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Un autre procès climatique: une île indonésienne contre le cimentier Holcim

Une cour suisse a entendu mercredi la plainte d’habitants d’une île d’Indonésie menacée par la montée de l’océan contre le géant du ciment Holcim, marquant une étape importante dans un nouveau procès climatique très attendu contre une multinationale grande émettrice de gaz à effet de serre.Quatre habitants de l’île de Pari, dans la mer de Java près de Jakarta, exigent que le groupe suisse, qui a fusionné en 2015 avec le français Lafarge, les indemnise pour les dommages causés par la montée des eaux.L’audience dans le canton de Zoug, où se trouve le siège social du géant des matériaux de construction, a duré trois heures et vise à déterminer la recevabilité de la plainte, déposée en 2023. Les plaignants réclament chacun 3.600 francs (3.840 euros). Deux d’entre eux ont fait le déplacement en Suisse pour y assister. Seuls les aspects procéduraux ont été examinés, l’objectif à ce stade étant de déterminer si la cour peut traiter ou non la plainte sur le fond. Sa décision peut être prise immédiatement ou dans plusieurs semaines, voire plusieurs mois. “A première vue l’île a l’air idylllique”, a déclaré leur avocate, Cordelia Bähr, lors d’une plaidoirie de plus d’une heure, expliquant que le changement climatique constitue “une menace existentielle” pour cette île de 42 hectares.L’île a déjà perdu 11% de son territoire en 11 ans et risque d’être engloutie d’ici 2050 face à la montée des eaux, fait valoir l’ONG Entraide protestante suisse (Eper), qui soutient les plaignants.Le changement climatique affecte non pas des millions “mais des milliards de gens” dans le monde, a pour sa part fait valoir Stefanie Pfisterer, une des avocates d’Holcim, qui a cependant affirmé qu’il ne s’agit pas de la bonne plateforme pour ce combat”.Cette plainte illustre le nouveau visage du combat climatique, porté de plus en plus devant les tribunaux par des militants frustrés de la lenteur ou des reculs des Etats dans la lutte contre le réchauffement.Les entreprises pétrolières sont habituellement les plus attaquées, mais avec Holcim, les défenseurs du climat espèrent une jurisprudence contre une industrie moins connue mais très polluante, responsable de l’ordre de 8% du CO2 rejeté chaque année dans l’atmosphère, soit largement plus que l’aviation. Les fours à haute température pour cuire le calcaire et fabriquer le ciment brûlent généralement du charbon, et la réaction chimique elle-même génère du CO2 supplémentaire. Les plaignants demandent au groupe, aux 26,4 milliards de francs suisses (28,2 milliards d’euros) de chiffre d’affaires l’an dernier, de les indemniser mais aussi de participer à la protection de l’île et de réduire ses émissions de CO2.- Un précédent de taille -“C’est la première plainte climatique déposée contre une entreprise suisse, en l’occurrence le plus gros pollueur de Suisse”, a déclaré à l’AFP Yvan Maillard-Ardenti, membre de l’Entreaide Protestante suisse, une des ONG qui soutient les plaignants. Holcim ne détient plus de cimenteries en Indonésie depuis 2019. Mais les plaignants considèrent qu’Holcim est “coresponsable de l’élévation des températures, et donc de l’élévation du niveau de la mer”, explique M. Maillard-Ardenti.Il cite une étude estimant que le groupe a émis 7 milliards de tonnes de CO2 entre 1950 et 2021, soit 0,42% du total des émissions industrielles depuis 1750. Les plaignants demandent donc à Holcim de payer “pour une part qui correspond à ces émissions de CO2”.  Un précédent juridique majeur existe: la justice allemande a reconnu en mai le principe d’une responsabilité mondiale des entreprises productrices d’électricité dans les dommages liés aux émissions de gaz à effet de serre, quel que soit l’endroit où ils se produisent. Cette affaire-là avait été lancée par un paysan péruvien contre l’entreprise allemande RWE, aux rejets estimés à 0,38% des émissions historiques mondiales; le plaignant a toutefois perdu car les juges ont estimé que le danger concret le concernant n’était pas démontré.Des juges pourraient en décider autrement pour les habitants de Pari. Lors d’une conférence la semaine dernière à Lausanne, une des plaignants a expliqué avoir perdu sa ferme d’algues marines à cause des inondations, qui ont également ravagé son élevage de poissons en charriant du pétrole.

