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Au Sénégal, le Premier ministre présente un vaste plan pour redresser et “souverainiser” l’économie

Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a dévoilé vendredi un “plan de redressement économique et social” très attendu, qui doit être financé à “90%” par des ressources internes pour “souverainiser” le pays, dans un contexte économique et financier très difficile marqué notamment par une suspension des décaissements du FMI.Ce pays d’Afrique de l’Ouest est confronté à une situation économique préoccupante, avec un déficit budgétaire de 14% et un encours de la dette publique représentant 119% du PIB. Le taux de chômage est évalué à 20% alors que la pauvreté atteint 35,7% de la population.”Toute la trame de ce plan répond à cette option forte de souverainiser notre pays”, a lancé M. Sonko, en présence du président Bassirou Diomaye Faye, lors d’une cérémonie qui s’est tenue dans une salle comble au Grand Théâtre de Dakar.”Je voudrais dire au peuple sénégalais que ce plan que nous vous avons présenté ne se fera pas sans vous. Il se fera pour vous, avec vous”, a de son côté souligné le président Faye dans son discours.Selon le Premier ministre, “90% des ressources (de ce nouveau plan) sont attendues de la mobilisation des ressources endogènes et sans endettement” extérieur, a-t-il déclaré.Trois principaux chantiers ont été énumérés: “la réduction maîtrisée de la dette publique, la mobilisation des ressources domestiques et le financement endogène complémentaire hors endettement”.Parmi les mesures annoncées figurent la réduction des charges et du train de vie de l’Etat, la réduction des coûts des voyages à l’étranger, la taxation de niches de financement “sous-fiscalisées” comme le numérique, le “mobile money”, les jeux de hasard et en ligne, ou le foncier.  La renégociation des contrats dans le pétrole, le gaz et les mines, la réduction des frais d’eau et d’électricité dans l’administration publique et un ciblage des bénéficiaires des subventions dans l’énergie font aussi partie des volets de ce plan.M. Sonko a été nommé Premier ministre en avril 2024 au lendemain de la victoire de son second, Bassirou Diomaye Faye, à la présidentielle, qu’il avait fait élire après que sa propre candidature a été invalidée.- “Sans brader nos ressources” -Les nouvelles autorités affirment avoir hérité d’un lourd passif, selon elles, de l’ex-régime du président Macky Sall (2012-2024), accusé d’avoir dissimulé les vrais chiffres sur des indicateurs clefs comme la dette publique et le déficit budgétaire. Le plan de redressement est annoncé alors qu’une mission du FMI est attendue fin août au Sénégal. L’institution a suspendu ses décaissements pour avoir, selon elle, des réponses et des engagements de la part des nouvelles autorités afin que cette dissimulation d’indicateurs alléguée ne se reproduise pas à l’avenir.”Rien ne justifie le retard des décaissements du FMI (qui) a sa part de responsabilité dans la situation dont nous avons héritée. Ils ne peuvent pas venir chaque année et ne pas voir (des éléments) aussi gros”, a lancé M. Sonko. “On a l’impression qu’il y a un souci (une volonté, NDLR) d’asphyxier le pays, mais (il) tient encore”, a-t-il ajouté. Le Sénégal a plusieurs fois sollicité ces deux dernières années le marché financier sous-régional pour pallier les difficultés d’accès aux fonds internationaux.M. Sonko a indiqué que le nouveau plan se fonde sur plusieurs principes dont “le respect des engagements internationaux” du Sénégal, notamment dans le paiement de la dette. “Nous voulons remonter cette situation héritée, sans pour autant aggraver la dette publique et sans brader nos ressources naturelles et foncières”, a-t-il souligné.Il a par ailleurs affirmé que le plan sera mis en oeuvre “sans mettre trop de taxes supplémentaires sur les investisseurs au détriment de l’attractivité de notre pays”.  Face aux difficultés économiques criantes d’une majorité de Sénégalais, ce plan inclut un volet social prévoyant la poursuite de mesures de réduction du coût de la vie, un meilleur financement des services sociaux, ou le renforcement des aides aux ménages les plus pauvres.   Les mesures annoncées par M. Sonko doivent, selon lui, permettre de mobiliser 5.667 milliards de FCFA (plus de 8,6 milliards d’euros), soit autant que le budget 2025 du pays.Ce nouveau plan fait suite à celui, plus large, présenté en octobre 2024 baptisé “Sénégal 2050: agenda national de transformation”, visant une transformation de l’économie et de l’Etat.

