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Gel, grêle, canicules: une saison en enfer pour l’agriculture turque

“On a eu d’abord le gel, qui a ruiné les fleurs. Puis la grêle, quand les fruits étaient à peine naissants”, grimace Aleaddin Cogal, producteur de citrons. Ensuite “un soleil tellement brûlant qu’il les a cuits”.L’agriculteur de 42 ans énumère la succession de catastrophes climatiques qui ont frappé cette année la région d’Adana, dans le sud de la Turquie, l’une des zones agricoles les plus fertiles du pays.”On a perdu près de 40% de nos récoltes avec ces trois désastres”, assure-t-il en désignant ses arbres chargés de fruits vert pâle, leur peau fendue ou couverte de vilaines cloques brunes dues aux envolées torrides de l’été.”C’est comme si un incendie avait ravagé la récolte. Je n’ai jamais vécu de journées comme celles-ci”, renchérit Kemal Siga, ouvrier agricole.La Turquie a subi une multiplication de phénomènes météorologiques extrêmes, effets du réchauffement climatique qui s’accélère, selon les experts, dont les communautés agricoles ont été les premières victimes. Les épisodes de gel ont porté un coup dur aux vergers de citronniers, particulièrement sensibles au froid, dont la vallée de Cukurova, près d’Adana, assure 40% de la production turque, selon Mehmet Akin Dogan, directeur de la chambre d’agriculture locale.”Cukurova est l’une des principales régions agricoles de Turquie et contribue à sa production et à sa sécurité alimentaires. Mais les effets du changement climatique commencent à menacer nos activités”, explique-t-il à l’AFP.- Gelées et chaleurs intenses -“Nous avons subi des gelées et des vagues de chaleur comme jamais auparavant”, déplore Mehmet Akin Dogan.Fin février, le mercure a chuté à -8°C, puis de nouveau en avril, rappelle le responsable, qui évoque également la grêle et même des tornades.Début août, à l’inverse, Adana a connu “la journée la plus chaude depuis 95 ans”, avec une température record de 47,5°C, poursuit-il. “La seule chose qui nous a manquée, c’est une chute de météorite!” “Les effets du changement climatique sont visibles, les agriculteurs ne savent plus quoi faire”, insiste-t-il, en espérant un “soutien urgent du gouvernement”.Selon le relevé mensuel de la météo nationale (MGM), la température moyenne en juillet en Turquie (26,9°C) a dépassé de 1,9°C la moyenne de la période 1991-2020 (25°C). Au 8 août, les précipitations étaient à 80% des niveaux habituels autour de la mer Egée et même 95% à Marmara (sud-ouest), où elles ont atteint leur niveau le plus bas en 65 ans.Un record de 50,5°C a été relevé fin juillet à Silopi (sud-est).Cette météo hors norme a affecté d’importantes cultures d’exportations pour la Turquie, comme les abricots, les pommes, les figues ou les noisettes (70% de la production mondiale), qui fournissent le géant italien Ferrero pour sa pâte à tartiner, fauchées par le gel d’avril.Le ministre de l’Agriculture, Ibrahim Yumakli, a évoqué 2,3 milliards de livres turques de dégâts (48 millions d’euros) pour les noisetiers.- “Pire que le séisme” -“Je fais de l’abricot depuis 40 ans, je n’ai jamais rien vu de tel. Les gens n’essaient plus de sauver leur récolte mais leurs arbres”, confiait au printemps Orhan Karaca, directeur de la chambre d’agriculture de Malatya, en Anatolie orientale (est). “Pire que les ravages causés par le séisme” de 2023, avançait-il.Selon le président turc Recep Tayyip Erdogan, les pertes agricoles s’élèvent au total à 23 milliards de livres turques (480 millions d’euros) pour les 50.000 agriculteurs assurés. Il a promis une aide de l’Etat aux 420.000 sans aucune couverture, de plus en plus nombreux alors que leurs revenus s’effondrent.Les citrons risquent d’être “une denrée rare cet hiver” avec des prix déjà élevés qui vont encore augmenter, avertit Aleaddin Cogal. “Ici à Cukurova, on les paye déjà plus cher qu’en Finlande”, jure-t-il. “Trois euros le kilo, là-bas c’est deux.””C’est une perte pour notre pays. J’allais exporter, ç’aurait rapporté de l’argent. Mais avec le réchauffement qui embrouille le climat, ça n’arrivera pas”, s’émeut-il. 

