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Royaume-Uni: retard dans l’ouverture du procès pour corruption d’une ex-présidente de l’Opep

L’ouverture à Londres du procès pour corruption de Diezani Alison-Madueke, ancienne figure politique du Nigeria et première femme présidente de l’Opep, va être retardée à cause de problèmes juridiques et techniques non résolus lundi.Selon l’avocate de l’accusation et ceux de la défense, le procès ne pourra pas commencer avant mardi, au plus tôt.Les parties doivent encore s’accorder sur certaines preuves qui pourront être examinées ou non durant les débats et finaliser la constitution des jurés.L’ancienne ministre nigériane des Ressources pétrolières entre 2010 et 2015, fait face à six chefs d’inculpation tous liés à des faits de corruption qui auraient eu lieu durant son mandat de ministre.Selon l’un d’eux, il est notamment  reproché à Mme Alison-Madueke, 65 ans, d’avoir “accepté des avantages financiers” de la part de deux individus “en lien avec les groupes Atlantic Energy et SPOG Petrochemical” entre 2011 et 2015.”L’acceptation de ce don (constitue) en soi l’exercice abusif” de sa fonction, est-il souligné.Au total, l’ancienne femme politique est accusée d’avoir bénéficié d’au moins 100.000 livres en argent liquide, mais aussi de voitures avec chauffeur, de voyages dans des avions privés ou encore du paiement des frais de scolarité de son fils.Selon l’acte d’accusation, elle aurait aussi profité de multiples résidences à Londres, situées dans des quartiers cossus de la capitale britannique, durant cette période.Elle aurait ainsi bénéficié “des services du personnel liés à l’exploitation” de ces résidences, du “paiement des factures”, ou encore de “travaux de rénovation” et de mobilier. Enfin, elle aurait accepté des articles provenant d’achats dans des magasins de luxe comme Harrods ou Louis Vuitton.En 2023, l’agence britannique de lutte contre la criminalité (NCA), avait affirmé qu’au cours de ses années au gouvernement elle aurait “accepté des pots-de-vin (…) valant des millions de livres”.L’ancienne ministre est aussi visée par plusieurs enquêtes pour blanchiment d’argent et corruption aux Etats-Unis ou en Italie.Elle est l’une des cibles privilégiées de la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) au Nigeria, où elle est accusé du détournement présumé de millions de dollars d’argent public.Elle a toujours nié avoir détourné l’argent des juteux contrats pétroliers et des caisses de l’Etat lorsqu’elle était aux affaires.Placée en liberté sous caution depuis son arrestation à Londres fin 2015, celle qui fut présidente de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) pendant un an, entre 2014 et 2015, était présente lundi au tribunal.L’accusée est arrivée dans la salle d’audience avec une canne et un strap au poignet gauche. Deux autres personnes mentionnées dans l’acte d’accusation sont poursuivies par la justice britannique dans le cadre de ce procès devant la Southwark Crown Court de Londres, qui doit durer de 10 à 12 semaines.

Fnac Darty cherche à vendre Nature & Découvertes 

Fnac Darty a annoncé lundi chercher à se séparer de l’enseigne dédiée au bien-être, aux sciences et aux activités d’extérieur Nature & Découvertes, qu’il avait acquise en 2019 mais dont les difficultés plombent les comptes du groupe. “Les défis rencontrés depuis plusieurs trimestres par Nature & Découvertes ont perduré malgré les initiatives mises en place pour redynamiser l’activité”, indique Fnac Darty, à l’occasion de la publication de ses résultats préliminaires, dévoilés en même temps que l’annonce d’une OPA de la part de son premier actionnaire Daniel Kretinsky. “Le groupe a décidé de lancer un processus actif de recherche de partenaire qui serait plus à même de soutenir son développement”, ajoute Fnac Darty dans son communiqué, précisant reclasser l’enseigne en “IFRS 5”, soit les actifs destinées à la vente, d’un point de vue comptable. Rachetée avant le Covid par Fnac Darty, l’enseigne avait particulièrement souffert de la pandémie. “Cela a provoqué un espèce de rupture du modèle”, a expliqué lundi Enrique Martinez, directeur général de Fnac Darty, qui s’est dit cependant “confiant” quant à la possibilité de trouver des acquéreurs, la marque étant, selon lui, “très attractive”. Nature & Découvertes compte actuellement 91 magasins dans quatre pays, dont 84 en France.Les résultats préliminaires de Fnac Darty pour 2025, non audités, laissent entrevoir un chiffre d’affaires quasiment stable (+0,7%) à 10,3 milliards d’euros à périmètre, taux de change et parc de magasins constants, et un résultat opérationnel courant “en légère progression” à 203 millions d’euros.L’activité devrait aussi être restée “stable” en organique au quatrième trimestre, indique Fnac Darty, mais les trois derniers mois de l’année ont été pénalisés par “la contre performance de la France” (près de 60% de l’activité du groupe), qui a enregistré une baisse de 0,6% de son activité sur un an.”Les chiffres publiés par la Banque de France la semaine dernière confirment un contexte particulièrement difficile pour le secteur de la distribution avec une pression forte sur la consommation et la confiance des ménages”, souligne Fnac Darty, ajoutant que pour le reste de l’Europe, les performances sont “très satisfaisantes”. 

