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La Bourse de Paris en légère hausse

La Bourse de Paris évolue prudemment lundi, en raison de l’incertitude politique en France, tout en gardant un oeil sur le revers judiciaire majeur de Donald Trump sur les droits de douane aux Etats-Unis, avant un rapport sur l’emploi américain crucial, attendu en fin de semaine.Vers 09H20, le CAC 40 prenait 0,29% à 7.735,67 points, en hausse de 31,77 points. Vendredi, l’indice vedette a perdu 0,76% à 7.703,90 points.Les investisseurs sont freinés par “les doutes persistants sur l’avenir politique du gouvernement français”, relève John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank.Le Premier ministre François Bayrou entame lundi une série de consultations des partis politiques, à une semaine du vote de confiance qu’il sollicite de l’Assemblée nationale autour de la question budgétaire et qui pourrait sceller le sort de son gouvernement.Cette situation fait craindre le retour d’une grande instabilité et dans ce contexte, les investisseurs gardent un oeil sur le taux d’intérêt de la dette française.A échéance dix ans, il atteignait vers 09H20, 3,53%, contre 3,51% vendredi.Autre point d’attention des marchés: “la décision rendue vendredi soir par une cour d’appel fédérale américaine, qui a jugé illégaux les droits de douane” du président américain, relèvent les analystes de la Deutsche Bank.Celle-ci a statué qu’une grande partie des droits de douane imposés par Donald Trump étaient illégaux, un revers majeur pour un pilier de sa politique qui ébranle l’économie mondiale, avant que la Cour suprême ne se prononce à son tour.L’exécution du jugement a revanche été suspendue jusqu’au 14 octobre, les droits de douane litigieux restent donc en place.Les marchés auront aussi cette semaine un œil sur “les chiffres de l’emploi américain pour le mois d’août” attendus vendredi et qui permettront de savoir “si la baisse des taux d’intérêt de la Fed est assurée ou non plus tard dans le mois”, selon John Plassard.Des chiffres de l’emploi faibles pourraient conforter le scénario d’un assouplissement monétaire de la Fed dès septembre. Au contraire, un marché du travail solide réduirait les marges de manœuvre de l’institution, car cela voudrait dire que l’économie américaine en bonne santé n’a pas besoin d’une politique monétaire plus accommodante.Cette “forte attente vis-à-vis de la prochaine réunion de la Réserve fédérale américaine ajoute également une dose de tension”, estime Andreas Lipkow, analyste indépendant.Les Etats-Unis approuvent un médicament de SanofiLe groupe pharmaceutique (+0,53% à 84,98 euros) a annoncé vendredi que les autorités sanitaires américaines ont approuvé l’homologation de son médicament Wayrilz, contre la thrombocytopénie immune persistante ou chronique chez l’adulte.

Les Bourses européennes ouvrent en hausse

Les marchés boursiers européens ont ouvert en hausse lundi, jaugeant les conséquences du récent revers judiciaire de Donald Trump sur les droits de douane aux Etats-Unis, avant un rapport sur l’emploi américain crucial attendu en fin de semaine.Vers 7H05 GMT, Londres prenait 0,36%, Francfort 0,39% et Milan 0,52%. Paris gagnait 0,32%, les yeux rivés sur la situation politique et budgétaire en France, une semaine avant un vote de confiance à haut risque pour le gouvernement de François Bayrou.

