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Argentine: perquisitions dans le cadre de l’enquête pour corruption impliquant la sœur du président Milei

La justice argentine a perquisitionné vendredi les bureaux de l’Agence nationale pour les personnes handicapées (Andis) et d’une entreprise pharmaceutique dans le cadre d’une enquête pour corruption présumée impliquant Karina Milei, sœur du président Javier Milei, a indiqué la police.Une enquête avait été ouverte après la diffusion de plusieurs enregistrements audio où une voix attribuée à l’ancien directeur de l’Andis, Diego Spagnuolo, limogé depuis, déclare: “Karina reçoit 3%”. Karina Milei est soupçonnée d’avoir perçu 3% du montant payé par l’Andis pour l’achat de médicaments à l’entreprise pharmaceutique Suizo Argentina. Aucune arrestation n’a encore été effectuée dans le cadre de cette affaire. Karina Milei ne s’est pas exprimée publiquement sur le sujet, tandis que Javier Milei a rejeté les accusations.”Tout ce que dit (Spagnuolo) est faux, nous allons le traduire en justice et prouver qu’il a menti”, a-t-il déclaré mercredi lors d’un meeting électoral au cours duquel des manifestants ont jeté des pierres sur son cortège. L’entreprise pharmaceutique Suizo Argentina a assuré dans un communiqué avoir agi “dans le strict respect des normes et des lois en vigueur” et être “en règle et à la disposition des organismes de contrôle, ainsi que de tout pouvoir de l’État”. Le texte a été republié par Javier Milei sur son compte Instagram. De son côté, le porte-parole de la Présidence a dénoncé sur les réseaux sociaux une “utilisation politique de l’opposition en une année électorale”. Le 26 octobre, des élections législatives nationales auront lieu pour renouveler une partie du Congrès. Et en septembre des élections se tiendront dans la province de Buenos Aires, la plus peuplée du pays. Des scrutins qui mettront à l’épreuve la popularité de Javier Milei après ses succès en matière économique, parvenant à maîtriser l’inflation au prix toutefois de coupes sévères dans les dépenses publiques, notamment dans l’aide sociale aux personnes handicapées.

Les menaces de Trump sur le numérique “relèveraient de la coercition” et appelleraient une “réponse des Européens”, avertit Macron

Le président français Emmanuel Macron a averti vendredi que les menaces de droits de douane de Donald Trump sur le secteur numérique seraient assimilables à de la “coercition” et que les Européens y répliqueraient.”Si de telles mesures étaient prises, elles relèveraient de la coercition et elles appelleraient une réponse des Européens”, a-t-il lancé au cours d’une conférence de presse avec le chancelier Friedrich Merz à Toulon (sud-est de la France) à l’issue d’un conseil des ministres franco-allemand.”Nous serons inflexibles”, a-t-il insisté en évoquant une “très forte convergence franco-allemande” en la matière et en annonçant avec son homologue un sommet à Berlin le 18 novembre sur la souveraineté numérique.Le président américain, Donald Trump, a vigoureusement attaqué lundi les pays ou organisations régulant le secteur de la tech, les menaçant de droits de douane et de restrictions à l’exportation.S’il n’a pas cité directement l’Union européenne, celle-ci dispose de fait de l’arsenal juridique le plus puissant au monde pour réguler le numérique.L’UE a le “droit souverain” de réglementer la tech, a depuis répliqué la Commission européenne.Bruxelles a aussi “fermement réfuté” l’accusation selon laquelle les entreprises américaines étaient délibérément visées par ces règles sur le numérique.

