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“Un ouragan”: les pêcheurs de crustacés britanniques victimes d’une invasion de poulpes

Lorsque le pêcheur Brian Tapper a contrôlé ses 1.200 casiers à crabes dans les eaux au large du sud-ouest de l’Angleterre, il a eu une série de mauvaises surprises. Le réchauffement des océans est montré du doigt. En mars et avril, les casiers étaient presque entièrement vides. A partir de mai, ils étaient remplis de poulpes, puis le mois dernier ils sont à nouveau revenus quasiment vides.  Le phénomène est observé le long de la côte du Devon et du sud des Cornouailles au Royaume-Uni, où une prolifération de poulpes, sans précédent dans les eaux britanniques, bouleverse le secteur de la pêche. Ces mollusques à tentacules sont notoirement voraces, engloutissant des crustacés comme les crabes et les coquillages.L’épouse de Brian Tapper a déjà fermé son usine de transformation de crabes sur le quai en raison de la diminution des prises. Et lui doute de parvenir à maintenir son activité à flot. “C’est comme un véritable ouragan pour nous”, dit Brian Tapper à l’AFP sur le port de Plymouth, où ses trois bateaux de pêche au crabe sont à l’arrêt. Cet homme de 53 ans estime que sa prise a diminué de moitié. Sans une reprise, elle va baisser des quatre cinquièmes d’ici fin 2025, s’inquiète-t-il. Un réchauffement de la mer depuis un an et demi dans la région et au-delà est tenu pour responsable de la prolifération des poulpes, qui affectionnent les eaux chaudes.Les experts du climat soulignent que les activités humaines, comme la combustion des énergies fossiles qui libère du carbone, joue un rôle essentiel dans la hausse de la température des océans. “Je pêche ici depuis 39 ans et je n’ai jamais vu des poulpes comme ça”, déplore Brian Tapper. “Je n’ai jamais vu un changement instantané comme celui-ci. C’est si rapide (…). Le crabe ne reviendra pas avant que j’arrête de travailler”, craint-il.- Du poulpe au menu –  Les pêcheurs britanniques ont ramassé plus de 1.200 tonnes de poulpe au cours des six premiers mois de 2025. Sur la même période en 2023, c’était moins de 150 tonnes, et moins de 80 tonnes sur les six premiers mois de 2024, selon la Marine Management Organisation, une agence gouvernementale.La pêche de crustacés, comme le tourteau, a elle considérablement diminué en 2025.Les poulpes “mangent nos espèces indigènes à un rythme que personne ne peut imaginer. C’est effrayant”, déclare Sue MacKenzie, qui travaille pour l’entreprise locale Passionate About Fish.Des pêcheurs ont bénéficié d’un certain répit en vendant des poulpes. Des restaurants ont adapté leur carte en proposant du poulpe, faute de crustacés.Mais cela n’a pas duré, le nombre des poulpes ayant chuté en juillet.”Nous sommes vraiment préoccupés par l’impact sur les stocks de crustacés dans le sud-ouest”, affirme Beshlie Pool, responsable de l’association des pêcheurs de coquillages dans le South Devon et la Manche, qui représente plus de 50 bateaux.Chris Kelly, qui pêche “un peu de tout” avec son bateau de 7 mètres, en utilisant des casiers, des filets et des lignes, fait partie de ceux qui ont obtenu de bons prix en vendant des poulpes.”Mais nous ne capturons pas de homards, et à long terme, on se demande ce que ça va impliquer pour les stocks”, souligne-t-il. Des responsables locaux et nationaux ont commandé une étude sur la situation. Un premier rapport doit être publié en octobre.Selon Bryce Stewart, chercheur de l’Université de Plymouth qui dirige cette étude, les précédentes proliférations de poulpes au Royaume-Uni, en 1899, dans les années 30 et en 1950, ont toutes été précédées d’un réchauffement de la mer. Il soupçonne que les poulpes se reproduisent dans les eaux locales et y survivent pendant l’hiver.Les poulpes à longs bras de l’Atlantique, aussi bien mâles que femelles, qui vivent généralement environ 18 mois, meurent généralement peu de temps après s’être reproduits. Cela pourrait expliquer leur disparition soudaine.Bryce Stewart est souvent interrogé pour savoir si les pieuvres vont désormais rester dans les eaux du sud-ouest. Sa réponse? “Probablement”. 

