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Contre la “biopiraterie”, le Brésil défend son açai d’Amazonie

L’açai est un “fruit national” brésilien: en le proclamant dans une loi, le Brésil tente d’affirmer ses droits sur ce “super-aliment” populaire, face aux appétits d’entreprises étrangères attirées par les richesses biologiques de l’Amazonie.L’açai est un aliment de base en Amazonie depuis des siècles, consommé sous forme de pâte épaisse, accompagnée de poisson et de farine de manioc. La baie d’un violet foncé a conquis le monde au début des années 2000 après avoir été réinventée en sorbet sucré, souvent garni de granola et de fruits. Son secret reste le même: sa saveur mais aussi ses propriétés riches en antioxydants.Les principes actifs de l’açai ont vite suscité l’intérêt des entreprises alimentaires et cosmétiques du monde entier.Un cas frappant cité lors des débats parlementaires au Brésil concerne une entreprise japonaise qui avait déposé la marque “açai” en 2003.Le Brésil a mis quatre ans pour faire annuler cette décision. Des cas comme celui-ci ont conduit à la loi déclarant l’açai “fruit national”, présentée pour la première fois en 2011 et finalement adoptée courant janvier.La mesure contribue à présenter l’açai comme un “produit authentiquement brésilien” qui génère des revenus pour des milliers de familles amazoniennes, explique à l’AFP le ministère de l’Agriculture.Cependant, des experts affirment que cette loi est largement symbolique et sert surtout à mettre en lumière le défi que représente l’intérêt international croissant pour nombre de fruits amazoniens endémiques.Le Brésil compte parmi les pays préoccupés par la “biopiraterie”, soit l’utilisation de ressources génétiques sans autorisation ni partage des bénéfices.La loi “aide à placer la question en tête de l’ordre du jour”, dit Bruno Kato, fondateur de Horta da Terra, entreprise qui développe et commercialise des ingrédients amazoniens.- “Enorme” risque -Pour Sheila de Souza Correa de Melo, spécialiste en propriété intellectuelle au sein de l’organisme public Embrapa (Entreprise brésilienne de recherche agricole), qui travaille en Amazonie, le texte est “principalement symbolique” et vise à une “revendication culturelle”. Le Brésil est l’un des pays ayant la plus riche biodiversité au monde et une grande variété de ses fruits aux propriétés uniques court un risque “énorme” d’être utilisée dans de nouveaux produits développés et brevetés à l’étranger, alerte Mme De Melo.Elle cite le cas “emblématique” du cupuaçu, fruit crémeux apparenté au cacao et utilisé dans des desserts et cosmétiques.La marque “cupuaçu” a été déposée par une autre entreprise japonaise à la fin des années 1990, qui exigeait le paiement de 10.000 dollars de redevances pour tout produit mentionnant ce nom sur l’étiquette. Il a fallu deux décennies pour annuler cette marque.Plusieurs brevets ont été déposés à l’étranger pour des usages spécifiquement développés des ingrédients actifs de l’açai dans l’alimentation et les cosmétiques, rapporte l’experte.- “Règles claires” -La loi récente montre la nécessité de “règles claires garantissant un partage équitable des bénéfices”, juge Ana Costa, vice-présidente du développement durable chez Natura. Ce géant brésilien des cosmétiques éco-responsables est connu pour l’utilisation d’ingrédients amazoniens comme l’açai.Le Brésil est signataire du Protocole de Nagoya de 2014, un traité international sur le partage des bénéfices liés aux ressources génétiques.Le traité est confronté à une faille majeure depuis que les données génétiques ont été numérisées: les chercheurs peuvent désormais se contenter de télécharger une séquence ADN et l’utiliser pour développer des médicaments ou produits cosmétiques, sans collecter physiquement plantes ou graines. Pour Mme de Melo, le principal défi pour le Brésil est que des matières premières comme la pulpe d’açai sont souvent exportées vers des pays qui entreprennent ensuite les recherches nécessaires pour créer des produits à forte valeur ajoutée.A ses yeux, le Brésil devrait se concentrer sur l’investissement dans la recherche et le développement technologique en Amazonie afin de produire de la richesse localement.

