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Commerce: l’Inde et l’UE concluent “l’accord de tous les accords”

L’Inde et l’Union européenne (UE) ont officialisé mardi la conclusion d’un ambitieux accord de libre-échange commercial qui, au terme de vingt ans de négociations, va créer “une zone de libre-échange de 2 milliards de personnes”.Dans un contexte géopolitique mondial incertain, ce pacte doit permettre aux deux parties de mieux se protéger de la concurrence chinoise et des effets de la guerre des droits de douane engagée par les Etats-Unis.Devant la presse, le Premier ministre indien Narendra Modi et ses deux invités, le président du Conseil européen Antonio Costa et son homologue de la Commission Ursula von der Leyen, ont rivalisé de superlatifs pour célébrer leur réussite.”C’est l’accord de tous les accords”, s’est réjoui M. Modi, en soulignant qu’il concernait “environ un quart du produit intérieur brut (PIB) mondial”.”Ce traité va offrir de nombreuses opportunités au 1,4 milliard d’Indiens et aux millions d’habitants de l’UE”, a-t-il ajouté, “ce n’est pas qu’un accord commercial, c’est aussi la voie vers une prospérité partagée”.”L’Europe et l’Inde ont fait l’histoire aujourd’hui”, a renchéri Mme von der Leyen. “Nous avons créé une zone de libre-échange de deux milliards de personnes qui va bénéficier aux deux parties”, a-t-elle poursuivi.Les derniers obstacles à la conclusion du texte ont été levés lundi lors d’ultimes tractations entre négociateurs.L’Inde et l’UE espèrent doper leur commerce en réduisant leurs droits de douane dans de nombreux secteurs.Selon Bruxelles, la réduction des taxes indiennes sur les importations européennes devrait permettre à l’UE d’économiser jusqu’à 4 milliards d’euros chaque année, notamment sur des produits emblématiques.Les droits de douane indiens sur les véhicules “made in Europe” doivent ainsi passer 110 à 10%, ceux sur les vins de 150 à 20% et ceux sur les pâtes ou le chocolat, actuellement à 50%, être totalement supprimés, a détaillé l’UE.- “Accès sans précédent” -“L’UE compte bénéficier du niveau d’accès le plus élevé jamais accordé à un partenaire commercial sur le marché indien traditionnellement protégé”, avait indiqué Ursula von der Leyen dès son arrivée dimanche en Inde, pariant sur un doublement des exportations européennes.De son côté, l’Inde attend une hausse de ses exportations dans de nombreux secteurs dont le textile, les pierres précieuses, la joaillerie, le cuir et les services, a souligné son Premier ministre.”L’accès préférentiel sans précédent accordé à plus de 99% des exportations indiennes change la donne pour notre industrie”, s’est félicité Chandrajit Banerjee, le responsable de Confédération de l’industrie indienne (CII).Outre le seul domaine commercial, les deux parties ont étendu leur partenariat en matière de défense et de sécurité.”Nous ne nous contentons pas de renforcer nos économies, mais aussi la sécurité de nos concitoyens dans un monde de moins en moins sûr”, a expliqué la cheffe de la Commission européenne. “En combinant ces atouts, nous réduisons notre dépendance stratégique à un moment où l’arme commerciale est de plus en plus utilisée”.En 2024, l’Inde et l’UE ont échangé 120 milliards d’euros de marchandises – en hausse de près de 90% en dix ans – et 60 milliards d’euros de services, selon la partie européenne.Bruxelles lorgne avec gourmandise sur l’immense marché que représente le pays le plus peuplé de la planète, avec ses 1,5 milliard d’habitants et sa très forte croissance, de 8,2% en glissement annuel au dernier trimestre.Selon les projections du Fonds monétaire international (FMI), l’Inde devrait rafler cette année au Japon le titre de quatrième économie mondiale, derrière les Etats-Unis, la Chine et l’Allemagne. Et elle pourrait monter sur le podium avant 2030, selon son gouvernement.Pour sa part, New Delhi considère l’Europe comme une source indispensable des technologies et investissements dont elle a un cruel besoin pour accélérer sa modernisation et créer des millions d’emplois pour sa population.New Delhi et Bruxelles ont également paraphé mardi un accord sur les mouvements de travailleurs saisonniers, les échanges d’étudiants, de chercheurs ou de certains professionnels à forte qualification.