Le gouverneur de la Banque d’Angleterre “très inquiet” des menaces sur l’indépendance de la Fed

Le gouverneur de la Banque d’Angleterre (BoE) s’est dit mercredi “très inquiet” des menaces sur l’indépendance de la Réserve fédérale (Fed) face aux dernières pressions du président Donald Trump.”Il s’agit d’une situation très grave, et je suis très préoccupé”, a déclaré Andrew Bailey à une commission parlementaire au Trésor britannique, rejoignant les inquiétudes émises lundi par la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde.Le président américain tente actuellement de révoquer la gouverneure de la Fed Lisa Cook, accusée par le camp présidentiel d’avoir menti pour obtenir des emprunts immobiliers à des taux plus favorables. L’affaire est devant la justice américaine.Le départ de la responsable offrirait au chef de l’Etat la possibilité de nommer une nouvelle personnalité partageant ses idées.Donald Trump s’est également attaqué à plusieurs reprises au patron de la Fed, Jerome Powell, qui tarde selon lui à baisser les taux américains.La Fed est une “banque centrale de premier plan”, qui “s’est forgée une solide réputation d’indépendance et de capacité décisionnelle”, a rappelé le gouverneur de la BoE.Toucher à cette indépendance constitue selon lui “une voie très dangereuse”. “Je prends donc très au sérieux les menaces qui pèsent sur ce sujet”, a-t-il indiqué.Plus tôt cette semaine, la présidente de la BCE Christine Lagarde avait jugé qu’une prise de contrôle de la politique monétaire américaine par Donald Trump serait “un danger très sérieux” pour l’économie américaine et mondiale.Si la Fed a laissé ses taux inchangés en juillet dans une fourchette entre 4,25% et 4,50%, le marché estime qu’elle devrait les abaisser à l’issue de sa prochaine réunion des 16 et 17 septembre.De son côté, la BoE a réduit son taux directeur à 4% en août, à l’issue d’un vote serré, pour soutenir une économie à la peine.

Accord UE-Mercosur: quel impact sur l’agriculture européenne ?