Pousser “l’afro-luxe” sur la scène mondiale: l’ambition de la Nigériane Reni Folawiyo

Avec son architecture moderne, un cube rouge et noir, Alára, premier concept-store de mode et de décoration de luxe d’Afrique de l’Ouest, saute aux yeux dans le paysage de Lagos, la mégapole nigériane. Fondé il y a dix ans par la Nigériane Reni Folawiyo, il s’est imposé comme un temple de “l’afro-luxe”.”Alára, c’est mon regard et ma vision de ce à quoi ressemble une célébration de l’Afrique”, confie la femme d’affaires de 60 ans, lunettes de soleil aux verres roses sur le nez.Le bâtiment, qui reproduit les motifs de l’adire, un tissu traditionnel nigérian, incarne ce “jeu entre tradition et modernité” qui lui est cher et la boutique propose des créations mêlant designers africains et grandes marques occidentales, objets de décoration et livres.A l’intérieur, tout en sobriété chic, murs noirs et escalier en béton blanc, les créations s’affichent comme des oeuvres d’art, à des prix divers, mais hors de portée de l’immense majorité de la population nigériane, dont la moitié vit dans la pauvreté selon la Banque mondiale.Une robe verte de la marque nigériane Eki Kere s’affiche à 325.000 nairas (211 dollars) et côtoie une robe multicolore de la designer Onalaja à 2,3 million de nairas (1.500 dollars). Juste à côté, une poterie de la marque sud-africaine Sandile B Cele à 290.000 nairas est posée sur une table à 3 millions de nairas (2.000 dollars) du Salù Iwadi Studio sénégalo-nigérian.Avocate de formation, épouse du millionnaire Tunde Folawiyo et fille d’un éminent juriste, Lateef Adegbite, Reni Folawiyo est devenue au cours de la dernière décennie une figure incontournable du monde de la mode et du design en Afrique.Elle affirme avoir voulu créer un “outil”, plus qu’une simple boutique, capable d’accroître la visibilité de l’afro-luxe au-delà de l’Afrique et de toucher un public plus large, après avoir “lutté” pour convaincre “ses partenaires de la pertinence de son projet”, il y a plus de dix ans.- Valoriser les créateurs et les savoirs-faire -Son attrait pour la mode et le design puise ses racines dans sa culture yoruba, riche en tissus traditionnels, couleurs vives, bijoux symboliques et cérémonies fastueuses. Ses nombreux voyages à travers en Afrique l’ont également nourrie.Le Sénégal l’a marquée par son “design brut”, la Côte d’Ivoire par “la sophistication” de son artisanat, et le sud-ouest du Nigeria, où elle a grandi, par “son énergie créative”.”Beaucoup de belles choses que les personnes fabriquaient dans différentes régions d’Afrique n’étaient pas mises en valeur comme elles auraient dû l’être, selon moi”, déplore-t-elle, ajoutant que leur richesse culturelle était souvent éclipsée par des objets venus d’autres continents. Au Nigeria, l’une des premières économies d’Afrique, où une élite de riches acteurs du pétrole et du gaz cohabite avec l’extrême pauvreté d’une grande partie de la population, l’entrepreneuse défend un luxe puisant sa richesse dans les savoirs-faire artisanaux.”Une grande partie de notre savoir-faire, de notre créativité et de notre héritage se trouve dans nos zones rurales”, ajoute Reni Folawiyo.Derrière la boutique, située sur Victoria Island, un des quartiers les plus cossus de Lagos, Reni Folawiyo a installé NOK, un restaurant africain contemporain, dont la carte a été pensée par le chef sénégalais Pierre Thiam.- Dépasser les frontières -Et rien ne fait plus plaisir à celle que certains designers de Lagos ont surnommé “l’audacieuse” que quand des créateurs africains se font connaître hors du continent, lors d’événement prestigieux, notamment grâce à certaines stars de la musique nigériane jouant le rôle d’ambassadeurs.Lors du très select Met Gala à New York en mai dernier, les superstars de l’afrobeats Tems, Burna Boy et Ayra Starr étaient habillées par le créateur britannico-ghanéen Ozwald Boateng.Mme Folawiyo a entamé des collaborations avec des partenaires hors du continent comme le musée de Brooklyn ou le musée d’art du comté de Los Angeles, aux Etats-Unis.”Nous pensons qu’à l’heure actuelle, la meilleure façon de donner une visibilité aux designers en dehors de l’Afrique est de nouer des partenariats avec des institutions reconnues” et “repectées”, explique-t-elle.Reni Folawiyo organise aussi des défilés de mode à l’étranger, comme le CARIFESTA XV, à la Barbade, fin août.Selon elle, l’avenir du luxe africain repose sur un équilibre entre “créativité”, “structure solide” et “transmission des savoirs aux générations futures”.

