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Un salarié malade pendant ses congés a désormais le droit de les reporter

Un salarié qui tombe malade pendant ses vacances a “le droit de voir son congé payé reporté”: pour aligner le droit français sur les règles européennes, la Cour de cassation a acté ce principe mercredi, deux ans après avoir déjà imposé l’acquisition de congés durant les arrêts maladie.En droit européen, “l’objectif du congé payé est de permettre aux salariés non seulement de se reposer, mais aussi de profiter d’une période de détente et de loisirs”, rappelle la plus haute juridiction française.L’objectif du congé maladie est différent: il doit “permettre aux salariés de se rétablir d’un problème de santé”, poursuit-elle dans son communiqué en expliquant que “ces deux droits n’ont donc pas la même finalité”.Dans la jurisprudence française jusqu’ici en vigueur, et donc désormais appelée à être réformée, “c’est la cause première de l’arrêt qui compte: si je suis en arrêt maladie alors que les congés payés arrivent, je conserve mes droits à congé payé puisque j’étais déjà en arrêt maladie”, décrypte pour l’AFP Arnaud Teissier, associé chez Capstan Avocats.”En revanche, si je suis déjà en congés alors que survient mon arrêt maladie, je ne peux pas prétendre à un recrédit de mes congés payés”, ajoute-t-il. – “Gain très concret” -“Désormais, si vous tombez malade pendant vos vacances, vos jours ne disparaissent plus. (…) C’est à la fois une victoire symbolique et un gain très concret pour des millions de salariés”, constate sur son site Eric Rocheblave, avocat spécialiste du droit du travail, qui estime que le “droit au repos, pierre angulaire du droit du travail, en ressort consolidé”.Il souligne toutefois que cela “impose une nouvelle donne” aux employeurs, qui devront “ajuster la  gestion des plannings”.En septembre 2023, déjà en vertu d’une directive européenne, la Cour de cassation avait révisé le droit du travail français en permettant aux salariés en arrêt maladie d’acquérir des congés payés, même si “cette absence n’est pas liée à un accident du travail ou une maladie professionnelle”.La loi française avait ainsi été modifiée, le parlement adoptant en avril 2024 une mesure permettant cette acquisition de congés payés par les salariés en arrêt maladie non professionnelle, mais uniquement dans la limite des quatre semaines par an garanties par le droit européen, et non de cinq semaines par an comme en droit français, ce que les syndicats avaient critiqué.Le système français va se trouver “un peu déstabilisé par ces décisions de septembre 2023 et aujourd’hui de septembre 2025”, selon Arnaud Teissier.- “Signal très négatif” -L’avocat estime que “ça va renvoyer vers la Sécurité sociale des arrêts maladie qui n’avaient pas lieu d’être”: “ce n’est pas forcément un bon signal qui est donné” au moment où “on fait la chasse aux arrêts maladie, surtout à ceux qui sont peut-être un peu abusifs”, dit-il. Dans un autre arrêt publié mercredi, la Cour de cassation a décidé, à la suite d’un pourvoi de trois salariés, le droit au paiement d’heures supplémentaires pour un salarié au décompte horaire, y compris “sur la semaine au cours de laquelle il a posé un jour de congé payé et n’a donc pas réalisé 35 heures de travail effectif”.Ainsi, un salarié en congés le lundi et le mardi et qui aura travaillé huit heures par jour les trois jours restants de la semaine aura dorénavant trois heures supplémentaires payées, contre aucune jusqu’ici.Pour le Medef, ces deux nouvelles décisions “envoient un signal très négatif à l’heure où notre pays confronté à la concurrence d’un monde ouvert a besoin de travailler plus”. La principale organisation du patronat “appelle le futur gouvernement à se saisir de toutes les possibilités qui s’offrent à lui pour défendre la valeur travail”. 

