Test

Chine: objectif de croissance atteint, mais net ralentissement fin 2025

La Chine a officiellement atteint l’objectif de croissance annoncé de 5% en 2025 grâce notamment à ses exportations, mais les chiffres du dernier trimestre de l’année publiés lundi montrent un ralentissement significatif de la deuxième économie mondiale.Les 5% de croissance rendus publics lundi par le Bureau national des statistiques (BNS) sont conformes à l’objectif d'”environ 5%” énoncé par les dirigeants, après une hausse de 5% en 2024.Cela reste néanmoins une des croissances les plus faibles depuis des décennies, hors pandémie. Les données communiquées lundi confirment la langueur de la demande intérieure.Le tableau est assombri par les chiffres du dernier trimestre de 2025 au cours duquel l’économie n’a crû que de 4,5%, comme s’y attendaient les experts.Kang Yi, directeur du BNS, a invoqué devant la presse le contexte de confrontation commerciale globale qui a caractérisé 2025 et affirmé la robustesse de l’économie chinoise, qui lui a permis d’absorber les chocs et d’afficher l’un des taux de croissance les plus élevés des grandes économies.”L’économie chinoise a progressé en 2025 malgré les pressions et a atteint un taux de croissance de 5,0% dans un contexte d’aggravation des impacts externes négatifs”, a-t-il dit, “cela témoigne de notre résilience et de notre dynamisme”.Cependant, la société d’analyse Capital Economics dit croire dans une note que “les chiffres officiels (de la croissance) surestiment le rythme de l’expansion économique d’au moins 1,5 point de pourcentage”.Les données de décembre “suggèrent que la croissance de la production a gagné en dynamisme en fin d’année, mais cela est largement dû à la bonne tenue des exportations”, dit-il.L’économie chinoise reste confrontée à une série de défis, dont une consommation des ménages durablement atone et une crise persistante dans le secteur immobilier. Les ventes au détail, indicateur clé de la consommation, ont ainsi augmenté en décembre de 0,9% sur un an, à leur rythme le plus lent depuis presque trois ans et la sortie des restrictions liées au Covid-19, indique le BNS.La production industrielle a quant à elle progressé de 5,2% en décembre, soit une baisse par rapport aux 5,8% enregistrés en 2024.Cela reste une “bonne nouvelle”, estime Capital Economics. “La demande extérieure de produits chinois semble se renforcer, la croissance des exportations et les ventes industrielles destinées à l’exportation ayant toutes deux accéléré le mois dernier”, explique-t-il.- “Problèmes anciens” et “nouveaux défis” -L’année 2025 a été marquée par l’âpre guerre commerciale livrée aux Etats-Unis à coups de droits de douanes et de restrictions depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump. Les tensions ont aussi été vives avec l’Union européenne, autre partenaire primordial.”On constate que l’impact des changements dans l’environnement extérieur s’est accentué, que la contradiction interne (en Chine) entre une offre forte et une demande faible est manifeste, et que le développement économique est encore confronté à de nombreux problèmes anciens et à de nouveaux défis”, a dit le directeur du BNS Kang Yi.Il a réaffirmé la nécessité de stimuler la demande intérieure.Pressée par ses surcapacités de production mais aussi par ses partenaires commerciaux inquiets de voir ces excédents se déverser sur leur marché, la Chine tente d’opérer une transition vers un modèle de croissance tiré davantage par la demande intérieure, plutôt que par les exportations.La Chine a enregistré en 2025 un excédent commercial record de près de 1.200 milliards de dollars. Mais avec la guerre commerciale menée en 2025, les exportations vers les Etats-Unis ont diminué de 20% sur un an en dollars.Kang Yi s’est employé à nuancer le tableau de la consommation en déclarant que la Chine affichait des ventes au détail parmi les plus importantes au monde et que les ventes de services avaient notablement augmenté.Avec la taille de sa population, “le potentiel d’augmentation de la consommation est énorme”, a-t-il déclaré. En 2026, “les politiques visant à stimuler la consommation continueront”, avec la poursuite des programmes de reprise de produits usagés et des plans à venir pour augmenter les revenus en zones urbaines et rurales, a-t-il dit.Autre pesanteur, l’immobilier demeure empêtré dans une crise de la dette persistante, malgré des baisses de taux et un allègement des conditions d’achat, et les experts ne s’attendent pas à un rebond proche.Les chiffres publiés lundi montrent que l’investissement en actifs fixes s’est contracté de 3,8% sur un an en 2025.

Espagne: au moins 39 morts dans la collision inexpliquée de deux trains à grande vitesse