Les murs du BHV vendus par Galeries Lafayette au canadien Brookfield

Epilogue de la vente des murs du BHV, mythique magasin parisien: le groupe Galeries Lafayette a annoncé mercredi en avoir “finalisé” la cession, alors que le groupe SGM de Frédéric Merlin, un temps candidat au rachat, continuera d’en assurer l’exploitation. Selon une source proche du dossier à l’AFP, l’investisseur en question est le gestionnaire d’actifs canadien Brookfield Asset Management. Le groupe SGM, cofondé par Frédéric Merlin, qui a racheté le fonds de commerce du BHV en 2023, “poursuivra l’exploitation du BHV et le développement du grand magasin”, indique le groupe Galeries Lafayette dans un communiqué. De son côté, la SGM “se félicite de pouvoir bénéficier du savoir-faire de ce partenaire” qui permettra, selon elle, “la réhabilitation totale du bâtiment”, a-t-elle réagi dans un communiqué. Ce rachat intervient alors que le grand magasin parisien traverse de multiples turbulences ces derniers mois, se trouvant notamment au coeur d’une polémique née de la décision de Frédéric Merlin d’accueillir dans ses murs le géant asiatique du commerce en ligne Shein. L’arrivée de Shein, symbole de la mode ultra-éphémère, accusée de nombreux maux (concurrence déloyale, pollution, non-respect des droits humains…), au sein de l’emblématique Bazar de l’Hôtel de Ville, a fait un tollé dans le monde politique et rendu impossible le rachat des murs par le groupe SGM.  Car initialement, Frédéric Merlin était sur les rangs pour racheter les murs du BHV: son groupe était lié aux Galeries Lafayette par une promesse de vente, mais le tour de table s’est avéré plus difficile que prévu, en particulier après que SGM a été lâché par la Banque des territoires. L’entité, qui appartient à la Caisse des dépôts, un temps en négociations avec SGM pour la création d’une foncière commune pour le rachat des murs de l’emblématique Bazar de l’Hôtel de Ville, s’est finalement retirée de l’affaire après avoir pris connaissance “sans aucune information préalable” du partenariat décidé entre Shein et le BHV, déplorant une “rupture de confiance” entre les deux parties. – Difficultés d’exploitation -Le groupe Galeries Lafayette a finalement arrêté son choix sur le fonds canadien Brookfield Asset Management, géant de la gestion d’actifs nord-américain, dans les conditions qui avaient été proposées au groupe SGM. Galeries Lafayette est de toute façon durablement brouillée avec Frédéric Merlin: refusant de voir son nom associé à Shein, le groupe a rompu son contrat avec la SGM concernant sept magasins de province – rebaptisés BHV.Le groupe Galeries Lafayette souligne cependant la “logique de continuité et de partenariat” dans laquelle “s’inscrit” la cession finalisée mercredi, confirmant la poursuite de l’exploitation du magasin par la SGM. Frédéric Merlin fait néanmoins face à plusieurs difficultés: d’une part, le départ du BHV de nombreuses marques (Dior, Sandro, Guerlain, etc.) en raison d’une accumulation d’impayés ou par opposition à Shein. D’autre part, Shein semble avoir du mal à trouver son public au sein du BHV: si 5.000 visiteurs minimum viennent chaque jour au magasin Shein depuis son ouverture début novembre, peu ont acheté, reconnaissait Frédéric Merlin mi-janvier devant le Sénat. Dans un entretien mi-décembre au magazine spécialisé LSA, le dirigeant a dévoilé ses nouveaux projets pour le BHV avec notamment une halle alimentaire de 1.000 m2 en juin 2026, la création d’une marque BHV, l’implantation d’un restaurant de type “bouillon” ou encore une offre de parapharmacie.Loin d’être refroidi par la polémique, le patron du BHV entend également donner plus de place aux produits Shein, qui occupent déjà un espace de plus de 1.000 m2.

