont en réalité fondés sur “ce que le marché accepte”, poursuit le Pr Fischer, et “selon des estimations, la part bénéficiaire pourrait représenter 75% du prix du médicament, voire davantage”.Ainsi “certaines thérapies sont vendues au moins trois fois le prix de production”, affirme-t-il, évoquant la production de cellules CAR-T en Espagne.Or la vingtaine de thérapies géniques sur le marché “ont été développées initialement par la recherche publique”: la société se retrouve ainsi “à payer deux fois, en finançant la recherche publique en amont et en payant très cher les médicaments une fois commercialisés”.”Le bénéfice des nouvelles thérapies ne peut-il être partagé avec la société sous la forme de prix plus raisonnables ?”, s’interroge-t-il, appelant l’État à mieux soutenir la recherche.

A Arques, la verrerie qui était “le poumon de la ville”

“C’était tout, Arc. La ville vivait avec la cristallerie”, résume Frédéric Specque, salarié depuis 1989. Depuis deux siècles, la petite commune d’Arques (Pas-de-Calais), 10.000 habitants, a été façonnée par sa verrerie-cristallerie, qui occupe le coeur de la ville.Grand fabricant historique de produits en verre pour les arts de la table, en difficulté chronique depuis deux décennies, Arc France a été placé en redressement judiciaire début janvier, ravivant la crainte de nouvelles suppressions d’emplois.À quelques centaines de mètres des fours, l’ancien château de la famille Durand, qui a fait l’âge d’or d’Arc au XXe siècle, trône toujours. Timothée Durand, 49 ans, fils et petit-fils de dirigeants de l’entreprise, est sur les rangs pour la reprendre.”Depuis 200 ans, la ville s’est construite autour de l’usine. Beaucoup de maisons ouvrières ont été bâties à proximité”, raconte Tanguy Tartar, 53 ans, syndicaliste Unsa, entré chez Arc en 1994 après son père. “Nos employeurs donnaient même une prime de rapprochement quand on voulait se rapprocher du site”, se souvient-il.Longtemps premier employeur privé du département, Arc ne compte plus que 3.500 salariés aujourd’hui, contre près de 12.000 au début des années 2000.- “On signait pour la vie” -“Postuler chez Arc, c’était une évidence pour ceux qui n’avaient pas fait de longues études. C’était la boîte qui embauchait, avec une vraie sécurité de l’emploi”, se rappelle Frédéric Specque, délégué CGT.”Tout le monde vivait avec la cristallerie. Il y avait des bus qui passaient dans tous les villages, à chaque prise de poste, matin, après-midi, nuit, pour récupérer les travailleurs”, raconte l’ouvrier, qui dit n’avoir connu aucun mouvement social d’ampleur.”Il y avait tous les métiers ici: cuisiniers pour le restaurant intégré, jardiniers, menuisiers, ingénieurs, ouvriers”, poursuit-il.”On vivait en autarcie”, selon Régis Boulanger, aujourd’hui retraité après 43 ans à l’usine. Entré comme cariste, sorti responsable d’exploitation, il compare Arc à “la fonction publique: on signait pour la vie”. “C’était le poumon de la ville”.Illustration d’un paternalisme industriel, le patron Jacques Durand avait même acheté un camping à Saint-Cécile”, sur la côte, raconte Tanguy Tartar. “Pour les salariés, c’était quasiment gratuit. En contrepartie, quand l’usine avait besoin d’eux, ils étaient juste à côté”.Fondée en 1825, l’entreprise est devenue un empire industriel familial qui a conquis le monde, avant de connaître ses premières difficultés au début des années 2000. Implanté au bord d’un canal facilitant son approvisionnement en sable, le site d’Arques tourne 24 heures sur 24.”C’est un pilier économique en termes d’emplois, d’attractivité et de rayonnement international” qui a permis “l’essor du territoire”, souligne le maire socialiste de la commune, Benoît Roussel. “Chaque famille a au moins un membre qui a travaillé ou travaille encore chez Arc”, ajoute-t-il.- “Phare” -L’entreprise a aussi façonné le paysage urbain. “À Arques, on compte 33 équipements sportifs, ce qui n’est pas anodin pour une commune de cette taille”, observe le maire.Didier Barras, mécanicien mouliste de 57 ans, entré chez Arc en 1989, se souvient d'”une ville dans la ville”. “C’était une fourmilière. On se disait qu’on irait jusqu’à la retraite”.Aujourd’hui, “ce qu’on vit est une catastrophe économique”, estime-t-il. “Le carnet de commandes s’est effrité. Le coût de l’énergie nous a fait très mal. Avec le pouvoir d’achat en berne, les gens achètent moins: la vaisselle n’est pas une priorité”.Derrière lui, il pointe l’ancienne usine 1, en friche depuis une quinzaine d’années, et les anciens bâtiments administratifs abandonnés. “C’est un désert”, lâche-t-il.”Si Arc disparaissait demain, je n’ose pas l’imaginer. Ce serait comme la fermeture des mines ou des aciéries: on deviendrait une zone sinistrée”, redoute M. Specque.Arc, dont dépend aussi plusieurs centaines d’emplois de sous-traitants, demeure l’un des principaux employeurs industriels de la région. Mais “l’agglomération dépend un peu moins d’Arc” qu’autrefois, estime Laurent Denis, président socialiste de la communauté d’agglomération du Pays de Saint-Omer (Capso).Après les premières difficultés du groupe, les collectivités ont cherché à diversifier le bassin d’emploi, avec l’arrivée notamment de la brasserie Goudale ou d’Alphaglass (bouteilles en verre), explique M. Denis.”L’entreprise tousse, mais elle tient”, veut croire le maire d’Arques, qui a récemment tenu à faire rénover le rond-point Jacques Durand et sa sculpture en cristal. “C’est un phare”.