L’arrivée attendue lundi d’engins lourds pour déblayer les lieux de la collision entre deux trains à grande vitesse en Espagne pourrait permettre aux secours de découvrir de nouveaux corps et faire grimper le bilan de cette catastrophe ayant déjà fait au moins 39 morts. – Un bilan en hausse -Le bilan du drame survenu dimanche soir en Andalousie a grimpé en flèche au cours de la nuit, s’établissant, selon une porte-parole du ministère de l’Intérieur, à 39 morts lundi matin. “Dans les prochaines heures, les engins lourds commenceront à travailler et soulèveront les wagons les plus touchés du train Alvia. Il est malheureusement fort possible que d’autres personnes décédées soient découvertes sous les amas de ferraille. L’objectif est d’identifier les victimes au plus vite”, a averti le président régional andalou Juan Manuel Moreno.La catastrophe a également fait plus de 120 blessés. 48 étaient encore hospitalisés, dont 12 en soins intensifs, lundi à la mi-journée, selon les services d’urgence. – Que s’est-il passé ? -La collision a eu lieu à 19H45 (18H45 GMT) près d’Adamuz, à environ 200 km au nord de Malaga.En cause: un train Iryo (un opérateur de transport ferroviaire privé) à destination de Madrid transportant quelque 300 personnes, qui a déraillé et s’est déporté sur la voie parallèle, heurtant un autre train de la Renfe, la compagnie nationale espagnole, circulant dans l’autre sens et en direction, lui, de Huelva (sud), avec à son bord 184 passagers.Les wagons à l’arrière du train Iryo ont déraillé et percuté les deux premiers wagons de l’autre train, projettant ceux-ci “hors des rails”, tant la violence du choc était forte, selon le ministre des Transports Oscar Puente.Selon Iryo, la dernière révision de la rame accidentée avait eu lieu jeudi dernier.Sur des images aériennes diffusées par la garde civile, les deux rames apparaissent assez éloignées l’une de l’autre.Complètement sortis des rails, les quatre wagons du train de la Renfe se sont retournés, et deux d’entre eux semblent même avoir été écrasés par l’impact. Plusieurs centaines de mètres plus loin se trouve le train Iryo rouge, qui a probablement continué sur sa lancée après le choc, avec la plupart de ses wagons encore dans les rails et ses deux dernières voitures couchés sur le flanc. – Des causes encore inconnues -Le ministre des Transports a évoqué un accident “extrêmement étrange”.”Comment est-il possible que sur une ligne droite, sur un tronçon de voie rénové, avec un train quasiment neuf, un événement de cette nature puisse se produire ?”, s’est interrogé dans la nuit Oscar Puente: “Tous les experts en matière ferroviaire (…) sont très surpris par cet accident”.”L’erreur humaine est pratiquement écartée”, a aussi assuré le président de la Renfe Álvaro Fernández Heredia sur la radio publique RNE. “Cela doit être lié au matériel roulant d’Iryo ou à un problème d’infrastructure”, a-t-il estimé.Sur cette portion de voie ferrée, en ligne droite, limitée à 250 km/h, la vitesse n’était pas en cause dans l’accident, a-t-il aussi assuré, soulignant qu’un des trains circulait à 205 km/h, et l’autre à 210 km/h.”Pour l’instant la Garde civile se concentre sur l’identification des victimes et le travail de criminalistique. A ce stade, l’enquête, elle, est menée par la Commission d’enquête sur les accidents ferroviaires”, a déclaré à la presse dans le village d’Adamuz Rosa Reina, une porte-parole de la Garde civile. – L’Espagne sous le choc -Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a annulé tous ses rendez-vous lundi pour se rendre sur place, où il est attendu dans la journée.La famille royale espagnole devrait de son côté se rendre à proximité des lieux de l’accident mardi.Plusieurs responsables européens dont Emmanuel Macron ou le chancelier allemand ont présenté leurs condoléances. Le pape Léon XIV s’est dit “profondément attristé”.A la gare d’Atocha, à Madrid, les conséquences de cet accident ont d’importantes répercussions sur le trafic, complètement arrêté vers l’Andalousie. Les voyants “annulés” clignotent sur les écrans d’affichage, a constaté un journaliste de l’AFP.Mireia Jiménez, cuisinière de 55 ans, vit à Malaga et a passé le week-end à Madrid. Elle devait rentrer dans le sud lundi après-midi: “On ne nous propose aucune option, ils disent qu’il n’y aura pas de trains avant mercredi”, explique-t-elle.En juillet 2013, l’Espagne avait déjà été meurtrie par un déraillement de train peu avant son arrivée à Saint-Jacques-de-Compostelle (nord-ouest), tuant 80 personnes. 

Groenland: faute de Nobel, Trump dit qu’il ne pensera plus “uniquement à la paix”