A Rétromobile, la nostalgie des voitures d’avant l’électronique

“Le charme de ces voitures, c’est qu’on pouvait les bricoler soi-même”: les “youngtimers”, modèles populaires des années 1970, 80 ou 90, s’arrachent chez les quelque 500.000 collectionneurs français, une nostalgie à l’honneur au salon Rétromobile qui s’ouvre jeudi à Paris.”On aime à collectionner les modèles dont on a rêvé plus jeune: les quinquas d’aujourd’hui ont bavé à 14 ans devant les Golf GTI – le modèle révolutionnaire lancé par Volkswagen en 1976 – et peuvent aujourd’hui les acheter”, explique Romain Grabowski, directeur de Rétromobile, qui attend cette année 150.000 visiteurs.Depuis quelques années, les passionnés ne jurent plus que par les modèles grand public assez récents, dits “youngtimers”. Ce terme, qui s’appliquait initialement aux voitures de moins de 30 ans, trop jeunes pour le label “voiture de collection”, englobe désormais dans le langage courant tous les modèles d’après 1975. Comme ils ont été fabriqués à des millions d’exemplaires, on peut encore se les offrir pour un prix modique. Avec une cote d’amour particulière pour les modèles “GTI”, les versions sportives de l’époque, aux moteurs plus puissants, comme la Golf GTI qui atteignait les.. 182 km/h.Voitures mais aussi motos, tracteurs ou avions, tous participent à la vogue des youngtimers. Surtout depuis que l’électronique a érigé une barrière avec le monde d’avant, celui où un bricoleur réglait le moteur à l’oreille.C’est une passion répandue en France, qui compte plus de mille clubs, soit plus de 500.000 collectionneurs, qui possèdent au total un million de véhicules, souligne Patrick Gomez, directeur de la Fédération française des véhicules d’époque (FFVE). Elle organise notamment dimanche une 26e “traversée de Paris” avec 700 véhicules anciens, dont un tiers de youngtimers.- “Rouler ad vitam aeternam” -“Avant, la règle d’or des collectionneurs, qu’ils aient 20 ou 95 ans, était qu’ils s’intéressaient aux voitures de leurs parents ou de leurs grand-parents. Mais depuis les années 90, les voitures embarquent beaucoup d’électronique. Tout est fait pour empêcher les gens de les réparer eux-même”, explique le journaliste François Allain, ancien  présentateur de l’émission culte Vintage Mecanic. “Les jeunes ne s’intéressent pas aux voitures d’il y a 25 ans mais aux modèles des années 70 et 80, comme la 2CV, la 4L, l’Austin Mini, la Fiat 500, fabriquées par millions. Des sociétés refabriquent même des pièces pour ces voitures, qui bien entretenues peuvent rouler ad vitam aeternam”, ajoute-t-il. “On peut se faire plaisir pour quelques milliers d’euros. Se balader en 2CV ça redonne le sourire aux gens”, note le journaliste.Les constructeurs ont flairé le filon. Comme Renault qui a fait le pari de lancer ses modèles électriques grand public en s’inspirant de ses succès passés. “On a décidé il y a cinq ans de ressusciter la R5, le modèle que tous voulaient revoir. Et le sujet est devenu non pas l’électrique, mais la R5”, résume Arnaud Belloni, directeur marketing monde de la marque Renault. Idem pour la Twingo électrique, qui sort cette année, et la R4, référence à la mythique 4L. “C’est un choix gagnant: la R5 est devenue le modèle électrique numéro un en France”, se félicite-t-il.”Trouver un youngtimer en bon état à bon prix, c’est trop tard: leurs prix ont doublé ou triplé en dix ans”, relève le garagiste Vincent Côme, ex-mécanicien star de Vintage Mecanic, qui lance une émission baptisée “Chasseur de youngtimers” sur Automoto la chaîne. “Une 205 à refaire, qu’on trouvait à 1.500 euros, vaut maintenant 6.000 à 7.000 euros”, explique-t-il.Principal ennemi des modèles d’avant 1990, la rouille. “Refaire la tôlerie peut revenir cher. Or on trouve de moins en moins de pièces en France. Seule solution, acheter à l’étranger, là où des modèles ont été fabriqués plus tard. On a même vu un club de passionnés de 2CV racheter des moules pour refabriquer la tôlerie”, note le garagiste, qui possède une quarantaine de voitures.On voit beaucoup de ces modèles rouler dans les campagnes, et pas seulement du fait de collectionneurs. Même s’ils polluent davantage que ne requièrent les normes actuelles, ils ont l’autorisation de rouler s’ils respectent les normes de l’année où ils ont été produits. 

