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Chômage record en Allemagne depuis 2015, l’appel aux réformes s’intensifie

Le nombre de chômeurs en Allemagne a dépassé les 3 millions en août, un seuil symbolique jamais atteint depuis 2015, qui alerte sur la nécessité de réformes pour relancer la première économie européenne.Selon les données publiées vendredi par l’Agence pour l’emploi, le chômage a augmenté de 45.700 personnes sur un mois, portant le total à 3,03 millions de sans-emplois.La pause estivale explique en partie cette mauvaise statistique, car, corrigé des variations saisonnières, le chiffre recule de 9.000 personnes sur un mois et le taux de chômage se maintient à 6,3%.Le marché du travail allemand subit néanmoins les effets combinés d’une stagnation économique prolongée et de la pression internationale, aggravée par le conflit en Ukraine et les incertitudes mondiales.Ses coûts d’énergie en hausse ont également nui à la compétitivité des produits “made in Germany”.Depuis mai 2022, le chômage a ainsi augmenté régulièrement, passant d’un point bas de 2,2 millions de personnes sans emploi à plus de 3 millions aujourd’hui.La dernière fois qu’un mois d’août a dépassé cette barre symbolique remonte à 2010, selon les archives de l’Agence pour l’emploi.- “Automne des réformes” -Ces chiffres bruts sont moins le révélateur d’une tendance structurelle qu’un électrochoc pour le débat public: vendredi, le quotidien populaire Bild en a fait la une de son site en ligne.Ces trois millions de chômeurs représentent surtout “un constat d’échec face au refus de réformes de ces dernières années”, a réagi Rainer Dulger, président de la Fédération allemande des employeurs (BDA). Pour lui, l’Allemagne a besoin d’un véritable “automne des réformes”.Après un départ poussif au printemps, le gouvernement de coalition dirigé par le chancelier conservateur Friedrich Merz est attendu à la rentrée sur les réformes promises, notamment fiscales et sociales, pour relancer une économie en berne.”Le vent contraire conjoncturel laisse toujours des traces sur le marché du travail et nécessite des mesures de riposte”, a reconnu la ministre social-démocrate du Travail, Bärbel Bas, dans un communiqué. Mme Bas a aussi mis en avant les efforts du gouvernement fédéral, qui a adopté des incitations à l’investissement et un plan de 500 milliards d’euros pour les infrastructures – routes, ponts, bâtiments – vieillissantes du pays.- Recul industriel -Les représentants de fédérations industrielles insistent aussi sur l’urgence d’une politique économique qui stimule d’avantage l’emploi et les investissements.Dans le secteur de la machine-outil, le directeur du lobby VDMA, Thilo Brodtmann, souligne que “sans diminution des dépenses sociales et réformes concrètes, la situation pourrait continuer à se détériorer”. Ce secteur vital pour l’économie allemande cherche d’urgence des travailleurs qualifiés face au vieillissement démographique du pays.Dans les autres pans de l’industrie, la dégradation des effectifs s’accélère: fin juin, l’emploi y avait reculé de 2,1% sur un an, soit environ 114.000 postes supprimés.Depuis 2019, ce sont près de 250.000 emplois qui ont disparu, a relevé le cabinet EY. Dans l’automobile, en pleine mutation vers l’électrique, le recul est de 6,7% sur un an, soit 51.500 postes supprimés, et plus de 112.000 depuis 2019, selon EY.Stephanie Schoenwald, économiste chez KfW Research, relativise la situation, en rappelant que l’Allemagne reste loin de ses niveaux records des années 2000, avec 5 millions de chômeurs et un taux de chômage tournant autour de 11‑12 %.Ces chiffres avaient donné naissance aux réformes Hartz, lancées entre 2003 et 2005, qui avaient durci nettement le système d’allocations chômage. La reprise de l’économie allemande “attendue l’an prochain” suggère à elle seule que “les chances d’amélioration du marché du travail restent bonnes”, conclut Mme Schoenwald.