La Bourse de Paris plombée par le luxe après les résultats de LVMH

La Bourse de Paris cède du terrain mercredi, plombée par le secteur du luxe qui recule après les résultats du mastodonte LVMH, et avant de connaître l’issue de la réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine.Vers 10H00 (heure de Paris), le CAC 40 perdait 1,12% à 8.062,19 points, en recul de 90,63 points. La veille, l’indice vedette parisien avait pris 0,27% à 8.152,82 points, en hausse de 21,67 points.Le CAC 40 est plombé par le secteur du luxe, après la publication des résultats annuels du numéro un mondial du secteur, LVMH, dont le titre chutait de 7,81% à 543,10 euros.Le bénéfice net du propriétaire de Louis Vuitton, Dior, Celine, Moët & Chandon ou encore Hennessy a baissé de 13% en 2025, à 10,9 milliards d’euros. Son chiffre d’affaires a reculé de 5% à 80,8 milliards d’euros.Le groupe, première capitalisation française, a expliqué avoir fait les frais d’une année “agitée sur le plan économique et géopolitique” et prévoit une année 2026 qui ne sera “pas très simple non plus”.L’ensemble du secteur du luxe était dans le rouge dans la foulée de ces résultats. Kering (Gucci, Saint Laurent) cédait 5,10% à 260,25 euros, et Hermès 2,44% à 2.078,00 euros.Autre point d’attention: la réunion de la Réserve fédérale américaine, qui a débuté mardi.Elle se tient dans un contexte particulier, le président de l’institution Jerome Powell ayant révélé début janvier l’existence d’une procédure lancée par le ministère de la Justice contre lui et dénoncé une énième tentative d’intimidation par le pouvoir américain.Donald Trump réclame depuis plusieurs mois une forte baisse des taux d’intérêt et multiplie les attaques verbales contre M. Powell, dont le mandat prend fin en mai alors que les spéculations vont bon train pour connaître le nom de son successeur.Malgré tout, le consensus n’attend “pas de changement de politique monétaire de la Fed”, alors que la “croissance a surpris positivement et que les données sur l’emploi sont rassurantes”, relèvent les analystes d’Indosuez.En France, l’Assemblée nationale a de nouveau repoussé mardi deux motions de censure déposées contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, permettant l’adoption en nouvelle lecture du budget de l’Etat pour 2026, qui après un bref passage au Sénat devrait être adopté définitivement.Du côté du marché de la dette, le taux d’intérêt français à échéance dix ans atteignait 3,41%, contre 3,43% la veille en clôture.STMicroelectronics gagne dans la foulée d’ASMLLe géant technologique néerlandais ASML, qui vend des machines de pointe pour la fabrication de semi-conducteurs, a engrangé un bénéfice net annuel de 9,6 milliards d’euros l’an dernier, contre 7,6 milliards d’euros en 2024.Ses commandes nettes du quatrième trimestre, le chiffre le plus suivi par le marché, se sont élevées à 13,2 milliards d’euros, contre 5,4 milliards d’euros les trois derniers mois de 2024. Ces résultats ont été salués par les investisseurs, et bénéficient à l’ensemble du secteur en Europe. A Paris STMicroelectronics gagnait 3,38% à 25,25 euros.Bonne nouvelle pour PluxeePluxee, entité devenue indépendante de Sodexo qui inclut notamment ses titres-restaurant, va bénéficier comme son concurrent Edenred d’une décision d’un tribunal fédéral brésilien suspendant un décret qui réforme le secteur au Brésil, a annoncé mardi l’entreprise à l’AFP.Pluxee prenait 2,36% à 11,28 euros.

Greenpeace dénonce la poursuite d’un commerce nucléaire “insupportable” entre France et Russie