Droits de douane: Wall Street accuse le coup

La Bourse de New York évolue en nette baisse vendredi, plombée par l’officialisation des nouveaux droits de douane imposés par Washington à ses partenaires commerciaux, qui doivent entrer en vigueur le 7 août.Vers 14H05 GMT, le Dow Jones reculait de 1,63%, l’indice Nasdaq de 2,37% et l’indice élargi S&P 500 perdait 1,79%.En souhaitant “restructurer le commerce mondial au bénéfice des salariés américains” par des droits de douane allant de 10% à 41% à l’encontre de quelque 70 partenaires commerciaux, Washington plonge une nouvelle fois l’économie mondiale dans une grande incertitude.Et les places financières sont chahutées, à l’image de Wall Street.”Au cours des deux derniers mois, les investisseurs se sont quelque peu montrés complaisants sur la question des droits de douane, pensant qu’ils finiraient par être réduits”, souligne auprès de l’AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.”Or, cela ne semble pas être le cas (…) ils vont être nettement plus élevés que prévu”, ajoute l’analyste.Donald Trump, partisan d’un protectionnisme décomplexé, a signé jeudi soir le décret d’application de ces surtaxes en accordant un répit de quelques jours.L’Union européenne (UE), le Japon ou la Corée du Sud voient ainsi leurs produits taxés à hauteur de 15%, et le Royaume-Uni de 10%. Le taux monte à 30% pour l’Afrique du Sud et à 39% pour la Suisse.Ce renchérissement des importations inquiète, d’autant que les Etats-Unis n’ont “toujours pas conclu d’accords commerciaux avec trois de ses quatre principaux partenaires commerciaux, à savoir le Canada, le Mexique et la Chine”, relève Art Hogan.Ottawa, l’une des cibles privilégiées de Donald Trump, voit les droits de douane de ses produits non couverts par un accord préexistant augmenter à 35%.Le Mexique a décroché un sursis de 90 jours tandis que la Chine négocie toujours avec Washington, avant la fin de la trêve courant jusqu’au 12 août pour ses produits.Wall Street est aussi lestée par la dégradation de la santé du marché de l’emploi en juillet aux Etats-Unis.Selon le ministère du Travail américain, le taux de chômage a progressé à 4,2%, contre 4,1% en juin.Les créations d’emplois se sont, elles, établies à 73.000 le mois précédent, et celles du mois de mai et juin ont été fortement révisées à la baisse, à des niveaux plus vus depuis la pandémie de Covid-19.Cette dégradation “est due à l’impact de la politique commerciale et à la réticence des entreprises à embaucher en raison du ralentissement potentiel de la croissance économique”, assure Art Hogan.En conséquence, les taux obligataires ont chuté.Vers 14H00 GMT, le rendement des emprunts d’État américains à 10 ans se détendait fortement à 4,25%, contre 4,37% à la clôture jeudi. Le deux ans, plus sensible à la conjoncture monétaire, reculait à 3,75%, contre 3,95%.Par ailleurs, les résultats d’entreprises continuaient d’animer Wall Street.Apple (-0,29% à 206,97 dollars) lâchait un peu de lest malgré des résultats nettement supérieurs aux attentes pour le troisième trimestre de son exercice comptable décalé, dopés par l’iPhone, malgré le coût élevé des droits de douane.Le bénéfice net s’affiche à 23,4 milliards de dollars (+9% sur un an). Rapporté par action, donnée scrutée par le marché, il atteint 1,57 dollar, contre 1,42 projeté par les analystes, selon un consensus établi par FactSet.Le géant américain du commerce en ligne Amazon (-6,79% à 218,21 dollars) souffrait lui de prévisions jugées décevantes par le marché malgré un bond de 35% de son bénéfice net au deuxième trimestre, à 18,2 milliards de dollars.Son chiffre d’affaires, de 167,7 milliards (+13%), est aussi ressorti bien supérieur aux 162 milliards escomptés par les analystes. Le réseau social Reddit (+12,60% à 180,82 dollars) profitait de résultats supérieurs aux attentes, notamment un bénéfice net par action de 45 cents, là où les analystes tablaient sur 19 cents.La plateforme américaine de design collaboratif Figma (+2,09% à 118,00 dollars) continuait, elle, sa progression pour son deuxième jour de cotation.

Les droits de douane de Trump chahutent les Bourses, des pays tentent encore de négocier