Le ministre de l’Economie Eric Lombard “convaincu qu’on aura dans les délais un budget pour 2026

Le ministre de l’Economie Eric Lombard s’est dit jeudi “convaincu qu’on aura dans les délais un budget pour 2026”, alors que se déroulera le 8 septembre au Parlement un vote de confiance pour l’instant mal engagé pour François Bayrou.M. Lombard, qui s’exprimait devant la Rencontre des entrepreneurs de France, rendez-vous d’été annuel du Medef, a par ailleurs assuré que “l’ISF est complètement écarté” de ce budget, sans exclure qu’il y ait des “discussions sur le partage de l’effort” à fournir pour trouver les 44 milliards d’euros d’efforts souhaités par le Premier ministre François Bayrou pour l’an prochain.Le ministre semble donc penser qu’il est possible de boucler le budget dans les délais, malgré le vote de confiance auquel se soumettra le 8 septembre François Bayrou. En cas d’échec, ce qui semble actuellement l’hypothèse la plus probable, il devrait démissionner et il faudrait alors prendre le temps de reconstruire un nouveau gouvernement.Malgré toutes ces incertitudes, auxquelles les marchés et particulièrement la Bourse ont assez nettement réagi cette semaine, M. Lombard a assuré “ne pas croire à la crise financière” en France.

La Bourse de Paris en hausse, les tensions politiques en toile de fond

La Bourse de Paris est en hausse jeudi, tentant de rattraper ses pertes liées à l’incertitude politique en France, qui met sous pression les taux d’intérêt auquel le pays emprunte sur les marchés financiers.L’indice vedette CAC 40 gagnait 0,76% vers 09H30, soit 59,14 points à 7.803,07 points vers 09H40. Mercredi, le CAC 40 avait pris 34,12 points (+0,44%) et s’était établi à 7.743,93 points à la clôture, après avoir cédé plus de 3% sur les deux premières séances de la semaine.Le CAC 40 reste à la traîne par rapport aux autres places financières, avec une progression d’environ 5% depuis le début de l’année, contre plus de 20% pour l’indice vedette allemand, le DAX, par exemple.Wall Street, après avoir été freinée par les incertitudes liées à la politique commerciale erratique de Donald Trump, reprend de la hauteur et les principaux indices boursieurs ont tous franchis des records récemment, à l’instar de l’indice élargi S&P 500 en clôture mercredi.Dans cet environnement, “les obligations françaises restent sous pression”, notent les économistes de Deutsche Bank.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt français à échéance dix ans évoluait à 3,48%, contre 2,69% pour son équivalent allemand, considéré comme la référence en zone euro, la première puissance économique du Vieux continent étant la mieux perçue par les agences de notation.”L’écart à dix ans avec l’Allemagne a atteint un plus haut de sept mois”, soulignent les économistes de Deutsche Bank.”Cet écart croissant constituera un point clé à suivre jusqu’au vote de confiance du 8 septembre concernant le gouvernement de François Bayrou. L’incapacité de Bayrou à faire passer les coupes budgétaires nécessaires inquiète le marché et menace de provoquer une nouvelle crise politique en France”, détaille Kathleen Brooks, directrice de la recherche économique de XTB.Les investisseurs attachent également une attention particulière à la comparaison entre le taux français et celui de l’Italie, longtemps vue comme la lanterne rouge de la zone euro, qui s’établissait à 3,54%. Par ailleurs, les investisseurs digèrent les résultats records du géant technologique américain Nvidia au deuxième trimestre. Enfin, à l’agenda jeudi, le marché attend la publication du PIB des Etats-Unis au deuxième trimestre à 14H30, avant de se tourner vendredi vers l’inflation américaine en juillet.Pernod Ricard moteur de la séanceLe géant des spiritueux Pernod Ricard bondissait de 5,46% à 104,45 euros vers 09H30 après avoir publié des résultats annuels, pour son exercice décalé 2024/2025, légèrement supérieurs aux attentes du marché.Rémy Cointreau gagnait pour sa part 2,31% à 55,35 euros.