Pour produire plus, il y a “d’autres manières” que supprimer des jours fériés, selon de Montchalin

La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a estimé mercredi qu’il y avait “évidemment plein d’autres manières” que la suppression de deux jours fériés pour “encourager à produire plus” en France, souhaitant notamment une répartition élargie des cotisations sociales. “Les jours fériés, c’était quoi l’intention politique ? C’est de dire +dans notre pays, si on produit pas plus, (…), s’il n’y a pas plus de croissance, nous n’arriverons pas dans le temps à financer notre modèle social, nos services publics+”, a déclaré Mme de Montchalin sur la radio franceinfo. “Il y a évidemment plein d’autres manières d’encourager à produire plus. Il y a évidemment plein d’autres manières de s’assurer que si on travaille plus, on gagne plus”, a-t-elle ajouté. Elle était interrogée sur des propos du Premier ministre François Bayrou, qui s’est dit mercredi sur BFMTV “ouvert” à réexaminer la suppression de deux jours fériés en cas de solution alternative pouvant rapporter 4,2 milliards d’euros. “Pour moi, la plus grande conviction, c’est qu’il faut que les actifs ne soient pas les seuls à financer la solidarité nationale, la santé et tous les enjeux de modèle social”, a déclaré Amélie de Montchalin: “dans un pays où on est 70 millions, on ne peut pas dire aux 30 millions d’actifs +vous payez pour tout le monde+”. “Et donc je propose qu’une partie des cotisations sur le travail payées par les entreprises, payées par les salariés, payées par les fonctionnaires, payées par nous, actifs qui travaillons, soient re-réparties sur toutes les richesses”, a-t-elle développé, citant le capital, l’épargne, le foncier, l’héritage ou la consommation. Une augmentation de la TVA? “Ca peut être, mais ce n’est pas obligé”, a-t-elle dit. “Concrètement, je prends votre feuille de paie et on pourrait dire: on retire des charges qui pèsent sur les entreprises pour qu’elles puissent investir et vous augmenter; et je retire des charges qui pèsent sur les salariés pour que, directement sur votre feuille de paie, il y ait plus d’argent.”Concernant la taxation des plus aisés, la ministre des Comptes publics a indiqué qu’il y avait “plusieurs options” sur la table pour s’assurer que ceux-ci paient l’impôt “que tous les Français paient” ou viser des holdings permettant de contourner l’impôt. 

La Bourse de Paris tente un rebond malgré les tensions sur les taux d’emprunt

La Bourse de Paris tente un rebond mercredi, dans un marché toutefois freiné par la hausse des taux d’emprunt souverain, en raison de l’incertitude politique et budgétaire de la France.L’indice vedette CAC 40 prenait 0,45% vers 09H55, soit 34,35 points à 7.688,60 points. La veille, le CAC 40 a reculé de 53,65 points (-0,70%) et s’est établi à 7.654,25 points.”Le marché obligataire mène le mouvement, avec une grosse vague de ventes qui a propulsé la veille le rendement des emprunts britanniques à 30 ans (gilts) à leur plus haut niveau depuis mai 1998, tandis que les obligations françaises à 30 ans atteignaient des niveaux inédits depuis 2009″, commente Jim Reid, économiste de Deutsche Bank.Cette hausse du rendement de l’emprunt français à long terme est alimentée par “les craintes croissantes d’une nouvelle chute du gouvernement la semaine prochaine”, a-t-il poursuivi.Le Premier ministre François Bayrou se soumettra lundi à un vote de confiance devant les députés, qui semble toutefois perdu d’avance car les oppositions de gauche et d’extrême droite ont fait savoir qu’elles ne voteraient pas la confiance.La dette publique française représente près de 114% de son PIB, la troisième plus importante de la zone euro derrière la Grèce et l’Italie.Les économistes de Deutsche Bank “estiment que le déficit français atteindra entre 5,6 et 5,8% du PIB en 2025, au-dessus de l’objectif officiel de 5,4%, ce qui alimente encore les doutes sur la soutenabilité de la dette”, souligne Jim Reid.Dans le même temps, l’or a dépassé la veille pour la première fois les 3.500 dollars, “confirmant son rôle de couverture face aux craintes inflationnistes et budgétaires”, note M. Reid. L’once d’or, soit 31,1 grammes, valait 3.535 dollars (+0,06%) vers 09H50, près de son nouveau sommet à 3.536 dollars.Derichebourg dévisseLe spécialiste du recyclage des métaux a révisé en baisse ses objectifs annuels de rentabilité opérationnelle en raison notamment de la hausse des droits de douane aux Etats-Unis, et dit prévoir une chute de son chiffre d’affaires sur un an, selon un communiqué publié mardi après la clôture de la Bourse.A la cote, le titre Derichebourg chutait de 12,63% à 4,75 euros.Valneva saluéLe laboratoire franco-autrichien Valneva a annoncé mardi de nouvelles données positives d’un essai clinique de Phase 2 concernant son candidat vaccin contre la maladie de Lyme. L’action du groupe gagnait 4,60% à 3,61 euros.