Présidentielle au Guyana: trois favoris pour gérer la manne pétrolière

Le Guyana élit lundi son nouveau président appelé à gérer l’énorme manne pétrolière de ce pays pauvre d’Amérique du Sud disposant des plus grandes réserves de la planète par habitant, sur fond de tensions avec le Venezuela voisin.L’armée et la police du Guyana ont dénoncé des “coups de feu” tirés dimanche depuis le Venezuela sur un bateau transportant du matériel électoral dans la région de l’Essequibo que convoite Caracas. Aucun blessé n’est à déplorer, de même source.Les bureaux de vote seront ouverts de 06H00 à 18H00 (10H00 à 22H00 GMT). Les résultats de ces scrutins législatifs et présidentiel, auxquels 750.000 électeurs sont convoqués, sont attendus au mieux jeudi, d’après la Commission électorale. Ces élections sont complexes d’un point de vue logistique, la forêt tropicale recouvrant à plus de 95% ce pays de 850.000 habitants.Selon la plupart des observateurs, le vote se joue entre trois prétendants: le président sortant Irfaan Ali (Parti populaire Progressiste PPP/C, centre gauche), l’opposant Aubrey Norton (APNU, Partenariat pour une nouvelle unité, gauche) et le populiste Azruddin Mohamed, parfois surnommé le “Trump Guyanien”, milliardaire qui vient de créer son parti WIN (Gagner/Nous investissons dans la nation) pour bouleverser le système bipartite.Le vote se dessine traditionnellement autour des lignes ethniques entre les populations d’origine indienne (PPP/C), et celles afro-guyaniennes (APNU). Avec cette fois-ci, l’émergence de l’acteur surprise Azruddin Mohamed.Les candidats à la présidentielle – six au total – sont présentés par un parti qui propose aussi des candidats à la députation. Est élu président le candidat dont le parti a recueilli le plus de voix.Le vainqueur aura en charge la manne pétrolière qui a permis de quadrupler en cinq ans le budget de l’Etat (6,7 milliards de dollars en 2025). Le pays, qui a commencé l’exploitation pétrolière en 2019, espère faire passer sa production de 650.000 barils par jour à plus d’un million en 2030. Le Guyana a la plus forte croissance d’Amérique latine (43,6% en 2024).Le président devra aussi gérer l’épineux dossier de l’Essequibo (ouest), riche en pétrole et minerais, qui représente deux tiers du territoire guyanien et fait l’objet d’un différend avec le Venezuela, les deux pays s’opposant sur le tracé de leur frontière.- “Plus d’argent dans les poches” -Les favoris promettent tous trois de “mettre plus d’argent dans les poches” des Guyaniens, de développer le pays avec l’argent du pétrole, d’améliorer les services de santé et d’éducation ou d’augmenter les salaires, sur fond d’explosion des prix des denrées alimentaires.Le sortant Irfaan Ali vise un deuxième mandat de cinq ans. Il a fait campagne sur ses réalisations financés par les nouveaux revenus pétroliers et affirme qu'”il y a plus à faire”.Halim Khan, homme d’affaires indo-guyanien, 63 ans, vante “un président brillant”: “la richesse pétrolière est bien dépensée. Infrastructure, nouveaux hôpitaux, nouvelles routes”.L’opposant Aubrey Norton accuse, lui, le gouvernement de corruption et de racisme et promet de débarrasser la société “de tous (ses) ennemis”, à savoir “le Venezuela”, “le PPP” et “la pauvreté”.”Trente-huit ans à travailler. Je gagne 87.000 dollars guyaniens (350 euros) par mois. Après une semaine, il ne reste plus rien. Le PPP doit partir”, dit Leon Schwartz, ex-policier afro-guyanien de 68 ans.Azruddin Mohamed, qui a fait fortune dans l’extraction aurifère et est sanctionné par les Etats-Unis pour évasion fiscale, promet un coup de pied dans la fourmilière. Il affirme pouvoir l’emporter “parce que nous avons le soutien des communautés noires, indiennes et autochtones”.”Il sait ce dont les jeunes ont besoin. (…) J’ai besoin de changement pour l’avenir de mes enfants”, affirme Andrea Cumberbutch, auto-entrepreneuse.