La Bourse de Paris termine en petite hausse

La Bourse de Paris a fini en légère hausse mercredi, digérant sereinement le recul surprise de l’indice des prix à la production en août aux Etats-Unis, tout en gardant un œil sur la situation politique française.Le CAC 40 a pris 0,15%, à 7.761,32 points, en hausse de 11,93 points. La veille, il avait grignoté 0,19%.L’indice américain des prix à la production pour août, publié mercredi aux Etats-Unis, a surpris en s’affichant en léger recul, après une forte augmentation un mois plus tôt. Ce résultat n’avait pas été anticipé par les analystes.Sur un mois, cet indice (PPI) a reculé de 0,1%, après avoir progressé de 0,7% en juillet, selon les données publiées par le ministère du Travail. Les marchés anticipaient un ralentissement de l’inflation, mais pas un recul.Ces données confortent en revanche les investisseurs dans leur anticipation d’une baisse des taux de la banque centrale des Etats-Unis (Fed) lors de sa prochaine réunion les 18 et 19 septembre, afin de stimuler l’économie américaine qui donne des signes de ralentissement.”Plus personne ne croit au statu quo. On ne voit pas ce qui va empêcher la Fed de mener une baisse des taux”, a expliqué à l’AFP David Kruk, responsable du trading de La Financière de l’Échiquier.Une inflation contenue ou une baisse des prix permet de donner à une banque centrale davantage de marge de manœuvre pour assouplir sa politique monétaire, décision qui peut avoir des effets inflationnistes.En zone euro, les investisseurs sont également tournés vers la Banque centrale européenne (BCE), à la veille de sa réunion de politique monétaire. L’institution devrait maintenir ses taux directeurs inchangés.- Un œil sur la politique françaiseAutre point d’attention des marchés: la situation politique française.Lors de sa prise de fonctions mercredi, le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu a lancé un message aux Français et aux oppositions pour trouver un compromis permettant la formation d’un gouvernement et l’adoption d’un budget.Il s’agit du troisième chef du gouvernement nommé depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024. Et le cinquième depuis le début du second quinquennat d’Emmanuel Macron en 2022. C’est dans ce contexte d’instabilité que l’agence de notation Fitch Ratings doit publier vendredi soir son évaluation de la qualité du crédit français.Le taux pour la dette française à dix ans s’établissait mercredi à 3,46%, maintenant l’écart avec son équivalent allemand à plus de 0,80 point de pourcentage, un niveau jugé élevé par les observateurs financiers.”Pour le moment, les marchés semblent avoir digéré les mauvaises nouvelles des derniers jours. Ce qui pourrait les faire bouger à nouveau serait une nouvelle dissolution”, selon David Kruk.- Alstom annonce un contrat à un milliard d’eurosL’action du constructeur ferroviaire Alstom a bondi de 6,80%, à 21,06 euros, après avoir annoncé une commande de la société des transports du New Jersey (NJ Transit), aux Etats-Unis, que le groupe français chiffre à 1 milliard d’euros.

“Bloquons tout”: des manifestants par milliers, des tensions mais pas de paralysie