Wall Street termine en hausse avant les résultats de Nvidia

La Bourse de New York a terminé dans le vert mercredi, les investisseurs se montrant confiants à l’approche des résultats trimestriels du géant américain des semi-conducteurs Nvidia, acteur-clé du secteur de l’intelligence artificielle (IA).Le Dow Jones a pris 0,32% et l’indice Nasdaq a gagné 0,21%. L’indice élargi S&P 500 a quant à lui grimpé de 0,24%, atteignant un nouveau sommet en clôture à 6.481,40 points.”Le marché a fluctué tout au long de la journée, les gains ne sont pas significatifs, mais surtout, il n’y a pas eu d’intérêt pour la vente aujourd’hui”, a décrit pour l’AFP Patrick O’Hare, analyste de Briefing.com.Selon lui, cela signifie que “le marché a attendu avec calme et confiance les résultats de Nvidia (-0,09% à 181,60 dollars)”, publiés ce mercredi après la clôture.Wall Street a été portée ces dernières années par un engouement autour de l’IA. Nvidia, qui fournit les semi-conducteurs à cette industrie investissant des milliards tous azimuts pour se développer, en est la figure de proue.L’entreprise a d’ailleurs été la première à franchir le seuil symbolique des 4.000 milliards de dollars de valorisation boursière en juillet.Les enjeux sont donc massifs, et “si Nvidia ne fait que répondre aux estimations du consensus (des analystes), cela sera considéré comme une déception”, juge Patrick O’Hare.Mais ce qui importe le plus, c’est “ce que dit l’entreprise au sujet de ses perspectives” et si celles-ci “se révèlent meilleures que prévu, le marché restera tout simplement dans une position optimiste”, ajoute-t-il.Côté indicateurs, les investisseurs attendent la publication de la deuxième estimation du produit intérieur brut (PIB) américain jeudi et celle de l’indice PCE vendredi, indicateur d’inflation privilégié par la banque centrale américaine (Fed).Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt à dix ans reculait à 4,23% contre 4,26% à la clôture mardi.Ailleurs à la cote, les laboratoires pharmaceutiques Pfizer (+0,60%) et Moderna (+1,50%) ont profité de l’approbation par l’Agence américaine des produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA) d’une nouvelle série de vaccins anti-Covid pour les personnes les plus à risque.Le groupe agroalimentaire J.M. Smucker (-4,44% à 105,67 dollars), notamment connu pour son beurre de cacahuètes Jif et la marque Café Bustelo, a été sanctionné pour ses résultats inférieurs aux attentes au premier trimestre, en raison notamment d’une augmentation du coût de ses matières premières, notamment les grains de café.L’enseigne de grands magasins Kohl’s a été propulsée (+24,00% à 16,17 dollars) après avoir dépassé les attentes de Wall Street malgré un recul de ses ventes au deuxième trimestre par rapport à l’année passée.Le groupe estime que ses prévisions annuelles atteindront le haut de la fourchette qu’il s’était fixé.La chaîne de restaurants Cracker Barrel a repris des couleurs (+8,01% à 62,33 dollars) après avoir renoncé, mardi, à changer son logo, à la suite d’une polémique et de l’intervention de Donald Trump, qui l’accusait de céder au politiquement correct.Mi-août, l’entreprise de Lebanon (Tennessee) avait dévoilé un nouvel emblème, qui comprenait simplement le nom de l’enseigne sur fond jaune foncé. Une version épurée de son prédécesseur qui avait agité les réseaux sociaux, notamment au sein des cercles conservateurs.