L’officialisation des nouveaux droits de douane américains a fait passer vendredi les Bourses mondiales dans le rouge, même si le report de leur application au 7 août conduit plusieurs pays à négocier jusqu’au dernier moment avec Donald Trump pour éviter des surtaxes trop importantes.En souhaitant “restructurer le commerce mondial au bénéfice des salariés américains” par des droits de douane allant de 10% à 41% à l’encontre de quelque 70 partenaires commerciaux, Washington plonge une nouvelle fois l’économie mondiale dans une grande incertitude.Si certains pays asiatiques se félicitent des accords trouvés, d’autres, du Canada à la Suisse, sont encore sous le choc de ces nouvelles barrières commerciales parfois prohibitives.Les marchés financiers ont mal réagi vendredi à cette nouvelle donne. En Europe, les grandes places reculent, avec les entreprises pharmaceutiques dans le rouge. Vers 11H40 GMT, la Bourse de Paris perdait 2,17%, Francfort cédait 1,85%, Londres 0,60% et Milan 1,86%.En Asie, si les places chinoises et japonaises étaient en faible baisse, la Bourse de Séoul a accusé un repli de 3,88%. A Wall Street, les contrats à terme des trois principaux indices laissaient présager d’une ouverture en nette baisse.Donald Trump, partisan d’un protectionnisme décomplexé, a signé jeudi soir le décret d’application en accordant un répit de quelques jours.Ces nouvelles taxes sur les importations prendront effet, pour l’essentiel des pays, le 7 août, et non ce vendredi 1er août comme attendu initialement, afin de permettre aux douanes de s’organiser pour leur collecte, assure la Maison-Blanche.Mais ce report offre une fenêtre pour d’ultimes pourparlers, veulent croire plusieurs pays. – Exemption pour des secteurs clés -L’Afrique du Sud est ainsi engagée dans des “négociations intensives”, a déclaré son président Cyril Ramaphosa, face aux 30% imposés par Washington à son pays qui menacent, selon la banque centrale, 100.000 emplois.Taïwan, avec son industrie des puces électroniques, est frappé d’une surtaxe de 20% mais “s’efforcera d’obtenir un niveau raisonnable de droits de douane”, a déclaré son président Lai Ching-te.La Suisse a elle été surprise par une surtaxe de 39% sur ses produits importés aux États-Unis, un chiffre bien supérieur à celui qui frappe l’Union européenne. Son gouvernement, malgré son “grand regret”, “aspire toujours à trouver une solution négociée”.Pour d’autres pays, pas de surprise. La surtaxe affichée dans le décret est celle obtenue après des mois de négociations avec Washington qui a cherché à obtenir d’eux le plus de concessions possibles, sans subir de représailles.L’Union européenne (UE), le Japon ou la Corée du Sud voient ainsi leurs produits taxés à hauteur de 15%, et le Royaume-Uni de 10%. L’UE a aussi obtenu une exemption pour des secteurs clés, mais d’autres surtaxes restent en place. Avant l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, les biens européens étaient taxés en moyenne à 4,8%.- Mesure politique -De nombreux secteurs s’inquiètent. En Allemagne, celui de la bière, déjà en perte de vitesse, craint pour ses exportations, qui représentent près d’un cinquième des ventes. En France, la filière viticole, qui anticipe jusqu’à un milliard d’euros de perte en chiffre d’affaires, “espère pouvoir bénéficier d’une exemption”, a déclaré Jean-Marie Fabre, l’un de ses représentants. La Chine, en négociations avec les États-Unis pour prolonger leur trêve commerciale courant jusqu’au 12 août, a dénoncé vendredi un protectionnisme qui nuit à “toutes les parties”.Le Mexique a de son côté obtenu un sursis de 90 jours avant une éventuelle augmentation de droits de douane.Ces droits de douane sont aussi un moyen de pression politique pour Donald Trump.Le Brésil, coupable aux yeux de Donald Trump de poursuivre en justice son allié d’extrême droite, l’ancien président Jair Bolsonaro, va voir ses produits entrant aux États-Unis taxé à 50%.Quant au Canada, le voisin et allié de Washington, il a appris jeudi soir que les droits de douane appliqués à ses produits allaient passer de 25% à 35% dès ce vendredi, sauf s’ils sont couverts par l’accord de libre-échange entre les trois pays d’Amérique du Nord.Donald Trump avait affirmé jeudi que l’intention affichée par Ottawa de reconnaître l’Etat de Palestine rendait “très difficile” la conclusion d’un accord commercial.Certains semblent néanmoins satisfaits des accords conclut, comme le Bangladesh, la Malaisie ou la Thaïlande, où le gouvernement parle d’une “approche gagnant-gagnant”.

L’aéroport londonien de Heathrow chiffre son plan d’agrandissement à 49 milliards de livres