Espagne: le chômage passe en-dessous de la barre des 10% au 4e trimestre 2025 (officiel)

Le chômage en Espagne est passé sous la barre des 10% au quatrième trimestre 2025 en s’établissant à 9,93%, selon les derniers chiffres publiés mardi par l’Institut national des statistiques.”Pour la première fois depuis 2008, le chômage passe sous la barre des 10%.L’Espagne s’approche des 22,5 millions de personnes ayant un emploi, un nouveau record historique”, s’est réjoui le Premier ministre, Pedro Sánchez, sur le réseau social X.Au total 2,47 millions de personnes sont sans emploi (2,47 millions) dans le pays.Parmi les nouveaux emplois figurent une part plus importante d’étrangers que d’Espagnols (52.500 contre 23.700), une proportion non négligeable alors que l’Espagne s’apprête à régulariser un demi-million de sans-papiers pour soutenir son économie.Le taux de chômage en Espagne, qui avait bondi durant la pandémie de Covid-19, a nettement reflué ces dernières années grâce au rebond impressionnant de l’activité touristique.Depuis un an, le nombre de personnes en activité a ainsi progressé jusqu’à atteindre 22,4 millions selon l’INE, dans un contexte de forte croissance économique, stimulée par la hausse de l’immigration et la consommation.La Banque d’Espagne prévoyait que le taux de chômage ne passe pas sous la barre symbolique des 10% avant 2027.Malgré cette embellie, le taux de chômage espagnol reste toujours le plus élevé de l’Union européenne et des pays de l’OCDE.

Auchan envisage de vendre 91 supermarchés au Groupement Mousquetaires (Intermarché)

Auchan, qui souhaite se concentrer sur ses hypermarchés, entend proposer à la vente 91 supermarchés au Groupement Mousquetaires (Intermarché), a annoncé le groupe mardi.Le distributeur, en difficulté, avait dévoilé en novembre son projet de basculer en franchise Intermarché ou Netto ses supermarchés. Le groupe en compte environ 300 dont une trentaine sont déjà franchisés. Sur son parc total de 266 magasins détenus en propre, il ne prévoit désormais un passage en franchise que pour 164 d’entre eux, dit-il mardi. Dans un communiqué, il indique que 91 supermarchés, “de par leur situation géographique ou économique”, seront “proposés à la cession au Groupement Mousquetaires”. La localisation de ces supermarchés n’est pas précisée.Le projet est soumis à la consultation des instances représentatives du personnel, ouverte mardi, et doit être autorisé par l’Autorité de la concurrence.Pour les 164 supermarchés qui passeraient en franchise, Auchan souhaite créer une nouvelle entité juridique autonome qui resterait sa propriété mais qui permettrait l’exploitation sous enseigne Intermarché ou Netto.”Cette entité bénéficierait immédiatement du modèle commercial d’Intermarché pleinement adapté à ce format”, estime Auchan, notamment en termes de “compétitivité” des prix.Auchan espère finaliser l’intégration progressive de ces 164 supermarchés “à l’horizon avril 2027.”En novembre, le directeur général d’Auchan Retail, Guillaume Darrasse, avait précisé les contours du modèle envisagé: “les fonds de commerce, l’immobilier restent propriétés d’Auchan, les salariés restent des salariés d’Auchan, et on travaillera sous enseigne Intermarché, qui nous livrera les marchandises, la politique commerciale, le concept magasin.”Auchan conserverait 11 supermarchés dans son périmètre, “sous d’autres formats”, indique le distributeur, sans détailler davantage.L’opération doit permettre à Auchan de faire baisser les prix dans ses supermarchés, de 6 à 8% selon une source proche du dossier, tout en continuant le “travail” sur sa centaine d’hypermarchés.La présentation du projet en novembre aux instances du personnel avait provoqué “une onde de choc”, avait alors témoigné à l’AFP René Carette, délégué syndical central à la CFDT Auchan.”On veut qu’Auchan s’engage à maintenir tous les emplois et tous les acquis sociaux”, avait ajouté Franck Martinaud, délégué syndical Retail France FO.Ce deal “gagnant-gagnant” pourrait “nous permettre d’étendre notre emprise sur le marché français”, s’était de son côté félicité le patron des Mousquetaires, Thierry Cotillard. Les supermarchés Auchan représentent deux points de part de marché, et les Mousquetaires visent 20% en 2028, contre 17,7% en octobre, selon Kantar Worldpanel.

