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Frappes ukrainiennes sur les raffineries et forte demande: en Russie, l’essence devient chère

“Doucement mais sûrement”: Oleg fait le plein d’essence à Moscou et vitupère contre la hausse des prix nourrie par une demande accrue et les frappes ukrainiennes contre les infrastructures pétrolières, secteur clé de l’économie russe que les Occidentaux veulent sanctionner.”Tout le monde l’a remarqué”, tonne Oleg, retraité de 62 ans: les prix des carburants vont crescendo à la pompe. Au 1er septembre, l’essence au détail coûtait 6,7% de plus que fin 2024, selon Rosstat, l’agence nationale des statistiques.Ce renchérissement s’inscrit dans un contexte de hausse générale des prix, avec une inflation annuelle qui a été de 8,14% en août, à l’heure où la Russie intensifie l’offensive qu’elle a lancée en 2022 en Ukraine.Début septembre, le prix de la tonne d’AI-95, l’un des carburants sans-plomb les plus populaires en Russie, s’est envolé pour atteindre plus de 82.000 roubles (environ 826 euros), tutoyant des records, selon les données de la bourse de Saint-Pétersbourg.Et depuis le début de l’été, les réseaux sociaux sont saturés de vidéos montrant des files d’attente devant les stations-service de l’Extrême-Orient russe, en Crimée – région que la Russie a annexée au détriment de Kiev en 2014 -, et dans certaines régions du sud proches de l’Ukraine, pour cause de pénurie.Mercredi, le média Izvestia évoquait des “interruptions d’approvisionnement” dans “plus de dix régions” de Russie, l’un des principaux producteurs de pétrole au monde.- Raffineries frappées -A Moscou, vitrine de la Russie, pas de pénurie mais une hausse qui a propulsé le litre de sans-plomb 95 à plus de 66 roubles (0,67 euro). Ce prix, qui reste bien inférieur à ceux affichés dans de nombreux pays européens, surprend le consommateur russe, habitué à ne pas payer cher l’essence et au revenu moyen moindre.  Artiom, un Moscovite qui ne souhaite pas donner son nom de famille, observe cette augmentation “depuis le début de l’année”. “Pour des personnes ordinaires, 300 ou 400 roubles en plus par plein (3 à 4 euros, ndlr), cela commence à être sensible”, dit-il. Sur le site Gazeta.ru, Igor Iouchkov, analyste au Fonds national de sécurité énergétique, met en avant l’augmentation d'”environ 16%” du droit d’accise (impôt indirect) depuis le 1er janvier et la baisse de subsides versés aux compagnies pétrolières.Car, comme l’explique à l’AFP Sergueï Teriochkine, expert en questions énergétiques, “plus les subventions sont faibles, plus la rentabilité est faible”, ce qui pousse les pétroliers à “répercuter” ces pertes sur les prix au détail. La demande a, elle, été dopée par les départs en vacances et les engins agricoles.Restent – surtout – les frappes contre les raffineries et dépôts de pétrole que l’Ukraine a multipliées afin de toucher Moscou au portefeuille et d’entraver sa capacité à financer son offensive.”Les frappes ont ciblé de grandes raffineries dans la partie européenne de la Russie”, notamment dans les régions de Samara, Riazan, Volgograd et Rostov, énumère Alexandre Kots, journaliste russe spécialiste des questions militaires, sur Telegram.- “Ce n’est rien!” -L’une de ces attaques, à la mi-août, a touché la raffinerie de Syzran, dans la région de Samara, selon l’état-major ukrainien. Le complexe se trouve à plus de 800 km de la frontière ukrainienne. Il est présenté par Kiev comme le “plus important du système Rosneft”, géant russe des hydrocarbures.Moscou n’a pas quantifié l’impact de ces frappes, mais dans le journal Kommersant, l’analyste Maxime Diatchenko parle d’une baisse de la production “de près de 10%” depuis le début de l’année.”C’est rien!”, assure Alexandre, un homme d’affaires moscovite, après avoir rempli le réservoir de sa berline allemande. “Une frappe, deux frappes, trois frappes, ça n’est rien pour le marché en général ou pour les prix”.”Le pays a besoin d’argent. L’augmentation du prix de l’essence, c’est une façon d’augmenter le revenu de l’Etat”, estime de son côté Vladimir, un Moscovite de 50 ans.Pour tenter de stabiliser la situation, Moscou a prolongé une interdiction d'”exporter de l’essence pour les automobiles” jusque fin octobre.La Russie reste par ailleurs un exportateur majeur de pétrole brut, des exportations que les Occidentaux entendent étouffer pour tarir une des principales sources de financement de l’offensive russe en Ukraine, pays qui compte l’Union européenne comme principale alliée.