Côte d’Ivoire: chez les planteurs de cacao, la “malédiction de l’or brun”

C’est une maison en torchis, à 20 kilomètres de Guiglo, dans l’ouest ivorien, qu’on rejoint par une piste cahoteuse de terre rouge, avec pour toit une simple bâche, sans électricité. Ici vit Laurent Koné, producteur de cacao depuis trente ans. La Côte d’Ivoire connaît actuellement de grandes difficultés pour vendre son cacao, du fait d’un ralentissement des exportations sur fond de problèmes de liquidités des acheteurs et de baisse des cours mondiaux.Une épreuve de plus pour les planteurs, petites mains essentielles de “l’or brun”, qui, souvent, vivent déjà dans des conditions très précaires.La Banque mondiale, dont le dernier rapport sur le sujet date de 2019, estimait que plus de la moitié (54,9%) des producteurs de cacao gagnent moins de 757 francs CFA par jour (1,15 euros). Le cacao fait vivre indirectement environ un cinquième de la population ivoirienne, soit plus de cinq millions de personnes.  “J’ai commencé à planter en 1996 et jusqu’à présent je n’ai pas de toit car il n’y a pas l’argent”, explique M. Koné, 54 ans, à l’AFP. “Ce n’est pas digne”, déplore-t-il. Le gouvernement ivoirien martèle que la condition des planteurs est une de ses priorités: en un an, suivant la hausse des cours mondiaux, il a nettement augmenté le prix payé aux producteurs, fixé à 2.800 francs le kilo (4,26 euros), un record. “Les producteurs sont debout, capables de manger à leur faim, capables de se loger, capables de se soigner, capables de jouir des bienfaits de l’électricité et de l’eau potable, capables d’envoyer leurs enfants à l’école et à l’université”, se félicitait en octobre le ministre de l’Agriculture d’alors, Kobenan Kouassi Adjoumani, remplacé lors d’un remaniement vendredi.Mais depuis la fixation de ce prix, les cours mondiaux ont chuté et les acheteurs se font rares. Résultat, la mesure n’a pas eu l’effet escompté: les exportations sont au ralenti et les producteurs ne sont plus payés, certains depuis des mois. Comme dans de nombreux campements, à Betykro, autour de M. Koné, une cinquantaine de familles vivent toujours sans électricité et sans réseau mobile, avec une seule pompe pour l’eau.Le premier dispensaire est à 10km de mauvaise piste et selon nombre de planteurs, la couverture maladie universelle mise en place par l’Etat n’est pas assez efficace pour couvrir les frais de santé. – “Toujours plus vulnérables” -“On est déçus”, explique, abattu, Boniface Djabia, 64 ans, planteur et chef du village. “Les planteurs sont les plus pauvres de la Côte d’Ivoire”, montrant ses vêtements usés jusqu’à la corde.Les planteurs “sont toujours plus vulnérables”, confirme Oscar Toukpo, sociologue à l’université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan. En cause, selon lui: les rendements de plus en plus faibles de terres qui s’épuisent et l’augmentation du coût de la vie. “Les paysans s’endettent auprès des coopératives et des vendeurs de produits phyto-sanitaires pour essayer d’améliorer la production” et “le cycle de pauvreté continue”, poursuit le sociologue.”Un sac d’engrais fait 22.000 francs (33 euros) mais il n’y a pas l’argent”, déplore Laurent Koné. Dans son champ, à quelques dizaines de mètres de sa maison, il travaille encore uniquement à la machette et au gourdin, en chaussures ouvertes. Aujourd’hui encore, le maintien des volumes de production repose sur l’extension des plantations, au détriment de la productivité. Une stratégie qui montre ses limites, alors que la Côte d’Ivoire a déjà perdu 90% de son couvert forestier en 60 ans. Selon la Banque Mondiale, la productivité du verger ivoirien stagne sur les 20 dernières années, autour de 450-550kg de fèves de cacao par hectare.- Découragement -“Certains vont même jusqu’à invoquer la malédiction de +l’or brun+”, poursuit l’institution, pour trois raisons : la destruction des forêts, une pauvreté persistante et le fait que la Côte d’Ivoire ne perçoit que 6% du total des gains de la filière mondiale.Ces dernières années, l’Etat a toutefois investi dans des sites de broyage du cacao, afin de transformer la matière première sur place. Pour s’en sortir, certains producteurs diversifient leur production en plantant des palmiers ou de l’hévéa, utilisé pour la production de caoutchouc, qui produit 11 mois sur 12, contrairement au cacao dont la récolte est saisonnière. “On, se débrouille avec les plantations d’hévéa”, explique Alidou Traoré, jeune planteur de 24 ans qui a reprend les terres de son père. Dans son village, à quelques kilomètres de celui de Laurent Koné, les maisons semblent plus solides. Mais le découragement pointe. La situation du cacao actuelle “ça ne me donne pas courage”, poursuit le jeune homme.”Je ne veux pas que mes enfants soient planteurs comme moi”, souffle Laurent Koné, “parce que c’est une souffrance”.