Indépendance de la Fed: le sort de Lisa Cook en suspens en attendant une décision de justice

La justice américaine n’a pas statué vendredi sur le sort de la gouverneure de la banque centrale des Etats-Unis (Fed) Lisa Cook, que le président Donald Trump veut révoquer, un cas test pour l’indépendance de la Fed.Les avocats de Mme Cook ont demandé à une juge de la capitale américaine, saisie en urgence, d’empêcher M. Trump et le conseil des gouverneurs de prendre des mesures de nature à écarter la gouverneure de son poste. Mme Cook doit pouvoir “continuer à faire son travail”, a argumenté son conseil principal, Abbe Lowell.La juge Jia Cobb, nommée par l’ex-président démocrate Joe Biden, a décidé de ne pas prendre de décision dans l’immédiat. Elle a demandé aux parties de lui présenter de nouveaux éléments mardi (lundi étant férié aux Etats-Unis).Le litige marque l’entrée en scène des juges dans une bataille dont l’issue peut changer la face de la Réserve fédérale (Fed), plus puissante banque centrale du monde, chargée de combattre l’inflation aux Etats-Unis et d’y favoriser le plein-emploi.En dernier ressort, la Cour suprême, à majorité conservatrice, finira vraisemblablement par devoir se prononcer. Et définir précisément dans quelles circonstances le président des Etats-Unis peut révoquer un banquier central de la Fed – ce que les textes n’ont pas fait.En mai, la Cour suprême avait posé le principe que la Fed avait un statut particulier, limitant en principe la capacité du pouvoir exécutif à limoger des responsables.Pour l’équipe d’avocats au service de Mme Cook, la Maison-Blanche cherche un “prétexte” pour se débarrasser d’une gouverneure qui n’entend pas obéir aux injonctions du président Trump en matière de politique monétaire.Si elle est renversée, “cela menacerait l’indépendance de la Réserve fédérale et, au bout du compte, la stabilité du système financier de notre pays”, ont-ils fait valoir dans leur saisine, consultée par l’AFP.- Nouveau signalement -En début de semaine, le chef d’Etat a écrit à Mme Cook pour lui dire qu’elle était “révoquée avec effet immédiat”.Première femme noire à siéger au conseil des gouverneurs de la Fed, nommée en 2022 par l’ancien président Biden, Mme Cook est accusée par le camp présidentiel d’avoir menti pour obtenir des emprunts immobiliers à des taux plus favorables en 2021. Elle n’a pas publiquement contesté le fond des accusations – ce que lui reproche la partie adverse. Mais ses avocats considèrent qu’il ne lui a jamais été donné l’opportunité de se défendre.Le mandat de Mme Cook n’est pas censé prendre fin avant janvier 2038. Une telle durée a pour but de projeter les gouverneurs dans le temps long, au service de l’intérêt général et à l’abri des alternances politiques.Si elle doit partir, M. Trump pourra nommer son remplaçant, qui devra être confirmé par le Sénat à majorité républicaine.Le chef d’Etat veut que les taux d’intérêt de la Fed soient beaucoup plus bas et assume de vouloir placer au sommet de l’institution des personnes partageant ses vues sur l’économie.La saisine des avocats de Mme Cook vise aussi les cinq autres gouverneurs de la Fed et son président, Jerome Powell, pour éviter que ceux-ci n’exécutent la volonté de la Maison-Blanche.Sollicitée par l’AFP, la Fed n’a pas souhaité faire de commentaire avant l’audience.Jeudi soir, Bill Pulte, un proche du président Trump qui a déclenché l’affaire en signalant le cas de Mme Cook au ministère de la Justice, a publié un autre signalement sur le réseau social X, en affirmant qu’il y avait en tout trois logements pour lesquels la gouverneure avait selon lui mal notifié l’usage futur, au moment de demander des prêts aux banques.”Il s’agit clairement d’une campagne de dénigrement visant à discréditer la gouverneure Cook, menée par une personne agissant à des fins politiques”, a évacué l’avocat Abbe Lowell dans un communiqué transmis à l’AFP.

Trump coupe encore dans l’aide internationale et accroît les risques de paralysie budgétaire