Guyana: une route au milieu de nulle part pour développer le pays

“The trail”, la piste: c’est le surnom de la route en terre rouge reliant sur près de 500 km Georgetown, capitale du Guyana, à Lethem, dans le sud-ouest, à la frontière du Brésil, et qui serpente à travers forêt équatoriale, prairies et collines.Pays aux plus grandes réserves pétrolières par habitant du monde, le Guyana, qui élit son président lundi, veut profiter de ses nouvelles ressources pour transformer la piste en un axe routier majeur qui doit changer la vie économique de tout le pays. La route va aussi désenclaver l’Essequibo, vaste région de l’ouest revendiquée par le Venezuela voisin. Le projet avoisine le milliard de dollars (855 millions d’euros). En attendant 2030 – date la plus optimiste -, il faut affronter la piste. “Ruff rider” (“Conducteur rugueux”), est-il écrit sur un camion. La Trail est une torture pour les hommes et les mécaniques. Certaines ne résistent pas aux 15 heures de trajet. Ici, le chauffeur d’un minibus de passagers guyaniens et cubains tente de réparer une courroie qui a lâché. Là, un camion abandonné rouille sur le bas-côté depuis des lustres.Torse nu, Ramdial Metleash, 27 ans, dégouline de sueur dans la cabine de son grumier. “C’est un travail dur. Nous, camionneurs, on est loin de la maison, des semaines loin de chez nous sur la route. Souvent, vous êtes bloqués (…) par la boue, parfois plusieurs jours.  Pendant la saison des pluies, la route devient très mauvaise. Horrible!”, confie-t-il.  Quand il fait sec, ce sont des nuages de poussière qu’il faut avaler. M. Metleash gagne environ 60.000 dollars guyaniens (250 euros) par voyage. Une rémunération qui lui sert à entretenir sa famille – sa soeur et son neveu. Sa rémunération dépend du nombre de voyages. “Je travaille sur des camions depuis que j’ai 15 ans. Regardez comme je suis… Ma vie n’a pas beaucoup changé” avec le pétrole, dit-il, montrant son pantalon troué.A Kurupukari, où doit être construit un pont de 600 mètres, il faut traverser une rivière avec une barge. Une complication de plus pour les camions, qui doivent manœuvrer pour se positionner au milieu du bateau et ne pas le faire chavirer.”Avec la route, ce sera la belle vie. On arrivera au Brésil en un rien de temps. Plus de trajets, donc plus d’argent. La nouvelle route changera ma vie. C’est mieux aussi pour le pays”, résume-t-il.- “Apporter du progrès” -“La route de Linden (au sud de Georgetown) à Lethem va changer la donne du Guyana en 2050, 2030… Cette route nous connectera (…) au nord du Brésil. Un marché de 20 millions de personnes, 20 fois la population du Guyana. Vous comprenez l’importance pour l’industrie, le commerce…”, explique à l’AFP le ministre des Travaux publics Juan Edghill. “Elle sera connectée du côté du Guyana au port en eau profonde de Palmyra” (au nord-est, près de la frontière avec le Suriname), en construction, précise-t-il.”Le Brésil va importer et exporter à travers ce port. Il leur faut 21 jours pour descendre l’Amazone et acheminer les marchandises jusqu’à un port. Avec la route, ils pourront atteindre un port en 48 heures”, ajoute-t-il, insistant sur l’importance du projet pour l’ensemble du Guyana.Au moment de son lancement, “c’était le plus grand projet d’infrastructure jamais entrepris par le Guyana”, dit le ministre. Un observateur avisé ne voulant pas être cité souligne qu’il sera aussi possible d’acheminer plus facilement troupes et matériel militaire dans la zone, et notamment vers l’Essequibo. La route doit en effet désenclaver cette région riche en pétrole et en minerais, longtemps délaissée par les pouvoirs publics, alors que le Venezuela qui la revendique se fait plus pressant.”L’Essequibo fait partie du Guyana”, assène comme un leitmotiv M. Edghill. “C’est le foyer des Amérindiens (…) qui bénéficieront (de la route). C’est aussi le lieu de toutes les grandes mines et de nos principales activités forestières. Plus de personnes pourront y travailler. Autrefois, quand vous partiez dans l’intérieur, vous ne reveniez pas avant six mois.”La traversée du pont-frontière menant au Brésil fait faire un saut dans un monde plus moderne, avec un réseau de routes goudronnées, de l’électricité partout… Dans la petite ville brésilienne de Bonfim, juste de l’autre côté, Marckley Nascimento Richil, 46 ans, vendeur ambulant, pense que la route va augmenter le nombre de ses clients et “apporter du progrès”.- “Je suis un cow-boy” -“On ne peut pas combattre le progrès. C’est la vie. Cela va apporter du bon et du mauvais”, philosophe Michelle Fredericks, 53 ans, propriétaire d’un snack florissant près du passage de la barge à Kurupukari. Le futur pont va passer à l’emplacement de son commerce, qui sera déplacé – et va surtout cesser d’être une pause obligatoire. “C’est bon pour le pays. Cela va apporter du développement qu’on attend depuis des années. Moi, je vais me réorienter vers le tourisme”, dit la patronne.Elle accueille déjà dans des cabanons sur une petite île féerique des touristes guyaniens et étrangers aimant la pêche et les balades en forêt. “Avec la route, ils seront à quatre heures de Georgetown au lieu de neuf”, explique-t-elle.A une centaine de kilomètres de là, sur la piste à Toka, Telford Davis élève des porcs qu’il vend au Brésil. “La vie est bonne”, assure-t-il, malgré une pauvreté visible. “Tout est gratuit ici. Vous n’avez pas à dépenser d’argent. Vous attrapez du poisson. Nous plantons du manioc. Nous chassons avec des chiens, et un arc et des flèches. Du cerf, du daim, (…) le cabiai” (un gros rongeur), raconte-t-il.A 50 ans, chapeau sur la tête, un couteau attaché sur chaque jambe, il se déplace à moto ou à cheval. “Je sais lancer les couteaux”, plaisante-t-il à propos de la route qui pourrait apporter des “fainéants voulant voler”. “Je suis un cow-boy!” 

Le Royaume-Uni mise sur les volants d’inertie pour sécuriser son réseau électrique