Une panne perturbe partiellement le trafic du tunnel sous la Manche

Les trains transportant des voitures et du fret sous la Manche ont été “suspendus” lundi matin au départ de la France en raison d’un “défaut d’alimentation électrique”, a indiqué Eurotunnel à l’AFP, prévoyant un retour à la normale dans la journée.Cette panne n’affecte pas les trains Eurostar transportant des voyageurs, ni les trains de fret et voitures depuis le Royaume-Uni vers la France, précise la société qui exploite le tunnel reliant les deux pays.Ce sont les navettes “Shuttle”, permettant le transport de voitures et de leurs passagers sur des trains et “Shuttle Fret”, pour le transport de camions de marchandises, qui sont concernées depuis l’aube.Cette panne électrique, qui n’affecte pas le tunnel lui-même mais le terminal ferroviaire de Coquelles (Pas-de-Calais) ralentit “l’enregistrement des passagers” de ces deux services et “leur passage aux postes de frontières”, précise encore l’entreprise.Eurotunnel a précisé lundi matin que “le retour à la normale” pour l’accueil des clients du transport de marchandises était prévu “pour 13H00” lundi, et celui des passagers qui empruntent les navettes transportant des véhicules devrait “reprendre dans le courant d’après-midi”.

La Bourse de Paris prudente avant une semaine chargée

La Bourse de Paris évolue prudemment lundi à l’orée d’une semaine marquée par la réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) et riche en résultats d’entreprises des deux côtés de l’Atlantique.Vers 09H50 (heure de Paris), le CAC 40 perdait 0,23% à 8.123,11 points, en recul de 19,94 points. Vendredi, l’indice vedette parisien avait cédé 0,07% à 8.143,05 points, en recul de 5,84 points.Peu de rendez-vous sont à l’agenda ce lundi, avant une semaine riche en événements.”L’attention sera principalement portée sur le conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale américaine”, qui se réunit mardi et mercredi, relève Patrick Munnelly, spécialiste de la stratégie de marché pour Tickmill Group.Cette réunion se tiendra dans un contexte tendu, le président de l’institution Jerome Powell ayant révélé début janvier l’existence d’une procédure lancée par le ministère de la Justice contre lui. Il a dénoncé une énième tentative d’intimidation de la Fed par l’exécutif.Donald Trump réclame depuis plusieurs mois davantage de baisses des taux de la part de l’institution financière, et la pression s’intensifie à l’approche des élections de mi-mandat à l’automne.Autre point d’attention des marchés cette semaine: la saison des résultats qui bat son plein, avec notamment mardi à Paris la publication annuelle du géant du luxe LVMH, première capitalisation de l’indice CAC 40.Aux Etats-Unis, plusieurs poids lourds de la tech seront aussi sous le feu des projecteurs, avec les résultats du quatrième trimestre de Meta et de Microsoft mercredi et d’Apple jeudi.Du côté du marché de la dette, le taux d’intérêt de l’emprunt français à échéance dix ans atteignait 3,47%, contre 3,49% vendredi en clôture.OPA sur Fnac DartyLe milliardaire tchèque Daniel Kretinsky a lancé une offre publique d’achat (OPA) sur Fnac Darty. Il compte prendre le contrôle majoritaire du spécialiste de l’électronique et des produits culturels sur qui planait l’ombre d’un actionnaire indirect chinois ces derniers mois. Vers 09H50, l’action du groupe prenait 17,19% à 35,45 euros après s’être envolée de près de 19% dans les tout premiers échanges. L’OPA a été lancée vendredi au prix de 36 euros par action.Procédure contre Essilor LuxotticaSelon Bloomberg, le numéro un mondial de l’optique fait face à une procédure judiciaire aux Etats-Unis de la part de l’entreprise Solos Technologie, qui revendique le brevet de technologies utilisé pour les lunettes connectées qu’il développe avec le géant de la tech Meta.Il cédait 1,02% à 262,40 euros.Introduction en Bourse en vue pour Rising StoneLa société française Rising Stone, spécialiste de l’immobilier de luxe, a annoncé lundi “l’approbation de son document d’enregistrement” par l’Autorité des marchés financiers, en vue d’un “projet d’introduction en Bourse” à Paris. Il s’agirait de la première IPO d’une entreprise sur la place parisienne en 2026. Rising Stone, qui commercialise notamment des appartements et des chalets haut de gamme dans des stations alpines, revendique déjà “5,6 millions d’engagements de souscription” dans le cadre de ce projet.