Sidérurgie, métallurgie: Triste rentrée en France

Inquiétudes sur les investissements d’ArcelorMittal à Dunkerque, craintes sur la pérennité de Novasco (ex-Ascometal) en redressement judiciaire: la rentrée de l’acier s’annonce tendue en France, alors que l’avenir de l’industrie sidérurgique et métallurgique est “sérieusement menacé” en Europe, prise en étau entre la Chine et les Etats-Unis.Jeudi 4 septembre, une “marche citoyenne” est prévue à Hagondange en Moselle (est), pour dénoncer la situation de l’aciériste Novasco (ex-Ascometal), mis en redressement judiciaire cet été, pour la quatrième fois depuis 2014.Le lendemain, le 5 septembre, est la date limite de remise des offres de reprise devant le tribunal de Commerce de Strasbourg, pour Novasco qui emploie quelque 760 salariés en Lorraine, dans la Loire et dans le Nord, près de Dunkerque.”Mais il n’y a pas en ce moment d’acteur capable de reprendre des activités de production d’acier surcapacitaire en Europe, les prix de l’acier sont trop bas et l’outil de travail d’Hagondange a besoin de trop d’investissements pour être rentable”, confie à l’AFP une source industrielle proche du dossier qui requiert l’anonymat.Paradoxe cruel pour l’objectif de transition énergétique et de décarbonation industrielle affiché par l’Europe: L’usine Novasco d’Hagondange, menacée de liquidation, est dotée d’un four électrique permettant de recycler des vieilles ferrailles, et donc de produire de l’acier moins émetteur de CO2 que l’acier issu des hauts fourneaux utilisant minerai de fer et charbon.- “Plus personne ne veut investir” -“Je n’ai jamais vu une rentrée comme ça. Même mon père, qui a travaillé dans la sidérurgie toute sa vie, n’a jamais connu cette situation. L’ensemble des boîtes sont touchées, plus personne ne veut investir dans l’acier en Europe”, déclare à l’AFP Gaëtan Lecocq, secrétaire-général de la CGT chez ArcelorMittal, également en grande incertitude sur son avenir en France.Pour essayer de maintenir l’acier européen à flot, après moult réunions, la France et 10 Etats membres (Autriche, Belgique, Bulgarie, Espagne, Grèce, Italie, Luxembourg, Pologne, Roumanie et Slovaquie) ont appelé le 28 juillet l’Union Européenne à mettre en place “dans les meilleurs délais” un cadre de protection commerciale de la sidérurgie européenne.La production européenne d’acier “est aujourd’hui sérieusement menacée”, indique la lettre commune de ces dix pays. D’une part, “par la persistance, voire le développement, de surcapacités mondiales de production, dont l’effet baissier sur les prix devient insoutenable pour les producteurs européens, et, d’autre part, par la déstabilisation récente du cadre multilatéral des échanges commerciaux”. En clair, l’acier européen est menacé par la concurrence de l’acier subventionné à bas prix en provenance de Chine et par les droits de douane imposés par l’Amérique de Donald Trump.ArcelorMittal précise que “les droits de douane américains perturbent le marché mondial de l’acier car ils contribuent à réorienter vers l’Europe les flux d’acier produits dans le monde qui étaient autrefois livrés aux Etats-Unis.”Le deuxième producteur mondial d’acier, qui a suspendu ses projets d’investissement de décarbonation du plus grand haut fourneau européen à Dunkerque (pour 1,8 milliard d’euros), attend lui aussi de l’Europe des mesures urgentes pour pouvoir confirmer ses investissements. Il demande une limitation du volume des importations et une protection de la production européenne et de ses exportations, via la mise en place d’un mécanisme carbone aux frontières (MACF) efficace.En attendant, le groupe a déjà annoncé la suppression de quelque 600 postes dans sept sites du nord de la France. Sous la pression médiatique et politique, il a finalement annoncé au printemps un investissement pour créer un four électrique à Dunkerque.Mais le responsable CGT n’y croit pas. “Ce qui a été annoncé, un four pour traiter 1,5 million de tonnes d’acier est impossible techniquement” affirme-t-il. “C’est pour amuser la galerie et faire croire aux politiques locaux qu’ils vont faire quelque chose, alors que ce que l’on risque c’est qu’il n’y ait plus aucun site ArcelorMittal en France en 2029” dit Gaëtan Lecocq. “La rentrée va être mouvementée”.