L’accord de libre-échange avec des pays du Mercosur, dont l’UE a lancé mercredi le processus de ratification, promet d’ouvrir un peu plus le marché européen aux produits latino-américains, une perspective qui alarme les agriculteurs, en particulier en France, premier pays agricole du continent.Cet accord “n’a jamais été aussi dommageable pour les agriculteurs, les communautés rurales et les consommateurs européens”, a mis en garde mardi le Copa-Cogeca, principal lobby agricole européen.Quels volumes agricoles en jeu?La Commission européenne parle de “petits volumes” de produits du Mercosur aux droits de douane réduits: ce sera 99.000 tonnes maximum pour la viande bovine, soit 1,6% de la production de l’UE. Au-delà, des droits “largement prohibitifs”, de plus de 40% (au lieu de 7,5%), continueront à s’appliquer, ajoute-t-on.Pour les volailles ce sera 180.000 tonnes (1,4%), le sucre 190.000 tonnes (1,2%).Pour Bruxelles, l’accord présente des opportunités pour des produits aujourd’hui freinés en Amérique latine par les taxes: vin et spiritueux (actuellement taxés jusqu’à 35%), chocolats, malt, huile d’olive, lait en poudre ou fromages.Secteurs exposésMême si les volumes concernés sont limités, ils peuvent ébranler des filières, expliquent cependant celles-ci.Pour l’interprofession française de la viande bovine, le Mercosur fournit déjà le gros des importations d’aloyaux, des morceaux “nobles”. Si les 99.000 tonnes de viande bovine autorisées se concentrent sur l’aloyau, cela représenterait un quart de la production européenne.Selon l’Institut de l’élevage, les aloyaux du Mercosur arrivent à des coûts inférieurs de 18% à 32% par rapport aux européens.Les producteurs de poulet aussi redoutent que les Brésiliens se concentrent sur les morceaux les plus rentables, les filets.Les filières de l’éthanol, du miel, du porc… sont également exposées, analyse l’économiste Stefan Ambec, co-auteur d’un rapport sur cet accord au gouvernement français. Il évoquait le risque d’une baisse des prix payés aux agriculteurs européens: “les coûts de production diffèrent et le problème est que les normes sanitaires et environnementales ne sont pas les mêmes.”Quelles normes?La Commission l’assure: “Tout produit du Mercosur doit respecter les normes strictes de l’UE en matière de sécurité alimentaire.”L’accord de libre-échange Ceta avec le Canada par exemple ne remplit pas ses quotas d’exportation de viande depuis six ans faute de production aux normes, fait valoir un fonctionnaire européen.Les “conditions de production” dans le Mercosur, en matière sociale, environnementale, de bien-être animal… ne seront pas forcément les mêmes qu’en Europe, admet cependant Bruxelles.En matière sanitaire, l’importation de viande traitée aux hormones de croissance restera interdite. En revanche des viandes issues d’élevages usant de pratiques  prohibées dans l’UE — usage d’antibiotiques activateurs de croissance ou de certaines farines animales — pourront entrer, soulignent les opposants.Quels contrôles?”En théorie, la viande traitée par exemple aux hormones de croissance ne peut entrer, mais en pratique la traçabilité est imparfaite”, explique M. Ambec. “Il y a des audits d’abattoirs organisés avec la Commission, mais on ne suit pas facilement le bétail avant cette étape. Le traçage de la naissance à l’abattage, dans le Mercosur, cela n’existe qu’en Uruguay.”De fait, un audit de l’UE a révélé fin 2024 des failles dans les contrôles de la viande bovine au Brésil, incapables de garantir l’absence de l’hormone oestradiol, interdite en Europe.Mercredi, à Bruxelles, on évoquait “l’engagement sur la constitution d’un groupe de travail sur le renforcement des contrôles à l’import”.”Frein d’urgence”Pour répondre aux inquiétudes de Paris, Bruxelles a aussi introduit mercredi une “clause de sauvegarde” renforcée concernant les produits sensibles, sorte de “frein d’urgence” en cas d’augmentation soudaine des importations ou baisse des prix.”S’il existe “un préjudice sérieux ou un risque pour l’Union européenne, l’Union, à la suite d’une enquête, peut décider” de limiter ces importations, explique un haut fonctionnaire.S’y ajoute un “engagement politique” de suivi “très serré” de ces marchés, avec rapports semestriels. La Commission s’engage aussi à lancer ces enquêtes “sans délai” et à des mesures provisoires dans les 21 jours, et à le faire dès que sont constatés des mouvements de prix ou de volumes de plus de 10%, une mesure inédite, souligne-t-on à Bruxelles.Enfin, “si jamais dans la situation très improbable où les importations du Mercosur causerait des dommages aux systèmes agricoles, nous avons pris l’engagement d’augmenter les fonds disponibles pour une compensation des agriculteurs dans le cadre de la PAC”, ajoute-t-on.