Marchés financiers: l’or dépasse les 5.000 dollars, les Bourses atones

L’or a dépassé lundi pour la première fois la barre des 5.000 dollars, jouant son rôle de valeur refuge face aux incertitudes suscitées par la présidence de Donald Trump aux Etats-Unis, tandis que les marchés boursiers restent prudents avant une semaine riche en événements.Le métal jaune s’est hissé lundi à un nouveau record, à 5.111,07 dollars l’once (31,1 g) dépassant pour la première fois le cap symbolique des 5.000 dollars. Vers 08H30 GMT, il était à 5.097,04 dollars l’once.Valeur refuge par excellence, l’or progresse sans discontinuer depuis deux ans: l’once valait un peu plus de 2.000 dollars en janvier 2024.Elle est stimulée par les revirements fréquents de Donald Trump qui créent un climat d’incertitude aux Etats-Unis, détournant les investisseurs et les banques centrales du dollar et des obligations d’Etat, habituellement considérés comme des valeurs refuges.Sa progression récente a d’ailleurs été soutenue par les tensions autour du Groenland, dont le président américain a dit vouloir s’emparer, promettant à ses alliés européens des taxes douanières en cas d’opposition, avant finalement de lever sa menace, assurant avoir “conçu le cadre d’un futur accord”.Plus généralement, “la dépréciation des devises et l’augmentation du niveau d’endettement” des Etats, “se traduisent par une soif insatiable” d'”actifs tangibles”, estime Neil Wilson, de Saxo Markets.Côté marchés boursiers, l’heure est à la prudence lundi, à l’orée d’une semaine à l’agenda chargé. En Europe, vers 08H30 GMT, Paris reculait de 0,20%, Francfort était stable (-0,01%) et Londres grappillait 0,15%. Milan prenait 0,21%.”Les investisseurs restent prudents à l’approche de la réunion de la Réserve fédérale”, qui aura lieu mardi et mercredi, relève John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank.Cette réunion se tiendra dans un contexte tendu, le président de l’institution Jerome Powell ayant révélé début janvier l’existence d’une procédure lancée par le ministère de la Justice contre lui. Il a dénoncé une énième tentative d’intimidation de la Fed par l’exécutif.Donald Trump réclame depuis plusieurs mois davantage de baisses des taux de la part de l’institution financière, et la pression s’intensifie à l’approche des élections de mi-mandat à l’automne.Autre point d’attention des marchés cette semaine: la saison des résultats qui bat son plein.Aux Etats-Unis, plusieurs poids lourds de la tech seront sous le feu des projecteurs, avec les résultats du quatrième trimestre de Meta et de Microsoft mercredi et d’Apple jeudi.Les investisseurs gardent aussi un oeil sur la situation géopolitique.Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a affirmé qu’il imposerait des “droits de douane à 100%” sur les importations canadiennes aux Etats-Unis en cas d’accord commercial entre le Canada et la Chine.En Asie, Hong Kong (-0,06%) et Shanghai (-0,09%) évoluaient sans mouvement dans les derniers échanges.Le yen bonditLe yen flambe, prenant 1,04% à 182,58 yens pour un dollar.La monnaie nippone a été portée lundi par des informations relayées par l’agence de presse Bloomberg, selon lesquelles la Réserve fédérale américaine pourrait soutenir une intervention de Tokyo pour faire apprécier sa valeur, en chute libre ces dernières semaines.”Si la Fed intervient, c’est que c’est du sérieux”, estime Kathleen Brooks, analyste pour XTB.Vendredi, le yen avait déjà été poussé par les déclarations de la ministre des Finances japonaise, Satsuki Katayama, qui n’avait pas écarté l’option d’intervenir pour soutenir sa monnaie, qui a perdu près de 6% face au dollar au cours des six derniers mois et évolue proche de ses plus bas niveaux depuis 2024.Dans ce contexte, la Bourse de Tokyo a perdu 1,79%.Fnac Darty flambe, OPA en vueLe titre du groupe français de distribution Fnac Darty bondissait de 17,19% à 35,45 euros sur la Bourse de Paris lundi, après le lancement d’une offre publique d’achat (OPA) par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky vendredi au prix de 36 euros par action.