Près de quatre ans après l’invasion de l’Ukraine, Greenpeace dénonce dans un nouveau rapport mercredi la poursuite du commerce nucléaire entre la France et la Russie, un domaine épargné par les sanctions internationales.Ni la France ni l’UE n’ont “mis fin à leurs relations commerciales avec Rosatom”, le géant nucléaire public russe, dénonce Greenpeace dans un communiqué.La France importe des quantités importantes  d’uranium enrichi en Russie ainsi que d’uranium naturel provenant du Kazakhstan et d’Ouzbékistan et transitant par ce pays, rappelle l’ONG antinucléaire.”La France continue à importer de l’uranium enrichi russe, que ce soit sous forme d’uranium naturel enrichi ou d’uranium de retraitement (uranium recyclé, ndlr) ré-enrichi (URE)”, à hauteur de 18% du total de ces importations, selon cette étude basée sur l’analyse des chiffres des Douanes françaises, à fin septembre 2025.En 2025, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, deux ex-républiques soviétiques, ont fourni la moitié (49,9%) de l’uranium naturel importé en France.Or selon Greenpeace, “une grande partie” de ces importations “transite toujours par le territoire russe entre les mains de Rosatom avant d’être livrée aux ports de Dunkerque ou de Rotterdam et acheminée notamment vers les usines Orano”, le géant français du cycle de l’uranium.”L’Etat russe continue à maintenir un contrôle fort sur le secteur minier kazakhstanais”, souligne l’ONG.Pour Pauline Boyer, chargée de campagne pour Greenpeace France, citée dans le communiqué, “notre pays alimente (…) l’économie russe et, par extension, sa machine de guerre”.”Le gouvernement français et l’Europe doivent sanctionner Rosatom pour envoyer un signal fort et mettre fin à l’impunité dont jouit la première entreprise au monde à avoir pris les commandes d’une centrale nucléaire étrangère par la force (la centrale ukrainienne de Zaporijjia). Dans ce contexte, le commerce nucléaire avec Rosatom est insupportable”, souligne-t-elle.A ce stade, la Commission européenne n’a pas donné de calendrier pour l’interdiction des importations de produits nucléaires russes dans l’UE, un sujet au coeur d’intenses tractations entre les 27.L’étude de Greenpeace actualise les données d’un rapport publié en mars 2023, dans lequel l’ONG dénonçait déjà la “dépendance” française envers l’atome civil russe.La France importe la totalité de l’uranium nécessaire au fonctionnement de son parc nucléaire, qui a assuré plus de 86% de la production électrique d’EDF dans le pays en 2024, selon cet opérateur.L’uranium naturel doit être converti puis enrichi pour être transformé en combustible pour les centrales nucléaires. La France dispose d’une usine d’enrichissement, au Tricastin (Drôme), gérée par Orano. 

Delta Air Lines commande 31 avions long-courrier à Airbus

La compagnie aérienne américaine Delta Air Lines a passé une commande ferme de 31 nouveaux avions long-courrier à Airbus, a annoncé mercredi le constructeur aéronautique européen.Ce contrat concerne 16 A330-900 et 15 A350-900, des types d’appareils déjà exploités par le transporteur, a détaillé Airbus dans un communiqué, sans préciser le montant de la transaction.Airbus ne publie plus ses tarifs, de toute façon jamais appliqués, depuis 2018. Au prix catalogue d’alors, la commande de Delta atteindrait quelque 9 milliards de dollars.Delta Air Lines possède déjà une importante flotte d’Airbus, plus de 500 aéronefs, tandis que 200 autres sont en commande, a souligné le géant industriel.Une fois livrés, les appareils dont la commande a été annoncée mercredi porteront à 55 le nombre d’A330 de Delta, dans sa version “neo” la plus récente, et 79 celui de ses A350, le dernier-né des long-courriers d’Airbus. “Au moment où nous étendons notre réseau international et préparons notre flotte à desservir des marchés long-courrier supplémentaires, ces appareils amélioreront nos capacités et renforceront nos offres haut de gamme”, s’est félicité le directeur général de Delta, Ed Bastian, cité dans le communiqué.Le 13 janvier, Delta Air Lines avait annoncé une commande ferme de 30 Boeing 787, rival de l’Airbus A350, assortie du même nombre d’appareils en option.En 2025, Delta a engrangé un bénéfice net en hausse de 44% à 5 milliards de dollars, sur un chiffre d’affaires de 63,4 milliards (+3% sur un an). 

