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L’Europe se réarme à coups d’obus de l’Allemand Rheinmetall

Les alliés de l’Otan avaient mercredi les yeux tournés vers la bourgade d’Unterlüss, au nord de l’Allemagne, où une gigantesque usine de munitions construite par l’Allemand Rheinmetall a été inaugurée, symbole des efforts européens pour renforcer son industrie de défense.Cet ouvrage reflète le tournant vers le réarmement engagé par l’Allemagne après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, qui a mis fin à des années de sous-investissement, longtemps compensé par le bouclier de défense américain.”C’est très important d’être ici, car l’industrie de la défense en Allemagne, en Europe et en Amérique du Nord compte plus que jamais” au moment où “la Russie et la Chine développent rapidement et massivement leurs armées et leurs capacités, avec très peu de transparence”, a déclaré le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, invité à la cérémonie officielle.”Nous devons donc redémarrer certaines de nos lignes de production à l’arrêt, mettre au point des procédés de fabrication plus rapides et acquérir les composants nécessaires afin que, lorsque les commandes arriveront, elles puissent être livrées plus vite”, a-t-il ajouté. – “Signal très important” pour l’Ukraine -L’usine d’Unterlüss, située près d’Hanovre, en est la parfaite illustration. Construite en quinze mois, elle doit fabriquer dès cette année dans des halles largement robotisées jusqu’à 25.000 obus de 155 mm, d’une portée allant jusqu’à 40 kilomètres.La production devrait atteindre rapidement 350.000 unités par an d’ici 2027, sur un site de la taille de cinq terrains de football.En pleine capacité, il s’agira de la plus grande usine de munitions d’Europe, selon Rheinmetall.Le complexe est surtout “un signal très important pour les gens en Ukraine”, a déclaré le vice-chancelier et ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, de retour d’un déplacement à Kiev. Les chaînes vont tourner en priorité pour honorer la commande record de l’armée allemande (Bundeswehr) en munitions, d’une valeur allant jusque 8,5 milliards d’euros, annoncée en juillet 2024. Mais une partie de la production doit aussi être redistribuée à l’Ukraine, par l’Allemagne ou d’autres pays achetant à Rheinmetall ses obus.”L’Allemagne doit être prête à assumer davantage de responsabilités pour la sécurité en Europe”, a martelé de son côté le ministre allemand de la défense, le social-démocrate Boris Pistorius.L’usine située en pleine lande de Lunebourg, au sein d’un complexe industriel de Rheinmetall, revêt “une importance stratégique” pour l’entreprise mais aussi “pour la République fédérale d’Allemagne et pour l’Europe”, avait souligné d’emblée dans son discours le patron du groupe de Düsseldorf, Armin Papperger.- Partenariat avec Lockheed Martin -Rheinmetall, coté à l’indice Dax des principales valeurs de la Bourse de Francfort, est le plus gros fabriquant européen de munitions pour chars et pièces d’artillerie, devant le norvégien Nammo ou le Français Nexter. Le groupe a investi plus de 500  millions d’euros pour construire ce nouveau site, créant 500 emplois.Des moteurs de fusées seront également fabriqués sur place à partir de l’an prochain, en partenariat avec l’Américain Lockheed Martin, avec lequel il coopère déjà, a appris l’AFP.Le complexe d’Unterlüss produit déjà des obus de 120 mm destinés aux chars Leopard 2, utilisés sur le front ukrainien.Face à la pénurie de personnel qui frappe son armée, le gouvernement allemand a adopté merci un projet de loi pour accélérer le recrutement.Le texte vise à attirer des volontaires dans la Bundeswehr, tout en prévoyant un service militaire obligatoire partiel si les effectifs sont insuffisants.En ajoutant les investissements en matériels, qui font partout défaut, Berlin prévoit une montée en puissance continue de son effort de défense pour atteindre 3,5% du PIB en 2029, soit plus du triple de son niveau d’avant-guerre en Ukraine. “Nous sommes un partenaire fiable” pour l’Otan, a assuré M. Klingbeil.