Donald Trump a exprimé au Congrès américain sa volonté d’éliminer 4,9 milliards de dollars supplémentaires d’aide internationale, a indiqué vendredi la Maison Blanche, une annonce qui augmente fortement les probabilités de paralysie de l’Etat fédéral fin septembre.La suppression “touche des programmes du département d’Etat ainsi que l’Agence des Etats-Unis pour le développement international, et des programmes d’assistance internationale”, précise la lettre envoyée au président républicain de la Chambre des représentants et partagée par le bureau du budget de la Maison Blanche.Le président Trump “mettra toujours L’AMÉRIQUE D’ABORD”, a écrit le bureau sur X.Les démocrates avaient averti récemment que toute volonté de revenir sur des fonds déjà approuvés par le Congrès anéantirait les possibilités de négocier avec eux pour éviter la paralysie budgétaire, le fameux “shutdown”, avant l’échéance du 30 septembre.Le Congrès a jusqu’à cette date pour adopter un budget, même temporaire. Sans quoi, des centaines de milliers de fonctionnaires se trouveraient au chômage technique, sans paie. Le trafic aérien serait perturbé, comme le versement de certaines aides alimentaires aux familles à bas revenus, entre autres conséquences.Une situation hautement risquée économiquement et politiquement, que Donald Trump avait évitée de justesse en mars avec l’appui à contrecoeur de dix sénateurs démocrates.- “Manoeuvre illégale” -Le recul de ces élus de l’opposition avait provoqué une vive polémique dans leurs rangs et chez leurs partisans, qui les ont accusés de ne pas résister avec suffisamment de fermeté au président républicain.La Constitution américaine dispose que le Congrès possède seul le pouvoir d’allouer les fonds publics fédéraux. Pour valider cette nouvelle suppression budgétaire, Donald Trump doit donc normalement obtenir l’approbation des deux chambres parlementaires, où les républicains sont majoritaires.Mais cette demande de coupes arrive si tard dans l’année fiscale que le Congrès pourrait ne pas avoir le temps de voter le texte avant l’expiration des fonds, le 30 septembre. Pour la Maison Blanche, cette absence d’approbation libérerait tout de même le gouvernement de son obligation légale de dépenser ces fonds.Une “manoeuvre illégale”, a estimé le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, qui dénonce la volonté de Donald Trump “de contourner le Congrès”.Sa collègue républicaine Susan Collins, considérée comme une élue de tendance modérée, a abondé dans le sens du démocrate.”Toute tentative de révoquer des fonds alloués sans l’approbation du Congrès est une violation claire de la loi”, a-t-elle averti.- USAID -La grande majorité des coupes — 3,2 milliards de dollars — concerneraient les fonds alloués à l’agence américaine pour le développement international (USAID), selon des documents judiciaires consultés par l’AFP, et confirmant les informations du tabloïd New York Post.Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier, Donald Trump a déjà gelé des milliards de dollars destinés à l’aide internationale et a formellement démantelé USAID, aujourd’hui absorbée dans le département d’Etat, chargé de la diplomatie américaine.Plus importante agence humanitaire au niveau mondial, USAID était impliquée dans des programmes de santé et d’aide d’urgence dans environ 120 pays.En juillet, une étude internationale avait révélé que l’effondrement des financements américains dédiés à l’aide internationale pourrait entraîner plus de 14 millions de morts supplémentaires d’ici 2030 parmi les plus vulnérables, dont un tiers d’enfants.Quelque 838 millions de dollars destinés à des missions de maintien de la paix sont également concernés par les coupes demandées par Donald Trump.Le milliardaire de 79 ans s’est engagé personnellement depuis plusieurs mois dans une campagne pour obtenir le prix Nobel de la paix, argumentant avoir mis fin à lui seul à plus de six conflits depuis le début de son second mandat.