L’or passe la barre historique des 5.000 dollars face à l’incertitude Trump

L’or évolue lundi au-dessus de la barre des 5.000 dollars pour la première fois de son histoire, profitant de son statut de valeur refuge face aux incertitudes géopolitiques, commerciales et monétaires suscitées par la présidence de Donald Trump.Le prix du métal jaune, stimulé par l’affaiblissement du dollar, progresse sans discontinuer depuis deux ans: l’once (31,1 grammes) valait un peu plus de 2.000 dollars en janvier 2024.Lundi vers 03H30 GMT, le métal jaune grimpait de 1,85%, à 5.080 dollars l’once, après avoir atteint un record de 5.093,05 dollars à 02H27 GMT.Sa progression récente a été soutenue par les tensions autour du Groenland, dont le président américain a dit vouloir s’emparer, menaçant ses alliés européens de taxes douanières en cas d’opposition.Le relatif apaisement cette semaine au Forum économique mondial de Davos (Suisse), où Donald Trump a retiré ses menaces de nouveaux droits de douane, n’a pas stoppé l’ascension de l’or.Les cours restent aussi sensibles aux évolutions géopolitiques en Ukraine, à Gaza ou en Iran.Les revirements fréquents de l’administration américaine créent un climat d’incertitude aux Etats-Unis, détournant les investisseurs du dollar et des obligations d’Etat, habituellement considérés comme des valeurs refuges concurrentes de l’or.Les investisseurs sont “réticents à abandonner” le précieux métal, “au cas où Donald Trump se réveillerait avec une nouvelle idée controversée”, explique Dan Coatsworth, analyste chez AJ Bell.- Tensions systémiques -“Compte tenu des tensions systémiques qui pèsent sur l’économie et l’ordre politique mondiaux, les métaux précieux constituent un véritable refuge”, observe lui aussi Kyle Rodda, analyste en Australie de Capital.com.”Associés à la politique monétaire expansionniste, au développement massif de l’intelligence artificielle, à la remilitarisation (des Etats) et aux attaques (de l’administration Trump) contre la Réserve fédérale américaine (Fed), les métaux précieux sont au cœur d’une conjoncture exceptionnelle”, explique-t-il.Les pressions et critiques du locataire de la Maison Blanche contre la Réserve fédérale (Fed) et son président, Jerome Powell, pour qu’ils abaissent davantage les taux directeurs américains renforcent ces réticences et alimentent la crainte d’une “Fed sous influence”, ajoute Stephen Innes, de SPI Asset Management.M. Powell a récemment révélé que le ministère de la Justice avait ouvert une procédure à son encontre, pouvant conduire à des poursuites pénales.Le patron de la banque centrale a dénoncé sans détour une tentative d’intimider l’institution parce qu’elle ne suit pas “les préconisations du président”.- L’argent aussi à un record -Mais selon Neil Wilson, de Saxo Markets, “un facteur beaucoup plus important” soutient le cours de l’or ces derniers mois: “la dépréciation des devises et l’augmentation du niveau d’endettement” des Etats, “qui se traduisent par une soif insatiable” d'”actifs tangibles”, attachés à une valeur concrète.En d’autres termes, les investisseurs cherchent à sécuriser leur patrimoine en se tournant vers des actifs réels, comme l’or, capables de préserver leur valeur sur le long terme.D’autres métaux précieux suivent l’envolée de l’or ces derniers mois, dont l’argent, qui a plus que doublé en valeur depuis octobre 2025.Egalement poussé par la demande industrielle dans le solaire et l’électronique, le métal argenté a dépassé pour la première fois les 100 dollars l’once vendredi.Lundi à 02H49 GMT, il a atteint comme l’or un niveau jamais vu, 109,45 dollars l’once. Vers 03H30 GMT, il s’affichait en hausse de 5,58% à 108,89 dollars.Le prix de l’argent s’emballe en pleine euphorie spéculative, porté par “la peur de rater une opportunité”, ou “FOMO” en anglais, mais aussi par “des rumeurs de pénurie d’approvisionnement”, constate David Morrison, analyste chez Trade Nation.