Les Bourses européennes ouvrent en hausse

Les Bourses européennes ont ouvert en hausse mercredi, tentant un rebond, dans un marché surtout marqué par la hausse des taux d’emprunt souverains, qui renchérit le coût de la dette, en raison des incertitudes politiques et budgétaires.Dans les premiers échanges, la Bourse de Francfort prenait 0,47% après de lourdes pertes la veille, Paris avançait de 0,48% et Londres de 0,13%.

Chine: l’été 2025 a été “le plus chaud jamais enregistré”

La Chine a connu “l’été le plus chaud jamais enregistré” avec des records de températures et plusieurs vagues de chaleur notamment le sud du pays, a indiqué l’agence météorologique nationale.”De juin à août de cette année, de nombreuses régions en Chine ont subi des chaleurs intenses, avec une température moyenne nationale atteignant 22,31°C – l’été le plus chaud jamais enregistré”, a écrit l’Administration météorologique de Chine (CMA) dans une publication sur les réseaux sociaux lundi soir.A l’été 2024, la Chine avait déjà enregistré un record de température avec une moyenne nationale de 22,30°C.Les autorités ont averti en juillet des risques pour la santé liés à la chaleur dans de grandes parties de l’est de la Chine, avec des températures atteignant près de 40°C dans la capitale Pékin en juin.Les autorités de Shanghai ont déclaré que la ville avait enduré 27 jours de températures supérieures à 35°C en août, un record depuis le début des relevés nationaux en 1961.Des anticyclones ont contribué à des ciels plus dégagés et à une plus grande exposition à la chaleur du soleil à travers le pays cette année, selon la CMA.Malgré un bref répit en matière de chaleur dans certaines parties du pays en milieu de la semaine, des villes comme Shanghai, Hangzhou (est), ou des cités dans le bassin du Yangzi comme Hefei, Nanchang ou Wuhan vont voir à nouveau les températures maximales quotidiennes dépasser les 35°C d’ici la fin de la semaine, indique la même source.- Inondations -Des pluies abondantes ont également frappé la Chine cet été, provoquant des inondations et des glissements de terrain qui ont tué des dizaines de personnes.Au moins 44 personnes sont mortes dans les banlieues rurales de la capitale Pékin après que des inondations ont submergé des maisons en juillet.En Mongolie intérieure, région normalement aride, des touristes ont été emportés par une crue soudaine en août, tuant au moins neuf personnes.Le géant asiatique est le plus important émetteur mondial, en valeur absolue, de gaz à effet de serre contribuant à ce changement climatique. Il a promis d’arriver à un pic d’émissions d’ici 2030 et d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2060.Sur le plan mondial, 2024 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée selon l’Organisation météorologique mondiale.Cette année pourrait annoncer un nouveau record: cette semaine, des responsables au Japon, en Corée du Sud et au Royaume-Uni ont également annoncé des températures estivales moyennes inégalées.La hausse des températures partout dans le monde rend les phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents et plus intenses, selon les scientifiques.Le réchauffement climatique, principalement causé par la combustion fossile, n’a pas la hausse des températures pour seule conséquence.L’air plus chaud, induit plus de vapeur d’eau, et des océans plus chauds signifient aussi plus d’évaporation, provoquant des pluies et de tempêtes plus intenses.