Le secteur technologique américain porte Wall Street à l’ouverture

La Bourse de New York évoluait globalement en hausse mercredi, entraînée par Google et Apple, deux poids lourds du secteur technologique américain, qui profitaient d’une décision de justice, reléguant au second plan les inquiétudes commerciales.Vers 13H50 GMT, l’indice Nasdaq – à forte coloration technologique – prenait 0,91% et l’indice élargi S&P 500 gagnait 0,35%. Le Dow Jones évoluait pour sa part dans le rouge (-0,26%).”Le marché se défend bien aujourd’hui” après avoir été “mis à l’épreuve la veille”, commente auprès de l’AFP Adam Sarhan, de 50 Park Investments.En cause, selon l’analyste: “de bonnes nouvelles concernant Alphabet”, maison mère de Google.L’entreprise a échappé mardi à l’obligation de se séparer de son navigateur Chrome, réclamée par le gouvernement américain mais rejetée par un juge de Washington.C’est une victoire judiciaire pour Google qui avait été reconnu coupable un an plus tôt d’avoir maintenu illégalement son monopole dans la recherche en ligne grâce à des accords avec les constructeurs de smartphones comme Apple ou Samsung.Vers 13H45, le cours d’Alphabet bondissait de 8,14% à 228,54 dollars.Apple prenait, lui, 2,22% à 234,82 dollars, profitant du jugement du tribunal, qui a estimé qu’une interdiction des accords entre Google et les fabricants de téléphone n’était pas souhaitable.”Ces gains, ainsi que ceux enregistrés par d’autres actions à très forte capitalisation, sont à l’origine de la hausse” générale du marché mercredi, observe Patrick O’Hare, de Briefing.com, dans une note.”La question est de savoir s’il s’agira d’un mouvement isolé qui favorisera uniquement les actions à très forte capitalisation, ou si l’ensemble du marché suivra le mouvement”, se questionne l’analyste.En parallèle, les investisseurs sont “confrontés à davantage d’incertitudes concernant les droits de douane (…), mais le marché ne s’effondre pas pour autant”, note M. Sarhan.Vendredi, une cour d’appel fédérale américaine avait estimé qu’une grande partie des droits de douane imposés par Donald Trump étaient illégaux, une information que Wall Street a peiné à digérer la veille. Le président américain a fait savoir qu’il allait saisir la Cour suprême des Etats-Unis pour trancher le litige en dernière instance.Sur le marché obligataire, le rendement des emprunts d’Etat américains à échéance 10 ans s’établissait à 4,26% vers 13H45 GMT, stable par rapport à la clôture mardi.La veille, il avait dépassé 4,30% avant de redescendre, mû par les inquiétudes sur le plan commercial. Côté indicateurs, le marché patiente avant la publication du rapport JOLTS du ministère américain du Travail à 14H00 GMT et celle du “Livre beige” de la banque centrale américaine (Fed) à 18H00 GMT, une enquête régulièrement menée en consultant des acteurs économiques et experts.Les investisseurs attendent d’autres rapports sur l’emploi au cours de la semaine, dont le plus important sera publié vendredi – avec notamment, le taux de chômage aux Etats-Unis pour le mois d’août.”Le rapport sur l’emploi aura certainement une incidence sur les décisions futures de la Fed” concernant ses taux, avance M Sarhan.”Si les chiffres de l’emploi s’avèrent vraiment solides, cela pourrait remettre en question” la trajectoire monétaire de l’institution, ajoute-t-il.Au tableau des valeurs, la chaîne américaine de grands magasins Macy’s était catapultée (+21,20% à 16,35 dollars) après des résultats trimestriels meilleurs qu’attendu. Le groupe a également relevé ses prévisions annuelles.Autre chaîne de magasins, Dollar Tree, spécialisée dans les articles à bas prix chutait (-7,81% à 102,65 dollars), plombée par des prévisions pour le troisième trimestre jugées décevantes par la place américaine.