Donald Trump dit qu’il ne se sent plus tenu de penser “uniquement à la paix” faute d’avoir obtenu le prix Nobel, dans un message publié lundi, et juge que le monde ne sera pas sûr tant que le Groenland ne sera pas aux mains des Etats-Unis.Les tensions entre Européens et Américains faisaient chuter les principales Bourses européennes, après la menace proférée par le président américain d’imposer à huit pays européens de nouvelles surtaxes douanières en raison de leur opposition sur le Groenland. L’Union européenne a promis une riposte.”Étant donné que votre pays a décidé de ne pas m’attribuer le prix Nobel de la paix pour avoir mis fin à +PLUS+ de 8 guerres, je ne me sens plus obligé de penser uniquement à la paix”, écrit M. Trump dans un message adressé au Premier ministre norvégien Jonas Gahr Store rendu public lundi. Le cabinet de M. Store a confirmé l’authenticité de la lettre, dans un message à l’AFP.Cette lettre a été reçue en réponse à un message de la part de M. Store et du président finlandais Alexander Stubb, dans lequel ils ont dit leur “opposition à ces augmentations tarifaires annoncées à l’encontre de la Norvège, de la Finlande et de certains autres pays”, explique le cabinet du Premier ministre norvégien.M. Store a aussi rappelé que le prix Nobel de la paix n’était pas décerné par le gouvernement norvégien.”J’ai clairement expliqué, y compris au président Trump, ce qui est bien connu, à savoir que le prix est décerné par un comité Nobel indépendant et non par le gouvernement norvégien”, a-t-il dit.Dans son message au Premier ministre, Donald Trump réitère son souhait de voir les États-Unis prendre le contrôle du Groenland, un territoire autonome danois. “Le Danemark ne peut pas protéger ce territoire contre la Russie ou la Chine”, écrit-il. “Le monde ne sera pas en sécurité tant que nous n’aurons pas le Contrôle Total et Absolu du Groenland”, a-t-il répété. – Rencontre à l’Otan -Donald Trump a mené une campagne acharnée pour remporter le prix Nobel de la paix l’année dernière, pour ce qu’il qualifie d’efforts visant à mettre fin à huit guerres. Le prix a été décerné à l’opposante vénézuélienne Maria Corina Machado, qui s’est rendue à Oslo le mois dernier au lendemain de la remise du prix, après avoir fui le Venezuela en bateau.Sur Truth Social, Trump affirme que l’Otan dit au Danemark depuis 20 ans que le pays nordique doit “écarter la menace russe du Groenland”. “Malheureusement, le Danemark n’a rien pu faire à ce sujet. Le moment est venu d’agir, et cela sera fait !!!”, a-t-il déclaré.Le ministre danois de la Défense, Troels Lund Poulsen, a souligné que des mesures avaient déjà été prises. “Les gouvernements danois et groenlandais, en collaboration avec plusieurs alliés de l’Otan, ont décidé d’accroître leur présence militaire et leurs activités d’entraînement dans l’Arctique et l’Atlantique Nord”, a ajouté le ministre dans un communiqué publié lundi. M. Lund Poulsen et la ministre groenlandaise des Affaires étrangères, Vivian Motzfeldt, doivent rencontrer le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, dans la journée.- “Chantage” -Par ailleurs, face à la menace douanière américaine, un sommet extraordinaire des dirigeants des 27 pays de l’UE va être organisé, probablement jeudi, et la Commission a été chargée d’examiner les différentes ripostes envisageables.Emmanuel Macron compte ainsi demander l’activation de l’instrument anticoercition de l’UE, qui permet de limiter les importations provenant d’un pays ou son accès à certains marchés publics et de bloquer certains investissements.”Nous ne céderons pas au chantage. L’Europe donnera une réponse claire et unanime. Nous préparons actuellement des contre-mesures concertées”, a déclaré le ministre allemand de l’Économie Lars Klingbeil.Donald Trump menace d’ajouter 10% de droits de douane supplémentaires sur les importations de huit pays européens, dont le France, le Royaume-Uni et l’Allemagne.Dans ce contexte, les Bourse de Paris, Francfort et Milan reculaient de plus de 1% en milieu de matinée.”Utiliser les droits de douane contre des alliés est une erreur totale”, a réagi le Premier ministre britannique Keir Starmer.Au Groenland, la fédération groenlandaise de chiens de traîneau a annoncé que le nouvel envoyé spécial américain dans l’île arctique avait été désinvité à sa course annuelle.

Site d’Orange fermé à Marseille: le groupe propose 300 postes de travail ailleurs

Après la fermeture de son site de Saint-Mauront à Marseille pour raisons de sécurité, Orange propose à 300 des salariés concernés de rejoindre d’autres espaces de travail, a annoncé le groupe à l’AFP lundi.Les salariés “du tertiaire” pourront soit rejoindre d’autres sites d’Orange, soit s’installer dans des espaces de travail partagé, soit télétravailler, a détaillé un porte-parole de l’entreprise de télécommunications, confirmant une information d’Ici Provence.Les quelque 200 techniciens, contraints de continuer d’aller sur le site de Saint-Mauront, auront un “dispositif de sécurité adapté”, a-t-il ajouté.”L’objectif aujourd’hui, c’est la sûreté et la sécurité des salariés”, a rappelé le porte-parole, “en attendant les résultats de l’enquête sur les récents événements”.Joint par l’AFP, Sébastien Crozier, délégué CFE-CGC, a précisé que “la plupart” des techniciens obligés de se rendre sur le site “viennent en voiture et travaillent en sous-sol”, ce qui “minimise les risques”.Le site avait fermé le 7 janvier après la découverte de plusieurs impacts de balles sur la façade, provoquant une vive émotion des salariés. La préfecture de police avait indiqué que “la date des tirs (n’était) pas connue même si tout (laissait) à penser que ces faits (s’étaient) produits en dehors des heures ouvrables”.La préfète Corinne Simon avait annoncé qu’elle avait décidé de “renforcer la présence policière en augmentant rondes et patrouilles”, avec “une garde statique aux heures d’entrée et de sortie du site”.Le 27 novembre, à la suite d’une “montée des tensions” dans le quartier, l’entreprise avait déjà dû se résoudre à une première fermeture du site, mettant ses salariés en télétravail. Les syndicats avaient dénoncé des “bagarres” et une emprise du “narcotrafic”, avec plusieurs points de deal installés à proximité du site.Le site d’Orange à Saint-Mauront accueille environ 1.000 salariés, dans ce quartier paupérisé du centre de Marseille. Il a été fermé à deux reprises ces derniers mois pour des raisons de sécurité. La direction a dit lundi à l’AFP qu’elle cherchait un site supplémentaire “depuis plusieurs mois”.