Pas de pays à l’arrêt mais la France connaît un 10 septembre sous tensions avec des centaines de blocages ou de tentatives, contrées par des forces de l’ordre en nombre, et des dizaines de milliers de manifestants contre l’austérité budgétaire, les inégalités et un “déni” démocratique.Après les actions et rassemblements de la matinée – 430 actions ayant regroupé jusqu’à 29.000 participants selon les autorités -, plusieurs manifestations se sont déroulées dans l’après-midi dans le cadre de cet appel à la mobilisation atypique, né sur les messageries et les réseaux sociaux et aux revendications très variées.A Paris, ils sont encore des milliers place de la République et place des Fêtes en milieu d’après-midi, ont constaté des journalistes de l’AFP. “Je voudrais qu’il y ait une meilleure répartition de l’argent et aussi que les politiques donnent une meilleure image, surtout sur leurs dépenses qui semblent parfois indécentes”, a expliqué à La Rochelle Christian, 59 ans et travailleur dans le service enfance-jeunesse d’une collectivité locale.Outre le volet social, les manifestants pointaient également un déni démocratique: “Les politiques n’écoutent pas les urnes”, a déploré Bastien, étudiant de 23 ans, qui a défilé à Rennes au milieu de 10.400 personnes, selon la préfecture.Les manifestants étaient 6.000 à Bordeaux, un chiffre plutôt conséquent pour cette ville, 5.000 à Brest, 4.900 à Strasbourg, 2.200 à Lorient, 2.000 à Orléans, selon les préfectures.- Immeuble en flammes -A Paris, des rassemblements et tentatives de blocages ont été recensés dans différents points de la capitale, ponctués de face à face parfois tendus avec les forces de l’ordre, avant que les manifestants ne convergent vers Châtelet et la République. Dans le centre de la capitale, un incendie a endommagé la façade d’un immeuble, peut-être provoqué involontairement par une intervention policière, selon le parquet. Cette mobilisation, lancée par des citoyens sur les réseaux sociaux et qui rappelle le mouvement des “Gilets jaunes” il y a sept ans, survient au lendemain de la nomination de Sébastien Lecornu à Matignon.”Je n’en attends rien: c’est le même bord politique, la succession”, a déploré à Nantes, Mahault, une éducatrice spécialisée de 52 ans en grève.”La nomination de Sébastien Lecornu est un mauvais signal qui risque de reproduire les mêmes causes produisant les mêmes effet (et) conduire à une nouvelle dissolution”, a redouté en manifestation la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian. M. Lecornu a lui promis “des ruptures sur le fond” et “pas que sur la forme”.   Quelques incidents ont émaillé sporadiquement les rassemblements comme sur la rocade de Rennes où un bus a été saccagé et incendié par des manifestants, a rapporté Star, le réseau de transports en commun de la ville.A Toulouse, une confrontation a éclaté entre de jeunes manifestants, parfois équipés de masques à gaz, lunettes de ski ou de natation, et les forces de l’ordre.- Centre commercial fermé -En milieu d’après-midi, 203 personnes avaient été interpellées en agglomération parisienne. Au niveau national, le ministère de l’Intérieur a fait état de 295 interpellations à 13H00. Dans un communiqué, le directeur général de RSF, Thibaut Bruttin, a regretté “depuis ce matin d’apparents actes de brutalité commis des forces de l’ordre contre les journalistes qui couvrent les mouvements sociaux” et invité les journalistes “violentés” à se faire connaître.En raison de “mesures de sécurité demandées par la préfecture de police”, aucun métro ni train ne marquait l’arrêt dans les stations de Châtelet-les-Halles, et son centre commercial – le plus fréquenté d’Europe selon la direction du site – a fermé ses portes après des appels aux pillages sur les réseaux sociaux.Côté transports, la circulation des trains a été coupée par des occupations de voies à Cherbourg et Valence, selon la SNCF. A Paris et en Ile-de-France, les transports en commun connaissent quelques perturbations. Au musée du Louvre à Paris, seules quelques salles étaient ouvertes tandis que le musée d’Orsay restait lui complètement fermé.Une centaine de lycées étaient perturbés et 27 bloqués, selon le ministère de l’Education nationale, notamment à Paris, à Montpellier, Rennes et Lille. Des mobilisations étudiantes ont été recensées dans plusieurs villes.Après cette première journée de mobilisations citoyennes, soutenue seulement par la CGT et FO, l’intersyndicale appelle à son tour les salariés à la grève le 18 septembre.

Les Bourses européennes terminent sans direction claire

Les marchés boursiers européens ont fini sans direction notable mercredi, digérant sereinement le recul surprise de l’indice des prix à la production aux Etats-Unis, qui conforte les prévisions d’une baisse des taux imminente de la Réserve fédérale américaine (Fed).Paris a pris 0,15% et Milan 0,12%. Londres a cédé 0,19% et Francfort 0,36%.

Climat: une étude lie producteurs d’énergies fossiles et augmentation des canicules