“Une invasion”: face au surtourisme, Paris veut moins de cars

Au pied de la butte Montmartre à Paris, des dizaines d’autocars déposent et collectent leurs flots de touristes, stationnant en double file ou tournant sur le boulevard. “Une invasion” selon Julie Meynard, riveraine, et des nuisances qui alarment la mairie.A proximité de cette habitante du quartier du nord de Paris depuis dix ans, un car stationne sur un passage piéton, bloquant l’accès à sa rue. “Une illustration parfaite de ce qui arrive tout le temps”, soupire la coach en entreprise qui a lancé en 2023 une pétition sur la plateforme change.org pour essayer de faire bouger les pouvoirs publics sur ce qu’elle considère comme une conséquence du “surtourisme”.”Il y a une pollution aussi atmosphérique, mais surtout une pollution visuelle et une difficulté pour circuler ensemble et cohabiter”, résume-t-elle. Cet été, tandis que la capitale a retrouvé son niveau de fréquentation touristique pré-pandémie, la mairie de Paris a justement commencé à pointer une “surconcentration” de celle-ci dans certains quartiers: Montmartre, les abords de la tour Eiffel, ceux du Panthéon dans le Quartier latin, les Champs-Elysées…”Il faut qu’on stabilise le nombre de touristes à Paris, il faut qu’on régule”, estime Frédéric Hocquard, adjoint à la maire de Paris en charge du tourisme et de la vie nocturne. Le Grand Paris, qui regroupe la capitale et sa petite couronne, a compté 36,3 millions de visiteurs en 2024.Dans la cible de la mairie: les autocars. “Entre 500 et 600 bus de tours opérateurs” en moyenne accèdent chaque jour à la capitale, occasionnant “une suractivité et une suroccupation de l’espace”, alerte l’élu, qui souhaite à terme “exclure les cars de tourisme” de la ville.- Amende de 135 euros -Ces autocars, dont 95% circulaient au diesel au 1er janvier 2024 selon les autorités, sont loués par des agences de voyage pour des tours de quelques jours à travers la capitale.Pour Mert Oz, guide touristique turc qui s’exprime auprès de son car garé au pied de la butte Montmartre, impossible d’utiliser les transports en commun. “C’est pas facile de voyager avec le métro parce que nous sommes 40 (…), je peux oublier certaines personnes”, relève-t-il.”Seule, je ne sais pas comment voyager dans cette ville”, affirme de son côté Aiden Zhang, touriste chinoise tout juste descendue de son car un peu plus loin, tandis qu’un de ses compatriotes montre des photos de Notre-Dame, l’étape précédente de leur parcours express de deux jours.Cette forme de tourisme dans la ville-lumière est fermement défendue par les autocaristes. “Il ne faut pas du tout stigmatiser ce mode de transport qui est très développé à l’étranger, et qui ferait un manque à gagner très important pour toute la chaîne touristique”, estime Ingrid Mareschal, déléguée générale de la Fédération nationale des transports de voyageurs.Les nuisances vécues par les riverains sont liées, selon elle, à une réduction des places de stationnement par la mairie, poussant certains cars à ne pas respecter la réglementation.Parmi les dizaines d’autocars alignés sur le boulevard Haussmann, à proximité des grands magasins, celui de Gilberto Almeida est en warnings au bord d’une piste cyclable.Le chauffeur de 58 ans vient d’écoper d’une amende de 135 euros pour stationnement interdit sur une voie de bus près de l’Olympia, célèbre music-hall, explique-t-il avant de s’éclipser à l’arrivée de ses passagers pressés.”Si on met en place un flux de transport, de circulation et de stationnement vertueux, les autocars ne seront plus gênants”, assure Ingrid Mareschal au nom du secteur. Ce conflit entre autocars et mairie n’est pas récent. Au moment de l’entrée en vigueur de la zone à trafic limité du centre de Paris en novembre dernier, les autocars avaient échappé in extremis à une interdiction totale de circulation dans les quatre arrondissements concernés.