En Moselle, recherches et espoirs après la découverte “unique au monde” d’hydrogène naturel

Pourra-t-on prochainement exploiter en Lorraine des millions de tonnes d’hydrogène naturel, possible source d’énergie décarbonée? Les recherches s’intensifient autour de ce gisement sous-terrain potentiellement unique au monde, dont les retombées économiques pourraient profiter à toute la région.A Pontpierre, à une quarantaine de kilomètres à l’est de Metz, une plateforme de forage de 41 mètres de haut, venue d’Autriche, a été érigée en périphérie du village de 800 habitants.La semaine dernière, les tiges ont atteint 2.600 mètres de profondeur. Et l’objectif est de creuser encore, jusqu’à 4.000 mètres courant février, à la recherche d’hydrogène blanc, ou natif, dissout naturellement dans les eaux souterraines.Ces travaux doivent permettre de poursuivre les investigations après la découverte “unique” de ce qui pourrait être “la plus grosse réserve d’hydrogène naturel au monde”, rappelle Yann Fouant, responsable des relations publiques de La Française de l’Energie (FDE). Cette entreprise mène le projet avec l’appui scientifique du laboratoire GeoRessources du CNRS et de l’Université de Lorraine, dans le cadre d’un programme de recherches baptisé Regalor II (pour Ressources en gaz et en lithium en Lorraine).Selon les estimations du CNRS à l’issue du précédent programme de recherches, Regalor, le gisement lorrain (qui s’étend aussi sur une partie des territoires belge, luxembourgeois et allemand) pourrait comporter environ 34 millions de tonnes d’hydrogène. – “Petites bulles en surface” -Le but de ce nouveau programme de recherches est de descendre bien plus bas que le précédent (qui s’était arrêté à 1.300 m de profondeur) pour “se rapprocher peut-être de la source, de la cuisine de l’hydrogène” et ainsi mieux comprendre les mécanismes de sa formation, explique Jacques Pironon, directeur de recherches du CNRS au laboratoire GeoRessources.L’hydrogène natif se forme naturellement dans le sous-sol, via des réactions chimiques, entre l’eau et des minéraux par exemple. En Lorraine, où l’extraction minière a jadis fait fleurir l’économie, les veines de charbon, en se transformant en gaz “avec le temps (et) la température”, sont peut-être à l’origine de la création de l’hydrogène, détaille M. Pironon.Cela peut aussi provenir d’une réaction entre des molécules de fer et d’eau: le fer va créer “de la rouille en quelque sorte” pour ainsi produire de l’hydrogène. Les études actuellement menées doivent permettre de déterminer quelle hypothèse est la bonne. Cette phase de recherches permet aussi d’anticiper l’exploitation future, espérée, de cette ressource. Dans le cadre de ce forage, “on a déjà produit l’hydrogène, on l’a remonté, on a eu des petites bulles en surface”, détaille M. Fouant.- “Promesse” -“C’est vraiment une promesse (…) pour l’instant, tous les feux clignotent au vert en termes de décarbonation”, de “source d’énergie” et “d’indépendance énergétique”, s’enthousiasme Philippe de Donato, directeur de recherche au CNRS, qui travaille sur le projet.Il se félicite également de “l’avance” française en matière de recherche sur l’exploitation du gaz dissout dans l’eau, grâce notamment à une sonde brevetée “que nous sommes les seuls à utiliser”. “On a continué de travailler, d’améliorer cette sonde-là, à la fois en système de mesure et maintenant en système d’extraction à dimension industrielle”.Pour le président de la Région Grand Est Franck Leroy, “ici, en Moselle, le sous-sol fait partie de notre histoire”. “Demain, il peut devenir un atout stratégique pour notre souveraineté énergétique et industrielle”, se félicite-t-il. Deux associations locales de défense de l’environnement, l’APEL57 et le Collectif de défense des bassins miniers lorrains, appellent cependant à la vigilance quant à l’impact futur de ce projet sur les nappes d’eau souterraine.Un précédent projet de la Française de l’Energie, qui visait à exploiter les gaz de couche, autrement dit le méthane piégé dans les veines de charbon du sous-sol lorrain, a d’ailleurs été enterré en décembre par le Conseil d’Etat, justement à cause du risque jugé trop élevé d’atteinte aux ressources en eau.