Wall Street marque le pas, l’inflation américaine ne surprend pas

La Bourse de New York évolue en baisse vendredi, au lendemain d’une séance marquée par plusieurs records, peu impressionnée par un nouvel indice d’inflation aux Etats-Unis dans la lignée des attentes.Après avoir atteint leur plus haut historique en clôture jeudi, le Dow Jones reculait vers 13H50 GMT vendredi de 0,29% et l’indice élargi S&P 500 de 0,41%. L’indice Nasdaq était aussi orienté à la baisse, lâchant 0,72%.L’inflation est restée stable à 2,6% sur un an en juillet aux Etats-Unis, selon l’indice officiel PCE publié vendredi. Hors prix volatils de l’énergie et l’alimentation, la hausse des prix a légèrement accéléré, à 2,9% en glissement annuel contre 2,8% le mois précédent.”Rien de tout cela n’est surprenant, dans la mesure où l’une des particularités du PCE est que la plupart des données qui le composent sont déjà connues” grâce aux publications des prix à la production (PPI) et à la consommation (CPI), commente auprès de l’AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.”Les économistes sont donc beaucoup plus à même d’estimer à quoi cela va ressembler”, selon M. Hogan.Pour l’analyste, ces données “laissent certainement la porte grande ouverte à une baisse des taux par la Réserve fédérale (Fed) en septembre”.La banque centrale des Etats-Unis vise une inflation à 2% sur un an. Mais son président Jerome Powell a récemment fait comprendre qu’il redoutait que le marché du travail se dégrade rapidement et a en conséquence ouvert la porte à des taux moins élevés afin de donner un coup de fouet à l’activité économique du pays.Selon l’outil de veille de CME, FedWatch, l’essentiel des analystes s’attendent à ce que la Fed ramène ses taux dans une fourchette comprise entre 4,00% et 4,25% (contre 4,25% à 4,50% actuellement) lors de sa réunion de politique monétaire de septembre.Sur le marché obligataire, vers 13H50 GMT, le rendement des emprunts d’État américains à dix ans s’affichait à 4,24% contre 4,21% jeudi en clôture.Si la publication du PCE n’a pas constitué un véritable moteur pour la place américaine, “il sera très difficile de trouver un catalyseur autre que celui-ci” à l’approche d’un “long weekend”, juge Art HoganWall Street sera fermée lundi, jour férié de Labor Day.Côté entreprises, le géant technologique Alibaba (+8,83% à 130,13 dollars) était recherché après avoir annoncé un bond de son résultat net trimestriel, nettement supérieur aux attentes (+78% sur un an). Il profitait aussi de revenus en forte progression pour ses activités de “cloud computing” (informatique à distance).Le spécialiste des engins de chantier Caterpillar (-2,96% à 422,03 dollars) glissait après avoir annoncé jeudi avoir revu à la hausse l’estimation de l’impact des nouveaux droits de douane pour son exercice 2025, qui devrait se situer entre 1,5 et 1,8 milliard de dollars nets.Le fabricant d’ordinateurs et serveurs Dell (-9,63% à 121,14 dollars) pâtissait de prévisions pour son bénéfice net par action au troisième trimestre inférieures aux attentes du marché. Après un deuxième trimestre au-delà des anticipations, l’entreprise a cependant revu à la hausse ses objectifs annuels.

La crise politique met en péril la publication de la feuille de route énergétique de la France

La crise politique en France et un François Bayrou en sursis mettent en péril la publication de la feuille de route énergétique du pays, promise avant la fin de l’été et indispensable au secteur, notamment en vue de la relance du nucléaire.La troisième Programmation pluriannuelle énergétique (PPE) vise à sortir des énergies fossiles et à atteindre la neutralité carbone en 2050, grâce à une plus grande disponibilité du parc nucléaire français et à la construction de nouveaux réacteurs de type EPR2.Le texte, qui porte sur la période 2025-2035, marque une rupture avec la précédente PPE, qui prévoyait la fermeture de 12 nouveaux réacteurs.Le gouvernement s’était engagé à publier “avant la fin de l’été” un décret sur cette PPE3, mais le sujet déchire la classe politique en raison de divergences profondes sur la place du nucléaire et des énergies renouvelables dans le mix énergétique de la France.Le sujet a donné lieu à une passe d’armes au sein même du gouvernement, lorsque le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau avait plaidé début juillet pour l’arrêt des “subventions publiques” à l’éolien et au photovoltaïque.La situation est d’autant plus complexe qu’un autre texte sur l’avenir énergétique de la France, la proposition de loi dite Gremillet, consacrant une relance massive du nucléaire et censée aider l’exécutif à finaliser son décret, doit reprendre sa navette parlementaire à la rentrée.Le tout, sur fond de menace de censure du Rassemblement national. “Si on voit que François Bayrou veut publier la PPE3 par décret, en contournant la représentation nationale, ce sera un casus belli”, avait prévenu en juin le député RN Jean-Philippe Tanguy.Marc Ferracci, ministre de l’Energie, qui n’a pas ménagé ses efforts pour faire paraître ce décret, avait indiqué que cette publication n’attendrait pas la fin de la navette de la PPL Gremillet.Mais sa parution fin juillet au Journal officiel a été reportée sur décision du Premier ministre, “pour que soient conduites la concertation et les consultations nécessaires”. François Bayrou a assuré vouloir la publier en “août, septembre”, car “la PPE actuelle (…) prévoyait la réduction massive de l’électricité d’origine nucléaire”.- Un “poison” pour l’industrie -“Si on veut faire les investissements nécessaires, à la fois pour le nucléaire, les centrales nucléaires, et pour le renouvelable (…) il faut qu’il y ait une nouvelle PPE”, a souligné le Premier ministre.Le texte tel qu’il aurait dû être publié maintenait, mais en les décalant dans le temps, les objectifs de production d’électricité renouvelable.Pour le secteur de l’énergie, la perspective d’un nouveau report est un cauchemar. Le texte, attendu depuis deux ans déjà, est indispensable pour lancer des appels d’offre, sécuriser des investissements, prévoir les infrastructures, anticiper les besoins de formation et d’emploi.”La France n’a pas de politique énergétique”, a tonné Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie, cette semaine lors de la Rencontre des entrepreneurs de France, rendez-vous d’été annuel du Medef. “Nous n’avons pas réussi à voter une PPE pourtant tellement débattue. Ça fait quatre ans qu’on en parle.””On se retrouve de nouveau sans cadre politique énergétique clair, en pleine incertitude”, a déploré Jules Nyssen, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER), auprès de l’AFP. “Surtout le nucléaire”, a-t-il ajouté, car “le programme nouveau nucléaire n’est inscrit nulle part”.Du côté d’EDF, dont l’Etat est le seul actionnaire, on ne fait pas de commentaire. Mais de source proche de l’industrie nucléaire, on souligne que “c’est bien d’avoir une PPE, ça donne de la visibilité au secteur”.Au ministère de l’Energie, on pousse pour une publication avant le 8 septembre. “Il y a un plaidoyer très, très important pour une publication de la PPE avant le 8 pour pouvoir avancer ce dossier qui traîne depuis quatre ans”, a-t-on indiqué dans l’entourage de Marc Ferracci. Le ministre a déploré jeudi l’instabilité politique, la qualifiant de “poison” pour l’industrie.”Cette PPE, elle a été franchement torpillée cette année pour des raisons qui ne cessent de me stupéfier”, a fustigé Catherine MacGregor, en se désolant d’une “campagne anti-éolienne extrêmement forte”.