Le pétrole du voisin brésilien fait des envieux en Guyane

A Saint-Georges de l’Oyapock, dans l’est de la Guyane, Steve Norino observe le contraste qui se creuse avec la rive d’en face. À 15 minutes de pirogue, la ville brésilienne d’Oiapoque connaît un boom inédit depuis que la compagnie pétrolière publique Petrobras fore au large.Avenue principale réaménagée, nouveaux commerces, logements qui poussent: “Des gens investissent, achètent des terrains à Oiapoque”, constate cet agriculteur natif de la commune guyanaise, joint par téléphone par l’AFP. “A Oiapoque, il y a tout, à Saint-Georges, il n’y a rien.”Ce contraste alimente jeudi l’examen au Sénat d’une proposition de loi du parlementaire guyanais Georges Patient (RDPI), qui souhaite autoriser de nouveau la recherche et l’exploitation d’hydrocarbures dans les outre-mer, interdites depuis 2017 par la loi Hulot.Le décalage entre les deux rives de l’Oyapock saute aux yeux. Côté français, un seul petit hôtel et deux épiceries composent l’essentiel des commerces d’une commune de 4.000 habitants. Côté brésilien, 30.000 personnes vivent dans une ville devenue un pôle d’attraction pour tout l’Etat de l’Amapa, au niveau de l’embouchure de l’Amazone. Chaque week-end, des Guyanais traversent pour faire leurs courses à moindre prix ou sortir en famille. Saint-Georges ne sert plus que de parking pour ceux qui préfèrent laisser leur voiture côté guyanais.”Le manque de planification et de développement” de sa commune mine Steve Norino, impuissant face à la dynamique brésilienne lancée par Petrobras, même si l’entreprise n’en est qu’à la phase d’exploration au large des côtes.L’argument fait mouche chez une partie des élus locaux. “On n’a pas fait d’or industriel, mais nous pouvons faire du pétrolifère”, avance Jean-Luc Le West, vice-président de la collectivité territoriale de Guyane (CTG), qui suggère la construction d’une raffinerie pour traiter aux normes européennes le pétrole des pays voisins.”Le pétrole peut aussi, via la fiscalité, financer le projet d’autonomie” désiré par les élus guyanais, poursuit-il, avant de citer les 10,5 milliards de dollars d’investissement annoncés en octobre par TotalEnergies au Suriname voisin: “Pourquoi ne les aurait-on pas en Guyane ?”- “Sentiment criant d’injustice” -La question avait été lancée en février 2025 par Manuel Valls, alors ministre des Outre-mer, qui avait estimé nécessaire d'”ouvrir le débat” sur une exception au code minier permettant la prospection pétrolière. Une brèche dans laquelle certains élus se sont engouffrés.Le député indépendantiste Jean-Victor Castor (GDR) avait lancé l’offensive lors d’une question au gouvernement le 27 mars, invitant à regarder ce qui se passe “au Guyana, au Suriname ou dans le Nordeste brésilien”, trois zones proches où l’exploration pétrolière bat son plein.Sa conclusion: “La France condamne les Guyanais au sous-développement.” Son collègue Davy Rimane (GDR) avait, de son côté, évoqué un “sentiment criant d’injustice”.La loi Hulot de 2017 interdit toute prospection d’hydrocarbures sur le territoire français, sur terre comme en mer. Le permis d’exploration de Total (devenu TotalEnergies en 2021) au large de la Guyane avait expiré le 1er juin 2019 sans résultat probant, fermant alors la porte à une éventuelle industrie pétrolière locale.Le texte fait l’objet d’un désaccord interne au gouvernement mais au Sénat, la proposition de loi a été approuvée en commission. “Je considère qu’on ne peut pas, depuis la métropole, empêcher la Guyane ou les outre-mer d’envisager leur propre développement”, a affirmé la semaine dernière à l’AFP le sénateur Horizons Vincent Louault, rapporteur du texte.”Quand les Guyanais voient le Brésil se développer juste à côté d’eux et se demandent pourquoi ils ne pourraient pas, eux aussi, en bénéficier, il faut les comprendre. Il faut être capable d’entendre leurs doutes”, a-t-il ajouté. Plusieurs ONG – les Amis de la Terre France, Surfrider Foundation Europe, le Réseau Action Climat et Greenpeace France – s’opposent toutefois à ce texte, y voyant un “contresens climatique”, “un risque environnemental majeur pour des territoires déjà exposés” et “une absurdité économique”.”Si la situation économique et sociale des territoires ultramarins est alarmante, en particulier en Guyane et à Mayotte, présenter l’exploitation des énergies fossiles comme une solution relève d’une promesse trompeuse et irresponsable”, ont alerté ces associations dans un communiqué.Comme pour leur donner raison, la compagnie pétrolière publique brésilienne Petrobras a annoncé début janvier qu’une “perte de fluide” avait contraint à interrompre les opérations de forage au large d’Oiapoque, tout en assurant que ces pertes ne constituent pas un danger pour l’environnement.