Semi-conducteurs: Washington décroche des investissements taïwanais massifs pour réduire sa dépendance

Les Etats-Unis ont conclu un accord majeur avec Taïwan pour que la production de semi-conducteurs soit développée massivement sur le sol américain et réduire ainsi leur dépendance, en échange d’une baisse des droits de douane sur les produits taïwanais.”Nous avons besoin de ces semi-conducteurs pour notre sécurité nationale, qu’ils soient fabriqués aux Etats-Unis”, a déclaré jeudi sur CNBC le ministre américain au Commerce, Howard Lutnick, en officialisant l’accord après des mois de négociations.”Nous ne pouvons pas nous appuyer sur un pays situé à près de 15.000 km pour nous livrer ces produits qui sont essentiels à notre sécurité nationale”, a-t-il ajouté, invoquant le besoin des Etats-Unis d’être “autosuffisants”.L’accord, contre lequel la Chine a rapidement protesté, prévoit des investissements “d’au moins 250 milliards de dollars” aux Etats-Unis par les entreprises taïwanaises de semi-conducteurs, pour y développer la production, entre autres, de puces avancées. Il inclut aussi 250 milliards de dollars de garantie de crédit pour “renforcer l’écosystème et la chaîne d’approvisionnement en semi-conducteurs aux Etats-Unis”, a indiqué le ministère du Commerce dans un communiqué.”Notre objectif est d’amener 40% de la chaîne d’approvisionnement taïwanaise en semi-conducteurs ici, aux Etats-Unis”, a déclaré M. Lutnick sur CNBC.Selon le communiqué, le gouvernement de Taipei doit pour sa part soutenir les investissements américains dans l’industrie taïwanaise des semi-conducteurs, l’intelligence artificielle (IA) ou encore les technologies de défense.L’île fabrique plus de la moitié des puces au niveau mondial, et presque la totalité des plus avancées, utilisées aussi bien dans les smartphones que les centres de données nécessaires à l’IA.Cette domination est considérée comme un “bouclier de silicium” pour la sécurité de l’île, qui la protégerait d’un blocus ou d’une invasion par la Chine communiste et inciterait les Etats-Unis à la défendre.La Chine a réagi et clamé son opposition “systématique et résolue à tout accord ayant des implications en matière de souveraineté ou un caractère officiel, signé entre des pays avec lesquels elle a des relations diplomatiques et la région chinoise de Taïwan”, selon un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Guo Jiakun. Le porte-parole chinois a pressé les Etats-Unis de “respecter scrupuleusement le principe d’une seule Chine”. La Chine revendique Taïwan comme partie intégrante de son territoire.- Accord “durement gagné” -Le Premier ministre de Taïwan, Cho Jung-tai a, lui, félicité les négociateurs taïwanais saluant un “coup de maître” et un accord “durement gagné”. L’accord doit encore être validé par le parlement taïwanais contrôlé par l’opposition.Cheng Li-wun, présidente du parti Kuomintang, en faveur de liens plus étroits avec Pékin, a souligné que les investissements prévus aux États-Unis risquaient de “vider” l’économie de l’île.”D’après les prévisions actuelles, Taïwan restera le premier producteur mondial de semi-conducteurs pour l’IA, non seulement pour les entreprises taïwanaises, mais aussi à l’échelle mondiale”, a au contraire affirmé le ministre taïwanais des Affaires économiques Kung Ming-hsin.Taipei et Washington avaient entamé des négociations en avril.Le président américain avait menacé d’imposer une taxe douanière de 32% sur les exportations taïwanaises, avant de l’abaisser à 20%.L’accord annoncé jeudi réduit finalement ce taux à 15%. Cela aligne les droits de douane américain imposés aux produits taïwanais sur ceux appliqués aux produits européens ou japonais, également encadrés par des accords commerciaux signés ces derniers mois.Les produits taïwanais concernés par des droits de douane sectoriels, comme les pièces automobiles ou le bois de construction, ne seront pas taxés à plus de 15%. Les médicaments génériques, leurs principes actifs, les ressources naturelles non disponibles aux Etats-Unis ou les composants aéronautique ne se verront appliquer aucun droit de douane.Le géant taïwanais des semi-conducteurs TSMC, dont le bénéfice net a bondi de 35% au quatrième trimestre 2025, avait déjà promis début 2025 d’investir 100 milliards de dollars supplémentaires aux Etats-Unis.D’après M. Lutnick, TSMC a acheté du terrain et pourrait accroître sa présence en Arizona du fait de l’accord.L’entreprise s’est félicitée dans un communiqué saluant “la perspective d’accords commerciaux solides entre les États-Unis et Taïwan”. “Des relations commerciales renforcées sont essentielles pour faire progresser les technologies du futur et garantir une chaîne d’approvisionnement en semi-conducteurs résiliente”.Après avoir flambé de 4,5% à Wall Street, le titre TSMC gagnait encore quelque 3% à Taipei vendredi, où il est aussi coté.Mercredi, Washington a annoncé qu’il imposerait 25% de droits de douane sur les semi-conducteurs transitant via les Etats-Unis avant d’être réexportés. D’après le ministère américain du Commerce, les fabricants taïwanais qui investiront aux Etats-Unis feront l’objet d’un traitement plus favorable en matière de droits de douane.