Le Guyana, petit pays pétrolier pris en étau entre Venezuela et Etats-Unis

Le Guyana, qui attend jeudi les résultats de ses élections présidentielle et législatives, est un récent allié des Etats-Unis face au Venezuela, qui convoite les deux tiers de son territoire et ses riches réserves pétrolières.Le Guyana a confié à la compagnie américaine Exxon l’essentiel de l’exploitation de ses ressources pétrolières, notamment dans l’Essequibo, région revendiquée par Caracas.Essequibo et pétrole ont été omniprésents dans la campagne des élections générales qui se sont tenues lundi.- Le différend de l’Essequibo”Essequibo is Guyana’s” ou “Essequibo ah we own” (L’Essequibo appartient au Guyana, en Anglais ou en Créole) s’affiche un peu partout dans le pays sur des panneaux depuis plus d’un an. Les candidats à la présidentielle ont presque tous embrassé le sujet, à commencer par le président sortant Irfaan Ali qui en a fait un axe majeur de campagne, adoptant une position ferme face à Caracas.Le Venezuela a relancé ses prétentions sur le territoire en 2019, faisant notamment élire un gouverneur pour la région sur laquelle Caracas n’a pas de pouvoir, ou organisant un référendum au Venezuela sur le sujet.    Le Guyana estime que le tracé de sa frontière, datant de l’époque coloniale anglaise, a été entériné en 1899 et demande à la Cour internationale de justice (CIJ) de le ratifier. Le Venezuela, qui ne reconnait pas la compétence de la CIJ, assure que le fleuve Essequibo doit être la frontière naturelle, comme en 1777 à l’époque de la colonisation espagnole.Nouveau gage du rapprochement avec Washington, M. Ali soutient le récent déploiement de navires américains dans les Caraïbes. Un tir sur un bateau parti du Venezuela a tué 11 “narcoterroristes”, a affirmé mardi Donald Trump, qui accuse Caracas de diriger un vaste réseau de trafic de drogue.- Alliance Washington-Georgetown: realpolitikDimanche, le Guyana a déclaré avoir essuyé des “coups de feu provenant de la rive vénézuélienne”. Un “fake” selon Caracas. Ce genre d’annonces sont récurrentes mais entretiennent une tension permanente entre les deux pays qui ont promis de ne pas recourir à la force lors d’une rencontre exceptionnelle entre M. Ali et le président Nicolas Maduro à Saint-Vincent-et-les-Grenadines en décembre 2023.Si le président Ali a assuré lundi que les forces guyaniennes étaient “en alerte et prêtes”, le Guyana et ses quelque 850.000 habitants ne pèse pas lourd face à l’armée de son voisin de 30 millions d’habitants.Les Etats-Unis, qui tentent d’évincer Maduro du pouvoir depuis des années, ont réaffirmé à maintes reprises leur soutien au Guyana. Le secrétaire d’Etat Américain Marco Rubio a affirmé en mars à Georgetown : “S’ils (les Vénézuéliens) devaient attaquer le Guyana ou attaquer (le groupe pétrolier américain) ExxonMobil (…) Pour eux, cela se terminerait mal”.Un rapprochement récent pour le Guyana, longtemps orienté à gauche.- Le pétrole, nerf de la guerreL’Essequibo “a toujours fait partie du Guyana. Le Venezuela (le réclame) à cause du pétrole”, affirme à Georgetown Ocendy Knights, 33 ans, persuadée que Caracas a relancé ses prétentions après la découverte de pétrole offshore dans la région.Le pétrole est au cœur du problème. Non seulement l’or noir pèse lourd dans les relations américaines avec le Venezuela (embargo pétrolier avec des licences d’exploitation pour Chevron), mais beaucoup estiment que Washington profite de la peur guyanienne du Venezuela pour dicter ses conditions. Chris Ram, militant de la société civile, estime que l’Etat guyanien a donné des contrats pétroliers trop favorables à ExxonMobil, parce qu’il “il y a des enjeux plus larges. Le gouvernement traite Exxon avec des gants de velours”. “D’une certaine manière, le Guyana est pragmatique. Nous ne pouvons pas égaler le Venezuela, Maduro et son armée. Nous avons besoin des Américains”, souligne-t-il. Elias Ferrer, spécialiste du pétrole fondateur de Orinoco Research, soupçonne lui aussi Georgetown d’avoir accepté des revenus moindres de l’exploitation en pensant à une éventuelle aide américaine. Il souligne aussi que si les réserves par habitant “sont les plus grandes du monde”, elles “restent” moindres que “celles des grands producteurs”: le pays “ne pèse pas beaucoup” sur le marché.Le président Maduro accuse d’ailleurs régulièrement Irfaan Ali d’être une “marionnette dans les mains d’ExxonMobil”.

Etats-Unis: la Fed restera indépendante, selon un de ses gouverneurs

Les prochains banquiers centraux américains sauront rester étanches aux pressions politiques, a estimé mercredi l’un des gouverneurs de la Réserve fédérale américaine (Fed), en lice pour devenir président de l’institution.”L’indépendance de la Fed est essentielle (…). Il y a des choses en ce moment qui rendent inquiets les gens, mais je pense toujours que nous avons une Fed indépendante”, a déclaré Christopher Waller sur la chaîne américaine CNBC.Nommé gouverneur par Donald Trump sous son premier mandat, M. Waller est considéré comme un prétendant sérieux au poste de président de la banque centrale, quand le mandat de Jerome Powell prendra fin au printemps.Depuis son retour au pouvoir en janvier, Donald Trump multiplie les pressions sur la Fed qu’il exhorte à baisser les taux d’intérêt et à soutenir sa politique économique. Il tente désormais de révoquer une collègue de M. Waller, Lisa Cook, accusée par le camp présidentiel d’avoir menti pour obtenir des emprunts immobiliers à des taux plus favorables. L’affaire est devant la justice.Le départ de la responsable offrirait à M. Trump la possibilité de nommer une nouvelle personnalité partageant ses idées. Le chef d’Etat a déjà désigné un de ses conseillers économiques, Stephen Miran, pour remplacer une autre gouverneure, Adriana Kugler, qui a démissionné. La nomination doit être confirmée par le Sénat.”Les personnes nommées” travailleront “de manière non partisane”, a considéré Christopher Waller sur CNBC.”Donc je pense que quoi qu’il arrive, la Fed maintiendra son indépendance”, a-t-il ajouté, tout en refusant de commenter l’affaire Cook. Les responsables de la Réserve fédérale n’ont pas touché aux taux directeurs depuis décembre, de crainte que les droits de douane mis en place par Donald Trump ne fassent dérailler l’inflation. Christopher Waller a fait entendre sa différence à partir de juin: il pense que le risque inflationniste est surévalué et plaide pour une baisse de taux rapide, arguant que le marché du travail est sur une mauvaise pente.Il prend toutefois soin de montrer qu’il n’est pas totalement aligné avec l’exécutif américain. “Je prévois un ralentissement de la croissance cette année, principalement en raison de l’impact des droits de douane”, a-t-il affirmé mercredi, soulignant que “les droits de douane sont des taxes et que les taxes ne sont généralement pas favorables à la croissance”.