Budget: les syndicats veulent mobiliser ensemble, mais sont divisés sur le 10 septembre

La CGT a annoncé mercredi son soutien au mouvement du 10 septembre, vu comme une “première étape” pour mobiliser contre le projet de budget du gouvernement, mais la CFDT, premier syndicat, ne s’y joindra pas: une divergence qui n’empêchera pas l’ensemble des organisations syndicales de chercher à se mettre d’accord vendredi sur une autre date.”La dynamique de l’initiative citoyenne du 10 septembre démontre l’ampleur de la colère sociale”, affirme la CGT à l’issue d’une réunion mardi et mercredi de son instance dirigeante, et “souhaite que cette journée soit une première étape réussie, ce qui passe en particulier par la grève sur les lieux de travail”.”Un mouvement citoyen a émergé contre la violence sociale et c’est une très bonne nouvelle”, a déclaré à l’AFP Thomas Vacheron, secrétaire confédéral de la CGT, à propos du mouvement appelant à “tout bloquer”.La numéro un de l’organisation Sophie Binet avait pourtant affiché sa prudence par rapport à ces appels disparates nés sur les réseaux sociaux qu’elle avait qualifiés de “nébuleux”, craignant un “noyautage de l’extrême droite”.Plusieurs fédérations de la CGT, dont celle de la chimie ainsi que commerce et services, tout comme plusieurs unions départementales, avaient cependant déjà appelé ces dernières semaines à se mobiliser le 10 septembre.La direction du syndicat dénonce mercredi un projet de budget d’une “violence inédite”, citant “le vol de deux jours fériés”, le “doublement des franchises médicales”,  le “gel du salaire des fonctionnaires, des pensions des retraités et de toutes les allocations sociales”.- “efforts disproportionnés” -L’Union syndicale Solidaires a aussi annoncé mercredi son soutien au mouvement “bloquons tout”, qui  “exprime la colère sociale multiforme et grandissante face aux annonces budgétaires du gouvernement Bayrou”.”La CGT et Sud Solidaires appellent à la grève le 10 septembre. Des sections de FSU en font autant. La France du travail écrit son calendrier de libération du libéralisme. Le 8 septembre : on vote pour faire partir Bayrou. Le 10 septembre : on agit pour faire partir Macron”, s’est réjoui le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, sur X.Une récupération politique qui n’est pas du goût de tous les syndicats. “Tout bloquer, la désobéissance, ce n’est pas la méthode de la CFDT. Et le syndicat ne répond pas aux injonctions des partis politiques”, déclaré au journal Le Monde sa chef de file Marylise Léon.Pour autant la numéro un du premier syndicat n’a pas mâché ses mots mardi à l’égard du projet de budget du Premier ministre, qu’elle recevait dans l’Essonne pour l’université d’été de son organisation.Elle a dénoncé un “projet de budget qui demande des efforts disproportionnés au monde du travail tandis que d’autres sont trop largement épargnés”, prévenant aussi qu’elle ne participerait pas à une négociation sur la suppression de deux jours fériés.La CFDT proposera vendredi à tous les syndicats une date de mobilisation pour le mois de septembre, et cet appel à l’unité a été entendu par la CGT, tout comme Solidaires.A l’occasion de l’intersyndicale, FO, le troisième syndicat, devrait officiellement se déterminer par rapport au 10 septembre. Son chef de file Frédéric Souillot a toutefois déjà prévenu qu’il se tenait “à distance” d’un mouvement dont certains groupes rejettent les syndicats représentatifs, d’après lui.

Wall Street ouvre en petite baisse, suspendue aux résultats de Nvidia

La Bourse de New York a ouvert en baisse mercredi, dans l’attente des résultats trimestriels du géant des semiconducteurs Nvidia après clôture, l’un des leaders du très convoité secteur de l’intelligence artificielle (IA).Dans les premiers échanges, le Dow Jones était proche de l’équilibre (-0,08%), l’indice Nasdaq perdait 0,13% et l’indice élargi S&P 500 reculait de 0,11%.