Budget et fiscalité des riches: Montchalin défend de nouveau la “taxe holding”

La ministre de l’Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a de nouveau défendu vendredi sur France 2 la “taxe holding”, mesure fiscale qui doit éviter que les très riches aient une imposition minime par rapport à leurs revenus.Le débat sur cette imposition est vif depuis que l’ancien ministre de l’Économie, Éric Lombard, a révélé dans Libération dimanche que “des milliers” de Français parmi les plus riches ne payaient aucun impôt sur le revenu.La “taxe holding” doit y remédier, en visant les revenus tirés de holdings que certains contribuables parviennent à exclure de leur revenu fiscal de référence. Mais cette taxe ne sera mise en place qu’en votant un budget 2026, ce que le Parlement ne parvient pas à faire.”Le gouvernement a proposé l’article 3 du projet de loi de finances, qui s’appelle une taxe holding, précisément pour que nous répondions à cette situation qui est légale, qui est une situation de suroptimisation”, a souligné Mme de Montchalin.”Moi, mon combat, ce n’est pas que, évidemment, on laisse la situation inchangée”, a-t-elle insisté.Alors que d’après M. Lombard la Direction générale des finances publiques (DGFiP) a des données sur l’ampleur du problème, la ministre a une nouvelle fois démenti.”Je vous confirme qu’il n’y a nulle part écrit à Bercy le nom des gens qui auraient des revenus fiscaux de référence qui seraient très bas. En revanche nous savons que ça existe”, a-t-elle affirmé.Le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Éric Coquerel (LFI), a demandé au ministère tous les documents sur ce sujet.Le gouvernement a décidé jeudi de suspendre les débats sur le budget jusqu’à mardi, estimant que les discussions à l’Assemblée s’éloignaient trop d’un “compromis acceptable”.Interrogée sur sa préférence entre le 49.3 et des ordonnances pour doter la France d’un budget, Mme de Montchalin a répondu: “Je n’ai pas de préférence, au sens où mon but c’est quoi? C’est qu’il y ait et de la stabilité, et un budget, et pas du n’importe quoi”.