L’Indonésie prend le contrôle d’une partie de la plus grande mine de nickel au monde

Les autorités indonésiennes ont pris le contrôle d’une partie de la plus grande mine de nickel au monde, en partie détenue de façon indirecte par le groupe minier français Eramet, en raison de l’absence de permis forestier, a déclaré un responsable indonésien.La mine Weda Bay Nickel, critiquée pour ses effets sur la forêt environnante, s’étend sur 45.000 hectares sur l’île de Halmahera aux Moluques (est).Les autorités ont désormais saisi près de 150 hectares qui empiétaient sur des zones forestières sans permis, a déclaré à l’AFP Anang Supriatna, porte-parole du bureau du procureur général indonésien.Les autorités ont “pris le contrôle de la zone (…) et le terrain sera restitué au gouvernement”, a-t-il ajouté.Weda Bay Nickel (WBN) est une société commune entre le groupe indonésien Antam et la société singapourienne Strand Minerals, qui a elle-même pour actionnaires le groupe minier français Eramet et le géant chinois de la sidérurgie Tsingshan. Dans un communiqué, Eramet a indiqué que la zone saisie était “une carrière produisant des roches pour les matériaux de construction et d’entretien” et que les opérations minières n’étaient pas affectées.De son côté, dans un communiqué, Weda Bay Nickel a déclaré travailler avec les autorités compétentes pour clarifier tous les permis existants.”Nous restons déterminés à assumer l’entière responsabilité de toute violation potentielle et à mettre en œuvre des mesures correctives”, a déclaré la société.- 17% de la production mondiale -WBN indique représenter 17% de la production mondiale de nickel en 2023. L’exploitation du site fait l’objet de critiques récurrentes en raison du danger que son exploitation fait peser sur la forêt et sur la survie d’une tribu qui y vit sans contcat avec la civilisation moderne.Une enquête de l’AFP menée en juin a ainsi montré les effets sur les membres de l’une des dernières communautés de chasseurs-cueilleurs isolées du pays, la tribu indigène des Hongana Manyawa.Cette communauté affirme que la forêt dont elle dépend depuis toujours pour se nourrir et s’abriter est détruite par la déforestation et la dégradation de l’environnement liées à la mine.WBN rejette les allégations et affirme s’engager en faveur d’une “exploitation minière responsable et de la protection de l’environnement”.Des militants pour la protection de l’environnement estiment que cette saisie n’est pas susceptible de modifier l’impact plus large de la concession sur les communautés locales. Ils exhortent le gouvernement à remettre les terres saisies aux résidents concernés.”Si la saisie vise à bénéficier au peuple, alors c’est le peuple qui devrait gérer (le terrain)”, a déclaré à l’AFP Melky Nahar, coordinateur du groupe environnemental Mining Advocacy Network.Le nickel est au cœur de la stratégie de croissance de l’Indonésie, qui a interdit les exportations de minerai en 2020 afin de mieux le valoriser.L’Indonésie est à la fois le plus grand producteur mondial de ce minerai et le pays qui en possède les plus grandes réserves connues. Selon des données officielles, l’exploitation minière, dominée par le charbon et le nickel, représentait près de 9% du PIB indonésien au premier trimestre 2025.

Après l’accord commercial noué avec Trump, la crainte d’un afflux de pick-up en Europe