Etats-Unis: la surtaxe douanière sur les produits indiens passe à 50%

La surtaxe imposée par les Etats-Unis aux produits indiens importés sur son sol est passée mercredi de 25 à 50%, une décision prise par Donald Trump en représailles aux achats de pétrole russe par New Delhi.L’entrée en vigueur de ces sanctions n’a pas suscité de réaction immédiate des autorités indiennes, qui les avaient déjà dénoncées comme “injustes, pas justifiées et pas raisonnables”.Des droits de douane de 50% sont parmi les plus élevés imposés par le président américain depuis son retour à la Maison Blanche.Ils pourraient avoir de lourdes conséquences pour la cinquième économie mondiale, les Etats-Unis étant son premier partenaire commercial. Plus de 87 milliards de dollars de produits “made in India” y sont écoulés chaque année.Le président américain, qui a bousculé le commerce mondial depuis son retour à la Maison Blanche, avait annoncé ce taux punitif début août alors qu’il s’agaçait face au refus de Moscou d’accepter un cessez-le-feu en Ukraine.Et les Etats-Unis sont prêts à aller plus loin, a assuré mercredi sur Fox Business le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, ajoutant qu’une loi permettant des droits de douane secondaires était en discussion au Congrès.- Phase de turbulences -Après la Chine, l’Inde est le principal client de la Russie pour son pétrole, qui représentait en 2024 près de 36% de ses importations en la matière, contre environ 2% avant le début de la guerre en Ukraine en 2022, selon les données du ministère indien du Commerce.Pour New Delhi, ce choix est pragmatique: la production des pays du Golfe allant en priorité vers l’Europe qui veut se passer des hydrocarbures russes, l’Inde a dû se tourner vers d’autres fournisseurs. Le nouveau taux américain ne concernera cependant pas certains produits, ce qui en réduit la portée, à l’image des iPhone, de plus en en plus souvent fabriqués en Inde.Mais ces derniers devraient être touchés par les droits de douane sectoriels, jusqu’à 100%, que le président américain souhaite imposer progressivement sur les semi-conducteurs et les produits électroniques.Les exportateurs indiens craignent une chute des commandes, des délocalisations et des pertes d’emploi.Mardi, l’influente Fédération des organisations indiennes exportatrices (FIEO) a souligné que l’activité des fabricants de textile, de bijoux et du secteur des produits de la mer était déjà affectée. Les importateurs américains se tournent vers des pays concurrents comme le Bangladesh et le Vietnam, faisant craindre d’importantes pertes d’emplois, selon elle.- Limiter l’impact économique -La fédération a appelé les autorités à agir, Ajay Sahai, son directeur général, se disant cependant “optimiste quant aux négociations commerciales”.New Delhi a répété espérer un accord commercial avec Washington. Reste qu’un accord peut être difficile à atteindre, notamment en raison de l’accès au marché agricole et laitier indien, sujet délicat qui concerne un bloc électoral important pour M. Modi.Scott Bessent s’est montré optimiste mercredi, estimant: “nous réussirons à nous entendre”. Mais, a-t-il rappelé,  “nous sommes le pays en déficit commercial donc avec l’avantage”. “Ils ont des droits de douane élevés (sur les produits américains, NDLR) et nous avons un important déficit avec eux”, a affirmé le ministre des finances américains.Les discussions ont débuté dès février mais l’Inde s’avère être un “négociateur beaucoup plus coriace” qu’anticipé, a reconnu Donald Trump.Depuis son retour au pouvoir en janvier, le président américain a mis en place, en plusieurs vagues, de nouvelles surtaxes sur tous les produits entrant aux Etats-Unis.Le Brésil a également écopé ce mois-ci d’une surtaxe punitive de 50%, avec des exceptions. Afin d’en limiter l’impact, le Premier ministre indien Narendra Modi a assuré qu’il allait “alléger le fardeau fiscal du citoyen ordinaire”, lors de son discours pour l’anniversaire de l’Indépendance, le 15 août.Renforcer le marché intérieur pourrait s’avérer essentiel pour l’économie indienne, alors que les économistes estiment que, sans accord avec Washington, ces taxes pourraient faire passer la croissance sous les 6%.Le Fonds monétaire international (FMI) anticipait fin juillet une croissance de 6,4% en 2025.En attendant, New Delhi a entrepris de se rapprocher de Pékin, alors que les relations s’étaient fortement détériorées depuis un affrontement meurtrier dans l’Himalaya entre des soldats des deux pays en 2020. 