La tech américaine américaine porte Wall Street à l’ouverture

La Bourse de New York a ouvert globalement en hausse mercredi, soutenue par de bonnes nouvelles pour le secteur technologique américain, les inquiétudes commerciales étant pour le moment reléguées au second plan.Dans les premiers échanges, l’indice Nasdaq – à forte coloration technologique – prenait 0,86% et l’indice élargi S&P 500 gagnait 0,42%. Le Dow Jones était proche de l’équilibre (-0,07%).

Accord UE/Mercosur : la Commission a “entendu les réserves” de la France, “accepte” les clauses de sauvegarde (gouvernement français)

La Commission européenne a “entendu les réserves” de plusieurs pays européens dont la France sur l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur et “accepté” des clauses de sauvegarde pour mieux protéger l’agriculture européenne, s’est félicitée mercredi la porte-parole du gouvernement français Sophie Primas.Le travail effectué notamment par la France “permet aujourd’hui que l’Union européenne, et singulièrement la présidente (de la Commission, ndlr), ait entendu les réserves émises par ces pays-là et accepté d’actionner les clauses de sauvegarde”, a-t-elle relevé lors du compte-rendu du Conseil des ministres.La France va désormais “analyser” ces clauses de sauvegarde et en vérifier la solidité pour le monde agricole, a-t-il ajouté. “Nous sommes très attachés à deux points qui ont semble-t-il été obtenus mais il faudra vérifier si c’est bien dans l’accord”, a notamment souligné Sophie Primas.Il faut notamment qu’une clause de sauvergarde “puisse être actionnée par un seul pays et non pas plusieurs” et puisse “s’appliquer de façon temporaire avant décision définitive”, a-t-elle détaillé.La Commission européenne doit approuver mercredi l’accord commercial avec un geste pour tenter de convaincre Paris et rassurer les agriculteurs.L’adoption par les commissaires européens est la première étape avant de soumettre ce traité de libre-échange aux Etats membres et aux eurodéputés dans les mois qui viennent.L’exécutif européen remet ce dossier sensible sur la table au moment où la France est de nouveau plongée dans une tempête politique. Le gouvernement pourrait tomber lundi lors d’un vote de confiance très mal engagé pour le Premier ministre François Bayrou.

Sous pression budgétaire, Londres pourrait serrer encore la vis

La ministre britannique des Finances a prévenu mercredi qu’elle continuerait à “contrôler étroitement” les dépenses dans le prochain budget présenté à l’automne, laissant augurer d’un nouveau tour de vis au moment où le Royaume-Uni est confronté  l’envolée des taux intérêts sur sa dette.La présentation devant le Parlement britannique de ce budget très attendu aura lieu le 26 novembre, a précisé dans une déclaration à la presse la ministre Rachel Reeves.Elle a déjà annoncé ces derniers mois d’impopulaires hausses d’impôts, ainsi que des coupes drastiques dans les finances publiques pour redresser les comptes.Le gouvernement travailliste, qui peine à relancer l’activité économique, est mis sous pression par l’envolée du taux d’emprunt obligataire à 30 ans du pays, au plus haut depuis 1998.Les analystes l’expliquent par un mini-remaniement gouvernemental en début de semaine, qui a vu passer Darren Jones, personnalité clef du ministère des Finances, à Downing Street — interprété par certains comme un coup porté à l’autorité de Mme Reeves.Mais les marchés sont également préoccupés par l’état comptes publics, que la ministre s’est engagée à équilibrer, pour l’instant sans succès.Pour trouver les milliards de livres qui manquent, les Britanniques spéculent depuis des mois sur de nouvelles hausses d’impôts dans le nouveau budget.Pour réduire les coûts de l’emprunt, le gouvernement doit aussi “continuer à contrôler étroitement les dépenses courantes”, a insisté Mme Reeves mercredi.Le centre de réflexion National Institute of Economic and Social Research (NIESR) avait chiffré le mois dernier la somme qu’elle devra trouver à plus de 41 milliards de livres par an à horizon 2030.La hausse des rendements des obligations d’État “alourdit actuellement de plus de 3 milliards de livres les charges d’intérêts de la dette”, estime de son côté mercredi Ruth Curtice, directrice du centre de réflexion Resolution Foundation.Et les revirements du gouvernement sur les coupes dans les prestations sociales, face à la pression de son propre camp, ajoutent “plus de 6 milliards de livres” à la facture annuelle, poursuit-elle.A cela s’ajoute, selon l’analyste, “une dégradation probable de la croissance” du Royaume-Uni: “un resserrement budgétaire important sera nécessaire”, avec “des augmentations d’impôts probablement indispensables”.La croissance britannique a fortement ralenti au deuxième trimestre au Royaume-Uni, pénalisée par les droits de douane américains et les hausses d’impôts. Mais elle s’est maintenue à 0,3%, plus élevée qu’attendu.