Verra-t-on bientôt des hordes de pick-up, ces véhicules surdimensionnés très populaires aux Etats-Unis, sillonner les routes du Vieux continent? L’accord commercial conclu entre l’UE et les Etats-Unis fait craindre aux défenseurs de l’environnement que leur importation, jusqu’ici limitée, soit fortement assouplie.Les aficionados les apprécient pour leur cabine surélevée et aux proportions très généreuses, leur motorisation puissante et leur plateforme ouverte.Mais pour leurs détracteurs, ce sont des “monstres” des routes, aux émissions de gaz à effet de serre débridées, conséquence de leur forte consommation de carburant.Actuellement, ces pick-up américains comme le Dodge RAM (une des marques de Stellantis) ou le Ford F-150 ne peuvent être importés qu’au compte-goutte dans l’Union européenne, faute de respecter les normes européennes de sécurité, plus sévères qu’outre-Atlantique.Mais dans leur accord commercial signé cet été, l’Europe et les Etats-Unis se sont engagés à reconnaître mutuellement leurs normes respectives en matière d’automobile, même si la Commission relativise la portée de cette disposition.”Si c’était appliqué, deux décennies de progrès en matière de sécurité, de pollution de l’air et d’émissions de CO2 seraient annihilés du jour au lendemain”, s’inquiète James Nix, de l’ONG Transport & Environnement (T&E).L’association fait valoir que les RAM émettent en moyenne 347 grammes de CO2 par kilomètre, plus du triple de la moyenne des véhicules achetés l’an dernier en Europe (106 g/km).L’appétit des automobilistes pour ces géants des routes est déjà en forte hausse. Environ 7.000 pick-up ont été vendus l’an dernier dans l’UE, contre quelques centaines six ans plus tôt, d’après T&E.Une demande sur laquelle US Trucks, un concessionnaire spécialisé établi à Bourg-Léopold, petite ville dans le nord-est de la Belgique, a misé avec succès. Dans son parking, plusieurs modèles tout aussi rutilants qu’imposants attendent de futurs clients.”C’est tout simplement la combinaison entre un véhicule utilitaire et une voiture familiale confortable”, fait valoir Dogan Yilmaz, propriétaire du magasin.Souvent importés via l’Allemagne, ces véhicules “puissants” font surtout le bonheur de professionnels et de petites entreprises actives dans le BTP ou l’agriculture, dit-il. US Trucks, l’un des trois seuls distributeurs en Belgique, en vend ainsi jusqu’à une trentaine par an.Outre les défenseurs du climat, les associations de lutte contre la violence routière s’insurgent contre la perspective de voir les pick-up se multiplier sur les routes.- Mortalité routière -Des modèles “plus lourds, plus dangereux pour les autres automobilistes, les piétons et cyclistes, et qui sont totalement à contre-courant de la stratégie européenne en faveur des mobilités douces et de transports plus durables” résume Antonio Avenoso, qui dirige le Conseil européen de la sécurité routière (ETSC), une organisation non lucrative installée à Bruxelles. Et de relever que de nombreux pick-up ne sont pas équipés de dispositifs de sécurité obligatoires en Europe, tels que les systèmes de freinage d’urgence ou d’aide au maintien dans la voie, ou l’interdiction des carrosseries aux angles trop acérés, qui réduit les blessures des piétons et cyclistes en cas de collision. Pour les opposants aux pick-up, faciliter leur importation pourrait faire remonter la mortalité routière en Europe, alors qu’elle est environ trois fois plus faible qu’aux Etats-Unis.Un RAM a un capot tellement haut que le conducteur, en moyenne, ne peut pas voir un enfant de moins de dix ans placé juste devant, a calculé T&E.L’accord UE/Etats-Unis ne précise pas quelles normes respectives pourraient être reconnues mutuellement, et quand.Interrogé par l’AFP, Olof Gill, un porte-parole de la Commission européenne, a cependant écarté tout relâchement des règles de sécurité au sein de l’UE.”Il y a des domaines dans lesquels nous allons regarder ce qui peut donner lieu à une coopération, mais nous n’allons certainement pas réduire nos propres normes”, a-t-il assuré.De son côté, une porte-parole de l’Association des constructeurs d’automobiles européens (ACEA), le puissant lobby du secteur, a dit ne pas s’attendre à ce que “les normes essentielles soient affectées, comme les obligations en matière environnementale ou de sécurité”, mais table “plus probablement sur une coopération autour des futures normes”.