L’aéroport londonien de Heathrow, le plus fréquenté d’Europe, a chiffré vendredi à 49 milliards de livres (57 milliards d’euros) son plan d’expansion et de modernisation, qui comprend notamment une troisième piste, un coût élevé qui ne manquera pas de relancer les critiques contre le projet.”Il n’a jamais été aussi important ni urgent d’agrandir Heathrow. Nous fonctionnons à pleine capacité, au détriment des échanges commerciaux et de la connectivité” de la capitale britannique, a assuré dans un communiqué le directeur général de l’aéroport Thomas Woldbye.Le gouvernement britannique avait donné son aval en janvier à une troisième piste pour le hub londonien d’Heathrow au nom de la relance de la croissance.Mais la proposition sera payée “à 100% par des fonds privés”, souligne l’entreprise dans un communiqué.Le financement n’est toutefois pas bouclé à ce stade.Le feu vert officiel, donné par la ministre des Finances Rachel Reeves, avait été décrié par les organisations écologistes, qui pointaient l’augmentation du bruit et de la pollution de l’air, et une partie du camp travailliste du Premier ministre Keir Starmer.Le maire de Londres Sadiq Khan, lui aussi opposé au projet, avait dénoncé “l’impact grave” que la troisième piste aura sur les Londoniens et “la réalisation de nos objectifs en matière de changement climatique”.Mais l’aéroport ouvert en 1946 assure vendredi que si rien n’est fait “le Royaume-Uni risque de perdre son statut de plaque tournante mondiale de l’aviation face à la concurrence croissante des hubs européens” – les principaux sont Paris Charles de Gaulle et les aéroports d’Istanbul et Amsterdam.Selon Heathrow, ces travaux permettraient d’augmenter la capacité de la plateforme pour pouvoir accueillir “jusqu’à 150 millions de passagers” par an, contre 84 millions en 2024.- Saga -Face aux craintes de dérapage de calendrier et de budget, le groupe affirme pouvoir livrer une troisième piste “d’ici dix ans” pour 21 milliards de livres.Le reste du budget, prévu sur “les décennies à venir” sera consacré à l’agrandissement et à la modernisation.Mais cette somme s’ajoute en réalité à un précédent plan d’investissement de 10 milliards de livres (11,6 milliards d’euros) d’ici 2031, annoncé début juillet, dont l’objectif est, déjà, de rafraîchir les installations.Le projet d’agrandissement d’Heathrow n’est pas nouveau. Fin 2020, à l’issue d’une saga judiciaire, la Cour suprême britannique avait statué en faveur d’une troisième piste. Mais le projet a depuis été retardé par l’épidémie de Covid-19.Heathrow a soumis au gouvernement britannique sa proposition, qui comprend une piste de 3.500 mètres. Mais Arora Group, l’un des plus importants propriétaires fonciers d’Heathrow, a annoncé de son côté jeudi qu’il soumettrait une offre concurrente pour la construction d’une troisième piste plus courte.Il promet des coûts plus faibles et moins de nuisances pour les riverains et l’environnement.Luis Gallego, directeur général d’IAG, maison mère de British Airways, dont la base est à Heathrow, a jugé vendredi que l’offre concurrente était “crédible”, en marge de la publication des résultats du groupe aérien (qui a vu son bénéfice net progresser de 44% au premier semestre).Pour autant, le dirigeant a assuré ne pas avoir de préférence entre les deux projets sur la table. “Nous devons travailler en étroite collaboration avec les deux parties pour mieux comprendre ce qu’elles apportent, car les propositions ne sont pas comparables”, selon lui.Heathrow s’est dit de son côté prêt à discuter d’une piste plus courte mais estime que cela ne fera pas forcément baisser les coûts.L’actionnaire principal de Heathrow Airport Holdings est le français Ardian, qui a récemment conclu l’augmentation de sa participation à 32,6%. Il est suivi de l’Autorité d’investissement du Qatar (20%), et du fonds public saoudien PIF (15%).

Guyane: la Cour des comptes alerte sur une gestion forestière à repenser

Exploitation du bois insuffisante, gouvernance éclatée, dépendance financière: dans un récent rapport, la Cour des comptes dresse un constat alarmant et critique de la gestion de la forêt guyanaise qui recouvre 96% de ce territoire français d’Amérique du Sud.Cette gestion est confiée à 75% à l’Etat via l’Office national des forêts (ONF) et pour le reste au Parc amazonien de Guyane (PAG), plus grand parc national français.Une organisation qui manque d’efficacité selon la Cour qui appelle à une refonte complète de la politique sylvicole sur le territoire. Avec 8,02 millions d’hectares, la forêt guyanaise est le plus vaste massif forestier d’outre-mer et constitue 31% de l’ensemble des forêts françaises mais reste sous-exploitée, estime la Cour dans son rapport rendu public le 21 juillet. En 2023, seulement 70.550 m3 de bois ont été exploités, “soit l’équivalent d’une petite scierie des Landes”, compare Thomas Caparros, président de l’Interprobois Guyane, une association interprofessionnelle de la filière. Pour l’association, “la gestion actuelle souffre d’un manque de coordination, d’infrastructures et d’une planification adaptée au terrain”.Bien que la filière bois soit le deuxième secteur économique de la Guyane, après le spatial, avec un chiffre d’affaires avoisinant les 100 millions d’euros par an, son développement reste freiné par des contraintes d’accès aux ressources. – Manque d’infrastructures – “Tout est une question d’accessibilité”, explique François Korysko, directeur territorial de l’ONF en Guyane: “aujourd’hui, on arrive à accéder à une bande le long du littoral qui est un peu restreinte par la longueur des pistes construites”. Pour exploiter davantage, il faudrait ouvrir, à travers la végétation dense, entre “40 et 50 kilomètres de pistes par an”, plaide Thomas Caparros, “mais à peine 35 sont réalisées chaque année.”Pour atteindre cet objectif, 2,7 millions d’euros seraient nécessaires chaque année, or seulement 1,7 million est attribué. Alors que les besoins augmentent, “l’objectif de tripler la production d’ici 2029”, fixé par le programme régional forêt-bois, est jugé “hors d’atteinte”, selon la Cour.”On exporte de moins en moins de bois de Guyane car le marché local consomme toute la production locale”, explique Emmanuel Bazin de Jessey, président de la Fédération régionale du BTP.D’après le rapport, la demande de bois pour la construction de logements neufs pourrait atteindre 143.000 m3 par an entre 2022 et 2032, contre une moyenne de 70.000 m3 en 2019.La Cour recommande d’ailleurs d'”accélérer la mise en exploitation des plantations” et d'”expérimenter l’augmentation de prélèvements d’arbres” pour augmenter la production.Toutefois, l’ONF estime que ces volumes ne pourront être atteints qu'”avec des moyens financiers et humains supplémentaires”.- Diversifier les essences – La Cour insiste aussi sur le fait que la forêt pourrait être exploitée de manière durable et rentable, avec moins de dépendance aux aides publiques – qui représentent encore 65 à 70% du budget de la filière.Les professionnels s’engagent à respecter une charte d’exploitation à faible impact, qui encadre les prélèvements d’arbres, même si certains exploitants et élus locaux veulent revoir certaines mesures.  Selon l’ONF, ces mesures permettent “la régénération de la forêt et limitent l’impact des prélèvements”.Pour augmenter la production, les professionnels s’accordent sur le besoin de diversifier les essences utilisées.  Seules une vingtaine d’essences sont actuellement considérées comme exploitables par la filière BTP, selon Emmanuel Bazin de Jessey. Or la “certification complète” de nouvelles essences “prend environ un an”, précise François Korysko.Au total, la Cour formule cinq recommandations pour redéfinir les priorités autour de cette ressource stratégique à la fois écologique, économique et sociale.