Au Royaume-Uni, l’opérateur national du système énergétique mise sur la technologie très ancienne du volant d’inertie pour préparer le réseau électrique au développement massif des énergies renouvelables, et éviter les risques de pannes massives comme celle ayant frappé l’Espagne au printemps.Depuis des siècles, ces systèmes rotatifs contribuent à apporter de l’inertie – c’est-à-dire une résistance aux changements brusques de mouvement – à des mécanismes comme, par exemple, la roue de potier ou la machine à vapeur.Certains opérateurs de réseaux électriques s’intéressent désormais à cette technologie pour stocker de l’électricité et stabiliser les réseaux, alimentés de plus en plus par des énergies renouvelables, à la production plus variable que les traditionnelles centrales au charbon ou au gaz.”Nous allons devoir réfléchir attentivement” à la manière de gérer les “fluctuations” de production sur le réseau électrique, explique à l’AFP David Brayshaw, professeur de science du climat à l’université de Reading, en Angleterre.En Espagne, après la mégapanne d’avril dernier, un rapport d’experts chapeauté par le ministère de la Transition écologique a pointé des défaillances chez le gestionnaire du réseau, REE, qui n’a pas réussi à réguler la tension et amortir les oscillations sur le réseau.En 2019, un incident similaire avait plongé la Grande-Bretagne dans une obscurité partielle après une baisse de la fréquence du réseau électrique.- Stabilisation -Cette panne a poussé l’opérateur britannique Neso à lancer un programme qu’il assure “unique au monde” pour trouver des solutions de stabilisation, incluant notamment des volants d’inertie et des batteries. Ces deux dispositifs apportent de l’inertie au réseau électrique, mais les volants en acier sont plus rentables et durables que les batteries au lithium-ion, qui ont une durée de vie moins longue et sont gourmandes en matériaux rares, note le professeur d’ingénierie Keith Pullen.Selon cet enseignant, qui dirige aussi la start-up de volants d’inertie Levistor, avec les voitures électriques, les pompes à chaleur et les centres de données gourmands en énergie, “nous aurons plus d’appels de charge soudain (sur le réseau)… ce que le volant d’inertie permet de lisser”, explique-t-il à l’AFP.Traditionnellement, le système électrique fonctionne avec des centrales conventionnelles à gaz ou à charbon dotées de grands générateurs en rotation, qui aident à maintenir une fréquence stable en amortissant les fluctuations de la production et la consommation de courant.Mais avec l’essor du solaire et de l’éolien – qui ne sont pas dotés de ces mêmes générateurs -, cette stabilisation devient plus complexe.Dans ce contexte, le volant d’inertie permet de remplir la même fonction avec une grande réactivité.L’opérateur Neso avait dit, en 2023, soutenir 11 projets utilisant cette technologie, comme le “Greener Grid Park” du géant énergétique norvégien Statkraft à Liverpool, dans le nord-ouest de l’Angleterre.Près d’une ancienne centrale à charbon qui dominait la ville le siècle précédent, deux grands volants d’inertie pesant une quarantaine de tonnes fournissent désormais 1% de l’inertie nécessaire au réseau anglais, écossais et gallois.- Objectif 2035 -Ce système, opérationnel depuis 2023, fonctionne “sans brûler de combustible fossile, ni émettre d’émission”, souligne Guy Nicholson, responsable des solutions réseau neutres en carbone chez Statkraft.Le Royaume-Uni a pour objectif d’alimenter l’ensemble de son réseau électrique avec 95% d’énergie renouvelable (solaire, éolienne) d’ici 2030, puis 100% en 2035.”A ce stade, nous n’y parvenons même pas pendant une heure”, souligne M. Nicholson car, même lorsqu’il y a suffisamment d’énergie solaire ou éolienne produite, des “turbines à gaz doivent fonctionner pour maintenir la stabilité du réseau”.Si les plus importants systèmes utilisant les volants d’inertie se trouvent en Chine et aux Etats-Unis, en Europe, le Royaume-Uni et l’Irlande sont en avance sur leurs voisins, chez qui il n’y a “pas eu le même élan”, assure-t-il.Mais des incidents majeurs comme la panne en Espagne pourraient “pousser à des changements” davantage de pays, veut-il croire.

Produire de l’électricité grâce aux vagues, un rêve qui devient réalité à Los Angeles