Epilogue à l’horizon pour le budget, Lecornu va choisir l’outil-couperet

Sébastien Lecornu fera savoir lundi à l’issue d’un Conseil des ministres s’il a recours à l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter le budget 2026 dans sa version finale, en passe d’obtenir la clémence des socialistes, satisfaits par les nombreuses concessions gouvernementales.Signe que le dénouement de l’interminable marathon budgétaire approche, le Premier ministre, qui répond peu aux journalistes depuis sa nomination, viendra s’exprimer devant la presse après le Conseil des ministres qui se tiendra à 16H.Sébastien Lecornu devrait annoncer le recours à l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter le budget sans vote même s’il s’était engagé au début des discussions budgétaires à l’automne à renoncer à cette arme tant décriée.”On aurait été les premiers à aimer qu’un compromis puisse se trouver. On a fait ce travail-là de bonne foi jusqu’au bout”, a regretté dimanche la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, comme pour préparer le terrain à cette annonce inéluctable.Au lieu du 49.3, l’autre option à la main du Premier ministre est celle de l’ordonnance budgétaire prise par l’exécutif sans l’aval du Parlement. Inédite, cette procédure paraît plus risquée politiquement, car elle ne permet pas, en théorie, de retenir des mesures différentes du texte initial. De nombreux dirigeants politiques, notamment au PS, ont promis que cette hypothèse vaudrait censure immédiate.Si le 49.3 est choisi, il pourrait être activé dès mardi à l’Assemblée nationale sur le volet “recettes” du projet de loi de finances, puis une deuxième fois quelques jours plus tard sur le volet dédié aux dépenses. Le texte ira ensuite rapidement au Sénat, puis reviendra à l’Assemblée pour un troisième et dernier 49.3. Selon le calendrier retenu, un budget définitif pourrait alors être promulgué autour de la mi-février… A condition que Sébastien Lecornu résiste aux motions de censure qui seront probablement déposées tout au long du processus par LFI ou le RN.Avant d’opter pour le 49.3 plutôt que l’ordonnance, le gouvernement veut avoir des différentes forces politiques “la garantie” qu’il ne sera pas censuré car sinon “vous n’avez ni budget, ni gouvernement pour reproposer un budget, vous n’avez rien”, a expliqué sur BFMTV/RMC la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin.”Ce qu’on veut, c’est sauver le budget. Et donc là, ce qui se joue dans les ultimes tractations, c’est au fond, est-ce qu’on a assez de garanties pour prendre plutôt le chemin du fameux 49.3″ plutôt que l’ordonnance, a-t-elle résumé. – Surtaxe -Cela semble bien parti, car le Parti socialiste, qui détient une bonne partie des clés de la censure, s’est montré satisfait des annonces gouvernementales. Celles-ci permettent “d’envisager une non-censure”, a confirmé le chef des députés PS Boris Vallaud.Les vœux du PS ont en effet été exaucés sur le pouvoir d’achat, avec une hausse de la prime d’activité, mais également sur la jeunesse, avec les repas à un euro pour les étudiants, une hausse des moyens des bailleurs sociaux et du fonds vert, la création de 2.000 postes dans l’Éducation nationale…”Les mesures de Sébastien Lecornu pour acheter les socialistes, c’est la verroterie avec laquelle les colons achetaient les indigènes dans certains pays”, s’est indigné le vice-président du RN Sébastien Chenu sur Europe 1/Cnews. C’est également la proposition PS de surtaxe sur les bénéfices de 300 grandes entreprises qui a été retenue in fine, pour un rendement de huit milliards d’euros en 2026, comme en 2025.Pour contenir le déficit public à 5% du PIB au maximum sans augmenter la fiscalité des ménages, la taxation des grandes entreprises a fini par faire office de variable d’ajustement budgétaire.”Une nouvelle crise politique affaiblirait notre pays et pèserait encore plus directement et lourdement sur l’activité et l’emploi”, s’est justifié dimanche soir Sébastien Lecornu dans un courrier aux entrepreneurs, promettant la “stabilisation de l’ensemble des règles fiscales applicables aux entreprises”.Les modalités de cette surtaxe risquent d’irriter les parlementaires du bloc central qui visaient une contribution bien moindre. Mais ceux-ci semblent avant tout maintenant pressés d’en finir.”Cela fait maintenant des semaines qu’on s’enlise dans des débats au Parlement. Donc je pense qu’effectivement il faut conclure, adopter un budget et puis passer à l’action”, a résumé sur TF1 l’ancienne Première ministre Elisabeth Borne.Les dirigeants de LR n’ont pas encore réagi depuis vendredi soir mais une censure de leur part parait peu probable.

SNCF Voyageurs commande 15 nouveaux TGV à Alstom, pour environ 600 millions d’euros