Ruée en Chine sur de nouvelles Labubu, ces poupées virales

Mini-poupées Labubu de toutes les couleurs accrochées autour du cou, Maki Li, un jeune trentenaire chinois, pose fièrement vendredi devant une boutique de Pékin, au lancement d’un nouveau modèle de ces jouets stars.Vendues par la chaîne chinoise de magasins Pop Mart, ces petites peluches poilues aux sourires malicieux ont déferlé sur la planète cette année, des rues branchées de New York aux sacs de stars comme Rihanna et Dua Lipa.Jeudi soir, de nouveaux modèles, miniatures, de la taille de la paume d’une main, ont été mis en vente en ligne en Chine pour 78 yuans pièce (9 euros). Elles ont trouvé preneur pratiquement instantanément.Maki Li fait partie des heureux acheteurs qui ont réussi à mettre la main sur un coffret de 14 figurines.”Je suis super heureux”, confie à l’AFP l’homme de 32 ans après avoir récupéré et déballé la précieuse boîte dans un magasin Pop Mart d’un centre commercial pékinois.”Je vais les accrocher partout où je peux”, affirme-t-il.- “Trop mignon!” -Produites en quantités limitées, les Labubu (prononcer “La-bou-bou”) ont provoqué des ruées dans certains magasins Pop Mart dans le monde.Elles sont généralement vendues dans des “boîtes mystères” où l’acheteur ignore quel modèle est à l’intérieur.A l’extérieur de la boutique bondée de Pékin, Li Jianuo, 43 ans, filme ses deux enfants en train de déballer leurs mini-peluches, qu’elle leur a offertes à l’occasion de la rentrée scolaire.”Il est trop mignon!”, s’exclame sa fille de 12 ans en découvrant les oreilles blanches du jouet dans sa boîte.”Je voulais réaliser le souhait de mes enfants. Ils adorent vraiment” ces poupées, explique-t-elle.Cette maman a dépensé plus de 1.000 yuans (120 euros) pour leur acheter plusieurs de ces nouvelles Labubu. Elle assure qu’elle ne les revendra pas, même si ses enfants s’en désintéressent un jour.”Quand ils seront grands, ils pourront se souvenir de tout le mal qu’on s’est donné pour les avoir. C’est important de garder ce souvenir, je pense”, ajoute-t-elle.- “C’est apaisant” -Les Labubu connaissent un tel succès en Chine qu’elles ont même fait leur apparition… dans certains discours des responsables du Parti communiste au pouvoir.Le mois dernier, le ministre du Commerce, Wang Wentao, avait cité ces poupées comme des exemples “de nouvelles tendances, modes et styles” susceptibles de stimuler l’économie chinoise, qui tourne au ralenti depuis la pandémie.Agée de 27 ans, Zhang Jiaru a acheté vendredi une boîte de mini-peluches car elle dit adorer leur côté “laid mais mignon”.”Au final, je paie, mais pour quelque chose qui m’intéresse. Ces poupées, c’est un truc qui me rend heureuse”, explique-t-elle.Dans le contexte économique actuel, les gens “ne peuvent pas s’offrir du Balenciaga, alors ils achètent du Pop Mart”, explique en souriant Maki Li, en référence à la marque de luxe.Porter ces Labubu sur soi, “c’est apaisant”, explique le trentenaire.”Elles vont m’accompagner pendant longtemps”.

La Bourse de Paris conclut une semaine de pertes, marquée par le retour du risque politique

La Bourse de Paris a terminé en baisse de 0,76% vendredi, affichant une perte hebdomadaire de 3,34%, à l’issue d’une semaine surtout marquée par le retour de l’instabilité politique en France.L’indice vedette CAC 40 a cédé 58,70 points à la clôture et s’est établi à 7.703,90 points.”Le risque politique français est revenu sur le devant de la scène” après l’annonce d’un vote de confiance le 8 septembre et la possible chute du gouvernement de François Bayrou, “ravivant les craintes sur la stabilité politique du pays, mais qui perdurent en réalité depuis juin 2024” après la dissolution de l’Assemblée nationale par le président Emmanuel Macron, a souligné Eymane Cherfa, analyste chez Myria AM.Ceci explique aussi pourquoi “la réaction du marché a été plutôt modérée, cette prime de risque étant déjà intégrée depuis la chute du gouvernement Barnier”, a poursuivi l’analyste.L’attention des investisseurs était tournée vers la dette publique française, qui représente près de 114% du PIB, soit la troisième plus importante de la zone euro derrière la Grèce et l’Italie.Le plan d’économies budgétaires défendu par le Premier ministre prévoit 44 milliards d’euros d’économies en 2026, mais il est rejeté par ses opposants politiques comme par l’opinion.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt français à échéance dix ans évoluait vendredi à 3,51%, contre 2,72% pour son équivalent allemand, considéré comme la référence en zone euro, la première puissance économique du Vieux Continent étant la mieux perçue par les agences de notation.Les investisseurs attachent également une attention particulière à la comparaison entre le taux français et celui de l’Italie, longtemps vue comme la lanterne rouge de la zone euro. Le taux italien s’établissait à 3,58%. La prochaine révision de la notation de la qualité du crédit de la France interviendra rapidement après le vote de confiance, “par l’agence Fitch Ratings le 12 septembre, et ce sera plus tard au tour de S&P en novembre”, a noté Eymane Cherfa. “C’est toutefois davantage un sujet politique qu’un véritable sujet de dette, dans la mesure ou il n’y a pas de risque sur la solvabilité de la dette française”, a précisé l’analyste.Le luxe se démarqueA l’issue de la semaine sur le CAC 40, seules les actions de Kering et LVMH affichent des progressions.Depuis lundi, Kering a gagné 2,39% et LVMH 1,82%. “Les valeurs du luxe ont bien performé parce que ce sont des acteurs internationaux avec un chiffre d’affaires très peu exposé à la France”, a expliqué l’analyste de Myria AM.