Le long d’un quai du port de Los Angeles, d’intrigants flotteurs métalliques bleus dansent au gré des vagues et transforment leurs oscillations en électricité. Novatrice, l’installation détient peut-être l’une des clés pour accélérer la transition énergétique.”Le projet est très simple”, explique à l’AFP Inna Braverman, cofondatrice d’Eco Wave Power, une start-up israélienne persuadée que l’énergie houlomotrice représente une “révolution”.Comme des touches de piano, les flotteurs descendent et montent à chaque vague. Reliés à des pistons hydrauliques, ils poussent un fluide biodégradable jusqu’à un conteneur rempli d’accumulateurs, ressemblant à de grosses bouteilles de plongée. Lorsque ceux-ci relâchent la pression, ils actionnent une turbine qui génère du courant électrique.Si ce projet pilote convainc les autorités californiennes, Mme Braverman espère recouvrir la jetée de 13 kilomètres protégeant le port avec plusieurs centaines de flotteurs. Cela produirait assez d’électricité pour alimenter “environ 60.000 foyers”.L’énergie houlomotrice constitue “une solution d’énergie renouvelable stable et à grande échelle pour le monde entier”, s’enthousiasme l’Israélienne.Exploiter la force colossale de l’océan est un véritable serpent de mer depuis des décennies: contrairement au solaire, improductif la nuit, ou à l’éolien, dépendant de la météo, la mer offre un mouvement quasi-perpétuel.Les vagues de la côte Ouest américaine pourraient en théorie alimenter 130 millions de foyers et couvrir 34% de la production d’électricité des Etats-Unis, selon le ministère américain de l’Energie.- Mission impossible -Pourtant, l’énergie houlomotrice reste le parent pauvre des renouvelables, incapable d’atteindre la commercialisation. Le secteur regorge de naufrages d’entreprises et de projets coulés par la brutalité de la mer: développer des appareils assez robustes pour encaisser la furie des vagues, tout en acheminant l’électricité par câbles sous-marins vers la côte s’est jusqu’ici avéré une mission impossible à rentabiliser.”99 % des concurrents ont choisi d’installer leurs équipements au milieu de l’océan, où cela coûte très cher et où ils tombent sans cesse en panne”, résume Mme Braverman. “Ils ne peuvent donc pas vraiment mener à bien leurs projets.”Avec son dispositif rétractable fixé à quai, l’entrepreneuse croit avoir trouvé le Graal.”Lorsque les vagues sont trop hautes pour que le système puisse les supporter, les flotteurs remontent simplement jusqu’à ce que la tempête passe, afin qu’ils ne subissent aucun dommage”, détaille-t-elle.L’idée séduit Krish Thiagarajan Sharman, professeur de génie mécanique à l’Université du Massachusetts.”Le talon d’Achille de l’énergie houlomotrice, ce sont les coûts de maintenance. Avoir un dispositif proche du rivage, où l’on peut marcher sur une jetée pour inspecter le système, a donc beaucoup de sens”, commente cet expert, non lié au projet.L’universitaire s’interroge néanmoins sur le potentiel pour multiplier ces installations.”Cette jetée de treize kilomètres, ce n’est pas courant. C’est rare d’avoir un front de mer aussi long disponible pour produire de l’électricité”, souligne-t-il.- Neutralité carbone -A ce stade, l’énergie houlomotrice reste plus adaptée à des “usages de niche” selon lui, comme l’alimentation d’îles reculées dépendant de groupes électrogènes.Eco Wave Power voit plus grand: l’entreprise a identifié 77 sites exploitables aux Etats-Unis et convoite d’autres marchés. En Israël, jusqu’à 100 foyers du port de Jaffa s’éclairent déjà depuis décembre grâce aux vagues. En 2026, 1.000 foyers portugais devraient pouvoir faire de même à Porto. D’autres installations sont prévues à Taïwan et en Inde.Mme Braverman rêve de projets de 20 mégawatts, capacité critique pour proposer un prix de l’électricité compétitif avec l’éolien.L’entrepreneuse assure également que ses flotteurs n’ont “aucun impact environnemental” et sont neutres pour la faune aquatique, car ils s’implantent “sur des structures existantes construites par l’homme, qui perturbent déjà l’environnement.”Ces promesses résonnent en Californie, où l’intelligence artificielle fait exploser les besoins en électricité. La commission de l’énergie de l’Etat a récemment souligné le potentiel de l’énergie houlomotrice pour contribuer à atteindre la neutralité carbone promise d’ici 2045.Finaliser le projet à Los Angeles devrait prendre sept ans, selon Jenny Krusoe, fondatrice d’AltaSea, organisation ayant aidé à son développement. Un horizon utile pour obtenir les autorisations nécessaires de l’Etat fédéral, malgré l’aversion de Donald Trump pour les renouvelables.”Le soutien (à la transition énergétique) est un peu compromis aux Etats-Unis pour les trois ans et demi à venir”, convient-elle. “Mais (…) les choses changent, il faut donc garder le cap.”

Petit pays aux grandes réserves de pétrole le Guyana veut échapper à la malédiction de l’or noir