Le changement climatique a rendu les vagues de chaleur de ces deux dernières décennies plus probables et plus intenses, et les producteurs d’énergies fossiles et de ciment ont “significativement” contribué à cette tendance, conclut une étude publiée mercredi dans Nature.Ses auteurs, une équipe internationale, ont innové en se penchant sur une série de 213 canicules dans le monde durant la période 2000-2023.Ils ont aussi voulu s’intéresser plus particulièrement au rôle des grandes entreprises de production d’énergies fossiles et de ciment, émettrices de gaz à effet de serre.Les études d’attribution consistent généralement à mesurer le degré d’influence du changement climatique sur un événement météorologique extrême particulier. La singularité de cette étude est de passer en revue plusieurs épisodes.- “Plus intenses et probables” -“Cet article montre que le changement climatique a rendu plus de 200 vagues de chaleur plus intenses et plus probables, et que cette influence augmente”, explique à l’AFP Yann Quilcaille, de l’ETH Zurich, auteur principal de l’étude. “Ensuite, nous montrons que les émissions associées aux plus gros producteurs d’énergies fossiles et de ciment contribuent significativement aux vagues de chaleur”, souligne-t-il.Le changement climatique d’origine humaine a non seulement rendu les canicules plus probables mais, pour un quart d’entre elles (55 sur 213), cette probabilité a été augmentée d’au moins 10.000 fois. Autrement dit, elles auraient été quasiment impossibles sans le réchauffement du climat.L’influence de ce changement du climat se renforce fortement avec le temps: il a rendu les canicules 20 fois plus probables entre 2000 et 2009, et 200 fois plus probables entre 2010 et 2019. Les scientifiques ont ensuite voulu comprendre le rôle des 180 plus grosses entreprises productrices d’énergies fossiles et de ciment dans cette tendance. Pour leurs calculs, ils ont pris en compte toute la chaîne de valeur des entreprises et l’utilisation par les clients des produits qu’elles  commercialisent. Ils ont par exemple attribué à chaque groupe pétrolier les émissions associées à l’essence qu’il a vendue, lorsqu’elle a ensuite été utilisée dans les voitures.  – Litiges en plein essor -Résultat: les émissions liées à ces grandes entreprises ont contribué pour moitié à l’augmentation de l’intensité des canicules par rapport à l’ère pré-industrielle et ont aussi augmenté leur probabilité.Le rôle des 14 plus grosses “majors” (dont Saudi Aramco, Gazprom, Chevron ou BP) apparaît comme très important, pesant autant que les 166 autres entreprises étudiées, dont le rôle n’est pas négligeable pour autant.”Chaque producteur peut être suffisant à lui seul pour rendre possible des vagues de chaleur qui auraient été quasiment impossibles sans changement climatique”, souligne Yann Quilcaille.Pascal Yiou, du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE), qui n’a pas participé à l’étude, y voit “un résumé de l’état de l’art actuel sur l’attribution des vagues de chaleur”, relativisant auprès de l’AFP sa dimension innovante.Karsten Haustein, de l’université de Leipzig, juge pour sa part, dans un commentaire publié par Nature, qu’il s’agit d’un “bond en avant” qui peut être utile pour la justice et la diplomatie climatiques. Les auteurs concluent que l’étude pourrait “renforcer” le rôle de la science de l’attribution devant les tribunaux, alors que le nombre de litiges augmente.Dans un dossier emblématique, un paysan péruvien avait par exemple poursuivi l’énergéticien allemand RWE, l’accusant d’être indirectement responsable de la fonte d’un glacier proche de sa maison. La justice allemande a reconnu fin mai le principe d’une responsabilité mondiale des énergéticiens dans les dommages liés au changement climatique.Ces poursuites “visant des entreprises sont en plein essor, avec des procès contre RWE, Exxon, Shell, Chevron, Holcim, etc. Ces procès se basent souvent sur des résultats scientifiques dépassés, sans les derniers progrès, mais c’est en train de changer”, juge Yann Quilcaille.”Le but de notre (étude) est scientifique” mais “nous sommes conscients de son potentiel” pour éclairer ces dossiers, indique le chercheur.

Un salarié malade pendant ses congés payés peut les reporter, selon la Cour de cassation

Un salarié qui tombe malade pendant ses vacances a “le droit de voir son congé payé reporté”, selon un communiqué publié mercredi par la Cour de cassation.L’arrêt de la plus haute juridiction était attendu pour mettre le droit français en conformité avec le droit européen, qui prévaudra donc, pourvu que “l’arrêt maladie soit notifié par le salarié à son employeur”.En droit de l’Union européenne, “l’objectif du congé payé est de permettre aux salariés non seulement de se reposer, mais aussi de profiter d’une période de détente et de loisirs”, explique la Cour de cassation.L’objectif du congé de maladie est différent: il doit “permettre aux salariés de se rétablir d’un problème de santé”, poursuit le communiqué qui explique que “ces deux droits n’ont donc pas la même finalité”.Dans un autre arrêt publié mercredi, la Cour de cassation a décidé, à la suite d’un pourvoi de trois salariés, le droit au paiement d’heures supplémentaires pour un salarié au décompte horaire, y compris “sur la semaine au cours de laquelle il a posé un jour de congé payé et n’a donc pas réalisé 35 heures de travail effectif”.Là aussi, le raisonnement est fondé sur le droit européen qui veut que “toute mesure pouvant dissuader un salarié de prendre ses congés payés est interdite”.Or “un calcul des heures supplémentaires qui ne tient pas compte des jours de congé payé fait perdre au salarié un avantage financier qui peut le dissuader de se reposer”.