Les nouveaux trains d’Alstom entrent en service entre Boston et Washington

Le constructeur ferroviaire français Alstom a mis en service mercredi aux Etats-Unis de nouveaux trains rapides, qui relieront Boston à Washington en passant par New York.Ces trains, les plus rapides des Etats-Unis, ne rouleront qu’à 260 km/h, loin des TGV qui peuvent atteindre 320 km/h en France sur les lignes à grande vitesse (LGV), car les rails entre Boston et Washington restent ceux d’une ligne classique.Les 28 nouvelles rames “NextGen Acela”, assemblées par Alstom pour la compagnie ferroviaire publique américiane Amtrak, offrent 27% de places supplémentaires par rapport aux anciens trains en service depuis 2000, tout en étant “plus confortables”, selon un communiqué publié mercredi par Alstom.”Ces trains sont beaux ! Ils seront plus rapides, ils pourront transporter plus de passagers. J’espère que cela va générer de meilleures recettes”, a déclaré le ministre des Transports américain Sean Duffy, présent à Washington lors de la célébration du premier trajet.Les rames ont été assemblées à Hornell, dans l’Etat de New York, et utilisent 95% de composants d’origine américaine, “revitalisant ainsi l’industrie ferroviaire nationale”, selon le communiqué.”Les trains Acela NextGen sont les premiers trains à grande vitesse construits en Amérique (…) les plus avancés technologiquement du pays”, s’est félicité dans le communiqué Henri Poupart-Lafarge, directeur général d’Alstom.Le contrat de vente de trains rapides destinés à l’une des lignes ferroviaires les plus utilisées des Etats-Unis avait été remporté par Alstom durant l’été 2016, pour un montant d’1,8 milliard d’euros.Cependant, la mise en service des trains a connu des retards, puisqu’en 2016 Amtrak annonçait les premiers trajets pour 2021.Lors de son mandat, l’ancien président américain Joe Biden avait annoncé le plus important investissement pour le ferroviaire aux Etats-Unis, avec notamment la construction de la première LGV du pays, prévue entre Los Angeles et Las Vegas, qui doit voir le jour d’ici 2028, à temps pour les Jeux olympiques de Los Angeles.M. Biden avait aussi prévu des fonds fédéraux pour la très attendue LGV en cours de construction entre Los Angeles et San Francisco. Mais en juillet, son successeur Donald Trump a annoncé l’annulation de ces fonds. L’Etat de Californie a décidé de la contester en justice.Contrairement à l’Europe ou l’Asie, le train est le parent pauvre des transports aux Etats-Unis. Les infrastructures sont la plupart du temps inexistantes. Les rares lignes en service sont souvent lentes et peu desservies.

Allemagne: inauguration de la future plus grande usine de munitions d’Europe pour réarmer le continent

La future plus grande usine de munitions d’Europe a été inaugurée mercredi dans la bourgade d’Unterlüss, dans le nord de l’Allemagne, symbole des efforts fournis par les pays européens pour se réarmer en pleine guerre en Ukraine.Cet ouvrage du conglomérat allemand Rheinmetall reflète le tournant vers le réarmement engagé par Berlin après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, qui a mis fin à des années de sous-investissement, longtemps compensé par le bouclier de défense américain.”C’est très important d’être ici, car l’industrie de la défense en Allemagne, en Europe et en Amérique du Nord compte plus que jamais”, au moment où “la Russie et la Chine développent rapidement et massivement leurs armées et leurs capacités, avec très peu de transparence”, a déclaré le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, invité à la cérémonie officielle.”Nous devons donc redémarrer certaines de nos lignes de production à l’arrêt, mettre au point des procédés de fabrication plus rapides et acquérir les composants nécessaires afin que, lorsque les commandes arriveront, elles puissent être livrées plus vite”, a-t-il ajouté. – “Signal très important” pour l’Ukraine -L’usine d’Unterlüss, située près de Hanovre, en est la parfaite illustration. Construite en 15 mois, elle doit fabriquer dès cette année dans des halles largement robotisées jusqu’à 25.000 obus de 155 mm, d’une portée allant jusqu’à 40 kilomètres.La production devrait atteindre rapidement 350.000 unités par an d’ici 2027, sur un site de la taille de cinq terrains de football.En pleine capacité, il s’agira de la plus grande usine de munitions d’Europe, selon Rheinmetall.Le complexe est surtout “un signal très important pour les gens en Ukraine”, a déclaré le vice-chancelier et ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, de retour d’un déplacement à Kiev. Les chaînes vont tourner en priorité pour honorer la commande record de l’armée allemande (Bundeswehr) en munitions, d’une valeur allant jusque 8,5 milliards d’euros, annoncée en juillet 2024. Mais une partie de la production doit aussi être redistribuée à l’Ukraine, par l’Allemagne ou d’autres pays achetant à Rheinmetall ses obus.”L’Allemagne doit être prête à assumer davantage de responsabilités pour la sécurité en Europe”, a martelé de son côté le ministre allemand de la Défense, le social-démocrate Boris Pistorius.L’usine, située en pleine lande de Lunebourg, au sein d’un complexe industriel de Rheinmetall, revêt “une importance stratégique” pour l’entreprise mais aussi “pour la République fédérale d’Allemagne et pour l’Europe”, a souligné le patron du groupe basé à Düsseldorf (ouest), Armin Papperger.- Partenariat avec Lockheed Martin -Rheinmetall, coté à l’indice Dax des principales valeurs de la Bourse de Francfort, est le plus gros fabriquant européen de munitions pour chars et pièces d’artillerie, devant le norvégien Nammo et le français Nexter. Le groupe a investi plus de 500  millions d’euros pour construire ce nouveau site, créant 500 emplois.Des moteurs de fusées seront également fabriqués sur place à partir de l’an prochain, en partenariat avec l’américain Lockheed Martin, avec lequel Rheinmetall coopère déjà, a appris l’AFP.Le complexe d’Unterlüss produit déjà des obus de 120 mm destinés aux chars Leopard 2, utilisés sur le front par l’armée ukrainienne.Face à la pénurie de personnel qui frappe son armée, le gouvernement allemand a adopté mercredi un projet de loi pour accélérer le recrutement. Le texte vise à attirer des volontaires, tout en prévoyant un service militaire obligatoire partiel si les effectifs sont insuffisants.En ajoutant les investissements en matériels, qui font partout défaut, Berlin prévoit une montée en puissance continue de son effort de défense pour atteindre 3,5% du PIB en 2029, soit plus du triple de son niveau d’avant-guerre en Ukraine. “Nous sommes un partenaire fiable” pour l’Otan, a assuré M. Klingbeil.