SNCF Voyageurs a annoncé lundi la commande de 15 TGV supplémentaires à Altsom, des trains nouvelle génération sur lesquels la compagnie ferroviaire compte pour faire face à la concurrence en France et en Europe, mais dont la mise en service a pris du retard.La commande, d’un montant d’environ 600 millions d’euros, constitue la quatrième tranche du partenariat conclu en 2016 entre la SNCF et Alstom pour concevoir le “TGV du futur”, portant à 160 le nombre de rames commandées par la société ferroviaire publique.Cette fois, ces trains auront pour but de “développer” l’offre SNCF entre la France et la Belgique, précise SNCF Voyageurs dans son communiqué. Les deux commandes précédentes, 15 rames en 2022 et 30 en 2025, étaient destinées au marché italien pour la première et à Eurostar group, dont la SNCF est actionnaire majoritaire, pour la seconde. Ces rames de nouvelle génération arrivent à point nommé pour la bataille du rail que compte livrer la compagnie française en France et en Europe à l’ère de l’ouverture de la concurrence.Baptisées “TGV M” par la SNCF et “Avelia Horizon” par Alstom, elles sont “quadricourant”, c’est-à-dire qu’elles pourront circuler sous les différentes tensions des réseaux ferrés en France et dans les pays voisins, en l’occurrence entre Bruxelles et les “grandes métropoles françaises”, selon la branche de la SNCF chargée chargée du transport des voyageurs.Leur mise en service est prévue d’ici 2029. – Retards de livraison -Depuis son lancement, le TGV M a pris du retard: son apparition sur les rails est désormais prévue le 1er juillet 2026, alors qu’il devait initialement rouler pour les Jeux olympiques de 2024. Alstom, qui a reçu plusieurs milliards d’euros de commandes de la part de SNCF Voyageurs, “n’a pas produit de rames en quantité suffisante, nous en avons quatre en essai de pré-exploitation, et nous en aurons six en mai, ce qui nous permettra d’en lancer quatre en exploitation commerciale au 1er juillet”, expliquait à l’AFP le PDG SNCF Voyageurs Christophe Fanichet, en décembre au moment d’annoncer un nouveau retard de mise en service. Confronté à une course contre la montre pour honorer ses nombreuses commandes de trains à très grande vitesse, Alstom a décidé en 2025 d’investir 150 millions d’euros pour augmenter ses capacités de production.En 2025, le constructeur était en mesure de sortir environ un TGV M par mois de ses usines. Avec les investissements annoncés l’année dernière, il a pour objectif de porter cette cadence à 2,5 par mois d’ici 2027. “Je ne suis pas content de ces retards, mais je suis sûr que d’ici quelques mois on aura tout oublié, tant son caractère est révolutionnaire”, relevait en décembre Christophe Fanichet.Parmi les avantages de ce train nouvelle génération, la modularité: on pourra ajouter ou enlever des voitures pour avoir des rames plus ou moins longues, en fonction des besoins. SNCF Voyageurs pourra aussi changer la configuration des sièges pour transformer une voiture de première classe en seconde, et réciproquement.Le TGV M consommera par ailleurs 20% d’énergie de moins que ses aînés grâce à un aérodynamisme et une motorisation plus efficients. Ses concepteurs affichent 37% d’émissions de CO2 en moins et 97% de matériaux recyclables.Alstom promet également 30% d’économies sur la maintenance grâce notamment à des capteurs qui permettront de changer les pièces au bon moment. Son train est assemblé à La Rochelle, dix sites du constructeur étant associés au projet, dont Belfort pour la fabrication des motrices, Ornans (Doubs) pour les moteurs, Tarbes pour la chaîne de traction, le Creusot (Saône-et-Loire) pour les bogies et Villeurbanne (Métropole de Lyon) pour les systèmes informatiques embarqués.

Japon: la Première ministre convoque des élections anticipées pour conforter son mandat