Surtaxes: l’Afrique du Sud mène des discussions “intensives” avec les Etats-Unis, selon Ramaphosa

L’Afrique du Sud est engagée dans des “négociations intensives” pour tenter de trouver un accord avec l’administration Trump, qui veut imposer à Pretoria des droits de douanes de 30% sur ses exportations vers les Etats-Unis, a déclaré vendredi le président sud-africain Cyril Ramaphosa.L’Afrique du Sud fait partie des quelque 70 pays visés par des surtaxes douanières décidées par le président américain Donald Trump, dont l’entrée en vigueur initialement prévue vendredi a été repoussée au 7 août.Les États-Unis sont le deuxième partenaire commercial de l’Afrique du Sud, après la Chine. Selon les estimations du gouverneur de la banque centrale sud-africaine, Lesetja Kganyago, 100.000 emplois sont menacés en Afrique du Sud par les surtaxes douanières américaines.”Durant cette fenêtre toujours ouverte, nous espérons trouver un moyen de régler cette question”, a déclaré à la presse M. Ramaphosa. “Des négociations intensives sont en cours”, a-t-il ajouté.”Notre tâche, c’est de négocier avec les États-Unis de la manière la plus forte et énergique que nous pouvons”, a expliqué le président Ramaphosa. “Notre objectif, vraiment, c’est de sauver des emplois”, a-t-il souligné.Les secteurs de l’agriculture et de l’industrie automobile seraient les plus touchés par des taxes douanières de 30%, qui risquent d’aggraver un taux de chômage culminant déjà à près de 33%.Le président sud-africain a aussi mentionné les efforts en cours de Pretoria pour conquérir d’autres marchés à l’exportation, “car il est trop risqué de ne se focaliser que sur un seul”. Dans ses discussions avec Washington, Pretoria a proposé d’importer du gaz naturel liquéfié (GNL) américain et de faciliter l’accès au marché pour certains produits agricoles des Etats-Unis, selon le ministre du Commerce sud-africain.Les liens entre les deux pays se sont détériorés depuis que M. Trump a pris ses fonctions en janvier, le président américain relayant notamment des accusations infondées selon lesquelles les agriculteurs blancs sud-africains sont victimes d’un “génocide”.

Trump met à jour ses surtaxes douanières, le Canada et la Suisse durement touchés