Pays aux plus grandes réserves pétrolières par habitant du monde, le Guyana, petit pays du nord de l’Amérique du sud qui élit son président lundi, veut échapper à “la malédiction de l’or noir” et se développer en sortant de la pauvreté.Chateau Margot. Le nom du quartier est prometteur mais Shaun Ferrier, 52 ans, sa femme Naomi et ses 5 enfants vivent dans une petite baraque en bois qu’il a construite sur un bout de terrain ne lui appartenant pas et coincé entre un grand axe routier de Georgetown et un canal de régulation d’eau de la capitale guyanienne.Pas d’eau courante, pas d’électricité mais un panneau solaire pour avoir un peu de lumière. Les toilettes sont un trou derrière un panneau de bois à l’extérieur. A l’intérieur une petite cuisine, où se trouve un berceau, et dans l’autre pièce, un grand lit.”C’est dur. Regardez comment je vis. Tout le monde devrait vivre mieux que ça”, répond Shaun quand on lui demande s’il bénéficie de la manne pétrolière. “Ce sont les plus gros qui gagnent de l’argent. Pas les pauvres. Je dois travailler 12 heures toutes les nuits. Du dimanche au dimanche”, explique ce gardien qui gagne 110.000 dollars guyaniens (450 euros) par mois.Il concède qu’avec le pétrole les aides ont augmenté à 100.000 dollars guyaniens (410 euros) par an et par enfant. Pas de quoi changer le quotidien mais un apport important par rapport aux revenus de la famille. Pour l’avenir, Shaun et sa femme disent espérer que le pétrole offrira une vie meilleure que la leur à leurs enfants. Avec une estimation de plus de 11 milliards de barils de réserves pour une population de 850.000 habitants -plus par personne que le Koweit-, Irfaan Ali, le président sortant et candidat, promet un “Guyana prospère” avec une meilleure éducation, une diversification de l’économie et un développement durable. Ses rivaux font les mêmes promesses.- “Plus forte croissance” -Le pays, qui a commencé l’exploitation pétrolière en 2019, espère faire passer sa production de 650.000 barils par jour à plus d’un million en 2030. Le président se targue de la “plus forte croissance d’Amérique latine et du monde” avec 43,6% en 2024. Partout dans le pays, du Nord au Sud, on voit des travaux routiers et des ouvrages en construction. “Il y a plus de 5.000 projets publics”, affirme à l’AFP le ministre des Travaux publics Juan Edghill, en assurant que le pays ne tombera pas dans la “malédiction des ressources”, aussi appelée en économie le “syndrome hollandais” pour évoquer le déclin industriel ou l’absence de développement provoqué – dans certains pays – par l’abondance de ressources naturelles.”Pourquoi souffririons nous du mal néerlandais? Nous ne sommes pas néerlandais”, plaisante le ministre dont le pays est voisin du Suriname, l’ancienne Guyane néerlandaise. Le budget de l’Etat a quadruplé en cinq ans pour atteindre 6,7 milliards de dollars en 2025. Avec cette manne, qui va théoriquement dans un fonds souverain, le gouvernement a augmenté les dépenses sociales, lancé des grands travaux tout en promettant des investissements dans l’éducation et la santé. – “Le ruisselement ne fonctionnera pas” -L’opposante Amanzia Walton-Desir, candidate outsider à la présidentielle, se montre très sceptique: “nous avons une richesse qui entre dans ce pays comme jamais auparavant: les gens sont toujours pauvres”.Pour elle, “la façon dont le gouvernement déploie les projets d’infrastructure et les subventions directes (aides aux personnes), contribuent directement à l’inflation” qui se situe autour de 4% selon les chiffres officiels alors que, selon de nombreux habitants, le prix des produits alimentaires a explosé.”Ils (gouvernement) refusent de l’accepter mais l’économie de ruissellement telle qu’il la pratique, ne fonctionnera pas”, assure-t-elle accusant aussi le pouvoir de “corruption”. “Pour chaque dollar dépensé sur les infrastructures, 41 centimes sont gaspillés”.L’avocat Cris Ram, militant et figure de la société civile, dénonce lui aussi un coût de la vie qui “est hors de portée pour beaucoup, beaucoup de gens”.”L’une des choses les plus faciles à faire est de dépenser de l’argent. C’est encore plus facile lorsque ce n’est pas votre argent”, poursuit-il en citant l’exemple de la construction d’un hôpital.”Il n’y a pas d’équipe médicale, pas d’infirmiers, pas d’équipements, pas de fournitures, pas d’électricité”.”Donc, nous avons ces bâtiments, ils ont l’air bien, ils sont fantastiques…”, ironise-t-il “…si vous aimez couper des rubans”.

Dans nos assiettes, des messages anxiogènes et beaucoup d’idées reçues

Cadmium dans le chocolat, aspartame dans les sodas ou métaux lourds dans les poissons: les messages anxiogènes sur l’alimentation se multiplient, au risque de pousser les consommateurs à faire de mauvais choix pour leur santé.Faut-il délaisser le chocolat pour éviter le cadmium, métal lourd aux effets nocifs pour la santé ? Un soda classique est-il meilleur que sa version “0%” à l’aspartame, un édulcorant sucrant controversé ?”Il est difficile d’accéder à de bonnes informations car il y a beaucoup de cacophonie”, déplore François Mariotti, professeur de nutrition à AgroParisTech.D’autant que sur les réseaux sociaux et dans les médias, les discours alarmistes sont ceux qui ont “le plus de résonance” et les études scientifiques sont relayées “sans contextualisation”, constate-t-il.Les risques potentiels liés à la consommation de produits contenant du cadmium ou de l’aspartame existent, dit à l’AFP la diététicienne Violette Babocsay. Mais ils sont “vraiment secondaires” par rapport aux risques liés au sucre contenu dans une tablette de chocolat ou un soda non édulcoré, souligne-t-elle.Car si un enfant qui déguste deux biscuits fourrés Bjorg, un bol de Chocapic et une tasse de chocolat chaud Poulain ingurgite près de la moitié de la dose journalière admissible de cadmium – comme a récemment mis en garde l’UFC-Que choisir – un tel goûter “dépasse surtout les recommandations de sucre”, insiste Mme Babocsay.Cet excès peut entraîner surpoids, obésité et maladies qui y sont associées, et c’est “autrement plus dommageable”, affirme la diététicienne.- “Science marketing” -Même constant avec l’aspartame : mieux vaut un soda 0%, plutôt que sa version classique.”Le sucre est un tel problème sanitaire que les édulcorants sont présentés comme une solution, même si c’est loin d’être la meilleure” qui serait de boire de l’eau, détaille le Pr. Irène Margaritis, adjointe au directeur de l’évaluation des risques à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses).L’experte rappelle aussi qu’en nutrition, “il n’y a pas de bons ou de mauvais aliments”, mais c’est la dose “le noeud du problème”.L’Anses, qui élabore des repères alimentaires sur lesquels se fondent les recommandations de santé publique du Programme national nutrition santé (PNSS), préconise ainsi de manger une fois par semaine du saumon, car il est riche en acides gras oméga 3, bien qu’il contienne des métaux lourds.Mais les consommateurs sont souvent perdus face aux recommandations des autorités sanitaires dont le message peut être brouillé par nombre d’études aux résultats parfois contradictoires.Car “beaucoup de travaux scientifiques sont financés par l’industrie”, souligne Melissa Mialon, ingénieure agroalimentaire et chercheuse à l’Inserm. “Chaque jour, des dizaines d’articles paraissent sur tel ou tel nutriment : un jour le café est bénéfique, un autre c’est le chocolat… C’est de la +science marketing+”, détaille-t-elle.Sur la viande rouge, classée comme probablement cancérogène, l’Anses conseille de limiter sa consommation à 500 grammes/semaine.Problème: les évaluations des risques sont moins nombreuses que celles portant sur les bénéfices des produits, développe le Pr. Margaritis. “L’industrie guide les expérimentations scientifiques qui permettent d’évaluer les preuves d’un effet positif ou négatif. Et quand l’industriel pose une hypothèse, c’est le plus souvent celle du bénéfice”, décrit-elle.- Eviter les produits transformés -Pour le Pr. Mariotti, il faut s’en tenir “aux bases d’une alimentation saine, qui sont bien connues”, or “les gens se perdent dans le détail en réduisant un aliment ou un groupe d’aliments à une chose qu’elle contient”. Il faut donc limiter les apports en sucre, en gras, en sel, les aliments ultra-transformés, et surtout manger des fruits et légumes, qu’ils soient frais, “surgelés, en conserve, ou pas bio: ce n’est pas une erreur”, rassure Bruno Raynard, chef du service nutrition à l’hôpital Gustave- Roussy, spécialisé dans les cancers.”Quand on donne cette information, on voit le visage des gens s’illuminer”, rapporte-t-il. Pour orienter les consommateurs, le Nutri-Score, mis en place en 2016, classe les produits transformés sur une échelle allant de A à E. S’il a conduit certains fabricants à améliorer leurs recettes, il n’est toujours pas “obligatoire” et “de grands industriels” dont les produits “sont des bombes à sucre”, “continuent à s’y opposer”, dénonce le Pr Serge Hercberg, l’un des pères du concept, auprès de l’AFP.