Les Bourses européennes ouvrent prudemment

Les Bourses européennes évoluent sans direction claire mercredi, avant la réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), tout en digérant des résultats de poids lourd, le numéro un mondial du luxe LVMH et le géant technologique ASML.Vers 8H05 GMT, dans les premiers échanges, Francfort (+0,02%), Londres (-0,01%) et Milan (+0,03%) étaient à l’équilibre. Paris cédait 0,64%.

Venezuela: la présidente par intérim affirme que les Etats-Unis débloquent des fonds visés par des sanctions

Les Etats-Unis ont commencé à débloquer des fonds vénézuéliens jusqu’ici gelés par des sanctions, a affirmé mardi la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, signal supplémentaire d’un rapprochement entre Caracas et Washington.Le président américain Donald Trump a imposé en 2019, durant son premier mandat, une batterie de sanctions contre le Venezuela alors dirigé par Nicolas Maduro, dont un embargo pétrolier, en réaction à une première réélection contestée du président socialiste.M. Maduro avait estimé en 2022 que les fonds bloqués par les sanctions internationales s’élevaient à environ 30 milliards de dollars.”Nous sommes en train de débloquer des ressources du Venezuela, qui appartiennent au peuple vénézuélien”, a assuré Mme Rodriguez lors d’une allocution à la télévision d’Etat mardi. “Cela nous permettra d’investir des ressources importantes dans l’équipement des hôpitaux, du matériel que nous achetons aux Etats-Unis et dans d’autres pays”, a-t-elle ajouté, sans préciser le montant des fonds débloqués. Mme Rodriguez a été investie cheffe de l’Etat par intérim le 5 janvier, deux jours après la capture de Nicolas Maduro par les Etats-Unis lors d’une opération militaire spectaculaire à Caracas.Elle a depuis offert des gages de coopération à Washington.”Je réaffirme ce qu’a dit le président Donald Trump: nous avons établi des canaux de communication respectueux et courtois, tant avec le président des Etats-Unis qu’avec le secrétaire (d’Etat Marco) Rubio, avec qui nous mettons en place un agenda de travail”, a indiqué la présidente intérimaire.Sous pression américaine, Mme Rodriguez a depuis le début du mois signé des accords pétroliers avec les Etats-Unis, engagé une réforme législative comprenant notamment une loi sur les hydrocarbures, libéré des prisonniers politiques et appelé à trouver des accords avec l’opposition.- Mises en garde -La semaine dernière, les Etats-Unis ont nommé Laura F. Dogu, ancienne ambassadrice au Nicaragua, nouvelle chargée d’affaires pour le Venezuela. Une décision perçue comme un réchauffement des relations diplomatiques entre les deux pays, rompus en 2019.Dimanche, Mme Rodriguez a toutefois exhorté les Etats-Unis à se tenir à l’écart de la politique du Venezuela, dont Trump a dit vouloir “dicter” les décisions.Car si Washington s’est rapidement accommodé de cette présidente par intérim, la pression américaine ne faiblit pas.Selon le texte d’un discours distribué à l’avance, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio doit avertir mercredi que les Etats-Unis pourraient de nouveau avoir “recours à la force” si le Venezuela ne coopère pas de façon jugée satisfaisante.Mme Rodriguez “est bien consciente du sort réservé à Maduro”. “Nous pensons que son intérêt personnel correspond à la réalisation de nos principaux objectifs”, doit encore dire M. Rubio devant la commission des Affaires étrangères du Sénat.La Constitution vénézuélienne prévoit de nouvelles élections si le siège du président est déclaré vacant avant la mi-mandat. Nicolas Maduro a prêté serment en janvier 2025. Son fils, le député Nicolas Maduro Guerra, dit “Nicolasito (“petit Nicolas”), a affirmé mardi à l’AFP qu’il n’existait aucune disposition légale prévoyant de nouvelles élections en cas d'”enlèvement”, comme il qualifie le sort de son père. “Il n’y a aucun délai qui court”, a-t-il assuré, et “des élections ne sont pas envisagées”.Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores sont incarcérés dans une prison fédérale à New York, accusés de narcotrafic.