Le Premier ministre canadien salue à Pékin un “nouveau partenariat” avec la Chine

Le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre canadien Mark Carney ont salué vendredi à Pékin l’avènement d’un nouveau partenariat, après des années de brouille entre leurs pays soumis aujourd’hui aux pressions américaines.”Je suis extrêmement heureux que nous allions de l’avant avec notre nouveau partenariat stratégique”, a dit M. Carney au début d’entretiens avec M. Xi, point d’orgue de la première visite d’un chef de gouvernement canadien en Chine depuis huit ans.Son hôte au Palais du peuple a parlé de “nouveau chapitre” ouvert en octobre lors de leur rencontre en marge d’un sommet Asie-Pacifique en Corée du Sud.Ces discussions, saluées à l’époque comme un “tournant” par M. Carney, ont ouvert la voie au réchauffement concrétisé cette semaine en Chine. M. Xi avait alors invité M. Carney en Chine.Depuis, les échanges entre les deux gouvernements pour “restaurer et relancer la coopération dans différents domaines (…) ont produit des résultats positifs”, a déclaré vendredi M. Xi. “J’en suis heureux”, a-t-il dit.Arrivé mercredi soir, M. Carney effectue en Chine jusqu’à samedi la première visite d’un chef de gouvernement canadien depuis celle de son prédécesseur Justin Trudeau en décembre 2017. Elle a pour objectif de tourner la page de plusieurs années de fâcherie et de stimuler les échanges commerciaux.- Canola et espionnage -Les rapports sino-canadiens se sont fortement dégradés en 2018 avec l’arrestation par les autorités canadiennes d’une responsable du géant chinois Huawei à la demande des Etats-Unis, suivie de l’emprisonnement de deux ressortissants canadiens en Chine, accusés d’espionnage par Pékin.Depuis l’été 2024, Ottawa et Pékin s’affrontent sur le front commercial: surtaxes canadiennes sur les véhicules électriques et l’acier chinois, et ripostes chinoises sur des produits agricoles canadiens, dont le canola, un oléagineux utilisé pour l’alimentation et les biocarburants, dont le Canada est l’un des principaux producteurs mondiaux.M. Carney s’est rendu en Chine pour chercher des progrès sur ces sujets, sans forcément viser le règlement des différends.Mais il espère aussi faire progresser son vœu de voir le Canada doubler ses exportations vers des pays autres que les Etats-Unis d’ici à 2035, afin de réduire sa dépendance vis-à-vis de son voisin.Chine et Canada ont en commun de subir les effets des politiques agressives du président Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025.- “Progrès historiques” -Un nouveau partenariat entre les deux pays contribuera à “améliorer le système multilatéral, un système qui a été mis à rude épreuve ces dernières années”, a dit M. Carney vendredi au début de ses discussions avec M. Xi.”Nous nous concentrons sur des domaines où nous pouvons réaliser des progrès historiques: l’agriculture, l’énergie et la finance. C’est là que nous pouvons obtenir les résultats les plus rapides”, a-t-il dit.”Développer de manière saine et stable les relations sino-canadiennes sert les intérêts communs de nos deux pays et contribue à la paix, à la stabilité et à la prospérité mondiale”, a souligné M. Xi.La Chine est le deuxième partenaire commercial du Canada, derrière les Etats-Unis.Le volume des échanges de biens entre le Canada et la Chine s’est élevé à 89,62 milliards de dollars américains en 2025, avec un excédent de plus de 6 milliards en faveur de la Chine, selon des chiffres publiés mercredi par l’Etat chinois. Si les exportations de la Chine vers le Canada ont augmenté de 3,2% sur un an, ses importations de marchandises canadiennes ont diminué de 10,4%.