Deux ans après le coup d’Etat au Gabon, un pays “en chantier” et de fortes attentes

Nouvelles routes, constructions de marchés, réformes économiques… Deux ans après son coup d’Etat militaire et la chute de la dynastie Bongo, le président Brice Oligui Nguema a mis le Gabon “en chantier”, mais les difficultés sociales et économiques persistent.La “Journée nationale de la libération” prévue samedi sera une nouvelle occasion pour le premier président de la Ve République du Gabon de visiter de grands projets en cours et de souligner son bilan, à quelques semaines d’élections locales et législatives.A son arrivée au pouvoir en 2023, le général Oligui promettait de “redresser le pays” et de “mieux vivre” au Gabon, nation d’Afrique centrale riche en ressources naturelles qui ne profitent qu’à une partie de la population.Ces deux ans lui auront notamment permis de consolider sa place d’homme fort du pays. En avril dernier, il a remporté une élection présidentielle, dans le calme et sans incident, avec 94,85% des voix.Les élections législatives et locales qui se tiendront fin septembre doivent achever le cycle électoral marquant la fin de la transition politique et le retour à l’ordre constitutionnel.- “Souveraineté économique” -En tant que chef de l’Etat et du gouvernement pour un mandat de sept ans, selon la nouvelle constitution votée en décembre 2024, M. Oligui martèle vouloir sortir de la “torpeur économique”. “Notre projet politique est celui d’une rupture franche avec des décennies de stagnation et de prédation”, a-t-il déclaré la semaine dernière dans une interview à un quotidien national, L’Union, à l’occasion de ses 100 jours à la présidence.Au Gabon, pays riche en pétrole, en bois et en manganèse, un tiers des habitants vit sous le seuil de pauvreté.Le chef de l’Etat gabonais assure “viser un taux de croissance de 10%”, mais les projections de la Banque mondiale l’estiment plutôt à 2,4% entre 2025 et 2027.Défendant une “souveraineté économique” du Gabon, il a annoncé fin mai l’arrêt de l’exportation du manganèse brut d’ici à 2029 afin d’encourager la transformation et la création d’emplois locaux, la création de centrales d’achats pour faire baisser le coût des produits de première nécessité, ou encore la fin de l’importation des poulets de chair au profit d’une filière locale.Ces mesures exigeront de nouvelles infrastructures dans un pays où l’eau et l’électricité sont difficilement accessibles, parfois même au coeur de la capitale Libreville.- Chômage -L’emploi des jeunes était l’un des enjeux majeurs de la campagne de Brice Oligui Nguema. 35% des moins de 25 ans sont au chômage, selon les chiffres officiels.”Pour moi, rien n’a changé ! Alors qu’après l’élection présidentielle, on nous avait promis des emplois” assure Zita Beboema, 37 ans, mère de trois enfants, qui survit des aides et de missions ponctuelles dans la filière bois.Dans sa note de conjoncture économique parue en juin, la Banque mondiale identifie  une “inadéquation entre les compétences disponibles et les compétences requises de la main d’oeuvre”, ainsi que des formations, dans des secteurs peu pourvoyeurs d’emploi pour expliquer le fort taux de chômage au Gabon.Malgré l’annonce de la création de 163.000 emplois et des mesures en faveur de l’entrepreneuriat, le chef de l’Etat reconnaît “le peu d’engouement” populaire et “invite la jeunesse à se saisir des opportunités”.  Axel Jordy Mboumba, 23 ans, contrôleur financier, se désole de voir “toujours autant de chômage” autour de lui. Selon lui, “les mêmes personnes qui n’aidaient pas le pays sont toujours présentes”. Il n’ira donc pas voter aux prochaines élections législatives et locales.- Paysage politique -Le paysage politique n’a subi que de subtils changements avec la création du parti présidentiel, l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), trois mois après l’élection. Largement composé de caciques de l’ère Bongo, il se positionne comme favori pour les élections législatives et locales, dont le premier tour est prévu le 27 septembre.En face, il y a le Parti démocratique gabonais (PDG) créé par l’ancien président Omar Bongo Ondimba (1967-2009). Le mouvement s’est rallié à la majorité pour l’élection présidentielle. Mais l’ancien parti dominant est en proie à une querelle interne depuis qu’Ali Bongo Ondimba, fils d’Omar Bongo et ex-président (2009-2023), a clamé dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux fin juillet être toujours aux manettes de la formation politique. Ali Bongo, resté reclus pendant 20 mois dans sa villa de Libreville, a finalement quitté le pays mi-mai pour l’Angola, puis le Royaume-Uni.  L’opposition politique gabonaise se résume à quelques indépendants et l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze (janvier à août 2023), à la tête du mouvement Ensemble pour le Gabon.