Le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky lance une OPA sur Fnac Darty

Le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky a lancé vendredi une offre publique d’achat (OPA) du spécialiste de l’électronique et des produits culturels Fnac Darty, au prix de 36 euros par action, a annoncé lundi l’entreprise dans un communiqué. “Le conseil d’administration de Fnac Darty a unanimement accueilli favorablement l’offre”, fait savoir Fnac Darty, dont Daniel Kretinsky est déjà le principal actionnaire, à hauteur de 28,5%. Avec cette OPA, il compte franchir le seuil de 50% du capital de l’entreprise.EP Group, la société contrôlée par Daniel Kretinsky qui a transmis l’offre au conseil d’administration de Fnac Darty, propose un prix de 36 euros par action, soit une plus-value de “24% et 26% sur la moyenne des cours de Bourse pondérée par les volumes sur 1 et 3 mois”, indique le communiqué. Ce prix porte la valorisation de Fnac Darty à plus d’un milliard d’euros, et le montant de l’investissement nécessaire pour atteindre le seuil des 50% du capital à presque 230 millions d’euros. L’offre, dont le dépôt auprès de l’Autorité des marchés financiers est prévu “avant la fin du premier trimestre 2026”, n’entraînera pas de sortie de la Bourse, puisqu’EP Group n’a “pas l’intention de mettre en oeuvre une procédure de retrait obligataire”, est-il précisé. Fnac Darty, présent dans 14 pays à travers plus de 1.500 magasins et fort d’un chiffre d’affaires de plus de 10 milliards d’euros, a récemment fait l’objet d’une attention particulière de Bercy concernant son contrôle et ses actionnaires. Le distributeur allemand Ceconomy, qui détient plus de 20% du capital de l’entreprise française, est en cours de rachat par le géant chinois de l’e-commerce JD.com, qui est donc amené à devenir de manière indirecte le deuxième actionnaire de Fnac Darty. Ce changement de main a poussé Bercy à poser quelques conditions au cours de l’automne, parmi lesquelles, outre la non intervention dans la gestion, un engagement de JD et Ceconomy à ne pas augmenter leur participation au capital de Fnac Darty. Des conditions que JD.com a acceptées fin novembre. A 8H10 heure de Paris, ni Ceconomy, ni JD.com n’avaient réagi à l’annonce de Fnac Darty. 