Matignon juge “impossible” l’adoption du budget par un vote, un 49.3 ou une ordonnance attendus

Matignon a acté jeudi soir que le vote d’un budget était “désormais impossible” à l’Assemblée nationale, le gouvernement officialisant le fait qu’il tranchera entre un recours au 49.3 ou à une ordonnance pour faire passer le texte. Pour tenter d’éviter ensuite la censure, il fera des propositions de “compromis” vendredi.”Il y a deux options devant nous”, le “49.3” ou une “ordonnance”, a déclaré jeudi soir la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin, interpellée par des députés pendant les débats sur le budget dans l’hémicycle.Un peu plus tôt, Matignon avait dénoncé, dans un communiqué, un “sabotage continu” de certaines formations politiques qui “rend désormais impossible l’adoption d’un budget par un vote de l’Assemblée nationale”.Ciblant explicitement le Rassemblement national et La France insoumise, les équipes du Premier ministre Sébastien Lecornu reprochent notamment au groupe de Marine Le Pen d’avoir fait voter une réduction de la dotation globale de fonctionnement (DGF) de 4,9 milliards d’euros, dans l’enveloppe des dotations de l’Etat aux collectivités territoriales.”Si vous n’avez pas de budget aujourd’hui, ce n’est pas la faute du groupe Rassemblement National (…) ce n’est pas la faute des Insoumis (…) C’est parce que la majorité absolue du PS jusqu’aux LR, est incapable de se mettre d’accord sur un budget”, a rétorqué dans l’hémicycle le député RN Jean-Philippe Tanguy.Jeudi matin, le gouvernement a subi un autre revers important: son amendement sur la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, censé rapporter 6,3 milliards d’euros en 2026, étant sèchement battu, alors que la mesure est un point-clé de la négociation avec le PS.Et Matignon de déplorer que le déficit public “à ce stade” de la discussion se monte à “5,3%” du PIB, plus haut que les 5% au maximum souhaité par l’exécutif, “ce qui est inacceptable”. De quoi rendre “inéluctable” selon les équipes de Sébastien Lecornu le recours au 49.3 ou à une ordonnance inédite sous la Ve République, pour faire passer le budget.- “Propositions vendredi” -Le scénario pourrait être tranché d’ici mardi”, a confirmé l’entourage du Premier ministre. La décision doit être prise “quand les débats seront arrivés à leur terme”, a déclaré Amélie de Montchalin, alors que le vote sur la partie “recettes”, crucial pour l’avenir du texte, doit avoir lieu en fin de semaine ou en début de semaine prochaine. Un recours à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution, permettrait au gouvernement de faire passer un budget sans vote en retenant les amendements de son choix. Mais il devrait l’utiliser potentiellement trois fois, s’exposant à chaque fois à une censure qui renverrait le texte dans la navette parlementaire.L’ordonnance budgétaire, c’est-à-dire la traduction du budget dans un texte qui n’a pas besoin de passer devant le Parlement, serait inédite et le précédent serait potentiellement lourd de conséquences pour les débats budgétaires des années suivantes. Mais contrairement au 49.3, l’ordonnance permettrait de doter le pays d’un budget, même si le gouvernement devait être censuré ensuite par l’Assemblée, ce qui est plausible au vu des réactions virulentes contre cette piste, y compris au Parti socialiste.”Aucune femme, aucun homme attaché à la défense de la République ne peut accepter ce qui ne serait ni plus ni moins qu’un nouveau 18 Brumaire (coup d’Etat de Napoléon, ndlr)”, affirme ainsi l’un des négociateurs du PS sur le budget, Philippe Brun, dans une tribune transmise à l’AFP, assurant qu’il censurerait un gouvernement qui prendrait cette voie.Aurélien Le Coq (LFI) a de son côté fustigé les deux solutions (49.3 ou ordonnance) entre lesquelles va trancher l’exécutif et qui conduiront, dans les deux cas, à un “coup de force”.Pour autant, Sébastien Lecornu semble toujours décidé à trouver un compromis pour éviter une censure du PS. En ce sens, Matignon a annoncé que “le Premier ministre et les ministres feront des propositions demain (vendredi) d’évolution de la copie initiale” du budget.Et l’entourage du Premier ministre assure qu’il n’y aura quoi qu’il arrive pas de budget définitivement adopté “avant la mi-février”.Emmanuel Macron escomptait un budget pour “fin janvier”, et a appelé jeudi dans ses voeux aux armées à des “efforts” “pour accélérer notre réarmement”, qui passent notamment par l’adoption d’un projet de finances pour 2026. “L’idée c’est de décanter les choses en janvier et ce sera bien le cas”, a relevé jeudi soir un proche du président.Dans une ambiance de lassitude à l’Assemblée, les débats doivent s’achever jeudi à minuit, avant de reprendre à 9H00 vendredi matin.pol-sl-are-sac/sde/cbn