Les Bourses européennes ouvrent dans le vert

Les Bourses européennes ont ouvert dans le vert mardi, optimistes mais toujours prudentes avant la publication des résultats de poids lourds européens et la première réunion de l’année de la Réserve fédérale américaine.Dans les premiers échanges, la Bourse de Paris prenait 0,16%, Francfort 0,23%, Londres 0,26% et Milan 0,52%.

Bourses mondiales: l’Europe reste prudente, Wall Street avance sans crainte

Les Bourses mondiales ont évolué dans des directions divergentes lundi, les places européennes restant sur la défensive tandis que Wall Street s’est montrée impatiente d’accueillir les résultats des géants de la tech.A New York, le Dow Jones a pris 0,64%, l’indice Nasdaq 0,43% et l’indice élargi S&P 500 a gagné 0,50%.”Il y a une légère anticipation de l’idée” que les géants technologiques “affichent à nouveau de bons résultats”, commente auprès de l’AFP Patrick O’Hare, de Briefing.com.Microsoft (+0,93%), Meta (+2,06%) et Tesla (-3,09%) partageront leurs performances trimestrielles après la clôture mercredi. Apple (+2,97%) fera de même jeudi.”Les analystes veulent en savoir plus sur les initiatives en matière d’intelligence artificielle, le rythme des investissements et les bénéfices attendus afin de mieux évaluer si ce thème peut continuer à soutenir le marché”, souligne Jose Torres, d’Interactive Brokers.En Europe, la Bourse de Paris a terminé en petite baisse de 0,15%, Londres est restée à l’équilibre (+0,05%), quand Francfort (+0,13%) et Milan (+0,26%) ont terminé en timide hausse.”Ce climat de prudence fait suite aux turbulences de la semaine dernière, déclenchées par les menaces douanières surprises du président américain Donald Trump liées au Groenland” à l’encontre de certains pays européens, relève Patrick Munnelly, de Tickmill Group.”Bien que cette menace ait depuis été retirée, les investisseurs restent méfiants quant aux conséquences potentielles à long terme sur le commerce mondial si les droits de douane devenaient un outil de négociation récurrent”, poursuit-il.En parallèle, les acteurs du marché attendent la première réunion de politique monétaire de l’année de la banque centrale américaine (Fed), qui doit débuter mardi.Elle se tiendra dans un contexte tendu, le président de l’institution Jerome Powell ayant révélé début janvier l’existence d’une procédure lancée par le ministère de la Justice contre lui. Il a dénoncé une énième tentative d’intimidation de la Fed par l’exécutif.L’or dépasse les 5.100 dollarsL’or a poursuivi sa course aux records lundi, franchissant pour la première fois de son histoire le seuil des 5.100 dollars l’once.Le métal jaune s’est hissé lundi jusqu’à 5.111,07 dollars l’once (31,1 g). Vers 21H45 GMT, il valait 5.012,50 dollars (+0,50%).La récente envolée de l’or, valeur refuge par excellence, a été soutenue par les tensions autour du Groenland, dont le président américain Donald Trump a dit vouloir s’emparer, promettant à ses alliés européens des taxes douanières en cas d’opposition, avant finalement de lever sa menace, assurant avoir “conçu le cadre d’un futur accord”.L’argent a lui aussi touché un nouveau record lundi à plus de 117 dollars l’once, avant de refluer autour de 103 dollars vers 21H45 GMT.”Ce mouvement souligne un changement de comportement des investisseurs”, relève Daniela Hathorn, analyste pour Capital.com. “Les métaux précieux ne sont plus considérés uniquement comme des instruments de couverture stratégique, mais de plus en plus comme des réserves de valeur alternatives dans un monde marqué par les fractures politiques, les tensions budgétaires et l’incertitude monétaire”, explique-t-elle.Le prix du gaz flambeLe gaz naturel américain a atteint lundi un nouveau sommet depuis 2022, à 6,575 dollars par million de British thermal unit (BTU, une unité de mesure anglo-saxonne).”Cette hausse intervient alors qu’une tempête hivernale frappe les États-Unis, près de la moitié des États ayant déclaré l’état d’urgence”, relèvent les analystes d’ING. “Ces conditions extrêmes vont stimuler la demande de chauffage et mettre les infrastructures énergétiques sous pression.”Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, a lui touché un plus haut depuis mars 2025, à 43,38 euros le mégawattheure (MWh), avant de clôturer à 39,11 euros.Le yen bonditLe yen est en grande forme, prenant 0,96% par rapport au billet vert à 154,23 yens pour un dollar vers 21H45 GMT.”Les anticipations d’une intervention conjointe de la Banque du Japon et de la Fed pour contenir la faiblesse du yen se sont intensifiées”, relève Antonio Ruggiero, de Convera.Selon Bloomberg, la Première ministre japonaise Sanae Takaichi a dit être prête à “prendre toutes les mesures nécessaires pour lutter contre les mouvements spéculatifs et hautement anormaux” du yen.