Taïwan: trois personnes inculpées pour avoir volé des secrets commerciaux à TSMC

Des procureurs taïwanais ont inculpé mercredi trois personnes, accusées d’avoir volé des secrets commerciaux à TSMC, le plus grand fabricant mondial de semi-conducteurs qui compte Nvidia et Apple parmi ses clients. “Cette affaire concerne des technologies nationales cruciales, essentielles à la survie industrielle de Taïwan, menaçant gravement la compétitivité internationale du secteur”, a indiqué le parquet de l’archipel dans un communiqué.Les procureurs ont annoncé qu’ils allaient requérir 14 ans de prison contre l’une de ces personnes, un ancien ingénieur de TSMC, dont le nom de famille est Chen, qui avait quitté l’entreprise pour travailler pour une filiale de Tokyo Electron à Taiwan. Ils demanderont neuf et sept ans de prison à l’encontre des deux autres, deux employés travaillant pour TSMC au moment du vol présumé.Les trois personnes ont été inculpées en vertu de la loi sur la sécurité nationale et de celle sur les secrets commerciaux. L’ex-ingénieur de TSMC aurait utilisé ses relations avec ses anciens collègues du fabricant de puces pour accéder à des secrets commerciaux afin d’aider l’entreprise japonaise Tokyo Electron à “devenir un fournisseur d’équipements pour davantage de sites” utilisant les procédés de TSMC, ont précisé les procureurs.”Après avoir obtenu ces fichiers, Chen les a reproduits afin d’aider Tokyo Electron à améliorer les performances de ses machines de gravure et à obtenir une qualification pour fournir des machines de production destinées au processus de gravure 2 nanomètres de TSMC”, ont-ils ajouté.Trois autres personnes, également arrêtées dans le cadre de cette enquête, n’ont finalement pas été inculpées.Tokyo Electron est un important producteur d’équipements de fabrication de puces utilisés par TSMC. L’entreprise a remporté le prix TSMC d’excellence 2024 pour “collaboration technologique et soutien à la production”.L’entreprise japonaise avait annoncé le 7 août avoir licencié un employé de sa filiale à Taïwan, pour son implication présumée dans la fuite de secrets industriels de TSMC.TSMC de son côté avait déclaré début août dans un communiqué avoir pris “des mesures disciplinaires strictes à l’encontre des employés impliqués” dans ces “potentielles fuites de secrets de fabrication”.Le groupe avait dit avoir découvert la situation en juillet en détectant un “accès inhabituel à des fichiers internes du personnel”, d’après le ministère public.TSMC n’a pas donné suite dans l’immédiat aux sollicitations de l’AFP.joy/amj/dhw/clc/emp 

Spatial: la start-up allemande Isar Aerospace décroche son premier contrat avec l’ESA