Testament Armani: un géant de la mode pourrait prendre le contrôle de la société

Giorgio Armani, décédé le 4 septembre, a demandé par testament à sa fondation, qui hérite de sa société, d’en céder une part importante à un géant du monde de la mode comme LVMH, EssilorLuxottica ou L’Oréal, selon les détails du testament publiés vendredi par la presse italienne.”Je charge la fondation de céder une participation de 15% dans la société entre 12 et 18 mois après l’ouverture du testament (ouvert jeudi, ndlr)”, indique dans ce document Giorgio Armani.Il demande que ces parts soient cédées en priorité au groupe de luxe LVMH, le géant des lunettes EssilorLuxottica, au numéro un mondial des cosmétiques L’Oréal ou à d’autres sociétés de même standing du monde de la mode, selon la presse italienne.Le groupe Armani, dont les activités vont de la haute couture aux hôtels, pèse plusieurs milliards d’euros. Alors que Giorgio Armani était resté hautement indépendant tout au long de sa vie, ce même actionnaire aura ensuite la possibilité de prendre le contrôle du groupe en acquérant entre 30 et 54,9% du reste du capital. Si cette vente (prévue trois à cinq ans après l’ouverture du testament effectuée jeudi) ne se réalisait pas, le styliste a demandé que sa société soit cotée en Bourse, la fondation Armani gardant 30,1% des parts.Le styliste italien, décédé le 4 septembre à 91 ans, sans laisser d’enfants, a légué 100% de sa société à sa fondation. Elle sera dirigée par son compagnon et bras droit Leo dell’Orco et ses neveux, qui devront faire ces choix capitalistiques. La fondation aura 10% des parts de la société et le reste en nue propriété, avec 30% des droits de vote. Leo Dell’Orco aura 40% des droits de vote et les neveux du styliste, Silvana Armani et Andrea Camerana 15% chacun.Le styliste a demandé par ailleurs que sa société soit gérée “de manière éthique, avec intégrité morale et correction”, et insiste sur “la recherche d’un style essentiel, moderne, élégant et discret”, et “l’attention à l’innovation, à l’excellence, à la qualité et au raffinement du produit”.La société Armani n’a pas souhaité commenter ces informations vendredi matin.L’autre empire du styliste, dans l’immobilier, a été légué à sa soeur Rosanna et à ses neveux Andrea et Silvana. Leo dell’Orco garde cependant l’usufruit de ces nombreuses propriétés situées à Saint-Tropez en France, Saint-Moritz en Suisse ou dans les îles d’Antigua et Pantelleria. 

Concurrence: Microsoft échappe à une amende de l’UE liée à Teams

Microsoft a échappé vendredi à une amende de l’Union européenne (UE) pour abus de position dominante liée à Teams, son application de visioconférence, la Commission ayant annoncé avoir accepté sa proposition de la séparer nettement de ses outils de bureautique comme Word, Excel ou Outlook.Les engagements du géant américain du logiciel “répondent aux inquiétudes soulevées par la Commission en raison des liens entre Microsoft Teams et les applications de bureautique très populaires Word, Excel, PowerPoint, Outlook, inclus dans les suites logicielles destinées aux clients professionnels, Office 365 et Microsoft 365”, a expliqué la Commission européenne dans un communiqué.Selon ces promesses rendues publiques au printemps, le géant américain des logiciels va non seulement “proposer des versions de ses suites logicielles qui ne comprennent pas Teams, et à prix réduit”, mais il va aussi permettre aux clients qui ont déjà souscrit à des licences de passer à des versions sans Teams.En outre, le groupe va faciliter le fonctionnement d’applications concurrentes de Teams dans Windows, et permettra aux clients de transférer leurs données de Teams vers celles-ci.”En aidant à rétablir une concurrence loyale, ces engagements vont ouvrir le marché à d’autres fournisseurs d’outils de communication et de collaboration en Europe”, a salué la Commission.L’affaire avait débuté en juillet 2020 par une plainte de la start-up américaine Slack, entre-temps rachetée par Salesforce.Confrontée à des pertes de parts de marché dans le domaine des messageries d’entreprise, Slack avait attaqué Microsoft pour concurrence déloyale auprès de la Commission européenne.Dans la foulée, la Commission avait ouvert en juillet 2023 une enquête pour pratique anticoncurrentielle contre Microsoft.Lors de la présentation, en mai, de ses engagements renforcés pour remédier aux abus constatés par l’UE, Microsoft avait assuré qu’ils “représentent une solution claire et complète aux problèmes soulevés par (les) concurrents et qu’ils offriront plus de choix aux clients européens”.L’an dernier, Microsoft avait déjà annoncé qu’il dissociait Teams de ses suites Office 365 et Microsoft 365 qui incluent également Powerpoint et Outlook. Le groupe avait alors souligné que ses clients pouvaient désormais acquérir ces logiciels sans l’application de visioconférence, à un prix inférieur.Mais la Commission avait jugé ces changements insuffisants pour répondre à ses préoccupations, conduisant le groupe à muscler ses engagement en mai 2025.