Entre l’Asie centrale et les talibans, de la crainte à la coopération

“Nous avons de grands plans pour l’Asie centrale”, pavoise Sayed Zaher Shah, représentant des talibans dans une zone économique spéciale flambant neuve en Ouzbékistan à la frontière avec l’Afghanistan, l’un des symboles de la coopération croissante entre les pays centrasiatiques et Kaboul.Quatre ans après la prise de pouvoir des talibans, la collaboration économique a pris le pas sur les inquiétudes sécuritaires initiales des cinq ex-républiques soviétiques d’Asie centrale (Ouzbékistan, Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan, Turkménistan), qui craignaient une propagation de l’islamisme radical.”La politique de l’Émirat islamique est orientée vers une économie ouverte. Nous avons de bonnes relations avec tous nos voisins”, explique à l’AFP M. Zaher Shah, envoyé des talibans dans la zone franche d’Airitom près de Termez, capitale régionale ouzbèke.Ce centre sans TVA ni droits de douanes ouvert à l’été 2024 abrite environ 300 commerces, des restaurants, une bibliothèque, des salles de conférences, un hôtel Hilton et un centre médical dernier cri aux tarifs préférentiels.Pour s’y rendre, les Afghans empruntent le “pont de l’amitié”, par lequel l’armée soviétique s’était retirée d’Afghanistan en 1989, tout comme certains soldats afghans fuyant l’avancée des talibans en 2021.Adboul Qayom Karimi, 73 ans, s’y fait soigner faute de diagnostic établi à Mazar-e-Sharif, ville afghane à environ cent kilomètres d’Airitom.”Mon neveu connaissait et m’a vanté cet endroit, donc j’ai voulu m’y faire examiner. Les médecins sont très compétents”, assure-t-il après sa consultation.Le bouche à oreille fait son travail entre Afghans.”Nous avons entendu parler de ce centre. On va choisir quelles marchandises acheter puis nous voulons aller à la clinique faire un bilan de santé”, dit Goul Ahmad Amini, sexagénaire venu en famille.- “Climat de confiance” -D’après Sanjar Sodikov, l’un des responsables d’Airatom, plus d’un millier d’Ouzbeks et jusqu’à 2.000 Afghans visitent quotidiennement le centre, ces derniers bénéficiant de quinze jours sans visa, chose extrêmement rare.Ce lieu reste sensible: des garde-frontières filtrent l’entrée, des barbelés recouvrent les murs d’enceinte, des policiers et des agents des services secrets ouzbeks en civil patrouillent, tendus par la présence de l’AFP.Certains Afghans profitent de la climatisation, s’abritant des températures torrides et de l’air vicié par les tempêtes de sable.Sur des murs à l’odeur de neuf, des citations du président ouzbek Chavkat Mirzioïev présentent Tachkent en chef de file de l’engagement avec Kaboul: “nous avons créé un climat d’ouverture, de confiance et de coopération en Asie centrale”.Une autre assure que l’Afghanistan et l’Ouzbékistan, “amis depuis longtemps, sont unis par une atmosphère de respect mutuel, de confiance, et des liens étroits dans le commerce, les transports et les communications”.Car pour l’Asie centrale, enclavée mais qui tente de retrouver son rôle historique de plaque tournante du commerce mondial, l’accès aux mers du sud via l’Afghanistan est vital, d’autant que la route du nord via la Russie est perturbée par les sanctions.”L’objectif est de développer les relations commerciales avec l’Afghanistan et d’accéder aux marchés de l’Iran et du Pakistan par des itinéraires transfrontaliers”, résume le responsable ouzbek Sodikov.Les pays centrasiatiques lancent notamment d’importants projets d’infrastructures, comme des chemins de fer, rencontrant les intérêts des talibans.L’Afghanistan, confronté selon l’ONU à une terrible crise humanitaire, a lui besoin de l’Asie centrale pour sa sécurité alimentaire et énergétique.- Sécurité alimentaire et énergétique -Ce rapprochement tous azimuts avec Kaboul est bien antérieur à la reconnaissance cet été des talibans par la Russie, malgré des frictions autour du canal afghan de Qosh Tepa, menaçant la fragile répartition centrasiatique de l’eau.Le Kazakhstan a retiré en 2024 les talibans de la liste des organisations terroristes pour des considérations “commerciales et économiques”, l’Ouzbékistan multiplie les contacts diplomatiques et le Kirghizstan a appelé l’Occident à reconnaître les talibans.Même le reclus Turkménistan s’implique via l’immense gazoduc TAPI (Turkménistan–Afghanistan–Pakistan–Inde) et le Tadjikistan, seul pays centrasiatique critique des talibans, a rapporté une nette hausse des échanges commerciaux.A Airitom, plusieurs commerçants ont cependant indiqué à l’AFP rencontrer des difficultés.”Les ventes baissent en raison des difficultés d’importer et d’exporter les marchandises. Les contrôles aux trois postes prennent trop de temps”, regrette Khourssand Tourssounov, vendeur ouzbek de produits agricoles.Le marchand afghan de tapis Abdoullah Torkaman dit “travailler à perte”.”Il est autorisé d’exporter seulement 10 kilos de marchandises ou jusqu’à 200 dollars de biens par mois. La direction promet d’augmenter cette limite et que le commerce sera bientôt plus libre”, espère-t-il.Des difficultés qui ne freinent pas les projets conjoints.Selon Sayed Zaher Shah, le responsable taliban, “il est prévu d’ouvrir un marché semblable en Afghanistan”.