L’UE met l’accord avec le Mercosur sur la table, suspense à Paris

La France donnera-t-elle son feu vert? La Commission européenne s’apprête à approuver mercredi l’accord commercial avec les pays latino-américains du Mercosur, avec un geste pour tenter de convaincre Paris et rassurer les agriculteurs.L’adoption par les commissaires européens est la première étape avant de soumettre ce traité de libre-échange aux Etats membres et aux eurodéputés dans les mois qui viennent.L’exécutif européen remet ce dossier sensible sur la table au moment où la France est de nouveau plongée dans une tempête politique. Le gouvernement pourrait tomber lundi lors d’un vote de confiance très mal engagé pour le Premier ministre François Bayrou.Selon une source européenne, Bruxelles veut aller vite et espère un accord des Vingt-Sept avant la fin 2025, tant que le Brésilien Lula occupe la présidence tournante du Mercosur.Cet accord doit notamment permettre à l’Union européenne d’exporter davantage de voitures, de machines et de spiritueux en Argentine, au Brésil, en Uruguay et au Paraguay.En retour, il faciliterait l’entrée de viande, sucre, riz, miel ou soja sud-américains, au risque de fragiliser certaines filières agricoles européennes.Pour la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, “c’est un accord gagnant-gagnant avec des avantages significatifs pour les consommateurs et les entreprises” des deux continents.Mais depuis la conclusion des négociations en décembre dernier, les syndicats des agriculteurs européens sont vent debout.”Le combat se poursuit”, a prévenu lundi le premier syndicat agricole français, la FNSEA, en en appelant au chef de l’Etat Emmanuel Macron.La France, qui a mené la fronde au sein des Vingt-Sept, voyait jusqu’ici le projet d’accord comme une menace pour des filières comme le bœuf, la volaille, le sucre et l’éthanol et réclamait des mesures de sauvegarde supplémentaires.- “Trahison” -Pour rassurer le gouvernement français, la Commission pourrait annoncer mercredi un geste, fruit de plusieurs semaines de négociations: des clauses de sauvegarde renforcées pour les “produits agricoles sensibles”.L’exécutif européen s’engagerait à intervenir en cas d’impacts négatifs de l’accord sur certaines filières, selon une source européenne.Juridiquement, cet ajout ne nécessite pas de renégociation avec les pays du Mercosur, mais les Européens devront tout de même expliquer à leurs partenaires latino-américains pourquoi ils ont procédé ainsi.Cette modification suffira-t-elle à la France ? Sollicités par l’AFP, le gouvernement et l’Elysée n’ont pas souhaité réagir à ce stade. Mais “la France estime, sous réserve d’une analyse approfondie” que cela “va dans le bon sens”, assure une source diplomatique. “Il faudra bien sûr s’assurer de l’efficacité de ce dispositif” de sauvegarde, ajoute-t-elle.Dans l’opposition, le RN dénonce déjà une “trahison” d’Emmanuel Macron si la France change de pied tandis que LFI appelle à la “mobilisation générale” contre ce “passage en force”.Au Parlement européen, le centriste Pascal Canfin promet de son côté une initiative transpartisane pour tenter de “suspendre l’adoption” de l’accord, “en l’absence de transparence et de garanties claires”.Mais l’accord avec le Mercosur compte aussi de nombreux partisans en Europe, à commencer par l’Allemagne qui veut offrir de nouveaux débouchés à ses entreprises industrielles. Plus encore depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche et la mise en place de taxes douanières sur les produits européens qui entrent aux Etats-Unis. L’Union européenne a besoin “très rapidement” de nouveaux partenaires commerciaux, ne cesse de répéter le chancelier allemand Friedrich Merz.Selon Bruxelles, l’accord avec le Mercosur permettrait aux exportateurs européens d’économiser plus de 4 milliards d’euros de droits de douane par an en Amérique latine.Si la France maintient son opposition à l’accord, elle ne pourrait le faire capoter à elle seule. Il lui faudrait réunir une “minorité de blocage”, soit au moins quatre Etats représentant plus de 35% de la population de l’Union européenne.