La start-up allemande Isar Aerospace a annoncé mercredi avoir remporté ses premiers contrats de lancement de satellites auprès de l’Agence spatiale européenne (ESA) et de la Commission européenne, une avancée vers l’accès à l’espace depuis l’Europe dans un secteur dominé par SpaceX.Ces accords portent sur deux missions qui seront confiées au lanceur Spectrum développé par Isar Aerospace à partir de 2026, selon un communiqué.Ils interviennent dans le cadre de l’initiative européenne “Flight Ticket” qui permet à l’ESA et à la Commission européenne de réserver des vols auprès de start-up européennes.Les vols doivent être opérés depuis le nouveau pas de tir d’Andøya, en Norvège. Deux clients ont déjà été désignés: la start-up française Infinite Orbits, basée à Toulouse, qui testera avec son projet Tom & Jerry deux satellites capables de manœuvrer ensemble pour développer des services de maintenance et d’inspection en orbite. Et la société néerlandaise ISISpace, spécialisée dans les petits satellites, qui pilotera la mission Cassini afin de mettre en orbite des charges utiles expérimentales dans les télécommunications ou l’observation de la Terre.”Cet accord consacre la confiance des institutions européennes dans nos services de lancement et démontre que l’Europe mise sur ses propres acteurs”, a déclaré Daniel Metzler, président et cofondateur d’Isar Aerospace, dans le communiqué.Fondée en 2018 près de Munich, Isar Aerospace développe des lanceurs de petite et moyenne capacité pour le marché des satellites. Le marché très concurrentiel compte aussi les allemands HyImpulse et Rocket Factory Augsburg, les français MaiaSpace et Latitude, et l’espagnol PLD Space.

La “REF” du Medef s’ouvre, à nouveau sous le signe de l’inconnue politique

La “REF” du Medef se tient mercredi et jeudi pour la première fois à Roland-Garros, et pour la deuxième année consécutive en plein désordre politique, situation d’incertitude que la plus grosse organisation patronale de France juge redoutable pour les entreprises.La Rencontre des Entrepreneurs de France, visible aussi sur les réseaux sociaux du Medef, s’intitule cette année “Jeu décisif”, clin d’œil au temple du tennis sur terre battue qui l’abrite, plus pratique en cas de pluie que l’hippodrome de Longchamp qui l’accueillait depuis 2019, après 20 ans d’universités d’été sur le campus d’HEC à Jouy-en-Josas (Yvelines).Aux côtés de chefs de très grandes entreprises et d’experts invités à s’exprimer lors des tables rondes thématiques, figureront plusieurs ministres comme Eric Lombard (Economie), Marc Ferracci (Industrie), ou Sébastien Lecornu (Armées).François Bayrou y prononcera un discours jeudi, le troisième de la semaine après sa conférence de presse de lundi, au cours de laquelle le Premier ministre a annoncé qu’il demanderait un vote de confiance aux députés le 8 septembre – qu’à ce stade il semble quasiment assuré de perdre – et une intervention mardi devant la CFDT.- “On ne joue pas avec l’économie” -Mercredi sur Franceinfo, le président du Medef – qui représente 240.000 entreprises employant 12 millions de personnes – a observé que M. Bayrou n’avait finalement “fait qu’anticiper un choix qui de toute façon aurait dû avoir lieu lors du vote du budget” à l’automne. Néanmoins, a déploré Patrick Martin, cela “surajoute dans l’esprit des entrepreneurs à ce climat d’incertitude qui n’est pas bon pour l’économie”, dû aussi au “durcissement de la concurrence internationale”.M. Martin a lancé “un appel à la responsabilité” aux politiques : “on ne joue pas avec l’économie”. Il a bien l’intention de “leur dire ce (qu’il a) à leur dire” lors du clou de la REF, un débat de clôture qui rassemblera les chefs de partis : Bruno Retailleau (LR), Jordan Bardella (RN), Gabriel Attal (Renaissance), Fabien Roussel (PCF), Manuel Bompard (LFI) et Marine Tondelier (Ecologistes). Olivier Faure (PS) et Edouard Philippe (Horizons) sont retenus par d’autres engagements.Patrick Martin a dit mercredi s’attendre dans le cadre du budget qui finira par émerger “à un certain nombre de décisions désagréables”, soulignait-il mardi dans Les Echos, ajoutant que “le Parti socialiste reste le pivot”, lui qui avait permis au budget 2025 d’être adopté, en ne le censurant pas.Si un point d’accord consistait à surtaxer très fortement les plus riches, M. Martin a mis en garde contre le risque d’expatriation: “la mobilité des patrimoines et des talents est énorme”.- “Sans concertation” -Il compare régulièrement l’incapacité de la France à réduire son déficit public (5,8% du PIB en 2024, presque deux fois plus que le maximum de 3% toléré par Bruxelles) et les efforts couronnés de succès des pays du Sud de l’Europe, ex-mauvais élèves. Mais pour augmenter le taux d’emploi, clé selon lui de la solution, il n’approuve pas vraiment la proposition des deux jours fériés travaillés faite en juillet par François Bayrou.Il regrette l’absence de concertation en amont et recommande de “laisser les partenaires sociaux discuter entre eux” de ces sujets. Malgré leurs divergences de vues, patronat et syndicats s’entendent bien, souligne régulièrement M. Martin, avec régulièrement des accords sociaux, même si le récent conclave sur les retraites a été un échec.Le patron du Medef a aussi déclaré “regarder avec intérêt” ce qui adviendra le 10 septembre lors de la journée “Bloquons tout”. “Il faut être très prudent, ça peut déborder”.Enfin, il n’est pas pour une démission du Président de la République pour clarifier la situation politique : “ajouter du chaos au chaos ne réglerait rien”.