Bayrou: la dette, “c’est l’esclavage des plus jeunes”

“La dette c’est l’esclavage des plus jeunes”: François Bayrou a de nouveau appelé vendredi les “boomers” – les retraités – à ne “pas se désintéresser de la situation faite aux jeunes” dans un plaidoyer en faveur de sa décision de demander la confiance de l’Assemblée nationale sur le désendettement du pays.La dette, “c’est une question pour les jeunes qui sont bloqués dans leur développement, dans leur projet de vie, dans leur carrière”, a-t-il déclaré. “Et la démoralisation des plus jeunes, elle, est plus grave que toute autre démoralisation du pays”, a plaidé le Premier ministre en marge de l’inauguration de la foire agricole de Châlons-en-Champagne.”Les jeunes ont bien le droit d’être respectés et soutenus au lieu d’être constamment ignorés et alourdis par des engagements qu’on a pris en leur nom sans leur demander leur avis”, a-t-il insisté.Il est revenu sur les critiques exprimées sur TF1 contre “les boomers”, responsables d’avoir endetté le pays “pour leur confort”. “J’ai reçu énormément de messages de jeunes qui disaient pour la première fois: +on a parlé de nous+. Les générations du baby-boom, qui ont beaucoup fait marcher le pays, ne peuvent pas se désintéresser de la situation qui est faite aux jeunes Français”, a-t-il jugé. Le plan de François Bayrou ciblait notamment les retraités par une année blanche sur la revalorisation des pensions et le remplacement par un forfait de l’abattement fiscal de 10% dont ils bénéficient.Le Premier ministre, qui engagera la responsabilité de son  gouvernement le 8 septembre avec la très forte probabilité d’être renversé, est revenu sur la critique selon laquelle il dramatise la situation financière de la France.”Ni je ne déforme, ni je n’exagère, ni je ne dramatise (…) Le risque maximal, c’est de ne rien faire”, a-t-il martelé alors que “la charge de la dette sera cette année à 67 milliards” d’euros et “à plus de 100 milliards en 2029 selon la Cour des comptes”.Il a critiqué ceux qui, comme les socialistes, veulent réduire son objectif de 44 milliards d’économies l’année prochaine.  “C’est la première marche qui nous permettra en quatre ans de revenir à ce seuil où la dette ne grandit plus”, a-t-il justifié, estimant ce seuil à un peu moins de 3% de déficit public rapporté au Produit intérieur brut (PIB).