Santé et bioversité: l’État devra revoir des autorisations de pesticides

L’État a été condamné mercredi à revoir ses procédures d’autorisation des pesticides, jugées par la cour administrative d’appel de Paris insuffisantes pour garantir le maintien de la biodiversité et la protection de la santé.Dans cette affaire dite “Justice pour le vivant”, les associations de défense de l’environnement ont obtenu gain de cause. L’une d’elle, Pollinis, a salué dans un communiqué une “victoire historique” et appelé le gouvernement à se plier à cette décision, sans saisir la juridiction suprême, le Conseil d’État.La cour ordonne de procéder “dans un délai de 24 mois” à “un réexamen des autorisations de mise sur le marché déjà délivrées”, pour réparer un “préjudice écologique résultant de l’usage des produits phytopharmaceutiques”, notamment envers “la santé humaine”, a-t-elle résumé dans un communiqué accompagnant la décision.”Il est enjoint à l’État de mettre en œuvre une évaluation des risques présentés par les produits phytopharmaceutiques à la lumière du dernier état des connaissances scientifiques, notamment en ce qui concerne les espèces non ciblées”, indique l’arrêt.Les services de l’État se voient reprocher d’avoir méconnu les exigences du règlement européen qui encadre la commercialisation des pesticides, édicté en 2009. Ce texte oblige les pesticides à ne pas avoir “d’effet nocif immédiat ou différé sur la santé humaine ou animale” ni “d’effets inacceptables sur les végétaux ou sur l’environnement”.L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), chargée d’évaluer et d’autoriser la mise sur le marché des pesticides, “a commis une faute en ne procédant pas à l’évaluation des produits phytopharmaceutiques au vu du dernier état des connaissances scientifiques”, souligne la cour administrative d’appel dans son communiqué.- “Réexamen des autorisations” -Cette juridiction ordonne donc “de procéder, le cas échéant, au réexamen des autorisations de mises sur le marché déjà délivrées et pour lesquelles la méthodologie d’évaluation n’aurait pas été conforme à ces exigences, dans un délai de vingt-quatre mois”.Le nombre de produits concernés reste à déterminer. L’État a six mois pour communiquer une liste à la cour administrative d’appel.Celle-ci va plus loin que le tribunal administratif qui, en première instance, en juin 2023, avait “enjoint au gouvernement de prendre toutes les mesures utiles de nature à réparer le préjudice écologique”.Les associations, partiellement satisfaites, avaient alors fait appel en espérant “obliger l’État à combler les failles des méthodes d’évaluation des risques des pesticides”. C’est ce qu’elles ont obtenu mercredi.Le succès en juillet d’une pétition contre la loi Duplomb, signée par plus de 2,1 millions de personnes, avait montré l’hostilité aux pesticides d’une bonne partie de l’opinion publique française.Le 7 août, le Conseil constitutionnel a censuré la disposition la plus contestée de cette loi qui allège certaines contraintes pour les agriculteurs: la réintroduction sous conditions d’un pesticide interdit de la famille des néonicotinoïdes.L’organisation professionnelle Phyteis, lobby de 18 producteurs de pesticides dont les filiales françaises de Bayer, BASF ou Syngenta, plaidait dans le dossier “Justice pour le vivant” l’absence de “faute” de l’État.Ce dernier devra verser 3.000 euros au titre des frais de justice, à répartir entre six associations.