Vote de confiance: quand le “boomer” François Bayrou présente sa carte jeunes

La dette, un conflit de générations ? En invoquant les “jeunes” comme les principales victimes de l’endettement, à qui il a opposé le “confort” des “boomers”, François Bayrou tente une nouvelle carte face à l’opinion. Une expression du Premier ministre, mardi soir sur TF1, a créé une sorte de débat dans le débat. Plaidant que les “premières victimes” de l’endettement sont “les plus jeunes” qui “devront payer la dette toute leur vie”, M. Bayrou a ajouté: “Vous ne trouvez pas ça génial, tout ça pour le confort de certains partis politiques et pour le confort des boomers ?”S’en est suivie une série de débats sur les antennes de radio et de télévision autour de la notion de “boomers”, dans laquelle s’est inclus M. Bayrou, la définissant comme la génération “née entre 1945 et 1965″ (lui est né en 1951).Celle de l’après-Seconde Guerre mondiale, qui a connu le plein-emploi et l’expansion économique de la reconstruction, jusqu’aux chocs pétroliers des années 1970. Époque à partir de laquelle le chômage a pris une pente ascendante et la France a commencé à présenter des budgets en déficit.Un argument qui a suscité un certain scepticisme, voire une désapprobation dans la classe politique et au-delà.”Je ne crois pas que la meilleure des méthodes soit d’opposer les actifs et les inactifs et les générations”, a réagi sur BFMTV Arnaud Péricard, le maire (Horizons) de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines).Quelque 11% des retraités vivent en dessous du seuil de pauvreté, a de son côté fait valoir la secrétaire nationale de la CFDT, Marylise Léon.Mais le chef du gouvernement persiste. “J’ai reçu énormément de messages de jeunes qui disaient: +Pour la première fois, on a parlé de nous+. Les générations du baby-boom, qui ont beaucoup fait marcher le pays, ne peuvent pas se désintéresser de la situation qui est faite aux jeunes Français”, a insisté M. Bayrou depuis la foire de Châlons-en-Champagne (Marne). Et “les jeunes ont bien le droit d’être respectés et soutenus au lieu d’être constamment ignorés et alourdis par des engagements qu’on a pris en leur nom sans leur demander leur avis”, a-t-il insisté.- “Esclavage” -“La dette c’est l’esclavage des plus jeunes”, a martelé le Premier ministre en sursis, observant, comme pour mieux le souhaiter, que les “jeunes” ont “des instruments, les réseaux sociaux” pour “faire pression sur les appareils politiques”.La question de la contribution des boomers, dont la plupart sont aujourd’hui retraités, agite régulièrement le débat politique. Le président Emmanuel Macron l’a lui-même expérimenté en début de mandat: la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) sur les retraités les plus aisés, ce afin de “favoriser le travail”, a été fortement critiquée, jusqu’à son amenuisement au moment de la crise des gilets jaunes.Le sujet a occupé une partie du conclave sur la réforme des retraites. “Le discours qui monte, c’est: +Vous avez eu l’âge d’or, vous avez profité, vous n’avez pas eu de chômage (…) vous avez eu l’ascenseur social, vous avez cramé la planète, et maintenant, on se retrouve avec la dette”. Mais “il y a quand même des personnes qui ont de toutes petites pensions”, expliquait alors un participant.Chez les politiques, le sujet est considéré comme explosif. De nombreux partis, dont Les Républicains et le Rassemblement national, défendent ce segment de la population, le plus assidu dans l’isoloir.”A partir du moment où les retraités sont ceux qui votent le plus et qu’ils sont de plus en plus nombreux, un certain nombre de propositions sont des suicides et personne ne va les faire”, expliquait il y a quelques mois un élu du bloc central.François Bayrou, dont le bail à Matignon est sévèrement compromis par sa décision de solliciter la confiance de l’Assemblée nationale sur le constat de l’endettement et le niveau de réponse à apporter dans le budget 2026, s’affranchirait-il de ce tabou électoral ? “Il reste dix jours pour convaincre, et dix jours, c’est très long”, a-t-il dit vendredi depuis Châlons.