La Bourse de Paris prudente, entre budget et Nvidia

La Bourse de Paris évolue sans entrain mercredi, dans l’attente des résultats trimestriels du géant américain des semi-conducteurs Nvidia, fer de lance de l’intelligence artificielle sur les marchés, tout en surveillant la situation politique en France.Vers 09H40 (heure de Paris), le CAC 40 gagnait 0,30% à 7.732,59 points.Il reprend des couleurs, après avoir cédé 1,70% la veille, deuxième chute consécutive, plombée par les perspectives d’instabilité politique et budgétaire en France, après l’intervention de François Bayrou en début de semaine.”Les regards se tournent vers la publication des résultats de Nvidia, considérée comme un test décisif pour la dynamique du secteur de l’intelligence artificielle”, relève John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank.Le géant américain publiera ses résultats après la fermeture de Wall Street (22H00).Les places boursières sont portées ces dernières années par un engouement  autour de l’intelligence artificielle. Nvidia, qui fournit les semi-conducteurs à cette industrie investissant des milliards tous azimuts pour se développer, en est la figure de proue.Il “représente désormais environ 8% du S&P 500. Ses résultats, ou la réaction du marché à ceux-ci, pourraient donc fortement influencer le marché”, résume Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.D’ici là, “les investisseurs continueront à faire preuve de prudence”, estime Andreas Lipkow, analyste indépendant.La dette française sur le grillLa situation politique et budgétaire en France inquiète les investisseurs, depuis que François Bayrou a annoncé lundi qu’il solliciterait la confiance de l’Assemblée nationale le 8 septembre prochain, avec peu de chances de l’obtenir.Le chef du gouvernement a promis mardi de se battre et demandé aux oppositions de “réfléchir” et de renoncer à leurs “réflexes spontanés”, les appelant à choisir entre le “chaos” et “la responsabilité”.Après avoir été sous pression ces deux derniers jours, le taux d’intérêt à dix ans de la dette française se stabilisait mercredi, à 3,50% vers 09H40, au même niveau que la veille.Mais il reste proche de celui imposé à l’Italie (3,56%), longtemps vue comme la lanterne rouge, mais qui bénéficie depuis plusieurs mois d’une meilleure perception des investisseurs en termes de croissance  et de limitation des dépenses.Et l’écart entre le taux d’intérêt français et son équivalent allemand référence en Europe, baptisé le “spread”, atteignait lui 0,78 point, contre 0,70 point en début de semaine avant l’intervention de M. Bayrou.Nouvelle commande pour AlstomLe géant français Alstom (-0,38% à 20,75 euros) ne profitait pas de la commande annoncée mardi de “quelques centaines de millions d’euros” pour fournir une ligne de métro à Mumbai en Inde.