Taxe Zucman: “pas de tabou” pour Ferracci mais attention à “ne pas pénaliser l’esprit d’entreprise”

Le ministre démissionnaire de l’Industrie Marc Ferracci a affirmé vendredi ne pas avoir de “tabou” sur la mise en place d’une taxe sur les très hauts patrimoines dite “Zucman” qui divise la classe politique, tout en soulignant sa “préoccupation” quant au fait de “ne pas pénaliser l’esprit d’entreprise”.”Il n’y a pas de tabou. Avec une préoccupation, c’est de ne pas pénaliser l’esprit d’entreprise”, a souligné le ministre interrogé au micro de Sud Radio. Ce dispositif, qui prévoit de taxer à hauteur de 2% les patrimoines de plus de 100 millions d’euros, concernerait 1.800 foyers fiscaux selon son promoteur, l’économiste Gabriel Zucman. D’après lui, elle rapportera jusque 20 milliards d’euros par an, alors que d’autres économistes estiment son rendement plutôt autour de 5 milliards.Le ministre s’est inquiété de cette taxation car elle inclut “l’outil professionnel”: “ça veut dire que quelqu’un (…) qui a une entreprise, qui a des perspectives très importantes mais qui ne fait pas forcément aujourd’hui de résultats économiques qui permettent de verser des dividendes, sera soumise à cette taxe”, a-t-il souligné, en citant l’exemple des “licornes” du secteur technologique.De fait, a poursuivi le ministre, les propriétaires de l’entreprise Mistral AI, la “décacorne” française de l’intelligence artificielle valorisée à 14 milliards d’euros, “seraient soumis à cette taxe”.”Pour devoir payer la taxe, les gens vont être obligés de vendre les parts de cette entreprise”, a-t-il ajouté, en insistant sur le sujet “absolument crucial” de la souveraineté alors que des entreprises chinoises veulent “racheter” des entreprises françaises. “Appliquer une taxe rigoureuse uniquement en France, ça pose un problème. C’est le risque de voir les gens optimiser comme on dit, c’est-à-dire essayer d’éviter la taxe en allant ailleurs”, a-t-il ajouté.Le président LR du Sénat Gérard Larcher s’est dit hostile jeudi à la mise en place de cette taxe, la qualifiant d'”illusion”, alors que pour la gauche c’est “la base de tout accord” de non censure du gouvernement Lecornu selon l’eurodéputé Raphaël Glucksmann (Place publique).”Il faut discuter (…) On voit bien que si on ne trouve pas un terrain d’atterrissage sur ce sujet, on aura beaucoup de mal à trouver un accord”, a estimé le ministre, en soulignant que le Parti socialiste, “seul interlocuteur (…) disposé à discuter avec le gouvernement” en a fait “un sujet très central”.