ChatGPT va instaurer un contrôle parental, annonce OpenAI

L’entreprise américaine OpenAI a annoncé mardi qu’elle allait instaurer un mécanisme de contrôle parental pour son outil d’intelligence artificielle ChatGPT, après que des parents américains ont accusé fin août cet agent conversationnel d’avoir encouragé leur enfant à se suicider.”Dans le mois à venir, les parents pourront lier leur compte avec celui de leur adolescent” et “contrôler la façon dont ChatGPT répond à leur adolescent avec des règles de comportement du modèle”, a déclaré OpenAI dans un billet de blog.D’après l’entreprise, il sera aussi possible pour les parents d’être alertés en cas de détection d’une “détresse aiguë” dans les conversations de leur enfant et de contrôler les paramètres du compte.Cette annonce suit un précédent billet de blog publié fin août, dans lequel l’entreprise avait indiqué qu’elle préparait un mécanisme de contrôle parental.La veille, les parents d’un Californien de 16 ans qui s’est suicidé avaient porté plainte contre OpenAI, accusant ChatGPT d’avoir fourni à leur fils des instructions détaillées pour mettre fin à ses jours et d’avoir encouragé son geste.L’annonce de mardi, “c’est vraiment le strict minimum”, a réagi auprès de l’AFP Melodi Dincer, une avocate qui a porté le dossier en justice avec les parents et une association. Elle estime que de telles mesures devraient déjà être en place, et se montre sceptique sur la mise en œuvre du correctif par OpenAI.”Nous continuons à améliorer la manière dont nos modèles reconnaissent et répondent aux signes de détresse mentale et émotionnelle”, a déclaré de son côté l’entreprise dans son billet de blog mardi.OpenAI a dit prendre d’autres mesures, attendues dans les 120 prochains jours.L’entreprise redirigera ainsi certaines “conversations sensibles” vers des modèles de raisonnement comme GPT-5-thinking, plus évolué.”Les modèles de raisonnement suivent et appliquent plus systématiquement les consignes de sécurité”, a précisé le groupe américain.

Condamné pour monopole, Google échappe à l’obligation de vendre Chrome

Google a échappé mardi à l’obligation de se séparer de son navigateur Chrome, réclamée par le gouvernement américain mais rejetée par un juge de Washington, qui lui a toutefois imposé de partager des données de recherches avec ses rivaux pour rééquilibrer la concurrence.En août 2024, la justice avait reconnu Google coupable d’avoir maintenu illégalement son monopole dans la recherche en ligne grâce à des accords de distribution exclusive à plusieurs milliards de dollars par an avec les constructeurs de smartphones comme Apple ou Samsung.Il restait toutefois à connaître la peine de Google: le tribunal a imposé des exigences strictes à Google sur le partage des données afin de rétablir l’équité dans la concurrence sur la recherche en ligne. Mais il ne l’oblige pas à céder son navigateur phare Chrome, comme exigé par le ministère américain de la Justice.Cette décision est l’une des plus importantes depuis deux décennies dans la lutte contre les pratiques monopolistiques des entreprises. Elle aurait pu radicalement bouleverser l’avenir du géant technologique.”La décision d’aujourd’hui reconnaît à quel point le secteur a changé avec l’avènement de l’IA (intelligence artificielle, ndlr), qui offre aux gens beaucoup plus de moyens de trouver de l’information”, a déclaré Lee-Anne Mulholland, vice-présidente des affaires réglementaires de Google, invoquant une “compétition intense” désormais à l’oeuvre.Google nourrit toutefois des “inquiétudes” sur l’obligation de partager ses données et de limiter la diffusion de ses services, craignant qu’elle n’affecte ses utilisateurs et leur vie privée.- Réorienter la stratégie -Le gouvernement demandait au juge d’ordonner à Google de vendre Chrome, de partager certaines données avec des concurrents, de ne plus payer Apple et d’autres sociétés pour installer son moteur par défaut sur leurs appareils, et de limiter ses investissements dans d’autres entreprises d’IA.Mais pour le juge, une vente de Chrome “serait extrêmement compliquée et très risquée”, estimant que le ministère a outrepassé ses droits en la demandant.”C’est un peu une victoire pour Google”, au moins à court terme, “mais peut-être une victoire à la Pyrrhus” qui va les contraindre à réorienter leur stratégie, a commenté Carl Tobias, professeur de droit à l’université de Richmond.Dans la foulée, le cours d’Alphabet, maison mère de Google, augmentait de plus de 7% vers 21H30 GMT dans les échanges électroniques après la fermeture de Wall Street mardi. Apple prenait plus de 3%.Le tribunal estime aussi qu’une interdiction des accords entre Google et les fabricants de téléphone n’était pas souhaitable, invoquant un risque important de répercussions “pour les partenaires de distribution, les marchés connexes et les consommateurs”.En revanche, Google devra mettre à la disposition des “concurrents qualifiés” certaines données d’indexation de recherche et d’informations sur les interactions des utilisateurs pour que ses rivaux puissent améliorer leurs services.L’entreprise devra également distribuer des résultats de recherche à ses concurrents, jusqu’à cinq ans dans certains cas.- Empêcher les accords exclusifs -La décision aborde aussi de manière spécifique la menace émergente que représentent les chatbots d’intelligence artificielle générative tels que ChatGPT, en étendant les restrictions afin d’empêcher Google d’utiliser des accords exclusifs pour dominer le secteur.Un comité technique supervisera la mise en œuvre des mesures correctives, qui prendront effet 60 jours après le prononcé du jugement définitif, censé être rendu plus tard, après un travail de concertation entre les parties d’ici au 10 septembre.Google fait face à une autre affaire judiciaire, en Virginie, où une cour fédérale doit rendre sa décision finale concernant ses activités publicitaires: il y a quelques mois, un juge a statué que Google détenait en la matière un monopole illégal qui étouffait la concurrence.Ces affaires s’inscrivent dans le cadre d’une offensive plus large du gouvernement, aussi bien sous l’administration démocrate que celle des républicains, contre les géants des technologies. Les Etats-Unis ont actuellement cinq affaires antitrust en cours contre de grandes entreprises technologiques. Outre l’affaire initiale sur Google et son moteur de recherche, un dossier visant Meta a été engagé sous la première administration Trump en 2020.L’administration Biden a maintenu ces poursuites tout en engageant de nouvelles affaires contre Apple et Amazon, ainsi que le dossier sur la publicité chez Google.