Chômage record en Allemagne depuis 2015, l’appel aux réformes s’intensifie

Le nombre de chômeurs en Allemagne a dépassé les 3 millions en août, un seuil symbolique jamais atteint depuis 2015, qui alerte sur la nécessité de réformes pour relancer la première économie européenne.Selon les données publiées vendredi par l’Agence pour l’emploi, le chômage a augmenté de 45.700 personnes sur un mois, portant le total à 3,03 millions de sans-emplois.La pause estivale explique en partie cette mauvaise statistique, car, corrigé des variations saisonnières, le chiffre recule de 9.000 personnes sur un mois et le taux de chômage se maintient à 6,3%.Le marché du travail allemand subit néanmoins les effets combinés d’une stagnation économique prolongée et de la pression internationale, aggravée par le conflit en Ukraine et les incertitudes mondiales.Ses coûts d’énergie en hausse ont également nui à la compétitivité des produits “made in Germany”.Depuis mai 2022, le chômage a ainsi augmenté régulièrement, passant d’un point bas de 2,2 millions de personnes sans emploi à plus de 3 millions aujourd’hui.La dernière fois qu’un mois d’août a dépassé cette barre symbolique remonte à 2010, selon les archives de l’Agence pour l’emploi.- “Automne des réformes” -Ces chiffres bruts sont moins le révélateur d’une tendance structurelle qu’un électrochoc pour le débat public: vendredi, le quotidien populaire Bild en a fait la une de son site en ligne.Ces trois millions de chômeurs représentent surtout “un constat d’échec face au refus de réformes de ces dernières années”, a réagi Rainer Dulger, président de la Fédération allemande des employeurs (BDA). Pour lui, l’Allemagne a besoin d’un véritable “automne des réformes”.Après un départ poussif au printemps, le gouvernement de coalition dirigé par le chancelier conservateur Friedrich Merz est attendu à la rentrée sur les réformes promises, notamment fiscales et sociales, pour relancer une économie en berne.”Le vent contraire conjoncturel laisse toujours des traces sur le marché du travail et nécessite des mesures de riposte”, a reconnu la ministre social-démocrate du Travail, Bärbel Bas, dans un communiqué. Mme Bas a aussi mis en avant les efforts du gouvernement fédéral, qui a adopté des incitations à l’investissement et un plan de 500 milliards d’euros pour les infrastructures – routes, ponts, bâtiments – vieillissantes du pays.- Recul industriel -Les représentants de fédérations industrielles insistent aussi sur l’urgence d’une politique économique qui stimule d’avantage l’emploi et les investissements.Dans le secteur de la machine-outil, le directeur du lobby VDMA, Thilo Brodtmann, souligne que “sans diminution des dépenses sociales et réformes concrètes, la situation pourrait continuer à se détériorer”. Ce secteur vital pour l’économie allemande cherche d’urgence des travailleurs qualifiés face au vieillissement démographique du pays.Dans les autres pans de l’industrie, la dégradation des effectifs s’accélère: fin juin, l’emploi y avait reculé de 2,1% sur un an, soit environ 114.000 postes supprimés.Depuis 2019, ce sont près de 250.000 emplois qui ont disparu, a relevé le cabinet EY. Dans l’automobile, en pleine mutation vers l’électrique, le recul est de 6,7% sur un an, soit 51.500 postes supprimés, et plus de 112.000 depuis 2019, selon EY.Stephanie Schoenwald, économiste chez KfW Research, relativise la situation, en rappelant que l’Allemagne reste loin de ses niveaux records des années 2000, avec 5 millions de chômeurs et un taux de chômage tournant autour de 11‑12 %.Ces chiffres avaient donné naissance aux réformes Hartz, lancées entre 2003 et 2005, qui avaient durci nettement le système d’allocations chômage. La reprise de l’économie allemande “attendue l’an prochain” suggère à elle seule que “les chances d’amélioration du marché du travail restent bonnes”, conclut Mme Schoenwald.