Taux d’intérêt de la Fed: une nouvelle phase glaciaire se profile aux Etats-Unis

La Réserve fédérale américaine (Fed) paraît prête à entamer 2026 comme elle a démarré 2025, au grand désarroi du président Trump: en laissant ses taux d’intérêt inchangés.Comme toutes les six semaines, la banque centrale annoncera sa décision à 19H00 GMT et son président Jerome Powell prendra la parole 30 minutes plus tard pour l’expliquer.Les investisseurs s’attendent à un maintien des taux à leur niveau actuel (entre 3,50% et 3,75%) après une petite série de baisses fin 2025, les responsables souhaitant se donner le temps de jauger l’impact de cette détente sur le marché du travail et l’inflation.Un retour à la politique monétaire, donc, à peine plus de deux semaines après que M. Powell eut pris la parole pour s’élever contre les pressions de la Maison Blanche, que l’institution avait jusqu’alors encaissées quasiment sans broncher.Dans un message vidéo solennel le 11 janvier, Jerome Powell a révélé faire l’objet d’une procédure lancée par le ministère de la Justice pouvant aboutir à des poursuites pénales.Il a dénoncé sans détour une tentative d’intimider l’institution parce qu’elle ne suit pas “les préconisations du président” des Etats-Unis. Donald Trump réclame depuis un an des taux d’intérêt beaucoup plus bas. “Ce qui se passe, c’est que le gouvernement tente de résoudre un désaccord sur la politique monétaire en instrumentalisant le système judiciaire. C’est totalement irresponsable et indigne”, cingle auprès de l’AFP Michael Strain, économiste au centre de réflexion conservateur American Enterprise Institute.Il estime que cela compliquera la tâche de la personne qui sera désignée par Donald Trump pour prendre la suite de M. Powell, dont le mandat prend fin en mai.”Ce sera plus difficile pour le prochain président (de la Fed) de convaincre les investisseurs” que l’institution continuera d’œuvrer “indépendamment des interférences politiques”, dit-il.Donald Trump veut une politique monétaire plus souple pour doper l’activité et réduire les coûts de financement de la dette publique. Selon lui, l’inflation n’est plus un problème.Un baromètre sur le moral des consommateurs, publié mardi, montre pourtant que celui-ci est au plus bas depuis plus de dix ans, plombé par les questions de pouvoir d’achat – cela fait cinq ans que l’inflation est au-dessus de l’objectif de la Fed (2%).- Dissensions -La banque centrale a laissé ses taux inchangés une grande partie de l’année 2025, inquiète de voir les droits de douane mis en place par Donald Trump faire dérailler les prix.Elle a fini par enclencher plusieurs baisses à partir de septembre, motivée par des créations d’emplois atones.Mais les divisions ont grandi en son sein, du fait de cette inflation qui résiste (en progression de 2,8% sur un an en novembre).Michael Strain considère que la pause qui se profile est bienvenue, et même que la Fed a “probablement commis une erreur” l’an dernier en lâchant trop de lest à son goût.”Il me semble que le marché du travail est plus robuste que ce que pensent les gens de la Fed (…) et qu’il y a davantage de probabilité de voir l’inflation accélérer plutôt que ralentir” en 2026, poursuit-il, n’excluant pas que l’institution doive finir par relever ses taux pendant l’année.La décision de la banque centrale risque une nouvelle fois de ne pas faire l’unanimité parmi les 12 votants.Au moins un responsable devrait s’opposer à un statu quo: le gouverneur Stephen Miran récemment placé là par Donald Trump, qui a jusqu’ici toujours voté pour des baisses plus fortes que ses collègues (d’un demi point de pourcentage plutôt qu’un quart de point).Deux autres gouverneurs nommés par Trump pourraient s’opposer à la majorité, remarque auprès de l’AFP l’économiste pour l’assureur Nationwide, Kathy Bostjancic, qui cite Michelle Bowman et Christopher Waller. Ce dernier fait partie des noms cités par l’exécutif pour la succession de Jerome Powell.Voter en faveur d’une baisse “lui permettrait peut-être de rester dans la course pour la présidence de la Fed”, pointe-t-elle. “Mais comme l’indépendance de la Fed est attaquée, il pourrait aussi vouloir se ranger symboliquement aux côtés du président Powell et de la Fed.”