Pour le patron du Medef, Attal, Retailleau et Bardella sont plus “conscients des périls” économiques

Le patron du Medef Patrick Martin a estimé vendredi que parmi les chefs de partis qui s’étaient rendus à l’université d’été de l’organisation patronale, Gabriel Attal, Bruno Retailleau et “dans une certaine mesure” Jordan Bardella se sont montrés “plus conscients des périls” économiques.”Certains” des responsables politiques conviés à l’université d’été du Medef jeudi “n’ont absolument pas fait référence aux Etats-Unis, au prix de l’énergie, au durcissement de la concurrence incroyable” ou encore “à une Europe qui n’a pas été à la hauteur de la situation dans les négociations avec les Etats-Unis”, a affirmé Patrick Martin sur Radio Classique.”D’autres, manifestement, sont plus conscients” des “périls économiques”, a-t-il estimé. “Ce n’est pas un parti pris de ma part, mais c’est plutôt Gabriel Attal (Renaissance, NDLR), Bruno Retailleau (LR), dans une certaine mesure Jordan Bardella (Rassemblement national)”.Parmi les autres chefs de parti et responsables politiques invités à l’université du Medef – la REF – figuraient Manuel Bompard (LFI), Marine Tondelier (Les Ecologistes) et Fabien Roussel (PCF).D’autres étaient absents pour des raisons d’agenda, comme Olivier Faure (PS) et Edouard Philippe (Horizons).Le président de la première organisation patronale de France a toutefois avancé qu’il n’entendait pas “distribuer les bons et les mauvais points, ce qui nous importait, c’était d’abord de passer nos messages.””On est assez inquiets, abasourdis de voir qu’il y a un débat politique qui est assez picrocholin”, a estimé Patrick Martin, dénonçant “un très court-termisme qui ne prend pas suffisamment en compte la réalité des choses”.Concernant le discours du Premier ministre François Bayrou jeudi à la REF, “il y a quand même un certain nombre de points positifs”, a ajouté Patrick Martin.”Le Premier ministre a dit que rien dans le prochain budget, pour autant que ce soit lui qui le porte, ne sera fait au détriment de la croissance et de la compétitivité des entreprises et c’est évidemment cela notre gros souci”, a-t-il relevé.

Aux Etats-Unis, les petits paquets sujets aux droits de douane à partir de vendredi

L’exemption de droits de douane pour l’ensemble des petits colis entrant aux Etats-Unis a pris fin vendredi à 00H01 (04H01 GMT), entraînant l’imposition de taxes douanières, décision qui a poussé plusieurs pays à suspendre leurs livraisons de colis vers la première économie mondiale.Appelées “de minimis”, ces exemptions permettaient jusqu’ici d’envoyer des biens d’une valeur inférieure à 800 dollars sans avoir à payer de surtaxe lors de leur entrée sur le sol américain.Mais par décret publié le 30 juillet, le président américain Donald Trump a décidé de supprimer ces exemptions, disant vouloir “mettre fin à une faille catastrophique utilisée, entre autres, pour éviter des droits de douane et envoyer des opioïdes synthétiques ainsi que d’autres produits dangereux”.Seuls les “cadeaux reçus de bonne foi” à titre privé et d’une valeur inférieure à 100 dollars pourront toujours bénéficier de l’exemption.Selon l’Agence de protection des frontières (CBP), les petits colis contiennent à 98% des narcotiques, 97% des contrefaçons et 70% des produits dangereux pour la santé qui ont été saisis durant l’année 2024.”Mettre fin à cette lacune permettra de sauver des milliers de vies en réduisant le flot de narcotiques et de produits dangereux et interdits”, a assuré un responsable américain lors d’un point presse.Le bal des colis postaux a explosé aux Etats-Unis, passant, selon les chiffres du gouvernement, de 134 millions d’unités en 2015 à plus de 1,36 milliard en 2024.Désormais, et à l’exception donc des “cadeaux” de moins de 100 dollars, les colis doivent être soumis aux mêmes droits de douane que toute autre importation, soit un minimum de 10%, ou 15% pour ceux provenant de pays de l’Union européenne (UE) voire jusqu’à 50% pour l’Inde et le Brésil.- “Une surprise pour personne” -Avant même son entrée en vigueur, la mesure a commencé à perturber l’envoi de colis vers les Etats-Unis.Mardi, l’agence postale de l’ONU (UPU) avait fait savoir que 25 pays avaient décidé de suspendre leurs livraisons vers les Etats-Unis, du fait d’incertitudes.Parmi les services postaux ayant fait ce choix figurent ceux de nombreux pays européens, dont l’Allemagne, la France ou l’Italie, mais aussi l’Inde, le Japon, l’Australie ou le Mexique.La raison invoquée est la brièveté du délai de mise en place de la mesure, alors que le texte prévoit qu’il revient aux “transporteurs et autres parties autorisées à percevoir à l’avance, auprès des expéditeurs, les droits de douane”, avant de les reverser aux autorités américaines, selon l’UPU.”Faute d’informations complémentaires sur les conditions techniques d’envoi des colis vers les Etats-Unis, de la part de la douane américaine, nous n’avons d’autre choix que de suspendre temporairement ces envois”, a confirmé à l’AFP un responsable de La Poste en France.Mais pour le gouvernement, “les services postaux étrangers doivent se ressaisir concernant le contrôle et l’utilisation du courrier international en vue de faire du trafic et éviter les droits de douane”, assurant que la fin de l’exemption “n’est une surprise pour personne”, selon un responsable.- “Pas disponibles” -C’est une difficulté supplémentaire, notamment pour les très petites entreprises, à l’image d’Elizabeth Nieburg, dont l’entreprise britannique vend des chaussettes et sous-vêtements à ses clients américains, qui représentent 20% de ses ventes.”Nos marges sont trop réduites pour pouvoir absorber” ce coût supplémentaire, regrette-t-elle auprès de l’AFP.Même pour des entreprises américaines, l’addition peut être salée, si elles font venir leurs produits en petite quantité de l’étranger, comme la société de Ken Huening. Basée en Californie, elle fait fabriquer ses produits en Chine et au Mexique avant de les envoyer directement à ses clients.”Les tissus et la fabrication ne sont pas disponibles aux Etats-Unis actuellement. Ce sera peut-être le cas dans le futur, mais d’ici là, nous aurons mis la clé sous la porte”, s’inquiète-t-il.Les “de minimis” faisaient déjà l’objet d’une attention particulière sous le gouvernement précédent de Joe Biden, qui avait lancé une première enquête sur le sujet.Donald Trump avait publié un premier décret visant spécifiquement les petits colis provenant de Chine, la majorité de ceux entrant aux Etats-Unis, expédiés en particulier par des vendeurs comme Temu, Shein ou AliExpress.