Von der Leyen appelle l’Europe à “se battre pour sa place” dans un monde “hostile”

L’Europe doit “se battre pour sa place” au milieu d’un monde “hostile” et d’une “tempête” géopolitique qui va durer, a martelé mercredi la présidente de la Commission Ursula von der Leyen devant les eurodéputés, affichant son soutien à la Pologne après l’interception de drones russes.La cheffe de l’exécutif européen a opté pour un ton résolument offensif à Strasbourg, dans un discours d’une heure et demie consacré à ses priorités politiques et à la nécessité de changements profonds face au “nouvel ordre mondial”.Elle a d’abord fustigé une “violation dangereuse” et sans précédent de l’espace aérien polonais par la Russie, après l’interception de drones entrés au cours d’une attaque russe contre l’Ukraine voisine.”L’Europe défendra chaque centimètre carré de son territoire”, a lancé la dirigeante allemande.Ursula von der Leyen a appelé le Vieux continent à muscler encore son effort de défense, afin de se doter “de moyens stratégiques indépendants”.En soutien à l’Ukraine, elle a indiqué que l’UE allait utiliser les intérêts des avoirs russes gelés pour accorder un nouveau “prêt de réparation” à Kiev, mais sans toucher directement à ces actifs eux-mêmes.Elle a également promis prochainement un sommet “pour le retour des enfants ukrainiens” enlevés par la Russie.L’UE prépare un 19e paquet de sanctions contre Moscou, qui pourrait aussi cibler certains pays achetant des hydrocarbures russes.- “Carcan de l’unanimité” -En matière diplomatique, Ursula von der Leyen était également très attendue sur le Moyen-Orient, au lendemain de raids israéliens au Qatar visant des responsables du mouvement islamiste palestinien Hamas.La gauche est arrivée vêtue de rouge dans l’hémicycle pour dénoncer la guerre à Gaza et l’inaction européenne.”Allons-nous attendre qu’il ne reste plus rien de Gaza pour agir ?”, s’est indigné le chef des écologistes Bas Eickhout.Ursula von der Leyen a haussé le ton contre le gouvernement israélien en proposant des sanctions contre les “ministres extrémistes” et “une suspension partielle de l’accord d’association (UE-Israël) sur les questions liées au commerce”.Israël a aussitôt reproché à la cheffe de l’exécutif européen d’envoyer “un mauvais message, qui renforce le Hamas”.Les mesures proposées mercredi seront toutefois très difficiles à faire adopter par des Etats membres profondément divisés sur le sujet.Au sein de l’UE, “nous ne pouvons pas nous permettre d’être paralysés”, a tenté de conjurer la présidente de la Commission.Au passage, elle a plaidé pour une réforme institutionnelle, un serpent de mer de l’Union européenne. Afin de surmonter ses divisions, l’UE devrait se débarrasser du “carcan de l’unanimité” en matière de politique étrangère et passer à la majorité qualifiée, a-t-elle soutenu.- “Imaginez le chaos” -Confrontée à la colère des eurodéputés, elle a ensuite défendu bec et ongles l’accord commercial scellé fin juillet avec les Etats-Unis de Donald Trump, une “stabilité cruciale” dans “le chaos” géopolitique actuel.La présidente de la Commission est critiquée de toutes parts pour cet accord sur les taxes douanières, vécu par beaucoup comme une “humiliation”.”Je comprends les premières réactions”, mais “pensez aux répercussions d’une guerre commerciale totale avec les États-Unis. Imaginez le chaos”, a-t-elle lancé aux parlementaires.Elle a aussi assuré que l’Europe resterait intransigeante sur sa législation environnementale et numérique, que Donald Trump a encore fustigée vendredi après que la Commission a infligé une lourde amende à Google.L’Europe “semble faible” et “nous sommes en train de perdre” le soutien des citoyens, a mis en garde la cheffe du groupe centriste Valérie Hayer, qui dénonce un “très mauvais deal” avec Trump.Les eurodéputés devront se prononcer dans les mois qui viennent sur la baisse des taxes européennes sur les produits américains. La droite votera pour, mais les centristes entretiennent le suspense et les sociaux-démocrates menacent de voter contre.A l’extrême droite, Jordan Bardella (Patriotes) a indiqué avoir recueilli les voix nécessaires pour déposer une motion de censure contre Mme von der Leyen, qui pourrait être débattue dans les semaines qui viennent. La gauche radicale entend faire de même de son côté.Mais ces deux initiatives sont vouées à l’échec, puisque la droite, les centristes et les sociaux-démocrates n’ont pas l’intention de renverser la patronne de l’exécutif européen.