Google, condamné pour monopole, échappe à l’obligation de vendre Chrome

Google a échappé mardi à l’obligation de se séparer de son navigateur Chrome, réclamée par le gouvernement américain mais refusée par un juge de Washington, qui a toutefois imposé de lourdes exigences pour rétablir une concurrence équitable.En août 2024, le juge Amit Mehta avait reconnu Google coupable d’avoir maintenu illégalement son monopole dans la recherche en ligne grâce à des accords de distribution exclusive à plusieurs milliards de dollars par an avec les constructeurs de smartphones comme Apple ou Samsung.Il restait toutefois à connaître la peine de Google, finalement rendue mardi : le juge Mehta impose des exigences strictes à Google sur le partage des données afin de rétablir la concurrence dans la recherche en ligne, mais il ne l’oblige pas à céder son navigateur phare Chrome, comme exigé par le ministère américain de la Justice.Cette décision est l’une des plus importantes depuis deux décennies dans la lutte contre les pratiques monopolistiques des entreprises, et aurait pu radicalement bouleverser l’avenir du géant technologique.Le gouvernement américain demandait au juge d’ordonner à Google de vendre son navigateur Chrome, de partager certaines données avec des concurrents, de ne plus payer Apple et d’autres sociétés pour installer son moteur de recherche par défaut sur leurs appareils, et de limiter ses investissements dans d’autres entreprises d’intelligence artificielle (IA).Mais le juge lui a répondu qu’une vente de Chrome “serait extrêmement compliquée et très risquée”, estimant que le ministère avait outrepassé ses droits en formulant cette demande.”C’est un peu une victoire pour Google”, au moins à court terme, “mais peut-être une victoire à la Pyrrhus” qui va les contraindre à réorienter leur stratégie commerciale future, a commenté Carl Tobias, professeur de droit à l’université de Richmond. “Ils ont évité le pire pour l’instant, mais ils sont sous surveillance”.Dans la foulée de l’annonce, le cours d’Alphabet, maison mère de Google, augmentait de plus de 7% vers 21H30 GMT dans les échanges électroniques après la fermeture de Wall Street. Apple prenait plus de 3%.- “Préjudices importants” -Le magistrat estime aussi qu’une interdiction pure et simple des accords entre Google et les fabricants de téléphone n’était pas souhaitable, invoquant un risque trop important de répercussions sur d’autres entreprises.”La suppression des paiements de Google entraînerait presque certainement des préjudices importants, voire paralysants dans certains cas, pour les partenaires de distribution, les marchés connexes et les consommateurs”, précise le jugement.En revanche, Google devra mettre à la disposition des “concurrents qualifiés” certaines données d’indexation de recherche et d’informations sur les interactions des utilisateurs pour que ses rivaux puissent améliorer leurs services.L’entreprise devra également distribuer des résultats de recherche à ses concurrents, jusqu’à cinq ans dans certains cas.La décision aborde aussi de manière spécifique la menace émergente que représentent les chatbots d’intelligence artificielle générative tels que ChatGPT, en étendant les restrictions afin d’empêcher Google d’utiliser des accords exclusifs pour dominer le secteur de l’IA.Un comité technique supervisera la mise en œuvre des mesures correctives, qui prendront effet 60 jours après le prononcé du jugement définitif, censé être rendu plus tard, après un travail de concertation entre les parties d’ici au 10 septembre.- Offensives anti-monopoles -Google fait face à une autre affaire judiciaire, en Virginie, où une cour fédérale doit rendre sa décision finale concernant les activités publicitaires du géant du web: il y a quelques mois un juge a statué que Google détenait en la matière un monopole illégal qui étouffait la concurrence.Ces affaires s’inscrivent dans le cadre d’une offensive plus large du gouvernement, aussi bien sous l’administration démocrate que celle des républicains, contre les géants de la technologie. Les États-Unis ont actuellement cinq affaires antitrust en cours contre de grandes entreprises technologiques.Outre l’affaire initiale sur Google et son moteur de recherche, un dossier visant Meta a été engagé sous la première administration Trump en 2020.L’administration Biden a maintenu ces poursuites tout en engageant de nouvelles affaires contre Apple et Amazon, ainsi que le dossier sur la publicité chez Google.