Le Brésil s’attaque à un vaste réseau de blanchiment dans les carburants

Des sommes faramineuses blanchies via des stations-services, puis placées dans des institutions financières: les autorités brésiliennes se sont attaquées jeudi au crime organisé en lançant une vaste opération mobilisant 1.400 agents à travers le pays.Le président Luiz Inacio Lula da Silva a salué “la plus grande riposte de l’Etat brésilien contre le crime organisé de notre histoire”, dans un message publié sur le réseau social X.Les membres de ce gigantesque réseau de fraude et de blanchiment dans la filière des carburants auraient dissimulé l’argent illicite par le biais de placements suspects dans une quarantaine de fonds d’investissement, selon les autorités du plus grand pays d’Amérique latine.Le parquet de Sao Paulo a précisé dans un communiqué que ce réseau blanchissait des fonds du Premier commando de la capitale (PCC), un des principaux groupes criminels du pays.Cette faction née dans les prisons de la capitale économique Sao Paulo est notamment en lien avec la mafia calabraise, la ‘Ndrangheta, pour envoyer de la cocaïne produite en Amérique du Sud vers l’Europe depuis des ports brésiliens.Le crime organisé représente un immense défi pour l’Etat au Brésil, face à de puissantes factions rivales ultra-violentes et qui pénètrent toujours plus profondément l’économie légale.Des agents de divers organes publics ont été mobilisés pour l’opération de jeudi, qui a ciblé 350 personnes ou entreprises dans une dizaine d’Etats, notamment ceux de Rio de Janeiro et Sao Paulo. Cinq personnes ont été arrêtées et 1.500 véhicules, 192 biens immobiliers et deux bateaux saisis, ainsi que 300.000 réais en espèces (environ 47.000 euros), selon un premier bilan officiel.- Carburant frelaté -L’enquête “a permis de suivre toute la chaîne et d’atteindre le noyau financier sur lequel reposent ces pratiques” criminelles, a estimé Lula.D’après le fisc brésilien, les mouvements financiers du réseau de blanchiment ont atteint 52 milliards de réais (environ 8 milliards d’euros) de 2020 à 2024.”La sophistication du crime organisé est telle que nous devons déchiffrer le parcours de l’argent”, a affirmé le ministre des Finances, Fernando Haddad.Dans la mégalopole Sao Paulo, des agents ont mené des perquisitions sur l’avenue Faria Lima, le centre d’affaires du pays où se trouvent les sièges de nombreuses institutions financières.Selon les enquêteurs, le crime organisé s’était infiltré “dans plusieurs maillons de la chaîne de la filière des carburants, de l’importation à la production, la distribution et la commercialisation aux consommateurs”.Les agents ont “identifié des irrégularités dans plus de 1.000 stations-services de dix Etats”.Certains propriétaires ayant vendu leur station à des membres du PCC “n’ont pas reçu le montant de la transaction et étaient menacés de mort s’ils le réclamaient”, a dénoncé le parquet de Sao Paulo.Au-delà du blanchiment, ce “système sophistiqué” générait “des profits de milliards de réais” via la vente de carburant frelaté, produit à partir de méthanol, une substance “hautement toxique et inflammable”, selon les enquêteurs.- “Banque parallèle” -L’argent était placé dans des fintechs, plateformes numériques de services financiers, et non dans des banques traditionnelles, “pour rendre plus difficile sa traçabilité”, selon l’administration fiscale.L’une de ces entreprises faisait office de “banque parallèle”, ayant reçu près de 11.000 dépôts en espèces suspects de 2022 à 2023.Le fisc dit avoir “identifié au moins 40 fonds d’investissements contrôlés” par le crime organisé dans cette enquête, pour un montant total de 30 milliards de réais, soit quelque 4,7 milliards d’euros.Une partie de ces fonds étaient réinvestis dans la filière des carburants, notamment dans l’achat d’usines à éthanol et de 1.600 camions-citerne pour produire et acheminer le carburant vendu dans les stations-services contrôlées par l’organisation criminelle.Le Brésil est le deuxième producteur mondial de biocarburants, selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA).