Novo Nordisk supprime 9.000 postes à travers le monde

Après des années fastes liées à la popularité de son traitement antidiabétique Ozempic, plébiscité sur les réseaux sociaux pour perdre du poids, le laboratoire pharmaceutique danois Novo Nordisk a annoncé mercredi supprimer 9.000 postes à travers le monde soit plus de 11% de ses salariés.”La réduction des effectifs est prévue dans l’ensemble de l’entreprise (…) et devrait permettre de réaliser des économies annuelles totales d’environ 8 milliards de couronnes (1,07 milliard d’euros) d’ici la fin de 2026″, écrit le groupe dans un communiqué.A la Bourse de Copenhague, le titre, à la peine depuis un an à cause d’une concurrence affermie aux Etats-Unis son principal marché, réagissait positivement à l’annonce. Il prenait 2,67% peu après 11H15 (09H15 GMT) dans un marché en très légère hausse.Quelque 5.000 postes devraient être supprimés au Danemark, a précisé le groupe présent dans 80 pays.”5.000 emplois, c’est significatif”, a relevé pour l’AFP l’économiste en chef de la banque Nykredit Palle Sørensen. “L’économie danoise a créé 2.300 nouveaux emplois en juin, cela équivaut donc à environ deux mois de croissance de l’emploi”, a-t-il souligné.Selon lui, ces suppressions de postes devraient accélérer à court terme la lente augmentation du chômage, mais “ne changent pas fondamentalement notre vision de l’ensemble de l’économie car nous avions déjà anticipé un effet économique réel”.Pour la troisième fois depuis le début de l’année, le laboratoire centenaire  revoit aussi à la baisse ses prévisions pour 2025 avec une marge opérationnelle désormais comprise entre 4% et 10% contre 10% et 16% annoncés précédemment.”Nos marchés évoluent, en particulier dans le domaine de l’obésité, car ils sont devenus plus compétitifs et axés sur le consommateur, notre entreprise doit également évoluer”, a justifié le nouveau directeur-général Mike Doustdar, cité dans le communiqué. Depuis 2020, le laboratoire pharmaceutique embauchait à tout va, passé de quelque 43.700 à 78.400 employés.- Eli Lilly en embuscade -Novo Nordisk a atteint des sommets grâce aux ventes spectaculaires d’Ozempic, un antidiabétique popularisé sur les réseaux. Ce traitement est un analogue du GLP-1 (abréviation de glugaco-like peptide 1), une hormone secrétée par les intestins qui stimule la sécrétion d’insuline et réfrène l’appétit en procurant une sensation de satiété. Le Wegovy, qui cible l’obésité, utilise la même hormone. Disponible dans 35 pays, ses ventes ont augmenté de 78% au premier semestre 2025, celles de l’Ozempic seulement de 15%.La domination du danois, l’une des premières capitalisations européennes, est mise à mal par les bons résultats de son concurrent Eli Lilly et les préparations pharmaceutiques personnalisées en officine aux Etats-Unis, autorisées un temps pour pallier les ruptures de stock.Cette autorisation a pris fin le 22 mai mais les ventes de ces préparations continuent “sous le faux couvert de +personnalisation+”, a déploré Novo Nordisk qui met les bouchées doubles pour augmenter ses capacités de production.En présentant les résultats semestriels du groupe début août, l’ancien patron Lars Fruergaard Jørgensen avait reconnu dans une interview à la télévision publique DR la nécessité “d’ajustements”. Novo Nordisk avait dans la foulée confirmé le gel des embauches.”En réaffectant nos ressources dès maintenant, nous pourrons prioriser les investissements pour stimuler une croissance durable et favoriser l’innovation future pour les millions de patients atteints de maladies chroniques à l’échelle mondiale, en particulier dans le diabète et l’obésité”, a assuré M. Doustdar.Fléau sanitaire global, l’obésité est une maladie chronique facteur de risque de maladies cardiovasculaires, de diabète, de certains cancers et de complications comme dans le cas du Covid-19. L’Unicef a alerté mardi sur l’envolée de l’obésité chez les enfants et les adolescents. Elle est devenue cette année la première forme de malnutrition chez les 5-19 ans dans le monde, devant la sous-alimentation.Difficile à traiter, elle coûte cher aux systèmes de santé. Ses causes ne sont pas liées qu’au mode de vie mais peuvent aussi être influencées par la génétique.Si la prévention et la prise en charge médicale ne s’améliorent pas, la Fédération mondiale de l’obésité prévoit que d’ici 2035, la moitié (51%) de la population mondiale sera en surpoids ou obèse. Son impact économique mondial serait dévastateur: il pourrait dépasser 4.000 milliards de dollars par an.