CMA CGM grandit encore dans les médias en rachetant Brut

Le média vidéo en ligne Brut appartient désormais au groupe CMA CGM du milliardaire Rodolphe Saadé, après la finalisation de son acquisition annoncée vendredi, qui s’ajoute à celle d’autres médias dont la chaîne BFMTV et la radio RMC.”Avec cette opération, CMA Media devient un acteur incontournable du paysage médiatique français, s’adressant à tous les publics et couvrant l’ensemble des canaux: presse régionale et nationale, télévision, radio et réseaux sociaux”, a indiqué dans un communiqué CMA Media, filiale médias de CMA CGM.CMA Media avait annoncé début juillet être entré en négociation exclusive pour acheter Brut, dont il était déjà actionnaire. Outre BFMTV et RMC, CMA Media possède aussi les journaux La Tribune et La Tribune Dimanche, La Provence et Corse Matin.Le groupe s’apprête en outre à racheter la chaîne télé Chérie 25 (NRJ Group).”L’intégration de Brut marque la création d’un troisième pilier stratégique au sein de CMA Media, le pôle social (réseaux sociaux, ndlr), aux côtés des pôles presse et audiovisuel”, a poursuivi CMA Media. Il représente “la deuxième plus grande rédaction de France (et la première du secteur privé) avec plus de 1.600 journalistes”.Brut continuera a être dirigé par Elsa Darquier, sa directrice générale. Elle sera placée sous la responsabilité de Claire Léost, nouvelle directrice générale de CMA Media et transfuge du groupe de magazines Prisma Media, nommée présidente de Brut.Les cofondateurs du média en ligne, Renaud Le Van Kim et Guillaume Lacroix, “continueront d’accompagner la stratégie de Brut” en tant que conseillers, selon le communiqué.Brut, qui emploie quelque 250 salariés et s’est réorganisé ces dernières années pour faire des économies, est rentable depuis le dernier trimestre 2023.Auprès des annonceurs, il met en avant son impact (temps passé devant une vidéo, nombre de vues, interactions…), en particulier sur les jeunes audiences.Rodolphe Saadé bouscule depuis trois ans le paysage médiatique français. CMA CGM est devenu propriétaire du groupe La Provence (quotidiens La Provence et Corse Matin) en octobre 2022.Il s’est ensuite invité au capital du groupe audiovisuel M6 fin 2022, puis à celui de Brut, avant de prendre le contrôle du journal économique La Tribune et d’en lancer une édition dominicale en 2023. A l’été 2024, CMA Media a racheté BFMTV, RMC et les chaînes de la TNT RMC Découverte et RMC Story à Altice.

La note française menacée de passer en catégorie inférieure dès vendredi

Fitch sera-t-elle vendredi la première agence de notation à faire passer la note souveraine française en catégorie inférieure? Les économistes, qui le pensaient il y a quelques jours, discernent des raisons d’en douter, mais ce ne pourrait être que partie remise.Fitch ouvre le bal des revues d’automne des agences de notation. Toutes, au vu de l’état des finances publiques françaises et de la crise politique persistante depuis la dissolution, classent la France AA- ou équivalent (qualité de dette “haute ou bonne”), avec, pour certaines comme Fitch, une “perspective négative”.Ce qui préfigure une dégradation: en ce cas, la France basculerait en catégorie A (qualité “moyenne supérieure”), et devrait verser à ceux qui investissent dans sa dette une prime de risque supérieure, accroissant d’autant les remboursements de cette dette.Pour Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of Management, une dégradation serait “logique”. D’abord parce que la situation politique n’aide pas à mettre en œuvre “un plan crédible d’assainissement budgétaire”, comme Fitch l’exigeait en mars.Mais aussi pour effacer “une incohérence” : 17 pays européens sont moins bien notés que la France alors qu’ils ont – à très peu d’exceptions près – des ratios de finances publiques meilleurs que les 5,8% du PIB de déficit public et 113% du PIB de dette publique enregistrés en France en 2024.- Coup d’envoi -Depuis mardi, la nomination rapide à Matignon de Sébastien Lecornu pour succéder à François Bayrou, tombé la veille lors du vote de confiance, ravive l’espoir d’un budget 2026 présenté en temps et heure. Lucile Bembaron, économiste chez Asterès, juge ainsi “plausible” que Fitch “attende davantage de visibilité politique” pour agir.D’autant, remarque Hadrien Camatte, économiste France chez Natixis, que les finances publiques n’ont pas enregistré cette année de nouveau dérapage inattendu, et que “la croissance résiste”.L’Insee a même annoncé jeudi qu’en dépit du “manque de confiance” généralisé, celle-ci pourrait dépasser la prévision du gouvernement sortant – 0,7% – pour atteindre 0,8% cette année.Anthony Morlet-Lavidalie, responsable France à l’institut Rexecode, observe aussi que Fitch, la plus petite des trois principales agences internationales de notation, “donne rarement le coup d’envoi” des dégradations. Mais il estime “très probable” que la principale agence, S&P Global, abaissera le pouce lors de sa propre revue, le 28 novembre.Selon ses calculs, la France ne sera en effet pas en mesure de réduire à moins de 5% son déficit public l’an prochain, contre les 4,6% qu’espérait François Bayrou.Les économistes affirment cependant qu’une dégradation ne troublerait pas les marchés, “qui l’ont déjà intégrée”, relève Maxime Darmet, économiste senior chez Allianz Trade.- Syndrome -La dette française s’y négocie déjà à un taux bien plus coûteux que la dette allemande, dépassant même l’espace d’une journée, mardi, le taux de la dette italienne.Les marchés donnent déjà à la France une “notation implicite” bien plus basse que sa note actuelle de AA-, estime M. Morlet-Lavidalie.Il craint des taux qui resteraient “durablement très élevés”, provoquant “un étranglement progressif”, avec des intérêts à rembourser captant “une part significative de la dépense publique, alors qu’on a des besoins considérables sur d’autres postes”.L’économiste décrit une France en proie au “syndrome du mauvais élève”.”Lorsqu’on avait 20/20″, explique-t-il – la France était jusqu’à 2012 notée AAA, note maximale qu’a toujours l’Allemagne – “on faisait tout pour s’y maintenir. Maintenant on dit que 17/20 (AA-) ça reste une très bonne note. Bientôt ce sera +tant qu’on est au-dessus de la moyenne, c’est pas si mal+. Quand on est la France, en zone euro, on devrait quand même être un peu plus ambitieux que cela!”, dit-il à l’AFP.Pour autant, même abaissée à A+, “la dette française resterait de très bonne qualité”, relativise M. Camatte, préférant souligner “la forte épargne des ménages et une position des entreprises qui reste très saine”.