Le Medef tance les décideurs politiques, et met un veto au retour de l’ISF

Sautant d’un pied sur l’autre tel un sportif, avant d’entrer sur le court central de Roland-Garros pour son discours d’ouverture de la “REF” au son tonitruant de “Final Countdown”, le président du Medef Patrick Martin a tancé mercredi les politiques qui ne savent pas “dépasser leurs rivalités”, refusé tout retour de l’ISF et prévenu qu’il faudra compter avec le Medef.Cette Rencontre des Entrepreneurs de France (REF) a été baptisée “Jeu décisif”, clin d’œil au temple du tennis sur terre battue qui l’abrite pour la première fois, après six éditions à l’hippodrome de Longchamp.La REF se compose de tables rondes entre experts, chefs de grandes entreprises et membres du gouvernement, cette année Eric Lombard ministre de l’Economie ou Sébastien Lecornu, ministre des Armées. François Bayrou en sera l’invité vedette jeudi après-midi.M. Martin s’est dit “consterné” par “les premières réactions politiques” négatives à l’annonce par le Premier ministre qu’il se soumettrait le 8 septembre à un vote de confiance à l’Assemblée nationale: elles “surajoutent à notre inquiétude”.”Le pire pour un consommateur c’est l’incertitude au moment de ses décisions de consommation, a observé mercredi devant la REF Alexandre Bompard, PDG du groupe Carrefour. “Or, depuis juillet 2024, il n’entend que +crise politique, nouvel impôt, nouvelle instabilité, nouveau gouvernement+, a déploré le chef d’entreprise.- “Déni” -“Un pays, qui peut offrir aux entreprises et aux investisseurs stabilité, constance et visibilité, va gagner: je suis étonnée de voir à quel point nos politiques n’en ont pas conscience”, a regretté Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie.Karine Grau, consultante pour les entreprises à Dijon, constate sur le terrain qu’en 2024 après la dissolution, “la situation était instable, mais qu’en 2025 c’est de plus en plus compliqué pour les chefs d’entreprises, avec des retards de paiements qui s’accumulent et créent un cercle vicieux”.Pour le président du Medef, “les décideurs politiques doivent dépasser leurs rivalités”, mais il a constaté que “cela n’en prend pas le chemin”.Or la situation économique, et particulièrement celle liée à la concurrence internationale, “n’autorise plus ni le déni, ni les faux semblants, ni les demi-mesures, ni la démagogie”, selon lui.Il compare régulièrement l’incapacité de la France à réduire son déficit public – 5,8% du PIB en 2024, presque le double du maximum de 3% toléré par Bruxelles – et les efforts couronnés de succès des pays du sud de l’Europe, anciens mauvais élèves de l’UE.M. Martin estime que le Parti socialiste “reste le pivot” des discussions budgétaires, comme en début d’année lorsqu’il avait permis au premier budget de François Bayrou d’être adopté en ne le censurant pas.Mais le leader du Medef s’alarme des projets de surtaxation des plus riches qui planent, en guise de gage à la gauche.- “C’est non!” -C’est notamment l’objet de la “taxe Zucman”, du nom de l’économiste français Gabriel Zucman, qui vise à taxer les plus riches à hauteur de 2% de leur patrimoine.”Quelle qu’en soit la forme, un retour de l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune, NDLR) serait ravageur pour notre économie, nous nous y opposerons”, a affirmé M. Martin.Le leader de “la première organisation patronale, et de loin!” avec 240.000 entreprises et 12 millions de salariés, a souligné que son mouvement était “puissant”. “Qui comprendrait qu’il accepte de subir ? A tous ceux qui se bercent de cette illusion, je le dis aimablement, mais fermement : c’est non !”, a-t-il lancé.Le clou de la REF, particulièrement dans les circonstances politiques actuelles, sera le débat de clôture qui rassemblera les chefs de partis : Bruno Retailleau (LR), Jordan Bardella (RN), Gabriel Attal (Renaissance), Fabien Roussel (PCF), Manuel Bompard (LFI) et Marine Tondelier (Ecologistes). Patrick Martin a l’intention de “leur dire ce qu’il a à leur dire”. Olivier Faure (PS) et Edouard Philippe (Horizons) seront absents pour des raisons d’agenda.