Wall Street marque le pas, l’inflation américaine ne surprend pas

La Bourse de New York évolue en baisse vendredi, au lendemain d’une séance marquée par plusieurs records, peu impressionnée par un nouvel indice d’inflation aux Etats-Unis dans la lignée des attentes.Après avoir atteint leur plus haut historique en clôture jeudi, le Dow Jones reculait vers 13H50 GMT vendredi de 0,29% et l’indice élargi S&P 500 de 0,41%. L’indice Nasdaq était aussi orienté à la baisse, lâchant 0,72%.L’inflation est restée stable à 2,6% sur un an en juillet aux Etats-Unis, selon l’indice officiel PCE publié vendredi. Hors prix volatils de l’énergie et l’alimentation, la hausse des prix a légèrement accéléré, à 2,9% en glissement annuel contre 2,8% le mois précédent.”Rien de tout cela n’est surprenant, dans la mesure où l’une des particularités du PCE est que la plupart des données qui le composent sont déjà connues” grâce aux publications des prix à la production (PPI) et à la consommation (CPI), commente auprès de l’AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.”Les économistes sont donc beaucoup plus à même d’estimer à quoi cela va ressembler”, selon M. Hogan.Pour l’analyste, ces données “laissent certainement la porte grande ouverte à une baisse des taux par la Réserve fédérale (Fed) en septembre”.La banque centrale des Etats-Unis vise une inflation à 2% sur un an. Mais son président Jerome Powell a récemment fait comprendre qu’il redoutait que le marché du travail se dégrade rapidement et a en conséquence ouvert la porte à des taux moins élevés afin de donner un coup de fouet à l’activité économique du pays.Selon l’outil de veille de CME, FedWatch, l’essentiel des analystes s’attendent à ce que la Fed ramène ses taux dans une fourchette comprise entre 4,00% et 4,25% (contre 4,25% à 4,50% actuellement) lors de sa réunion de politique monétaire de septembre.Sur le marché obligataire, vers 13H50 GMT, le rendement des emprunts d’État américains à dix ans s’affichait à 4,24% contre 4,21% jeudi en clôture.Si la publication du PCE n’a pas constitué un véritable moteur pour la place américaine, “il sera très difficile de trouver un catalyseur autre que celui-ci” à l’approche d’un “long weekend”, juge Art HoganWall Street sera fermée lundi, jour férié de Labor Day.Côté entreprises, le géant technologique Alibaba (+8,83% à 130,13 dollars) était recherché après avoir annoncé un bond de son résultat net trimestriel, nettement supérieur aux attentes (+78% sur un an). Il profitait aussi de revenus en forte progression pour ses activités de “cloud computing” (informatique à distance).Le spécialiste des engins de chantier Caterpillar (-2,96% à 422,03 dollars) glissait après avoir annoncé jeudi avoir revu à la hausse l’estimation de l’impact des nouveaux droits de douane pour son exercice 2025, qui devrait se situer entre 1,5 et 1,8 milliard de dollars nets.Le fabricant d’ordinateurs et serveurs Dell (-9,63% à 121,14 dollars) pâtissait de prévisions pour son bénéfice net par action au troisième trimestre inférieures aux attentes du marché. Après un deuxième trimestre au-delà des anticipations, l’entreprise a cependant revu à la hausse ses objectifs annuels.