La Bourse de Paris en hausse, à l’unisson des autres places financières

La Bourse de Paris a ouvert en hausse mercredi, à l’unisson des autres places financières, au lendemain de records à Wall Street, dans un marché soutenu par la perspective de baisses des taux de la banque centrale américaine (Fed).Vers 09h50, l’indice vedette CAC 40 prenait 0,81%, soit 62,82 points à 7.812,21 points. La veille, le CAC 40 a grignoté 14,55 points (+0,19%), pour s’établir à 7.749,39 points à la clôture.La hausse des marchés européens et asiatiques est alimentée par les records en clôture des trois principaux indices de la Bourse de New York mardi soir, portés par les anticipations des baisses de taux de la Fed d’ici la fin de l’année après une forte révision de données sur l’emploi aux Etats-Unis.Selon le Bureau des statistiques du travail (BLS), les entreprises américaines ont finalement créé quasiment deux fois moins d’emplois que rapporté initialement entre le 1er avril 2024 et le 31 mars 2025.L’attention se tournera mercredi vers l’évolution des prix du côté des producteurs (PPI) aux Etats-Unis.En ce qui concerne les actifs français, les investisseurs se tournent vers le nouvel épisode politique. Après la chute du gouvernement lundi, le président français Emmanuel Macron a nommé le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu, dans la soirée mardi, et une passation de pouvoir avec son prédécesseur François Bayrou se tiendra mercredi à midi à Matignon.Sébastien Lecornu est le troisième chef du gouvernement nommé depuis la dissolution en juin 2024, cinquième depuis le début du second quinquennat d’Emmanuel Macron en 2022. C’est dans ce contexte d’instabilité politique que l’agence de notation Fitch Ratings doit publier vendredi soir son évaluation de la qualité du crédit français.”La note actuelle est AA- avec une perspective négative. Une confirmation avec perspective négative serait un signe de prudence, renforçant les inquiétudes du marché, tandis qu’une dégradation – en raison d’une incertitude politique prolongée – serait significative, pouvant entraîner des ventes automatiques de la part d’investisseurs institutionnels soumis à des seuils de qualité de crédit minimum”, explique Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank.Sur le marché obligataire du Vieux continent, l’emprunt allemand à dix ans était à 2,64% à la veille de la réunion monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), qui devrait laisser ses taux directeurs inchangés.Le taux français à dix ans s’établissait à 3,47% vers 09H45, maintenant l’écart avec son équivalent allemand à un niveau jugé élevé par les observateurs financiers, à plus de 80 points de base.Le taux français à dix ans a dépassé l’italien à même échéance mardi “pour la première fois depuis le début des années 2000”, rappelle Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank. Le rendement de l’emprunt italien était aussi mercredi à 3,47%.Alstom annonce un contrat à un milliard d’eurosLe constructeur ferroviaire français Alstom bondissait de 5,68% à 20,84 euros après avoir annoncé une commande la société des transports du New-Jersey (NJ Transir), aux Etats-Unis, que le groupe chiffre à 1 milliard d’euros.

Les Bourses européennes ouvrent en hausse

Les Bourses européennes ont ouvert en hausse mercredi, emboîtant le pas à Wall Street au lendemain d’un triple record pour les indices américains, dans un marché soutenu par les anticipations de baisses des taux de la Réserve fédérale (Fed).La Bourse de Paris a ouvert en hausse de 0,32%, Londres de 0,22% et Francfort de 0,50%.