Wall Street profite de l’élan pour la tech avant les résultats du secteur

La Bourse de New York a terminé en hausse lundi, portée par les grands noms du secteur technologique avant la publication de leurs résultats trimestriels, les investisseurs attendant aussi la réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed).Le Dow Jones a pris 0,64%, l’indice Nasdaq 0,43% et l’indice élargi S&P 500 a gagné 0,50%.”Wall Street démarre certainement (…) du bon pied” cette semaine chargée en événements, juge Jose Torres, d’Interactive Brokers.”Il y a une légère anticipation de l’idée” que les géants technologiques “affichent à nouveau de bons résultats”, commente auprès de l’AFP Patrick O’Hare, de Briefing.com.Et comme selon lui “le marché est en quelque sorte dominé par ces actions à très forte capitalisation”, c’est la place américaine dans son ensemble qui a été tirée vers le haut lundi.Microsoft (+0,93%), Meta (+2,06%) et Tesla (-3,09%) partageront leurs performances trimestrielles après la clôture mercredi. Apple (+2,97%) fera de même jeudi.”Les analystes veulent en savoir plus sur les initiatives en matière d’intelligence artificielle, le rythme des investissements et les bénéfices attendus afin de mieux évaluer si ce thème peut continuer à soutenir le marché”, souligne Jose Torres.Parmi les autres résultats attendus dans les prochains jours, ceux de l’avionneur Boeing, du spécialiste de la défense RTX, du constructeur d’engins de chantier Caterpillar et des groupes pétroliers ExxonMobil et Chevron.En parallèle, la place américaine reste attentive aux développements concernant la banque centrale américaine, dont la première réunion de politique monétaire de l’année doit débuter mardi.”Il est évident que tout le monde s’attend à ce qu’elle maintienne son taux cible inchangé”, relève Patrick O’Hare.Mais le discours de son président, Jerome Powell, sera très suivi mercredi.La Fed est sous le feu des critiques de Donald Trump depuis plusieurs mois, notamment parce que le président américain voudrait voir les taux d’intérêt diminuer plus nettement.M. Powell a annoncé récemment être l’objet d’une procédure lancée par le ministère de la Justice, pouvant aboutir à des poursuites pénales.Sur le plan macroéconomique, le marché a été agréablement surpris par les commandes de biens durables de novembre, qui sont ressorties en nette progression sur un mois (+5,3%) et largement au-delà des attentes.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt d’Etat américain à dix ans se détendait à 4,21% vers 21H30 GMT, contre 4,23% à la clôture vendredi.Côté entreprises, la société Booz Allen Hamilton (-8,12% à 93,93 dollars), habituée des collaborations avec les autorités américaines dont le renseignement, a nettement reculé après avoir vu l’intégralité de ses contrats avec le Trésor annulés.Washington accuse un employé de l’entreprise d’avoir subtilisé les déclarations de revenus de plusieurs centaines de milliers d’Américains et d’en avoir rendu publiques certaines, dont celles de Donald Trump et Elon Musk.La compagnie minière USA Rare Earth (+7,87% à 26,72 dollars) a été recherchée après l’annonce d’une prise de participation à son capital de l’administration Trump via l’émission de nouvelles actions et bons de souscription. La société a aussi levé 1,5 milliard de dollars auprès d’acteurs privés, selon CNBC.La start-up américaine spécialisée dans le “cloud” (informatique à distance) CoreWeave (+5,73% à 98,31 dollars) a aussi terminé en progression après que le géant des semi-conducteurs Nvidia a annoncé avoir acquis pour deux milliards de dollars d’actions de l’entreprise.CoreWeave construit et loue des centres de données équipés de processeurs graphiques Nvidia, essentiels pour l’entraînement des modèles d’IA et leur fonctionnement.