La Bourse de Paris en légère hausse

La Bourse de Paris évolue en légère hausse vendredi, face à la perspective d’une baisse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed), et dans l’attente de la révision de la note française par l’agence de notation Fitch.Le CAC 40 prenait 0,11%, vers 7h30 (heure de Paris) à 7.829,30 points. La veille, l’indice vedette parisien avait grimpé de 0,80%.Plusieurs “éléments nourrissent les anticipations d’une baisse des taux de la Fed dès la semaine prochaine”, relève John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank.Des données économiques ont renforcé les attentes ces dernières semaines. D’une part, la première économie mondiale commence à montrer “une nette dégradation de l’emploi”, perçue comme un signe de ralentissement économique, donnant à la Fed des marges de manœuvre pour abaisser ses taux afin de soutenir l’activité, ajoute l’analyste.D’autre part, l’inflation du mois d’août, publiée jeudi, a certes accéléré mais correspond globalement aux attentes du marché, et ne constitue donc plus, selon les analystes, un obstacle à un assouplissement monétaire de la banque centrale américaine.Ces chiffres “ont donné raison à ceux qui réclament une baisse des taux dès la semaine prochaine” et “deux autres baisses sont désormais anticipées d’ici la fin de l’année”, selon Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote Bank.Une baisse des taux est généralement bonne pour les actions car elle permet aux entreprises de se financer à moindre coût, ce qui améliore les perspectives d’investissement et donc d’activité. Dans l’attente de FitchAutre point d’attention des investisseurs parisiens: la révision de la note de la dette française par l’agence de notation Fitch.Au vu de la récente évolution de la situation politique et budgétaire française, de nombreux experts tablent sur une dégradation, avec un risque de basculement de l’emprunt hexagonal en catégorie A (qualité “moyenne supérieure”).La censure du gouvernement de François Bayrou, remplacé par Sébastien Lecornu, et les difficultés à trouver un consensus politique sur le budget 2026, ont déjà fait augmenter la prime de risque de l’obligation française sur les marchés ces dernières semaines.Dans ce contexte, le taux de l’emprunt français à dix ans atteignait 3,46%, contre 3,44% la veille en clôture.Changements sur le CACL’opérateur boursier Euronext (+0,65% à 138,50 euros) va intégrer, à partir du 19 septembre, le CAC 40 à la place du géant des centres d’appels Teleperformance (-0,19% à 63,50 euros), selon la révision trimestrielle de l’indice dévoilée jeudi.Depuis le 1er janvier, le titre d’Euronext a bondi de plus de 28% et sa capitalisation boursière atteint actuellement près de 14 milliards d’euros. Sur la même période, Teleperformance a chuté de 23% et sa valorisation boursière s’élève désormais à 3,8 milliards d’euros.Contrat au Brésil pour VallourecL’industriel Vallourec (+5,17% à 16,10 euros), spécialiste des tubes en acier sans soudure pour le forage et l’énergie, a annoncé jeudi avoir signé un “accord de long terme” pour jusqu’à un milliard de dollars (852 millions d’euros) avec le géant brésilien de l’énergie Petrobras.