Wall Street termine en baisse, marque une pause avant un week-end prolongé

La Bourse de New York a terminé en baisse vendredi, minée par des prises de bénéfices avant un week-end de trois jours et peu surprise par un nouvel indice d’inflation conforme aux attentes.Après avoir atteint de nouveaux sommets la veille en clôture, les indices S&P 500 (-0,64%) et Dow Jones (-0,20%) ont terminé la semaine dans le rouge. L’indice Nasdaq, à forte coloration technologique, a perdu 1,15%.”Les investisseurs réalisent quelques bénéfices avant un long week-end” et, “si nécessaire”, ils “rachèteront des actions la semaine prochaine”, commente auprès de l’AFP Sam Stovall, de CFRA.Wall Street sera fermée lundi, jour férié (“Labor Day”) aux Etats-Unis.La journée a été pauvre en catalyseurs: l’inflation américaine est restée stable à 2,6% sur un an en juillet, selon l’indice officiel PCE publié vendredi, “ce qui n’a pas été une surprise” pour les marchés, selon M. Stovall. Hors prix volatils de l’énergie et de l’alimentation, la hausse des prix a légèrement accéléré, à 2,9% en glissement annuel contre 2,8% le mois précédent.Pour Sam Stovall, la place américaine attend surtout des nouvelles du marché de l’emploi la semaine prochaine, qui pourraient donner des indications sur le cap privilégié par la banque centrale américaine (Fed) sur le long terme.Jerome Powell, le président de la Fed, a récemment fait comprendre que son regard était en train de changer concernant la politique monétaire de l’institution.Non pas qu’il pense que l’inflation est en passe d’être maîtrisée, mais parce qu’il redoute que le marché du travail se dégrade rapidement. La majeure partie des acteurs du marché s’attendent ainsi à une baisse des taux dans une fourchette de 4,00% à 4,25% lors de la réunion de septembre du comité de politique monétaire de l’institution (FOMC). Le marché va également observer si “la Fed est capable de maintenir son indépendance”, souligne M. Stovall. La justice américaine n’a pas statué vendredi sur le sort de la gouverneure Lisa Cook, que le président Donald Trump veut révoquer.Si elle doit partir, M. Trump pourra nommer son remplaçant. Le chef d’Etat veut que les taux d’intérêt de la Fed soient beaucoup plus bas et assume de vouloir placer au sommet de l’institution des personnes partageant ses vues sur l’économie.Sur le marché obligataire, vers 20H20 GMT, le rendement des emprunts d’État américains à dix ans s’affichait à 4,23%, contre 4,21% jeudi en clôture.Au tableau des valeurs, les analystes de Briefing.com ont observé “une faiblesse de la plupart des capitalisations géantes”.Parmi les “Sept Magnifiques”, le surnom donné aux grands noms du secteur technologique, le géant des semiconducteurs Nvidia a par exemple reculé de 3,36%, de même que Microsoft (-0,58%) ou Meta (1,65%), la maison-mère de Facebook.Le géant technologique Alibaba s’est envolé de 12,99% à 135,10 dollars après avoir annoncé un bond de son résultat net trimestriel, nettement supérieur aux attentes. Le groupe a aussi fait état de revenus en forte progression pour ses activités de “cloud computing” (informatique à distance).La marque de boissons énergisantes Celsius, particulièrement populaire aux Etats-Unis, a été recherchée (+5,34% à 62,88 dollars) après des informations de l’agence Bloomberg selon lesquelles le géant Pepsico (+1,14% à 148,65 dollars) pourrait augmenter sa participation au sein du groupe. La transaction est estimée à environ 585 millions de dollars.Le fabricant d’ordinateurs et serveurs Dell (-8,89% à 122,13 dollars) a pâti de prévisions pour son bénéfice net par action au troisième trimestre, inférieures aux attentes du marché. Après un deuxième trimestre au-delà des anticipations, l’entreprise a cependant revu à la hausse ses objectifs annuels.