Le président américain Donald Trump a signé jeudi soir le décret fixant le montant des nouvelles surtaxes douanières qui toucheront les produits de dizaines de pays entrant aux Etats-Unis, bousculant l’ordre économique mondial avec ces barrières commerciales particulièrement prohibitives pour le Canada et la Suisse.La Maison-Blanche, qui a l’ambition de “restructurer le commerce mondial au bénéfice des salariés américains”, a accordé un répit de quelques jours. Ces nouvelles taxes sur les importations prendront effet le 7 août, et non ce vendredi 1er août comme attendu initialement, pour permettre aux douanes de s’organiser pour leur collecte.”Le décret et les accords commerciaux conclus ces derniers mois rompent avec les règles qui régissaient le commerce international depuis la Seconde Guerre mondiale”, a souligné Wendy Cutler, vice-présidente de l’Asia Society Policy Institute.Ces décisions menacent d’augmenter les coûts des entreprises et les prix payés par les consommateurs. Elles risquent d’entraîner un ralentissement de l’économie mondiale, même si le Fonds monétaire international (FMI) s’est montré mardi moins pessimiste qu’il y a encore trois mois.- Bourses en baisse -Les Bourses européennes ont ouvert dans le rouge vendredi. La plupart des marchés asiatiques ont clôturé en petite baisse.Pour certains pays, pas de surprise. La surtaxe affichée dans le décret est celle obtenue après des mois de négociations avec Washington qui a cherché à obtenir d’eux le plus de concessions possibles, sans subir de représailles.L’Union européenne (UE), le Japon ou la Corée du Sud voient ainsi leurs produits taxés à hauteur de 15%, et le Royaume-Uni de 10%. L’UE a aussi obtenu une exemption pour des secteurs clés, mais d’autres surtaxes restent en place, à l’instar du vin et spiritueux dont les exportateurs français ont dit vendredi craindre “des effets” sur l’emploi.- “Regret” et “déception” -Pour d’autres pays, ce sera la douche froide, comme la Suisse, qui écope d’une surtaxe de 39%, bien davantage que ce qui lui avait été promis en avril (31%).Le gouvernement fédéral suisse a pris acte de cette décision vendredi “avec grand regret”, mais veut croire à “une solution négociée”.Le Canada voit les droits de douane appliqués à ses produits passer de 25% à 35%, sauf s’ils sont couverts par l’accord de libre-échange entre les trois pays d’Amérique du Nord. Son Premier ministre Mark Carney s’est dit “déçu”, mais a appelé à “acheter canadien et diversifier [les] marchés d’exportation” de son pays.Ottawa n’a pas coopéré afin de réduire le flot de fentanyl et autres drogues entrant aux Etats-Unis, selon la Maison-Blanche. Donald Trump a aussi jugé un accord “très difficile” en cas de reconnaissance de la Palestine par le Canada, envisagée par Mark Carney. La plus forte surtaxe concerne la Syrie (41%), suivie du Laos (40%).Plusieurs économies asiatiques ont exprimé vendredi leur satisfaction de voir leurs exportations touchées par une surtaxe inférieure à ce que Washington avait brandi au départ.C’est le cas de la Thaïlande, avec 19% contre 36% initialement, qui a salué un “succès majeur”. Ou du Cambodge, 19% contre 49% initialement, qui a évoqué “la meilleure nouvelle possible”.- Le Mexique épargné -La Chine, en négociations avec les Etats-Unis pour prolonger leur trêve commerciale courant jusqu’au 12 août, a dénoncé vendredi un protectionnisme qui nuit à “toutes les parties”.Un pays a échappé aux foudres de Donald Trump. Le Mexique a obtenu un sursis de 90 jours avant une éventuelle augmentation de droits de douane.L’exécutif américain a en revanche puni le Brésil, plus tôt dans la semaine. Ses produits, hors exceptions, seront frappés par 50% de surtaxe, en représailles contre les poursuites visant l’ex-président brésilien Jair Bolsonaro, son allié d’extrême droite, accusé d’avoir tenté un coup d’Etat après sa défaite lors de l’élection de 2022.Coïncidence du calendrier, une cour d’appel fédérale a commencé jeudi à Washington à examiner un appel devant déterminer si Donald Trump a outrepassé ses pouvoirs constitutionnels en imposant ces surtaxes, sans l’approbation du Congrès. L’avocat des plaignants, des petites entreprises ainsi qu’une dizaine d’Etats américains, a notamment dénoncé “un accaparement de pouvoir sans précédent de la part d’un président en 200 ans”.

La Bourse de Paris en nette baisse, entre résultats et surtaxes américaines

La Bourse de Paris évolue en nette baisse vendredi, plombée à la fois par des résultats d’entreprises sanctionnés par les investisseurs mais aussi l’officialisation de surtaxes américaines qui doivent entrer en vigueur dans les prochains jours.L’indice vedette de la place de Paris, le CAC 40, s’inscrivait en baisse de 1,55%, soit 120,83 points de baisse, pour s’établir à 7.651,14 points, vers 10H00 heure locale (08H00 GMT). Il avait terminé en baisse de 1,14% jeudi.Le président américain Donald Trump a signé jeudi le décret fixant le montant des nouveaux droits de douane qui toucheront les produits de dizaines de pays entrant aux Etats-Unis, allant de 15% à 41%, bousculant l’ordre économique mondial.Les produits de l’Union européenne (UE) seront taxés à hauteur de 15% avec des exemptions pour quelques secteurs clés.”Les droits de douane de Trump ouvriront une nouvelle ère pour le commerce mondial la semaine prochaine, et personne ne peut vraiment dire comment ces barrières historiques et nouvelles” auront comme conséquences en pratique, affirme Jochen Stanzl, analyste de marché chez CMC Markets.”Le taux douanier américain est passé à environ 15%, contre un peu plus de 2% au début de l’année”, a relevé Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank. “Il s’agit de son niveau le plus élevé depuis les années 1930.”Les investisseurs digèrent par ailleurs une nouvelle salve de résultats d’entreprises.Les disparités sont fortes au premier semestre pour les entreprises du CAC 40, qui ont globalement vu leurs bénéfices nets reculer sur fond de guerre commerciale, d’après un décompte réalisé vendredi par l’AFP.Teleperformance en chute libreLe géant mondial des centres d’appels Teleperformance a plongé de plus de 17% vendredi à la Bourse de Paris, au lendemain de la publication de ses résultats du premier semestre faisant état d’une nette baisse de son bénéfice.L’action du groupe s’inscrivait en dégringolade de 16,10% à 71,92 euros vers 10H00 à Paris.Axa à la peineL’assureur Axa a chuté de plus de 6% vendredi dans les premiers échanges de la Bourse de Paris après avoir fait état d’un bénéfice net en repli de 2% sur le premier semestre, malgré un chiffre d’affaires en hausse de 7%.Le titre perdait toujours 5,30% vers 10H00 à 40,42 euros.Engie dans le rougeL’action du groupe d’énergie Engie cédait 3,39% à 18,96 euros vers 10H00 à la Bourse de Paris, se reprenant un peu après avoir lâché plus de 5% à l’ouverture.Sur le premier semestre 2025, le groupe a dégagé un bénéfice net récurrent en repli de 19% à 3,1 milliards d’euros. Engie “aborde les prochains mois avec confiance”, a déclaré sa directrice générale Catherine MacGregor, qui a insisté sur un contexte économique et géopolitique “assez incertain et mouvant”.