La mort de deux Américains dans le Minnesota fait peser un risque de nouveau “shutdown”

Confronté en octobre à la paralysie budgétaire la plus longue de l’histoire des Etats-Unis, Donald Trump encourt le risque d’un nouveau “shutdown”, les démocrates étant déterminés à l’empêcher de financer sa lutte contre l’immigration après la mort de deux Américains tués par des agents fédéraux à Minneapolis.Jusqu’au week-end dernier, le président américain et les principaux responsables républicains au Congrès semblaient proches de faire voter le reste du budget fédéral pour l’année fiscale 2026.L’obstacle de la Chambre des représentants était déjà passé et les sénateurs républicains étaient plutôt confiants quant à la possibilité de convaincre suffisamment de démocrates à voter en ce sens avant la date limite, vendredi prochain.Mais la mort samedi d’Alex Pretti, deuxième victime de la police fédérale à Minneapolis (Nord) ce mois-ci, a rebattu les cartes et pourrait désormais faire de nouveau basculer le gouvernement fédéral dans la paralysie budgétaire.Le décès de cet infirmier de 37 ans sous les tirs d’agents fédéraux est en effet devenu un symbole de la politique migratoire répressive menée par le gouvernement, provoquant de très vives réactions.Un nouveau “shutdown” aurait des conséquences pour de nombreux ministères, de la santé à la défense, en passant par les transports ou le logement mais, surtout, le ministère de la Sécurité intérieure (DHS), dont dépendent la police de l’immigration (ICE) et l’Agence de protection des douanes et frontières (CBP).Pour les démocrates, il est désormais impossible d’apporter les voix nécessaires pour voter la loi si cette dernière inclut de nouveaux financements en faveur du DHS sans renforcement du contrôle des agences en charge de la politique migratoire.Le texte prévoit 64,4 milliards de dollars pour le DHS, dont 10 milliards pour l’ICE. “Cette répression violente doit s’arrêter. Je ne peux pas voter pour financer le DHS tant que ce gouvernement continue à mener cette violente politique dans nos villes”, a ainsi assuré sur son compte X le sénateur démocrate de Virginie Mark Warner.Le leader des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, a explicité la position de son parti, assurant qu’il bloquerait tout nouveau financement si cela concernait également le DHS, qu’il estime être “lamentablement inadapté pour contrôler les abus de (l’ICE)”.- Républicains sur la défensive -La Maison Blanche et la ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, ont assuré que la mort de M. Pretti relevait de la légitime défense, prétendant — malgré des images montrant le contraire — qu’il s’était approché des agents en brandissant une arme avec la volonté évidente de commettre “un massacre”.S’il portait bien une arme, avec un permis, comme l’ont précisé les forces locales de police et sa famille, plusieurs vidéos montrent Alex Pretti s’approchant un téléphone à la main des agents et venant en aide à une personne plaquée au sol par des policiers, avant d’être à son tour mis à genoux de force, frappé, désarmé, puis tué.Pour Donald Trump, un deuxième “shutdown” en moins de six mois, après le précédent qui avait perturbé les vols, retardé le versement des salaires et coûté politiquement cher au gouvernement, pourrait être un défi.Interrogé sur le drame, le républicain a botté en touche, assurant qu’il n’aimait pas voir de morts dans les rues américaines, mais critiquant également la présence de manifestants armés.Il a annoncé lundi l’envoi à Minneapolis du responsable de sa politique anti-immigration, Tom Homan.Les responsables politiques de la ville et de l’Etat du Minnesota ont eux demandé le retrait immédiat de l’ensemble des agents fédéraux ainsi qu’une enquête indépendante sur les circonstances du drame.Au niveau national, les républicains sont sur la défensive, et, tant à la Chambre qu’au Sénat, des voix s’élèvent pour demander l’audition des responsables de la politique migratoire, certains, même parmi des alliés reconnus de Donald Trump, appelant à l’ouverture d’une enquête.Le sénateur de Louisiane Bill Cassidy a ainsi décrit la mort d’Alex Pretti comme étant “incroyablement perturbante”, prévenant que c’était “la crédibilité de l’ICE et du DHS qui (était) en jeu”, alors que son confrère du Nebraska Pete Ricketts a demandé “une enquête transparente et prioritaire”.Malgré tout, les responsables républicains veulent obtenir les voix nécessaires pour le budget du gouvernement, estimant qu’en sortir le financement du DHS nécessiterait une nouvelle loi, ce qui ferait recommencer au départ la procédure parlementaire et entraînerait ainsi un “shutdown” temporaire.