En Allemagne, le destin radieux d’un réfugié devenu patron dans l’énergie

Il a grandi sans savoir lire et écrire et sans électricité. Jeune adulte, l’Afghan Rostam Nazari a rédigé deux livres en allemand et monté une entreprise de panneaux solaires en Allemagne où il a construit sa vie.Lohra, une petite ville près de Marbourg, dans le centre de l’Allemagne.Monté sur un échafaudage, Rostam Nazari, petite barbe et lunettes rondes en métal, observe trois de ses salariés installer des panneaux photovoltaïques sur le toit d’une école. Sa réussite, dix ans après être arrivé avec la grande vague migratoire de 2015.”J’ai vécu sans électricité pendant sept ans” en Afghanistan, “je voulais comprendre pourquoi tout le monde en Allemagne avait de l’électricité et pas là-bas.”A 25 ans, le directeur technique de SolarBau24, l’entreprise d’installation de panneaux solaires qu’il a cofondée en 2023, a déjà parcouru un chemin prodigieux.En 2015, l’adolescent, qui s’était entre-temps réfugié en Iran avec sa famille, fuit avec son frère Sohrab pour l’Allemagne qui accueillera au total environ un million de migrants.Comme tant d’autres, il traverse la mer Egée en canot pneumatique puis les Balkans à pied. Ses parents sont restés en Turquie. “Ce que j’ai dû endurer est indescriptible”, dit-il sans rentrer dans les détails.Pris en charge dans un foyer pour mineurs non accompagnés à son arrivée à Marbourg, l’adolescent analphabète voit à 15 ans “un miracle” se produire sous la forme d’une classe intensive d’allemand.Trois ans après, il publie dans la langue de Goethe “le voyage de Rostam”, suivi plus tard d’un livre de recettes de cuisine afghanes.-  Bonnes fées -Avec “tout ce que j’ai vécu, je me suis dit: (…) Je n’ai qu’une seule chance, je dois la saisir. Et puis je suis resté motivé et discipliné”, explique le réfugié, conscient d’avoir aussi réussi grâce aux “nombreux soutiens” rencontrés à Marbourg.Sans eux, on aurait “été perdus comme beaucoup d’autres” face à la bureaucratie allemande, un obstacle “difficile, fastidieux, insupportable”.Une femme, éducatrice dans son foyer, compte parmi ces bonnes fées, en l’aidant à trouver un éditeur.Puis un homme, un parrain d’adoption qui lui donne un nouveau coup de pouce quand il décide d’entamer des études d’électricité en l’accompagnant “pendant trois ans et demi, deux fois par semaine, deux heures à chaque fois. Et gratuitement”, se rappelle Rostam Nazari.Et un ami, David Szielenski, 33 ans, le fils de son éducatrice, qui lui propose de s’associer dans le photovoltaïque, cette énergie peu polluante qui peut aussi “générer de l’argent”.Iraniens, Russes, Turcs, Somaliens… Leur entreprise compte aujourd’hui 32 salariés.Congés pour les fêtes religieuses musulmanes, horaires flexibles, repas partagés et souplesse vis-à-vis des diplômes, chose rare dans un pays connu pour sa lourdeur administrative: l’entreprise se distingue par son approche multiculturelle, volontairement attractive auprès des immigrés récents.”En général, les gens ne nous envoient pas de CV ni de lettre de motivation”, résume David Szielenski, pour qui “la motivation et l’attitude des candidats” prévalent sur “les qualifications”, qui “peuvent s’apprendre”.Leur employé iranien Hadi Gazerani, 40 ans, a “choisi” cette entreprise” parce que, dit-il en farsi, “elle offre plus d’opportunités aux immigrants comme moi pour faire leurs preuves”. “D’autres entreprises ne donnent pas cette chance.”Le nouveau chancelier allemand, le conservateur Friedrich Merz, a fait du durcissement de la politique migratoire une priorité pour enrayer la progression de l’extrême droite.Le pays, en pénurie de travailleurs dans de nombreux secteurs, a pourtant “besoin des migrants” et devrait plutôt “simplifier les choses afin que les gens (…) se sentent chez eux ici. C’est bon pour les impôts, la société, l’économie”, objecte Rostam Nazari.