La Première ministre japonaise Sanae Takaichi a annoncé lundi qu’elle allait dissoudre la chambre basse du Parlement et convoquer des élections législatives anticipées le 8 février, mettant son sort dans la balance afin d’obtenir un mandat renforcé pour son ambitieux programme politique.Première femme cheffe de gouvernement dans l’archipel, la conservatrice mise sur les bons sondages d’opinion pour doper les scores de son Parti libéral-démocrate (PLD, droite nationaliste), formation impopulaire dont la coalition n’est majoritaire que de justesse.”Aujourd’hui, j’ai décidé de dissoudre la chambre basse” vendredi, avant des élections anticipées convoquées “le 8 février” au terme d’une campagne-éclair, a déclaré la dirigeante nippone lors d’une conférence de presse.”Takaichi est-elle apte à être Première ministre? J’ai voulu laisser le peuple souverain décider”, a-t-elle poursuivi.Le PLD gouverne le Japon presque sans interruption depuis des décennies, mais a vu sa popularité minée par des scandales de financement et son incapacité à juguler une flambée inflationniste.Mme Takaichi a pris ses fonctions en octobre, propulsée à la tête du parti après que le PLD a perdu la majorité dans les deux chambres du Parlement sous son prédécesseur Shigeru Ishiba. Or, malgré l’image en berne du PLD, le gouvernement Takaichi caracole dont les sondages avec une popularité de 60 à 70%.- Contrer l’inflation -Certes, le PLD et son nouveau partenaire de coalition, le Parti de l’innovation, ont retrouvé de justesse la majorité à la chambre basse en novembre à la faveur du ralliement d’une poignée d’élus, mais cette majorité est restreinte.De quoi entraver l’adoption du programme de Sanae Takaichi qui comprend des dépenses “proactives” pour relancer l’activité et l’augmentation du budget de la défense.Mme Takaichi a indiqué lundi vouloir faire valider par les électeurs le programme de la coalition gouvernementale inédite formée depuis octobre.”Si le PLD peut obtenir à lui seul la majorité à la chambre basse, cela l’aidera à mener ses politiques” sans concessions aux autres partis, décrypte Sadafumi Kawato, professeur à l’Université de Tokyo.Dans la foulée d’un colossal plan de relance adopté fin 2025, le gouvernement a approuvé un nouveau budget record (équivalant à 665 milliards d’euros) pour l’exercice 2026 commençant en avril, promettant d’obtenir l’aval du Parlement au plus vite afin de mieux contrer l’inflation et soutenir la consommation.Les partis d’opposition estiment qu’une dissolution retarderait l’adoption du budget. Pour Jun Azumi, du principal parti d’opposition, le Parti démocrate constitutionnel (PDC), cela “sacrifierait” les besoins des ménages nippons.Consciente de la sensibilité du sujet, Sanae Takaichi a annoncé que le PLD ferait campagne sur une baisse de la taxation des produits alimentaires, afin d’atténuer l’impact de l’envolée des prix (+2,9% sur un an en novembre, produits frais inclus).- Tensions avec Pékin -Ces élections anticipées interviennent sur fond de bras de fer sino-japonais.La dirigeante, qui a accueilli en fanfare à Tokyo le président américain Donald Trump et participé à des sommets dès sa prise de fonctions, se montre active sur la scène internationale.Mais les relations avec Pékin se sont détériorées depuis que Mme Takaichi a suggéré en novembre que Tokyo pourrait intervenir militairement si la Chine lançait une attaque contre Taïwan.Or, d’après Mikitaka Masuyama, doyen de l’Institut national d’études politiques, la Chine pourrait intensifier davantage sa pression si Takaichi l’emporte, soucieuse d’envoyer aux électeurs “le message que soutenir une dirigeante +faucon+ pourrait générer des souffrances accrues” via notamment des sanctions commerciales.Pékin a déjà annoncé un durcissement des restrictions sur l’exportation de produits à “double usage”, civil et militaire, vers le Japon, ce qui pourrait affecter les acheminements de terres rares, des composants critiques.”Nous constatons des tactiques de pression économique visant à contraindre d’autres nations à se soumettre à (ses) exigences en contrôlant les matières premières en amont des chaînes d’approvisionnement dont le monde dépend”, a souligné Mme Takaichi lundi.Selon un sondage du journal Asahi, 60% des personnes interrogées se disent inquiètes de l’impact économique de la dégradation des relations nippo-chinoises.L’élection à la chambre haute en juillet avait vu une poussée du Sanseito, une formation populiste qualifiant l’immigration d'”invasion silencieuse”, malgré la faible proportion de résidents nés à l’étranger. Sous pression sur ce sujet, Sanae Takaichi pourrait annoncer un durcissement des règles à leur encontre.Dans l’opposition, le petit parti bouddhiste Komeito (centre droit), ex-partenaire du PLD, et le Parti démocrate constitutionnel du Japon sont convenus d’unir leurs forces en espérant séduire les électeurs indécis. 