Trump taille à nouveau dans l’aide internationale

Les Etats-Unis vont supprimer 4,9 milliards de dollars d’aide internationale, a annoncé vendredi la Maison Blanche, une mesure à laquelle s’opposent les démocrates et qui augmente fortement les probabilités de paralysie de l’Etat fédéral fin septembre.Le président Trump “mettra toujours L’AMÉRIQUE D’ABORD”, a écrit sur X le bureau du budget de la Maison Blanche, partageant la lettre envoyée au Congrès pour le notifier de ces coupes annoncées.Les démocrates avaient averti récemment que toute volonté de revenir sur des fonds déjà approuvés par le Congrès anéantirait les possibilités de négocier avec eux pour éviter la paralysie budgétaire, le fameux “shutdown”, avant l’échéance du 30 septembre.Le Congrès a jusqu’à cette date pour adopter un budget, même temporaire. Sans quoi, des centaines de milliers de fonctionnaires se trouveraient au chômage technique, sans paie. Le trafic aérien serait perturbé, comme le versement de certaines aides alimentaires aux familles à bas revenus, entre autres conséquences.Dans un appel avec la presse, un responsable de la Maison Blanche a cependant démenti que le gouvernement cherchait un “shutdown”, affirmant que les démocrates seraient ceux à blâmer en cas de paralysie budgétaire.- “Manoeuvre illégale” -Donald Trump avait évité de justesse un “shutdown” en mars avec l’appui à contrecoeur de dix sénateurs démocrates.Le recul de ces élus de l’opposition avait provoqué une vive polémique dans leurs rangs et chez leurs partisans, qui les ont accusés de ne pas résister avec suffisamment de fermeté au président républicain.La Constitution américaine dispose que le Congrès possède seul le pouvoir d’allouer les fonds publics fédéraux. Pour valider cette nouvelle suppression budgétaire, Donald Trump doit donc normalement obtenir l’approbation des deux chambres parlementaires, où les républicains sont majoritaires.Mais cette demande de coupes arrive si tard dans l’année fiscale que le Congrès pourrait ne pas avoir le temps de voter le texte avant l’expiration des fonds, le 30 septembre. Pour la Maison Blanche, cette absence d’approbation libérerait tout de même le gouvernement de son obligation légale de dépenser ces fonds.Une “manoeuvre illégale”, a estimé le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, qui dénonce la volonté de Donald Trump “de contourner le Congrès”.Sa collègue républicaine Susan Collins, considérée comme une élue de tendance modérée, a abondé dans son sens.”Toute tentative de révoquer des fonds alloués sans l’approbation du Congrès est une violation claire de la loi”, a-t-elle averti.La Maison Blanche estime de son côté disposer d’une “solide base légale” pour cette mesure, et qu’en cas de poursuites devant les tribunaux, la justice déciderait en sa faveur.- “Difficile” pour l’ONU -La grande majorité des coupes — 3,2 milliards de dollars — concerneraient les fonds alloués à l’agence américaine pour le développement international (USAID), selon des documents judiciaires consultés par l’AFP, et confirmant les informations du tabloïd New York Post.Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier, Donald Trump a déjà gelé des milliards de dollars destinés à l’aide internationale et a formellement démantelé USAID, aujourd’hui absorbée dans le département d’Etat, chargé de la diplomatie américaine.Plus importante agence humanitaire au niveau mondial, USAID était impliquée dans des programmes de santé et d’aide d’urgence dans environ 120 pays.En juillet, une étude internationale avait révélé que l’effondrement des financements américains dédiés à l’aide internationale pourrait entraîner plus de 14 millions de morts supplémentaires d’ici 2030 parmi les plus vulnérables, dont un tiers d’enfants.Quelque 838 millions de dollars destinés à des missions de maintien de la paix sont également concernés par les coupes demandées par Donald Trump.”Cela va rendre notre situation budgétaire ou de liquidités encore plus difficile”, a réagi lors d’une conférence de presse Stéphane Dujarric, le porte-parole du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.