La Bourse de Paris s’octroie une pause après avoir perdu plus de 3% en deux jours

La Bourse de Paris a terminé en hausse de 0,44% mercredi, reprenant son souffle après avoir perdu plus de 3% en deux séances, fragilisée par l’instabilité politique en France qui a fait grimper les taux auxquels le pays emprunte sur les marchés financiers. L’indice vedette CAC 40 a pris 34,12 points et s’est établi à 7.743,93 points à la clôture. Lundi et mardi, il avait cédé 1,59% puis 1,70%.”Il est intéressant de noter que ce rebond se fait sans les valeurs du secteur bancaire, davantage affectées par les difficultés politiques en France et la mauvaise tenue du marché obligataire”, commente Amélie Derambure, gérante de portefeuille diversifié chez Amundi.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt français à échéance dix ans évoluait à 3,52%, contre 2,70% pour son équivalent allemand, considéré comme la référence pour la zone euro, la première puissance économique du Vieux continent étant la mieux perçue par les agences de notation.Les investisseurs attachent une attention particulière à la comparaison entre le taux auquel la France emprunte à dix ans et celui de l’Italie, qui s’établissait à 3,57%, longtemps vue comme la lanterne rouge de la zone euro.”Il faut aussi donner du crédit à l’Italie: une partie importante de ce mouvement de convergence provient de l’amélioration de la situation budgétaire de l’Italie, grâce à la trajectoire de sa croissance et aux réformes structurelles réalisées ces dernières années”, explique la gérante d’Amundi.”Même si le niveau de la dette italienne est beaucoup plus élevé, l’amélioration de la situation budgétaire a été saluée par les agences de notation et par les marchés”, contrairement à la France, poursuit Amélie Derambure.A la cote parisienne, les valeurs les plus exposées à l’international, par opposition aux valeurs tournées vers le marché intérieur, ont le plus avancé mercredi, le luxe en première ligne.LVMH a gagné 3,24%, à 502,00 euros, Hermès 2,27% à 2.119,00 euros, Kering 1,80%, à 229,50 euros. Le géant des cosmétiques L’Oréal, souvent compté parmi les valeurs du luxe, s’est octroyé 1,15% à 401,25 euros.Concernant les valeurs bancaires, BNP Paribas a cédé 0,65% à 76,53 euros, Crédit Agricole a reculé de 0,58% à 15,56 euros et Société Générale a terminé stable (-0,00%) à 52,00 euros. Depuis lundi, toutes ont perdu entre 8% et 10%.