La “REF” du Medef s’ouvre encore sous le signe de l’inconnue politique

La “REF” du Medef se tient mercredi et jeudi pour la première fois à Roland Garros, et pour la deuxième année consécutive en plein désordre politique, situation d’incertitude que la première organisation patronale de France juge redoutable pour les entreprises.Lors de la Rencontre des entrepreneurs de France fin août l’an dernier après la dissolution, le président du Medef Patrick Martin s’alarmait de la possible arrivée de ministres LFI au gouvernement.En décembre c’est en définitive un Premier ministre LR, Michel Barnier, qui était censuré. A présent, son successeur François Bayrou semble promis à quitter Matignon le 8 septembre, les oppositions refusant de lui accorder le vote de confiance qu’il sollicitera ce jour-là.Comme François Bayrou, dont il trouve dans une interview aux quotidien Les Echos le geste “courageux”, le patron du Medef alerte en permanence sur la situation des finances publiques, qui place la France en fin de peloton de l’Union européenne, avec un déficit public de 5,8% du PIB en 2024, largement supérieur aux 3% maximum exigés par Bruxelles.Pour lui, “le quantum des 44 milliards d’euros d’efforts fixés (par le gouvernement) pour réduire le déficit en 2026 est le bon”.- PS “pivot” -Le Medef s’était dit “assez satisfait” des grandes lignes du budget présentées le 15 juillet par François Bayrou, car elles n’alourdissaient pas les charges des entreprises, mises à contribution à hauteur de 13 milliards d’euros cette année, notamment via une hausse temporaire de l’impôt sur les sociétés.M. Martin semble cependant relativiser le possible départ de François Bayrou. Il observe simplement que ce vote “précipite les échéances”, mais que planait déjà “la perspective d’une censure” sur le budget à l’automne.Mardi, les locataires de Bercy, Eric Lombard (Economie et Finances) et Amélie de Montchalin (Comptes publics) ont assuré qu’en dépit des circonstances, ils comptaient bien tenter d’élaborer un budget pour 2026, quitte à mener des “négociations” avec l’opposition. Cet hiver, le budget 2025 avait pu être adopté grâce à la non-censure du Parti socialiste.Le député socialiste Jérôme Guedj a estimé de son côté sur BFMTV mardi qu’il faudrait “construire du compromis” dans les prochaines semaines.”Le Parti socialiste reste le pivot dans cette affaire”, remarque Patrick Martin. Mais si un compromis devait passer par l’alourdissement de la fiscalité des plus riches, il met en garde contre le risque d’expatriation de ces contribuables : “la mobilité des patrimoines et des talents est énorme”.- Dépit -Dans son discours mercredi, le leader patronal devrait insister “sur la nécessité de retrouver de la croissance et sur les leviers pour la retrouver”. Depuis des mois, il compare avec dépit l’incapacité de la France à réduire son déficit public aux efforts couronnés de succès des pays du sud de l’Europe, ex-mauvais élèves de l’UE.La REF, visible aussi sur les réseaux sociaux du Medef, s’intitule cette année “Jeu décisif”, clin d’œil au temple de la terre battue qui l’abrite, plus couvert en cas de pluie que l’hippodrome de Longchamp qui l’accueillait depuis 2019, après 20 ans d’universités d’été sur le campus d’HEC à Jouy-en-Josas (Yvelines).Aux côtés de chefs de très grandes entreprises et d’experts invités à s’exprimer lors des tables rondes thématiques, figureront plusieurs ministres comme Eric Lombard, Marc Ferracci (Industrie), ou Sébastien Lecornu (Armées), dont le nom revient régulièrement parmi les “Premiers ministrables”.François Bayrou lui-même y prononcera un discours jeudi, le troisième de la semaine après s’être aussi exprimé mardi devant la CFDT.Le clou de la rencontre, inédit dans ce format lors d’une REF, sera le débat de clôture qui rassemblera sur le thème de l’économie les chefs de partis : Bruno Retailleau (LR), Jordan Bardella (RN), Gabriel Attal (Renaissance), Fabien Roussel (PCF), Manuel Bompard (LFI) et Marine Tondelier (Ecologistes). Olivier Faure (PS) et Edouard Philippe (Horizons) sont retenus par d’autres engagements.