Les fermiers sud-africains si chers à Trump, premières victimes de ses taxes douanières

A rebours du discours protecteur de Donald Trump à l’égard des fermiers blancs afrikaners, l’agriculture sud-africaine est particulièrement frappée par les lourdes surtaxes douanières américaines visant Pretoria.Les nuages de l’hiver austral s’amoncellent au-dessus de la vallée viticole de Robertson, à 150 kilomètres à l’est du Cap. L’horizon s’y assombrit aussi avec l’entrée en application, désormais fixée au 7 août, des droits de douanes américains de 30% visant tous les produits sud-africains.Le Cap Classique, vin blanc pétillant local élaboré selon la méthode champenoise, bénéficiait auparavant d’une exemption de surtaxes par Washington grâce à la loi AGOA. Comme tant d’autres produits agricoles: agrumes, noix de macadamia ou encore avocats…Dans les vignobles nus de Graham Beck, grand nom du Cap Classique, des ouvriers agricoles enveloppés d’épaisses polaires taillent les pampres. La maison, comptant 135 employés, a anticipé l’envoi des près de 300.000 bouteilles qu’elle écoule chaque année sur le marché américain, soit presque 15% de sa production annuelle.”Il fallait gagner du temps, en envoyant aux Etats-Unis un peu plus de stock pour nous permettre de tenir toute l’année sans affecter nos prix”, raconte à l’AFP le directeur général Pieter Ferreira. “Mais je ne pense pas que ça change grand chose, car la boule de cristal est floue pour 2026.”Au total, 4% des exportations agricoles sud-africaines étaient à destination des Etats-Unis l’an passé selon la Chambre d’agriculture locale. Soit près de 600 millions de dollars d’après des chiffres de cette organisation ainsi que du fisc sud-africain.Dans un pays où 72% des terres arables appartenaient encore en 2017 à la minorité blanche, selon des chiffres gouvernementaux, ces surtaxes douanières affectent surtout les descendants des premiers colons européens. Ces Afrikaners dont Donald Trump s’est fait le défenseur auto-proclamé en accueillant une cinquantaine d’entre eux, tels des réfugiés.Le président américain a encore accusé mardi Pretoria d’avoir des “politiques très mauvaises” en affirmant que “beaucoup de gens se font tuer”, dans la droite ligne de ses allégations sur une prétendue persécution des fermiers issus de la minorité blanche, qui représente 7,3% de la population.”Les souffrances des agriculteurs ne sont pas une question raciale, comme il tente de le faire croire”, balaie Pieter Ferreira. “Il affirme que le gouvernement (sud-africain) ne s’intéresse pas au sort des fermiers, mais il leur inflige lui-même des droits de douanes de 30% sur les produits agricoles”, constate-t-il.- 100.000 emplois en jeu -D’après le gouverneur de la banque centrale sud-africaine, les taxes douanières américaines pourraient coûter au total 100.000 emplois à la première économie du continent, déjà accablée par un chômage de près de 33%.”L’impact sur l’agriculture pourrait être assez dévastateur, car ce secteur emploie beaucoup de travailleurs peu qualifiés”, a averti ce même Lesetja Kganyago, citant en particulier le secteur des agrumes.Les Etats-Unis absorbent entre 6% et 8% de ces fruits sud-africains, selon qu’il s’agisse d’oranges ou de mandarines.Mais certaines exploitations, en particulier à Citrusdal à 200 km au nord du Cap, ont beaucoup misé sur le marché américain grâce aux conditions d’exportations préférentielles permises par l’AGOA.”A l’heure actuelle, ça représente environ 25 à 30% de notre activité. Il s’agit de notre produit haut de gamme, ce qui en fait l’un de nos marchés les plus importants”, explique à l’AFP Gerrit van der Merwe, entre deux allées parsemées d’oranges dans ses 1.000 hectares de plantation.Sa famille fêtera l’an prochain les 260 ans de l’exploitation familiale à Citrusdal, incarnant ce travail de la terre au coeur du mythe fondateur des Afrikaners – boer signifie d’ailleurs “fermier” en néerlandais comme en afrikaans.- Ville morte ? -“En tant qu’entreprise bien établie, on survivra à la situation”, explique le patron de cette exploitation (ALG), qui emploie environ 2.000 personnes. “Mais quelle est la réalité? Si on réduit la voilure de 100 hectares, c’est 200 personnes qui se retrouveront sans boulot l’an prochain à Citrusdal.”Un chiffre colossal pour une modeste ville rurale comptant moins de 10.000 habitants et très affairée en cette période intensive de récolte.”Les agrumes sont la seule source de revenus. Si on n’emploie pas ces 200 personnes, qui le fera? Sans compter que cela aura des répercussions sur le supermarché, la pharmacie, les magasins de vêtements”, alerte Gerrit van der Merwe. “A quoi bon survivre en tant qu’exploitant, si notre petite ville rurale meurt?”S’il avait un message au président américain, qu’il “respecte” pour “ses efforts à ramener des industries aux Etats-Unis” tout en étant en “désaccord avec sa méthodologie”, il rappellerait que les producteurs d’agrumes sud-africains exportent un “produit hors saison”.”Donc on ne vole aucun emploi à la Californie”, plaide-t-il. “Tout ce qu’on fait, c’est proposer un produit sain à un prix très abordable.”