Wall Street termine contrastée, nouveau record de l’indice S&P 500

La Bourse de New York a clôturé en ordre dispersé mardi, après avoir accueilli de façon mitigée une nouvelle salve de résultats d’entreprises, au premier jour de la réunion de la banque centrale américaine (Fed).Le Dow Jones a reculé de 0,83%, l’indice Nasdaq a gagné 0,83% et l’indice élargi S&P 500 a pris 0,41%, établissant ainsi un nouveau record à 6.978,60 points.”Alors qu’une vague de mauvais temps balaye une grande partie des États-Unis, les investisseurs traversent également une période saisonnière importante pour les marchés”, souligne Adam Turnquist, de LPL Financial.Cette semaine, environ 20% des entreprises composant l’indice S&P 500 doivent partager leurs performances financières.”L’attitude favorable au risque à Wall Street, qui n’hésite pas à augmenter ses expositions, est révélatrice de la conviction des acteurs du marché que les résultats seront supérieurs aux prévisions et augmenteront globalement”, estime Jose Torres, d’Interactive Brokers.Parmi les grands gagnants du jour, le constructeur automobile américain General Motors a été porté par ses prévisions pour 2026, avec une hausse attendue de ses bénéfices et de ses marges. Son titre a pris 8,97% à 86,56 dollars.En revanche, l’avionneur Boeing n’a pas su convaincre les investisseurs, même s’il a enregistré son premier bénéfice net annuel depuis 2018. Son cours a reculé de 1,56%, à 244,56 dollars l’action.Le marché attend surtout la publication des résultats de plusieurs géants technologiques, dont Microsoft, Meta et Tesla, tous prévus après la clôture mercredi. Apple partagera ses performances trimestrielles jeudi, après la séance régulière à Wall Street.D’autres “événements à risque notables restent au calendrier, notamment la conclusion demain de la réunion du comité de politique monétaire de la Fed”, remarque Adam Turnquist.Un maintien des taux est quasi unanimement attendu mais les investisseurs écouteront avec attention le discours du président de l’institution, Jerome Powell.Celui-ci est sous le feu des critiques de Donald Trump, qui pousse pour des taux bien plus bas. M. Powell a récemment révélé faire l’objet d’une procédure lancée par le ministère de la Justice, pouvant aboutir à des poursuites pénales.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt d’Etat américain à dix ans se tendait à 4,24% vers 21H40 GMT, contre 4,21% à la clôture lundi.Côté indicateurs, la confiance des consommateurs plonge en janvier aux Etats-Unis à son plus bas niveau depuis plus de dix ans, plombée par le coût de la vie, selon le baromètre de référence de l’association professionelle Conference Board.Ailleurs à la cote, les assureurs ont souffert de la faible évolution des remboursements prévus par les autorités fédérales pour les programmes d’assurance-maladie Medicaid et Medicare, qui devraient augmenter de seulement 0,09% en 2027. Les spécialistes tablaient sur une hausse de 5%.UnitedHealth a dévissé de 19,61% à 282,70 dollars, au plus bas depuis l’été. Sa chute explique le recul du Dow Jones, UnitedHealth ayant un poids important dans l’indice historique.L’assureur CVS a chuté de plus de 14% et Humana de plus de 21%.Le réseau social Pinterest (-9,61% à 23,41 dollars) a aussi connu une mauvaise séance mardi, après avoir annoncé son intention de supprimer environ 15% de ses effectifs afin de consacrer davantage de ressources à l’adoption de l’intelligence artificielle (IA).