Les Sud-Coréens arrêtés aux Etats-Unis de retour dans leur pays

Plusieurs centaines de Sud-Coréens arrêtés la semaine dernière sur le chantier d’une usine de batteries par la police américaine de l’immigration ont été rapatriés dans leur pays dans un vol spécial vendredi, ont constaté des journalistes de l’AFP.L’arrestation le 4 septembre de 475 personnes, essentiellement des Sud-Coréens, travaillant sur un projet d’usine du groupe Hyundai-LG  dans l’Etat américain de Géorgie (est) a provoqué des tensions entre Washington et Séoul, de proches alliés aux relations commerciales étroites.Un Boeing 747-8I de Korean Air, avec plus de 310 Sud-Coréens à bord, qui avait décollé d’Atlanta, en Géorgie, a atterri à l’aéroport international d’Incheon, qui dessert la capitale Séoul, vers 15H25 locales (06H25 GMT).Le raid de la police de l’immigration (ICE) constituait l’opération la plus importante jamais réalisée sur un seul site dans le cadre de la campagne d’expulsion d’immigrés orchestrée par le président Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche en janvier.Les salariés arrêtés ne disposaient probablement pas d’un visa les autorisant à effectuer des travaux de construction, selon des experts.Le président sud-coréen Lee Jae Myung a averti jeudi que le raid de l’immigration américaine était “déstabilisant” et pourrait avoir un effet dissuasif sur les investissements futurs, en particulier lors de l’évaluation de la faisabilité d’opérations directes aux Etats-Unis”.A l’aéroport d’Incheon, on pouvait voir personnes brandir une pancarte satirique représentant le président Trump en uniforme de l’ICE, armé d’un pistolet, avec l’inscription : “Nous sommes amis, n’est-ce pas?”.Un homme âgé, sans lien avec les salariés, a organisé une manifestation et tenait une pancarte où l’on pouvait lire : “Vous nous avez dit d’investir, seulement pour nous arrêter! Est-ce ainsi que vous traitez un allié?”- Main-d’oeuvre qualifiée -L’opération anti-immigration, au cours de laquelle les employés sud-coréens ont été enchaînés et menottés, a provoqué la stupéfaction dans la quatrième économie d’Asie. La Corée du Sud est un allié clé de Washington pour la sécurité dans le Pacifique qui a promis récemment d’investir 350 milliards de dollars aux Etats-Unis pour éviter des droits de douane américains très élevés sur ses exportations.La confédération KCTU réunissant les principaux syndicats sud-coréens a réclamé des excuses de Donald Trump, appelant Séoul à suspendre son plan d’investissements aux Etats-Unis.Le président américain avait finalement renoncé à expulser ces professionnels mais Séoul a décidé de les rapatrier car ils sont “en état de choc”, a précisé le chef de la diplomatie Cho Hyun.Ce dernier s’est rendu spécialement à Washington cette semaine pour négocier une sortie de crise, Séoul veillant en particulier à ce que les travailleurs ne subissent aucune répercussion s’ils souhaitaient retourner aux États-Unis.Ces arrestations mettent en évidence les contradictions de l’administration Trump, qui “fait venir des usines de production à grande échelle tout en négligeant de former les travailleurs locaux”, estime Kim Dae-jong, professeur de commerce à l’université de Sejong.Le président sud-coréen a expliqué que, pour les entreprises de son pays, les techniciens qualifiés étaient “essentiels” lors de l’installation des infrastructures, des équipements et des usines.”La main-d’oeuvre nécessaire n’existe tout simplement pas localement aux Etats-Unis,” a-t-il souligné.Selon des sources industrielles interrogées par l’AFP, il est courant de contourner les règles en matière de visas afin de faire venir cette main-d’œuvre et éviter les retards dans les projets.La construction de l’usine ciblée par le raid est, elle, désormais retardée de quelques mois, a indiqué Jose Munoz, le PDG de Hyundai. “Nous devons chercher des personnes pour reprendre ces postes. Pour la plupart, elles ne sont pas aux Etats-Unis”, a-t-il justifié.L’entreprise LG Energy Solution, dont 47 employés ont été arrêtés aux côtés de 250 personnes travaillant pour un sous-traitant, a de son côté promis d’apporter son soutien aux employés rapatriés, dans un communiqué à l’AFP.