“Ça chauffe en brousse”: en Côte d’Ivoire, blocage dans la filière du cacao

Une moto chargée de cacao pétarade dans la cour d’une des coopératives de Duekoué, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. Mais son conducteur ne pourra déposer un seul sac: 660 tonnes sont déjà entassées dans le hangar, attendant depuis des semaines d’être exportées.La filière cacao, qui représente 14% du produit intérieur brut (PIB) du pays – premier exportateur mondial -, fait face à de gros blocages: les exportations sont quasiment à l’arrêt et, comme à Duekoué, les sacs s’amassent dans le pays. Sur son ordinateur, Siriri Millogo, directeur de la coopérative des producteurs agricoles de Duekoué, fait défiler les 13 demandes d’export appelées “connaissements”, adressées au Conseil Café Cacao (CCC), organe régulateur de la filière.Datant pour la plus ancienne du 4 janvier, elles restent sans réponse. Habituellement, “la validation du connaissement ne prend que quelques minutes”, précise Siriri Millogo, perplexe, qui multiplie les appels auprès du CCC et des exportateurs, sans parvenir à situer le problème. En Côte d’Ivoire, le prix d’achat aux planteurs est fixé par l’Etat deux fois par an, et peut être en décalage avec le marché qui fluctue.  En octobre, quelques semaines avant sa réélection, le président ivoirien Alassane Ouattara avait annoncé en personne un prix record de 2.800 francs CFA le kilo (4,26 euros), une décision saluée par les planteurs. Sauf qu’après avoir frôlé les 12.000 dollars la tonne en 2024, le cacao a sévèrement dévissé sur le marché mondial depuis l’été et peine à atteindre les 5.000 dollars. “Il n’y a pas de blocage”, selon le directeur du CCC, Yves Brahima Koné, qui a voulu “rassurer” les planteurs mercredi devant la presse. “Toute la production (…) sera achetée”, a-t-il promis. Mais, “en brousse, ça chauffe”, prévient Siriri Millogo.- “Profiter des planteurs” -Les coopératives fonctionnent comme des dépôts-ventes. Sans connaissement, pas d’exportation, pas de paiement à la coopérative et donc pas d’argent reversé aux producteurs et à leurs familles. Le cacao fait vivre indirectement un cinquième de la population ivoirienne.Et les coopératives n’ont pas la trésorerie pour avancer l’argent. “Hier encore un producteur est venu, il a un produit (du cacao récolté, NDLR) qui vaut 9 millions (de francs CFA) et là, il n’a même pas 100 francs pour payer les funérailles de sa femme”, raconte Marty Somda, de la coopérative Cabend, qui a six connaissements en attente depuis le 20 décembre.A défaut d’argent, les planteurs tiennent précieusement dans leurs mains des “reçus”, feuilles volantes censées attester d’une dette d’un acheteur. Nombreux sont ceux, à Duekoué et alentours, à qui les coopératives doivent plusieurs millions de francs CFA. Pour ceux qui n’ont pas touché d’argent depuis mi-octobre, vendre à prix cassé devient une nécessité. “On peut venir te trouver et te parler de 2.000 francs” le kilo, déplore Mathieu Meido, planteur à Zéo, sous-préfecture proche. “Ma femme est malade. On m’a donné une ordonnance. Mais comment payer? Hier, j’ai vendu à 2.000 francs parce que j’étais dans le besoin”, confirme Laurent Koné, planteur proche de Duekoué.A Bettykro, à 20 kilomètres de mauvaise piste de terre rouge de Duekoué, ce sont dix tonnes de cacao, soit plus de 28 millions de francs CFA (près de 43.000 euros), qui se sont envolées avec leur acheteur qui a disparu sans payer. “Tout le monde veut profiter des planteurs pour s’enrichir et tirer les prix vers le bas”, se désole Laurent Koné. – Crise de mévente déjà vue – Et dans cette conjoncture de prix volatils, les exportateurs, qu’ils soient nationaux ou internationaux, retardent leurs achats. Car “si les cours continuent de baisser, le 1er avril (date de la petite récolte) le gouvernement sera obligé de fixer un prix à la baisse”, avance Ousmane Attai Ouedraogo, consultant indépendant, spécialiste de la filière cacao.Certains acheteurs rencontrent aussi d’autres obstacles. “Vendredi, je suis allé chez Cargill à Abidjan (un grand exportateur NDLR), ils veulent acheter, mais ils n’ont pas de quotas, car le CCC ne lui en délivre pas”, raconte Marty Somda, de la coopérative Cabend. Moussa Koné, du syndicat de planteurs Synap-ci, avance une explication à l’AFP. Pour lui, si le CCC donne son aval et que les exportateurs achètent au prix de 2.800 francs CFA, ils auront “un manque à gagner de 1.000 francs” environ par rapport au prix actuel du marché. Or, “la loi contraint le conseil à reverser le manque à gagner” aux exportateurs, souligne-t-il.  Un fonds de garantie doit précisément permettre de compenser les pertes des exportateurs, dans ce genre de situation.”Pourquoi n’est-il pas déclenché?”, s’interroge le syndicaliste, comme beaucoup de planteurs rencontrés. Contacté sur ce point, le CCC n’a pas souhaité répondre à l’AFP.”C’est une guerre entre le CCC et les exportateurs”, résume Ousmane Attai Ouedraogo.Pendant ce temps, “celui qui produit le cacao n’est pas protégé”, déplore Moussa Koné. Un paradoxe dans un système où le prix garanti par l’Etat est censé permettre au producteur de vivre sans se soucier des fluctuations des marchés. Une telle situation s’est néanmoins déjà vue, rappelle Marty Somda. En 2017 par exemple, dans une crise similaire de mévente, le prix du cacao était passé “de 1.100 à 700 francs”. 

Espagne: le bilan de 39 morts dans la collision entre deux trains pourrait encore grimper