USA: des économistes, dont des prix Nobel, en soutien de la responsable de la Fed Lisa Cook

Près de 600 économistes, dont plusieurs récipiendaires du prix de la Banque de Suède en mémoire d’Alfred Nobel, ont signé ces derniers jours une lettre de soutien en faveur de la responsable de la Réserve fédérale (Fed) Lisa Cook, menacée par Donald Trump d’être démise de ses fonctions.Dans le courrier, qui comptait mardi 593 signatures, les économistes ont rappelé qu'”une bonne politique économique nécessite des institutions monétaires crédibles”, ce qui passe notamment, à leurs yeux, par “une Réserve fédérale indépendante”.”Les récentes déclarations visant la gouverneure Cook – dont les menaces de limogeage et l’affirmation qu’elle l’a été – sont venues sur la base d’accusations non démontrées”, poursuit le courrier. “Cette approche menace le principe fondamental de l’indépendance de la banque centrale et sape la confiance dans l’une des institutions les plus importantes des Etats-Unis”.La lettre a été adressée à la Maison Blanche, aux membres du Congrès, ainsi que sous forme de lettre ouverte.Lisa Cook est depuis deux semaines sous la pression de la Maison Blanche, Donald Trump lui ayant notamment adressé une lettre pour l’informer qu’elle était “limogée avec effet immédiat”.Mme Cook, nommée à la Fed par le démocrate Joe Biden, a rapidement fait savoir qu’elle se battrait en justice.Première femme afro-américaine à siéger au conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale (Fed), elle est accusée par le camp présidentiel d’avoir menti pour obtenir des emprunts immobiliers à des taux plus favorables en 2021. Mme Cook n’a jusqu’ici pas publiquement contesté le fond des accusations mais a saisi la justice, estimant que le président américain ne disposait pas du pouvoir nécessaire pour la pousser vers la sortie, et agissait de manière contraire à la Constitution en ne lui garantissant pas un procès équitable.Mardi ses avocats ont envoyé une réponse écrite aux arguments avancés par le gouvernement américain dans le cadre de la procédure judiciaire, dénonçant “un copié-collé d’accusations soigneusement triées” pour paraître à charge.La volonté est de “permettre d’offrir une couverture au président pour se débarrasser d’une membre (de la Fed) avec qui il n’est pas d’accord” en terme de politique monétaire, ont-ils ajouté, en soulignant qu’empêcher Mme Cook de rester à son poste durant l’enquête pourrait “ébranler le sentiment d’indépendance de la Réserve fédérale existant depuis près d’un siècle”.Le départ de la responsable offrirait à M. Trump la possibilité de nommer une nouvelle personnalité partageant ses idées, alors qu’il pousse depuis plusieurs mois en faveur d’une forte baisse des taux de la banque centrale.Le républicain avait jusqu’ici concentré ses flèches sur Jerome Powell, qu’il avait pourtant lui-même proposé au poste de président de la Fed pendant son premier mandat.Il avait envisagé le renvoyer avant de renoncer devant la fébrilité des marchés financiers, qui comptent sur la banque centrale pour lutter contre l’inflation, et paraît désormais préférer attendre la fin du mandat de M. Powell, en mai prochain.