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Trump met à jour ses surtaxes, le Canada et la Suisse durement touchés

Le président américain Donald Trump a signé le décret fixant le montant des nouvelles surtaxes douanières qui toucheront les produits de dizaines de pays, bousculant l’ordre économique mondial avec ces barrières commerciales particulièrement prohibitives pour le Canada et la Suisse.Certains pays d’Asie, qui redoutaient une facture plus lourde, ont accueilli malgré tout avec des oufs de soulagement vendredi ces nouveaux nouveaux droits de douane, qui s’ajouteront à ceux qui existaient avant le retour de M. Trump au pouvoir. La Maison Blanche, qui a l’ambition de “restructurer le commerce mondial au bénéfice des salariés américains”, a accordé un répit de quelques jours. Ces taxes sur les importations prendront effet le 7 août, et non le 1er août comme attendu initialement, pour permettre aux douanes de s’organiser pour la collecte, a indiqué un responsable de la Maison Blanche à la presse.Les Bourses asiatiques ont néanmoins reculé de concert vendredi après la publication des surtaxes.Celles-ci menacent, selon les experts, de freiner les échanges, d’augmenter les coûts des entreprises et les prix payés par les consommateurs et d’entraîner un ralentissement de l’économie mondiale.”Il n’y a pas doute: le décret et les accords commerciaux conclus ces derniers mois rompent avec les règles qui régissaient le commerce international depuis la Seconde Guerre mondiale”, a réagi Wendy Cutler, vice-présidente de l’Asia Society Policy Institute.Pour certains pays, pas de surprise. La surtaxe affichée dans le décret est celle obtenue après des mois de négociations avec Washington qui a cherché à obtenir d’eux le plus de concessions possibles, sans subir de représailles sur les exportations américaines.L’Union européenne (UE), le Japon ou la Corée du Sud voient ainsi leurs produits être taxés à hauteur de 15%, et le Royaume-Uni de 10%. L’UE a aussi obtenu une exemption pour des secteurs clés.- Sursis pour le Mexique -Pour d’autres, ce sera la douche froide, comme la Suisse, qui écope d’une surtaxe de 39%, bien davantage que ce qui lui avait été promis en avril (31%) alors que les autorités helvétiques misaient sur les négociations.Le Canada voit les droits de douane appliqués à ses produits passer de 25% à 35%, sauf s’ils sont couverts par l’accord de libre-échange entre les trois pays d’Amérique du Nord.Le Canada n’a pas été en mesure de coopérer afin de réduire le flot de fentanyl et autres drogues” entrant aux Etats-Unis, selon la Maison Blanche, qui reproche aussi à Ottawa d’avoir “pris des mesures de représailles contre les Etats-Unis”.La plus forte surtaxe concerne la Syrie (41%), suivie du Laos (40%).Plusieurs économies asiatiques, dépendantes du marché américain, ont exprimé vendredi leur satisfaction de voir que leurs exportations seront touchées par une surtaxe inférieure à ce que l’exécutif américain avait brandi au départ.C’est le cas de la Thaïlande, avec 19% contre 36% initialement, qui a salué un “succès majeur”. Ou encore du Cambodge (avec 19% également contre 49% initialement), qui a évoqué “la meilleure nouvelle possible”.Taïwan, dont les produits seront touchés par 20% de surtaxe, a dit de son côté espérer obtenir une baisse supplémentaire après avoir été menacé d’un montant supérieur en avril (32%).Au milieu des nombreuses annonces de la journée de jeudi aux Etats-Unis, un pays a échappé aux foudres douanières de Donald Trump. Le Mexique a obtenu un sursis de 90 jours avant une éventuelle augmentation de droits de douane.- Risque juridique -L’exécutif américain a en revanche puni le Brésil, plus tôt dans la semaine. Les produits brésiliens (hors exceptions) seront frappés par 50% de surtaxe douanière à l’entrée aux Etats-Unis. Donald Trump assume d’agir en représailles contre les poursuites visant l’ex-président Jair Bolsonaro, son allié d’extrême droite, accusé d’avoir tenté un coup d’Etat après sa défaite lors de l’élection de 2022.Coïncidence du calendrier, une Cour d’appel fédérale a commencé jeudi à Washington à examiner un appel devant déterminer si Donald Trump a outrepassé ses pouvoirs constitutionnels en imposant ces surtaxes sans l’approbation du Congrès. Cela concerne les droits de douane universels, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas imposés à un secteur particulier comme l’automobile ou l’acier.L’avocat des plaignants, des petites entreprises ainsi qu’une dizaine d’Etats américains, a notamment dénoncé “un accaparement de pouvoir sans précédent de la part d’un président en 200 ans”.La Maison Blanche a déjà promis de saisir la Cour suprême si la décision lui était défavorable.