Rick Rieder, le crack de la finance dans la course pour présider la Fed

Le financier Rick Rieder, du géant de la gestion d’actifs BlackRock, est désormais considéré comme un sérieux candidat à la présidence de la Réserve fédérale américaine (Fed) avec son profil peu académique apprécié par la Maison Blanche.En le qualifiant simplement de “très impressionnant”, le président Donald Trump a propulsé cet expert du marché obligataire en tête de la liste des successeurs potentiels de Jerome Powell, dont le mandat prend fin en mai.Toute nomination à la tête de la Fed doit être confirmée par le Sénat américain.Peu connu du grand public, Rick Rieder est une figure des cercles financiers, qui commente fréquemment l’actualité des affaires sur les chaînes d’information économiques américaines.Chez BlackRock, il chapeaute la gestion d’actifs cumulant une valeur d’environ 2.400 milliards de dollars en tant que directeur des investissements pour les placements à “revenu fixe”, ces titres générant des intérêts – à la différence des actions qui promettent des dividendes -, comme les obligations d’entreprises et la dette souveraine des Etats. Diplômé d’une école de commerce américaine, M. Rieder n’a pas de doctorat comme les anciens patrons de banque centrale Alan Greenspan, Janet Yellen ou Ben Bernanke (ce dernier ayant reçu un Nobel d’économie en 2022, après son séjour à la Fed). Il n’a jamais travaillé pour l’institution monétaire, ni eu de responsabilités gouvernementales.Mais ces absences dans son CV ont été considérées comme un “grand avantage” lors de son entretien avec Donald Trump et le secrétaire au Trésor Scott Bessent, a rapporté la chaîne Fox Business qui sert souvent de caisse de résonance à l’exécutif américain. Celui-ci prône un chamboule-tout à la Fed.L’intérêt de Donald Trump pour Rick Rieder reflète “les reproches de son mouvement MAGA (Make America Great Again, ndlr) à l’égard de la Fed, jugée excessivement technocratique”, estime Mark Blyth, professeur d’économie internationale à l’université Brown.- Franc-tireur? -Dans un entretien accordé en 2023 au podcast “Exchanges” de la banque d’affaires Goldman Sachs, Rick Rieder décrivait le frisson de son travail, expliquant qu’il consiste à naviguer dans un environnement en constante évolution et à savoir changer de cap. “Notre métier n’est pas d’avoir raison. Notre métier consiste à générer des retours sur investissement à nos clients”, soulignait M. Rieder, dont les journées de travail démarrent rituellement à 03H30 du matin. Rieder a travaillé pour la banque d’affaires Lehman Brothers de 1987 à 2008 avant de créer R3 Capital Partners en 2008, quelques mois avant la faillite de Lehman. BlackRock a racheté R3 dès 2009.Ironiquement, le profil de Rick Rieder se rapproche quelque peu de celui de Jerome Powell, ancien banquier d’affaires.Mark Blyth se demande si le financier porterait une ligne très éloignée de M. Powell, qui s’est attiré l’hostilité de la Maison Blanche en n’orientant pas la banque centrale dans une direction aussi accommodante que souhaité par Donald Trump.”Il n’est pas évident que Rieder soit un partisan de taux d’intérêt très bas”, poursuit le professeur.Lors d’une récente interview à la chaîne économique CNBC, Rick Rieder a affirmé que la Fed “devait baisser les taux” à environ 3%. Ils sont actuellement entre 3,30% et 3,75%.Il s’exprimait au lendemain de la révélation par Jerome Powell de l’ouverture par le ministère de la Justice d’une procédure à son encontre.M. Powell a dénoncé sans détour une tentative d’intimider la Fed parce qu’elle ne suit pas “les préconisations du président” en matière de taux.Rick Rieder a refusé de commenter l’affaire mais a soutenu l’indépendance de l’institution, insistant sur le fait que quiconque succédera à Jerome Powell “prendra les bonnes décisions (…) pour assurer plein-emploi et stabilité des prix” – les deux mandats de la Fed.Sur le plan politique, les dons du financier suggèrent une tendance à l’indépendance. En 2024, il a soutenu Nikki Haley, candidate républicaine à la primaire contre Donald Trump, plutôt que le président, et certains démocrates, notamment les sénateurs Sherrod Brown de l’Ohio et Jon Tester du Montana, qui ont tous deux été battus. 