Commerce: l’Inde et l’Europe concluent “l’accord de tous les accords”

L’Inde et l’Union européenne (UE) ont mis lundi la dernière main à un accord de libre-échange commercial décrit comme “historique” dont la conclusion sera annoncée mardi, sous la pression de la concurrence chinoise et des droits de douane imposés par les Etats-Unis.”Les négociations entre responsables sont terminées et les deux parties sont prêtes à annoncer la conclusion des discussions sur le traité de libre-échange le 27 janvier”, a annoncé à l’AFP un haut-responsable du ministère indien du Commerce, Rajesh Agrawal, sans autre détail.Invités d’honneur lundi des festivités du Jour de la République, le président du Conseil européen Antonio Costa et son homologue de la Commission Ursula von der Leyen retrouvent mardi le Premier ministre Narendra Modi à l’occasion d’un 16e sommet bilatéral.Les ultimes tractations autour de ce document, qualifié de “traité de tous les traités” par le ministre indien du Commerce Piyush Goyal, ont levé les derniers points de frictions entre les parties.”Les dernières négociations ont été utiles, nous sommes désormais très optimistes sur la conclusion de cet accord historique”, a fait savoir lundi en début de soirée sous couvert d’anonymat un responsable européen.Les deux parties discutent depuis plus de vingt ans de cet accord commercial, dont la guerre des droits de douane engagée par le président américain Donald Trump et la concurrence chinoise ont accéléré la conclusion.Soumises à ces incertitudes géopolitiques, l’UE comme l’Inde sont en quête pressante de nouveaux débouchés.En 2024, elles ont échangé 120 milliards d’euros de marchandises – en hausse de près de 90% en dix ans – et 60 milliards d’euros de services, selon l’UE.Bruxelles lorgne avec gourmandise sur l’immense marché que représente le pays le plus peuplé de la planète, avec ses 1,5 milliard d’habitants et sa très forte croissance, de 8,2% en glissement annuel au dernier trimestre.- “Avantage concurrentiel” -Selon les projections du Fonds monétaire international (FMI), l’Inde devrait rafler cette année au Japon le titre de quatrième économie mondiale, derrière les Etats-Unis, la Chine et l’Allemagne. Et elle pourrait monter sur le podium avant 2030, selon son gouvernement.Pour sa part, New Delhi considère l’Europe comme une source indispensable des technologies et investissements dont elle a un cruel besoin pour accélérer sa modernisation et créer des millions d’emplois pour sa population.”L’UE compte bénéficier du niveau d’accès le plus élevé jamais accordé à un partenaire commercial sur le marché indien traditionnellement protégé”, a déclaré Ursula von der Leyen en arrivant dimanche en Inde, pariant sur un doublement des exportations européennes. “Nous obtiendrons un avantage concurrentiel significatif dans des secteurs industriels et agroalimentaires clés”, a-t-elle laissé entendre.L’Inde pourrait ainsi s’ouvrir un peu plus aux voitures et aux vins européens, en échange d’un meilleur accès en Europe pour ses textiles et ses médicaments.New Delhi et Bruxelles entendent aussi parapher mardi un accord sur les mouvements de travailleurs saisonniers, les échanges d’étudiants, de chercheurs ou de certains professionnels à forte qualification, ainsi qu’un pacte de sécurité et de défense.”L’Inde et l’Europe ont fait un choix clair. Celui du partenariat stratégique, du dialogue et de l’ouverture”, a souligné Mme von der Leyen sur X, “nous montrons à un monde fracturé qu’une autre voie est possible”.En matière de défense, New Delhi a diversifié ses achats de matériel militaire en s’éloignant de son fournisseur historique russe, tandis que l’Europe tente de faire la même chose vis-à-vis des Américains.