La crise politique met en péril la publication de la feuille de route énergétique de la France

La crise politique en France et un François Bayrou en sursis mettent en péril la publication de la feuille de route énergétique du pays, promise avant la fin de l’été et indispensable au secteur, notamment en vue de la relance du nucléaire.La troisième Programmation pluriannuelle énergétique (PPE) vise à sortir des énergies fossiles et à atteindre la neutralité carbone en 2050, grâce à une plus grande disponibilité du parc nucléaire français et à la construction de nouveaux réacteurs de type EPR2.Le texte, qui porte sur la période 2025-2035, marque une rupture avec la précédente PPE, qui prévoyait la fermeture de 12 nouveaux réacteurs.Le gouvernement s’était engagé à publier “avant la fin de l’été” un décret sur cette PPE3, mais le sujet déchire la classe politique en raison de divergences profondes sur la place du nucléaire et des énergies renouvelables dans le mix énergétique de la France.Le sujet a donné lieu à une passe d’armes au sein même du gouvernement, lorsque le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau avait plaidé début juillet pour l’arrêt des “subventions publiques” à l’éolien et au photovoltaïque.La situation est d’autant plus complexe qu’un autre texte sur l’avenir énergétique de la France, la proposition de loi dite Gremillet, consacrant une relance massive du nucléaire et censée aider l’exécutif à finaliser son décret, doit reprendre sa navette parlementaire à la rentrée.Le tout, sur fond de menace de censure du Rassemblement national. “Si on voit que François Bayrou veut publier la PPE3 par décret, en contournant la représentation nationale, ce sera un casus belli”, avait prévenu en juin le député RN Jean-Philippe Tanguy.Marc Ferracci, ministre de l’Energie, qui n’a pas ménagé ses efforts pour faire paraître ce décret, avait indiqué que cette publication n’attendrait pas la fin de la navette de la PPL Gremillet.Mais sa parution fin juillet au Journal officiel a été reportée sur décision du Premier ministre, “pour que soient conduites la concertation et les consultations nécessaires”. François Bayrou a assuré vouloir la publier en “août, septembre”, car “la PPE actuelle (…) prévoyait la réduction massive de l’électricité d’origine nucléaire”.- Un “poison” pour l’industrie -“Si on veut faire les investissements nécessaires, à la fois pour le nucléaire, les centrales nucléaires, et pour le renouvelable (…) il faut qu’il y ait une nouvelle PPE”, a souligné le Premier ministre.Le texte tel qu’il aurait dû être publié maintenait, mais en les décalant dans le temps, les objectifs de production d’électricité renouvelable.Pour le secteur de l’énergie, la perspective d’un nouveau report est un cauchemar. Le texte, attendu depuis deux ans déjà, est indispensable pour lancer des appels d’offre, sécuriser des investissements, prévoir les infrastructures, anticiper les besoins de formation et d’emploi.”La France n’a pas de politique énergétique”, a tonné Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie, cette semaine lors de la Rencontre des entrepreneurs de France, rendez-vous d’été annuel du Medef. “Nous n’avons pas réussi à voter une PPE pourtant tellement débattue. Ça fait quatre ans qu’on en parle.””On se retrouve de nouveau sans cadre politique énergétique clair, en pleine incertitude”, a déploré Jules Nyssen, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER), auprès de l’AFP. “Surtout le nucléaire”, a-t-il ajouté, car “le programme nouveau nucléaire n’est inscrit nulle part”.Du côté d’EDF, dont l’Etat est le seul actionnaire, on ne fait pas de commentaire. Mais de source proche de l’industrie nucléaire, on souligne que “c’est bien d’avoir une PPE, ça donne de la visibilité au secteur”.Au ministère de l’Energie, on pousse pour une publication avant le 8 septembre. “Il y a un plaidoyer très, très important pour une publication de la PPE avant le 8 pour pouvoir avancer ce dossier qui traîne depuis quatre ans”, a-t-on indiqué dans l’entourage de Marc Ferracci. Le ministre a déploré jeudi l’instabilité politique, la qualifiant de “poison” pour l’industrie.”Cette PPE, elle a été franchement torpillée cette année pour des raisons qui ne cessent de me stupéfier”, a fustigé Catherine MacGregor, en se désolant d’une “campagne anti-éolienne extrêmement forte”.