Collecte de vêtements en France: un modèle usé jusqu’à la corde

En crise depuis 18 mois, la filière française de la collecte des vêtements périclite. Mais les travaux ont repris avec les différentes parties et le gouvernement espère avoir les grandes lignes d’une réforme d’ici mars.Débordé par les flux massifs de l’ultra fast-fashion, le modèle est “à bout de souffle” et “s’effondre progressivement”, estime pour l’AFP Maud Hardy, directrice générale de Refashion, éco-organisme chargé d’accompagner l’industrie de la mode vers une économie plus circulaire.Ce constat n’est pas nouveau, mais la réforme lancée au printemps 2025 patine. Lors d’une réunion sous son égide vendredi dernier, le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a présenté un scénario de désenvasement.Le gouvernement espère un cahier des charges de la filière REP (responsabilité élargie du producteur) textiles d’ici fin mars. Mais de nombreux arbitrages restent à faire et le nouveau modèle n’entrera pas en vigueur avant 2027, prévient-il.- Emplois menacés -En 2024, pour 891.309 tonnes de nouveaux produits (vêtements, linge de maison et chaussures), 289.393 tonnes de produits usagés ont été collectées. Or le système repose encore à “plus de 60%” sur l’export, notamment en Afrique, rappelle Maud Hardy, et les marchés africains sont désormais saturés de vêtements importés de Chine, d’occasion ou neufs et à bas prix. Résultat: effondrement des prix, difficultés financières pour les trieurs, accumulation de stocks…En outre, “on ne peut pas continuer à envoyer nos déchets à l’autre bout du monde”, une bonne partie des textiles finissant en décharge ou dans les cours d’eau, ajoute-t-elle.Les opérateurs traditionnels de la collecte (Emmaüs, Le Relais, La Croix-Rouge…) affrontent aussi la concurrence des plateformes comme Vinted ou les dispositifs seconde main des marques.La crise a éclaté au grand jour l’an dernier quand le réseau d’entreprises de tri Le Relais a déversé des tonnes de vêtements devant de grandes enseignes.Pierre Duponchel, fondateur du Relais, est inquiet: “On tient la filière à bout de bras, nous ne tiendrons pas six mois s’il n’y a pas de décision”. “On a de plus en plus de vêtements de moindre qualité qui nous coûtent de l’argent”, abonde Emmanuel Pilloy, président du Relais France, rencontré dans le plus grand centre de tri du Relais en France, à Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais), où 350 salariés embauchés en insertion trient chaque jour manuellement 70 tonnes de textiles.Les acteurs de la collecte jugent toujours insuffisante la revalorisation du montant versé par Refashion, passé à l’été dernier de 156 à 223 euros par tonne de déchets triés. Ce montant provient de l’éco-contribution payée par les marques à Refashion pour chaque vêtement neuf vendu. Mais selon M. Pilloy, elle ne couvre plus les coûts: “Sur quatre centimes prélevés” par pièce “un centime nous est reversé, on a besoin de plus”.Chez Emmaüs France, Thomas Ladreyt alerte sur “plus de 5.000 emplois menacés” et demande un soutien porté à 304 euros la tonne.- “Submersion” -La contribution “ne permet plus aux acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) de faire correctement leur métier”, estime Benoît Hamon, président de l’association ESS, accusant certains vendeurs, “Shein, Temu”, d’organiser “une forme de submersion de textiles” sans “mettre l’argent sur la table” pour financer leur fin de vie.Le gouvernement a réclamé à Refashion des propositions cette semaine pour “faire payer davantage” l’ultra fast-fashion, et à l’Agence de la transition écologique Ademe de chiffrer sous un mois les soutiens nécessaires pour les opérateurs.A long terme, l’État veut accélérer l’émergence d’une industrie du recyclage textile, en respectant la hiérarchie des traitements: réemploi d’abord, recyclage ensuite.Le scénario inclut des pénalités pour les produits polyester ou multi-matières, des primes pour l’incorporation de matières recyclées et une traçabilité intégrale pour chaque maillon de la chaîne.Toutes les parties questionnées par l’AFP trouvent le scénario “plausible” mais restent “vigilantes” en attendant un chiffrage.Une question reste sensible: l’accès aux fripes de meilleure qualité, “la crème”. Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du commerce (grandes enseignes), fixe une “ligne rouge”: “Nous ne voulons pas de discrimination entre opérateurs et metteurs en marché”. “Il y a de la place pour tout le monde”, dit-il, soulignant que seuls 30% des vêtements sont aujourd’hui collectés, loin de l’objectif de 60% fixé pour 2028.