La collision entre deux trains à grande vitesse dimanche soir, dont l’un a déraillé, dans le sud de l’Espagne a fait au moins 39 morts mais le bilan n’est “pas définitif”, ont prévenu lundi les autorités, évoquant un accident “extrêmement étrange”.- Un bilan en hausse -Le bilan du drame survenu en Andalousie a grimpé en flèche au cours de la nuit, s’établissant selon une porte-parole du ministère de l’Intérieur à 39 morts lundi matin. Le précédent bilan était de 21 morts.Le ministre des Transports Oscar Puente a en outre averti sur X que “le nombre de décès (n’était) pas définitif”.La catastrophe a également fait 123 blessés, dont cinq dans un état très grave, et 24 dans un état grave, selon la porte-parole du ministère de l’Intérieur. Tous les blessés avaient été évacués dans la nuit de dimanche à lundi, selon Oscar Puente. L’unité d’urgence de l’armée (UME) a été déployée sur le terrain pour venir en aide aux secours, et un hôpital de campagne a été dressé non loin de l’accident.Le lieu de l’accident est difficile d’accès, a expliqué Iñigo Vila, responsable de la Croix-Rouge, sur la télévision nationale TVE: “On ne peut y arriver que par un chemin de service, un chemin de terre par lequel passaient tous les services de secours. Avec les premières lueurs du jour, nous aurons une meilleure vision de ce qui s’est passé exactement et de l’ampleur de l’accident”.- Que s’est-il passé ? -La collision a eu lieu à 19H45 (18H45 GMT) près d’Adamuz, à environ 200 km au nord de Malaga, entre un train Iryo (un opérateur de transport ferroviaire privé) à destination de Madrid, qui a déraillé et s’est déporté sur la voie parallèle, heurtant un autre train de la Renfe, la compagnie nationale espagnole, circulant dans l’autre sens et en direction, lui, de Huelva (sud).Les deux derniers wagons du train Iryo ont déraillé et percuté les deux premiers wagons de l’autre train, projettant ceux-ci “hors des rails”, tant la violence du choc était forte, selon Oscar Puente.Selon Iryo, la rame avait à son bord près de 300 voyageurs et sa dernière révision avait eu lieu jeudi dernier.”On se serait cru dans un film d’horreur”, a raconté un passager, Lucas Meriako, qui se trouvait à bord du train Iryo, à la chaîne La Sexta. “Il y a eu un choc très violent à l’arrière et l’impression que tout le train allait se disloquer (…) De nombreuses personnes ont été blessées par des éclats de verre”, a-t-il dit.Des images récupérées par l’AFP montrent deux wagons avec des rayures rouges et bleu marine, totalement sortis des rails et inclinés, et des personnes s’affairant sur le sol terreux à côté de la voie. Une autre photo transmise par Iryo montre un train complètement couché sur le flanc au milieu de la voie.- Des causes encore inconnues -Le ministre des Transports a évoqué un accident “extrêmement étrange”.”Comment est-il possible que sur une ligne droite, sur un tronçon de voie rénové, avec un train quasiment neuf, un événement de cette nature puisse se produire ?”, s’est interrogé dans la nuit Oscar Puente. “Tous les experts en matière ferroviaire (…) sont très surpris par cet accident”, a-t-il ajouté.”L’erreur humaine est pratiquement écartée”, a aussi assuré le président de la Renfe sur la radio publique RNE, Álvaro Fernández Heredia, parlant lui aussi de “circonstances étranges”.Une commission chargée d’enquêter sur les accidents est déjà sur place en train de recueillir des preuves, a-t-il précisé.- L’Espagne sous le choc -Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a annulé tous ses rendez-vous lundi pour se rendre sur place, a annoncé son cabinet.De son côté, la famille royale espagnole a fait part dans un communiqué de sa “grande inquiétude” à la suite de ce “grave accident”.Le trafic de trains à grande vitesse entre Madrid et Cordoue, Séville, Malaga et Huelva est interrompu “au moins toute la journée” lundi, selon le gestionnaire du réseau ferroviaire espagnol (Adif).D’autres responsables européens comme le président français Emmanuel Macron qui a évoqué “une tragédie”, ou le chancelier allemand Friedrich Merz qui s’est dit “bouleversé”.En juillet 2013, l’Espagne avait déjà été meurtrie par un déraillement de train peu avant son arrivée à Saint-Jacques-de-Compostelle (nord-ouest), tuant 80 personnes. L’accident en Andalousie est pour l’heure le sixième accident de train le plus meurtrier sur le continent européen au 21e siècle, le dernier en date ayant tué 57 personnes en 2023 en Grèce.

Japon: un dysfonctionnement retarde le redémarrage de la plus grande centrale nucléaire du monde

Un dysfonctionnement technique a retardé le redémarrage, initialement attendu mardi, de la plus grande centrale nucléaire du monde, située au Japon, a indiqué lundi la compagnie d’électricité qui l’exploite, confirmant des informations de presse.Tokyo Electric Power (Tepco) a annoncé qu’il lui faudra un ou deux jours supplémentaires pour vérifier les équipements de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, dont la remise en service était selon les médias prévue mardi.La centrale avait été mise hors service lorsque le Japon a fermé tous ses réacteurs nucléaires après le triple désastre – séisme, tsunami et catastrophe nucléaire – de Fukushima en mars 2011, alors que la population exprimait son inquiétude face à cette source d’énergie. Mais le pays, pauvre en ressources, veut réduire sa dépendance aux combustibles fossiles, atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et répondre à la demande croissante d’électricité liée à l’intelligence artificielle.Au total, 14 réacteurs ont déjà été remis en service après un strict durcissement des normes de sécurité.La centrale de Kashiwazaki-Kariwa, qui s’étend sur 400 hectares sur la côte de la mer du Japon face à la péninsule coréenne, serait le premier redémarrage d’une centrale nucléaire par Tepco, également opérateur de celle de Fukushima Daiichi, depuis la catastrophe de 2011.L’assemblée départementale de Niigata avait approuvé ce redémarrage en décembre dernier. Et l’ultime feu vert de l’autorité nationale de régulation nucléaire a depuis été délivré, signe que le réacteur satisfait aux normes nationales.Tepco, qui n’a jamais annoncé publiquement la date de remise en marche de la centrale, a décidé de vérifier à nouveau l’installation après avoir détecté samedi un problème technique lié à une alarme d’un réacteur, a déclaré lundi à l’AFP un porte-parole de l’entreprise, Isao Ito.Le problème d’alarme a été résolu dimanche, a-t-il ajouté. Après les vérifications finales, Tepco expliquera aux autorités ce qu’il s’est passé et procédera au redémarrage de la centrale, a-t-il indiqué. Le sujet reste cependant controversé, de nombreux habitants exprimant des inquiétudes persistantes sur la sûreté nucléaire. Environ 50 personnes ont ainsi manifesté lundi devant le siège de Tepco à Tokyo en scandant “Non au redémarrage de Kashiwazaki-Kariwa!”.”Tepco n’évoque qu’un possible retard. Ce n’est pas suffisant”, a déploré lors de la manifestation Takeshi Sakagami, président du Citizens’ Nuclear Regulatory Watchdog Group, un collectif citoyen.”Une enquête complète est nécessaire, et si une faille majeure est confirmée, le réacteur devrait être définitivement arrêté”, a-t-il martelé. La Première ministre japonaise Sanae Takaichi a exprimé son franc soutien à l’utilisation de l’atome civil. Le Japon est le cinquième émetteur de dioxyde de carbone au monde parmi les Etats pris individuellement et dépend fortement des combustibles fossiles importés.